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MÉMOIRES COURONNÉS
ET
AUTRES MÉMOIRES.
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MÉMOIRES COURONNÉS
ET
AUTRES MEMOIRES
rVBLltfs PAR
l'agadéiiie royale
DBS SCIKNCBS, DBS LBTTRE8 BT DES BEAOX-ARTS DB BBI.OIQI E
COLLRCTIOW IN-M». ~ TOMK XIKXTII.
#
BRUXELLES,
p. H AYEZ. IMPRIMEUR DE l'aCADÉMIE ROYALE,
rue de Louvain 108.
Janvier 1886.
AllG 311886
U^^^é
l'j
MÉMOIRE
SUR LE TÉTRAÈDRE;
PAR
M. J. NEUBERG,
rnfesttor \ riUéiéc tt chargé de non \ rieile des iifoflt de Liège.
(Présenté à la Classe des sciences dans la séance du 2 féirier 4884.}
Tome XXXVH.
MÉMOIRE
SUR LE TÉTRAÈDRE.
Points et cercles de Lbmoine et de Brocard.
«• Le point K du plan d'un triangle AiAtAr, dont les dis-
tances aux côtés sont proportionnelles aux longueurs 01,01,03
de ces côtés, jouit de nombreuses propriétés, dont l'es plus
remarquables sont dues à M. E. Lemoine (*). Nous le désigne-
rons, dans la suite, sous le nom de point de Lemoine (**).
A ce point se rattachent intimement deux autres points o), o)',
qui ont reçu la dénomination de points de Brocard C**)^ du nom
du géomètre qui les a étudiés pour la première fois. Ils sont
définis par les égalités d'angles
qbAiA, = <»A||A, =s (uAgAi, ctt'A^Ai s= b>'A,A, = u'A^A,.
Les angles (oAiAt, (<>'AtAi ont une valeur commune a (angle
(*) Comptes rendus de VAssocialion française pour Vavancement des
sciences, csmgvès de Ljon (1873) et de Lille (1874); Nouvelles Annales de
mathématiques, 1873, p. 364; 1883, p. 450; 1884, p. 28; Nouvelle Corres-
pondance de Catalan, 1. 1, p. 47, et t. VI, p. 364; Mathesis, 1. 1, p. 133.
(**) Les Allemands emploient le terme de point de Grèbe,
(***) Nouvelle Correspondance, t. Hl, IV, V et VI; Nouvelles Annales,
1875, p. 286; Congrès d'Alger, 1881 ; Mathesis, 1 1, p. 174, et t. H, p. 75;
Journal de Bourget, t. Vil ; Congrès de Rouen, 1885.
(4 )
de Brocard) qui vérifie des relations trigonométriques impor-
tantes, telles que
sin (A, — «) siii (A, — a) sin (A, — a) = sin* a ,
col jc = col Al -+- col A, -H col Ag = -
4A,A,A,
coséc» a =s coséc* A, -H coséc» A, -I- coséc' A, (*).
Il nous a paru intéressant d*étendre à l'espace les proposi-
tions concernant les points de Lemoine et de Brocard. Ces
recherches présentaient certaines difficultés : les systèmes de
trois droites concourantes sont souvent remplacés par des
quadruples hyperboloïdiques (**), la considération des figures
semblables construites sur les faces du tétraèdre fait défaut,
et parfois les analogies entre le triangle et le tétraèdre sont
peu apparentes ou même manquent complètement. Plusieurs
questions sont restées sans réponse; mais nous espérons y
revenir prochainement.
Ces études nous ont conduit à approfondir certaines notions
peu répandues et à nous occuper de problèmes qui n'ont pas
de rapport direct avec* l'objet principal de ce Mémoire. Nous
sommes ainsi parvenu à un assez grand nombre de résultats
nouveaux qui ne manqueront pas d'offrir un certain intérêt.
Ces digressions se rapportent aux transformations arguésiennes,
aux quadruples hyperboloïdiques, à quelques tétraèdres par-
ticuliers et à quelques minimums.
9. Pour entrer en matière, nous croyons utile de réunir ici
(*) Oo peul ajouter la suivante, qui est nouvelle :
sin A| cos (Al -h a) -h sin A, cos (A« + a:) -f- sin A, cos (A, + a) = o.
(**) Système de quatre droites telles que toute autre droite reucootrant
trois lignes du système s^appuie aussi sur la quatrième. Ces droites soûl les
génératrices, d'un même système, d*un byperboloîde. L'expression de « qua-
druple byperlioloîdique » a élé proposée par Hermès (Journal de Cretle,
t. LXVII,p. 17i).
(»)
les principaux théorèmes dont nous avons cherché la généra-
lisation.
I. K est le point dont la somme des carrés des distances
aux côtés de AiAtAs est minimum.
II. Les droites A|K, A^K, AsK, appelées médianes antiparallèles
ou symédianes f ), sont symétriques des médianes A|G, A^G, A^G
par rapport aux bissectrices des angles A|, At, A3; elles passent,
respectivement, par les milieux des antiparallèles à un côté
du triangle par rapport à Tangle opposé.
UI. Ces lignes partagent les côtés correspondants en seg-
ments proportionnels aux carrés des côtés adjacents; autre-
ment dit, K est le centre de gravité des points Ai, A^, As chargés
de masses proportionnelles à aï, oî, a!.
IV. K est le centre de gravité du triangle KiKtKs déterminé
par ses projections sur Oi, o^, Oj.
V. Les côtés du triangle KiKsKs sont perpendiculaires aux
médianes de AiA^As; les droites qui joignent les projections
de G sur les côtés AiA^As sont perpendiculaires aux médianes
antiparallèles AïK, AtK, A3K.
VI. Les points K et G sont les foyers d'une ellipse inscrite
à AtA»A«; leurs projections sur a^, Ot, a^ appartiennent à une
même circonférence qui a pour diamètre Taxe focal de l'ellipse.
VII. Le lieu des points tels que la somme des carrés de leurs
distances aux côtés de AiAsAs est constante, est une ellipse qui
a pour centre le point K.
VIII. Soit BiBsBs le triangle formé par les tangentes aux
points A|, At, A3 à la circonférence AiAfAs. Le centre d'homo-
logîe des triangles AiAfA,, B|B,B3 coïncide avec K ; leur axe
d'homologie est la polaire de K par rapport au cercle AiA^As
et, par conséquent, perpendiculaire à la droite KO qui passe
par le centre 0.
IX. Les parallèles aux côtés de AjAsAs, menées par le point K,
rencontrent le périmètre en six points d'un même cercle (cercle
de Lemoine)^ dont le centre est au milieu de la droite KO. Les
(*j Nouvelifs Annales, 1883, p. 4S0, et 1884, p. 25 (articles de M. d'Ocagne;.
(6)
cordes interceptées par le cercle sur les côtés sont proportion-
nelles à oî, oî, <;{ n ; les arcs interceptés par les angles A„ At, A,
mesurent le double de l'angle de Brocard (**).
X. Si par K on mène des antiparallèles aux trois côtés de
AiAfAs, les portions de ces lignes comprises dans les angles
Al, At, As sont égales, et leurs extrémités sont sur un cercle,
de centre K. Ces droites étant, deux à deux, les diagonales de
trois rectangles inscrits à A1A9A3, K est à l'intersection des
droites qui joignent les milieux des côtés du triangle aux
milieux des hauteurs correspondantes.
XI. Les côtés de tout triangle CiCjCs homothétique à AiAsAs
par rapport au point de Lemoine déterminent sur les côtés
de A1A9A3 six points d'une même circonférence dont le centre
est sur la droite KO.
XII. Les côtés de tout triangle DiD^Dj homothétique à BiB^Bs
par rapport à K rencontrent ceux de A1A2A3 en six points d'une
même circonférence.
Les circonférences des théorèmes XI et XII sont identiques
et comprennent comme cas particuliers celles des théorèmes IX
etX.
XIII (***). Soient Ei, £«, Ej les projections de K sur les per-
pendiculaires élevées aux milieux des côtés de AiA^As : les
triangles isoscèles A^AsEï, AsA|E(, AiA^Es sont semblables et
l'angle à la base est égal à l'angle de Brocard.
Les triangles AiAtAj, EiE^Es sont inversement semblables et
ont même centre de gravité G. Ils sont triplement homolo-
giques : les droites A1E3, A«Ei, k^Ef se coupent 2i\x premier point
de Brocard o) ; les droites A^Es, A3E1, A|Es concourent au second
point de Brocard co'; enfin, les lignes A|Ei, AiE^, A3E3 se ren-
(*) Kn raisoD de celte propnété, M. Tiicker, qui avait éladié le cercle de
Lemoine sans connaître les travaux du géomètre français, avait proposé la
dénomination de « Triplicate ratio circle > (Quaterly Journal , vol. XIX et XX;
Appendix to the Proceedings ofthe London Mathemaiical Society, vol. XIV).
(**) Celte dernière propriété est due à M. Tûcker.
(***) Nous rapportons ici quelques-unes des propriétés des points de
Brocard, bien que notre Mémoire n*en contienne pas la généralisation. Mais
nous espérons revenir prochainement sur ces propriétés.
(î)
contrent en un même point cd". Les points o), fù\ îù" ont pour
coordonnées barycentriques
-L-L-Li-i-i-J-i-l
al* al' a\^ a;* oj' aj' a\* a\' al
L'axe d'homologie qui correspond à o)" est perpendiculain;
à la droite Oo)". Le centre des moyennes distances du triangle
wù'iù" coïncide avec G.
XrV. Les sept points o), iù\ 0, K, E|, Et, Es sont sur un
même cercle (cercle de Brocard) ayant pour diamètre la droite
K0=RV^1— 3tg'a (K est le rayon du cercle AiAjAj). L'angle
(i>Oci>' est égal à 2a et la corde tùtù' est perpendiculaire à KO.
XV. Le cercle de Brocard rencontre les médianes antiparal-
lèles AfK, A«K, AsK en trois points F|, F,, F,, qui sont les cen-
tres de similitude de trois figures semblables dont AiA|, A1A3,
A»A| sont des lignes homologues.
Les triangles EiEJSs* F«F,Fs ont mêmes médianes, de sorte
que G en est le centre d'homologie. L'axe d'homologie est
perpendiculaire à la droite joignant G au milieu de KO.
Transformations arguésiennes (*).
S. Pour éviter les redites, nous indiquerons ici les nota-
tions dont nous ferons constamment usage dans la suite :
T Tétraèdre fondameolal K^k^k^k^;
V, T., T,, T,, T4 . . . Volume et aires des faces de T;
tfit^'tf^s Longueurs des arêtes A,Ag,AsAi, At A,;
«4'fliï<»« -— — A4Ai, A4A,, A4A3;
0, R Centre et rayon de la sphère Al A,A3A4 ;
On, Ra — — du cercle circonscrit à T„;
(*) Comparer : Salmon, Higher plane curves, 2« édition, pp. 283-296;
Saltil , Mémoires couronnés et autres Mémoires de P Académie royate de
Belgique, i. XII et XIII; Hansioii, Bulletins de l'Académie de Belgique,
t.XXXYI; Mansion, Nouvelle Correspondance y 1. 1, p. 54; Schouttb, But-
leUn de Darboux, 188i, p. 152.
(9)
0«B,BgB4 Tétraèdre formé par les plans tangents en A.,
A,, A,, A4 à la sphère 0;
^t» ^t> ^8) ^4 L^s hauteurs A^H^, A,H,, AgH,, A4H4;
1 , r Centre et rayon de la sphère inscrite à T;
1,, I,» 1,, I4 Points de contact de la sphère I avec les faces
deT;
imrn Centre et rayon de la sphère exinscrite touchant
T„ intérieurement et les trois autres Ikces
extérieurement ;
Jna» Jmt> Jn.5> ^11.4 • • Poînts de contact de la sphère J„ avec les ikoes;
Kj, K,, K,, K« Points de Lemoine des faces de T;
G, ^„ Centres de gravité de T et de T„.
Les dièdres de T sont désignés par la même lettre que leur
arête.
4. Pour déterminer un point M du plan d'un triangle AiÂtAs,
nous emploierons, suivant les cas, ses coordonnées normales
CNi ses coordonnées baryoentriques.
Les coordonnées normales de M sont trois quantités S,, S,, 8s,
proportionnelles aux distances de M aux côtés du triangle de
référence AiAtAs, ces distances étant positives ou négatives sui-
vant la position du point.
Les coordonnées barycentriques de H sont trois quantités pi|,
fjitf {^89 proportionnelles aux aires des triangles A^ÀsH, AsAiM,
A^AsH, affectées de signes convenables, de sorte que
Les droites AiM, AsM, A5M rencontrent les côtés ai, Oi, as en
trois points mi, mt, nh qui satisfont aux égalités
m,Aa : nijAs = — a*, : /*, , mji : A^M = — /x, : m, ■♦- M», etc.
Ces relations montrent que H est le centre de trois tofces
parallèles, proportionnelles à |jL|, {x,, fxs et appliquées en
A|, Aj, A5.
Les côtés homologues des triangles AiAaAg, ntim^nh se ren-
contrent en trois points mj, m;, mi, conjugués harmoniques
(9)
de nii, nii, nij par rapport à deux sommets de Âi«Â|. Ces
points sont sur une même droite, appelée polaire trUinéaire
de M. Les distances de cette droite aux sommets de référence
ifioordormées tangentielles) sont inversement proportionnelles
à Ih, 1^, f^i.
Ib. Les coordonnées normales d'un point M, par rapport à un
tétraèdre de référence T, sont des quantités S|, S,, S,, 84, pro«
portionnelles aux distances de M aux faces de T, ces distances
prenant le signe -f- ou — d'après une règle connue. Pour tous
les points d'un plan mené par A4A5, le rapport S4 : $« est inva-
riable; de même, les coordonnées S,, S,, 8, conservent les
mêmes rapports, lorsque le point se déplace sur une droite
menée par A«.
On passe, des coordonnées normales planes d'un point du
pian A4A1Â1, à ses coordonnées tétraédriques 0|, 0|, Sg, en mul-
tipliant les premières par sin a^ sin Ot, sin Oj.
Les coordonnées barycentriques d'un point M, par rapport
à AiAfAsA^, sont des quantités (ji„ (jl,, (jl,, |jL|, proportionnelles
aux volumes MAïAsÂi, HAsAïAi, MA^AiAt, MAiAtAs; on a évi-
demment
Désignons par M„ le point de rencontre du plan T^ avec la
droite passant par M et le sommet opposé de T; par m„, le
point de rencontre de a„ avec le plan passant par M et l'arête
opposée à fl„. Les relations suivantes sont souvent utiles :
iWjA, : ffigA, = — /«*,: ^i, m.Aj : m^h^ = — ^«4 : /*„
m^U : m^M =: — (/«3 -I- ^J : (/«t-+-^,), M4M : A4M = — yu, : ^j-+- /*,-♦- ^j.
On peut les résumer en disant que H est le centre de quatre
forces parallèles, proportionnelles à {Xj, ;jl„ pis, {A4 et appliquées
en A|, A„ As, A4.
Le plan d'homologie des tétraèdres AiA^AsA^, MjMsHjM^
rencontre les arêtes du premier aux conjugués harmoniques
des points nti, mt, ..., par rapport à ces arêtes, et il coupe les
(40)
faces de T suivant les polaires trilinéaires de Mi, M,, ..., par
rapport à ces faces. Nous l'appellerons plan polaire de H
par rapport au tétraèdre T. Ses coordonnées ou distances aux
sommets de référence sont inversement proportionnelles à
F*-!» [^4» i^s» i^«-
•• Deux points M, N peuvent être appelés conjugués isogo-
iiaux (*) par rapport à un triangle ou un tétraèdre, lorsque
les coordonnées normales de l'un sont inversement propor-
tionnelles à celles de l'autre point.
Pour établir les premières propriétés de ces points, on
peut adopter la marche suivante, que nous nous contentons
d'esquisser.
Â. Lorsque deux points M, N du plan d'un angle AOB sont
tels que les angles MON, AOB ont même bissectrice, ils sont
dits conjugués isogonaux par rapport à AOB ; ON est la polaire
isogoncUe de M et les rayons OA, OB, OM, ON forment un
faisceau isogonal.
Si M., Mb, N„ Nb sont les projections, sur les côtés de V angle
AOB, de deux points conjugués isogonaux M ei N : 1*» tes pro-
duite MM, . NN„ MMb . NNb sont égaux; 2« OM, ON sout perpen-
diculaires aux droites N,Nb, M,Mb; 3« les points M„ Mb, N„ Nb
appartiennent à une même circonférence dont le centre est au
milieu de la droite MN ; 4«> M e^ N sont les foyers gune conique
tangente à OA et OB.
B. Étant donnés un triangle A, A, A- et un point M de son plan :
1® les polaires isogonales deVlpar rapport aux angles du triangle
concouretU en un même point N ; i"" les produits des distances de
Met Va un côté quelconque de AiAjAs sont égaux entre eux; 3« les
projections de ces points sur les côtés sofit six points d'une m^ne
circonférence; 4* les droites AiM, A,M, AsM (ou A,N, AjN, AJS)
sont perj)endiculaires aux lignes qui joignent les projections de N
(*) Pour plus de précision , nous remplaçons ici les termes généraux de
« points arguésiens, réciproques ou inverses • par les dénominations de
« points conjugués isogonaux t et c points conjugués isotomiques ».
(H )
(ott M) sur les côtés de AiAiÂ^; i^ M etH sont les foyers (tune
conique inscrite à ÂiAcAs H-
C. Lorsque deux dièdres ont même arête et même plan bis-
secteur, leurs plans forment un faisceau isogonal; deux points
quelconques, pris dans les faces de Tun des dièdres, sont dits
eorgugués isogonaux par rapport à l'autre dièdre.
M e{ N étant deux points conjugués isogonaux par rapport aux
plans A, B, et se projetant sur ceux-ci en M„ Mb, N., Nu : 1» les
produits MM..NN., MMh.NNb sont égaux; 3® les projections
appartiennent à une sphère dont le centre est au milieu de la dis-
tance MM ; 3^ les plans menés par Vintersection des plans ket^
et par Fun ou l'autre des points M, N sont, respectivement, per-
pendiculaires aux droites N.Nb, M.Mb; 4<» les plans k etB sont
tangents à une même surface de révolution du second ordre, dont
M el N sont les foyers de la méridietine.
La démonstration de ce théorème devient facile si Ton pro-
jette M et N sur les plans NN.Nb et MM.Mb.
D. Étant donnés un trièdre OABC et un point quelconque M :
l"* les plans polaires isogonaux de M par rapport aux trois dièdres
du trièdre se coupent suivant une même droite OV; i^ les pro-
duits des dislances de deux points quelconques M,^ des droites
cmguguées isogonales OM, ON, à une même face du trièdre, sont
égaux entre eux; 3^ les projections de M, N sur les trois faces
sont situées sur une même sphère dont le centre est au milieu de
la droite MN ; 4<» les lignes OM et ON sont perpendiculaires aux
plans qui passent, respectivement, par les projections de ^ et M
sur les faces du trièdre 0 ; 5" M ^t N sont les foyers d'une surface
de révolution du second ordre, inscrite au trièdre.
E. Étant donnés un tétraèdre quelconque et un point M : 1® les
plans polaires isogonaux de M par rapport aux six dièdres du
tétraèdre concourent en un même point N ; 2*» /es distances de M
aux faces du solide sofU inversement proportionnelles à celles de N
(*) Comparer : Annales de Gergonne, t. XIX, p. 37, ou Stetner*» Gesam-
melte WerUe, 1. 1, p. 189; Catalan, Théorèmes et Problèmes, 6< édilioD, p. 52;
SouvelUs Annales, 1865, p. 393 (F.-J.-A. Mathieu).
(12)
aux mêmes plans; S^" les prcjedions deVLelNsur cespltuw sotU
situées sur une même sphère dont le centre est au milieu de la
droite MN ; 4<' H ^t N sont les foyers d'une surface de révolution
du second ordre, inscrite au tétraèdre; S^* la droite qui joint M
à un sommet du tétraèdre est perpendiculaire au plan qui passe
par les projections de N sur les faces du trièdre correspondatit.
Soient Hi, Mt, Mj, M4 les |^*ojections de M sur les faces du
tétraèdre AiÂfAsA^. Si Ton transporte le tétraèdre MiH^MsM^
parallèlement à lui-même, la dernière partie du théorème (E)
conduit à la proposition suivante qui a été signalée pour la
première fois par Steiner (*) :
Si les perpetidictdaires menées par les sommets d'un tétraèdre
VLMtUiMi sur les faces homologues d'un autre tétraèdre Ai AtAsAt
concourent en un même point, les perpetidiculaires abaissées des
sommets de AiAjAsAi sur les faces de MiMiM^Hi jouiront de la
même propriété.
Nous donnerons plus loin (99) une généralisation de cette
proposition. Un cas particulier, qui mériterait un examen plus
approfondi, est le suivant : Les perpetidiculaires abaissées des
sommets d^un tétraèdre AiAsAgAi sur les faces homologues du
tétraèdre OiOsOsO*, qui a pour sommets les centres des cercles
circonscrits aux faces du premier, concourent en un même point 0'.
9. Les propositions (B) et (E) donnent lieu à deux cas par-
ticuliers remarquables qui correspondent k la parabole et au
paraboloïde de révolution.
La droite de Tinfini et le cercle AiA^As ont pour équations
d, d. H,
l'une de ces lignes est donc la transformée isogonale de l'autre.
Par conséquent, les polaires isogonales d'un point M de la cir-
conférence circonscrite au triangle AiAiA,, prises par report aux
angles A|, A,, As, sont parallèles entre elles; ces droites sont des
0 Journal de Crelle, t. Il, p. 287; Sieiner'ê Gesammelte Werke, 1. 1, p. 155.
(13)
diamètres de la parabole inscrite au triangle et ayant M pour
foyer. La démonstration de ce théorème par la géométrie pure
ne présente pas de difficulté.
De même : Si par les six arêtes d^un tiitaèdre on mène des
{dans parallèles à une mime droite A, les plans polaires isogo-
naux de ces plans par rapport aux dièdres correspondants du
tétraèdre concoureiU en un même point M; les projections de M
xur les faces du solide sont dans un même plan perpendiculaire
à A; /e lieu de VI est une surface du troisième ordre passant par
les arêtes du tétraèdre (*).
s. Il existe des surfaces du second ordre circonscrites au
tétraèdre de référence et restant invariables par une transfor-
mation isogonale (**), L'équation générale d'une anallagmatique
isogottole est de la forme
A(Vt-^V5)-*-B(<r,^,-f-^i^,)-f-c(V3-«-V«) = o . . (i)
Elle est vérifiée par les coordonnées des points Ji, Js, J3, J4.
La proposition suivante, qui est assez curieuse, s'établit
aisément : Toute surface du second degré qui passe par sept
des points A|, A,, As, A4, J|, J«, Js, it passe aussi par le hui-
tième et est une anallagmatique isogonale par rapport au tétraèdre
AiAfAiA*.
En particulier, U existe trois hyperbolcïdes anallagmatiques,
représentés par les équations
Le premier a pour génératrices d'un système les droites AiAt,
(*) Comparer : Journal de Crelie, t. LXIX, p. 197 (Geiser).
Le Heu de M a pour équation
(**) Il serait plus eiact dé dire que la transformée isogonale de la sur-
lace (1) se compose de cette surface et des plans de référence. Car A«, pir
ciemple, esi conjugué isogonal avec chaque point du plan A, A, A 3.
(14)
AsAa, JtJz, J|Ji, et pour génératrices de l'autre les lignes J1J9,
JJi, AfAs, A«A|.
L'équation (1) peut représenter une sphère, lorsque les arêtes
opposées du tétraèdre sont égales. Donc la sphère circotiscrUe
à un tétraèdre isoscèle 0 passe par les centres des qf hères exin-
scrites et renferme une infinité de couples de points conjuguée
isogonaux par rapport au tétraèdre.
•• Nous dirons que deux points M, N sont conjugués isoto-
miques par rapport à un triangle AiAtAs, lorsque les droites
A„M, A,N rencontrent a„ en deux points équidistants du milieu
de a„. Si [Xt, |ji,, (x, sont les coordonnées barycentriques de M,
celles de N seront ^j ^^ ^-
De même, deux points H, N dont les coordonnées barycentri-
ques par rapport à un tétraèdre de référence sont (f&i, [x,, 1x3, 1x4),
(jj^, h'^^£ji peuvent être 2ippe\é& conjugués isotomiques rela-
tivement à ce tétraèdre. Les droites AJtt, A^N rencontrent le
plan AiAfAs en deux points conjugués isotomiques par rapport
au triangle T4; les plans AiA^M, A|A,N coupent A3A4 en deux
points équidistants du milieu de A3A4.
Deux transversales peuvent rencontrer un côté quelconque
du triangle de référence en deux points symétriques par rap-
port au milieu de ce coté; nous les appellerons corgugué^
isotomiques. Les coordonnées de l'une de ces droites sont
inversement proportionnelles à celles de l'autre; ces lignes
sont les polaires trilinéaires de deux points conjugués isoto-
miques.
Deux plans sont dits conjugués isotomiques par rapport au
tétraèdre de référence, lorsque leurs intersections avec une
arête quelconque sont équidistantes du milieu de celle-ci. Les
coordonnées de ces plans sont encore inverses les unes des
(*) Le tétraèdre isoscèle (ou èquifacial) a été élodié par M. Lemoine
{Congrès de Nantes, 1875, et Nouvelles Annales, 18S0, p. 135). Voir aussi :
Archives de Crunerl, U LVII; Nouvelle Correspondance, t. Il, p. 144;
Nouvelles Annales, 1880, p. 403.
( is )
autres; leurs pôles relativement à la ligure de référence sont
également conjugués isotomiques (*)•
§•• Une surface du second ordre circonscrite au tétraèdre
fondamental peut coïncider avec sa transformée isotomique.
L'équation générale d'une anallagmatique isotomique est de la
forme
Toute surface du second ordre circonscrite au tétraèdre fonda-
mental et ayant pour centre le centre de gravité de celui-ci est
une aiuUlagnuUique isotomique.
fi. Soient M un point quelconque, M' son conjugué isoto-
mique par rapport au tétraèdre AiAfAsA^, M" le conjugué iso-
gonal de VL\ M'" le conjugué isotomique de M", M^ le conjugué
isogonal de M'", et ainsi de suite. Désignons par |jl., |jLâ, (il,
fC, ..., (w = l, 2, 3, 4), les coordonnées barycentriques de
M, M', M", M'", ... Nous aurons :
Coordonnées barycentriques de M .... /i„;
- - der . . . . A*:=~;
— Dormalfs de M'
de M" . . . . /in'^nl
— barycentriques de M" . . . . «|| = /««TJ ;
- - deM''. . . . /*';=/*„T:,etc.
Par analogie, si a*, a,, a«, a* sont les coordonnées barycen-
triques du point M'*'\
/*j;» a4t;« /*,ti« /*jî«
L'élimination de n conduit aux équations d'une courbe qui
(•) La transformation par droites isotomiques et par plans isotomiques
a été étudiée par MM. G. de Loogcbamps {Nouvelles Annales, 1866, p. 118,
et Congrès du Havre, 1877) et Amigues (Nouvelles Annales, 1879, p. 548).
(16)
passe par tous les points dérivant de M par un nombre pair
de transformations :
.ogl'
.ogl*
.«g"-i
log=i
(•)
A*i
f't
^3
/*4
0,
logT,
ïogT,
logT»
logT,
1
i
1
1
Les équations d'une courbe passant par les points déduits
de M par un nombre impair de transformations sont les
mêmes, sauf à changer ^ en a„jjL„.
Si Ton prend pour M le centre de gravité de AiÂtAjAt ou
pour M' le centre de la sphère inscrite, les coordonnées nor-
males ou barycentriques des points H, M', M'', ... sont toujours
proportionnelles à des puissances semblables de T„ Tt, Ts, T«.
Ces points jouissent de la propriété de rendre minimum la
somme des puissances semblables, d'un certain degré, de leurs
distances aux faces du tétraèdre, ou de rendre maximum la
somme des inverses de telles puissances (**).
Point du minimum de la somme des carrés des distances
A des plans donnés.
19. Soient 8i, o,, 83, 84 les distances d'un point quelconque
aux faces du tétraèdre Â1ASA3A4, et posons
Jt^eJJ^^t ^J«=S.
L'identité
2 J* . 2 Tî — 2 V.T, = 2 (^J, — ^,T,)«,
qui revient à
S (Tî + Tî H- t; -f- Tî ) - 9V« = 2 (^ j, - ^ Jt)",
(*) Cette DotaiioD iD(lh]ue qu*il faat égaler à zéro les déteriniuauls formés
avec trois quelconques des colonnes.
(**) Comparer : une communicalioD de M. Lemoine au Congrès de la
Rochelle (1883); une de M. Brocard au Congrès (V Alger (\9lè\)\ un arlide
de M. d'Ocagne dans les Nouvelles AnnaleSy 1883, p. 450.
( 17 )
montre que le minimum de S a lieu lorsque les carrés qui
entrent dans le second membre sont nuls. Le point corres-
pondant L est donc défini par les proportions (*)
^t ^t __ ^t ^4
t,~t;"t,~t/
qui donnent
^ ^ 3VT. ^ 9V«
" Tî-«-Tî-*-T|-^Tf ' TÎ-*-T;-4-TÎ-*.TJ'
I — JL * J- -L
Les coordonnées barycentriques de L sont Tî, TJ, TJ, T';
ce qui revient à dire que le plan LAsA« partage Varêie A|A, eii
segments proportionnels aux carrés des faces passant par A3A4,
que les plans A^AiL, A4A9L, A4A3L divisent A, AjAj en trois trian-
gles proportionnels aux carrés des faces adjacentes (4 et &).
ts. Les coordonnées normales de G sont inversement pro-
portionnelles à Tj, Tî, Ta, T«. Donc les points G eth sont conju-
gués isogonauXf et on peut leur appliquer les propriétés énon-
cées au n*» 6 (E).
Soient L„ L*, Ls, L4 les projections de L sur les faces de T
D'après une formule connue,
vol LLtL,Ls = --LLj.LL,.LLs sin (LL,L,Ls)
6
9V'
Les trièdres A4 et LLiLfLj étant supplémentaires, on a aussi
V« = |TJ,T,sin(LL,L.L.).
On déduit de là :
vol LLjLjiL, = LL^LgLf = LL^L^L, = LLiLiL,.
Donc Lest le centre de gravité du tétraèdre LiLiL^Li.
(*) Comparer : Simbo Lhuilier, Éléments d^analyse, p. 297.
Tome XXXVU. 2
(18)
Cette proposition peut ôtre démontrée a priori. En effet, si
L;, est la projection, sur le plan T„, d'un point quelconque L',
la définition du point L donne
ïX^* H- LL^* -f- LL^* -♦- Ul^* < Lx; -4- l'l;* -♦- l'l;' -♦- l'l;* ;
d'où, à plus forte raison,
ex;* -4- ïx;* -+- Cl;* -+- îx;* < ïte;* -t-tx;* -+- îtc;* -♦- ïte;*.
Donc le point L est tel que la somme des carrés de ses dis-
tances aux sommets du tétraèdre LiL^L^Li est minimum ; par
suite, il est le centre de gravité de ce tétraèdre (*).
il. Soient N|, Nt, N^ les points de rencontre des droites
Â4A1, A4Â1, AiÂs avec les plans menés par L parallèlement aux
faces Â4A1Â8, AiAsAi, A4A1A1. Dans le parallélipipède ainsi
obtenu, la diagonale A4L passe par le centre de gravité N du
triangle NiN«Ns. Les hauteurs du parallélipipède sont égales
aux distances de L aux faces du trièdre A4 ou proportion-
nelles à T|, T,, T,; en considérant trois expressions diffié-
rentes du volume de ce solide, on obtient les égalités
A cause de l'analogie de cette relation avec celle qui a lieu
entre les segments des côtés d'un angle coupé par deux anti-
parallèles, nous dirons que les triangles AiA^As et NiNtNs sont
des sections antiparallèles, dé seconde espèce, du trièdre A4.
(*) Nous emprantons ce raisonDemenl aux Théorèmes et Problèmes, par
E. Catalan , 6« édition, p. 230. Oo peut ^appliquer à la même question traitée
pour des plans et des droites en nombre quelconque.
Un système de n forces concourantes, perpendiculaires aux faces d*aD
poljëdre et proportionnelles à leurs aires, est toujours en équilibre {Nou^
velles Annales, 1877, p. 146, et Nouvelle Correspondance, t. IV, p. ISO).
Mais dans le cas de n>4, il n*existe pas toujours de point dont les distances
aux faces du polyèdre soient proportionnelles à ces faces, de sorte que le
point L doit être déterminé par des considérations différentes (ift).
(19)
Le théorème II du § 2 aura alors pour analogue dans l'espace
la propriété suivante : Les droites «L, AiL, AJL, A«L passenU
par les centres de gravité des sections antiparallèles de seconde
espèce.
Les égalités (2) peuvent encore s'écrire ainsi :
11^. Considérons n plans quelconques ne passant pas par
un même point (n > 3), et soient
Pr^XeOS«r-4-t/C08i3r+ «COS^r — Pr = 0, (f = 1 , 2, 3, ..., Il),
leurs équations par rapport à trois axes rectangulaires MX,
MY, MZ. P|, P|, Ps, ... P„ sont les distances du point (x, y, z) à
ces plans. Si Ton pose
les conditions du minimum de S sont
P, COS «i -f- P| COS flf, -♦- ••• -*- P» COS «a =: 0, \
PjCos/3j^P,cos/3, H hP«cosj3, = 0, ^ ... (3)
Pj COS Ti H- Pj COS r» -*-•••■♦■ p" COS % = 0, /
On en déduit aisément que le lieu des points dont la somme
des carrés des distances à des plans donnés est constante est un
ellipsoide ayant pour centre le point L qui rend cette somme
Soient Li, Li, Ls, ... les projections de L sur les plans
donnés. Les équations (3) expriment que les projections de
LL|, LL|, LLj, ... sur un axe de coordonnées ont une somme
nulle. Par conséquent, les perpendiculaires abaissées de L sur
les plans représentent un système de forces en équilibre; autre-
ment dit, L est le centre des moyennes distances de ses projections
Li, L>, Ls, ... sur les plans.
Désignons par X„ X,, X,, ... les angles que font les nor-
males aux plans donnés avec une droite quelconque MU; la
(20)
somme des projections de LLi, LU, LLs ..., sur MU étant
nulle, on a
PjCOSAiH-PjiCOSijiH- •••-4-P»COSi» = 0 .... (4)
Cette équation représente un plan passant par le point
cherché L. Développée, elle devient
a; 2 oos «t cos >i + y 2 cos ;3j cos>, -4- a 2 cos y, cos A^ = 2 Pi cos l^.
Multiplions les deux membres par ^^SpiCos)^, et posons
- 2piC0S il = p, - 2>9C0S >iCOSflCi = J?,, - 2 PCOS XlCOS0^=sy^^ .^ (5)
ri n - n
Nous aurons ainsi
^^t -+- yyi -•- 33^ = p*,
équation du plan polaire du point (i^i, yi, Zi) par rapport à
une certaine sphère. La signification des quantités Xt, yi, Si, p
résulte des égalités (5) et conduit au théorème suivant :
D'un point quelconque M, on abaisse des perpendiculaires
MM|, MMï, ..., MM„ sur n plans donnés P|, Pj, ..., P„. Soient
M' le centre de gravité des points Mi, Mj, ..., M„; M" la projec-
tion de M' sur une droite quelconque MU ; M'" le centre de gravité
des projections de M" sur les droites MM|, MMi, ..., MM„. Le
plan polaire de M'" par rapport à la sphère décrite de M comme
centre avec le rayofi MM", passe par un point fixe L qui ne dépend
que des plans P,, P„ ..., P„.
Pour simplifier, faisons coïncider MU avec MM' et bornons-
nous au cas du triangle. Nous aurons alors la proposition que
voici :
Soient M|, M^, Ms les projections d'un point quelconque M sur
les côtés du triangle A|AsÂs, M' le centre de gravité du triangle
MiMfMs, et N celui du triangle formé par les projections de M' «tir
les droites MMi, MMt, MM3. Lapolaire de N par rapport au cercle
qui a pour centre M et pour rayon MM' passe constamment par
lepoint de Lemoine du triangle AiAsAs.
En faisant usage du théorème sur la multiplication des
(21 )
déterminants rectangulaires, on peut indiquer la solution des
équations (3) au moyen des formules :
IPi Pi — P« Il II ^s ^1 ^^ 't — ^^^ ^ Il
cos /Sj cos ^a ... cos /3m X cos/3,cosi3,...cosi3M
cos % cos rt .• cos %, Il II cos r, cos rt ..• cos %
, elc.
ICOS «t cos a, ... COS an
COS 01 COS /3, ... cos fin
I COS ^'i COS y^ ... cos >^ii II
Pour trouver le point dont la somme des carrés des dis-
tances à des droites données dans l'espace est minimum, on
peut substituer à chaque droite deux plans rectangulaires
menés par cette droite ; la question est alors ramenée à celle
que nous venons de traiter.
Ce problème offre un certain intérêt quand on l'applique à
trois droites situées d'une manière quelconque dans l'espace
ou aux six arêtes d'un tétraèdre.
Quadruples hyperboloïdiques.
Nous venons d'étendre au tétraèdre les théorèmes I à VU
du n« 2. Avant de passer à la généralisation des propriétés
VIII à XIII, nous croyons utile d'entrer dans quelques dévelop-
pements au sujet des sections antiparallèles du tétraèdre, et
des quadruples hyperboloïdiques.
le. Une sphère quelconque passant par Â|, At, As rencontre
les arêtes A4A1, A«At, A4A3 du tétraèdre T en des points Ni, Nt, Ns
tels que les droites NiNs, NsN|, N|Nt sont antiparallèles à AsAj,
A}Ai; AiAf par rapport aux angles A^AïAs, AsA^Ai, AjA^A,. Ces
droites sont donc parallèles aux tangentes menées aux cercles
0|, Ott Os par le point A4; le plan N.N^Ns est parallèle à 6|B|Bs
ou perpendiculaire au rayon OA4 de la sphère circonscrite
àT,et
A4A,. A4N1 = A4A,.A4N, ss A4A,. A4N,.
(22)
Nous dirons qae NiNiN» est une section antiparallèle à «A«A3
par rapport au trièdre A4. Il est évident que le centre de la
sphère Â^NiNsNs est situé sur la hauteur A4H4 de T.
Les circonférences AjAtAs, NiNjNs sont des sections anti-
parallèles d'un même cône du second degré dont le sommet
est A4. Si Ton mène les plans tangents le long des arêtes
A4A1, A4A2, A4AS, on forme un trièdre circonscrit tel que les
plans conduits par les arêtes de ce trièdre et les arêtes oppo-
sées du tétraèdre se coupent suivant la droite A4K4. Donc la
droite qui joint un sommet éCun tétraèdre au point de Lemoine de
la face opposée, passe aussi par le point de Lemoine des sections
antiparaJlèles correspondantes.
Rappelons aussi cette proposition connue (*) que les droites
A|B„ AiBi, AsBs, AiBi passent par les centres des sections atUi-
parallèles correspondantes du tétraèdre XiAtk^i.
Les triangles semblables A^AiAt et A4N2N1, A4AsAs et A4NsNt
donnent les proportions
N,N, _ AA N^« _ A4N,
ûg a* a, a,
d'où Ton déduit aisément :
û«^« ût«4 «'■"s
Donc les côtés d^utie section antiparallèle quelconque sont pro-
portionnels aux produits des arêtes opposées du tétraèdre (^). Les
(*) E. Catalan, Théorèmes et Problèmes, Gf éôiWon, p, À0\; Rocché et
DE CoMBCROCssE , Traité de Géométrie, À* édilion, t. II, p. iil.
(**) Théorème connu, d'où Von Staudt a déduit Texpression de R en fonc-
tion des arêtes. Voir, par exemple, Catalan, Théorèmes et Problèmes, p. 453.
Ce théorème exprime une propriété remarquable de la figure inverse des
sommetftd'un triangle, propriété qu'on peut énoncer ainsi : Étant donné un
quadrangte quelconque ABCD, les inverses de trois des sommets par rap-
port au quatrième sont les sommets d'un triangle dont les côtés sont pro-
portionnels aux produits des côtés opposés du quadrangte. Nous revien-
drons sur cette proposition intéressante.
(23)
sections antiparaUHes des quatre trièdres dCun tétraèdre smt sent-
Mables entre elles.
19. Soient quatre points Qi, Q,, Q3, Q4 pris respectivement
dans les faces du tétraèdre AiÂsAjÂ^. Si les droites AiQi, A^Q^,
A3Q3, A4Q4 sont des génératrices, d'un même système, d'un
hyperboloîde, la génératrice du second système, qui passe par
A4, est située dans les plans A4A1Q1, A^A^Qi, A4A3Q3. Récipro-
quement, si les plans AiAiQ,, AiAiQs, A^A^Q, se coupent sui-
vant une même droite AiQi, celle-ci s'appuie sur A|Q„ AjQi,
A3Q3; si, de plus, les sommets A,, As satisfont à des conditions
analogues, les droites AiQi, A2Q2, A3Q3, A4Q4 forment un qua-
druple hyperboloïdique.
Par exemple, si l'on considère les hauteurs du tétraèdre, les
plans A4A|H«, A4A2H,, AiA^Hs, menés par une arête du
trièdre A4 perpendiculairement à la face opposée, se coupent
suivant une droite; donc les hauteurs d'un tétraèdre forment un
quadruple hyperboloïdique. (Théorème connu.)
De même, si Q„ est le centre du cercle inscrit à T,„ les plans
A4A1Q1, A4ASQ3, A4A3Q8 passent par une arête du trièdre A4 et la
bissectrice de la face opposée ; donc tes droites joignant les som-
mes (f un tétraèdre aux centres des cercles inscrits aux faces
opposées constituent un quadruple hyperboloïdique.
18. Prenons pour Q„ le point de Lemoine de T„. Les droites
A4K1, A4K,, A4K8 partagent A^A,, A3A1, A (A, dans les rapports
_Ob _«Î _aî
al' al' al
dont le produit est égal à — 1 ; donc les plans A4A1K1, A4ASK,,
A4ASK3, dont les traces sur le plan AiAtAs ne coupent en un
même point, passent par une même droite. Par conspuent,
les lignes qui joignent un sommet d^un tétraèdre au point de
Lemoine de la face opposée appartiennent à un même hyperbo-
Unie.
(24)
§•• Considérons maintenant les droites qui vont d'un
sommet au point de contact de la face opposée avec la sphère
inscrite.
Soit ^1 l'aire des triangles égaux Â1A3I4, A,AsI| ; soient aussi
tu ti, ... les aires des triangles analogues qui ont pour base
0,, aj, ... C). Les plans A^AiIi, A4AJ9, A4A3I5, divisent les arêtes
a,, Os, Os dans les rapports
_ij _U _U
U U fs
dont le produit égale — 1 ; donc ils se coupent suivant une
même droite. On déduit de là que les droites Aili, kJL^ AsU,
A4I4 constituent un quadruple hyperboloïdique.
La démonstration précédente rappelle celle que l'on donne
ordinairement de la proposition analogue sur le triangle. On
peut aussi s'appuyer sur ce dernier théorème, en observant que
les traces des plans A4A1I1, A^Ails, A^AJs sur le plan I|IJs sont
les médianes antiparallèles du triangle I|IJs- Un changement
de notations conduit alors à la proposition suivante : Les droites
qui joignent les sommets homologues des tétraèdres AiAtAjA^,
BiBjBsBa so7it des génératrices, d'un même système, d'un hyper-
boloïde; les droites qui unissent les sommets du second tétraèdre
aux points de Lemoine des faces homologues du premier sont des
génératrices, du second système, de la même surface.
MO* Les distances des points I4, J«4 aux côtés du triangle
AiAjAs sont respectivement
1 1 1
rcot-a,, rcol-ii,, rcol-a,;
1 t 1
n tang 2 «t ' ''4 tang - û„ r^ Ung - a^ .
On en conclut que les points I4, J44 sont conjugués isogonaux
{*} Les aires i^, /,,... 00 1 pour mesure ^ a^r col } a^, i a^r col | a,, ... Il sérail
iDiéressant d'avoir leurs expressions en fonction des arêtes seules ou en fonc-
tion de r et des dièdres.
( 25)
par rapport à A|Ât A3 ; ce sofit donc les foyers iune ell^se inscrite
à ce triangle et ayant pour petit axe 2 I/Vti. La droite AJ cou-
pant le plan T4 en i, les points H«, I«, t, Ji,! forment, évidem-
ment, une division harmonique.
On verrait, de la même manière, que les points Jii, Jt«, Js»
sont conjugués isogonaux avec les points où le plan AiA^As
touche les sphères imcrites aux combles. Lorsque l'une de
celles-ci disparait, le point de contact d'une sphère exinscrite
tombe sur la circonférence AiAïAs (7).
Ces résultats étant mis en rapport avec un théorème de
M. Hermary (*), on aura ce théorème assez curieux de géo-
métrie plane :
Trois circonférences décrites des points Ai, Aj, As comme
centres se coupent, deux à deux, aux points (Ui, Ui), (l}«, U^),
(Us» Us). Si Von partage ceux-ci en deux groupes de trois points
tels que :
u,u,u, et l;u;u;, l\u,u', ei u;u;u,. r.u.u; ei u;u',u„
u.u.u, eiu;u;Uj,
les centres des deux drcorïférenees passant par les triples d^un
mène groupe sont les foyers d^une conique inscrite au triangle
AiAsAs, et sont en ligne droite avec le centre radical des cercles
A|, A«, As. Si le centre de la circonférence UiUsUs, par exemple,
tombe sur la circonférence AiAtAs, les points Ui, Uî, Us sont sur
une même droite.
Le tétraèdre isoscèle donne lieu à cette jolie remarque : Les
points oii wie face touche la sphère inscrite et les sphères exin-
$crites sotU : le centre du cercle circonscrit à cette face, les points
de ce cercle diamétralement opposés aux sommets, et le point de
concours des hauteurs.
9i. Soient pris, sur les côtés d'un triangle sphérique AiAaAs,
les points I| et Jh, Ii et Jn* I3 et Jss équidistants du milieu du
c6té correspondant. Si les arcs AJ., AJt» A3I3 concourent en
an même point, il en sera de même des arcs AJu, XJn^
(•) Voir Nouvelle Correspondance, l. VI, p. 8.
(26)
A^Jss C); et si les arcs perpendiculaires sur les côtés de ÂiAïAs
aux points Ii, It, Is se rencontrent en un môme point I, les arcs
perpendiculaires sur les mêmes côtés aux points Jh, J», Jss O
se coupent en un même point V. En particulier, les points
Il 9 Ii9 Is peuvent être les points de contact des côtés du triangle
AiAjAs avec le cercle inscrit; alors les points Jn, Jtf, Jss seront
ceux où les côtés sont touchés intérieurement par l'un des
cercles exinscrits J|, Jt, h (***).
La figure sphérique que nous venons de considérer est pré-
cisément celle qui résulte de l'intersection d'une sphère décrite
du sommet A« du tétraèdre AiAtAjAi comme centre, avec les
droites joignant A4 aux points désignés précédemment dans
le tétraèdre par les mêmes lettres Ai, At, As, I, If, It, Is* Ji> etc.
II en résulte que les plans A4A|Jii, A4AfJtt9 A4A3JB se cou-
pent suivant une même droite. Par conséquent (19), les droites
qui joignent un sommet (fun tétraèdre au point de contact inté-
rieur de la face opposée avec une sphère exinscrite sont des géné-
ratrices, d'un même système, d'un hyperboloîde.
On voit aussi que les plans A^itiu, KiJn^ AiJsJss, méfiés par
les intersections des bissecteurs extérieurs dCun trièdre A«A,AtA:,
perpendiculairement sur les faces de ce trièdre, se coupent suivatU
une même droite A4V.
O Car
sin A|J„ sÎD A^ss.sin A^u = bîd AfJii sin A^J^cStn AtJgg.
(**) Pour que ces arcs coacoureot eu ud même point, il faut et il suffit que
eos A|Jtt ^^ ^i^w ^o* ^8^11 =" ^^ A^Jn eos AJ^^ cm A,Jt, (Sleiacr).
(***) De là résulte une secoude démonstration de la propriété que les points
de contact d*une face d*un tétraèdre avec les sphères tangentes aux quatre
faces sont, deux à deux, conjugués isogonaux par rapport ài cet(e face.
Gomme en géométrie plane, le p61e 1 du cercle inscrit au triangle sphé-
rique A^A^Ag est le point de concours des hauteurs du triangle JtJtig formé
par les pôles des cercles exinscrits; il est aussi le conjugué isogonal, par
rapport au triangle JtJ,Js, du point d'intersection V des arcs J^J,!, J|Jtti Vu
perpendiculaires aux côtés du triangle orlhocentriqne A^A,A,. Mais le point V
n*est pas le pôle du cercle circonscrit à Jti|J|.
(27)
Si Ton veut aller plus loin dans la voie des analogies du
triangle et du tétraèdre, on est tenté d'admettre que les rayons
y Ut iJnj iJnj iJu des sphères exinscrites concourent en
on même point ou forment, au moins, un quadruple hyper-
boloîdique. Mais il n'en est pas ainsi : la droite A^V qui ren-
contre les trois premiers rayons ne coupe pas le quatrième.
Pour s'en convaincre, il suffit d'observer que les droites A^V,
A1J4 ne changent pas avec la direction du plan AiA^Aj, de sorte
que la droite J^J^ n'est pas nécessairement située dans le plan
La droite A«V et les droites analogues des trièdres A|, A^, A3
oe forment pas non plus un quadruple hyperboloïdique ; car
J(Jii rencontre trois de ces lignes sans s'appuyer sur la qua-
trième.
tt. Voici la généralisation d'un théorème de Steiner, que
nous avons annoncée à la fin du n® 6 : Si deux tétraèdres
AiAtAA, MiMiMjM* sont tels que les lignes ff„ j„ Çz, j* menées
par les sommets du premier perpendictdairement aux faces du
second, constituent un quadruple hyperboloïdique, la même pro-
priété qifpartient aux lignes g\, g\, g'^, g\ menées par les sommets
du second tétraèdre perpendiculairement aux faces du premier.
En effet, les plans (A4A1, jfi), (A4A,, p,), (AiAj, g^) se coupent
suivant la génératrice du second système qui passe par A4.
Soient S|, S,, 83 les distances d'un point de cette droite aux
faces du trièdre A«AiA«As, nous aurons
<r,_sin(y,.Tt) <r, _ sin (y„ T,) <r, ___ sin (y„ T,)
^, "" sin te, , T.) ' J, "■ sin {g, , T,)' J, ~ sin (gr,, T,) *
d'où:
stn te,, T^) siii (yt, T,) sin (y„ T,) _ ^
«în i9t, T.) sin ig^, T,) sin tei» TJ
(*; Comment concilier ces conclasions avec an théorème énoncé par
Sieiaer dans les AnnaUê de Gergonnê, t. XVIII {Geêammelte Werke, t. I,
(28)
Kéciproquement, cette égalité est suffisante pour qu'il passe
par A4 une droite s'appuyant sur ^i, p„ y,, pi. Si Ton observe
maintenant que (*)
sin (y„ TJ = siu (T„ g\ ), hii {g, , T.) = sin (T', , ^;), elc,
les mêmes égalités expriment que Tun ou l'autre système
C9». 9u ?3, ff*), (g\f g'fj g'if gl) est hyperboloïdique.
En particulier, les perpendiculaires abaissées des sommets d^tm
tétraèdre sur les faces correspondantes du tétraèdre qui a pour
sommets les pieds des hauteurs du premier, ou les points de con-
cours des hauteurs des faces, constituent un quadruple hyperbo-
loïdique.
tS. Voici deux autres propositions du même genre, qu'il
nous suffira d'énoncer : Si quatre droites menées par les som-
mets d'un tétraèdre forment un quadruple hyperboloïdique, leurs
polaires isogonales par rapport aux ttièdres correspondants du
tétraèdre jouissent de la même propriété.
Soient Qi, Q„ Qs, Q4 quatre points des faces d'un tétraèdre
A,AiAj^4 et soient Ql, Qi, Qi, Qi leurs conjugués isogonaux ou
isotomiques par rapport à ces faces. Si les droites A.Q„ A^Q»,
A5Q3, A4Q, appartienneitt à un même hyperboloide, il en sera de
même des droites A.Qi, A,Q;, A^Q;, A4Q; (**).
Droites concourantes.
)94. Examinons maintenant les conditions nécessaires pour
que les droites considérées dans les numéros précédents con-
courent en un même point.
{*) T;, T;, T,, T'4 désigneDl les faces de M^MaM.Mf.
(**) Par exemple, de ce que les droiles A|It, A^U, AJ^, A4I4 formeot an
quadruple hyperboloïdique, on peut conclure que les droites A|Ji|, A^J^,
A^„, A4J14 sont également des génératrices, d*un même système, d*un byper-
lM>]oîde(«i).
(29)
S'il s'agit des hauteurs, les droites AiHi, ÂtH, étant dans un
même plan perpendiculaire à A3A1, les arêtes opposées AiAs,
A5A4 sont rectangulaires. Les lignes A,Ht, AsHi sont perpendi-
culaires à Aiki en un même point h tel que
Aj/I ~~ A^A — • A|Ag •"" A|A| sss Aj A^ ^— A^Ai J
donc
Si ron exprime que les rapports des distances des points Hi, Ht
aux faces Tg, T4 sont égaux entre eux, on trouve
cos a, cos ^5 = cos a. cos a^.
Donc : si les hauteurs dCun tétraèdre concourefU en un même
point : 1® les arêtes opposées sofit perpendiculaires ; 2® les carrés
des arêtes opposées dojinent des sommes égales; 3® les produits
des cosinus de deux dièdres opposés sont égaux entre eux.
H étant le point de concours des hauteurs du tétraèdre, les
plans HA.Hi, HA^Hi, HA4H1 sont respectivement perpendicu-
laires aux plans HA^A^, HA^A^, HAtAj. Donc, pour que quatre
droites menées par un même point soient les hauteurs d'un même
tétraèdre, Fune des droites doit être l'intersection des plans-hau-
teurs du trièdre formé par les trois autres.
Ces théorèmes sur les hauteurs sont assez connus.
;93. Pour que les droites joignant A|, A2 aux centres Q,, Q,
des cercles inscrits aux triangles Ti, Ts se coupent, les bissec-
trices A|Qj, A.Qi des angles A4A1A3, A^A^As doivent rencontrer
Kiki au même point; ce qui exige
= OU fli'»K = ai<ii.
A A A A
La même condition exprime aussi que les médianes antiparal-
lèles AfKf, A«K| sont dans un même plan.
Nous appelons tétraèdre isodynamique (*) celui dans lequel les
{*) Cest-à-dire : tétraèdre auœ produits égaux des arêtes.
(30)
produits des arêtes opposées sont égaux. Cette dénomiaatioa
étant adoptée, on peut énoncer le théorème suivant : Dans tout
tétraèdre isodynamique, les droites allant dCun sommet au centre
du cercle inscrit à la face opposée se coupent en un même point;
les droites qui joignent un sommet au point de Lemoine de la face
opposée, se coupent également en un mime point K, et passent par
les sommets du tétraèdre circonscrit BiBiBsB^.
La dernière propriété résulte de ce que les droites A«B„,
K„B„, qui, dans le cas général, sont des génératrices, de sys-
tèmes opposés, d'un hyperbololde, doivent maintenant coïn-
cider (!•).
9%. Supposons les droites AJi, AJ,, AsU, AJi concourantes.
Les lignes AJ,, A,Ii doivent rencontrer Taréte X^Xi au même
point t; d*où
A^ ___ AgAtlg ^^ AgAgl|
On déduit de là
Mais
'.'i = V«=Vf («)
•-«•rcol-d.;
donc Tégalité (6) donne aussi :
Il 11 11
a,tf4colja,col-04 = ii,a,coi-a,cot-fl, = o,<i,col-<i,col-a,,
ou, à cause de la relation (*)
a^n^ a^a, fl,a.
sin a^ siu a^ sîd a, sin a, sin a, siu Og *
(7)
11 11 11
co8-a,cos-a4=rcos-fl,cos-a,= cos-a,cos-a, . . (8)
(*) Pour démoDtrer la relation (7), on peut mailiplier, terme di terme, les
proportions
01 SÎD A^AjAt 04 sin A|A,A,
Ot sin AgAfAi ' a, sin k^k^k^ '
(31 )
Enfin, si l'on divise les équations (6) et (8), membre à membre,
on obtient
IA,A,.1A,A4=IA,A,.ÎA,A4=:IA,A,.IA,A4.
EiLaminons maintenant les conséquences qu'on peut déduire
du théorème de M. Hermary. Nous faisons tourner les faces
Ti, Tt, Ts autour de a^ (h, az de manière à éeiaser la sphère I;
soient alors Ui, U^ Us les trois rabattements de A« sur le plan
A|AsAs. Les points Ii, !«, I^ viennent coïncider avec I4, et l'on a
l4U| = l4Ut= UUj. De ce que les droites A1I4 et AJi rencontrent
Taréte AtAs au même point, on peut conclure que les points
A4, 1«, U| sont en ligne droite; de même les points (A,, I4, Ut)
et (As, I4, Us) seront en ligne droite. Mais AiUt = A|U3 = a4,
I4U, «= I4US ; donc la droite AiUJ* est perpendiculaire au milieu
de la ligne UtUs. Les droites AiUtli, AsUsI^ étant également per-
pendiculaires aux milieux des lignes U3U1, UiUs, le triangle
UfUsUs est nécessairement équilatéral, et I4 est le point d'où
l'on voit les côtés du triangle A4A1A8 sous le même angle
de 120».
Pour résumer ces résultats, nous énoncerons le théorème
suivant :
Si les droites qui joignent un sommet (Tun tétraèdre au point de
contact de la face opposée avec la sphère inscrite, c&ncourent en
un même point : \^ les cosinus des moitiés des dièdres opposés don-
nent des produits égaux ; 2*» les produits des aires des triangles qui
ont pour sommet commun le centre de la sphère inscrite et pour
bases deux arêtes opposées, sont constants; S"" la sphère inscrite
touche chaque face au point dCoii Von voit les côtés sous des angles
égaux.
La dernière propriété est susceptible d'une autre démonstra-
et observer que, dans les triédres A,, A, :
»in AgAtA, sin 04 sin A4A«A| fiii Oj
•in A4AtA, fin a, ' sin A,A,A| sin 04
Oo parvient encore très simplement à la formule (8) en égalant les rapports
des distances des points I| ou I, aux plans T,, T4.
(32)
tion très simple. Toute section S du trièdre I«I|IiIs par un
plan parallèle à AiÂ^As est un triangle équilatéral ; car c'est une
section antiparallèle du tétraèdre isodynamique Iiltlsli. Les
traces des plans A4A4I1, A^Jt, A4A3I3 sur celui de S, étant les
médianes antiparallèles d'un triangle équilatéral, font entre
elles le même angle de 120^.
Nous reviendrons plus loin sur le tétraèdre satisfaisant aux
égalités (6), (7), (8).
)99. Supposons maintenant que les droites A^Jh, AJn,
AsJssy A4J44 concourent en un même point.
Les distances de J44 à A|At et à A1A3 étant égales à r^ tg ^ as,
r^ tang ~ Ot, le rapport des distances de ce point à Ts et Tt est
exprimé par
lang -tfjsino, sin« - a,
î '. "^ . 1
laog - 0| s!D a^ sid' - o.
En l'égalant à celui des distances de in aux mêmes plans, on
trouve
sin«-a, sin«-fl,
~^ T"'
sin* - a^ sin* — a-
2 2
donc les conditions cherchées sont
. * . ^ . « i i . t
6ID - Oj sin - 04 = sin — fl, sin - ûj = sin - a^ sm - a,.
2 2 2 2 2 2
Pour en trouver une interprétation géométrique, observons
que la distance de I à l'arête a„ égale ^.^^^ ; donc : si les
droites qui joignent un sommet d'un tétraèdre au point de conia£t
intérieur de la face opposée avec une sphère exinscrite concourent
en un même point, le produit des distances du centre de la sphère
inscrite à deux arêtes opposées est constant.
d* » ' • -"^
( 33)
Tétraèdre isooynaiiique.
9ë. Nous avons appelé tétraèdre isodynamique un tétraèdre
A,A8AsA4 dans lequel les produits des arêtes opposées sont
égaux, de sorte que
$10 a, sin a^ s= sin ff, sio a^ = sin a, sin a^ .
Dans tout tétraèdre isodynamique : \^ le^ sections antiparal-
lèles sont des triangles équilatéraux (l<l); 3^ les droites qui
joignent un sommet au centre du cercle inscrit à la face opposée
se œupent en un même point; S"" les droites A«B|, A«B,, AsBs,
A«Ba qui unissent un sommet au pôle de la face opposée par rap-
port à la sphère circonscrite, passent par les points de Lemoine
Kh K,, Ks, K4 des faces, par les centres des sections antiparallèles
correspofidantes, et se coupent en un même point K (15) ; 4<' des
points Ah Au A3, A4, oti voit les côtés des triangles 3334, BJBéBi,
B«B,B„ B,B«Bs sous des angles égaux (tH).
Le point K jouit, par rapport au tétraèdre AiAtAsAi, de pro-
priétés analogues à celles que nous avons énoncées au n** 2,
VllUXII.
M. Cherchons les coordonnées de K.
Les distances de K^ aux arêtes ai, a, étant proportionnelles
à fli, a«, le rapport des distances de ce point aux faces T|, T, est
exprimé par
«Ti sin flj a^ sin tfg ^ a» sin A^^A, R, n^ Hf rH
a, sin a, a, sin a^ a^ sin Xpf^z Rt - ^
Donc les coordonnées normales de K sont proportionnelles aux
rayons des cercles circonscrits aux faces du tétraèdre.
Menons par K des plans parallèles aux faces du tétraèdre et
rencontrant les droites 00,, 00„ 00», 00* respectivement en
E,, E,, Es, E*; les droites KE„ KE,, KE», KE* seront paral-
lèles aux ligMfr*iûi,JiAr*Ar*i04. Les cônes qui 01U pour
Tome XXXVII. 3
jJa/u/I T^ Tx T, T4
(34)
sommets les points £|, E,, E», E4 et pour bases les cercles cir-
conscrits aux faces correspondantes du tétraèdre sont semblables.
Désignons par (S|, 8,, S», S4) les distances de K aux faces de
A,A,AsA!, par a Tangle E4A1O4; nous aurons
J, =r R, UDg a. tf , = R, lang «,...
Mais
V.^V.H-V,H-V, = 3V;
par suite
3V
T,R,h-T,R,h-T,R,-«-T4R/
Oia^a, -♦- a^^^ -4- a^n^a^ -1- at^'t'^s
«>t«== ^^^
R. R, R, R4
*i ^t ^i ^4
Les coordonnées barycentriques de K sont proportionnelles
aux produits
T,R,, T,R,, TgRg, T4R4,
ou à
^iVfl <'i<'«<*4» Og^i<^§* <»l<*t%*
Elles conduisent facilement aux rapports
KK4 KK.
SO. Menons quatre plans parallèles aux faces du tétraèdre
AiAfAsA^, à des distances proportionnelles aux rayons des
cercles circonscrits à ces faces ; nous obtiendrons un nouveau
tétraèdre CiCfCC* dont les sommets sont situés sur les droites
A|K, A,K, AsK, A4K et les partagent en parties proportionnelles.
Les plans des trièdres A4, Q forment un parai léli pi pède
A^NjNtNaNiNiNiC*; la diagonale A4C4 passe par les centres de
gravité N, N' des triangles N,N,N3, NlNiNi, dont les sommets
sont situés, respectivement, sur les arêtes A4A1, A4A,, A«As
et CtCi, C4C2, C4CS. Mais la droite A4C4K passe aussi par le
centre de gravité de toute section antiparallèle des trièdres A4
(35)
et C|. On conclut de là aisément que NiN^Ns et NiNtNs sont des
triangles équilatéraux, dont N et N' sont les centres.
Soit 0' le centre de la sphère CiCiCsCi ; ce point est situé
sur KO, et C'C^ est parallèle à OA4. Les points N et N' divisent
A4C4 en trois parties égales ; par suite, si 0'' et 0'" sont les
points qui divisent 00' en trois parties égales, les droites 0"N,
0'"N' sont perpendiculaires aux plans N|N,Nj, NjN^Ni, et
20V4^0X, _^0A,>*-20-c,
3 ' . 3
Désignons par S« et Si les triangles NiNsNs, NjNJiMs, et par
$t, Si, Si, S<, S}, Sg les triangles analogues qui résultent de la
combinaison des trièdres Ai et C|, At et d. As et Cs. Les plans
de Si, Ss, Ss, S4 sont à la même distance de 0" et divisent AjK,
.\tK, AsK, A4K dans le même rapport; ils forment donc un
tétraèdre DtDjDsDi homothétique à BiB^JB^ par rapport à K
H circonscrit à une sphère de centre O".
Les triangles Si, Ss, S3, S« sont égaux entre eux ; car les côtés
de S« et Si, interceptés entre les angles A1A4A1, A^AjAs, font
avec A4A1 un angle égal à A^AïAi et sont compris entre A41 et
uoe parallèle à A4A1.
Il résulte de là que les triangles S sont inscriptibles à une
même sphère ayant son centre en 0". Le même raisonnement
peut s'appliquer aux triangles S'. Par conséquent :
Si deux tétraèdres isodynamiques A|AjA:sA«, CiCsCsCi sont
homothétiqiLes par rapport à K, les arêtes du premier sont ren-
contrées par les faces du second en douze points, sommets de
({mire triangles équilatéraux égaux et inscrits à une même
xphère 0" ; les face^ du premier rencontrent les arêtes du second
m douze points d^une seconde sphère 0'" ; les centres 0" et 0'"
divisent la distance des ceiUres des sphères AiA^AsA^, C1C2C3C4 en
trrn parties égales.
Autrement dit : Étant donnés un tétraèdre isodynamique
AiAïAjA* et le tétraèdre circonscrit BiBtBjBi, si Von construit
m troisième tétraèdre D1D2D3D4 homothétique à BiBiBsB^ par
(36)
rappcri au point K, les faces de DiDtDsD« coupent les trièdres
correspondants de Ai AsÂsA^ suivant quatre triangles équilatéraux
égaux et inscrits à une même sphère.
Si. Les faces des tétraèdres CiCtCsC«, DiDtDsDi peuvent être
menées par K, ce qui donne des cas particuliers remarquables.
A. Les plans menés par K parallèlement aux faces du tétraèdre
isodynamique AiAsAjA^ rencontrent les arêtes en douze poinU
dCune même sphère, dont le centre divise KO en deux parties
dont Vune est dotd>le de Vautre.
B. Les droites menées par K parallèlement aux arêtes 4fun
tétraèdre isodynamique rencontrent les faces en douze points
dlune même sphère dont le centre divise KO en deux segments
dont l'un est la moitié de Vautre.
C. Les sections antiparallèles menées par K sont égales entre
elles et inscrites dans une même sphère dont le centre est en K.
II serait intéressant de déterminer les rayons de ces sphères.
Si p est celui de la sphère (C), ceux des sphères (A) et (B) sont
égaux à
i i
-V/4B«H-P«, 3l/R« + 4p«.
Pour terminer ce qui est relatif à ces sphères de douze
points, nous ferons observer que les théorèmes des n<* 30
et 31 peuvent se déduire directement de la proposition XI
du no 2.
En effet, si nous désignons par N les points où les arêtes de
AiAsAsA^ sont coupées par les faces de C.CiCiC*, les points N
situés sur a,, aj, a^ appartiennent à une même circonférence ;
car ils sont déterminés par les intersections des côtés de deux
triangles homothétiques par rapport à K4. De même, les points
N de «1, Os, 0, sont sur une seconde circonférence. Par ces
deux circonférences qui ont deux points communs sur fli, on
peut faire passer une sphère 0". Celle-ci contiendra aussi les
circonférences des six points N des faces Tj, Ts, comme ayant
déjà quatre points communs avec chacune de ces lignes.
(37)
QUADRANGLE ISODYNAMIQUE.
S)9. Lorsque quatre points Ai, At, As, A4 d'un même plan
satisfont aux relations
A^AfAgA^ss A|A|. A|A4 = A|A^. A^AgSsP, .... (9)
nous dirons qu'ils forment un quadrangk isodtpiamique, de
puissance P. Chacun des points A est un centre isodynamique
du triangle déterminé par les trois autres.
Un triangle AiAsAs a deux centres isodynamiques A^, Ai, qui
ont des relations très simples avec deux autres points remar-
quables déjà connus. Ces derniers sont les points d'oti l'on
voit les trois côtés de A1A2A3 sous des angles de 120^ ou de 60^;
nous les appellerons centres isogones du triangle.
Construisons sur les côtés de AiA^As, extérieurement et inté-
rieurement, six triangles équilatéraux AiAsXi, A^AsYi, AsAiXt,
AsAiYs, AiAiXs, A«AsY5. Le premier centre isogone Z est situé
sur les droites A|X|, A^Xt, AjXs et sur les circonférences
.\tA3X4, AjAiXt, AiAfXs; si les angles Ai, A2, As sont inférieurs
à 180*, il tombe à l'intérieur du triangle et les angles A|ZAs,
A«ZAs, AsZAi sont égaux entre eux. C'est ce que nous suppo-
serons pour fixer les idées. Nous ferons aussi
on sait que Z rend la somme A|Z-f-A,Z-f-AsZ minimum f).
Le second centre isogone Z' est situé à la fois sur les droites
A,Y„ A,Y,, AiY, et sur les circonférences AsAgYi, A4A4Y,, A|AiYs.
Dans l'hypothèse de (A,— 60») (A,— 60*») > 0, il tombe à l'inté-
(*) Voir E. Catalan, Théorèmes et Probièmes, 6« édition , pp. 55 et 228.
Si Ai>i20«, Z tombe dans l^angle opposé aa sommet à A,AtA,.
Le problème classique du point de la somme minimum des distances aax
trois sommets d'an triangle demande, nous semble-t-il, un complément de
:«lfition : le pofnt Z' peut rendre minimum la quantité A,M -4* A,H -* A^M.
(38)
rieur de Tangle AiAïAs, mais du côté opposé à A| par rapport
à A«A|. Nous ferons encore
AjY, = A,Y, = A.y, = =fc(A,Z' - A,Z' - A.Z) = s\
le signe d= correspondant à A| ^ 60^.
II n'y a pas d'autre centre isogone que Z et Z\ car les cir-
conférences AiAsXi et A^Ys ou A^AsYi et AgA^Xt, à l'inter-
section desquelles un tel point devrait se trouver, se coupent
sur AiA«, au pied 'de l'une des obliques menées par As et fai-
sant avec A|A« un angle de 60^ (*).
88* Soient m et A la médiane et la hauteur partant de Ai,
Oi, Of et as les côtés de AiA^As, T la surface, a Tangle de Brocard,
R le rayon du cercle circonscrit. Le triangle AfX|Y| donne les
égalités
3
»« -4-»'«==2iii*-»--flî rs a* -¥- al A- al.
par suite
A cause de
*9
«• — «'• = 2A X a,^/3 = 4T^/3;
«•z=-{oî-i-a;-l-a;)-l-2Tl/3,
,*» » i (aj -f- fl» -f- aS ) — 2TI/3.
4T
on peut encore écrire
8* = 2T (col « -f- col 30«),
«'•r=2T(col« — CO130»),
M'=:2TV/col«« — 3.
Soient 0|, Si, S, les distances de Z aux côtés de AiAïAs, a et ^
(*) Lorsque A|A,A, est équilatéral, Z coïncide arec le centre de la circoD-
férence circonscrite, el V devient no point quelconque de cette circonférence.
(39)
les projections de Xi sur AiAi et AiAs*, les triangles X<Asa,
X|A^ donnent
Par conséquent
J, sin (A, -♦- eO«) = <y, sin ( A, -i- 60«) = ^, 8iu (A, -+- 60»).
La coordonnées normales de Z sont donc inversement propor-
tionnelles à sin (A, -♦- 60«), sin (A, -♦- 60«), sin (A, •♦- 60*»). Les
coordonnées barycentriques f) sont
sin A, sin A, sin A,
'z
sin (A» -4- eo«) ' sin (A, -f- «0») * sin (A, -4- «0») '
OU plus simplement
i
colA, -f-col60» cot A| -4- col 60» col Ag -4- cot 60"
Pour avoir celles de Z', il suflSt de remplacer 60® par — 60<>.
M. En mettant les égalités (9) sous la forme
A^n^ i%|A2 A|Ag ' 1"S ■"4*^1 8 t
A<Ac AjAg "4 1 SI 4 S 8 1
on trouve immédiatement trois lieux géométriques à Tinterse^^
tion desquels se trouve le centre isodynamique A4 du triangle
AfAfA}. Soient V|, V„ Vs, Vi, V^, Vi les pieds des bissectrices
intérieures et des bissectrices extérieures du triangle A| A1A5 ;
les circonférences décrites sur V|V;, VjV;, VjVi comme diamè-
tres se coupent aux deux mêmes points A4, A4. Ces courber
(*) Lfs aires des triangles A,ZA,, AgZA^ , A^ZA, sont proportionnelles aux
prodolu ZA,. ZA,, ZA^.ZA^ , ZA« .ZA, ; donc les coordonnées barycentriques
àe X iOQt encore inversement proportionnelles & ZA, , ZA^, ZA,.
( W )
rencontrent la circonférence AiA^As orthogonalement ; car les
diamètres V,V'„ VsVt, VsVs sont partagés harmonîquement par
les côtés du triangle.
Par conséquent, si r,, Vt, Vs, 0 désignent les centres des quatre
cercles, les rayons v^A^, TtAi, v^As touchent le cercle 0; les
points V sont donc sur l'axe d'homologie du triangle A|A«A3 et
de son polaire réciproque BiB^Bs par rapport au cercle 0.
Mais cet axe est aussi la polaire du point de Lemoine K de
AiAfAs; de plus, la droite A4A4, étant la corde commune aux
trois cercles Ti, v^ v^ qui sont orthogonaux au cercle 0, passe
par 0 et est divisée harmoniquement par la circonférence A|A|As.
En résumé :
Les trois eircatiféretices qui ont pour diamètres les distances des
points où un côté du triangle A|A,As est rencontré par la bissec-
trice intérieure et la bissectrice extérieure de t angle opposé^ se
c^oupent aux mêmes points A4, A4, centres isodynamiques du triangle.
Ces points sont en ligne droite avec le cetUre 0 du cercle circon-
scrit et avec le point de Lemoine K. A4 et Al, K et le milieu M de la
distance A4A; forment deux systèmes de points conjugués hurmo-
ni4iuespar rapport au cercle A,A«As.
34. Soient Ni, N«, N5 les homologues de A|, As, A3 dans
une transformation par rayons vecteurs réciproques, dont le
pôle est un point quelconque A. Les triangles semblables AA|At
et AN,N|, AAfAs et AN3N,, AAA et ANjN, donnent facile-
ment (!•) :
A|Aa AAj AaA|«AA| AgAg^AAtt
Ainsi, si NiNtNj est le triangle formé par les inverses des som-
mets dun triangle A|AtAs, les côtés de ce triangk sont proportion-
nels aux produits des côtés opposée du quadrangle AA,A,As, A
désignant le pôle ^inversion.
Le pôle peut être dans le plan AiAsA» ou extérieur. Dans le
dernier cas, les circonférences N1N1N3, A|A,As sont des sections
(44 )
I
antiparallèles d'un même cône. Menons les plans tangents le
long des arêtes AA^ AA9, AAs; les premiers principes des
projections centrales conduisent aux théorèmes suivants, qui
sont encore applicables, lorsque le pôle A est dans le plan
Si Ton soumet à une inversion les sommets (fun triangle, les
points de Lemoine de ce triangle et de son transformé sont en
ligne droite avec le pôle d'inversion ; les pieds des médianes anti-
parallèles et les pôles des côtés homologues par rapport aux cercles
circonscrits à ces triangles jouissent de la même propriété.
Lorsque le pôle d'inversion coïncide avec un centre isody-
namique A4 (ou A^), le triangle transformé NiNjNs devient
équilatéral. Donc, si Von transforme par inversion trois sommets
(Tun quadrangle isodynatnique, le pôle d'inversion étant placé au
quatrième sommet, on obtient les sœnmets d'un triangle équila-
téral (*).
En particulier, les droites qui joignent les sommets d'un triangle
A1A1A3 à l'un des centres isodtpiamiques rencontrent la drconfér
rence circonscrite aux sommets d'un triangle équilatéral.
Réciproquement, les inverses des sommets dun triangle équi-
latéral et le pôle d'inversioti sont les sommets dtun quadrangle
isodytiamique.
M%. Soient maintenant N|, N,, Nj, N4 les inverses des som-
mets d'un quadrangle quelconque AiAtAjA^, le pôle d'inver-
sion étant placé en un point arbitraire A. On trouve facile-
ment les proportions
\N, _ A.\ AiN.AA,
A|Aa /\na AnaaAA|
N.N^ AN, ANj.AA,
ss sr — — ;
AjAa AA< AA|« AAs
(*) Plus géDénlemeDl, si l'on transforme trois sommets d'un quadrangle
t^ielconque en plaçant le pôle d^inversion au quatrième, on obtient quatre
»<îùt de triangles semblables entre eux.
^42)
d'où, en dësigoantpar n la puissance d'inversion,
A|A|«AgA| AA| • An^. AAf • AA^
Le quatrième terme de cette proportion est symétrique par
rapport à Â|, Ai, As, A4; par conséquent
A«Aa>A«Ai A|Aa*AaA< A|A<aAaA*
Donc, si l'on transforme par inversion les sommets dCun qua-
drangle quelconque, les produits des côtés opposés du quadrangle
tra)isformé sont proportionnels aux produits homologues de h
figure primitive.
En particulier, tout quadrangle isodynamique engetidre, par
inversion de ses sommets, un nouveau quadrangle isodyfiamiqtie.
Le quadrangle isodynamique le plus simple est formé par
les sommets d'un triangle équilatéral NjNjNs et son centre N4.
Si l'on soumet ces quatre points à une inversion dont le pôle est
un point quelconque A4, on obtient les sommets d'un nouveau
quadrangle isodynamique AiAfAsAi. Mais le pôle A4 forme aussi
avec le triangle AiAgAs, transformé du triangle équilatéral
NiNjNs, un système isodynamique. L'existence des deux centres
isodynamiques pour un même triangle AiAfAj devient ainsi
manifeste. De plus, si l'on choisit convenablement la puissance*
d'inversion, les deux triangles NiN^Ns, A|AsA3 seront inscrits à
la même circonférence 0, et l'on voit que le produit AiO. AiA,
est égal à la puissance de Al par rapport à cette circonférence.
S7. Désignons par Oi, as Os, A|, At, A3 les côtés et les angles
du triangle AiAsAj, par 04, a^ (k les distances des sommets au
centre isodynamique A4, par P et P' les puissances des quadran-
gles A4A,AsA4, A|AsAsAi, enfin par N|, Nt, Ns les points d'inter-
section du cercle A|AtAs avec les droites A4A,, A4Af, A|A:. U'
triangle NtNtNs est équilatéral ; si l'on suppose A4 intérieur à ce
(43)
triangle, on trouve facilement que les angles AfÂ^Âs, AsA^Â,,
A4A«At valent respectivement
A,-*-60<», Aj-hôO», A,-*-60«.
Donc le premier centre isodynamique A4 (*) est à rintersectimi
des arcs de trais segments capables des angles Â| -^ 60<», Af + 60»,
As-^ 60®, décrits respectivement sur les côtés ai, ai, as. De même,
le second cetitre XI est déterminé par trois segments capables des
angles A, — 60», A, — 60», A, — 60».
Cette construction est applicable à tous les cas, pourvu que
Ton convienne de remplacer un segment capable de 180® -♦- a
ou de — a par un segment capable de 180® — a, tourné du
même côté de la corde (**).
SS. L'aire du triangle AsAaA, a pour mesure
--^..in(A.-^60.) Lj_ _
De même
P« sin A, sin (A, -»- 60«) P« gin A, sin (A, •♦- 60")
A^A^Ag = — . AjA^Ai =3 •
Par suite, les coordonnées barycentriques de A4 sont
sio Ag sin (A^ «- 60»), sio A, sin (A, -^60»), sin Ag sin (A. + 60»),
et les coordonnées normales sont
sin (Ag -4- 60»), sin (A, -♦- flO»), sin (A, -♦- 60»).
Ces dernières étant inversement proportionnelles à celles du
(*j Les points A4 et A4 sont, i'un intérieur et l'autre extérieur à la circon-
férence AiA,Ag. Nous appelons premier centre celui qui est intérieur.
(**) Pour étudier les modifications de la figure, on peut se donner le triangle
éqnilatéral NiN,N, et placer ensuite le point A4 ou k\ dans toutes les posi-
tfou possibles.
( 44)
centre isogone Z, on voit que les points A4 et Z sont conjugua
isogonaux par rapport au triangle Ai Af As ; ce sofU donc les foyers
([une conique inscrite à ce triangle (*). Les points Al et Z'
jouissent de la même propriété.
Les lettres X, Y, s ayant la même signification qu'au n"" 33,
les triangles équiangles A|AtX|, A|AsA« donnent
|)ar conséquent
«A fll«t «■«!
a^a^a^ 4RT
Si Ton fait la somme des aires AtAïAs, A3A4A1, A|A|A«, on
trouve
pt
T = — 2 sio A, sin (A^ H- 60«).
4T
4RT
En remplaçant P par -j- et en observant que
«• ss 2T (cot a -^ cot 30«), T » âR« sin A^ sin A, sin A, ,
on parvient à la relation
2sinA,sin(At-4-60»)
col Aj -«- cot A, -f- cot A, -h col 50» « ,
sin A, sin A, sin A,
dont la vérification directe ne présente pas de difficulté.
Le second centre isodynamique A^ donne
A4A, — — ;-. A^A,^ — p. AjA,»-— ., pss__.
S 4 9 K
(*) Celle conique sera étudiée plus loin («•).
(45)
La comparaison des formules relatives à A4 et Ai conduit à
des égalité curieuses telles que
A^A| A^A^ A^Ag o A|T|
A^A| A^Aji A^Ag 8 A|A|
^ . ^^ S'^T ^. ^. SR'Tcota
P« = F<', PF = — , P«H-P'«= .
|/coi«« — 3 col«« — 3
1 I cota 1 i I
pi p/t 4Rix fltflj fljaj a|a.
Les proportions (10) montrent que la circonférence AiAtAs est
le lieu des points dont les distances à A4 et A4 sont dans le rap-
port s' : s ; par conséquent, elle divise la distance kiK addUive-
ment et soustractivement dans ce même rapport.
Nous avons encore à signaler les formules concernant les
distances des points en ligne droite : 0, K, A4, Ai, H (milieu
de A4Ai). On a vu que
0K.0M = R», 0A^.0A'4 = R% OK = R V/l — 3tg««;
delà on déduit :
0K« — R« = — 3RMg«ce, OM =
5H* — R«= ma/ = ma;' =
l/l-3lg*«
3R«
col* a — 3
«% /colje— I/o ^,, ^. /coltfH-
OA^sR \/ —. OA'. = R \/
V cold-hk'S * V col« —
«•. Les théorèmes énoncés au n*» 28 peuvent être trans-
portés, en partie, au quadrangle isodynamique. Ainsi : 1» les
droites joignant un sommet (Tun quadrangle isodynamique au
centre du cercle inscrit au triangle qui est formé par les trois
autres sommets se coupent en un même point ; en ce point se
croisent aussi les lignes qui joignent, sur les côtés opposés du
quadrangle, les pieds des bissectrices intérieures de ces triangles ;
(46)
:^ les droites qui unissent un sommet au point de Lemoine du
triangle déterminé par leé trois autres sommets (ou au centre du
cercle circonscrit) passent par un même point (*).
Il serait intéressant de préciser la position de ces nouveaux
points remarquables. Il doit aussi exister des relations curieuses
entre les centres des cercles circonscrits, les points de Lemoine,
et les seconds centres isodynamiques des quatre triangles
A^AfAs, AiÂsÂi, AsÀ«Â|, A^AiAf.
Tétraèdbe isodynamique (suite).
40. Considérons de nouveau un tétraèdre isodynamique
AiAtAjAi. Désignons par V« et V. les points où l'arête a« est
rencontrée par la bissectrice intérieure et par la bissectrice
extérieure des angles plans opposés ; par v„ le milieu de V.Vi,
par W, et W;, les centres isodynamiques de la face T,,.
Étant donné le trièdre A4, il est facile d'obtenir la direction
du plan A|A,As : on cherche une section équilatérale NiN^Ns
du trièdre, et le plan tangent à la sphère A^N.NiNsau point A4
est la direction cherchée. Autrement dit, si l'on transforme par
inversion les sommets dun triangle équilatéral en prenant le pôle
hors du plan, ce pôle et les points transformés sont les sommets
d'un tétraèdre isodytiamique,
41. Lorsqu'on donne la face AiA^As, le lieu du point A4
(^st le cercle ^4, intersection des sphères v]^ Vt, Vs qui ont pour
diamètres V4V',, V,V;, V»Vi. Ce cercle a pour diamètre la droite
W4Wi, et son plan, perpendiculaire à celui de A,AiAs, passe
par le centre O4 du cercle AfA^As et par le point de Lemoine K4.
De même, les sphères qui ont pour diamètres V.VI, V,Vs,
VeVi se coupent suivant une circonférence pi passant par
A|, W|, Wl. Les circonférences ,8|, p*, tracées sur la même
(*) La dernière partie de celte proposilioD sera étendue plus loin (ftA)
:i d^autres points du plan A| A,A, que les centres isodynamiques.
(47)
sphère V|, ont deux points communs A|, As qui appartiennent
aussi à la sphère décrite sur \i\\ comtne diamètre et aux
circonférences p^» Psy intersections des sphères (Vt, Vi, v^ et
Vs, v«, »J.
Les sphères v sont orthogonales à la sphère 0 ; leurs centres
sont à rintersectioii de deux arêtes homologues des tétraèdres
A^AfAsA^, BiBfBsBi et sont situés dans un même plan qui est
à la fois le plan d'homologie des deux tétraèdres et le plan
polaire de K par rapport à la sphère 0. Il résuite de là que
les points Ag, A, sont sur la droite KO perpendiculaire au plan
v^v^v^j qu'ils sont symétriques par rapport au pied H de KO sur
ce plan, et conjugués harmoniques relativement à la sphère 0,
c'est-à-dire
ok.om=oa,.oa;=sR», ma, = ma; = [/ôS* — r».
Le point As appartenant au cercle ^«, le tétraèdre AbAiAiA^
est isodynamique, et les droites AgAi, AsAt, A5A5 rencontrent
la sphère 0 aux sommets d'un triangle équilatéral NiN^N,.
La même propriété subsistant pour les faces T|, T}, T3, nous
résumerons ainsi les résukats obtenus :
Étant donnés un tétraèdre isodynamique AjAiAsA^ et son
polaire réciproque B| 6)6364 j^ar rapport à la sphère circonscrite 0^
les six sphères qui ont pour centres les intersections de deux arêtes
homologues des deux tétraèdres et qui passent par les extrémités
des arêtes opposées du premier tétraèdre, se coupent aux deux
mêmes points A», Ai de la droite KO. Les droites qui joig fient A^
[ou Ai) aux points A|, A,, A3, A4 rencontrent la sphère 0 aux
sommets d'un tétraèdre régulier NiNjN^N*. Chacune des faces de
A|A|AsA4 forme avec A^ (ou Al) un tétraèdre isodynamique.
A9* On peut confirmer ces conclusions par une autre mé-
thode. Tout quadrangle isodynamique, plan ou gauche,
engendre, par inversion des sommets, un nouveau quadrangle
isodynamique (S«). Le tétraèdre isodynamique le plus simple
est le tétraèdre régulier N|NsN8N4; on peut le décomposer
en quatre autres tétraèdres isodynamiques en joignant son
( 48 )
centre N| aux quatre sommets. Si Ton soumet à une inversion
les points N|, Ns, Ns, N4, N„ le pôle d'inversion étant en un
point arbitraire Aï, on obtient un nouveau système isodytia-
mique complet de cinq points A|, A,, A«, A4, A,, tels que quatre
quelconques d'entre eux sont les sommets d'un tétraèdre iso-
dynamique. Un tel système complet est encore formé par les
points A|, Al, Al, A«, A5.
Lorsque la puissance d'inversion égale celle du point Ai
par rapport à la sphère NiNiNgN^, le tétraèdre A1A1A3A4 sera
inscrit ù la même sphère.
Chacun des points d'un système isodynamique complet peut
être appelé cetitre isodyncanique du tétraèdre des quatre autres.
Le rôle de ce centre peut être défini ainsi : Les plans menés
par ce point et les arêtes du tétraèdre décomposefU celui-ci en
quatre tétraèdres isodynamiques; ou encore : Le centre isodyna-
mique étant pris pour pôle d'inversion, le tétraèdre inverse devient
régulier.
On peut encore remarquer les propriétés suivantes :
Si Ai, At, As, a; sont les inverses des sommets d^un tétraèdre
isodynamique AiAïAjA^ par rapport à un pôle quelconque A, les
centres isodynamiques des tétraèdres AiAsA^Ai, AjA^A^; se cor-
respondent dans l'inversion. Les points de Lemoine de deux faces
homologues, les sommets homologues des tétraèdres B.B.BsBi,
BjB^BsBi, polaires réciproques de A, A^AsAi et AjAïAsAI relative-
ment aux sphères circonscrites, les centres d'homologie de A| Ai A^A^
et B.B^sB^, de AlA^AjAi et BiBîBaBÂ sont, respectivement, en
ligne droite avec le pôle d'inversion A.
4S. Pour les relations métriques que nous allons établir,
il est commode de considérer la figure suivante. Après avoir
tracé le triangle AfAsAj et le cercle circonscrit O4, déterminons
le point de Lemoine K4, la polaire de K4 et la projection M
de K4 sur cette polaire; de M comme centre, avec un rayon
égal à la tangente M<r menée au cercle O4, décrivons un cercle (*)
{*) Le cercle W^W coupe le cercle AiA^A, orlhogonalemeDl; Paxe radical
de ces cercles passe par le poini de Lemoine.
{49 )
qui coupe la droite K4O4 aux points W, W. Ce second cercle
étant relevé autour de WW' dans une position perpendiculaire
au plan A^AtAs, est le lieu des sommets des tétraèdres isodyna-
miques construits sur AiAiAc.
Désignons par P la puissance du tétraèdre A|AtAsA4, par p
eip' celles des quadrangles AfAiAcW, AiAsAsW, et par H le
pied de la hauteur menée par A4. Le théorème de Stewart,
appliqué au triangle A|WW' et à la ligne A|H, donne
â;w*.hw'h-â;w^\hw«(â;h*-4-hw.hw')ww' . . (n)
Mais
donc, si Ton multiplie les deux membres de (ii) par AsAs , on
obtient
p«.HW'-*-p'>.HW = P".WW' (iî)
L'égalité (i2) démontre, de nouveau, que le cercle WvW,
placé dans un plan perpendiculaire à AiAïAs, est le lieu des
sommets des tétraèdres isodynamiques construits sur AiAfAg;
car le premier membre ne dépend pas particulièrement du
point A| qui a servi à établir la formule.
Cette formule conduit aisément aux suivantes :
P*— p» »'• — p*
--^. (p«~p«)(p-«-^p«) .
WW'.T,
V = 1-1- l/(P« — p») (p" — p*).
La valeur de V est susceptible de quelques transformations
plus ou moins curieuses.
Il existe aussi une relation très simple entre V, R, P (*) :
24VR«P«|/3.
(*) F. Catauh, Théorimes et ProWémes, 6« édition , p. 454.
Tome XXXVIL 4
(50)
Le maximum et le minimum de P sont égaux, respective-
ment, kp' eip; ils correspondent aux tétraèdres isodynamiques,
de hauteur nulle, AiAïAjW et AiAjAeW.
Le maximum de V a lieu lorsque H est au milieu de WW';
dans ce cas
4V/3(colV, — 3)
oLi étant l'angle de Brocard relatif au triangle AiAfAs.
Le pied de la hauteur abaissée de A4 peut coïncider avec K^;
alors la sphère A|Af A^Ai aura pour centre O4, et
44. La droite OK occupe une position remarquable : elle
passe par les centres isodynamiques As, A» du tétraèdre
A|AtAsÀ4, est une génératrice de l'hyperboloïde des hauteurs
et est perpendiculaire au plan d'homologie des tétraèdres
A«AtAsA« et BiB^BsBi. K et le milieu M de A»A; sont conjugués
harmoniques par rapport à la sphère 0 ; il en est de même de
A5 et As. Ces relations permettent d'exprimer les quantités OH,
MAs en fonction de OK et du rayon R de la sphère 0.
Les points A4, K, K«, B4 forment une division harmonique ;
si on les joint au point O4 et qu'on coupe le faisceau ainsi
obtenu par la droite A4H4 parallèle au rayon O4B4, on aura une
nouvelle division harmonique dont un point est à l'infini;
c'est-à-dire la droite O4K4 passe par le milieu H4 delà hauteur
A4H4. Donc : dans le tétraèdre isodynamique, les droites qui
passent par le centre du cercle circonscrit à une face et par le
milieu de la fiauteur correspondante, se coupent en K.
Convenons de désigner par cône A„ le cône qui a pour som-
met le sommet A„ du tétraèdre et pour base le cercle circon-
scrit à la face opposée. La droite 04Hi passe par les milieux des
axes des cylindres droits inscrits dans le cône A4 ; car un tel
axe est parallèle à A4H4 et a ses extrémités sur les lignes O4A4 et
O4H4. Il résulte de là que le point K est le centre- commun de
quatre cylindres droits inscrits dans les cônes A„ A|, As, A4.
(81 )
Tétraèdre isogone.
U^. Lorsque les droites joignant un sommet d'un tétraèdre
A^AïAsAi au point de contact de la face opposée avec la sphère
inscrite I, concourent en un même point, le contact a lieu au
centre isogone de chaque face (••); à cause de cette propriété,
le tétraèdre peut recevoir la dénomination de c< isogone ».
Dans le tétraèdre isogone :
fi fi il
lA.Aji . lX.A« a lA.A, . 1 A,A4 « IA.A4 . lA^A,.
La seconde de ces relations est une conséquence de la sui-
vante:
lA.r,i, = i.i..ui,=ij,.i,i,,
qui caractérise le tétraèdre isodynamique I|I J3I4 ; car
I J, =r 2r sio - 1 Jl, = 8r cos - <ï„ etc.
z 2
IIi et llf étant perpendiculaires aux plans T| et T».
Désignons par A|, Ai, Â^, A^ les angles A^AïAs, AiAtAs»
A«A|A4, A«AsA4. D'après les valeurs des coordonnées barycen-
triques du centre isogone (SS), on a
t^ /g cotA,-4-cotgO* _ cotA;-K»lOO*
ïi * ii ™ col A^-»- col 60» "" col a; -♦- col Ô0« *
Pour introduire les arêtes, on peut observer que
cosA, ajH-o;— aj
col A, = ' = -^ , etc.
* sinA, 4T4
Mais le résultat ne présente pas une forme suffisamment
simple.
(82)
Le tétraèdre isogone conduit à deux problèmes d'algèbre
que nous nous contentons de poser :
1<> Résoudre par rapport à ^, U, ... le système d'équations
i"* Éliminer pi, p«, ps, pi entre les équations
flî=pî-*-pî-^pfPi,
aî=PÎ-*-pî-^PtP«.
aî=p!-*-PÎ-«-PiP4,
flî — PÎ-*-pîH-PtP4i
a! = PÎ-^PÎ-^Pip4-
On a posé pi »» AJi « AJt = A^Is, etc.
4#. Étant donnés une sphère I et un trièdre circonscrit, il
est facile de trouver un plan tangent qui forme avec le trièdre
un tétraèdre isogone. La construction peut se traduire en cette
élégante proposition :
Ufie sphère I touche les faces tVtm trièdre A4A|AtAs auxpabUs
II, If, Is. On construit, dans ces faces, les angles AJ^A^, AiIiA,,
A4I2A4, de 120» ; le plan A|AsA, touche la sphère lenun poùU I4,
d'où Van voit A^A,, AsA,, A»A4 sous le même angle de iSO*". De
plus, les droites AJi, Afls, AsI», A4I4 se coupent en un même point.
47. Supposons maintenant les droites AJu^ AJ^u ^a>
AJu concourantes ; le tétraèdre peut être dit isogone relative-
ment à la sphère exinscrite !«. Au moyen des sections antipa-
rallèles du tétraèdre isodynamique iuiJsJit^ on démontre
facilement que J44 est le premier centre isc^one de T4, que
Jiiy J42» hz sont les seconds centres isogones des autres faces.
(83)
Les distances de J^ et J^i aux plans T., T, sont égales à
• . < . i . «
rotang - a,sioo,« r^ lang - a,sin a,, r^col - a^siu a., r^ col - a, sin a,.
2 <S 3 2
Le rapport des deux premières doit être égal à celui des deux
autres, pour que les droites A^J^ et A4J11 soient dans un même
plan. En exprimant, de cette façon, que les quatre droites
A,J4« concourent en un même point, on obtient les égalités
. • i . < i .1 «
sin - fl, cos - a^ = sm - ff, cos - a, = sin - ff, cos - a,.
à». Soit Js une sphère inscrite au comble qui a pour ligne de
faite Faréte A^|. Les points de contact J^ et J» sont situés
entre les prolongements des droites AfAi et AgAi, AsA^ et A»Aa,
à l'extérieur des faces T4, T| ; les points Js, et I55 sont à l'exté-
rieur des faces T,, Tg, mais à l'intérieur des angles AiA^A^,
A1A9Â4. Si les droites kjg^ concourent en un même point, les
points Jm et J51 sont les premiers centres isogones de T4, Ti, ce
qui exige que les angles A,A|A|, AtAiAi soient supérieurs à 130*';
les points J„ et i» sont les seconds centres isogones de T, et Ts.
Les dièdres de A|A«AtA4 vérifient les relations
i i t . • . « . « .
Cûs 2 «I cos -o. = sin -a,sin - a.srsin j ^^in - a,[ ).
49. Étudions maintenant le lieu (A^ du sommet d'un
tétraèdre isogone construit sur une base donnée AiAfAs, dont
les angles sont inférieurs à 120^.
Soient Z (ou I4] le premier centre isogone de la base, et Z4,
Z,, Zs les intersections des droites A|Z, AtZ, AgZ avec A,A3,
A»A|, A|A«. Construisons une sphère quelconque I touchant le
(*) La relation
eos 4fl| cos J 04=5 cos î a, cos ; a^ =t= eos \ Ogcos { 04
comprend tous \es cas, si Ton conTient de désigner par a,, /?,, ... les dièdres
qui sont lournês vei's la sphère considérée.
(54)
plan Â,AsÂt en Z, et menons, par les côtés de A|Af As, des plans
touchant cette sphère aux points I|, I«, U. L'intersection de
ces plans est un point du lieu cherché. Hais les triangles
AfAsZ, A,AbI| sont égaux entre eux et les droites A|Z, AJi ren-
contrent AfAt au même point Z|. Donc le point A4 est sur le
cône Z| engendré par la droite Z|ZA| tournant autour de AsA«;
le lieu de I| est la circonférence engendrée par Z dans ce mou-
vement.
D*après cela, le lieu (A4) est l'intersection commune de trois
cônes de révolution qui ont pour sommets Z|, Z,, Z, et pour
axes a„ a,, aj. Le plan A|A,A; renferme d'abord les trois géné-
ratrices Z|Z, Z«Z, ZjZ, puis trois autres symétriques des pré-
cédentes par rapport aux axes ai, a<t, Oz et se coupant en un
même point W. Le sommet A^, qui est sur la bissectrice de
l'angle Z|ZZi, est le centre d'une sphère inscrite à la fois aux
deux cônes Z| et Z^ suivant deux cercles que nous désignons
par Yi et Y«. Soient ç,, cp, les points d'intersection de ces cercles
avec les génératrices A4Z1, Ail»^. Les droites Acfi, A^cp, sont
égales comme tangentes à la sphère As et leurs inclinaisons
sur les plans de yi et yt sont constantes. Par conséquent, A4
est dans le plan dont les distances aux plans de y« et yt sont
dans le rapport constant cos ZZiA» : cos ZZ^As.
Ainsi la courbe cherchée est plane et se compose d'une
hyperbole dont les sommets sont Z et W. La branche qui
passe par Z et qui est l'intersection des nappes des cônes Zi, Z,
tournées vers Z, est le lieu du sommet d'un tétraèdre qui est
isogone par rapport à une sphère inscrite; la seconde branche
est l'intersection des deux autres nappes et convient à des
tétraèdres isogones par rapport à une sphère exinscrite. Si l'on
combine autrement les nappes, on obtient une seconde conique,
intersection des deux cônes, mais il est inutile de la consi-
dérer ici (*).
(•' On pnii encore Iroiiver facilrmpnl trois hyperboloîdes de révolution
ayant pour foyers deux des points Z|, Z,, Z,, et passant par le lieu (A4).
En (-nVt, les droites A4Z,, A4Z, ont une différence constante Z^^i — Z,^,,etc.
Li's sphères décrites des points A,, A,, A,, A4 comme centrt>s, avec les
&#• La considération du lieu (A^) nous permet de compléter
les propriétés du centre isodynamique d'un triangle.
On sait que le lieu des sommets des cônes de révolution
construits sur une conique donnée (ellipse ou hyperbole) est
une seconde conique (hyperbole ou ellipse); les plans de ces
courbes sont perpendiculaires et les foyers de Tune sont les
sommets de l'autre (et réciproquement). D'après ce théorème,
les sommets Z|, Z|, Zs des trois cônes de révolution qui ont
servi à déterminer le lieu (A4) sont sur une ellipse ayant pour
foyers les points Z et W. Les côtés a^ Os, Og touchent cette
courbe, car ce sont les bissectrices extérieures des angles ZZ|W,
ZZiW, ZZtW. Par suite, Z et W sont conjugués isogonaux par
rapport au triangle A|A,As et W est le premier centre isodyna-
mique (S8).
Soient 2:1, Zt^ z^ les intersections des côtés homologues des
triangles ZfZiZs, A1A1A3. La droite Zzi étant conjuguée harmo-
nique de ZA| par rapport à l'angle Z^ZZs est la bissectrice exté-
rieure de cet angle et, par conséquent, perpendiculaire à ZAï.
On déduit de là que la droite ZiZtZz est la directrice de l'ellipse
considérée.
En résumé : Si X|, Xj, X,, Y|, Yj, Yg sont les sommets des
triangles équUatéraux construits e-xtérieurement et intérieurement
sur les côtés dun triangle AiAïAs, et que Z|, Z^, Zg désignent les
points de rencontre de ces côtés avec les droites A^\^, AjX,, AjXs,
les dernières droites se coupent au premier centre isogone Z, et les
lignes Z|Y|, Z^Yt, ZsYs concourent au premier centre isodyna-
mique W. Les points ZetVf sont les foyers d'une ellipse touchant
les côtés de AiAsAg ^ Z|, Z^, Z,; une directme coïncide avec la
polaire trilinéaire de Z par rapport au triangle AiAïAs.
Réciproquement, ^t les côtés d'un triangle ZiZtZs inscrit à une
rayons A,Z, AgZ, A,Z, A4I, se cou()cnl, deux à deux, sous Pangle de 120*.
Les trois premières étant fixes, la qaalrlèine enveloppe une cyclideetson
eentre décrit une conique.
On parvient à des résultats analogues en remplaçanl Z par le second centre
isogone de A|A,A^
(56)
conique sont vus <tun foyei* Z sous des angles de 60^ ou 120*, ks
tangentes en Z,, Zt, Z, forment un triangle AiAaAs tel que Z est le
centre d^homologie et que la directrice correspondante est Faxe
éthomologie des triangles A^AtAs, Z|ZA*
Tétraèdre involutif.
ftl. Dans le tétraèdre isodynamique, nous avons rencontré
six sphères dont les centres étaient situés sur les arêtes et qui
passaient par les extrémités de l'arête opposée.
En généralisant les conditions de la figure, nous avons
obtenu quelques résultats qui offrent déjà un grand intérêt,
bien que la question soit susceptible de plus grands déve-
loppements.
Soient t^i, t^t» ••• I^s points où les arêtes fli, a,, ... du tétraèdre
AiAsAsA^ sont rencontrées, respectivement, par les plans per-
pendiculaires aux milieux M^, Mg, ... des arêtes opposées. -
Pour que les points v^ v^, Vt soient en ligne droite, il faut que
^B^l ^l^t ^^t^ê , ,,..
VgA, t>tA, »,Ai
Mais, si /; et ft sont les projections de A| et Ag sur l'arête
A1A4, les triangles AiAsA^, AiA^A^ donnent
d'où:
VbA, UJt al — al
17, Ag M/a al —ai
Par analogie :
t?,A, al — aï t?,A, al— al
V4A, flj — al' t?jA, "^ al ^ al
L'égalité (13) peut donc être remplacée par celle-ci :
(ûî-aî)(aî-a:)(aî-a:)=-(ûî-a:)(aî-aî)(aî-aî\
Elle exprime que six points en ligne droite dont les abscisses
(67)
sont proportionnelles aux carrés des arêtes du tétraèdre sont
en involution. On peut lui donner la forme symétrique
1 a; -I- a; a\al
1 a;-t-a| alal
1 aS + a; alal
= 0 (14)
P^ conséquent, la même égalité suffit pour que les triples de
points (t^i, rs, t;,), (t;„ v^^ Vi), (Vs, Vi^ v^) soient également en ligne
droite. Ainsi : lorsque les carrés des arêtes (fun tétraèdre sont
proportionnels aux abscisses de six points en involution, les
points oii chaque arête est rencontrée par le plan perpendiculaire
au milieu de l'arête opposée sont les sommets d^un quadrilatère
complet.
De même, lorsque les six côtés (Pun quadrangle complet véri-
fient la rdation (14), les points où un côté quelconque est ren-
contré par la perpendiculaire au milieu du côté opposé sont les
sommets (fun quadrilatère complet.
Ces tétraèdres et ces quadrangles peuvent être appelés invo-
baifs.
&•• Considérons un tétraèdre involutif A1ASÂ5A4. Nous don-
nerons le nom de plan d^involution au plan des points v, et
nous désignerons par sphère v„ la sphère qui a pour centre le
point v„ et qui passe par les extrémités de l'arête opposée.
Les sphères t;i, Vj, t^s, dont les centres sont en ligne droite
et qui passent par un même point A4, se coupent suivant un
cercle p*. Tout point de P* est sommet d'un tétraèdre involutif
construit sur la base AiAfAg et dont le plan d'involution passe
paj la droite V|V,t;s.
De même, les sphères Vj, v*, t;, passent par un même cercle
^. Les cercles ^, p^ se rencontrent en deux points A5, À5 qui
appartiennent aussi à la sphère v$, attendu que les sphères Vi,
Pi, Vt ont pour intersection un cercle p^ et que les deux pre-
mières surfaces Contiennent déjà les points Ag, As-
Donc les six sphères v se coupent aux deux mêmes points A,,
a; qui sont symétriques par rapport au plan d'involution. Ces
points sont des centres involutifs du tétraèdre AiAjAsAi, et
(88)
forment, chacun, avec les points Ai, At, A3, A4 un système mo-
lutif complet : quatre points quelconques (Fun système complet tel
que A„ A,, A,, A4, Ag sont les sommets (fun tétraèdre itwohUif,
et les plans d'involution de deux quelconques des cinq tétraèdres
ainsi obtenus se coupent sur la face commune à ces deux tétraèdres,
5S. La disposition des points v d'un système complet a des
conséquences très curieuses. Dans les trois tétraèdres A4AtA4Ai,
AfAsAiAs, A1A3A4A5, les plans perpendiculaires aux milieux
des arêtes A,A„ A1A3, AiA, rencontrent Taréte opposée A4A1 au
même point v ; mais ces plans se coupent aussi suivant Taxe
du cercle AiA^As. Donc dans tout système involutif complet, taxe
du cercle qui passe par trois des points s'appuie sur la droite
qui joint les deux autres points; les dix points ainsi obtenus sont,
six à six, les sommets d^un quadrilatère complet.
D'après cela, dans le tétraèdre involutif A|A|A,A4, Taxe OO4
du cercle AiA«As s'appuie sur les droites A4AB, A4A1; donc le
plan du cercle ^4 qui contient déjà la hauteur A4H4 et la ligne
AftAs, passe aussi par OO4. Par analogie, la droite A^As ren*
contre également les hauteurs A|H|, AtH,, AgHi et les axes
OOi, OOi, OO5 des cercles circonscrits aux faces T|, Ti, T» du
tétraèdre. On conclut de là que dans tout tétraèdre involutif,
le centre de la sphère circonscrite et les deux centres invohUifs
sont situés sur une même génératrice de Chyperboloïde des hau-
teurs ; cette génératrice est perpendiculaire au plan d'involution.
Réciproquement, si l'hyperboloïde des hauteurs dtun tétraèdre
passe par le centre de la sphère circonscrite, C€ tétraèdre sera
involutif.
54. Le plan AiAtA, coupe les sphères ri, Vt, v^ suivant trois
cercles qui se rencontrent aux deux mêmes points Ai, AI,
extrémités d'un diamètre du cercle P4. La droite AiAÏ est évi-
demment perpendiculaire à la droite ViV^i et passe par le
centre O4 du cercle AiAsA}. Les quadrangles A|A,AftAi, A«A«AsAi|
sont involutifs.
Désignons par 0,', Oi, Oi les centres des cercles circonscrits
(59)
aux triangles ÂsAjAi, AiAsAî, AiAiAI. Les côtés du quadrangle
OjOsOsO^ sont perpendiculaires aux milieux des côtés du qua-
drangle AiAiAsÂi et rencontrent les côtés opposés de ce dernier
en six points v^ Vt, Vz, v\, v's, v% qui sont, trois à trois, en ligne
droite. De même que la ligne A^O^ est perpendiculaire à la
droite v^v^t^ de même les lignes A,Oi, A«Ot, AgOs seront per-
pendiculaires aux droites t^it^s^é, v^u'^vl^ v^vlvl. De plus, puisque
les côtés homologues des triangles AiA^As, OjOsOs se coupent
sur la droite t^iV^t'e, les droites AïOi, AsOj, AsOs concourent en
un même point 0'; par analogie, les droites AïOj, AtOî, A^Oi
se rencontrent aussi au même point 0'.
Donc : dam tout quadrangle invoîutif, les droites qui joignent
un sommet au centre du cercle passant par les trois autres som-
mets concourent en un même point. Ces droites sont perpendi-
culaires aux côtés du quadrilatère complet formé par les points v.
&&• Considérons de nouveau un tétraèdre invoîutif AiAtA^A^.
Les plans perpendiculaires aux milieux des arêtes AiA|, A^A,,
A^Af rencontrent le plan AiAtAj suivant trois droites passant
par tf|, Vt^ Vi et formant un triangle CiCtC, dont les sommets
appartiennent aussi aux droites 00|, OOt, OOg. Les triangles
AfAiAt, CiC^Cs, admettant uii axe d'homologie ViV^i^ ont aussi
un centre d'homologie D4. On conclut de là que les plans
A|HflO|0, AiH,0«0, AsHsOsO se coupent suivant la droite 0D«.
Si Ton répète ces raisonnements pour les autres faces du
tétraèdre, on verra que les quatre plans AiHiOi, AsH,Ot,
AbHsOs, A^HaOa se coupent, trois à trois, suivant quatre droites
passant par 0 ; par conséquent ces quatre droites se confon-
dent en une seule s'appuyant sur les hauteurs du tétraèdre,
et passant par 0.
Nous retrouvons ainsi, par une autre voie, une partie des
résultats du n?S3; en même temps, nous avons une signification
géométrique des points où la droite OAgAî rencontre les faces
du tétraèdre.
M. Étudions maintenant le lieu (A«) des sommets des
(60)
tétraèdres involutifs de même base AiAgAs, et sa trace (Al) sur
le plan A|A|As.
Pour simplifier l'écriture, nous désignerons maintenant le
cercle A^A^AJ par p, le centre du cercle AiA,As par o, le point
de concours des hauteurs, le point de Lemoine et les centres
isodynamiques du triangle AjAsAg par A, t, W, W, enfin la
droite ViVct^s par V.
Les principales variétés du tétraèdre involutif vont nous ion-
duire à des propriétés intéressantes des lieux (AJ et (A4).
L'équation (14) admet la solution
Donc tout tétraèdre orthogonal est involutif. Le lieu du som-
met d'un tel tétraèdre est la droite AH perpendiculaire au plan
AiAïAs; donc la droite AH fait partie du lieu (A4). Le plan dln-
volution s'est transporté à l'infini.
Le déterminant (14) s'annule comme acquérant deux colonnes
identiques, lorsqu'on pose
Donc tout tétraèdre isodynamique est involutif. Le lieu du
sommet d'un tel tétraèdre est le cercle isodynamique construit
sur la distance WW comme diamètre, dans un plan perpendi-
culaire à A|A,As. Soient B,B,B, le triangle polaire réciproque
de AiAïAs relativement au cercle 0, et U|, u^, t/» les intersections
des côtés homologues des triangles AiAtA^, B|B,Bs. La droite
ttiti^tis» polaire du point de Lemoine k du triangle AiA^As par
rapport au cercle 0, est la position de la ligne V qui correspond
aux tétraèdres isodynamiques construits sur A|AsA|.
L'équation (14) étant vérifiée par
«4 ^ ûj » flf ^ «l .
tout tétraèdre formé par deux triangles isoscèles de même base est
involutif. Lorsque cette base est A4A5, le lieu du point A4 est la
circonférence décrite par As en tournant autour de A«A«. Il
résulte de là que la courbe (Ai) passe par les sommets du triangle
(61 )
fimdamenkU et par leurs symétriques relativement aux côtés
apposés.
Désignons par q^ le point de rencontre du côté a„ avec la
perpendiculaire élevée au milieu de a,. Lorsqu'on fait coïncider
Ai avec A|« A, ou Ag, la ligne V tombera sur les droites qtaqut
quqn ou q^^ti \ par conséquent, les symétriques (ie A|, A,, A«,
pris respectivement par rapport aux droites q^^n^ iuqn, 9t4ti
appartiennent à la courbe (Al).
59. L'équation (14) admet la solution
Donc Yaxe Oo du cercle AfAtAs fait partie de la surface (A*).
Les tétraèdres correspondants donnent une construction très
simple des droites V. En effet, les plans perpendiculaires aux
milieux des arêtes égales A4A1, A^As, A^Af, rencontrent le plan
A|A|As suivant les côtés d'un triangle C«C,Cs qui est homothé-
tique, par rapport à 0, du triangle BiBtB, formé par les tan-
gentes en A|, A|, As au cercle AiAtA». Les côtés homologues des
triangles AiAïAs, C|C,Cs se rencontrent en trois points v^ Vt, v^
situés sur la trace V du plan d'involution. Lorsque A« se déplace
sur Oo, la droite ViV^s occupera toutes les positions possibles,
et marquera sur les côtés de AiAtAg des divisions semblables;
car les lignes C.C|, Cfii se meuvent parallèlement à elles-
mêmes en se coupant constamment sur OB,.
On déduit de là que la droite V enveloppe une parabole (Y)
tangente aux côtés de A«AsAa.
Ces résultats peuvent se résumer dans le théorème suivant :
ÉiaxU donné un triangle quelconque A«A«As inscrit au cercle 0,
tout tria$igle CfiJCg dont les côtés sont perpendiculaires aux
rofons oA|, oAt, oAg et équidistants du centre o, est homoUh
gique avec AfAtA,. Les cercles qui ont pour centres les points V|,
▼t, V| où se coupent les côtés correspondaitts et pour rayons les
distances V|Ai, VtA,, v^Ag se coupent aux deux mêmes points Ai,
À;. La corde commune AlKl passe par o, et la droite V|V,Vj enve-
l(fppe une parabole inscrite au triangle A|A«At.
( 62)
&9« Passons à la détermination des éléments de cette para-
bole.
La directrice est la droite ho qui passe par le centre du cercle
circonscrit au triangle Ai«At et par le point de concours des
hmUeurs, Car o est le point de concours des hauteurs des
triangles Xiquqzi, A,9si?i3, Asfitï» formés par trois tangentes
à la parabole.
Ije foyer F est à l'intersection des circonférences A^M»
Aitistis, A(9ts93t9 etc. On peut remarquer, en passant, cette él^
gante proposition : Dans tout triangle AiAgAs, les perpendicu-
laires élevées aux milieux des côtés rencontrent les autres côtés en
six points 9,], 9,1, ... tels que les circonférences k^qt^iu Atfi.^ii,
Ai9it9,i se coupent en un même point de la circonférence A,A|A|.
La direction des diamètres de (V) étant connue, le foyer F
résulte de l'intersection des polaires isogonales, prises relative-
ment aux angles A|, At, A,, des perpendiculaires abaissées de
Ai, At, As sur la droite ho. Autrement dit, le point F\ symé-
trique de F par rapport au point 0, a pour polaires isogonales
des parallèles à ho.
Cherchons les points pi, pty pi où la parabole touche les
côtés de A|AiAs. Lorsque la droite V s'approche indéfiniment
de AfA», les points Vs, ft, Vi ont pour limites A«, A^, pi, et les
cercles V|, t^t tendent à se couper aux sommets X|, Y| des
triangles équilatéraux construits sur A^As. Donc la courbe (AD
passe par les sommets X,, Yi, X„ Yj, X„ Yj des triangles équila-
téraux construits sur les côtés du tria/ngle A| AtA|, et les points de
contact de ces côtés avec la parabole (V) sont les centres des cercles
A,X,Yi, AfXtYt, AbXjYj.
Voici encore une proposition assez curieuse, qui se rattache
à la dernière figure : Le point ^intersection Z des droites A,X„
AtXt, AsXs, et celui des droites joignant A|, A,, As aux centra
Xi, Xt, Xi des triangles équilatéraux A^AsXi, AsAiXs, k^X^soni
en ligne droite avec le centre 0 du cercle AiA^As. Car les points
^1, J^tf Xt sont les centres des cercles AsAsZ, AjAiZ, A|AiZ ; les
droites Ai^t, AiT«, AsT, concourant en un même point, le qua-
drilatère AiAfAsZ est involutif.
(63)
Nous faisons encore ressortir, à cette occasion, deux autres
cas particuliers du théorème du n^ S4 : 1^ Les droites qui
joigneniAi, As, A, aux centres des cercles circonscrits aux triangles
AthAi, A«hAi, A,hAt se coupent sur la ligne ho au centre du
cerde des neuf points de A|AsA| ; â^" les droites joignant A|, A,, As
aux centres des cercles circonscrits aux triangles A^A«« AiOAi,
A,oA, se re9icontrent en un même point (*).
*•• La parabole (V) admet un autre mode de génération
très simple. Lorsqu'un point parcourt une droite quelconque
A, sa polaire trilinéaire enveloppe une conique inscrite au
triangle fondamental. Si la droite A passe par le centre de
gravité G du triangle, la conique est tangente à la droite de
l'infini, polaire de G.
D'après cela, la parabole (V) est Fenveloppe de la polaire tri-
linéaire (fun point parcourant la droite Gk qui passe par le centre
de gravité et par le point de Lemoine du triangle A|A,A8.
••• L'étude analytique des lieux (A4), (AI) amène des déve-
loppements intéressants.
Désignons par (ar, y, «), (jr„ y^ «,), (ar„ j^,, «^, (a?„ y„ z^ les
coordonnées des points A4, A|, At, A3, et posons
S„s(a?-«„)«-^(y-y„)«-^(a-5,)«. (n= 1,2,3).
L'équation (14) prend la forme
= 0 (15)
i a; + Ss aJSi
1 aî-f-S, aJS,
1 aj -♦- s, aJS,
OU
aîS.P,-^aîS,P, + flîS,P, = 0, (16)
(•) La première de ces propositions est connue; voir, par exemple, Catalan,
Théorèmes et Problèmes, p. 98. La seconde est sasceptibie d*ttn autre énoncô,
si roo considère comme triangle primitif le triangle B|B,B, formé par les
tangentes au cercle 0 en A^, A^, A, : les circonférences A,0A., AgOA^, A^OA,
passent, respectivement, par B., B„ B,.
(64)
pourvu que Ton fosse
p,»s.-i-a:— s,— o;,
P, = Sj-*.aî— s, -a;.
Les égalités Pfl = 0, Pi = 0, Ps^O représentent les plans
Ai/iH, A|AH, AJfE'f car elles expriment que les carrés des dis-
tances du point (x, y, z) aux extrémités d'un côté du triangle
AiAfAs ont même différence que les carrés des côtés adjacents.
L'équation (i6) établit une relation très simple entre les dis-
tances d'un point du lieu (A4) aux sommets du triangle fonda-
mental et aux plans AtAH, A«AH, AiAH. Elle montre aussi que
la droite AH est située tout entière sur la sur&ce.
Si l'on décompose le déterminant (15) ainsi :
I ai a!S.
1 al alB^
1 al a;S,
1 S, tf*S,
I s, aJS,
1 S, a;s.
et qu'on développe, respectivement, suivant les éléments de U
première et de la troisième colonne, on trouve
2(S,-S,)(iïJS,-a!oî) = 0,
résultat d'où l'on conclut aisément que la droite oO fait partie
de la surface (A4).
L'équation (15) est de la forme
Ui et Ut étant respectivement des fonctions du premier et du
second degré en œ^ y^ z.
Par conséquent, la surface (A^) passe par le cercle imaginaire
à tin fini; c'est donc une anallagmatique du troisième ordre. La
courbe (Ai) est une cubique circtdaire.
Nous connaissons vingt et un points remarquables de cette
courbe, savoir : les sommets du triangle fondamental, les
sjTnétriques de ces points relativement aux côtés opposés et
(68)
aux lignes q^qvij 9si9is» 9ft9fi ; les sommets des triangles équila-
téraux construits sur ai, Ot, a»; le centre du cercle circonscrit
au triangle AiÂiAs, le point de concours des hauteurs, les deux
centres isogones et les deux centres isodynamiques.
•i. Comme (A4) passe par les droites oO, AH et par le cercle
imaginaire à l'infini, tout plan mené par oO rencontre cette
surface suivant un cercle ^, et tout plan mené par AH donne
également une section circulaire y; toute sphère passant par
Fun des cercles ^ ou y coupe (A4) suivant un second cercle y
ou p.
Pour tirer ces conclusions directement de l'équation (15),
nous considérons celle-ci comme la résultante des équations
€ — i,(a;-f-SJ-4-aîS,=0, \
ï-.>,(o;-^S,)-*-aîS, = 0, ( (17)
e-,(a;-«-S,)-i-a;S, = 0, )
qui représentent trois sphères ayant pour centres Ai, A,, A3 et
pour carrés des rayons
î» — aï ' n — al ' i» — a;
e et T^ étant deux paramètres variables.
Si l'on élimine e entre les égalités (17) prises à deux, on
obtient les équation^ de trois nouvelles sphères :
(aî-,,)S.-(aî-<)S,-(aî-flî), = 0, \
(aî-i)S,-(a;-,)S,-(aî-a«), = 0, [ . . (18)
(«î-'»)S.-(aî-,)S,-(a;-ûî), = 0, )
Ces surfaces se coupent suivant un cercle, lieu des points A4
qui correspondent à une valeur fixe de y^ et à des valeurs
variables de e. Leurs centres ont pour coordonnées barycen-
triques
aï--,, -(a;-,), 0 j
... (19)
0,
«Î-»,
-(«î-»]
-{«Î-»),
0.
«Î-»,
Tome XXXVII.
(66)
et les équations (18) sont vérifiées, respectivement, par
Les sphères (18) ont donc leurs centres sur les côtés du
triangle AiAïAs et elles passent par les sommets A4, A|, As;
ce sont donc celles qui ont été désignées par ri, t;t, Vz^ et leur
intersection est un cercle ^ de la surface («).
L'équation de la droite Vit'iVs, axe du cercle p, se déduit des
coordonnées (19) des points Vi, Vt^ r»; on trouve
a; - , aï — , al-n
ou, sous forme entière,
,• 2 /u» — < 2 ^, (aj -f- a*) -♦- 2 f^aja; s=: 0.
De là, on conclut facilement l'équation' de l'enveloppe de la
droite Vi^tt^s »
2Vi(aî -*-«» - 42/*.2/«,aîo; =0,
ou
l//*,(aî-a;)-*-V//*,(aî-aî)-f-l//*,(aî-a:).
En coordonnées tangentielles, cette enveloppe est repré-
sentée par
oî-gî aî — aî ai— al
Pi Pi P« * '
Ces résultats montrent que l'axe du cercle ^ enveloppe une
conique tangente à la droite de l'infini, c'est-à-dire une para-
bole. Nous reprendrons plus loin l'étude analytique de cette
courbe.
••• Par le cercle p, il passe une infinité de sphères ayant
leurs centres sur la droite t'iVtt's. Pour obtenir l'équation géné-
rale de ces surfaces, il suffit d'ajouter les égalités (17) multi-
pliées par des indéterminées dont la somme est nulle. On
trouve ainsi
2a,oîS.-,2A,(aî-^Si) = 0 (20)
(67)
SOUS la condition
>.-^>.-^>3=o (21)
Les coordonnées barycentriques du centre de la sphère (20) (*)
sont:
Vi = >i(aî--'ï), tJ,=:i,(a;— y), r,= >,(aî-i,).
Ce centre passe à Tinfini, lorsque Vi -+■ Vt-*'Vz= 0 ou
aî>j-f-aîi,-i-a«>,=0 (22)
Les valeurs de \,\,\ qu'on tire de (21) et (22) font repré-
senter à. réquation (20) un plan qui est nécessairement celui
du cercle p. Ce plan est donc défini par
^i = a; — aî, >, = a;— aï, >, = o;-a*,
ou, si l'on veut, par
2flî(a;-a;)S.-,2(a«-a;)S, = 0.
On voit qu'il passe par une droite fixe ayant pour équations
2aî(aî-aî)S, = 0, 2(a; -o;)S, = 0 . ... (23)
Celles-ci étant vérifiées par S| = Ss ^=» Ss, le plan de ^ contient
la droite oO. De plus, les égalités (23) admettent, respective-
ment, les solutions
aJSi = tf ;S, = 0*83, Si -♦- aï = s, -♦- aï = S3 -4- al
nsi
S„ = (x-x„)«-4-(y-y„)« + («-a„)«-R« = 0, (n= 1,2,3),
soDi les équations de trois sphères dont les centres sont A^, A,. A,, l'équation
\S,-t-;,S,-+- A5Ss-*-A4=o (A)
représente une sphère dont le centre a |K)ur coordonnées barycentriques par
rapport au triangle A,A,A, les coefDcients l|, X,, >,; c'est ce que Ton voit
facilement en développant l'équaliou. Lorsque >t -♦->,-♦->, = 0, (A) repré-
sente un plan perpendiculaire aui droites qui ont pour équations
^ — î^ î^ — 'Il î^— ^
).,-)/ >,"),' >,"").,
(68)
qui conviennent aussi au cercle isodynamique et à la ligne AH;
donc elles représentent les plans Ooi, Uho. Si on les considère
comme représentant deux sphères dont les centres sont à Tin-
fini, on trouve que les coordonnées barycentriques des points
à l'infini sur les directions perpendiculaires à ok et oh sont
aî(oî-«5), a;(aî-flî), aî(aî-aî);
aî-aî, «î-ûî. a* -al.
•S. La sphère (30) passe par le cercle qui a pour équations
2x,aîS, = 0, 2i,(aî-i-S,) = 0 ..... (i4.
Ce cercle est situé sur la surface (A4); car l'élimination de
\, \, Xj entre les égalités (21) et (24), fait retomber sur l'équa-
tion (15). Là seconde des équations (24) représente un plan
mené par AH ; nous retrouvons donc, par voie analytique, les
cercles y.
L'équation (20) peut être considérée comme étant celle d'une
sphère tangente à la surface (A4), aux points d'intersection des
cercles j3 et y. Elle dépend de deux paramètres variables ; car
les quantités \, X,, Xs, qui ont une somme nulle, ne comptent
que pour un seul paramètre, et on peut les remplacer par
Xj — eX;, \ — eX;, Xj — eXi, en prenant pour (X„ X,, Xyi,
(Xi, Xi, X^) les coordonnées de deux points fixes situés à l'infini.
On trouve ainsi pour l'équation générale d'une sphère bilan-
gente:
,eS — iiS'-£S"-f-S"' = 0, (i:))
pourvu que l'on pose
s =2 ;>;-♦- s,),
S' s 2 X,(a* H- Si).
S" = 2>;aîS„
Toutes les sphères qui correspondent à une valeur constante
de 71 passent par un même cercle ^ ayant pour équations
,S-~S"==0, ,S'-S'" = 0,
(69)
et le lieu de ce cercle, lorsque r\ vient également à varier, est
la surface définie par Téquation
SS'" - S'S" = 0 (26)
De même, lorsque e est constant, les sphères passent par le
cercle y dont les équations sont
fS-S'=:0, eS"-S'" = 0, (27)
et rélimination de s entre les égalités (27) conduit encore à (26).
Il résulte de là que (A«) admet deux séries de sections circu-
laires, ainsi que nous l'avons déjà démontré plus haut.
On parvient encore à ces conclusions en multipliant le
déterminant (15) par le suivant :
3li >', a'I
>i K K
h i; K
dans lequel nous supposons S X, == 0, il Xj = 0. On retrouve
réquation (26), et en considérant celle-ci comme étant vérifiée
par les hypothèses
,s — s"= 0, ( «s - S' =0,
on reconnaît encore l'existence de deux séries de sections cir-
culaires.
«4. Les axes des cercles p ou y enveloppent la même para-
bole. Car les coordonnées barycentriques du centre de la sphère
bitangente (28) sont
/«A«i = ('»-aî)(e>', — Al),
/'/«« = ('» — «îKe>', — >i)»
p étant un facteur de proportionnalité. On peut prendre les
valeurs
i; = û* — a», >; = a'— a*, >;=«?— aï,
i. = iiî(ol-oî), ;,«a|(as-aî), >« = ai| (a? - a|),
(70)
qui satisfont aux conditions
>', H- >; -*- Vj = 0, /j -♦->, + >, = 0 ;
alors
/5i"i = (al — a») (j? — aî) (« - a*),
^^ = (a;-a«)U-a«i(« — aï),
/*Ai = (aî -a«)(,-a5)(f-aî).
L'équation de Taxe d'un cercle p s'obtient par l'élimination
de p et e; celle de l'axe d'un cercle y résulte de l'élimination
de p et 7|. Dans les deux cas, on obtient la même équation.
Les centres des cercles P et y parcourent deux strophoïdes
obliques ayant pour points doubles les points o et A, car les
lieux de ces centres sont les podaires de la parabole (V), les
pôles étant placés sur la directrice.
Une sphère bitangente est coupée par le plan AiAsAt suivant
un cercle qui] passe par les extrémités de deux diamètres des
cercles correspondants ^ et y; ces extrémités appartiennent à
la courbe (Ai). Donc toute droite passant par o [ou h) rencorUre la
cubique circulaire (A4) eti deux points tels, que tout cercle passant
par ces points coupe la courbe en deux nouveaux points qui sont
en ligne droite avec h [ou o).
Cette propriété assez curieuse est un cas particiilier du théo-
rème de Maclaurin sur les courbes du troisième ordre : Toute
conique passant par quatre points fixes Mi, M|, M3, M^ d^une
courbe du 3« ordre roicontre celle-ci en deux nouveaux points N„
Ni qui sont en ligne droite avec un point fixe H de la cubique.
Prenons pour M», M* les points circulaires à l'infini, qui font
partie de (A4), et soit M le troisième point de rencontre de la
droite M,Mi avec (Ai). Il est facile de voir que les rôles des
points M, N peuvent être échangés; donc deux sécantes quel-
conques menées, l'une par M et l'autre par N, rencontrent la
cubique (Ai) en quatre points d'une même circonférence.
Ces dernières considérations nous paraissent susceptibles dr
nombreuses conséquences.
(71)
•Ift. Pour terminer la théorie des figures involutives, nous
déduirons, de l'équation
2Vi (aï H- al) - 41 fi, lf^,a\al = 0.
quelques propriétés de la parabole (V).
La forme de cette équation indique que les droites représen-
tées par
2.«, = 0, 2^ = 0, 2y«,(a*^aî) = 0,
sont deux tangentes et la corde de contact de celles-ci. Les deux
premières lignes sont la droite de l'infini et la polaire trilinéaire
u^u^ du point de Lemoine; par conséquent, la troisième est le
diamètre mené par le point de contact de U|U«tis. En écrivant
(/*ia* H- /K,oî +/«,«;)-♦- (miûÎ H-aV»! -^ /«*5aî)=: 0,
2^,2aî - 2/*,a; = 0,
on voit que ce diamètre passe par l'intersection des polaires
trilinéaires des points de Brocard, et est parallèle à la conju-
guée isotomique de la droite UititUg.
Soient F et F, les deux foyers de (V). Le dernier, déterminé
par l'intersection des droites
2Mi(aÎ4-a«) = 0, 2/«, = 0,
a pour coordonnées barycentriques
aî— «5, ûî — aï, «î— aï;
le foyer proprement dit F étant le conjugué isogonal de F|, a
pour coordonnées normales
aï —al al — aî a* — al
OU
i i 1
8ln(A, — Ag) sin(Ag — At) sin(Ai — A,)
(72)
On peut conclure de là que les distances FA|, FAt, FAs sont
proportionnelles à
sin (A, — Aj), sin (A, — A J, sin (A^ — A,).
Les droites A^p^y A^i, Ai^s qui aboutissent aux points de
contact de (V) avec ai, Ot, Os sont représentées par
Par conséquent, le centre d'homologie tz des triangles A,A,A:
et PiPiPz a pour coordonnées
1 1 1
fl}— «î al —a* a*t^a\
Il est conjugué isotomique avec le point à l'infini des dia-
mètres de (Y); de plus, il appartient au cercle AiAïAi et à
Tellipse minimum circonscrite au triangle de référence.
Les points F et ic se rencontrent souvent dans la théorie
du triangle et jouissent de propriétés intéressantes.
L'axe d'homologie des triangles AiAfAg, PtPtP$ représenté
par l'équation
forme, avec les polaires trilinéaires des points de Brocard et
avec le diamètre de (V) conjugué avec t/|ti<U8, un faisceau har-
monique.
ERRATA.
Page 6, i^' DOie, lisez Quarterly, au lieu de Quaterly.
— 7, note, lisez Scboute, au lieu de Schoatte.
— -14, i»* ligne, lisez ou de M, au lieu de ou M.
CONTRIBUTION
à l'ftade 61 è l'analyse
DES EAUX ALIMENTAIRES
et spécialement
DES EALX DE LA VILLE DE LOUVAIN
et de quelques autres lecalités de la Belgique,
fnhMiur «rdhMirc i la Faculté dci Seieaces de ruaiversllé de Louvaio, roenibrc corre«poDdant
de rAeadémie royale de médceine de Belgique.
Présenté à la Classe des sciences dans h séance du i** mars 1884.
Tome XXXVll.
CONTRIBUTION
k Tétode et à Tanal jse
DES EAUX ALIMENTAIRES
BT SPéciALEHBNT
DES EAUX DE LA VILLE DE LOUVAIN
e( et quelques antres localités de la Beigiqne.
I.
CONSIDERATIOKS SOMMAIRES
SlitrORIGINE ET LES CONSÉQUENCES DE L'ALTÉRATION DES EAUX.
Tout le inonde reconnaît, à priori, que la qualité de l'eau que
[K)us buvons, de l'air que nous respirons et du sol sur lequel
nous habitons doit jouer un rôle prépondérant dans l'état de
notre santé en général, et, en particulier, dans l'étiologie de
beaucoup de maladies épidémiques et infectieuses, telles que
le typhus, le choléra, etc.
En ce qui concerne particulièrement ces dernières mala-
dies, il est admis aujourd'hui qu'elles ont pour origine cer-
tains germes ou micro-organismes spécifiques. La nature
intime de ces germes spécifiques est encore peu connue pour
la plupart d'entre eux. Leur source, ou plutôt leur lieu de
reproduction, paraît être en général dans les organismes infec-
U's. Ces germes passent dans les déjections, les urines, etc.;
{*)
ils se communiquent au sous-sol, à Pair et à l'eau ; et, de là, ils
peuvent rentrer dans l'organisme humain. Leur influence sur
l'organisme est d'autant plus grande que celui-ci est mieux
prédisposé à la subir ; et cette prédisposition paraît être prin-
cipalement produite par la présence de bactéries et autm
micro-organismes divers , provenant de la putréfaction Ae
matières animales ou accompagnant celle-ci, et incorporés
avec l'air ou l'eau qui feur servent de véhicules.
Des trois facteurs, sous-sol, air et eau, par l'inlermédiairp
desquels l'organisme humain se trouve en rapport avec les
micro-organismes, c'est le premier qui semble avoir le plus
d'importance à notre point de vue. En effet, c'est très fréquem-
ment au contact du sous-sol que l'air et l'eau se vicient ; il est
l'are que les souillures y pénètrent directement de la surface;
et l'on n'admet guère non plus que les germes spécifiques
puissent prendre naissance dans l'air ou dans l'eau mêmes.
Quoi qu'il en soit, c'est le rôle de l'eau que nous nous pro-
posons d'étudier; et si nous nous arrêtons d'abord un court
instant au sous-sol ^ et à l'air, c'est en raison des rapports
intimes qui les relient à l'eau, rapports qui n'ont pas été jus-
tement appréciés jusqu'aujourd'hui.
Sovs-sol. — A part les miasmes qui engendrent la fièvn'
paludéenne ou malaria, aucun germe capable de produire
directement les maladies épidémiques et infectieuses ne semble
pouvoir dans nos climats prendre naissance dans le sous-sol.
Ces germes arrivent dans le sous-sol, soit directement par les
projections de matières fécales ou d'urines, ou par l'écoule-
ment des eaux qui ont servi au lavage du linge et d'autres
objets ayant été en contact avec l'organisme infecté; soit par
les infiltrations des liquides à travers les parois des fossi's
d'aisances, des puits perdus, des égouts, etc.
* Voir, au sujet du sous-sol, notre Note sur Vinfluence du sous-éol sttr ies
maladies miasmatiques, telles que le typhus, le choléra, etc. (Bolletix oi
L*ACADÊJilB KCYALE DE BÉOBCIHE DE BELGIQUE, t. V, 3* SéHe, D» 8).
(S)
Le plus souvent, le sous-sol constitue un milieu défavorable
à la conservation des germes infectieux : c'est notamment le
cas d'un sous-sol aéré, dans lequel les matières organiques
propres à la culture des micro-organismes sont rapidement
détruites par oxydation, et où dominent les ferments aérobies^.
Au contraire, tout force à admettre que le sous-sol est propice
à la conservation et probablement aussi à la multiplication
(les germes spécifiques, et en tout cas au développement des
micro-organismes possédant une influence prédisposante,
lorsqu'il est souillé par la présence de matières organiques
et surtout de matières azotées, dans des conditions telles que
loxydation de ces matières s'effectue d'une façon imparfaite,
la putréfaction s'établit, et les desmobactéries y prédominent
avec les microbes anaérobies 2.
\insi, dans les terrains sablonneux se laissant bien pénétrer
f>ar l'air, la destruction des matières organiques s'opère relati-
vement vite; tandis que les terres argileuses et les terrains
sablonneux où s'intercalent des couches d'argile , retiennent
Teau avec les matières organiques, empêchent la circulation
<lo Pair et disposent à la putréfaction. Soykaa constaté que de
Va strychnine mélangée à de la terre sablonneuse, et où l'on
faisait pénétrer alternativement de l'air et de l'eau, avait été
nitrifiée en quatre semaines, au point que 80 p. c. de l'azote
avait pu être recueilli sous forme d'acide nitrique. Dans la
terre tourbeuse, la strychnine disparaissait beaucoup plus
lentement; il ne se formait pas d'acide nitrique, même
après plusieurs mois, mais une assez forte quantité d'ammo-
niaque.
Il résultait des mêmes expériences que l'oxydation des
matières organiques s'effectue avec d'autant plus de rapidité
que ces matières sont plus diluées, les solutions suffisamment
concentrées résistant complètement à la minéralisation.
^ Schiôsing et Mûolz, Journal de pharmacie et de chimie, 1877, p. 580.
* Dehéran el MaqueoDe, Bulletin de la Société chimique de Paris, 1883,
p. oO. - Gajon et Dopelit, ihid., p. 95.
(6)
L'humidité est nécessaire à la décomposition des matières
oi^niques. La dose d'humidité augmentant en progression
arithmétique, la quantité d'acide carbonique formé augmente
en progression géométrique. Si l'on soumet à l'expérience
un mélange de sucre et de sable, on voit que, ce mélange
renfermant 3 p. c. d'humidité, il ne se forme pas d'acide
carbonique ou il ne s'en forme que des traces; la quantité
d'humidité étant portée à 4 p. c, la proportion d'acide car-
bonique produit devient de 10 à 20 fois plus considérable; si
l'on redescend à 2 p. c. d'humidité, la production d'acide
carbonique est presque annihilée; enfin, si l'on submei^e la
matière organique de façon à l'imprégner totalement d'hu-
midité, la formation d'acide carbonique se poursuit avec une
activité moyenne.
On voit que l'ammoniaque est l'indicateur spécial de la putré-
faction des matières d'origine animale , et l'acide carbonique
celui de la décomposition des matières organiques en général :
c'est donc l'ammoniaque qu'il importe le plus de déterminer
par l'analyse.
Les méthodes spéciales d'analyse du sous-sol ont reçu dans
ces derniers temps de nombreux perfectionnements *. On suit
fréquemment un procédé indirect, consistant dans l'analyse de
l'eau qui a été en contact avec le sous-sol, notamment l'eau
des puits, ou de celle qui séjourne dans les interstices du ter-
rain. Souvent aussi on fait usage du microscope, directement
ou après culture.
Le sous-sol des villes est, dans la plupart des cas, fortement
souillé. Ainsi, à Pesth, Fodor 2 a très fréquemment rencontré,
jusqu'à une profondeur de 4 mètres, près de 1 p. c. de matières
organiques, avec une quantité considérable de bactéries. Voici
quelle a été la moyenne des résultats de 700 analyses du sous-
• Voir Pellenkoffer, Zeitsckrift fur Biologie, — J. Fodor, Bygienische
Vntersuchungen, 1882. — Flâgge, Handbuch des hygien. Dniersuchungs
tnethodftij 1883.
• Fodor, loc. cU.
( 7 )
sol de cette ville, les teneurs se rapportant à 1 kilogramme de
terre desséchée :
Aiote renfermé dans les matières organiques 0,341
Matières organiques azotées, calculées d'après la teneur en azote. i,181
Carbone renfermé dans les matières organiques 4,130
Matières organiques calculées d'après la teneur en carbone . . 7,120
Acide azotique 0,157
Aeide azoteux 0,00109
Ammoniaque 0,01017
Si Ton évalue à 0 millions de mètres carrés la superficie
totale du sol de la ville de Pesth, on voit que le sous-sol, pris
seulement jusqu'à une profondeur de 4 mètres, contient une
quantité d'azote correspondant à celle que 100,000 hommes
adultes peuvent éliminer de leur organisme en 37 années. Cette
accumulation de matières organiques dans le sous-sol tient
d'abord au peu d'étanchéité des canalisations des égouts et des
fosses d'aisances, et ensuite à la lenteur avec laquelle s'effectue
dans le sous-sol l'oxydation de ces matières. D'après Petten-
koffer, dans les conditions ordinaires d'établissement des
i^outs et des fosses d'aisances, les ^/^q des matières organiques
restent dans le sous-sol, Vio^^ulement étant emporté au dehors
par les conduits. Il est à remarquer que les briques laissent
passer plus ou moins de matières infectantes, suivant qu'elles
sont plus ou moins poreuses, et que la porosité des briques
diminue avec le temps.
Fodor a fait aussi l'analyse comparative d'échantillons do
ti-rre pris dans les endroits les plus souillés, et d'autres échan-
tillons recueillis dans des parties du sous-sol relativement pro-
pres; il a trouvé, par kilogramme de terre séchée :
AioM. Ammonlai|Qe. Acide «loiique.
Dans le sous-sol sali. . .gr. 4,132 0,0335 0,317
- pur. . . . 0,0686 0,0069 0,121
Enfin il a été constaté que les régions de la ville où le sous-
sol était le plus impur étaient aussi celles où les maladies
(8)
épidémiques sévissaient le plus fortement, les émanations
putrides des couches supérieures prédisposant surtout aui
maladies du genre de la fièvre intermittente, de l'entérite et
du choléra, et celles des couches plus profondes étant plutôt
en rapport avec le typhus.
Air. — Quant à Tair, il n'est nullement probable non plus
que les matières infectantes spécifiques puissent y prendre
naissance, les conditions élémentaires de la vie des micro-
organismes, présence de matières nutritives, stabilité, tempé-
rature et humidité, y faisant défaut.
Ces matières infectantes peuvent se mêler à l'air par contact,
lorsqu'elles se trouvent à l'état sec, ou sous forme de poussière
provenant d'un organisme infecté ou d'objets souillés par cet
organisme. Elles peuvent aussi, mais moins aisément, y passer
à l'état humide 1.
Arrivées dans l'air, ces matières ne sauraient s'y conserver.
Leur transport ne peut avoir lieu qu'à de courtes distances. II
n'existe pas de preuves que l'air les ait portées d'une rue ou
même d'une maison à l'autre. Ce n'est que dans des condi-
tions tout à fait exceptionnelles d'infection, de température,
d'humidité, etc., que cela pourrait se produire.
L'analyse de l'air ambiant se fait par les procédés ordinaires.
On examine spécialement les corpuscules qu'il charrie et qu'il
abandonne à l'ouate ou à d'autres objets stérilisés.
Eau. — Comme nous l'avons dit déjà, il est absolument
improbable que des germes spécifiques de maladies infec-
< Diaprés MM. Wernich et Naegelî, les baciéries ne peuvent passer d'un
liquide dans Pair que lorsquMI y a formation d'écume, ou bien, après dessicca-
tion, sous forme de poussière. Brautlecht de Wendeburg soutient, au con-
traire, avec preuves à l*appui de son assf'rtion, que cette transmission peut
s'effectuer directement par évaporation. D*après lui, un sol humide, et même
un sol complètement humecté ou immergé, laisse passer dans Tair pins de
bactéries qu'un sol sec.
Voir à ce sujet Les organismes vivants de l'atmosphère, par Hiquel. Gau-
ihier-Villars, 1883.
(9)
lieuses prennent naissance dans l'eau même, pas plus dans
Peau à surface unie, comme celle des rivières, étangs, réser-
voirs, etc., que dans celle des nappes souterraines alimentant
les puits et les galeries de drainage.
Ces germes spécifiques peuvent y arriver de deux façons,
soit directement, accidentellement, comme nous l'avons indiqué
pour le sous-sol : ce mode de transmission ne doit être qu'ex-
ceptionnel, et, même dans les endroits habités, les puits bien
(^ouverts et atteignant une certaine profondeur n'y sont guère
exposés; soit indirectement, par l'intermédiaire du sol qui a
reçu ces souillures : c'est là le mode ordinaire, et c'est notam-
ment ainsi qu'est le plus souvent contaminée l'eau des villes.
Nous savons, en effet, que le sous-sol de ces dernières est
imprégné de matières putrides et souillé de déjections renfer-
mant des micro-organismes ordinaires, des produits de la
putréfaction des matières animales, ou des germes spécifiques,
ou encore de ces diverses sortes de microbes à la fois. Rappe-
lons toutefois que le sous-sol doit remplir certaines conditions
pour pouvoir conserver intacts les germes spécifiques et les
communiquer ensuite à l'eau. Notons que, dans quelques cas
spéciaux, des gaz charriant ces germes peuvent aussi les trans-
mettre à l'eau.
Une fois mélangés à l'eau, comment ces germes se compor-
teront-ils?
A priori, on reconnaîtra que l'eau doit constituer un mau-
vais milieu pour la conservation des micro-organismes, à moins
({u'elle ne soit très impure, qu'elle ne renferme des substances
diverses et notamment des matières organiques et azotées en
proportion considérable, au point de pouvoir jouer le rôle de
liqueur de culture. Une telle eau peut, en effet, on le conçoit,
renfermer, conserver et laisser se multiplier des bactéries et
autres micro-organismes nuisibles ; mais on la reconnaît déjà,
à ses propriétés organoleptiques et physiques , pour une eau
alimentaire de mauvaise qualité.
Les expériences de Naegeli ont démontré que dans l'eau
pure, par exemple l'eau de source, les champignons contages
(10)
périssent très vite; et même dans une eau renfermant des
matières nutritives , ils dégénèrent rapidement.
En ce qui concerne les bactéries pathogènes spécifiques, il
faut remarquer que leur conservation exigerait un liquide de
composition spéciale, laquelle est rarement réalisée. M AÎmould^
fait très j ustement observer à ce propos qu'il est déjà bien difficile
de trouver la vraie liqueur de culture de chaque espèce de mi-
crobes ; et que si une eau en alimente normalement une espèce,
il est à prévoir que cette eau ne conviendra pas ou sera même
nuisible à un grand nombre d'autres. Cette observation se
rapporte surtout aux eaux potables ordinaires. Une eau sale,
i*enfermant une grande quantité de matières azotées à côté de
substances minérales, peut, au contraire, devenir le liquide
nourricier d'un grand nombre de bactéries.
Il est à noter que l'eau souillée se purifie spontanément;
les matières organiques qu'elle renferme s'oxydent, se minéra-
lisent; et cette transformation s'opère avec d'autant plus de
rapidité que l'air arrive plus abondamment dans l'eau. C'est
ainsi que l'épuration des eaux courantes s'effectue très vite.
Dans les puits, l'oxygénation a lieu également, quoique avec
plus de lenteur; en outre, l'eau s'y renouvelant fréquemment
par suite des mouvements et des oscillations des nappes aqui-
fères, l'arrivée de nouvelles quantités d'eau de composition
moins propice à l'alimentation des microbes vient diluer la
liqueur nourricière primitive et provoquer par là même la
dégénérescence de ces derniers ^.
Disons toutefois que ces observations, notamment celles qui
ont trait aux conditions de culture des germes spécifiques dans
(le l'eau se rapprochant de l'eau alimentaire et possédant une
(composition déterminée, ont besoin d'être confirmées par des
recherches nombreuses et spéciales.
^ Étioiogie et prophylaxie de la fièvre typhoïde, rapport fait au Congrès
(J^hygiéne ôe Genève, en septembre 1882, par le D*" J. Arnould, professeur à
Lille.
■ Wernich, Die Desinfections Lehre, 3« édit. — Brautlecht, Archiv. r.
Vifchov, 1881. .
(41 )
Dans des eaux que l'analyse avait reconnues mauvaises,
Fodor a rencontré des bactéries, notamment des bacilles et
des desmobactéries susceptibles de prendre par la culture un
développement considérable. Ces eaux provenaient générale-
ment de maisons qui avaient été tout particulièrement éprou-
vées par les épidémies de choléra, de typhus et d'entérite^ ; et
Feau la plus mauvaise correspondait aux parties de la ville où
ces maladies avaient sévi avec le plus d'intensité. Lors de l'épi-
démie de choléra, en 1873 et en 1873, la mortalité était en
rapport avec l'impureté de l'eau; dans les quartiers où l'on se
servait gàràralement d'eau de puits, elle était plus que double
de celle qui était constatée dans les parties de la ville où l'on
jouissait d'une distribution d'eau pure amenée du dehors.
Le tableau ci-après résume ces observations, et indique en
proportions centésimales la majoration de la teneur en matières
diverses des eaux des maisons infectées, relativement à celle des
eaux des maisons non infectées.
DÉSiGHATION
IAUa>lES.
Nombre
d«
malfonf lofecUct
ont porté
MAJORATION MOYEMNE P. C. DE LA TENEUR EN |
Mitlèreo
Ammoaiaqae.
Chlore.
Aeide
•lotiqne.
Cbolén. . .
Typho*. . .
Eotériie. . .
361
965
366
73
Si
32
190
56
60
5.3
0.7
9.0
' 2.2
4.5
40.0
Comme on le voit, et nous reviendrons tantôt sur ce sujet,
r'est d'abord l'ammoniaque et puis les matières organiques
qui sont les principaux indicateurs chimiques de la mauvaise
qualité d'une eau alimentaire.
' il a coDstalé le même fait pour les eaux des maisons oii avait sévi la pelite
vérole; mais il D*a pu découvrir aucuue relation entre la qualité des eaux ei
l^anladles parement contagieuses, telles que le croup, la diphtérie, la scar-
latiiie,etc
(12)
Dans une vingtaine de villes anglaises sur lesquelles ont
porté ses observations, Buchanan a vu la mortalité par le
typhus diminuer de 10 et même de 75 p. c, à la suite du
remplacement de Teau de puits pour Falimentation par de
Peau amenée d'endroits éloignés où le sol n'était pas infecté
par le séjour prolongé de l'homme à la surface.
Des constatations analogues ont été faites dans toutes les
grandes villes du continent, telles que Vienne, Hambourg, etc.
11 convient toutefois d'ajouter que ce progrès n'a pas toujoais
été exclusivement le résultat de la substitution de l'eau de dis-
tribution à l'eau de puits ordinaire ; mais aussi, dans certaines
localités, du redressement de la canalisation, du drainage
rationnel du sol et de la réduction des causes locales d'in-
fection à l'intérieur même des maisons par l'établissement de
syphons, etc.; mais en tout cas l'usage d'eaux plus pures a-t-il
été toujours une des principales causes de la diminution de la
mortalité.
Il est à remarquer que la qualité des eaux de puits des villes
ompire constamment. Cela se conçoit du reste à priori, surtout
pour les villes où l'on utilise encore des systèmes défectueux
de fosses d'aisances, puisards, etc« ; il n'y a qu'un sol sablon-
neux et poreux qui puisse lutter quelque peu contre cet enva-
hissement par les matières organiques. Cette augmentation
continuelle de la proportion d'impuretés a été constatée dans
un grand nombre de localités, telles que Munich, Erfurth,
Pesth, etc. A Pesth, de 1877 à 1880, les eaux des puits ont
dégénéré en moyenne dans les proportions suivantes, quanta
la teneur en matières diverses:
Résidu fixe 27 p. c.
Matières organiques 91 —
Ammoniaque 34 —
Acide azotique 43 —
Chlore 23 —
Telles sont en résumé les données principales que nous
possédons au sujet de l'origine et des conséquences de l'alté-
ration des eaux alimentaires.
(13)
Parmi ceux qui se sont occupés de cette question, il en est
un bon nombre qui attribuent à l'eau une importance capitale
au point de vue hygiénique et qui l'accusent d'être le princi-
pal agent de propagation des maladies épidémiques et infec-
tieuses : leurs idées constituent ce corps de doctrine qui porte
en Allemagne le nom de « Wassertheorie ». D'autres, au con-
traire, se refusent à attacher aucune importance au rôle de
Feau. Mais ce sont là des opinions extrêmes. Pour nous, nous
croyons pouvoir déduire des faits connus et des considérations
que nous venons de développer les conclusions suivantes :
l"" L'eau qui a reçu directement ou par l'intermédiaire d'un
sous-sol souillé des matières provenant d'un oi^nisme infecté
de maladies telles que le typhus, le choléra, etc., a la propriété
de pouvoir transmettre directement ces maladies, au moins
pendant un certain temps dont la durée dépend des diverses
circonstances mentionnées. Les germes infectieux peuvent
arriver dans l'oi^nisme par les voies digestives, avec l'eau
non bouillie; ou par les voies respiratoires, en s'élevant avec*,
la vapeur d'eau ou avec la poussière que laisse après évapora-
tion l'eau d'arrosage des rues, de lavage des planchers et de la
vaisselle, etc.;
3^ L'usage de l'eau souillée par la présence de matières
organiques azotées en décomposition, ou renfermant de nom-
breuses bactéries, est nuisible à la santé en ce sens qu'il peut
provoquer des indispositions diverses, comme la dyssenterie
et le catarrhe des voies digestives, et prédisposer ainsi indirec-
tement ou même directement l'organisme à l'infection, en y
préparant un terrain propice à la vie et au développement de
germes spécifiques;
3* L'eau qui renferme une forte proportion de matières
organiques, et surtout de matières azotées, est toujours dan-
gereuse à employer, parce que ces matières peuvent, à un
moment donné, subir la putréfaction et devenir propres à la
conservation des bactéries et éventuellement des germes spé-
cifiques eux-mêmes.
(14)
II.
DE L'ANALYSE DES EAIX ALIMENTAIRES.
On voit qu'il est de toute importance, au point de vue hygié-
nique, de pouvoir reconnaître :
Si une eau renferme des germes s^pëcifiques;
Si elle est apte à conserver éventuellement les germes spéci-
fiques qui pourraient y arriver du dehors et à les laisser se
multiplier;
Si, indépendamment des germes spécifiques, elle contient
des bactéries ou des matières organiques azotées. en décompo-
sition (pouvant constituer un milieu propice à la culture des
germes spécifiques) ou tout au moins des matières organiques
azotées ou non, susceptibles d'entrer en putréfaction;
Et, incidemment, si une eau est menacée de recevoir du
dehors, spécialement du sous-sol, des germes spécifiques ou
d'une manière générale des matières organiques azotées et des
bactéries.
On ne possède jusqu'ici aucun moyen de constater direde-
ment, par l'analyse chimique ou même à l'aide du microscope,
la présence de germes spécifiques dans les organismes infectés
ou dans leurs déjections; à plus forte raison nous est-il impos-
sible de les reconnaître directement dans l'eau.
Dans les substances infectées soumises préalablement à une
culture spéciale, on peut, à l'aide du microscope, découvrir
l'existence de germes spécifiques; mais encore faut-ii contrôler
ces observations par des essais physiologiques. En pratiquant
directement des injections avec des matières provenant d'orga-
nismes infectés, comme ceux des typhîques, on peut arrivera
produire des infections analogues suivies de mort, ainsi que
(iuérin * et d'autres l'ont démontré par de nombreuses expé-
» Comptes rendus, février 1877.
(18 )
riences faites sur des animaux* D fmt ajouter toutefois que
Tapplication de celle méthode d'examen par culture et obser-
\ation microseopiqne, combinées avec Tinjection ou inocu-
lation directe, n*a encore réussi jusqu'à ce jour que pour
quelques maladies infectieuses, telles que la septicémie, le
charbon, la morve, la tuberculose, le typhus (?).
Quant à Teau, les essais de ce genre auxquels on l'a soumise
n'ont pas donné jusqu'ici de résultats certains, à moins qu'il
ne s'agit d'un liquide souillé à un degré constatable à la vue
et à l'odorat ; bref, aucun germe pathologique spécifique n'a
encore pu être isolé de l'eau alimentaire, ni même y être
reconnu. Un jour arrivera pourtant où l'on sera à même de
reconnaître et d'isoler tous les germes infectieux et de déter-
miner leurs conditions de vie spéciales: les découvertes de
l^asteur et de Koch ne laissent aucun doute à cet égard i.
Pour ce qui est de savoir si une eau est apte à conserver
éventuellement et à laisser se multiplier les germes spécifiques,
ou si en dehors de cela elle est de nature à prédisposer l'orga-
nisme à une infection spécifique, ou enfin, d'une manière
générale, à altérer la santé, cette question est résolue à la fois
lyar l'application des procédés de l'analyse chimique et de
l'analyse microscopique.
L'analyse microscopique permet de reconnaître la présence
(le certains microbes, notamment de bactéries qui accompa-
gnent la putréfaction et se trouvent fréquemment dans les eaux
malsaines. D'après les faits recueillis, on est autorisé à admettre
que là où se trouvent les micro-organismes de la putréfaction,
peuvent aussi éventuellement se rencontrer des germes spéci-
Hques, dont les conditions d'existence paraissent fort sembla-
bles à celles de ces micro-organismes. Cette méthode d'analyse
peut être combinée avec les essais de culture et les expériences
pathologiques.
Mais avant même de connaître les bactéries, on avait remar-
qué que la présence, décelée par l'analyse chimique, de ccr-
* Comptes rendus de r Exposition d: hygiène de Berlin, classe XXI, 1885.
(16)
taines substances organiques putrescibles et très oxydables, ou
rie corps en provenant (ammoniaque, acide azoteux, hydrogèDi^
sulfuré, acide azotique), était régulière dans les eaux nuisibles
à la santé. Plus tard il a été établi que les bactéries ne se ren-
contraient le plus souvent que dans les eaux renfermant ces
substances et constituant ainsi une sorte de liqueur de cultun>
spéciale. Ces matières putrescibles accompagnent aussi les
déjections.
L'analyse chimique d'une eau peut donc à elle seule rensei-
gner sur les divers points indiqués ci-devant. Permettant df
reconnaître le cas échéant qu'une eau est chargée de matières
organiques putrescibles et qu'elle est de nature à pouvoir con-
server et nourrir des germes spécifiques, cette analyse fournit
des indicateurs du danger de son emploi, des signes précur-
seurs de l'infection. En répétant l'analyse à diverses époques,
on peut se rendre compte des variations de l'influence à\i
sous-sol sur la composition des eaux.
L'analyse chimique est aidée avantageusement par l'analp'
microscopique; mais elle ne saurait encore être remplacée
par cette dernière, laquelle, en attendant qu'elle permette de
reconnaître les germes pathogènes spécifiques, ne fournit qut*
des résultats beaucoup moins complets au point de vue de la
détermination générale de la nature d'une eau. Notons aussi
que les procédés de l'analyse microscopique, avec essais de cul-
ture et expériences pathologiques, sont plus compliqués et
plus longs que ceux de l'analyse chimique.
Nous allons nous occuper d'abord et principalement de
l'analyse chimique de l'eau ; nous dirons ensuite un mot encore
de l'analyse microscopique.
A, ANALYSE CHIMIQUE DE L*EAU.
L'analyse d'une eau alimentaire, au point de vue hygiénique,
doit porter sur la présence et les proportions du moins ap-
proximatives des substances suivantes : matières organiques,
ammoniaque, acide azoteux, acide azotique, chlore, hydrogène
(17)
matières minérales diverses , résidu d'évaporation , résidu de
talcination, matières gazeuses, etc.
Avant d'indiquer les méthodes suivies pour la recherché de
ces substances, nous allons dire quelques mots de leur origine
et de leur importance respective au point de vue où nous nous
somnâes placé, en d'autres termes, indiquer la manière d'in-
terpréter les résultats de l'analyse chimique. Nous tracerons
aussi la marche à suivre pour l'appréciation générale de la
qualité d'une eau.
I. hlerprélanoii îles résullaU.
Les matières organiques sont (f origine animale ou ^origine
végéUde. Les matières d'origine animale sont pour la plupart
azotées ; elles proviennent des déjections, latrines, etc. Leur
présence dans une eau annonce soit une immixtion directe
qui se serait produite accidentellement, soit une infiltration
d'un endroit assez voisin du puits, à travers un sol déjà forte-
ment imprégné et incapable de retenir ou de fixer ces matières
en facilitant leur oxydation. Elles sont très oxydables et enclines
à subir des décompositions putrides. Elles peuvent nuire à la
santé en provoquant la dyssenterie et d'autres maladies. Lors
de leur putréfaction, on y note la présence de bactéries; et elles
constituent alors un milieu où des germes spécifiques pour-
raient se conserver et se développer.
Les matières organiques non azotées proviennent des détri-
tus de la végétation, des eaux ménagères, etc.
Vammoniaque est un produit de la décomposition des
matières organiques azotées. Elle révèle une infiltration d'un
point très peu distant, le plus souvent de latrines : en effet, le
sol retient l'ammoniaque plus fortement encore que les matières
organiques et que tous les autres produits de décomposition
des matières azotées. L'ammoniaque peut aussi provenir de la
réduction de l'acide nitrique, et ainsi dénoter par sa présence
un sol fortement imprégné de matières organiques, où l'oxy-
ToME XXXVII. 2
( 18)
gène fait défaut et dans lequel les microbes anaérobies peuvent
accomplir leur œuvre de réduction.
Si les composés ammoniacaux ne sont pas directement nui-
sibles à la santé, comme le sont la plupart des matières orga-
niques en putréfaction, au moins leur présence constitue4elle,
de même que celle de ces dernières, un danger indirect : car,
là où est l'ammoniaque, se trouvent, se sont trouvées ou pour-
ront se retrouver des matières organiques azotées en putré-
faction, et par conséquent aussi des micro-organismes, des
bactéries et peut-être des germes spécifiques.
Vadde azoteux n'est pas un produit direct de la décomposi-
tion des matières organiques azotées ; et il ne parait que rare-
ment se former sous Tintluence vitale de bactéries anaérobies.
Il résulte principalement de la réduction de Tacide azotique en
présence de matières organiques facilement oxydables. L'acide
azoteux est moins facilement fixé par le sol que les matières
organiques et l'ammoniaque.
Vadde azotique est le produit final de l'oxydation de l'azote
des matières organiques ou de l'ammoniaque, oxydation qui
s'effectue plutôt dans le sol que dans l'eau même. Il peut aussi
provenir de la réoxydation de l'acide azoteux. Sa présence
annonce qu'il y a eu décomposition de matières organiques
azotées. Il se rencontre surtout dans les sols poreux, moyenne-
ment humides, où l'oxygène pénètre facilement ; et, étant rela-
tivement peu retenu par le sol, il est entraîné par les eaux et
passe dans la nappe aquifère. Très souvent, là où il y a beau-
coup d'acide nitrique, on rencontre peu de matières organi-
ques et d'ammoniaque; et, vice-versa, là où ces dernières sub-
stances sont abondantes, le sol qui en est imprégné ne se prête
que difiicilement à une oxydation complète. Mais il est à noter
que les circonstances dominantes varient fréquemment dans le
sol. Ainsi il se peut qu'à un moment donné il renferme peu de
matières organiques azotées : alors l'oxydation sera complète,
on ne trouvera dans l'eau, en fait de composés azotés, que l'acide
azotique, et l'on n'y rencontrera pas de micro-organismes ni
de germes d'infection au moins en quantité notable, ce milieu
( 19)
oxygéné n'étant nullement propice à leur conservation et à leur
développement. Mais à un autre moment les matières azotées
peuvent devenir abondantes et l'oxygène rare : alors l'oxyda-
tion restera incomplète, l'acide azotique se trouvera accom-
pagné des autres produits de décomposition, et sa présence ne
sera pas incompatible avec celle des micro-organismes.
Le chlore se rencontre principalement à l'état de chlorure
sodique, notamment dans les urines. N'étant que très peu'
retenu par le sol, il passe assez rapidement dans les couches
inférieures et dans l'eau des puits; il a même une tendance à
y entraîner avec lui divers sels solubles contenus dans le sol.
11 peut donc servir d'indicateur de souillures provenant notam-
ment de latrines; mais il ne renseigne pas directement sur la
distance du foyer de pollution, et il n'indique pas si l'eau ren-
ferme encore ou ne contient plus de produits de décomposi-
tion. Le chlore ne doit donc pas, comme on l'avait cru, être
considéré comme indicateur principal ou unique, bien que les
variations de la quantité de ce corps renfermée dans une eau
correspondent souvent aux variations de la teneur de cette eau
en ammoniaque et en matières organiques. Les eaux de sources
ne renferment normalement que des traces de chlore, à moins
que ces sources ne proviennent de terrains salifères, comme le
keuper, le muschelkalk, la molasse, etc. Il faut aussi, lorsqu'on
veut être renseigné sur l'origine du chlore contenu dans une
eau, tenir compte de l'infiltration des eaux ménagères, de la
proximité de salines et de l'habitude dérisoire qu'ont certaines
personnes de jeter du sel dans les puits en vue d'améliorer la
qualité de l'eau.
Vhydrogène sulfuré peut provenir de la décomposition de
matières organiques renfermant du soufre, telles que les
I maiiènB albuminoides. Il peut aussi avoir son origine dans
Tadioa réductrice exercée sur les sulfates renfermés dans le
sol par les matières organiques» et il paraît probable que cer-
tains micro-organismes ou algues interviennent activement
dans cette réduction.
Quant aiix matihes minérales diverses, à part les métaux
(20)
directement nuisibles (plomb, zinc, etc.), elles ne caractérisent
guère une eau au point de vue hygiénique. II faut seulement
remarquer qu'une eau deviendrait malsaine si elle renfermait
une proportion trop forte de ces substances. Ainsi les composés
alcalins et alcalino-terrèux, ceux du chlore, de l'ammoniaque,
de l'acide azotique et de l'acide azoteux, en petite quantité, ne
sont guère nuisibles; mais ces corps (notamment les composés
magnétiques), pris en dose relativement forte et pendant un
temps assez long, fatiguent et incommodent les voies diges-
tives.
Sous la dénomination de résidu (Févaporation, on comprend
l'ensemble des substances qui restent au fond du vase lors de
révaporation de l'eau et de la dessication à une température
déterminée, variant entre 100 et 200" C. Ce résidu est en grande
partie formé de substances minérales ; mais il renferme éga-
lement les matières organiques qui ne se volatilisent pas ni ne
se décomposent durant Tévaporation. Il peut, dans cette opé-
ration, se volatiliser une partie des matières minérales, notam-
ment de l'acide azoteux, de l'hydrogène sulfuré, de l'acide car-
bonique, ou des produits de décomposition de ces corps. En
outre le degré d'hydratation du résidu varie souvent d'après la
température de dessication. Quoi qu'il en soit, l'observation
de la quantité proportionnelle de résidu d'é\'aporation, jointe
à l'examen de ses propriétés physiques, fournit souvent des
indications^assez précises sur le degré de pureté d'une eau.
La présence de matières organiques rend ordinairement le
résidu coloré et parfois odorant.
En calcinant le résidu d'évaporation, on obtient comme
résidu final les matières minérales fixes; on peut par diffé-
rence en déduire d'une façon approximative la proportion de
matières volatiles, organiques et autres. Souvent l'observation
des phénomènes physiques qui accompagnent la calcination
conduit à des conclusions importantes : ainsi une odeur de
poils brûlés annonce la présence de matières azotées ; un déga-
gement de vapeurs rutilantes est l'indice de la présence des
acides azoteux ou azotique; l'ammoniaque est trahie par son
( 21 )
odeur, etc. La lenteur ou la rapidité de la carbonisation sont
également des circonstances bonnes à noter.
La détermination quantitative des résidus d'évaporation et
de calcination peut aussi être utile comme moyen de contrôle
des autres résultats d'analyse.
On n'a aucune donnée précise sur l'importance qui doit être
attribuée à la teneur d'une eau en matières gazeuses : acide
carbonique, azote, oxydes d'azote, oxygène^, etc. Il est reconnu
qu'une eau potable, pour avoir une saveur agréable, doit ren-
fermer de l'acide carbonique et de l'oxygène; mais cette con-
dition n'est pas indispensable au point de vue hygiénique. On
a pensé que l'eau devait contenir une quantité minimum d'oxy-
gène, sous peine de pouvoir être considérée comme renfermant
des matières oxydables : cela peut être vrai dans une certaine
mesure, mais il est difficile de tirer parti de cette observation
dans la pratique. Remarquons qu'en principe une diminution
de la proportion d'oxygène et une augmentation de celle
dacide carbonique sont deux circonstances concomitantes de
la putré&ction.
On a beaucoup discuté la question de savoir si la détermina-
tion de l'une ou l'autre des substances mentionnées avait une
importance prépondérante : les uns, comme Reich, insistent
spécialement sur la recherche de l'acide azotique; d'autres,
sur celle des matières organiques ou des corps visibles au
microscope; d'autres, enfin, sur celle de l'ammoniaque, de
Facidé azoteux, du résidu fixe, ou encore du chlore. On s'est
aussi demandé s'il fallait toujours opérer des déterminations
quantitatives, ou si une simple analyse qualitativie pouvait
suffire.
De la courte étude que nous venons de faire au sujet de
rinterprétation des résultats des divers essais, il est aisé de
conclure que l'on ne pourra généralement se limiter ni à des
appréciations qualitatives, ni à des dosages isolés. Pour pou-
voir juger sûrement une eau, il faut disposer de la plus grande
somme possible de renseignements ou du moins des princi-
paux d'entre c>eux-ci; du reste, la chimie hydrologique en est
(32)
encore à sa période d'essais; et il convient de rasseaibler,
notamment en vue de l'avenir, le plus de matériaux possible.
Dans certains cas cependant on pourra se borner à déterminer
quantitativement ou même qualitativement quelques-unes des
substances précédemment indiquées, telles que l'ammoniaque,
l'acide azoteux, l'hydrogène sulfuré, etc.
Ordinairement, en faisant l'analyse d'une eau, on recherche
aussi son degré htfdrotimétrique (dureté, crudité). Ces expres-
sions se rapportent, comme on sait, à la présence en quantité
plus ou moins grande de la chaux et de la magnésie.
En Allemagne, 1 degré de dureté correspond à 1 partie de
chaux, de magnésie, ou de l'un et de l'autre de ces oxydes
réunis, se trouvant en solution dans 100,000 parties d'eau, soit
à 0»',010 par 1 litre. On dit qu'une eau est très dure lorsqu'elle
titre 12 à 15 degrés; elle est dure à 8 degrés, peu dure entre
8 et 5 degrés et enfin douce de 4 à 3 degrés.
En France, l'échelle est différente : à 56 degrés allemands
correspondent 100 degrés français (Boutron et Boudet) ; c'est-
à-dire qu'à 1 degré allemand équivaut 1,79 degré français; et
à 1 degré français, 0,56 degré allemand. Le degré français
représente dans une eau 1 partie de carbonate calcique ou
magnésique ou du mélange des deux carbonates par iOO,000
parties de liquide, ou encore 0«',010 de carbonate alcaline-
terreux par 1 litre.
En Belgique, on suit généralement la graduation française.
En Angleterre, le degré hydrotimétrique équivaut à 1 partie
de carbonate calcique dans 70,000 parties d'eau.
La conversion des degrés français en degrés allemands s'ef-
fectue donc en multipliant par 0,56; et la conversion des degrés
français en degrés anglais, en multipliant par 0,70.
Enfin l'examen des propriétés physiques et organoleptiques ne
doit jamais être négligé; mais il faut se défier des indications
que fournit cet examen. Ainsi l'on trouve souvent Une saveur
rafraîchissante et agréable à des eaux renfermant des nitrates
et des chlorures, en même temps qu'une proportion considé-
rable d'autres éléments qui les rendent absolument impropres
(23)
à Talimentation : il suffit pour cela que la lempérature de ces
eaux soit suffisamment basse. Ail contraire une très bonne
eau, si elle a été exposée à l'air ou si elle n'est pas fraîche, a
souvent un goût relativement peu agréable.
2. Appréciation générale île la qualité d*une eau.
Nombres-linilles.
Le but final de l'analyse d'une eau est d'en permettre la clas-
sification dans l'une ou l'autre des trois catégories ci-après :
1. Eaux de bonne qualité ou parfaitement saines;
2. Eaux de qualité médiocre, admissibles faute de mieux et
sous réserve ;
3. Eaux mauvaises, dont l'usage journalier dans les propor-
tions nécessaires à la vie serait préjudiciable à la santé.
Pour se guider dans l'appréciation d'une eau alimentaire, au
point de vue hygiénique, il sera bon d'avoir toujours présentes
à la mémoire les indications que nous avons faites plus haut au
sujet de l'origine et des conséquences de l'altération des eaux,
quelque générales que soient ces indications. Il est impossible
en effet, dans l'état actuel de la science, de fournir des données
nettes ou mathématiques sur lesquelles on puisse se baser pour
déclarer une eau bonne, passable ou mauvaise.
Le congrès d'hygiène de Bruxelles, en 1853, a formulé les
propriétés exigées d'une eau de bonne qualité. La commission
des eaux de Vienne, en 1864, et le congrès de Dusseldorf, en
1876, ont fixé les qualités que doit avoir l'eau d'alimentation
des grandes villes. La a Rivers pollution commission », dans
son troisième rapport, a également défini les conditions aux-
quelles doit répondre une eau pour être d'une innocuité
incontestable. Enfin les conmiissions spéciales de Berlin, de
Paris, etc.; d'éminents chimistes tels que Frankland, Chapp-
mann, Wanklyn, Pettenkoffer, Cohn, Reich, Reichardt, Kubel,
(24)
Tiemann; TOffice impérial d'hygiène de Berlin, la Society of
public analyses of England, et les commissions instituées à
Bruxelles pour l'étude de la question de la distribution ^ ont
tour à tour fait connaître leur avis sur cette matière. On peut
résumer comme suit les qualités généralement exigées d'une
bonne eau alimentaire :
!• Elle doit être limpide, incolore, inodore; avoir une
saveur agréable ;
if" Sa température ne doit varier aux différentes saisons que
dans des limites restreintes, soit de 4 à 6 degrés C; son maxi-
mum ne doit jamais dépasser 15^ C;
3® Elle ne peut renfermer qu'une petite quantité de matières
solides (résidu d'évaporation), surtout de matières organi-
ques;
4^ Elle ne doit pas contenir de corps organisés, ni de
matières animales, ni de produits de la décomposition putride
de celles-ci ;
5"^ Elle ne peut pas être trop dure, ni renfermer notamment
une proportion considérable de sels magnésiens;
6"" Elle ne contiendra ni ammoniaque, ni acide azoteux, ni
des quantités trop fortes de nitrates, chlorures ou sulfates ;
7® Elle ne renfermera aucun composé métallique nuisible
à la santé.
Pour répondre à ces diverses conditions, l'eau devra ordi-
nairement provenir d'une source ou d'une nappe souterraine
qui soit distante des habitations et des usines, et à l'abri de
toute infiltration de matières animales.
Les eaux destinées à l'arrosage des rues doivent seulement
ne pas exhaler d'odeur, ni renfermer des matières oi^niques
d'origine animale.
En ce qui concerne particulièrement les eaux des distribu-
tions publiques, voici, en résumé, les conclusions qu'a adop-
< Voir le Rapport publié en 1871, chez Guyot.
(28)
tées en 1876 le congrès de Dusseldorf, et qui soni encore
parfaitement valables à l'heure qu'il est :
!• Le double but de l'hygiène publique, propreté des habi-
tations humaines et approvisionnement d'eau alimentaire par-
faitement saine, ne peut être atteint, notamment pour les villes,
qu'à l'aide d'une conduite d'eau venant du dehors ;
f* L'adoption d'une distribution unique pour l'eau potable
et pour l'eau ménagère est préférable à celle de distributions
distinctes ;
3» Quant à la qualité de l'eau, il serait à désirer que l'on pût
fixer des teneurs maxima en matières diverses, c'est-à-dire indi-
quer des nombres-limites établissant la démarcation entre les
teneurs admissibles et celles qui ne le sont pas. Mais cette déli-
mitation exacte n'est pas encore possible, la nature des terrains
et les autres. circonstances intluençant la qualité d'une eau
variant trop d'après les localités, et le nombre d'observations
et d'analyses pratiquées n'étant pas encore assez grand pour
qu'on puisse en déduire des données certaines. On peut dire
que tout mélange de l'eau avec des matières d'origine "animale
déjections, urine, etc.) ou des résidus alimentaires doit être
évité soigneusement. Le degré de dureté sera assez peu élevé
pour que l'eau puisse servir sans préjudice à tous les usages
domestiques et industriels;
4<* Pour la quantité d'eau devant constituer l'approvisionne-
ment, il faut toujours se mettre à même de pouvoir en toute
saison l'augmenter dans des limites assez larges;
&^ Autant que possible, on emploiera l'eau des sources natu-
relles. A défaut de celles-ci, l'eau de drainage ou l'eau de
rivière filtrée peuvent également servir. Dans des conditions
égales de qualité et de quantité, il faut donner la préférence à
l'eau qui offre le plus de garanties au point de vue de la régu-
larité de l'approvisionnement, et qui peut être utilisée dans les
meilleures conditions économiques. Il est indispensable aussi
que la pression soit suffisante pour le service des étages supé-
rieurs des maisons. Enfin, la composition de l'eau doit être
(26)
relativement constante, ce qu'il faut vérifier au préalable, dans
les limites du possible, par des analyses répétées au moins tous
les mois.
Ce ne sont là, on le voit, que toutes indications assez peu
précises, insuffisantes dans beaucoup de cas à permettre le
classement d'une eau, il arrive en effet fréquemment que les
résultats de deux analyses d'une même eau soient identiques,
mais que les conclusions que l'on en tire soient diamétrale-
ment opposées.
Certains auteurs ont cru pouvoir résoudre la question d'une
façon plus exacte, en proposant des nombres-limites pour les
proportions des diverses substances que l'on rencontre habi-
tuellement dans les eaux. D'autres spécialistes, comme aussi
les congrès d'hygiène, se sont occupés de ces nombres-limites,
les adoptant, les modifiant ou les rejetant, et prouvant ainsi
indirectement ce que nous disions tantôt, à savoir qu'il est
impossible de fixer hic et nunc d'une manière absolue de tels
chiffres.
L'adoption de données de ce genre constituerait même selon
nous un danger, en ce sens que beaucoup de personnes, en
appliquant cette échelle, seraient induites en erreur sur l'ad-
missibilité ou l'inadmissibilité d'une eau pour les usages
domestiques : les exigences relatives aux qualités des eaux ali-
mentaires, surtout en ce qui se rapporte aux quantités nor-
males et maxima qu'on peut y tolérer des substances diverses,
doivent en effet varier suivant les circonstances.
D'abord la nature du terrain influence fortement la compo-
sition de l'eau. C'est ainsi que des eaux de sources, pouvant
être considérées comme également pures, mais jaillissant de
terrains différents, ont des teneurs souvent fort dissemblables
en matières fixes et en autres substances diverses; et que cer-
taines teneurs peuvent parfois paraître excessives, sans pour
cela laisser d'être normales eu égard à la composition du ter-
rain. Par exemple, dans certains terrains crétacés, on rencontre
parfois des eaux renfermant des quantités très considérables
(37)
de chlore et d'acide azotique, sans toutefois contenir rien de
nuisible en fait de matières organiques d'origine animale. Le
tableau suivant, emprunté à Reichardt ^, donne une idée des
variations que peut subir la composition d'une eau de source
d'après la nature <lu terrain ou cette source est située. Les
sources dont il est ici question se trouvent dans des endroits
non habités et sont, par conséquent, soustraites à l'influence
des matières organiques animales. Les teneurs indiquées sont
des moyennes se rapportant à 1 litre d'eau et exprimées en
grammes.
SOURCES SITUÉES DANS LE
Granité. GH bigarré. dolonitique. GjpM.
Résida salin 0.0244 0.iâ5à0.2fô 0 448 2.365
Hati^reH organiques (calculées
d'après la quantité de caméléon
employée) 0.0157 0.0138 0.058 Traces
Acide azotique . Pas Traces 0.0023 Traces
Chlore 0.0033 0.0042 Traces 0.0i6i
Acide sulfurique 0.0039 0.0088 0.0031 à 0.034 1.108
Chaux 0.0097 0.0730 0.1400 0.766
Magnésie 0.0025 0.0480 0.065 0.1225
Dureté (degrés allem.) .... 1«27 13o96 2dol0 92«75
Le meilleur moyen de se rendre compte de la pureté d'une
eau alimentaire consiste à comparer la composition de cette
eau avec celle d'une eau de la même localité qui, n'ayant
pas été contaminée, se trouve dans des conditions normales.
Uuant aux limites en éléments divers, il ressort des indications
précédentes qu'on ne peut les fixer que pour des eaux appar-
tenant à uiie même contrée, ou plutôt à une même zone définie
par la formation géologique et par diverses circonstances spé-
ciales dont la connaissance se complétera au fur et à mesure
des progrès réalisés par l'hydrologie et l'hydrochimie.
La composition des eaux peut encore subir des variations
sui^'ant les saisons, l'abondance des pluies et plusieurs autres
* Guide pour tanalyse de i'eau au point de vue de P hygiène et de tin-
dmrie, ete , par le D' E. Reichardt. rrofi'sseur à l'Université d*kna ; irad. de
l'allemand par G.-R.Strohl. Paris, 1876, — p 31.
(28;
circonstances climatériques ou locales; de façon que, ménif
pour une région assez restreinte, il est impossible de fixer des
maxima absolument invariables.
Enfin, les teneurs des eaux en composés divers ne sont pas
toujours recherchées par la même méthode analytique; de
sorte que les résultats obtenus peuvent ne pas être absolument
comparables. Ainsi le résidu d'évaporation, suivant qu'il a été
desséché à lOO"* ou à ISO^* C, présente un poids différent. On
note des différences bien plus grandes encore en ce qui con-
cerne les matières organiques, d'après la méthode employée
pour leur détermination. D'autre part, si le nombre d'essais
effectués n'a pas été assez grand, les moyennes obtenues sont
souvent loin d'être exactes.
Rien d'étonnant donc que les auteurs ne soient pas tou-
jours d'accord au sujet de ces limites. Souvent il les ont,
comme Reichardt, établies d'après les résultats d'analyses
d'un grand nombre d'eaux de sources qui, par suite de leur
situation à de grandes distances des endroits habités, sont à
l'abri de toute infiltration de matières d'origine animale, ou de
sources qui proviennent de terrains de composition choisie
(granité). Or, ces conditions étant rarement réalisées dans la
pratique, les nombres-limites qui y correspondent ne consti-
tuent en quelque sorte qu'un idéal ou un desideratum scienti-
fique, vers lequel on peut tendre, par exemple, lorsqu'il s'agit
d'aller chercher, même à de grandes distances, de l'eau pour
l'alimentation d'une ville. Mais ces limites théoriques sont
complètement inapplicables dans la plupart des cas, comme
pour l'appréciation d'une eau de puits ordinaire, située dans
une ville; elles n'indiquent pas assez la tolérance que l'on peut
se permettre, et il faudrait surtout se garder de condamner
une eau parce qu'une seule de ces limites si étroites serait
dépassée.
Kubel, Tiemann, Fischer, Almen, etc., ont modifié les
nombres admis par Reichardt, et les ont mis en harmonie
avec les résultats d'analyses de plus en plus nombreuses aux-
quelles on a soumis les eaux des localités les plus diverses.
(29)
Ces limites modifiées établissent mieux les exigences aux-
quelles une eau doit réellement satisfaire.
Voici quelles sont ces diverses limites :
D'après
Reiehardt.
±
Kabel
et
TiemaoD,
3 l Fischer
1 \ Almen «
PAR i LITRE
SB
Btlligr.
100,000 partlM.
Ea parties
[ Résidu d'évaporation.
Matières organiques .
I Acide azotique . . .
I Chlore
I Acide sulforiqne . .
l Dureté
Acide azotique . . .
Chlore
Acide sulfurique . .
(Acide azotique . . .
Chlore
Matières organiques .
0.40 il 0.50 iOOàKOO iOàSO
0.01à0.05 lOàSO 4à8
0.004 4 0.4
0.O0SiiO.0O8 SàS aSàO.8
0.002ii 0.063 S «03 0.2*6.3
» » »
0.004 à 0.015 4 à 45 0.4415
0.0i0àa030 iiOiiSO Si 3
0.080à0.400 SOàiOO 8 à 40
0.087 27 17
0.036 35 3.5
0.490 4S0 43
On est d'accord à admettre que Teau ne doit renfermer ni
ammoniaque, ni acide azoteux, ni hydrogène sulfuré, et qu'elle
doit posséder les propriétés physiques et organoleptiques déjà
indiquées (pp. 23 et 24).
Les limites généralement adoptées pour l'appréciation d'une
eau , notamment d'une eau de puits, peuvent être considérées
comme étant les suivantes :
PAR 4 UTRE.
Résida d'éraporation . . .
Matières organiques (calculées)
Aeide azotique (NaOg) .
Chlore (Cl)
Acide solfnrique (SOj) .
Dureté
AnuDoniaque (NHg) . .
Acide azoteux (N^Os) .
Bydrogène sulfuré (BtS)
0.500
0.060
0.037
0.035
0.400
la
BUlifr.
500
50
37
35
400
»
0
0
0
Par
lOOiMO pwtlM.
Baparttot.
50
6
V
3,5
40
»
0
0
0
UkûtH»
33
I Berliner Berichte, 4
(30 )
Nous verrons tantôt que le microscope ne doit pas y révéler
la présence de bactéries de la putréfaction, au moins en quan-
tité considérable. Le jour oii, par suite des perfectionnements
apportés aux méthodes de culture, l'usage de cet instrument
constituera une méthode d'investigation plus précise, il sera
possible de désigner plus spécialement les espèces et le
nombre de micro-organismes qu'on ne doit point tolérer
dans les eaux.
L'usage judicieux des limites indiquées ci-dessus, fait en
tenant compte des observations développées dans le cours de
cette étude, peut faciliter beaucoup la tâche ardue du chimiste
ou de l'expert; et il est à désirer que cet usage se répande de
plus en plus. Hais, nous le répétons, pour que ces nombres-
limites puissent servir de termes de comparaison, il faut qu'ils
se rapportent à des procédés d'analyse identiques à ceux que
l'on a suivis, et à la contrée même d'où provient Teau que
l'on examine.
Pour la Belgique, les limites fixées par Reichardt sont abso-
lument trop étroites. Ainsi la teneur maxima de 0(^,004 m
acide azotique, adoptée aussi par les congrès de Bruxelles vi
de Vienne, est déjà dépassée par certaines sources isolées des
habitations ^ et parfois même par l'eau de pluie. Nos terrains
poreux se prêtent si bien à l'oxydation des matières orga-
niques, que l'on trouve fréquemment des eaux renfermant par
litre jusque 0i^,030 et plus d'acide azotique, tout en étant con-
stamment exemptes des produits intermédiaires de décomposi-
tion des matières animales. C'est ainsi que, au moins pour la
partie buue de notre pays oh le sous-sol est plus ou moins
sablonneux, la plupart des limites proposées par Kubsl et Tie-
mann, Fischer et Almen, et que nous avons indiquées oomat
étant généralement admises, peuvent encore être reculées. En
nous basant sur les résultats consignés plus loin, sur ceux des
analyses d'eaux de Louvain d'abord et ensuite sur ceux d'eaux
^ Voir plus loÎD la composition des eaux des sources de Héverlé, Dînant, etc.
( 31 )
de Hasselt, d'Anvers, de Bruxelles, etc., nous croyons pou-
voir proposer comme limites :
TENEURS
Par I lltf*.
i-i.^ »* ^i-i P«r En dtgNt.
ta Ra lOIMnOpartlM. Boairen
graniaMt. mllllgr. Sa partin. •iBoodei.
Résida d'éfaporation .... 1.500 4600 iSO •
(KeyesM eatr* 10^. ir*. 180* C)
Matières orgaDiqaes(ctlcu]4es). 0.050 à 0,-1 * 50 5 »
Acide azotiqoe (NaOft) .... 0.400 400 40 •
Chlore 0.100 400 40 >
Acide sttiruriqne 0.400 400 40 »
Oareté » » » S4
Ammoniaque 0* 0 0 »
Acide azoteux 0 0 0 •
Hydrogène snl rare 0 0 0 »
Pour les propriétés physiques, organoleptiques, etc., on
s'en tiendra à ce que nous avons dit en parlant des limites
généralement admises.
Force nous est, du reste, d'élargir ainsi les limites des teneurs
admissibles pour les eaux alimentaires, sous peine de devoir,
dans Tétude que nous ferons tantôt des eaux de Louvain et de
diverses autres localités de la basse Belgique, les ranger
presque toutes dans la catégorie des eaux mauvaises.
11 ne faut pas non plus déclarer immédiatement impropre à
Talimentation une eau qui donnerait pour une, deux ou même
un plus grand nombre de substances, des teneurs dépassant ces
limites : on ne doit se former une opinion que d'après l'en-
semble des résultats de l'analyse.
Enfin, ir y a une distinction à faire entre les qualités abso-
lument indispensables à une eau alimentaire et celles qu'il
est seulement désirable de lui trouver.
Sont absolument indispensables, au point de vue hygié-
nique, l'absence de substances pouvant produire directement
une action infectieuse (matières d'origine animale en putréfac-
tion, ammoniaque, acide azoteux) et celle dé matières toxiques
telles que les composés du plomb, comme aussi des teneurs en
' Voir pafe 32.
(32)
matières organiques totales et en acide azotique ne dépassant
pas les limites.
Sont désirables seulement toutes les autres qualités : teneurs
en chlorures, nitrates, matières organiques d'origine végétale,
degrés hydrotimétriques, résidu fixe, etc., inférieures aux
maxima indiqués; et, parmi les matières salines, il faut attri-
buer plus d'importance aux composés du magnésium, à cause
de leur action plus prononcée sur l'organisme, qu'à ceux du
calcium, du sodium, du potassium, du fer, de l'aluminium, etc.
La présence de traces d'acide azoteux ou d'ammoniaque,
présence qui est constatée déjà dans l'eau de pluie, ne doit pas
faire rejeter une eau, si, d'autre part, on n'y trouve que de
faibles proportions de résidu fixe, d'acide azotique et de
matières organiques (p. ex., matières humiques). Tel est sou-
vent le cas de l'eau recueillie par le drainage d'un terrain
sablonneux non habité et peu cultivé. Une telle eau peut être
envisagée comme une eau de pluie filtrée à travers une couche
de sable qui ne lui a presque rien cédé ni ôté.
Aussi avons-nous déclaré « bonne » une eau semblable qui
renfermait par litre 0i^,032 de résidu fixe, 0i^,005 de matières
organiques, et des quantités tellement faibles d'acide azotique,
chlore, acide azoteux et ammoniaque que l'on n'aurait su les
doser par les procédés usuels.
Pour les matières organiques, on peut, lorsque ces matières
sont d'origine végétale (comme pour les eaux provenant de
terrains tourbeux), reculer la teneur-limite jusqu'à OCylOO et
même avec Almen jusqu'à O^'jlSO. Par contre la proportion
d'acide azotique doit alors être faible ; l'on ne doit trouver ni
acide azoteux, ni ammoniaque, et le résidu d'évaporation
n'exhalera pas d'odeur azotée par calcination.
Une eau pourra encore renfermer de l'acide azotique et du
chlore, comme aussi de l'acide sulfurique, au delà des limites
fixées, et être rangée toutefois parmi les eaux potables, si,
analysée à différentes reprises, elle a constamment été reconnue
exempte de tout produit de putréfaction et répondant à toutes
les autres conditions essentielles. Cependant l'acide azotique
(33)
annonçant la présence antérieure de matières azotées, cette
eau ne pourra être admise que conditionnellement et devra
être Tobjet d'une surx'eillance assidue : car il se pourrait qu'à
uu autre moment, pour Tune des raisons exposées, la des-
truction des matières organiques vint à ne plus s'effectuer
dans le sol environnant, et dès lors Teau deviendrait mau-
vaise.
Ces eaux qui contiennent beaucoup d'acide azotique, mais
peu de matières organiques et pas du tout d'ammoniaque ni
diacide azoteux, comme aussi celles qui renferment beaucoup
de matières organiques d'origine végétale avec très peu de
romposés azotés, et en général les eaux qui par leur teneur
t*n éléments divers se rapprochent des limites extrêmes admis-
sibles, constituent, dans la partie basse de la Belgique, la
classe des eaux médiocres ou passables faute de mieux.
Répétons-le en terminant ce chapitre. II serait extrêmement
désirable que, dans tout le pays, on soumît à l'analyse les eaux
(les puits, des sources et des rivières, en opérant partout et
toujours suivant les mêmes méthodes, et en effectuant ces
essais à diverses époques déterminées, de façon à pouvoir se
rendre compte des variations que subit parfois une même eau
ii des intervalles plus ou moins rapprochés. Lorsque sera ter-
miné ce travail dont l'utilité ne saurait échapper à personne,
on pourra définir exactement et formuler par des nombres-
limites les qualités que l'on doit exiger de l'eau alimentaire
dans les diverses contrées de la Belgique.
3. Méthodes d'analjse.
Depuis bon nombre d'années, nous nous tenons autant que
possible au courant de tout ce qui se publie sur ce sujet.
Nous avons soumis à des vérifications multiples les méthodes
proposées tour à tour , exécuté maint essai original et feit
de nombreuses applications des divers procédés.
Tome XXXVII. . 3
(34)
Vu l'importance qu'a prise de nos jours rhydrochimie,
notamment au point de vue de Thygiène publique, il serait
fort à désirer que les chimistes des différents pays s'entendis-
sent pour adopter et faire admettre partout un mode opéra-
toire unique.
Les méthodes classiques et sûres de l'analyse quantitative
ordinaire ne peuvent évidemment pas entrer ici en ligne de
compte pour tous les dosages, le nombre d'essais à effectuer
étant souvent considérable. Il faut faire choix de méthodes
pratiques, faciles et rapides, donnant des résultats compara-
bles, comme aussi, autant que possible, d'une exactitude satis-
faisante.
Tout en y introduisant les modifications qui nous ont paru
utiles, nous nous sommes rallié d'une manière générale aux
méthodes suivies par la Society of anal. chem. d'Angleterre et
par l'OflSce impérial d'hygiène (Gesundheitsamt) de Berlin. En
France et en Belgique, ces procédés sont déjà appliqués plus
ou moins rigoureusement; nous espérons contribuer, par cette
publication, à les faire admettre d'une manière définitive.
Sans doute ces méthodes sont susceptibles de perfectionne-
ments; d'autres surgiront qui seront reconnues meilleures et
les remplaceront. Hais, le point de départ commun une fois
fixé, la voie du perfectionnement se trouvera mieux tracée et
les résultats obtenus dans ce sens viendront tout naturelle-
ment compléter ou modifier la marche générale.
Nous croyons nécessaire d'exposer d'une manière précise les
méthodes que nous avons suivies et que nous recommandons
de suivre : d'abord pour que l'on puisse juger des résultats,
variables, comme on le sait, suivant les procédés employés;
ensuite pour travailler à l'unification des procédés, si essen-
tielle au progrès de l'hydrochimie.
Les résultats des analyses sont toujours rapportés à 1 litre
d'eau. Nous indiquons aussi, pour faciliter les comparaisons,
e rapport à 100,000 parties d'eau mesurée, qui est adopté par
beaucoup d'auteurs, mais qui n'a aucun avantage sur l'unité
du litre.
( 38)
a. Wtmmmi préllmloalre et analyse ^nalItallTe.
On procède d'abord à Texamen des caractères physiques et
o]^;anoleptîques.
La couleur et la transparence sont observées dans des verres
cylindriques bien blancs, à côté d'un échantillon d'eau dis-
tillée pure.
S'il y a un dépôt, il est recueilli séparément, par filtration.
11 est bon de soumettre les dépôts à l'analyse microscopique.
Pour constater l'odeur, le mieux est de secouer d'abord
l'ettt dans une bouteille imparfaitement remplie, puis de la
chauflto progressivement en secouant de temps à autre.
L'odeur peut provenir de la présence d'hydrogène sulfuré , de
matières organiques en décomposition , dcgaz d'éclairage, etc.
La saveur est souvent discutable. Elle est favorablement
influencée par une température relativement basse et par la
présence de gaz (acide carbonique, air). Une saveur amère
proviendra généralement de sels magnésiques; une saveur
fade, de nitrates, sels alcalins ou manque de gaz, surtout
lorsque la température de l'eau est un peu élevée. La saveur
peut, comme nous l'avons dit déjà, tromper parfois sur la
qualité d'une eau : ainsi les nitrates en certaine proportion,
et même les chlorures en faible dose, donnent une saveur
fraîche.
Les essais qualitatifs porteront sur la recherche des matières
organiques, de l'ammoniaque, de l'acide azoteux^ de l'acide
azotique, du chlore, de l'hydrogène sulfuré, du calcium, du
magnésium et des matières organiques. Ces essais se feront
dans les mêmes conditions et pourront s'exécuter à l'aide des
mêmes réactifs que pour l'analyse quantitative.
L'acide azotique peut en outre être recherché à l'aide de la
brucine; l'acide azoteux, à l'aide du métaphénylène^diamine.
Les matières organiques peuvent aussi être décelées au moyen
du chlorure aurique, de l'osmiate potassique ou d'autres com-
( m »
posés de métaux nobles réductibles, ou encore à l'aide d'une
solution de tannin ^.
Quelquefois on réussit à extraire, au moyen de l'éther, des
matières dont Todeur est caractéristique des matières fécales ou
de la putréfaction en général. Le papier à filtrer en contact
avec Teau suffit parfois à fixer l'odeur.
La présence des bicarbonates de chaux et de magnésie s'an-
nonce par le trouble que produit i'ébullition.
Le résidu d'évaporation s'obtient sur la feuille de platine ou
sur un couvercle de creuset. On arrive ainsi rapidement à
observer les propriétés de ce résidu : couleur, odeur, hygro-
scopicité, eifets de la calcination; on peut même apprécier
grossièrement les quantités, que l'on exprime par les mots
c( plus ou moins, peu, beaucoup, assez, notable, considérable,
» traces, etc. »
Les indications fournies par l'analyse qualitative peuvent
être contrôlées par l'analyse microscopique.
Une eau qui donnerait à l'analyse qualitative les réactions
de l'ammoniaque et de l'acide azoteux, ou qui aurait une
odeur désagréable, serait colorée et laisserait un résidu coloré
hygroscopique, qui décolorerait une forte proportion de camé-
léon, et dans laquelle le microscope révélerait l'existence de
nombreuses bactéries, pourrait être rejétée sans autre examen.
Hais, dans la plupart des cas, il sera préférable de procéder
directement à des déterminations quantitatives.
On prend, pour l'analyse quantitative, 2 litres d'eau.
Si cette eau est claire et transparente, elle peut servir immé-
diatement.
S'il y a un dépôt, il sera ordinairement possible d'en séparer
par décantation la plus grande partie du liquide surnageant,
« Jorissen, Journal de pharmacie â^ Anvers, 188Î, |>.0!6-
(37)
de fiiçon à ne filtrer que les dernières portions. Si IN'au est
trouble, il &ut réunir les 2 litres et laisser déposer, ou bien
filtrer directement. On se sert de filtres pesés, afin de déter-
miner le poids des matières en suspension. Une partie du
dépôt est immédiatement soumise à l'analyse microscopique.
R,^sidii d'ëvapoiratlon.
On évapore 200 centimètres cubes d'eau dans une capsule en
platine, en verre ou en porcelaine, à une température inférieure
à 100^ C; le mieux est d'opérer au bain-marie. Le résidu est
alors séché à 100° C, au bain d'air, jusqu'à poids constant.
Pour rendre comparables les résultats obtenus par les diffé-
rents chimistes, et notamment ceux de pays divers, on propose
maintenant de déterminer et de renseigner les diverses propor-
tions du résidu après dessiccation successive aux températures
de lOO», 140® et 180*» : nous nous rallions à cette méthode et
nous nous permettons de la recommander. La pesée doit se
^re rapidement, après refroidissement sous l'exsiccateur, la
capsule étant recouverte d'une mince feuille de verre. Sans ces
précautions, il arrive fréquemment que le poids de la capsule
augmente sur la balance, les nitrites, nitrates et chlorures
caldque et magnésique étant hygroscopiques.
Nous nous étions arrêté à la température de 100<» C, après
avoir employé durant des années celle de 110® et après avoir
&it vainement des centaines d'essais pour trouver une tempé-
rature plus convenable (130<» et 180®). Les résultats obtenus à
ces diverses températures ne sont nullement comparables.
L'eau d'hydratation est retenue plus ou moins fortement sui-
vant le composé avec lequel elle est combinée; en outre, les
matières organiques et certains corps, comme le nitrite ammo-
nique, donnent des produits de décomposition variables avec
la température.
Les résultats indiqués plus loin se rapportent à une tempé-
rature de HO® C.
( 38 )
Calcinatian du réMu (Téuaporatiofi. — La capsule est chauffée
progressivement au rouge, jusqu'à ce que le résidu ne change
plus d'aspect.
On a voulu, par cette opération, arriver à déterminer la
quantité de matières organiques renfermées dans une eau. Ces
matières sont brûlées et détruites par la calcination, et leur
disparition correspond à une perte de poids que l'on croyait
pouvoir mesurer simplement, en pesant le résidu après l'avoir
recalciné modérément avec du carbonate ammonique. Hais ce
procédé de dosage des matières organiques est extrêmement
inexact, trop de changements s'opérant par la calcination dans
la composition du résidu. En effet, non seulement les matières
oi^niques sont brûlées ; mais les nitrites, nitrates et sulfhy-
drates, les composés ammoniques, le chlorure et le carbonate
magnésiques se décomposent; les sels au minimum, notam-
ment ceux du fer, s'oxydent ; et les sulfates peuvent se réduire
sous l'action des matières organiques.
I^ calcination donne plutôt des indications qualitatives ; et
elle fournit un résidu propre à la recherche des alcalis, du fer,
du manganèse, de la silice et de l'acide phosphorique.
On observe, durant la calcination, s'il se produit un noircis-
sement, et jusqu'à quel point il est intense et durable ; s'il se
dégage une odeur particulière, et quelles sont sa nature et son
intensité ; s'il se lève des vapeurs rutilantes ; ou si le résidu
devient incandescent.
SflatiÀres oirganlques.
Il n'existe jusqu'aujourd'hui aucune méthode sûre et précise
pour le dosage des matières organiques contenues dans l'eau.
On ne sait d'ailleurs pas au juste quelles sont les matières orga-
niques qu'il importe particulièrement de déterminer. Il est
seulement acquis, comme nous l'avons déjà dit (pages 17 et 31),
que l'on doit principalement se préoccuper de la présence des
matières d'origine animale ou matières organiques azotées, et
(39)
notamment de celles qui se trouvent à l'état de putréfaction;
mais on ne possède jusqu'ici aucun moyen de les séparer et de
les doser isolément.
Nous avons indiqué déjà, pour le dosage des matières orga-
niques, le procédé basé sur la calcination du résidu sec, pro-
cédé qu'il faut donc abandonner pour les essais quantitatifs.
En raison de l'importance qu'ont au point de vue hygiénique
les matières organiques azotées, c'est sur leur détermination
qu'ont porté surtout les eiforts des chimistes ; aussi est-ce par
dizaines que l'on compte les méthodes proposées. Nous en
avons expérimenté et plus ou moins modifié un grand nombre.
Mentionnons les principales d'entre ces méthodes.
Frankland et Armstrong dosent d'une part l'azote et le car-
bone par l'analyse organique (après évaporât ion de l'eau, ce
qui amène toujours une perte), et d'autre part l'azote combiné
sous forme d'acide azotique, acide azoteux et ammoniaque. Ce
procédé est long et fort délicat; malgré cela, il ne fournit guère
plus d'indications que les autres sur la nature de la matière
organique.
Nous avons suivi longtemps le procédé de WanklynetChapp-
mann, dans lequel on dose l'azote des matières albuminoîdes
(après avoir éliminé celui qui existe sous forme d'acide azo-
tique, acide azoteux et ammoniaque) par distillation en solu-
tion alcaline avec du caméléon, opération qui transforme cet
azote en ammoniaque. Mais on ne sait pas encore si toutes les
matières azotées donnent ainsi la totalité de leur azote sous
forme d'ammoniaque, ce qui est douteux bien que cela ait été
démontré pour l'asparagine, la leucine et la tyrosine. Une autre
raison qui nous a fait abandonner cette méthode, c'est la diffi-
culté de se procurer de l'eau et de la soude caustique qui,
soumises seules à la distillation avec du permanganate, ne
fournissent pas d'ammoniaque. Il est vrai que la soude causti-
que obtenue avec du sodium métallique répond à cette exigence;
mais de toute manière l'opération, prise dans son ensemble,
est trop compliquée et trop longue, eu égard aux résultats
qu'elle peut donner.
(40)
La méthode de Fleck,à Tazotate d'argent, ainsi que celles de
Lechartier *, de Mallet 2, etc., tout en étant relativement com-
pliquées, ne renseignent pas non plus en proportion de leur
complication sur la nature intime de la matière oi^nique.
On se contente généralement d'apprécier la teneur en
matières organiques d'une manière vague et approximative,
en déterminant au moyen du caméléon le degré relatif d'oxy-
dabilité de l'eau ; et l'on combine ce renseignement avec ceux
que l'on déduit du dosage des composés azotés (acide azotique,
çicide azoteux, ammoniaque) et du chlore,. de l'examen des
propriétés du résidu d'évaporation, ainsi que de l'analyse
microscopique.
Toutes les matières organiques sont plus ou moins facile-
ment et plus ou moins complètement oxydables, les matières
azotées ou d'origine animale l'étant davantage ou absorbant
plus d'oxygène que les matières d'origine végétale; et comme
d'autre part les matières azotées ne peuvent guère se rencontrer
dans une eau sans avoir subi au moins un commencement de
putréfaction ou d'oxydation, on peut toujours acquérir indi-
rectement, par le dosage des produits de cette décomposition,
et spécialement l'ammoniaque, l'acide azoteux et l'acide azo-
tique, la certitude de la présence au moins antérieure ou de
l'absence de matières organiques d'origine animale. Ainsi donc
l'on pourra dire que les matières oi^niques décelées par le
caméléon sont principalement d'origine animale, chaque fois
que l'on aura constaté en même temps la présence des produits
de décomposition précédemment indiqués, ou que la quantité
de caméléon employée aura dépassé la limite admissible; et
on pourra les déclarer d'origine végétale , lorsque, même en
répétant les essais à diverses époques , on n'aura pas trouvé
dans l'eau de composés azotés , ou si la quantité de caméléon
consommée est restée au-dessous de la limite , si la teneur en
chlore est normale , si le résidu d'évaporation est incolore et
* Btriiner Berichte, t. XII, p. 3160. — Comptes rendus, pp. 89, 251.
• Rfrliner Berichte, 1883, n«8. — Amer. Chem. Journal, 15, p. 426.
(41)
ne d^;age pas d'odeur, si enfin le microscope ne révèle pas
Texistence de bactéries , etc.
La méthode de Schulze, dite encore de Trommsdorf , pour
la détermination de l'oxydabilité, nous parait très rationnelle ;
nous ne l'avons abandonnée qu'à regret, et pour contribuer
dans la mesure de nos moyens à l'unification des procédés.
Schulze opère à l'aide du permanganate potassique à chaud,
d'abord en solution alcaline, et puis en solution acide : il
pousse ainsi l'action oxydante du permanganate à son extrême
limite. Ce procédé ne fournit toutefois aucune indication sur la
nature des substances organiques ; il ne donne que le degré
relatif d'oxydabilité de l'eau. Or, pour obtenir un renseigne-
ment aussi vague, il importe assez peu que l'oxydation soit
énergique et porte sur un plus grand nombre de corps ; et il
est naturel que l'on recoure de préférence à un procédé plus
expéditif encore.
C'est le procédé Kubel-Tiemann qui est aujourd'hui le plus
généralement suivi ; c'est aussi celui auquel nous nous sommes
rallié dans Cc*s derniers temps.
Ce procédé est basé sur l'emploi du permanganate potas-
sique en solution acidulée d'acide sulfurique.
PréptratioB des réactifs *. — 1. Eau distillée pure. — Trop
souvent Teau distillée renferme des matières organiques, de
l'ammoniaque, de l'acide azoteux, de l'acide azotique et de
l'acide chlorhydrique. Pour l'avoir pure, il faut la redistiller
en fractionnant les produits, c'est-à-dire en rejetant les pre-
mières parties qui passent et en laissant dans la cornue le
dernier quart. Le plus sûr est d'opérer suivant les indications
de M. Stas 2, comme l'a fait M. Spring 3 dans ses recherches
' Nous crojons nécessaire dVxposer en quelques mots la préparalion des
réacljfs aussi bien que le procédé suivi, à cause des diflTérences quVntratoe
également dans les résultats Pusage des réactifs de composition non identique.
* J.-S. Sias, Nouvelles recherches sur les lois des proporlions chi'
miques, etc., 1805, p. 109.
* Spring, Bulletin de t Académie royale de Belgique, \. V, 1883. 3' série.
(42)
sur la couleur de Teau ; nous avons toujours, ainsi préparée
avec du caméléon et de la soude caustique, une provision
d'eau pour la distillation firactionnée. Si Teau, après avoir été
distillée dans ces conditions, renferme de l'ammoniaque, ce
qui est le cas général, une nouvelle distillation fractionnée avec
de Tacide sulfurique ou du sulfate monopotassique permettra
de l'obtenir entièrement pure.
2. Solution d'acide oxalique (monovalente, normale au ^/^qq).
— On dissout
Acide oxalique crist pur, HtCa04-l-2HaO Of.GSO
OU bien,
Acide oxalique anhydre sublimé 0i'.449
dans de l'eau distillée pure de façon à avoir 1,000 ce. de
solution. (Quelquefois on prépare une solution dix fois plus
concentrée que l'on dilue ensuite.)
3. Solution de caméléon (monovalente, normale au ^/ioo)- "~
On prend
Permanganate potassique bien crist. en aiguilles . . . Of^dSii Os^ 34
et l'on fait dissoudre dans l'eau distillée pure, jusqu'à avoir
un volume de 1,000 ce.
4. Acide sulfurique dilué. — On prend :
Acide sulfurique concentré pur . . .
£an distillée pure
On ajoute l'acide sulfurique à l'eau.
Acide sulfurique concentré pur 4 folume
£an distillée pure 3 Tolumes
(43)
Vérificttion et fixation des titres. — Les solutions de camé-
léon et d'acide oxalique sont introduites respectivement dans
des burettes à robinet en verre, de même calibre et de gradua-
tion identique (iOO ce. divisés en ^/5). On prend alors un bal-
lon d'une capacité d'environ 300 ce; on y introduit
Eiu distillée pure •100 c. c.
Acide sulfurique dilué . 5 —
SolatioD de caméléon 5 —
On chauffe à l'ébullition durant 5 minutes; on retire du feu;
au liquide encore chaud on ajoute 10 ce de solution oxa-
lique; puis, dans le liquide décoloré, on verse goutte par
goutte de la solution de caméléon jusqu'à obtention d'une
teinte rosée.
Lorsque les solutions d'acide oxalique et de caméléon ont
été préparées exactement comme nous l'avons décrit, la quan-
tité de caméléon qu'il faut ajouter en dernier lieu pour avoir
la teinte rosée est toujours à très peu près de 5 ce ; de sorte
que 10 ce. de solution oxalique (0i^%0063 d'acide oxalique
cristallisé) sont oxydés par un nombre égal de centimètres
cubes de solution de caméléon (0^,00316 de permanganate
cristallisé).
Une solution de caméléon qui est ainsi décolorée par un
volume égal de solution oxalique renferme donc, par 1 ce
PermaDganaie solide 0c'»00031H
Y correspondent une quantité d'oxygène disponible égale à
O^'.OOOOS, et la faculté (toute conventionnelle) d'oxyder 0iP^,00188
de matières organiques (soit cinq fois la quantité de perman-
^nate solide renfermée dans 1 ce de la solution, d'après
Wood).
11 n'est du reste pas nécessaire que la solution de caméléon
corresponde exactement, volume pour volume, à celle d'acide
oxalique; il suffit de connaître le titre, quel qu'il soit, du camé-
léon que l'on veut employer.
(44 )
Le titre du caméléon ne reste pas longtemps le même;
celui de Tacide oxalique varie également, surtout si la solution
n'est pas conservée à l'abri de la lumière. Il y a donc lieu de
vérifier fréquemment le titre de ces solutions. Nous ajoute*
rons cependant que nous avons parfois pu les conserver jus-
que six semaines et plus, sans qu'elles subissent d'altération
sensible.
Opération de dosa^pe. — On prend 100 ce. de l'eau à exa-
miner (après l'avoir filtrée ou décantée si elle était trouble). On
y ajoute 5 ce. d'acide sulfurique dilué et 10 ce de solution
de caméléon ; on chauffe à l'ébullition durant S minutes, b*
liquide doit avoir conservé une coloration rouge (s'il était
décoloré, on y ajouterait encore 5 ce de caméléon et l'on ferait
bouillir de nouveau durant 5 minutes, et ainsi de suite). Au
liquide encore chaud on ajoute 10 ce de solution oxalique ^
A la suite de cette addition il se produit une décoloration com-
plète, s'il y a présence de matières oxydables. Enfin on ajoute
du caméléon goutte par goutte jusqu'à production d'une teinta'
rosée.
On fait alors la somme des nombres de centimètres cubes de
caméléon ajoutés aux différentes phases de l'opération; de ce
nombre total, on déduit le nombre de centimètres cubes exi-
gés par les 10 ce d'acide oxalique : la différence sera le
nombre de centimètres cubes de caméléon qu'ont demandé
les 100 ce d'eau. Il reste à multiplier ce dernier nombre par
la quantité de caméléon solide contenu dans 1 ce de solution,
par la quantité d'oxygène libre y renfermé, ou par l'équivalent
conventionnel de matières organiques.
Enfin, si l'on veut rapporter le résultat à 1 litre d'eau, on
multiplie les chiffres obtenus par 10, et si l'on veut l'exprimer
par rapport à 100,000 parties d'eau on multiplie par 1,000.
< Dans le cas uù Pou aui-aii Uù employer primitivemenl plus de 10 ce de
caméléon, il fatidraii évidemmeDl ijouter le nombre corres|>ondani do cenii-
mètres cubrs d'acide oxalique.
( 48)
On pratique toujours deux essais, souvent trois, et on prend
ensuite la moyenne^.
OliserTations. — En opérant comme nous venons de Tindi-
quer, on n'est pas certain d'oxyder la totalité des matières
oqi^niques. Certaines substances organiques résistent à l'oxy-
dation. Bien plus, avec une même matière organique, on pour-
rait obtenir des résultats différents si l'on introduisait des
variations dans la manière d'opérer, si, par exemple, on em-
ployait des quantités différentes de permanganate ou d'acide
sulfiirique, ou encore si l'on faisait varier la durée de l'ébul-
lition. Il faut donc avoir soin d'opérer toujours de la même
façon. L'ébullition prolongée, même dans l'eau pure, fait dis-
paraître du permanganate.
Diverses modifications ont été proposées au procédé origi-
nal que nous venons de décrire. Ainsi l'Office impérial d'hy-
giène de Berlin fait bouillir pendant 10 minutes au lieu de S;
mais nous avons expérimenté que les résultats obtenus de la
sorte avec une même substance, toutes les autres conditions
* Sup|)OsottS, pnr exemple, quVn vérifiant le titre du caméléon on ait
reconnu quMI en faut 12 ce. pour oxyder 10 ce. d'acide oxalique normal
au ViM* <^t que pour 100 ce de Teau à examiner (additionnée dans le cours de
TopéralioD de 10 ce. d'acide oxalique ) on ait dû employer en tout 35 ce.
de améléon. Le nombre de centimètres cubes de ceUe liqueur exigés par Teau
seule sera de i5 — 12 ou de 13 ce Ceux-ci équivalant à 13 x *^U^ ou 10c«.83
de cainéléon normal, renferment :
CMiéléon solide OC.000516 X 10.83 » OC'.OOSii
Oxygène disponible Or .000080 X 10*83 = 0ff'.00086
et correspondent, d'après la convention, à :
Matièret organiqnei. . . . OCr.0003t6X8X<0.83« 08^.01711
soil :
P«ir Poor
I lilN 4*Ma. 103.000 putlM.
Caméléon lolide employé 0.0348 34.1
Oxygène libre aboorbé 0.0086 g.6
Heflères organiques calculées 0.1711 171.1
( 46)
étant les mêmes, présentaient moins de concordance encore
qu'en chaufiant durant 5 minutes seulement. La Society of
public analysis d'Angleterre chauffe pendant S minutes à 80^ F.,
opère le titrage, et vérifie du même après4 heuraa: noua n'avons
pas reconnu d'avantage à cette modification.
Nous avons vu, du reste, que les méthodes plus compKfaé»
dont nous avons fait mention ne fournissent pas non plus des
résultats parfaitement concordants.
Il faut remarquer que, dans le procédé au caméléon, celui-ci
est réduit, non seulement par les matières organiques, mais
aussi par les composés de fer au minimum , l'acide azoteux et
l'hydrogène sulfuré , circonstance dont il faut tenir compte.
Le fer peut quelquefois être titré en présence de l'acide sul-
furique à froid, avec la même solution de caméléon; ou, s'il y
a trop peu de fer, on opère sur le résidu d'évaporation préala-
blement réduit : 1 ce. de solution de caméléon, renfermant
Os'fOOOSie de permanganate solide, correspond à 00^,00086 de
fer métallique.
Quant à l'acide azoteux (qui est oxydé par le caméléon ajouté
avant de faire bouillir avec l'acide sulfurique dilué), il en faut
Op'jOOOIO pour réduire 1 ce. de caméléon au ^/^qq.
Acide axotique.
Parmi les nombreuses méthodes applicables ou appliquées
ail dosage de l'acide azotique, celle que nous préférons et que
nous avons suivie est la méthode de Marx, à l'indigo. Sans
doute cette méthode présente des imperfections; mais, d'une
part, on ne doit pas dans le cas qui nous occupe tenir à une
exactitude absolue; d'autre part, c'est incontestablement la
méthode la plus expéditive, -et, en opérant avec les précautions
que nous allons indiquer, elle donne des résultats très satis-
faisants.
La méthode de Marx peut également servir pour l'essai pré-
liminaire qualitatif : on opère alors dans un tube à eçsai, ave^
dO ce d'eau, et en chauffant.
(47 )
tion des réactifs. — i. Solution de salpêtre. — On
dissout
Nitrate potassique par et sec ii'.87i
dans i^OOO ce. d'eau pure : 1 e.c. de la solution obtenue con-
tient Os'yOOl d'anhydride azotique (N3O5).
2. Solution (f indigo. — On prend :
Acide sulforique fumant (HtSsOf) iOt'.QOO
On y introduit progressivement et en ayant soin de remuer :
lodigotine sublimée pure, ou indigotine artificielle. Ssr.000
On ajoute ensuite après quelques heures de repos le même
volume d'eau y puis on verse ce mélange dans de Teau pure
pour faire 5,000 ce.
Cette solution aura une concentration telle que 10 ce cor-
respondent approximativement à 1 milligramme N^O^.
3. Acide sulfurique concentré (à 66^ B) et pur. — Le mieux
est de prendre de l'acide distillé. Quelquefois il suffit de le faire
chauffer pendant quelque temps vers la température d'ébulli-
tion pour le débarrasser de l'acide azotique et de l'acide azoteux
qu'il pourrait contenir.
Fixation des titres. — 1 ce de la solution de salpêtre est
mêlé, dans un cylindre gradué, à 24 ce d'eau pure. Ce
mélange est transvasé dans un ballon d'une capacité de 100 ce
environ. On y verse rapidement SO ce d'acide sulfurique, et
on y laisse couler presque en même temps la solution titrée
d'indigo jusqu'à production d'une teinte bleu-verdâtre. Durant
ce temps, la température doit rester voisine de 100® C.
On répète l'essai en ajoutant d'abord à l'eau additionnée de
salpêtre une quantité d'indigo à peu près égale à celle que
l'on a employée dans le premier essai , et en y versant ensuite
l'acide sulfurique, pour finir par l'indigo.
(48 )
Enfin on opère sur des quantités double et triple de solution
de salpêtre, portées toujours à 35 ce. par addition d'eau pure.
On s'arrête à un titre tel que, pour Q^.OOi d'anhydride azo-
tique, il faille de 10 à 15 ce. de solution d'indigo.
Cette solution d'indigo doit être vérifiée de temps à autre.
OpératioD. — On opère dans un ballon d'une capacité de
100 ce. , absolument comme il vient d'être exposé pour la
fixation du titre^ en remplaçant le mélange de solution de
salpêtre et d'eau distillée par l'eau à essayer.
On prend d'abord 35 ce de cette eau; mais si elle est
trouvée renfermant plus de 3 à 4 milligrammes d'anhydride
azotique, c'est-à-dire si elle exige plus de 30 ce d'indigo, on
recommence l'essai en opérant sur 10, sur 5, ou même quel-
quefois sur 3 ou sur 1 ce de l'eau à examiner, additionnée
d'eau pure jusqu'à occuper un volume de 36 ce ^.
Il faut pratiquer au moins deux essais, en ajoutant la plus
grande partie de l'indigo avant de verser l'acide sulfurique.
Observations. — La teinte bleu-verdâtre finale est précédée
d'une teinte jaune, laquelle, avec le bleu de l'indigo, donne
du vert, puis du vert-bleuâtre.
Il faut, pour réussir, opérer sur une eau convenablement
diluée, de façon à se rapprocher des conditions dans lesquelles
s'est effectuée la fixation du titre.
La présence de matières organiques modifie la teinte et
conduit quelquefois à des résultats trop faibles.
La présence de chlorures donne à la teinte plus de netteté.
Aussi avons-nous l'habitude d'ajouter quelques centimètres
cubes d'une solution saturée de chlorure sodique pur aux eaux
qui ne renferment pas de ce sel , ou qui n'en renferment que
très peu et donnent une teinte douteuse.
* Pour le dosage de Pacide azotique dans les eaux des puits de Louvaio, il
est rare que Pou puisse eu prendre plus de 5 ce; souveot il ne faut opérer
que sur 1 on ? ce.
(49)
Il est également d'usage dans notre laboratoire, chaque fois
que les premiers résultats sont douteux, de prendre pour Fessai
une portion d'eau ayant servi déjà au dosage des matières orga-
niques par le caméléon. Les matières organiques, l'acide azo-
teux et le peroxyde d'hydrogène sont ainsi mis hors de cause.
L'acide azoteux, en effet, décolore également l'indigo; il y a
donc de ce chef nécessité de faire des corrections aux résultats.
Pour 1 partie d'acide azoteux (dosé dans l'essai suivant), il fau-
dra déduire 0,473 d'acide azotique.
Nous ne conseillons pas de doser régulièrement l'acide azo-
tique dans de l'eau qui a été traitée par le procédé au caméléon,
et dans laquelle l'acide azoteux a été transformé en acide azo-
tique; car, dans ce traitement, les acides azoteux et azotique
peuvent s'être volatilisés partiellement.
Pour un dosage rigoureux de l'acide azotique, on suit au
laboratoire de l'Office impérial d'hygiène à Berlin le procédé
Schulze-Tiemann, basé sur la réduction de l'acide azotique en
solution acide par le chlorure ferreux et le mesurage de l'oxyde
azotique (NO), ou encore sa retransformation en anhydride
azotique (N^Og) et son titrage d'après Schlôsing-Reichardt.
Nous avons vérifié souvent, par le procédé Schlôsing, les
résultats obtenus au moyen de l'indigo.
Le dosage de l'acide azotique par réduction de cet acide en
ammoniaque au sein d'une solution alcaline, procédé fréquem-
ment utilisé en Angleterre, ne nous a pas donné des résultats
aussi concordants que la méthode à l'indigo; de plus, ce pro-
cédé est long et relativement compliqué.
Aoide azoteux.
La réaction de Schônbein, modifiée par Trommsdorf, nous
paraît constituer le procédé le plus rationnel pour le dosage
de l'acide azoteux ; et c'est du reste ce procédé colorimétrique
qui est le plus généralement suivi. Il consiste à ajouter à l'eau
que l'on veut examiner de l'acide sulfurique dilué et de l'iodure
de zinc amidonné, et à comparer la teinte bleue obtenue avec
celle que fournit dans les mêmes conditions une solution de
nitrite potassique de titre connu.
Tome XXXVII. 4
(30)
Pour les analyses d'eaux ferrugineuses et pour des essais
de contrôle dans certains cas particuliers, comme celui d'eaux
colorées, on emploie le métaphénylène-diamine.
Préparation des réaclifs. — 1. Sohition de nitrite. — On
dissout
Nitrite argenlique Otr.406
dans de Teau distillée pure, en y ajoutant du chlorure sodique
pur et de l'eau pure jusqu'à 1,000 ce. On laisse déposer; on
décante 100 ce. du liquide surnageant et on les porte à
1,000 ce
La solution ainsi obtenue renferme 0^^,00001 d'acide azoteux
par 1 ce ^.
2. Solution amidonnée d'iodure de zinc. — On met
Chlorure de zinc 90 gr.
dans
Eîiu pure 400 ce.
On chauffe à l'ébullition, on y introduit progressivement et on
fait dissoudre
Amidon pulTérisé 4 gr.
délayés préalablement dans de l'eau froide. Au liquide refroidi
on ajoute
lodure de zinc . . . ' 2 gr.
Ou porte à 1,000 ce, et on filtre.
* Au lieu d'employer le nitrite argenlique pour la préparation de la solu-
tion titrée de nitrite, on peut aussi tirer parti du nitrile potassique impur do
commerce. On dissout :
Nitrite potassique du commerce 9S'.30
dans 1,000 ce. d>au, et on détermine le titre sur 10 ce, à Taide d^une solu-
tion de caméléon au Vim- On ajoute ensuite de l'eau jusqu^à ce que la liqueur
ne renferme plus que OS'yOOOOl (1 centième de milligramme) par 1 ce.
• Feldhausen et Kubel opèrent en présence de Tacide sulfurique dilué et à
froid, et emploient, pour mieux saisir la fln de la réaction, une solution titréf
normale au Vim de sel ferreux (5(',92 de sel de Mobr dans 1000 ce.)
(51 )
3. Acide. sulfarique. dilué, — On ajouté à
Acide sulfuriqae concentré \ partie
Eaa pure. . . • 3 —
Vérification des titres. — La solution de nitritc est vérifiée à
laide du caméléon au ^/^qq.
Quant à la liqueur amidonnée, elle ne doit pas bleuir lors-
qu'on y verse de Tacide sulfurique dilué après Tavoir addi-
tionnée de cinquante fois son volume d'eau pure.
Opération. — Dans un verre parfaitement incolore, étroit et
de forme cylindrique, on introduit 100 ce. d'eau. Le verre
doit être de capacité telle que l'eau y occupe une hauteur de
20 centimètres environ. On y ajoute 3 ce. de la solution iodo-
amidonnée et 1 ce d'acide sulfurique dilué; on mélange et
on obser\'e durant 5 à 10 minutes.
S'il se produit rapidement une teinte bleu-intense, on pra-
tique un ou deux nouveaux essais, en n'employant plus que
50, 28 et même 5 ce de l'eau à examiner, et en ajoutant de
l'eau pure pour compléter le volume de 100 ce
On fait en même temps plusieurs essais comparatifs avec la
solution de nitrite, dont on prend de 1 à 4 ce en les addi-
tionnant d'eau pure jusque 100 ce
On trouve rapidement, par comparaison, la proportion
d'acide azoteux contenue dans l'eau analysée.
Il importe que cette eau soit convenablement diluée, de façon
à ne renfermer que Op-,00001 à 0«^,00004 d'acide azoteux par
100 ce II faut aussi avoir soin d'opérer ù l'abri des rayons
solaires.
Observations. — On a reproché au procédé que nous venons
do décrire de donner lieu à la production d'iode libre, sous
faction du chlore résultant de la décomposition des chlorures
et nitrates contenus dans l'eau par l'acide sulfurique ajouté.
Nous avons opéré des centaines de fois en présence de chlo-
rures et.de nitrates et dans les conditions indiquées, et jamais
aucune trace.de coloration bleue ne s'est manifestée.
(52)
Un inconvénient réel du procédé, c'est que les composés
ferriques et Teau oxygénée y produisent le même effet qui*
Tacide azoteux; et leur élimination préalable, comme par
exemple celle du fer par Toxyde magnésique, compliquerait
trop le procédé.
Le métaphénylène-diamine annonce la présence de l'acide
azoteux par l'apparition d'une coloration qui varie du jaune au
rouge, suivant la proportion d'acide renfermé; et cette réac-
tion ne se manifeste pas en présence des composés du fer, ni
de l'eau oxygénée , ni de l'acide azotique.
On dissout 5 grammes du réactif dans 1,000 ce. d'eau puix%
on en ajoute 1 ce. à 100 ce de l'eau à examiner additionnel^
au préalable de 1 ce d'acide sulfurique dilué et Ton compare*
la teinte obtenue avec celle que donne la solution titrée de
nitrite. L'obtention de teintes rouges annonce une solution
trop concentrée; il vaut mieux opérer de façon à avoir des
teintes jaunâtres, en diluant la solution.
La dernière réaction de Griess, avec le diazobenzolamido-
naphtol, est par trop sensible; et les teintes rosées sont relati-
vement difficiles à distinguer.
Nous n'avons pas encore pu essayer la réaction indiquée par
M. Jorissen ^, à l'aide de la fuchsine.
Rappelons que l'acide azoteux s'ajoute à l'acide azotique
lors du dosage de ce dernier au moyen de l'indigo; comme
aussi aux matières organiques lorsque, dans le dosage au
moyen du caméléon , on verse le réactif avant de chauffer à
rébuUition.
Ammoniaque.
Parmi les nombreux procédés recommandés pour le dosage
de l'ammoniaque 2, nous nous sommes arrêté à celui de Fraiik-
land-Ârmstrong, essai colorimétriquc direct basé sur l'emploi
< Journal de pharmacie et de chimie, 1885.
« Voir Fleck, J, f. pract. Chem,, l. II, pp. 5, 263. — Miller, Zeitêchr. f.
anal. Chem., 186S, p. 459; et 1868, p. 478. — GhapmanD, loc, cif., etc.
(53)
(lu réactif de Nessier. L'eau est débarrassée au préalable des
métaux alcalino-terreux, lesquels précipiteraient ce réactif. On
juge de la proportion d'ammoniaque en comparant la nuance
de la teinte avec celle que donnent dans les mêmes conditions
des solutions titrées de sel ammonique.
Préparation des réactifs. — Toutes les solutions doivent être
faites avec de Teau purifiée par addition d'acide sulfurique
dilué et distillation.
1. Atnmofiiaque. — a. Solution concentrée : on dissout
Chlorure ammoDiqne séché à 40i>> C 3B'.i47
dans 1,000 ce. d'eau : 1 ce. renferme O^'ïOOI d'ammonia-
que (NH3).
b. Solution diluée : oO ce de la solution précédente sont
))ortés à 1,000 ce. : 1 ce renferme 0«',00005 (5 centièmes de
milligramme) d'ammoniaque.
2. Réactif de Nessier (selon Hadow, fortement alcalin). — On
dissout
Chlorure mercuriquc S5 gr.
dans 100 ce d'eau bouillante. La solution chaude est addi-
tionnée progressivement ù une autre solution également
chaude, faite de
lodare potassique 80 gr.
vi SO ce d'eaU, jusqu'à ce que le précipité ne disparaisse plus.
Ou filtre; on ajoute une solution de
Potasse caustique 150 gr.
dans 300 ce d'eau; on porte le tout à 1,000 ce ; enfin, on
ajoute encore 5 ce de la solution de chlorure mercurique,
on laisse déposer et on décante.
3. Solution sadique. — Elle consiste en un mélange de
Solution de carbonate sodiquc 1 vol.
— de soude caustique */« vol.
(o4)
Pour la solution de carbonate sodique, on prend
Carbonate sodique fraichemenl calciné i partie
Eau pure 2 —
On fait bouillir jusqu'à réduction au tiers; puis on i*amèue
au volume primitif en ajoutant de Teau pure.
Pour la solution de soude caustique, le meilleur mode de
préparation consiste à dissoudre dans
Eau pure, exempte d'ammoniaque 3 parties
Soude caustique pure, obtenue à l'aide du sodium. . i —
Si Ton voulait utiliser de la soude caustique ordinaire, il
faudrait la chauffer dans Fappareil distillatoire en verre,
jusqu'à ce que le produit distillé fût exempt d'ammoniaque.
Opération. — Dans un verre cylindrique bouché à Témeri
et gradué à 150 et 100 ce. par un trait, on introduit 150 c.v.
(le Teau à examiner. On y ajoute 2 ce. de solution sodique,
on secoue pendant quelques instants et on laisse déposer. On
décante, dans un vase cylindrique étroit en verre blanc, 100 ce.
du liquide clair; on l'additionne de 1 ce. de réactif Nessler
et on remue.
S'il se forme un précipité ou si la coloration produite est
rouge-brun, c'est qu'il y a relativement trop d'ammoniaqut* ;
il faudra alors faire un nouvel essai en diliiant une partie
de l'eau à examiner avec de l'eau pure exempte d'ammo-
niaque.
Entretemps on a mis dans plusieurs verres cylindriques,
identiques au premier, 100 ce d'eau pure. Dans l'un de ces
verres on verse 1 ce de solution ammoniacale diluée (à
5 centièmes de milligramme) et puis 2 ce de solution
Nessler, et l'on compare les teintes produites. Suivant le résul-
tat obtenu, on ajoute à un deuxième et puis à un troisième
verre des quantités plus ou moins grandes d'ammoniaque, de
facx)n à pouvoir déterminer à peu près exactement, par compa-
raison avec la teinte de l'eau analysée, la proportion d'ammo-
niaque y contenue.
( ^)
L'essai peut durer, en moyenne, 10 minutes, pendant les-
quelles la teinte ou nuance est assez stable. Pour bien dis-
tinguer cette dernière, on place les verres cylindriques sur du
papier blanc, et Ton regarde par en haut on de côté, suivant
l'habitude prise.
Observations. — Ce procédé colori métrique est aujourd'hui
généralement admis.
Certains chimistes font usage de colorimètres et d'autres
dispositions spéciales. Au laboratoire de l'Office impérial d'hy-
giène, à Berlin, on se sert de flacons-cylindres de Hehner,
dune capacité de 110 ce, gradués et munis d'un robinet à la
division de 30 ce. On prend deux de ces flacons et on les met
sur du papier blanc. Dans l'un on introduit 100 ce de l'eau
à analyser et l'on ajoute 3 ce de solution Nessler; dans
l'autre, qui doit faire office de « témoin », on verse 100 ce
de la solution ammoniacale (dont la teneur en ammoniaque
(*st connue) et ensuite 2 ce de la solution de Nessler. Après
10 à 15 minutes on observe, de haut en bas, si les teintes sont
égales; si elles ne le sont pas, on laisse écouler le liquide du
cylindre où la teinte est le plus accentuée, jusqu'à établir l'éga-
lité de teinte.
11 importe de prendre les précautions les plus minutieuses
à l'effet d'empêcher des eiTCurs pouvant résulter de la présence
dans les réactifs, et même dans l'air ambiant, d'ammoniaque
ou encore d'hydrogène sulfuré.
Les alcalino-terreux et le fer doivent être éliminés de l'eau
à analyser. Après les avoir précipités, on peut les séparer par
filtration ; mais nous préférons la décantation, comme permet-
tant mieux l'exclusion de l'ammoniaque de l'atmosphère du
laboratoire. Le fer surtout peut, par la coloration qu'il donne,
occasionner des erreurs.
Les sulfures et les bicarbonates doivent également être
exclus.
(86)
Olilore.
Nous suivons, pour le dosage du chlore, le procédé volume-
trique de Gay-Lussac basé sur remploi de la solution de nitrate
argentique au ^/^q
Nitrate argenlique 47 gr.
Eau pure iOOO c. c.
et de celle de chromate bipotassique. M. Ë. Sell a démontre
que ce procédé, quoique donnant des résultats un peu trop
forts, est préférable à celui de Vollhard (au sulfocyanure), dont
les résultats sont absolument trop faibles avec des solutions
diluées, et qui exigerait, par conséquent, une concentration
préalable.
Dans un ballon on verse 50 ce. de Peau à examiner, puis
3 à 5 gouttes de la solution saturée de chromate, en remuant.
On ajoute ensuite peu ù peu le nitrate argentique dont 1 ce.
correspond à 0«»',00355 de chlore. Il suffira donc de multiplier
par 0,071 le nombre de centimètres cubes de solution argen-
tique employés, pour avoir en grammes la quantité de chlore
renfermée dans 1 litre d'eau ; ou de multiplier ce nombre par
0,H7, pour avoir la teneur en chlorure sodique.
Il importe que le chromate potassique soit bien exempt de
chlore.
Acide Hulfurlque.
On le dose suivant la méthode par pesées, ou d'après le pro-
cédé volumétrique de Wildenstein.
Souvent nous nous bornons à comparer l'intensité du préci-
pité produit par le chlorure barytique, avec celle du précipité
que donne dans les mêmes conditions de l'eau acidulée d'une
quantité connue d'acide sulfurique.
On opère sur 100 à 300 ce d'eau.
(87)
Hydro^^ne sulfuré»
métaux alcalins et aloallno-terreux, §;aE» etc.
On emploie, pour leur détermination, les procédés ordi-
naires de l'analyse.
I>ureté totale et dureté persistante.
Nous avons suivi la méthode de Boutron et Boudet.
B. ANALYSE MICROSCOPIQUE.
L^analyse microscopique permet, comme nous Pavons dit
précédemment (page iS), de constater directement dans une
eau la présence ou Tabsence de micro-organismes divers.
A la suite de nombreuses recherches microscopiques com-
binées avec des essais de culture ^, on en est arrivé à recon-
naître qu'en général les bactéries-types de la putréfaction, et
en particulier les bactéries schizomicètes, sont les seules qui,
au point de vue de la salubrité des eaux, méritent d'occuper
Tattention, les nombreuses distinctions el subdivisions établies
par Cohn perdant ainsi la valeur qu'on leur avait attribuée
d'abord; et encore faut-il, pour qu'elles puissent constituer un
indice sérieux de la mauvaise qualité d'une eau, que ces bacté-
ries s'y rencontrent en quantité considérable, les eaux de
sources les plus pures pouvant en renfermer une petite quan-
tité, ou au moins des spores ou germes susceptibles de se
développer.
Les eaux renfermant un nombre considérable de bactéries
de la putréfaction sont malsaines et dangereuses, pour les rai-
sons ci-après :
!• L'expérience a prouvé que leur usage provoque directe-
ment des troubles dans l'organisme;
I Voir Flâgge, Hygienische Untersuchungimelhoden, Leipzig, 1881. —
i. Fodor, Hygienische Untersuchungsmethoden , 1882. — Kais. Gesond-
heitsMut Berlin. ~ Cohn, Uniersuehungefi Uber Bactérien. — Miquel, Afér
or^etniemee vifMMie de ^atmosphère, Paris, Gaathier-Vftlars, 1883.
(58)
2° Les germes pathogènes spécifiques, d'après toutes les
observations faites jusqu'ici, se conservent et se développent
dans un milieu identique ou au moins très semblable à celui
qui est exigé par les bactéries de la putréfaction ; de sorte que
des germes spécifiques pourraient en réalité se trouver parmi
les bactéries observées, ou du moins s'ils y arrivaient à un
moment donné du dehors, ils s'y conserveraient et s'y multi-
plieraient ;
3*^ Il est à craindre que des germes spécifiques puissent
ainsi à certain moment arriver dans une eau qui contient des
bactéries ordinaires de la putréfaction des matières animales :
en effet, les germes spécifiques, notamment pour le choléra et
le typhus, se rencontrent surtout dans les déjections, et cellesrci
sont également la source ordinaire des matières organiques
animales en putréfaction que renferment les eaux de puits.
La présence d'infusoires ou saprophytes (amoèbes, monadesj
en grand nombre, rend aussi une eau mauvaise ou au moins
de qualité fort douteuse. Ces micro-organismes ne paraissent
pas aussi intimement liés à la putréfaction que les bactéries;
mais ils exigent toujours, pour pouvoir se développer, la pré-
sence de matières organiques en décomposition.
Une eau doit encore être regardée comme mauvaise ou dan-
gereuse, bien que ne paraissant pas à l'état naturel renfermer
de fortes quantités des microphytes indiqués plus haut, lorsque,
après l'avoir soumise à la culture, on y constate au microscope
le développement de bactéries, et, d'après Fodor, plus spécia-
lement de desmobactéries. La culture préalable a pour effet
d'isoler et de concentrer les diverses espèces de micro-orga-
nismes, de façon à permettre de les distinguer plus facilement
au microscope.
Quant aux germes pathogènes spécifiques, on n'est pas
encore parvenu à pouvoir les reconnaître avec certitude à leur
forme seule. Il est nécessaire, après les avoir isolés et con-
centrés par la culture, de les soumettre à rexpérimentation
physiologique; et encore les expériences physiologiques que
( ^i9 )
Ton a faites jusqu'ici avec les eaux riches en bactéries, et même
avec leurs produits de culture où abondent les desmobactéries
et autres espèces, n'ont-elles pas abouti à des résultats permet-
tant de conclure qu'il y eût parmi ces micro-organismes des
bactéries pathogènes spécifiques. Plusieurs fois déjà ^ on a
signalé la bactérie spécifique du typhus; et, tout dernièrement,
Gautrelet^ a donné le nom de Stereogoiia tetrasUnna à celle
qu'il a rencontrée dans une eau à côté de la stéréobiline et de
Turobiline (matières fécales) et qu'il suppose être en rapport
avec le microbe typhique, mais ce sont encore des. cas isolés.
Tout ce que, jusqu'à l'heure qu'il est, le microscope peut
donc nous apprendre directement de plus précieux, c'est la
présence dans l'eau, en quantité plus ou moins grande, des
bactéries de la putréfaction des matières animales.
Nous avons vu aussi, et les recherches de Fodor jointes à
«'^•lles de rOflîce impérial d'hygiène de Berlin mettent cette
mrrélation hors de doute, que la présence dans une eau d'une
quantité plus ou moins grande de bactéries et notamment de
Itactéries de la putréfaction, présence constatée au microscope,
va de pair avec celle d'une proportion plus ou moins forte,
i-évélée par l'analyse, de matières organiques très oxydables
matières d'origine animale), d'ammoniaque et d'acide azoteux,
comme aussi, mais moins régulièrement, d'acide azotique.
En soumettant à la culture dans une solution de gélatine
stérilisée un grand nombre d'eaux recueillies dans la ville
de Pesth au moment où sévissaient des maladies infectieuses,
Fodor a trouvé que les rapports établis par l'analyse chimique
t'ntre la mortalité et la mauvaise qualité des eaux étaient pleine-
ment confirmés par l'observation microscopique. Dans toutes
les eaux fortement chargées d'ammoniaque et de matières orga-
niques et provenant de maisons infectées, les bactéries s'étaient
développées abondamment, surtout les desmobactéries; dans
«îlles qui avaient été reconnues bonnes, les bactéries étaient
* Voir BnDtlecbt déjk cité.
* Acad. de m^d. de Paris, jsdv. 1884.
(60)
au contraire fort rares. Sur 248 eaux soumises à la culture, il
n'y en a eu que 4 estimées mauvaises d'après l'analyse chimique
qui n'aient pas donné lieu au développement des bactéries.
Le microscope peut donc, dans certains cas, fournir des
indications générales analogues à celles que donne l'analyse
chimique. Mais dans le cas d'une très petite quantité de sporn»
de bactéries découverts au microscope, il reste à savoir si, à
côté de ces spores, l'eau renferme des matières putrescibles qui
permettront leur développement, ou si ces quelques bactéries
constituent les derniers vestiges d'une vie active qui a con-
sommé les matières putrescibles, dont il ne resterait plus alors
dans l'eau que les acides de l'azote, du soufre et du carbone.
Or, le microscope est impuissant à fournir ces renseignements,
qui sont du domaine de l'analyse chimique et qui offrent le
plus grand intérêt. Rappelons en outre que les procédés de
l'analyse chimique, même quantitative, sont plus expéditifis que
ceux de l'anaylsc microscopique, avec ses essais de culture
et ses observations multiples suivies d'expériences physiolo-
giques. Bref, l'analyse chimique aura le pas sur l'analyse
microscopique jusqu'au moment où l'usage du microscope,
seul ou aidé de l'application des procédés de culture ration-
nelle, permettra de reconnaître directement les divers germes
pathogènes spécifiques.
Un grand avenir nous parait du reste réservé à la méthode
microscopique d'investigation. Déjà elle acquiert de jour en
jour plus d'importance, en s'adaptant l'usage de divers réactifs
(acide osmique, chlorure de palladium , tannin) et les procédés
si pratiques de culture préalable imaginés récemment par le
IKKoch, de Berlin.
Ces procédés nouveaux, qui, nous l'espérons, contribueront
l>eaucoup aux progrès de l'analyse microscopique, consistent à
remplacer pour la culture les terrains nourriciers liquides par
des terrains solides sur lesquels les divers micro-organismes
ne se confondent pas si facilement; on peut ainsi obtenir la
séparation de ces derniers les uns des autres et leur isolement
))resque complet, par des cultures successives; et toutes les
(61)
opérations deviennent par là plus faciles et plus rapides. Ces
procédés s'appliquent à l'analyse de Faîr, du sous-sol et do
Teau. Pour Tair; on emploie spécialement des tranches stéri-
lisées de pommes de terre. Pour le sous-sol et pour l'eau, on
tait usagede plaques de gélatine stérilisées, liquéfiables à 30» C,
renfermant les sels nécessaires à la nutrition et additionnées,
par exemple, d'un infusé de viande pour la culture plus spé-
ciale des bactéries de la putréfaction et des bactéries patho-
gènes. Ces additions de substances nourricières spéciales doi-
vent varier suivant les circonstances. Sur ces plaques de
gélatine contaminées et finalement couvertes de colonies sépa-
rées des divers micro-organismes, il devient possible d'estimer
assez approximativement le nombre de ceux-ci, d'après l'es-
pace qu'ils y occupent. Nous devons dire toutefois que, malgré
le grand nombre de recherches bactérioscopiques effectuées
déjà d*après cette méthode dans les laboratoires de l'Office
d'hygiène de l'Empire allemand sur l'air, le sous-sol et l'eau,
on n'y a pas encore pu découvrir jusqu'ici une bactérie patho-
gène spécifique.
L'analyse microscopique ainsi entendue, et la seule qui
puisse conduire à des résultats sérieux, exige des connais-
sances et une habitude du microscope toutes spéciales, et à
dé&ut desquelles les observations sont peu fructueuses : c'est
«•e que nous avons eu l'occasion de reconnaître personnelle-
ment.
Les résultats que nous donnons plus loin ont été obtenus
selon les procédés anciens en opérant tantôt sur une goutte
d'eau concentrée sur l'objectif placé sous exsiccateur, tantôt
sur 1 ce. d'eau mise à évaporer sur l'objectif dans un bout de
tube en verre fixé avec de la paraffine et retiré ensuite, ou sur
le dépôt laissé par l'eau, ou encore et en même temps sur la
pellicule qui se forme lorsqu'on laisse l'eau dans un ballon
plein et bouché avec de l'ouate.
Le grossissement employé a varié de 300 à 800 fois.
(62)
III.
KÉSILTATS D'ANALYSES
d'eai'x alimentaires de diverses localités de la Belgique
et spécialement de la ville de louvain.
Nous nous sommes occupé depuis plusieurs années d'ana-
lyses d'eaux provenant de diverses localités et spécialement de
la ville de Louvain : eaux de puits ordinaires, eaux de puits
artésiens, eaux de sources et eaux courantes.
Les résultats de ces analyses ont donc été obtenus en suivant
les méthodes que nous venons d'indiquer. Nous les groupons
ci-après dans une série de tableaux ; et chacun de ces tabl^ux
fait l'objet d'une discussion qui conduit à l'appréciation des
qualités des diverses eaux.
Afin de fournir des points de comparaison, nous y avons
intercalé quelques analyses faites par d'autres chimistes.
Nous attirons tout particulièrement l'attention sur les n^
centes publications de M. Th. Verstraeten^, où l'on trouvera
des renseignements précieux sur l'ensemble des eaux du pays.
Faisons obsener que les teneurs en matières organiques
indiquées dans nos tableaux sont purement conventionnelles :
elles ont été calculées, selon Wood, en multipliant par 5 les
quantités de caméléon employées pour l'oxydation.
Les résidus d'évaporation ont été obtenus à la température
de 440«.
Nous avons examiné au microscope un très grand nombn'
d'échantillons d'eau. Mais ces observations ne nous ayant le
plus souvent rien appris de bien particulier, nous n'en avons
inscrit qu'un petit nombre dans nos tableaux. En général, on
* Ville de Bruxelles j Les eaux alimentaires de Belgique, par Théodore
Verstraelen, iiigéDieur, chef du service des eaux; \^ partie : la surface, les
terrains, le climal; 2' partie : hydrologie. — Bruxelles, 1883. - 2 fasc. in-8».
(63)
rencontre un grand nombre de micro-organismes dans les eaux
qui renferment de l'ammoniaque et de Facide azoteux, souvent
aussi, mais moins régulièrement, dans celles qui contiennent
beaucoup d'acide azotique.
I. Eaux de puits ordinaires de la ville de Louvain.
Dans le tableau 1 ci-après sont consignés les résultats des
analyses que nous avons faites des eaux de puits ordinaires de
la ville de Louvain.
Nous avons marqué d'un astérisque (*) les puits qui se trou-
vaient dans une situation exceptionnelle, où la qualité de l'eau
était influencée d'une façon notoire par des circonstances acci-
dentelles, passagères ou extraordinaires. Ces circonstances sont
renseignées à la colonne « Remarques diverses ».
Pour les puits dont les eaux ont été examinées à plusieurs
époques différentes, nous avons choisi pour l'inscrire dans
notre tableau général la composition à la date la plus récente,
sauf dans les cas où cette composition différait considérable-
ment de celles qui avaient été trouvées antérieurement : nous
avons pris alors l'analyse représentant le mieux la moyenne
des résultats obtenus aux diverses époques. Les autres ana-
lyses font l'objet d'un tableau spécial ou annexe au tableau 1.
Nous ferons, dans nos tableaux, usage des abréviations
suivantes :
Ac Acide
Ass. . . . Assez
Bcp Beaucoup
Diffic. . . Difficilement
Facil. . . . Facilement
Fus. . . . Fusible
Hat Matières
Moj*. . . . Moyennement
Not NoUble
Od Odeur
p puits
PI Place
priv. .... privé
publ public
Qqs Quelques
R Rue
Sav Saveur
V Voir
Vap Vapeurs
Variât Variations.
Les lettres a, h, c, etc., correspondent à des maisons privées que nous croyons ne
pas devoir désigner ici d*ane manière plus précise.
A propos des puits de Louvain, nous distinguons entre la partie Sud- Est de la
ville (jusqu'au Vieux-Marché et la R. des Vaches inclusivement), le Centre (partie
basse} et la partie Nord-Ouest. — Voir le chapitre IV et notre carte de Louvain.
(64)
1. — Eaux it pHiU oHii
PROVRNASCK.
CARACTI»ES
phjniqnc*
el
organolcpii^Mi.
DURETÉ
ti:!iei:r(ei <
ilqaé.
Acide
•aatciis.
laill %6ùin\tmt»{ idais. . .
A. S.-E. de ta ville.
♦Contre le cimetière, p. priv.
PI. de Liège, p. pubi
R. des Bourgmestres, p. publ.
R. des Bourgmestres (R. de
Tirlomont), p. publ.
R.deTirlemont,p.pnbl.n«3l
R. Marie-Thérèse, p. publ. .
♦R. des Bogards, p. priv. a. .
— - b, .
♦R. des Joyeuses- Entrées,
p. priv. a.
— b.
R. de Tirlemont (R. Vle-
minckx), p. publ. n« iâ.
R. de Tirlemont, p. priv. . .
R. des Corbeaux, p. publ. .
R. Vleniinckx , p. publ. n« 18.
— p. priv
R. des Prélats, p. priv. . . .
Juill.i873 TrouWe.Bouir.de.
odesr de motsi.
Dec. i883
Sept. 1871 Trooble,ioc. bruns,
'^ ||oftinlia,ii»iiTaif.
Fév. 48721
Dec. 4883:
Juin. 1878! Q<|S nec beo goût
Mars 1878i"".p«» »•»«;*»«• p"
(l'odcuT ni lie M-
Juin. 1881
Avril 1877
cil Ire.tranMM renir,
pis de dépôt.
Mai 1880 '^,",p;Ï>Î-»'-?JÎ''
Juin. im\
Dec. 188:^
Juin. 1881
JuUI. 1873
Sept. 1871
Avril 1871
Juin 1880
Peu de Mveur.
Claire, utna d<.'pdt.
Peu de dépôt.
53»
56
49
57
62
67
72
76
43
68
56
80
104
61
38
18
:«
52
54
36
68
37
0.017
0390
0.S40
0.337
0.415
0.280
0.300
0.250
0.600
0.435
0.250
0.495
0.465
0.480
0.200
Traces.
0
0
0
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0
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0
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25
0.477 Tnct*
Tr»n. I
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Il I
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(» I
u I
(«) Observations MiCROSCOPiQrEs. - N^ 8. Bactéries fort développées. | No 40. Débris végéUav
( 6S)
Ja Tille de Louvain.
1 LITRE}.
CARACTÈRES DU RÉSIDU D'ÉVAPORATION SÉCHÉ A iiO«.
Qaaniitë
If-
nu
Aspeet.
delà
lelaatloa.
CompoHltlo
REMARQUES
diverses.
I
0 0
. . , 0.065
I
0 0.655
. . I 0045
0 0.047
U 0.09S
. . 0,170
. . 0.280
i
. . 0.060
. . 0.040
. . 0.038
. . 0.6i5
. . 0.QSO
. . 0.080
. 0.085
. . 0045
0.840
1.270
1.480
1,880
1.800
1.045
1.900
1.450
S.550
1.610
1.240
1020
3.090
1.320
0J20
0.780
Jaooe, hygroM.
Blanc.
BycTose.
Roireit à peine,
pat d*odeur.
Hjgraw.
Jannàire.
Jaune, hygreee.
Jaone.
!lolrrit, odear
nllreuse.
Pose et fond; odear
organique et ni-
trente.
Jaune, hygroac.
Jaune, »ee.
Pag liygroM,
Brunit diffleilem*,
pult blanchit,
forte odeur anim.
Noircit et blanchit
lentement.
Bcp K et PgOs; ass. Na et SiO^;
pas Mn.
BcpSiOsjpeuPsOs.
Pa«5 Mn.
Terrain Mnitll^f par!
lesmatléies ani-
malea.
V. variât, subies.
BcpK;SiO,;pasP,05.
Ass. SiO«; PaOs; Mn.
CaO = 0,070.
SiOa; ^t%l K; pas Mn.
V. \arial. subies.
Id.
Vtflsin«* de batistes
réceatfs, cuisine,
latrines.
Contact de lieux.
elc.
V.0bs.micTOte.(<}
Bâtisses.
V.Obs.microacO)
Conilructions.
V. variât, subies.
Id.
K , Na, Ca; peu P^Os ; pas Mn.
Bcp Na, Ca. P^Os; moy* K;
traces Mn.
Bcp Na , PaOg; moy» K ; pas Mn,
AinpigQooa, qqs. bactéries sans mouvement, infusoire, monades.
foME XXXVIl.
(m)
1. — Eaux de puiU ordinaires
PROVENANCE.
CARACTERES
physiques
organolepliquM.
DURETÉ
TENEUR (EK r.RAMS|
Itqu
aiiiqoe. ,
HAIIIA griéraleaeit adais. . .
A. S.-E. de la ville (suite..
\H R.deIVrk.p publ. n'25. .
iH R. (le Namur, p. publ. n« 49.
20 PI. do riniversilé. p. publ. .
î2l ♦ — p. pnv, .
2!2 R. (le Tirlemont (R. de la
Monnaie), p. publ. n« !%.
!23 PI. du Peuple, p. publ. . . .
24 R. de Marengo, p priv. . . .
2o ♦R. de la Stalion, p. priv. a. .
2H ♦ - — ^. .
27 ♦ - — c. .
28 - -. fl. .
29 - - e. .
:^0 R. de Savoie iR. de Tirle-
niont\ p. publ.
'M ♦R. du Chêne, p. publ
«12 R. de la Monii., p. publ. no23.
ÎW S*-Quentin, p. publ. n» 46. .
34 R. de Namur, près des Halles,
îtô R. des Corde.s, p. publ. . . .
IW R. desl»ouleis, p. publ. n»35.
Dec. 188:{
Dec. 188:^
Juin. 1883
Mai 4876
Dec. 188:t
Dec. 1888
Sept. 4871
Aoùl mi
Sept. i87i
Fév. i87i
Mars 1878
Août 4878
Juin. 1871
Dec. 4883
Août 4874
Août 4878
Mars 1878
Sept. 4871
Juin. 4873
68
48
46
cuire. Mns d^}«Ai.
Claire, dépAt blanc
utên abondant,
bon goôt.
aaire, dëpAt blane,
goût iBlin.
Un peu opaline,
inodore, saveur
d'eau de pluir
Saveur talée faible.
58
68
60
91
51
6i
46
80
50
52
24
45
40
38
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44
0.027
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0.427
0.108
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OMS
0.740
0.960
0.206
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0.296
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0
Claire, dëpAl blanc,
goût de moisi,
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O.OOIO
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(67 )
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I litre;.
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0.035
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0.030
0.565
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CARACTÈRES DU RÉSIDU D'ÉVAPORATION SÉCHÉ A ii0*>.
Q<iaatlt«
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par i lit.
0i»30
O.090
0.500
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1540
13i5
4.100
3.450
3,150
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1.355
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HjrfroM.
Uygrese.
KCeCa
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e«lela«tloa<
Perle de poidi
■le de poid
Perte de poidt :
= .JW.
Fond, vap. ruiil.,
Jauiiii,aolreUpeu.
PerU de poidt :
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Compoaltloa.
CaO== 0,627; Bcp K, Na;
PjOs, Mn.
Id.
REMARQUES
diverse*.
V. variât, subie*.
Id.
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Vaisiitace d'Hoe
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V. variât, subies,
Id.
Id.
rHAlissccdëblayagc
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Terrain noo habi*
1^, mais cultivé.
V. variât, subies.
0J05O
O.0BO
0.080
3.860
1.250
Voisiiiace d'uoe
saline. i
V. variât, subies.
V. variât, sables.
Jaune, hygrosc.
Fuse et noircit.
K, Na, PoOs; peu SiOa;
traces mn; pas Fe.
0.055
0.085
1.305
1.540
Jaune, iijrgrose.
Uygrose.
Noircit peu.
Bcp SiOa» P.Os, Fe; Ca, Na, K ;
Moy< Mn.
Bcp K,Na; ass. PjOg ; IraccsMn.
(68)
I. — Eaux de piiiU «aidiBaîra
û
l
PROVENANCE.
DATE.
CARACTÈRES
physiques
DURETÉ
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HAIIIA céoénIeBeil idais. . .
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A. S.-E. de la ville (suite;.
37
PI. Marguerite, p. publ. . . .
Juill. i873
57
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0.440
0
0
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38
R. de Diest, p. publ
Sept. i871
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0.400
0
Trace*.
O.U
39
R. de la Cuiller, p. publ. . .
Sept. i871
aaire, dépôt blsae,
goûtfilde.
76
51
0.390
0
0
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40
♦R. S^-Marlin, p. priv
Sept. 4871
OépAt jSOD., fOÙt
H le.
65
37
0.880
0.0002
o.oaio
o..vr
41
R. des Vaches, p. priv. a. . .
Mai 1883
76
61
0.228
0
Traces.
0.19
42
4;^
- - 6. . .
Mai i883
Dec. 1883
0
0
0
0
64
0.420
0.17.
44
♦Vieux-Marché, p. publ. n» ;n.
Dec. 1883
59
0.ai2
Traect.
Traces.
0.1T
45
- - n«38.
». Centre [partie basse).
Dec. 1883
40
0.180
Traces
dout.
0
O.iJfb
46
R. de Paris, p. priv
PI. S»-Anioinc. p. publ. , . .
Août 1873
35
8
47
Oct. 1880
Aspect normal,
(oùt fadr.
56
0.l6:i
0
Traces.
48
R. des Moutons, p. priv. . .
Oct. 1880
65
a350
0
Tracrs.
l«*
49
♦R. des Récollets, p. priv. a. .
Fév. 1860
d'arloe, saveur
d'eaa de plaie.
11
50
- — b. .
Août 1878
Claire, iood.. bon
goût.
54
0.100
0.0003
Traees.
o.ia
5i
- - c. .
1880
9
(ssm
0
0
. .
52
R. Nolre-Dauie, p. priv. , .
Mai 1883
OépAt as*, ahood'
d oxyd. ferrique.
36
32
0.020
0
Traees
insigaif.
iuïît
53
Marché au Poisson, p. publ.
Juill. 188:^
ai
19
0.046
0
0
O.tisr:
o\
R. de la Laie, p. priv. a. . .
Août 1871
Claire, flocons co-
lorés , inod., bon
goût.
3i
0.180
0
Trtaet.
osc\:
(69)
ie ia ville de Leuvain (suite).
s 1 UTKE).
ri^oc.
Matières
orga
nl^vcs.
CARACTÈBES DU RÉSIDU D'ÉVAPORATION SÉCHÉ A iiO>.
Q«aaUt4
eofT.
par 1 lit
BIfeM
de la
calelMitlo
REMARQUES
diverse*.
brra
um
0.080
0.095
ai9o
a065
0.032
0.040
0.039
0.185
0.060
0.025
0.040
0.045
0.S0O
i.900
4.490
1.905
S.780
i.6i5
â.230
i.800
i.450
0.960
4.155
â.140
0.e70
1.000
0.500
0.525
0.710
0.630
Hygrose.
Jaunâtre,
lijrgroee.
niane, bygrose,
JannAlrr,
iréft hyfTBM
Jaune, hygrose
Hygroac.
Jaunit un peu.
Jaunit et noircit
rorleoicnt,
blanahit vite.
Odeur forte, ni-
ireuM, noircit peu.
Nolreit peu, fuse,
étincelle, blan-
chli; éd. nitr.
Perte de polde :
=0,t&0.
Perte de poide :
ficp K, Na; ass. P^Os;
traces Fe; pas Mn.
Ass. Mn; traces K; pas P,Os.
Fend, noircit peu
od. niireuae.
Noireii, blaDchlt
aM«i Tlte.
Uanehlt rapblen*;
rorte od. empy-
rcu ma tique.
DIanebit rapldem*
forte od. empy-
reumalique.
Perle do poida :
= 0.100.
Xoireit fortemeni,
puis bUncbit;
od. nltreuse.
Devient .
brun-noir. Perle
de poids: =0^060.
BcpNa; KjCa^P^OB; un peu Mu,
SiO, au CaS04; nioyi P^Os
et Mn; traces ïe.
Pas de Pb.
K, Na, SiOj, Fe.
V. variât, subies.
Slnflllrat. de foase.
Rëaetlon un peu
alcaline; cas de
dyssenterie dans
ta maison.
Ass. de Fe.
V. variai, aubiea.
(70)
I. — Eaux de puits •rdinaîret
PKOVKXAXCK.
DATE.
CARACTÈRES
phytiqaet
et
organoieptiqaes.
DURETÉ
TAHTB.
TENEUR (EN CBAUf
Aeide
■lo-
li<10«.
Aride
■loteus.
Ammo-
afaqsc.
■ .S5
I
m
I
1
67
: •*
59
; 60
,61
' 62
63
' I
64
65
; 67
68
69
70
74
lilllA i^i^rAleieit tirnh.
». Centre 'partie basse) (suite)
R. de 1.1 Laie, p. priv. b, . .
— - d. . .
— -./...
— p.publ. . . .
R. de Malines, p. priv. a. . .
— — b. . .
R. des Pénitentes, p. publ. .
R. de la Fontaine, p. publ. .
R. de Bruxelles, p. priv. . .
Voer des Capucins, p. publ.
C. Partie Nord-Ouest.
R. des Chevaliers, p. publ. .
R. du Souci, p. publ
R. des Dominicains irlandais,
p. publ. n» 67,
R. des Nains, p. publ
R. de Tervuercn, p. publ. . .
Sept. 1871
Sept. 1871
Dec. 1879
Dec. 1879
Dec. 1879
1875
Juin. 1878
Juin. 1881
1873
Août 1871
Mai 1883
Juin. 1883
Sept. 1871
Sept. 1871
Sept. 1871
Sept. 1871
Sept. 1871
TrooMt, dépôt
brun-clair, Mr.
fcrrug.
0.027
0.048
0.005
O.Oà
osai
Teinte jaanètre,
flocons blnnef,
bon |oAt.
Verie. un peu
mol lie.
44
15
Gros flocont Vruni,
od. pt goût de
moiti
Loucbe.
Cleirr, mv. nor-
■lale.
Ctatre, léger dépôt
blanc, Inod., bon
goût.
TroDblr, mauvais
goût.
45
15
0.225
o.(m
0.023
0.018
0.130
0.268
0.308
0.112
0.092
0
0
0
0
0
0.0002
0
Trtees.
0
0
0.CO19
0
0
0.0(M2
0.0011
0
0
0
i»,uT
0.1!9
0.0!«
0.1 1:
Ojâl*
0.091
0.04Î
( 71)
If la Tille de Louvain {suite).
i { LITRE).
CARACTÈRES DU RÉSIDU DÉVAPORATION SÉCHÉ A iiO*.
|U«
BjJf-.
MaiMm
Qaaatité
■«ecs
REMARQUES
Nl>
gtwt
•ffa-
Mfr.
.%ap««t.
delà
Coaaponttloa.
dlTerte*.
r^•e.
ultnim
•hiit..
pari lit.
caleiMitloa.
MQO
0
ooso
0.SO0
0.090
0.380
Blanc.
noirell peu et
blanchit aM. vile.
BopMn, Fe; rnoy» P4O5, Na, K.
fen. ■ . •
0.06O
0.060
0.(H0
0.020
0.3S0
0.550
0.450
0.660
LW4 1 . . .
Lfrii
ia;>
....
Noircit.
Moy» K, Na; bcp P^Ob;
traces Fe; pas Mn.
1
liwa'...
0.433
0.070
0.034
0.540
IMR. ...
0.595
Perte de pold* :
= 0,100.
ht. ...
oo:w
0,410
Perte de poids :
V. rariat. subiefl.
• r-
0.0U5
0.065
0035
0.840
Jaanc* bygroM
Jloireit an peu,
blanchit vite.
BcpSiO,,K,Na;pasPjOs;
pas Mn.
1
0.055
0.030
1
0.840
Jaune, hyfroac.
Noircit et blanchit
animale.
Bcp PjOs; Na, K, Ca; pas Mn.
Annexe.
( 72)
Eaux de piiiU ordinaires de la ?iHe de LMiraii
PROVENANCE.
UATK.
DURETÉ
TENEUR (ER GRAVI
ll^lM.
Aride
■Mieux.
nia^ttc.
làUlà géiéraleaeit idais .
PI. de Liège, p. publ.
Janv.i872
Aoûl 4878
Fév. 1884
Dec. 1883
320
128
R. de Tirieuiont, p. publ. n» 81.
R. Marie-Thérèse, p. publ.
12
13
R. de Tirlemont (R. Vleminckx , p. publ. '
n» 12.
R. de Tirlemont, p. priv.
S6
67
80
72
78
78
80
92
90
120
98
0.027
0.i75
0
0.0010
:^o«
29
0.240
O.Ϋ7
0.415
0.280
0.488
O.S0O
0.288
0.495
0.500
0.450
1.217
0.740
Traces.
0
0
0
Traeea
daul.
0
0
0
0
0
o
Traces.
U.OO0O5
O
0
0
0
«.n
o.ai
o.n
0^
oi;
0.2S
O.ïî
QSt
038
0.%
0.42
0.49
{ 73)
lées à plusieurs époques difl'érenles.
Annexe.
ITRE .
CARACTÈRES DU RÉSIDU DÉVAPORATION SÉCHÉ A 4iO«.
REMARQUES
diverMt.
Bydro-
Matiér»
ilvmmtHé
••«r
par 1 lU.
A»pMt.
KWtrn
de la
0
0
04150
0.655
0030
0.5*7
O.Û05
0.040
0.048
0.048
a063
0.0SO
0.0S0
0.080
0.500
«.000
2.130
1.270
2.S80
1800
4.04li
o.8:«
1282
2.160
2.160
2.020
HygroM.
lafus..ooireiif«i,
btaacbit.peud'od.
Bcp PjOs ; peu Na, Ca ; pas Nn.
... 1
0
Rlane.
Peu fus., Dc brtle
pa», aoircit peu,
peu oduraot.
0
Bcp SiOa; pas P^Os.
d'urloet (?).
0
0
HypoM.
BcpSi0a.K;pasp405.
0
0
f.olor«.
Fand, M bounou-
Bcp PjOs; ass. SiOj.
Perte de Midt :
1
ioaitratlan direete
d'urioea.
ruiis abandonné '
^epuU lonilemp»,
reccTinl proba- |
bicmeni des caax
ménsfèiet.
Aprèi aëcheretse.
après pluies. '
Pttltt reaU en
service. j
i
0
0
2.415
2.555
4.970
2.615
Jaane, bygroac.
Id.
Un peu fusible,
un peu od.
Id.
BcpK^P^Os; SiO«; traces Mn.
Bcp P^Os; SiO,; |)eu K;
traces Mn.
0
i)
%«ant le* pluies. ■
Annexée.
(74)
Eaiix de |iiii(8 ordinaires de U ville de Lu
1 K
PROVKNANCK.
DATE.
DURETÉ
TEXfEUR EU a
T«TALS.
riMis-
TASTl.
Addc
tiqoe.
AeMc
•aoieos
D-q.*.
lilllA grnrrilenenl «dmis
320
0.027
0
1
0
Août 1879
m
150
. . .
0
u
Fév. i880
Tr««es
u
Juin 1880
1.06â
0
û
. ^•»
R. i\e Tirlemont, p. priv. luUe) i
Fév. 1881
0.400
0
Tr«»^ 1
Juin. 188i
104
68
0.465
0
M 1
!
Mai 1883
104
64
0.660
0
•»
j
Juin. 1883
104
64
0.648
Traces.
U
. 18
R. do IVrk, p. publ. n" 2?>
Août 1873
4â
;)6
0.440
0
ti 1
Dec. 188;^
68
0.385
0
Tf««J
i
Sept. 1871
36
13
0.220
0
U 1
' 19
R. do Namur, p. publ. n» i9
Mars 1878
59
0
oi.
Dec. 188:^
48
0.127
0
20
IM. do l'Université, p. publ
. . 1869
Mars 1870
Août 1871
{
44
0.150
0
« \
Mars 1873
36
16
0116
0
Avrn 1876
Nov. 1876
1
48
! »
î
( 73)
MM à plnskurs époques dîflei'ciifeB (suite).
AuucYC.
ITRE .
CARACTÉKES DU RÉSIDU DÉVAPORATION SÉCHÉ A ilO».
REMAItQUKS
divcran.
Iblkrc*
oiqoc*.
ea ir.
pu- 1 lit.
Aapeet.
deU
ealelMailoM.
0
0
0.060
osoo
a640
1
0
0
0
• • •
0.050
0.060
0.060
0.0BO
0035
0055
3.090
3.3J5
3.325
i.370
^.590
Jannitrr,
hygrote.
Jaonr.
Fond, bUneh., fai-
ble od. earaacl.
= 0,700.
Xoircil. puis blan
SiOa = 0,038; CaO = 0,515;
MgO - 0,065.
Bcp Na, K, Ca: ass. SiO^, Mn,
(1
P4O5; pas Fe.
0066
0
0.0(5
0.030
0.030
0.855
0.9i0
0.880
0.800
0.840
0.880
0
l>
0
AnneiKe.
( 70 )
Eaiix de pnUs ordinaii'es et la ville de
£
DCRETÉ
TCKEva :eîc
rs
g.
PROVENAXCK.
DATE.
TOTAU.
KBftM-
Aeidc
Aeidr
à»^
e
TARTS.
liHoe.
axAleu.
nit^t.'
IIIIIA f^oérileiieot jdiiis
....
32»
0.027
0
0
Août 1878
. . .
. . .
0
0
Août i879
43
19«
ti
0
Juin i880
. . .
0.155
0
ù
i*0
PI. de l'Université, p. publ. {ntUte) ....
Juin. 1884
16
22
0466
0
ft
Mai 1883
46
24
0.120
0
b
Juin. 188;^
46
24
0.108
0
U
. Dec. 188:^
1
45
. ; .
Traces
«iMt.
U !
22
R. de Tirlemont (R. de la Monnaie),
p. publ. n» 28.
1
Juitl. 1873
Dec. 188;i
41
58
19
0.260
0.365
0
0
0
U
23
PI. du Peuple, p. publ
Sept. 1871
[ Dec. 1883
72
56
0.560
Traces.
Tnee».
68
0.366
0
Tnw*
Sept. 1869
. . .
0
Tnta.
Sept. 1871
60
15
0.460
u.ooois
O.OWTI
21
R. de Mareugo, \k priv
Dec. 1872
104
0
0
Dec. 187(i
G
0
Fév. 1881
55
0.248
0
0
25
♦R. de la Station, p. priv. a
Mai 1871
Août 1871
91
40
0.710
0
0
•
(77)
lifi à plnsi««rft époques différentes (suiié).
Annexe.
C^.e
aiqmfl.
CARACTÈRES DU RÉSIDU DÈVAPORATION SÉCHÉ A 110».
eiigr.
par 1 Ut.
Ampmmt,
RVotn
de la
c«lelMa«l*M.
CoHiposICloM.
REMARQUES
diTcrtet.
O.Ofô
O.iOO
0.865
JauDitre,
hygrotc.
Ass. SiO^PjOsîMn?
0.025
o.o:io
o.o:«
1.06B
1.0d5
1.095
CaO = 0,165; MgO = 0,030; SiO,
ou résidu insoluble ^ 0,035.
CaO = 0,040.
Perte de pold«
le de poldi
. . 0.085
I
0 I 0030
I
ol...
I
0 0.565
0065
0.425
1.195
1.330
1.555
1.540
1.6â0
1325
2.000
Î.840
MOO
Uygrotc.
Bcp Na; mov* K; pas Mn
ni P^Ov
Oyiroic.
Se fonce & peine,
blaneliil vite.
Bc|»Si0i.Pa05;K, Na.
InflKration directe
d'orioe* T
Bygroee.
Id.
Fand* vap rull-
Isotea, j.iuail,
iioirrit pea.
Id.
BcpK, Na;Pa05,Mn.
Hygroic.
Annexe.
(78)
Eaux de puKs ordinaires de la ville de Uâ
PROVENANCE.
DATE.
DURETÉ
TEKErR (D Ci
ti^ttc
AciUe
•xoieax.
128
ai
32
lAIIli géBénleaenl linis .
R. de la Station, p. priv. d .
Mars 1878
Fév. d88i
5H
m
1871
*R. du Chêne, p. publ l Avril 1878
Dec. 1883
I
. Août 1871
R. de la Monnaie, p. publ. n° 23
■ Mars 1878
. Juin 1873
Vieux-Marché, p. publ. n° <Xè.
Dec. 1883
. Août 1871
Marché au Poisson, p. publ.
Juin. 1883
Sept. 1871
. Août 1878
Yocr des Capucins, p. publ,
Mai 1883
Juin. 1883
M»
<ni
52
iSO
69
80
50
59
40
40
50
34
31»
0.027
0.206
0.206
0.4«)
0
0
0
0
0.320
27
12
19
0.180
a096
0.046
0.052
Traces
0
0
I
n
O.MMa.. <
0
u
3:1
15
0030
0.018
( 79 )
•IvsMs à plusieurs époques différentes (suite).
Annexe.
1 UTBC ;..
CARACTÈRES DU RÉSIDU DÉVAPORATION SÉCHÉ A HO".
Rfc:il ARQUES
diverses. i
o* sulfoxë.
MatiéFCS
orgn-
alques.
Qaantlté
en jr.
pari lit.
.tapect.
de la
«alclMacloa.
CooipoalCloM.
NI
o
<>
O.080
O.005
osoo
1
1
<5
O.O0O
O.400
O.05U
O.080
2.700
Hjrgrose.
Jaunit vlblanchil
»••. facilement.
BcpMn,Fe,K,Na;pcuP,05,
pas SiOï-
Proximité d'aoe
saline.
3.86Û
78
(1
O.030
O&SO
0.030
0.030
0.9G0
Ilygroic.
Vap. rutilamet
abondanlet, oe
noircit pas.
In peu K, Ca, Na; traces Mn,
1
i
0.710
. . .
0:^25
0.410
0.440
Non liy^riMc.
Noircit et blancbit
lenicmeni.
BcpNa; moy» K, peu SiO<,
pas P.Os.
l*erle de uuids :
= 0,100
i
■
( 80)
GROUPEMENTS
d'après les teneurs en matièkbs diverses.
Pour arriver plus facilement à nous représenter d'une
manière générale les qualités des diverses eaux de puits de
Louvain , nous allons les grouper successivement d'après leur
teneur en matières organiques — acide azoteux, ammoniaque,
acide azotique, chlore, acide sulfurique, résidu d'évaporation
et degrés hydrotimétriques, — en commençant par les teneurs
les plus faibles.
rreneurs en matlëres ox*g;axiiques.
Partie Sud-Est de la ville.
UÉSIG NATION DES EAUX.
( N* et provenance.)
Gram
met
par i lii.
Centre (partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N' ei proTenanee.)
mes
pari m
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N* et proTenanee.)
Gna-
ma
parllit.
29. R. de la Station, p.
priv. e.
âO. PI. de l'Université, p.
publ.
23. R. de Tirlem. (R. de
la Mon.), p. publ. n» 28.
4t>. Vieux-Març., p. publ.
n«38.
43, R. des Vaches, p.
priv. c.
18. R. de Perk, p. publ.
no 25.
il. R. des Joy.-Entr., p.
priv. c.
10. R. des Joy.-Entr., p.
priv. b,
-U. ♦Vieux - Marché , p.
publ. n" 37.
0.030
0.030
0.030
0.030
0.032
0.035
o.o:{8
0.040
0.040
58. R. de la Laie, p. pr,e.
59. — - /.
65. R. de Bruxelles, p.
priv.
54. R. des Récollets, p.
priv. c.
66. Voer des Capucins,
p. publ.
53. Marché au Poisson,
p. publ.
0.010
0.020
0.024
0.025
o.o:w
o.o:«
71. R. de Tervueren, p.
publ.
6f). R. des Dominicains
irlandais, p. publ.
62. R. Notre-Dame, p.
priv.
0.040
O.a^iJ
o.o;v»
(81 )
rreneiirs en matlèrea organiques [suiie).
Partie Sud- Est de la ville.
DÉSIGHATIOX DES EAUX.
(!l* «I proTCsanee.)
GruB.
p«r 1 m.
Centre ( partie basse).
DESIGN ATIOIf DES EAUX.
( R* et provenanee.)
Gram*
met
pari m.
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
( If" et provanaDca )
Gram-
m«a
pari lit.
Id R.VIeiniiickx,p.priv.
i. R.desBourgi]].(R.de
Tirlemont), p. publ.
19. R. de Namar, p. publ.
n«i9.
5 R. de Tirlemont, p.
publ. D* 34.
13. R. de Tirlemont, p.
priv.
M. «R.daChén^p.pabl.
35. R.des Cordes, p. publ.
9. *R des Joy.-Enlr.,
p. prÎT. a.
41. R. des Vacbes, p.
priv. a.
i4. R.deNarpngo,p.priv.
Zi S'-Qoentin , p. publ.
n»46.
38. R deDiest, p. publ.
o.atô
0.045
O.0tô
0.047
0.0S0
o.osa
0.0S5
0.060
O.OlK>
0.065
0.080
0.080
0.080
54. R. (le la Laie, p. pr.a.
0.045
56. R.delaLaie,p.priv.c.
50. R. des Récollets, p.
priv. h.
57. R. de la Laie. p. priv. d.
t>(. R. delà Fontaine, p,
publ.
0.050
0.050
0060
0.070
70. R. des Nains, p. publ.
68. R. du Souci, p. publ.
0055
0.065
31 R. de la Monnaie, p.
pubL n* £).
14. R. des Corbeaux, p. 0.080
pobl.
1.V R.TIemiockx,p.pubI. 0.065
n««.
y&. R. des Poulets, p. 0.085
pobl. Il* 35.
I. «Contre le cimetière, 0.085
p. priv.
:tt. R. de Savoie .R. de 0.090
Tirleniont;, p pobl.
:n. PL Marquer., p. publ. 0.095
Tome XXXVIL
55. R. de la Laie, p. priv. b.
O.OîK)
67. R. des Chevaliers, p.
publ.
0.09ii
(82)
^^eneurs» en matières organiques {suite).
Partie Sud- Est de la ville.
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N* et provenance.)
Gram-
par 1 lit,
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N* et prorcnanee )
Gram-
mes
par I lit.
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAl'X.
(V cl provenance.)
OH'
:i!K R. de la Cuiller, p. 0.<
publ. I
a R. Marie-Thérèse, p. O.Û9o
publ.
£(). ♦R. de la Station, p. O.iÛO
priv. bi
"H'y. *\V. de la Station, p.
priv. a.
7. *R. des Regards, p.
|)riv. a.
40. ♦R. S*-Marlin, p. priv,
S. R. des Hogards, p,
priv. b.
2;t. Place du l'euple, p.
publ.
l!2. R.deTirl. (R.Vlem.),
p. pubi.
2, IM.'dp Liège, p. publ.
MOYENXK. .
O.lâo
o.no
O.liW
0.1280
0.565
0.625
0.653
1
0.1i8
47. PI. S» -Antoine, p. publ,
611 R. des Pénitentes , p.
publ.
0.i88
0.4:^5
MOVKXNK. . .
0.il6
Moyenne. . . .
O.OSH
* Ces teneurs si élevées pour les n»» 23, 42 et 2 semblent anormales et dues probablement à d*»^
infiltrations, accidentelles et directes d'urirtes?
(83)
Teneurs en matières organiques. — Le sous-sol de la vilh^
de Louvain ne renfermant pas de lits réguliers de tourbe, ni
d'autres sources extraordinaires de substances organiques
d'origine végétale, nous pouvons adopter sans Télargir, pour
la teneur d'une eau alimentaire en matières oi^niques, la
limite ordinaire de 0«',050.
Nous voyons que, sur 58 eaux examinées,
27, soit 47 p. c, ont des teneurs ne dépassant pas la. limite, à
savoir :
Dans la partie S.-Ë (sur 38 eaux] 15, ou 89 p. c.
-- centrale . . . (sur 15 eaux) iO, ou 66 p. c.
— N.-O isur 5 eaux) 2. ou 40 p. c.
81, soit 53 p. c, ont des teneurs dépassant la limite. Parmi
celles-ci,
±2, soit 38 p. c, ont des teneurs comprises entre 0«',050 et
Oi^,100, à savoir :
Dans la partie S.-E. . . . . (sur 88 eaux) i6, ou 4S p. c.
— centrale . . . (sur 15 eaux) 3, ou SO p. c.
— N.-O (sur 5 eaux) 3, ou 60 p. c.
9, soit 15 p. c, ont des teneurs qui dépassent 0«',100, à savoir :
Dans la partie S.-E (sur 38 eaux) 7 , ou 18 p. c.
— centrale . . . (sur 15 eaux) 3, ou 14 p. c.
— N.-O (sur 5 eaux) 0.
Du chef des matières organiques, une quantité d'eaux rela-
tivement restreinte serait donc à ranger parmi les mauvaises;
soit :
Bonnes \ n
Passables j -éT p. c.
Mauvaises 53 p. c.
(84)
':reiietirs en acide azoteux.
Partie Sud-Est de la ville.
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* et prorenanac.)
Gram-
par 1 liu
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N* et prortnanee.)
Grain>
met
par 1 lit.
Partie Nord- Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
( NO et proTcnaooe.}
18. R. de Tirlemont, p.
priv.
28. Pl.duPcuple,p.publ.
i. PI. de Liège, p.-|)ubl.
i8. R. de Perk, p. pubi,
no25.
«S. R. de Tirlemont, p.
publ. no 31.
13. R.Vleminckx.p.publ.
flo 18.
11 R. de ïirl. fR. Vle-
minckx), p. publ. n" 1â.
âO. PI. de l'Université, p.
publ.
21. ♦PI. de l'Université,
p. priv.
4. R. des Bourgmestres
(R. deTirl.), p. publ.
9. ♦R. des Joy.-Entr.. p.
priv. a,
10. - — 6.
11. - -
19. R. de Namur, p. publ.
ûM9.
35. «R. de la Station, p.
priv.
27. * - -
â8.
d.
2i. R. de Tirlem. ^R. de
laMonD.),p. publ. no 28.
6. R. Marie-Thérèse, p.
publ.
:^. R. de la Monnaie, p.
publ. n« 2;i
7. ♦R. des Bogards, p.
priv. a.
48. R. des Moutous, p.
priv.
64. R. de la Fontaine, p.
publ.
65. R. de Bruxelles, p.
priv.
51. R. des RécolleU, p.
priv. c.
51 R. Notre-Dame, p.
priv.
54. R. de la Laie, p. pr. a.
65. — ~ 6.
56. - - c.
57. - - d.
58. - - lî.
- - /.
53. Marché au Poisson,
p. publ.
iôS. R. des Pénitentes, p.
publ.
66. Voer des Capucins,
p. publ.
47. PI. Saint-Antoine, p.
publ.
67. Rue des Chevaliers, n
p. publ.
71. R. de Tervueren, p. »
publ. I
69. R. des Dominic. irl..i i*
p. publ. I
(85)
T^enoux-s en aoide aaeoteux. [9itUe\
Partie Sud- Est de la ville.
Centre ( partie basse).
Partie Nord-Ouest.
flESIGKATI05 DES EACX.
[ S* tt preveaaDcc.)
Grain -
MrliU
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N* et proTcaaoc*.)
Gram-
par 1 lit.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(S» et proveoan«e.)
Gram-
aae*
l>ar I m.
.>K R. de Savoie (R. de
TirlemoDt), p. publ.
:{|. *R.daCbéne,p.pabl.
:t9 R. de la Cuiller, p.
pabl.
:« R. de Diest. p. pabl.
■'* t . R. des Vaches, p. pr. a.
il — - 6.
VA. — — c.
Ti. PI. Narguer., p. publ.
:>>. R. des Poulets, p.
pabl. n* 35.
*h. Vieai-Narcb.,p.publ.
n«3a
♦♦. ♦ — n« 37.
Iti. R. Yleminckx, p. priv.
:ci S>- Quentin, p. publ.
n«46.
i;. R. des Corbeaux, p.
publ.
I. *Contrc le cimetière.
p.priv.
JH. *R. de la Station, p.
priv. b,
H. R. des Bogards, p.
r*v. b.
Narengo, p.
priv.
i^. R. d« la SUtion, p.
priv. e.
U» •R.S»-Martin,p.priT.
'^K R. des Cordes, p.
publ.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Not.
0.00(H
0.0002
0.0002
0.0002
70. R. des Nains, p. publ.
68. R. du Souci, p. publ.
O.OOOâ
tSO. R. des Récollets, p.
priv. b.
0.0003
(86)
Teneurs en acide azoteux. — Nous avons vu que, lorsc^ue
Tacide azoteux se rencontre dans une eau, en si petite quantité
(jue ce soit, cette eau doit être considérée comme suspecte,
l^our ne pas la déclarer dangereuse, il faut des circonstances
exceptionnelles, comme une teneur très faible en matières
organiques et en acide azotique, et la disparition complète de
Facide azoteux lors des vérifications effectuées dans la suite.
Si, au contraire, cet élément se trouve à plusieurs reprises
renfermé dans une eau, on doit la cx)ndamner d'une manière
absolue.
On voit que, sur 63 eîaux de puits examinées,
i8, ou 76 p. c, ne renferment pas d'acide azoteux, à savoir :
Dans la partie 8.-E (sur 42 eaux; 90, ou 71 p. c.
— centrale . . . (sur 16 eaux) i5, ou 94 p. c.
— N.-O (sur 5 eaux) 3, ou 60 p. c
lo, OU 24 p. c, en renferment. Parmi ces dernières,
8, ou 43 p. c, en renferment des traces seulement, à savoir :
Dans la partie S.-E ,sur 42 eaux) 7 , ou 17 p. c
— centrale . . . ysur 16 eaux) 0.
~ N.-O ;sur 5 eaux; i, ou 20 p. c.
7, OU H p. c, en renferment une quantité notable, soit :
Dans la partie S.-E (sur 42 eaux) 5, ou 12 p. c
— centrale . . . (sur i6 eaux) 4, ou 6 p. c
— N.-O (sur 5 eaux) 4 , ou 20 p. c.
La plupart des eaux sont donc exemptes d'acide azoteux.
Peuvent être considérées, du chef de cet élément, comme :
Bonnes 76 p. c.
Passables i3 p. c.
Mauvaises M p. r.
(«7 )
li^eneni's «i»n aiumoniaQUi^.
Partie Sud- Est de la
ville.
Gram.
ma
par 1 lit.
Centre ( partie bas
se).
Grain-
p» 1 iil.
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
DÉSIGNATION DES EAUX.
DÉSIC.NATION DES EAUX.
( .>!• et provenaoee.)
Gram-
met
parllit.
!:î. R.dc Tiricm., p. priT.
Il R, de Tirl. (R. Vie-
minkx), p. pnbl.
Tk R.d«Tirlcin^p.publ.
15. RV]«minckx,p.publ.
0
0
0
0
53. Marché au Poisson,
p. publ.
66. Voer des Capucins,
p. publ.
55. R. de la Laie, p.pr. b.
56. — - c.
0
0
0
0
71. R. de Tervueren, p.
publ.
70. R. des Nains, p publ.
69. R. des Dominicains
iriandais, p. publ.
0
0
0
". *R, des Bogards, p.
priv. a.
î». *R.desJoy..EDtr.,p.
prÎT. o.
10. — — b.
0
0
0
57. — — d.
58. - - e.
59. - - /.
0
0
0
tf. R. Marie-Thérèse, p.
pabl.
S. *h. de la Station, p
pri?. a.
*.* - - ft.
?î.* - - c.
0
0
0
0
63. R. des Pénitentes, p.
publ.
65. R. de Bruxelles, p.
pri?.
51. R. des Récollets, p.
priv. r..
0
0
0
«. - - r/.
0
*. - - ^.
0
i Pl.deLièg6,p. publ.
0
iJ. Pl.derUin>ersité,p.
publ.
W. R. de Hamur, p. publ.
n* 19.
0
0
•«. S«-ttuentin, p. publ.
n* 46.
W. K des Corbeaux, p.
publ.
ilR. deTirlem. ;R. de
la Monnaie), p. publ.
0
0
0
(88)
rrenevurs en axtunoniaque (suite).
Partie Sud-Est de la ville.
DÉSIGNATIOM DES EAUX.
(n* et provenaoee.)
Graoï.
DM
par 1 Ht.
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N* et proTenanee.)
Gram-
IDM
par i m,
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(H* et proreaaaee.)
^i. *P1. de l'Université,
p. priv.
'Ai, R. de la Monnaie, p
pabl.n«S3.
30. R. de SaToie (R. de
Tirlemont), p. publ.
84. *R. du Chêne, p. publ.
m. R. de la Cuiller, p.
publ.
H7. PI. Marguer., p. publ.
l:
4'2. R. des Vaches,
priv.
43. -
45. Vieux - Marché . p,
publ. n« 38.
11. R. des Joy-Entr., p.
priv. c.
48. R. de Perk., p. publ.
n*26.
'23. PI. du Peuple, p. publ.
44. *Vieux- Marché, p.
publ. n» 37.
M. R. des Vaches, p.
priv. a.
4. R. des Bonrgm. (R.
de Tirlemont), p. publ.
46. R.VIeminckXfp. priv.
i. *Contre le cimetière,
p. priv.
:%. R. de Oiest.p. publ
IMi. l\. des Poulets, p.
publ. n» 35.
doot.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
6i R. Notre-Dame, p.
priv.
48. R. des Moutons, p.
priv.
47. PI. Saint-Antoine, p.
publ.
KO. R. des Récollets, p.
priv. b.
54. R.dcIaLaic,p. pr. 0
8. R des Bogards, p. roi.
priv. b. I
Traces
dont.
Id.
Id.
Id.
(89)
l^eneui-s en ammoniaque {suite).
Partie Sud- Est de la ville.
I^ICEIAn05 DES BAUX.
<!l" H praveosncc.)
GraiB-
pwlUt.
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* tt proTcnance.)
Gram-
par I lit.
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N* et proTrnaocc.)
Gram-
me»
par lia.
a R. de Marengo, p.
priT.
:«. R. des Cordes, p.
pobl.
^y *R. Saim-Martin, p.
priv.
0.0007
O.OOiO
0.0045
68. R. du Soaci , p. publ.
67. R. des Chevaliers, p.
publ.
64. R. de la Fontaine, p. 0.0019
publ. I
0.0044
0.001^
Les observations que nous avons faites (p. 86) au sujet de
rimportanceàattribuer à la teneur, même très faible, d'une eau
en acide azoteux, sont entièrement applicables à l'ammoniaque.
Sur 63 eaux examinées,
il, ou 65 p. c, ne renferment pas d'ammoniaque, à savoir :
Dans le S.-E. de la ville (sur 42 eaux) 28, ou 67 p. c.
— centre — (sur 46 eaux) 40. ou 62 p. c.
— N.-O. — (sur 5 eaux) 3, ou 60 p. c.
ââ, ou 38 p. c, en contiennent; et parmi ces dernières,
15, ou 24 p. c, en renferment des traces seulement, à savoir :
Dans le S.-E. de la ^ille (sur 42 eaux) 40, ou 24 p. c.
— centre — (sur 46 eaux) 5, ou 34 p. f.
— N.-O. — (sur 5 eaux) 0.
7, ou 11 p. c, en renferment des quantités notables, u savoir :
Dans le S.-E. de la ville (sur 42 eaux) 4, ou 9 p. c.
— centre ~ (sur 46 eaux) 4, ou 7 p. c.
— N.-O. — (sur 5 eaux) 2 , ou 40 p. c
La plus grande partie des eaux ne renferment donc pas
d'ammoniaque et peuvent, du chef de la teneur en cette
matière, être rangées dans la catégorie de « bonnes » ; soit :
Ronnes 65 p. c.
Passables 24 p. c.
Mauvaises 4! p. c.
(90)
^JTenetir» en acide azotique.
Partie Sud- Est de la ville.
DESIGNATION DES EAUX.
( ?i* cl provenance.)
Gram-
parilit.
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
(M* et provenanee.)
Gram-
me*
par I lit.
Partie Nord- Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(!9« et proTenaaee.)
ptfll'U
64. R. de la FonUine, p.
publ.
66. R. de la Laie, p. pr. c.
66. Voer des Capucins, p.
publ.
51 R. Notre -Daine, p.
priv.
6r>. R. de Bruxelles , p.
priv.
54. R. des Récollets, p.
priv.c.
53. Marché au Poisson,
p. publ.
55. R. de la Laie, p. pr. b.
50. R. des Récollets, p.
priv.^.
0.(X)5
0.005
0.018
0.0i0
0.023
0.035
0046
0.048
0.100
71. R. de Tervuercn, p.
pubL
O.OW
^). PI. de r Univers] té, p.
publ.
19. R. (le Nanmr, p. publ.
n« 19.
16. R. VIeminckx, p. priv.
45. Vieux Narch., p. publ
n«:«.
15. R.VIeminckx,p.pubI.
n»18.
0.108
0.127
0177
0.180
0.200
70. R. des Nains, p. pubL
67. R. des Chevaliers, p.
publ.
O.Hi
0.1311
47. PI. Saint' Antoine, p.
publ.
54. R. de la Laie, p. pr. a.
0.465
0.180
(91 )
rreneurs en acide azoliciixe [suiie).
Partie Sud- Est de la ville.
DC$IC!IATI05 DES EAUX.
Gr«m<
Mrllli.
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
(X* «t iiroTenanee.)
Gram-
Mrllit.
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* et piwtiMBee.J
Graïu-
Mrllit.
^ R. de la Station, p,
priv. d,
H S'-QueDtin, p. publ.
\\. R. des Vaches, p.
priv. a.
1 PL de Liège, p. pobl
H. R. des Joy.-Eotr.. p.
prif. e.
Sl r. des Bogards, p.
prif. h.
6. R Harie-Thérèse, p.
pobl.
«I. R. de Safoie (R. de
TirlemoDt), p. pobl.
i*. R. de la Sutioo, p.
prif.e.
't. *R. des Bogards, p.
prif. a.
•fcL R. de la Monnaie, p.
piibl.n*i».
\. «Contre le cimetière,
p. prif.
:iK. R. des Poulets,
fBbln*35.
i. R. des Bourgmestres
R deTirL}, p. pobl.
U. «Vieux- Marché,
pobl. n« 37.
il R.4eTirlem. (R. de
UNoDn.),p.publ. n«28.
t\. Pl.dnPcnple,p.publ.
0.906
O.S90
0.3i8
0.240
0.»0
0.280
0.280
0.296
0.300
0.300
0.3âO
0.3SO
0.320
0.337
0.342
0.365
0.366
63. R. des Pénitente», p.
publ.
0.225
48. R. des Moutons, p.
priv.
68. R. du Souci, p. publ.
ai2H8
R. des Dominio. irl.
p. publ.
o.:iOK
o.:fôo
(92)
rroneurs en aoifle aasotique v^///ie;.
Partie Sud-Est de la ville.
DKSIGNATION DES EAUX.
( X" et proTtnaace.)
Graai-
mes
par 1 lit.
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N* et provenance.)
Gram-
mei
par I lit
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(!(• ei provmaacc.)
pariiiL
18 R. de Perk, p. pobl,
n«»25.
:W. R. de la Cuiller, p.
publ.
:^. R. de Diest, p. publ.
5. R. de Tirlemont, p,
publ. n» 31.
'h\. R. des Vaches, p.
priv. c.
10. R. des Joy.-Entr., p.
priv. b.
;^S. R. des Cordes, p.
publ.
:i7. PI.Marguer., p. publ
!24. R. de MarengOy p.
priv.
18. R. de Tirlemont, p.
priv.
li. R. des Corbeaux, p.
publ.
1:2. R. de Tirl. (R. Vle-
ininckx), p. publ. n» il
9. ♦R.desJoy.-Eûtr.,p.
priv. a.
"li^. *K. de la Station, p.
priv. a.
40. *R. Saint-Martin, p.
priv.
^. *K . de la Station, p,
priv. b.
Moyenne. . .
0.385
0.390
0.400
0.445
0.4â0
0.425
0.440
0.440
0.460
0.465
0.480
0.495
0.600
0.710
0.880
0.960
0.371
Moyenne.
0.094
Moyenne. . . . 0,!8i
(93 )
Teneurs en acide azotique. — Avec la limite généralement
admise, 0k^,027 par 1 litre, nous trouvons que sur 56 eaux
examinées,
•>, ou 9 p. e., ont des teneurs qui ne dépassent pas cette
limite, à savoir :
Dans la partie S.-E. de la ville (sur 38 eaux> 0.
— centrale — (sur i3 eaux) 8, ou 39 p. c.
— N -0. — (sur 8 eaax) 0.
ol, OU 91 p. c, ont des teneurs qui dépassent cette limite.
Du chef de la teneur en acide azotique, 5 eaux de puits
seraient donc admissibles comme bonnes. Malheureusement il
n'en est pas ainsi pour ces mêmes eaux du chef de la teneur
en matières organiques , ammoniaque, etc. Ainsi :
64. R. de la Fontaine, p. pubL, renferme de l'ammoniaque
et une quantité trop forte de matières organiques;
52. R. Notre-Dame, p. priv., contient des traces d'ammo-
niaque ;
56. R. de la Laie, p. priv. c, — 65. R. de Bruxelles, p. prit».,
— et 66. Voer des Capucins, p. pubL, ont besoin, surtout à
cause de leur situation dans le bas de la ville, d'être vérifiées
au point de vue de l'ammoniaque.
En admettant comme maximum 0«^'',100 de N^O^, teneur
quintuple de la limite généralement admise,parmi les 51 eaux
dont la teneur dépasse la limite ordinaire,
.^>, ou 9 p. c, pourraient encore être considérées comme
Ixmnes ou au moins comme passables, à savoir :
Dans la partie S.-E. de la ville (sur 38 eaux) 0.
— centrale — (sur 43 eaux) 4, ou 31 p. c.
— N.-O. — sur 5 eaux) i , ou 20 p. c.
U), OU 8â p. e., devraient être rejetées.
En ce qui concerne les eaux dont la teneur en acide azotique
est comprise entre 0«f',027 et O^^slOO, remarquons que :
50, R. des Récollets, p. priv. b, renferme des traces d'am-
moniaque*, une quantité notable d'acide azoteux, ainsi que
(94)
(I(»s leneurs trop élevées en résidu fixe, en acide sulfurique et
en chlore;
5ù. jR. de la Laie, p. piiv. b, contient une praportion trop
considérable de matières organiques;
5o. Marché au Poisson, p. pubL, a été trouvée une fois ren-
fermant de l'ammoniaque et du chlore au delà des limites ;
71, R. (le Tervueren, p, pubL, a un résidu d'évaporatioii
dépassant la limite ordinaire;
5L jR. des Récollèts, p. priv. c, doit être vérifiée au point cK-
vue de la teneur en ammoniaque et en acide azoteux.
Des 46 eaux dont la teneur en acide azotique est supérieure
à 0«%100, il y en a
8, ou 14 p. c, qui n'en renferment pas plus de 0»^2(K), h
savoir :
Dans la partie S.-K. tic la Tille (sur 38 eaux) 5, ou i3 p. c.
— ceiUralc — (sur 43 eaux) 2, ou iô p. c.
— N.-O. — (sur 5 eaux) 2, ou 40 p. c.
liH, ou ()8 p. C, qui en contiennent au delà de 0«',200, à savoir :
Dans la partie S.-E. de la ville (sur 38 eaux) 33, ou 87 p. c.
— centrale — (sur 13 eaux) 2, ou 15 p. c.
— N.-O. — (sur 5 eaux) K, ou 40 p. c.
Parmi les eaux dont la teneur en acide azotique est com-
prise entre O»',!^) et O^'jâOO, il y en a quelques-unes qui, grâce
à leur teneur modérée en autres substances, peuvent encore
être rangées parmi les c( passables faute de mieux ». Ce sont :
HO. PL de ^Université, p. publ. ;
19. R. de Namur, p. publ. n<» 19. ;
1 D. R. Vleminckx, p. publ. 71*^ 18.
Nous allons voir à propos du chlore que nous sommes aussi
obligés pour ce facteur de dépasser même nos limites nouvelles,
si nous ne voulons pas déclarer mauvaises ou dangereuses
toutes les eaux de puits de la ville.
Bref, en ce qui concerne la teneur en acide azotique, peuvent
être considérées comme :
Bonnes 9 p. c
Passables 14 p. c
Mauvaises 17 p. r.
(95)
Teneurs en oiilore.
Partie Sud-Est de la ville.
DESICKATIOK DES EAUX.
(M* et provcnancr.)
Gram-
mes
par i lit,
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX
(N* et provenance.)
Gram-
met
par 1 lit.
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* ei provenante.)
Gram-
lar Mil.
I". U. des Joy.-Enlr., p.
priv, b.
1»i. K.Vleminckx, p.priv.
3v h.derL'niversité,p,
publ.
1**. R.deNamur, p. pubi.
dM9.
Ht. \ ieiu-Narch., p. publ.
n'38.
fV R.Vleminckx^p.pQhl.
nM8.
Il R.des Joy.-Entr., p.
priv.'r.
0.0(»
0.063
0.08i
0.086
0.066
o.oei
0.092
55. R. de la Laie, p. pr. b.
66. Voer des Capucins, p.
puhl.
56. R. de la Laie, p. pr. c.
52. R. Notre-Dame, p.
priv.
54. R. de la Laie, p. pr. a.
65. R. de Bruxelles, p
priv.
46. R. de Paris, p. priv.
Hi. R. de Naiines, p.
priv. b.
60. R.dela Laie, p. publ.
0.024
0.023
0.028
0.032
0.035
0.043
0.063
0.077
0.0»'»
7-1. Ç. de Tervueren. p.
publ.
0.049
53. Marché au Poisson,
p. publ.
64. R. de la Fontaine, p.
publ.
R. des Pénitentes, p.
publ.
0.092
0.098
0.426
70. R. des Nains, p. publ
67. R. des Chevaliers, p.
publ.
o.om
0.142
(96)
X'eneiurs en olUore \fuue).
Ptrtie Sud- Est de la ville.
béSIGNATIO!! DES EAUX.
(H* tt pNVMADM.)
ri m.
Centre ( partie basse).
DESIGNATION DES EAUX.
(X* et prorenonee.)
Gram>
par I lit,
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX. !
(»• et
:i'). R. des Cordes, p.
publ.
:M), R. de SsToie (R. de
Tirlemontj, p. pabl.
t2i. R. de Tirlem. (R. de
la Monn.j, p. poJbl.
14. R. des Corbeaux, p,
publ.
:%. R.de Diest, p. publ.
6. R. Marie-Thérèse, p.
publ.
ai. R. de Marengo, p.
priv.
84. R. de Namnr, près
des Halles.
I. ♦Contre le cimetière,
p. priv.
!2S). R. de la Station, p.
priv. e.
\Vî. R. de la Monnaie, p.
. publ. n» S3.
v»:i S' -Quentin, p. publ.
n«4&
n. ♦ Vieux. Marché, p.
publ. n« 37.
i^l R. des Vaches, p.
priv. c.
1 PI. de Liège, p. publ.
H. R. des Vaches, p,
priv. a.
âa. Pl.du Peuple, p. publ.
^8. R. de la Sution, p.
priv. d.
8. R. des Bogards, p.
priv. b.
0.432
0.13:)
0 144
0.447
0.447
0.447
0.447
0.450
0.454
0.454
0.458
0.461
0.473
0.473
0.473
0.480
0.202
0.210
0.243
50. R. des Récollets, p.
priv. b.
47. PI Saint- Antoine, p.
publ.
&1. R. de Malines, p.
priv. a.
0.450
0.156
0.175
( 97)
rFeneurs en oniore {suite).
Partie Sud- Est de la ville.
DtSIGNATIOS DES EAUX.
(Tf^ H pnivenaoec.)
Gnm-
met
par 1 lit.
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* et prorenaoM.)
par I lit.
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* et proTenanee.)
Gram-
mea
par lut.
\. R. des Bourgmestres
R. de Tirl.), p. publ.
18 R. de Perk, p. pnbl.
3. R. des Bourgmestres,
p. publ. n* 32.
7. *R. des Bogards, p.
prif. a.
Il R. Yleminckx (R. de
rirl.:. p. publ. n» i2L
S. R. de Tirlemont, p.
publ. n« 34.
S3. "^R. de la Sutiou, p.
priT. a.
39. R. de la Cuiller, p.
publ.
?. «R. des Joy.-Entr., p.
priy. a.
l'i R. de Tirlemont, p.
priy.
36. R. des Poulets, p.
pubL n« 35.
â& *R. de la Station, p.
priy. b
Ti. PI. Narguer., p. publ.
M. *R. Saint-Martin, p.
priy.
i\. ♦PI. de l'Université,
p. priy.
3t. ♦R. du Chêne, p. publ.
Moyenne. . . .
R. des Dominic. irl.,
p. publ.
0.299
0.230
0.238
0.S40
0.S80
aaso
0.318
o.:^29
0.3Î$0
0.390
0.400
0.490
0.497
0.S67
0.940
1550
68. R. du Souci, p. publ.
48. R. des Moutons, p.
priv.
0.291
0.27i
Moyenne. . . .
0.093
Moyenne. . . . 0.143
0.217
0.245
Tome XXXVII.
(98)
Teneurs en chlore. — Si Ton s'en tenait à la limite ordinaire,
0«^035 par 1 litre, sur 63 eaux analysées,
8, ou 8 p. c. seulement, pourraient être admises comme pota-
bles, à savoir :
Dans le S.-E. de la ville (sur 42 eaux) 0.
— centre — (sur 16 eaux) 5, ou 31 p. c.
— N.-O. — (sur 5 eaux) 0.
58, ou 92 p. c, devraient être rejetées du chef de la teneur en
chlore.
Des 5 eaux renfermant au maximum 0»',03S de chlore, plu-
sieurs ont des teneurs trop élevées en autres éléments pour
qu'on puisse les accepter comme bonnes ou même comme
passables ; ce sont :
55. i?. de la Laie, p, priv. h : trop de matières organiques;
54. — — a : ammoniaque.
Mais il est à remarquer que la limite de O^^OSo pour le chlore
est absolument trop étroite. L'eau de la source d'Héverlé en
renferme déjà O^^^OSâ; et pourtant cette source, appartenant à
la même nappe aquifère que les eaux de puits de Louvain et
située à la campagne, peut être considérée comme le type le
plus pur des eaux de cette nappe. En effet, elle ne renferme
pas de matières organiques ni surtout de matières azotées attei-
gnant les limites, et le chlore qu'elle contient provient exclusi-
vement du terrain. Pour les puits situés en ville, il y a donc
lieu de reculer la limite du chlore au delà de 0«*',052.
Avec notre maximum de 0«',100, parmi les 58 eaux ayant
une teneur en chlore supérieure à 0«'',035,
15, ou 24 p. c, seraient encore admissibles comme passables :
Dans le S.-E. de la ville (sur 4S eaux) 7, ou 17 p. c.
— centre — (sur 16 eaux) 6, — 38 p. c.
— N.-O. — (sur 5 eaux) 2, — 40 p. c.
43, ou 68 p. c, renferment au delà de 0«%100 de chlore.
Des 15 eaux renfermant une quantité de chlore comprise
entre 0*^,035 et Ok',100, il en est quelques-unes qui sont ^le-
(99)
ment « passables » du chef de la teneur en autres substances,
notamment :
^5. jR. de Bruxelles, p. priv. ;
7i. R. de Tervueren, p. publ. ;
W. PL de l'Université, p. publ. ;
19. R. de Namur, p. publ. n*> 19 ;
45. R. V'lemin4:kx, p. publ. m*» 18.
Enfin, parmi les 43 eaux dont la teneur en chlore dépasse
(y^^oo,
21, ou 33 p. c, en contiennent moins de 0e%200, soit :
Dans le S.-E (sur 42 eaux) 16, ou 38 p. c.
— centre .... (sur 16 eaux) 4 , ou 25 p. c.
— N.-O (sur 5 eaux) 1 , ou 20 p. c.
22, ou 3S p. c, en renferment au delà de Ok',200, à savoir :
Dans le S.-E. de la ville (sur 42 eaux) 19, ou 45 p. c.
— centre — (sur 16 eaux) 1, ou 6 p. c.
— N.-O.. — (sur 5 eaux) 2, ou 40 p. c.
Notre limite de Ok'jIOO pourra encore être forcée dans cer-
tains cas, lorsque les autres circonstances (absence de matières
organiques et azotées, teneur modérée en autres éléments, etc.)
le permettent. C'est ainsi qu'en forçant également quelque peu
la limite que nous avons proposée pour l'acide azotique, il sera
encore possible d'admettre comme passables faute de mieux,
(lu chef de la teneur en chlore :
28. R. de la Station, p. })riv. d. ;
22. R. de Tirlemont (R. de la Monnaie), p. publ. n*> 28.
Sont donc, au point de vue de la teneur en chlore :
Bonnes 8 p. c.
Passables 27 p. c.
Mauvaises 65 p. c.
( iOO )
Teneurs en acide sulfurique.
Partie Sud- Est de la ville.
DÉSIGNATION DES EAIX.
(!!• et proTenanee.}
GraiD'
meê
par I lit.
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
( M" el provenance.)
Gram-
mci
par lia.
Partie Nord -Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N^ et provenance.)
4;i R. (Ips Vaches, p
priv. c.
4S. Vieux -Marché, p.
publ. n» 38.
i9. R. de Namur, p. publ.
n«19.
Très peu
Peu
Id.
H3. R. de la Monnaie, p.
publ. n» !23.
29. R. de la Sution, p.
priv. e.
30. PI. de l'Université, p.
publ.
7. *R. des Bogards, p.
priv. fl.
3. PI. de Liège, p. publ.
5. R. de Tirlemont, p.
publ. no31.
23. R. de Tirlem. (R. de"
laHonD.},p.pttbl. D«38.
44. ♦Vieux - Marché , p
publ. n« 37.
0.078
0.080
0.090
0.093
Moy^
Id.
Id.
Id.
66. Voer des Capucins,
p. publ.
82. R. Notre-Dame, p.
priv.
S6. R. de la Laie, p. pr. c,
63. R. des Pénitentes, p.
publ.
M. R. des Récollets , p.
priv. c.
46. R. de Pari», p. priv.
58. R. de la Laie, p. pr. e.
37. - - c/.
59. - — /.
Peu.
Id.
Id.
0.033
0.035
.0.038
0.043
0.044
0.045
( i(A )
Teneurs en aolde suifurique jtuite).
Partie Sud- Est de la ville.
DCSIGRATION DES EAUX.
( !!■ et prmrcntnec.)
Gran
^■r 1 lit.
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EADX.
( J^• et proTcoance. )
Grani-
met
par 1 lit.
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N*et proT«nan«e.)
par i lit.
IX. H. de Perk, p. publ.
ii. IM.da Peuple, p. publ.
*l R.des Vaches, p pr.a.
4i - - b.
Il K. de Tirlemont (R.
Vleniinckx), p. pabL
11. R. des Joy.-Entr., p.
priv. c.
:{. R. des Bourgm., p.
pobl. n« ;î£
10. R. des Joy.-Eutr., p.
pr. priv. b.
K R.des BourgiD.fR.de
TiriemoDt}, p. poDl.
r. R.des Prélats, p. prÎY.
i*. *R.desJo7.Entr. p.
prÎT. a.
Moy».
Assez.
Bcp.
Id.
Id.
Id.
o.i:w
0.14i
0.180
O.âOO
0.245
65. R. de Bruxelles, p.
priv.
50. R. des RécoHets, p.
priv. b.
Assez.
0.150
Avec le maximum ordinaire, 0«*",080 à O^^lOO, nous avons,
sur 33 eaux examinées,
16, ou 48 p. c, possédant des teneurs inférieures à la limite,
à savoir :
Dans le S.-E. de la ville (sur 23 eaux) 7, ou 33 p. c.
— centre — (sur 41 eaux) 9, ou 82 p. c.
— N.-O. — (sur 0eaui)a
17, OU 52 p. C, dont les teneura dépassent la limite :
Dans le S.-E. .
~ centre .
- N.-O. .
, (sur 22 eaux) 15, ou 68 p. c.
sur 11 eaux) 2, ou 18 p. c.
(sur 0 eaux) 0.
( 102 )
En prenant cette limite de Ok%100, nous pourrons admettre
toutes les eaux qui ne renferment pas des teneurs trop élevées
en autres matières. Au besoin, on forcerait même la limite
de 0»',100.
Comme la détermination de Tacide sulfurique a relativement
peu d'importance et que les eaux de Louvain ne renferment
pas d'hydrogène sulfuré, nous nous sommes souvent borné à
opérer cette détermination qualitativement.
Sont donc, du chef de la teneur en acide sulfurique :
Bonnes
Passables
Mauvaises 52 p. c.
48 p. c.
Teiieurs on résidu, d'ovaporation.
Partie Sud-Est de la ville.
Centre ( partie basse).
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EADX.
(M* et prorennnec.)
Graiii-
par 1 lit.
DÉSIGNATION UES EAUX.
{ S» et proveaanee.)
Grain*
me»
par 1 lit.
DÉSIGNATION DES EAOX.
Graui-
me*
pari m.
S6. R. de la Laie, p. pr. c.
0.^50
S&. - - b.
o.:«o
66. Voer des Capucins,
p. publ.
68. R. de la Laie, p. pr. c.
0.410
0.450
51. R. des Récollets, p.
0.500
priv. c.
52 R. Noire -Dame, p.
0.525
priv.
6;i R. des Pénitentes, p.
publ.
57. R. de la Laie, p. pr. rf.
0.540
0.550
65. R. de Bruxelles, p.
0.595
priY.
5». R. de la Laie, p. pr. a.
0.630
59. - - /.
Ô.6(K)
49. R. des Récolleis, p.
0.670
priv. a.
(103)
Teiieixx>a en résidu d*évaporatloii {suite).
Partie Sud-Est de la ville.
Centre ( partie basse).
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGMATIOX DES EAUX.
Cnm-
DÉSIGNATION DES EAUX
Cram-
DÉSIGNATION DES EAUX.
Gram-
ncs
mes
par 1 lit.
psr 1 lit
( }^• et provcMOce.)
par lut.
53. Marché au Poisson,
0.710
'
p. publ.
6. R.VlciDinckx,p.priv. 0.780
i. «Contre le cimetière, 0.^40
74. R. de Tervueren, p. 0.840
p.prif. ,
publ. 1
G7. R. des Chevaliers, p.' 0.8-40
publ.
19. R.dcNainur,p.publ.
0.853
n- 49.
15. R.VlcmiDckx,p.pubi. 0.930
D«i8.
1
45. Vieux- Marché, p. 0.960
pabl. n» 38.
50. R. des Récollets, p.
4.000
priv. b.
6. R. Marie-Thérèse, p.
4.045
publ.
«. PI. de rUniversité, p.
1.095
pabl.
47. PI. Sainl-A moine, p.
1.466,
11. R.dcs Joy.-Entr., p.
4.240
publ.
i
pri^. c.
1
33. St-Qoeotin, p. pobl.
D«46.
4.!250
!
1 PL de Liège, p publ.
4.270
fi.R.dela Sution, p.
4.:400
prit. d.
1
^ R. des Cordes, p.
4.:405
1
1
pobl.
U. R. des Corbeaux, p.
4.320
publ.
2i. R- de Mareogo, p.
4.325
priT.
,
SlR.deTirlein. (R. de
1.330
la NoDU.), p. publ.
^. R. de la SUtiou, p.
4.35o
priv. e.
1
%.R.deDiest p. publ.
4.420
l
(104)
Teneura en résidu d'ëvaporation [iuite).
Partie Sud- Est de la ville.
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N* «t proTenaocc.)
Gram-
mes
pari lit.
DÉSIGNATION DES EAUX.
( H* «t provenance.)
met
par I lit.
Partie Nord-Ouest
DÉSIGNATION DES EAUX.
( K* et prvrenaBcc.) p»r I h*
8. R. des Bogards, p.
priv. à.
4.S. *Viea\- Marché, p.
pobl n« 37.
3. R. des Bourgmestres,
p. publ. n» 3S.
:i6. R. des Poulets, p.
publ. n« 35.
â:i Pl.du Peuple, p. publ.
i8. R. de Perk, p. publ.
10. R. des Joy -Entr., p,
priv. b.
44. R. des Vaches, p.
priv. a.
5. R. de Tirlemont, p.
publ. n» 31.
43. R. des Vaches, p.
priv. c.
4. R. des Bourgmestres
(R. de Tirl.), p. publ.
37. PI. Marguer., p. publ.
7. ♦R. des Bogards, p.
priv. a.
39. R. de la Cuiller, p
publ.
il R.deTirlem.(R.Vle-
miackx), p. publ. n» 13.
4a. R. des Vaches, p.
priv. b.
9. ♦R.desJoy.-Enlr.,p.
priv. a.
21. ♦PI. de l'Université,
p. priv.
40. *R. Saint-Martin, p.
priv.
1.4S0
1.450
1.480
1.540
1.540
1.«
1.610
1.615
1.800
1.800
1.880
1.900
1.900
1.905
%(m
1230
1550
16
1780
48. R. des Moutons, p.
priv.
1140
( 108 )
rFeneux-s en rési<lii d*évàporatloii [suite).
Partie Sud- Est de la ville.
DKMCIIATIOH DES EAUX.
(9* et proTcaaiiM.)
Crann-
mcs
par J lit,
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* M proTfaanee.)
Gran-
net
par I lit.
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N* el provroaace.)
Grain-
OMS
pari lit.
l-*>- R. de Tirlemont, p.
prÎT.
f7. *K. delaSution, p.
prÎT. e.
IK. * — — ^
H. ^R.doCbéne,ppubl.
r». *K. de la Station, p.
pri?. a.
Moyenne. . . .
3.090
aiso
3.450
3.860
4.100
180S
Moyenne.
0.704
Moyenne. .
0.840
En prenant pour limite tolérée 0«^500 par 1 litre, nous trou-
vons que sur S9 eaux de puits de Louvain,
5, ou 8 p. c.y ont des teneurs ne dépassant pas cette limite, à
savoir :
Dans le S.-E. de la ville (sur 41 eaux) 0.
— centre — (sur 46 eaux) 5, ou 3! p. c.
— N.-O. - (sur 2 eaux) 0.
54, ou 92 p. c., ont des teneurs dépassant 0^^,500. Parmi
celles-ci,
32, ou S4 p. c, ont des teneurs inférieures à 1»'",500, à savoir :
Dans la partie S.-E (sur 41 eaux) 20, ou 49 p. c.
— centrale . . . (sur 16 eaux) 40, ou 63 p. c.
— N.-O (sur Seaux) louiOOp. c.
22, OU 38 p. c, ont des teneurs dépassant Ik',800. Sur ce
nombre,
41, ou 19 p. c, ont des teneurs inférieures à 2p',000 :
Dans la partie S.-E (sur 41 eaux) 11, ou S7 p. c.
— centrale . . . (sur 16 eaux) 0.
— N.-O (sur 2 eaux) 0.
( 106)
11, ou 19 p. c, ont des teneurs dépassant â^^OOO, à savoir :
Dans la partie S.-E (sur 41 eaux) 10, ou S4 p. c.
— centrale . . . (sur 16 eaux) 1, ou 6 p. c.
- N.-O (sur 2 eaux) 0.
On voit qu'avec la limite Ok%oOO, on serait amené à déclarer
mauvaises des eaux qui pourraient encore, pour l'ensemble de
leurs qualités, être admises comme potables faute de mieux.
(Iles eaux sont comprises dans notre limite de l«'",oOO. Ce sont
notamment :
62, B. (le Bruxelles, p. priv,y qui contient, à côté de Op'.SBo
de résidu fixe, une quantité de chlore dépassant peu les limites,
et qui ne renferme pas de matières animales ni d'autres sub-
stances nuisibles ;
20. PL de l'Université, p. piibL, dont l'acide azotique et le
chlore ne dépassent les limites que dans des proportions accep-
tables ;
19. R. de Aamur, p, pubL, 19;
43. R. Vlemindx,p. publ.;
26. R. de la Station, p. priv. d.
Loin de nous toutefois l'intention de ranger parmi les
a bonnes » les eaux qui laissent un résidu dépassant la limite
de 08%500. Nous ne les admettons que comme « passables » ou
pouvant servir faute de mieux, et à condition que des ana-
lyses répétées n'y aient jamais décelé la présence de matières
organiques d'origine animale non brûlées, c'est-à-dire que ces
eaux ne renferment pas plus de 0«s050 de matières organiques,
soient exemptes d'acide azoteux et d'ammoniaque et ne dégagent
pas d'odeur azotée lors de la calci nation du résidu.
Nous avons ici :
Bonnes 8 p. c.
Passables 54 —
Mauvaises . 38 —
(107)
Dureté.
>artie Sud- Est de la ville.
CSii.NAT10?i DES EAUX.
(S* et i^rovcaaDM.)
Degré
hydr»-
tim.
Centre (partie basse)
DÉSIGNATION DKS EAUX.
( N* et proTeoaace.)
Degrë
hydro-
tim.
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
( M" et provcnanee.)
Degré
bydro-
tim.
L R.Vleminckx, p.priv. 38
IVieax- Marché, p.' 40
pabl. n* 38. i
LR.(lesConle$,p.pubi. 41
l.*R.(i€sJoy.-EDtr..p. 43
priT. a.
m. R. des Récollcts, p.
priv. c.
49. * — — a.
56. R. de la Laie. p. pr. c.
63. R des Pénitentes, p.
pabl.
57. R. de la Laie, p. pr. d.
sa - — e.
66. Voer des Capucins,
p. publ.
59. R. de la Laie, p. pr./.
55. - — ft.
54. - - a.
53. Marché au poisson,
p. publ.
46. R. de Paris, p priv.
52. R. Notre-Dame, p.
priv.
65. R. de Bruxelles, p.
priv.
6t. R. de Malines, p,
priv. a,
6i. R. de la Fontaine , p
publ.
9
11
20
ai
i26
30
X^
34
34
34
34
35
36
43
44
45
71. R. de Tcrvueren, p.
publ.
68. R. du Souci, p. publ.
33
45
(108)
Partie Sud -Est de la ville.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* «t proreoaoee.)
âO. PI. de l'Uni?ersité, p.
pabl.
IM), R. de Savoie (R. de
Tirlemont), p. publ.
i9, R. de Namar, p. publ.
n« 19.
H. R. des Bourgmestres,
p. publ. n» 33.
'^ R. de la Monnaie, p.
publ. n« 23.
28. R. de la Station, p.
priv. d.
•^1 S^Quentin, p. publ.
n«46.
i. ^Contre le cimetière,
p. priv.
i\. R. des Joy.-Entr , p.
priv. c.
1 PI. de Liège, p. publ.
in. PI. Marguer., p. publ.
4. R. des Bourgmestres
(R.deTirlem.), p.publ.
88. R. de Diest, p. publ.
ta. R. de Tirlem. (R. de
la Monnaie), p. publ.
44. ♦Vieux - Marché , p.
publ. n* 37.
24. R. de Marengo, p.
priv.
iA. R. des Corbeaux, p.
publ.
5. R. de Tirlemont, p.
pubL n« 31.
4:J. r. des Vaches, p.
priv. c.
hydro-
Uni.
46
46
48
49
50
51
53
53
56
56
57
57
58
58
59
60
61
62
64
Centre ( partie basse).
DÉSIGNATION DES EAUX.
(R* «l proveoanec.)
50. R. des Récollels, p.
priv. ù.
47. PI. Saint- Antoine, p.
publ.
DcgH
hydro-
tim.
54
56
Partie Nord-Ouest.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(R« cl prvrcnaocc.)
kjin.
R. des Dominic. iri.,
p. publ. n* 67.
( 109 )
Dux>eté [suite).
Partie Sud- Est de la
ville.
Centre ( partie basse).
Partie Nord-Ouest.
D£slClfAT10II DES EAUX.
Deurt
hydre,
lim.
DÉSIGNATION DES EAUX.
Degré
hydro-
tira.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N« ei proTcnanee.)
Dcgrë
bydro.
tim.
ïè. R. de la Station, p.
priT. e.
k». «R. Saiot-Martin, p.
pri?.
6, R Marie-Thérèse, p.
pobl.
10. R. des Joy.-EDtr., p.
prÎT. b.
18. R. de Perk, p. publ.
ii«25.
6»
65
67
68
68
48. R. des Moutons, p.
priv.
65
2:1. PLduPeuple,p.publ.
68
7. *R. des Bogards, p.
priv. a.
8. — - 6.
72
76
:». R. de la Cuiller, p.
publ.
;i. R. des Vaches, p.
pri?. a.
!iR.deTirl.(R.Vlem.î,
p.pabl.nM2.
:U. ♦R.duChène.p.publ.
76
76
80
80
i&, «R de la Suiion, p.
prîT. 0.
S.» — — a.
88
91
.*«. R. des Poulets, p.
publ. n- 35.
13. R. de Tirlemont, p.
priv.
96
104
Moyenne. . .
Moyenne. . .
•
Moyenne. . .
60
35
43
1
( 110 )
Dureté. — Sûr 61 eaux examinées,
6, ou 10 p. c, ont une dureté qui ne dépasse pas la limite de
32 degrés ^ :
Dans le S.-E. de la ville (sur î)9 eaux) 0.
— ceatre — (sur 19 eaux) 6, ou 32 p. c.
— N.-O. — (sur 3 eaux) 0.
85, ou 90 p. c, ont une dureté supérieure à 32®. Parmi ces
dernières,
39, ou 64 p. c, ont une dureté comprise entre 32<> et 64«, à
savoir :
Dans le S.-E. de la ville (sur .39 eaux) 24, ou 6â p. c.
— centre — (sur 19 eaux) 12, ou 63 p. c.
— N.-O. — (sur 3 eaux) ^ ou 100 p. c.
16, OU 26 p. c. , ont une dureté supérieure à 64"; et l'on en compte
13, ou 21 p. c, dont la dureté ne dépasse pas 90'» :
Dans le S.-E. de la ville (sur 39 eaux) 12, ou 31 p. c.
— centre — (sur 19 eaux) 1, ou 5 p. c.
_ ^..0. — (sur 3 eaux) 0.
3, ou 5 p. c, dont la dureté dépasse 90® : elles sont situées
dans le S.-E. de la ville (3 sur 39, ou 7 p. c).
De même que pour le résidu d'évaporation, il faudra, en ce
qui concerne les eaux de puits de Louvain à ranger dans la
catégorie de « passables », admettre des limites un peu lai^s,
soit 64*»; et l'on pourrait même dans certains cas forcer encore
cette limite.
Seraient ainsi, du chef de la dureté :
Bonnes 10 p. c.
Passables 64 —
Mauvaises 26 —
* Rappelons que:
1 degré français (Boutron et Boudet) corresp. k 0s^0i0 de carbonate alcalino-terreax,
1 — allemand correspond à Of ■',010 d'oxyde alcalino-terreux,
1 — anglais correspond à 0«r,0076 de carbonate alcaiino-terreox
par 1 litre d*eau. De sorte que les équivalents sont :
Degré français, Degrë allemand. Degré anglaia,
1. 0,56 0,76.
( 111 )
Rapprochons les uns des autres, dans un tableau comparatif,
les rapports centésimaux que nous venons d'établir.
Les chiffres inscrits dans les diverses colonnes indiquent
donc, pour les trois parties et pour Tensemble de la ville, les
nombres d'eaux pour cent appartenant aux différents types du
chef des teneurs en matières diverses.
Ne dépassant
pas
les limites ordin. i
Comprises (
entre les limites )
ordin. )
<^ et nos limites, f
Dépassant
nos limites dans
une
certaine mesure.
Dépassant 1
, de beaucoup nos '
I limites. {
'
Mat.
on
Aeiile
■10-
leuK.
Ammo-
aiaqiie.
Acide
lique.
Chlore.
AeMe
•ulfu-
rlque.
R«(|ida
fixe.
Dureté.
S.-E.delaville.
39
74
67
0
0
32
0
0
Centre —
m
94
62
:%)
31
82
31
32
N.-O. -
40
t)0
60
0
0
0
0
0
Sur l'ensemble.
47
76
m
9
8
48
8
40
S.-E.de la Tille.
. ,
. .
0
47
49
62
Centre —
. .
31
:w
6:4
63
N.-O.
. .
20
40
. .
400
400
Sur l'ensemble.
■ .
9
24
54
64
S.-E.delaville.
42
47
24
43
38
68
27
34
Centre —
t>()
0
34
45
25
48
0
5
N.-O. -
60
20
0
40
20
0
0
0
Sur l'ensemble.
;H8
43
24
44
:«
52
19
24
S.-E.delaville.
48
42
9
.87
45
24
7
Centre —
44
6
7
45
6
. .
6
0
N.-O. -
0
20
40
40
40
...
0
0
Sur l'ensemble.
415
44
44
68
3^>
••
49
5
Comme on a pu le voir, parmi les eaux de puits de Louvain
il y en a un certain nombre qui sont notoirement influencées
par des circonstances tout à fait locales ou accidentelles. Ce
sont, entre autres :
a. Lessivage ou chute directe dans les puits de matériaux de
construction, provenant de démolitions, bâtisses nouvelles, etc.
25. R. de la Statim, p. priv, a ;
26. — — b;
27. — — c;
( 112 )
24, PL de l'Université, p. priv. ;
9. R. des Joyeuses-EtUrées, p. priv. a ;
7. R. des BogardSy p. priv. a.
b. Voisinage actuel ou ancien de fabriques de produits chi-
miques :
3L R. du Chêne, p. publ. (ancienne saline);
2i. PI. de r Université, p. priv. (ancienne saline);
40. R. Saint-Martin, p. priv. (tannerie).
c. Proximité de dépôts de matières animales ou végétales :
/. Contre le cimetière, p. priv. ;
44. Vieu^jc Marché, p. publ. ir 37.
d. Proximité de latrines, égouts, etc., dont Tétanchéité peut
laisser à désirer :
49. R. des Récollets, p. priv. a.
Dans ces divers cas, les eaux subissent manifestement des
influences de voisinage tout à fait extraordinaires. Ainsi les
puits de 3L R. du Chêne, p. publ., et 2L PL de l'Université,
p. priv., reçoivent des eaux chargées de chlorure sodique
provenant d'une ancienne saline qui était située à peu de
distance, ce chlorure sodique entraînant d'ailleurs avec lui
les autres sels renfermés dans le sol. Les puits qui corres-
pondent aux analyses n« 44 et n" 4S sont situés aux deux extré-
mités d'une même place (Vieux Marché). La pompe 37, qui
est plus près des habitations et qui est presque constam-
ment entourée d'un marché public, renferme beaucoup plus
d'acide azotique, de chlore, de matières organiques et de
matières fixes que la pompe 38 ; il est évident que la première
est directement influencée par les circonstances indiquées.
L'eau de 53. Marché au Poissofi, p. ptibL, exposée à des
influences analogues, contient à certains moments de l'ammo-
niaque ainsi qu'une quantité assez forte de matières organiques,
acide azotique, chlore, etc.
(H3)
Les variations qui peuvent se produire dans ces influences
locales se reflètent dans les changements éprouvés aux di-
verses époques par h composition des eaux. (Voir l'annexe au
tableau I.)
En ce qui concerne ces changements, on remarquera qu'ils
sont pour certaines eaux assez fréquents et assez accentués :
ils ont lieu d'une année, d'une saison ou même d'un mois à
l'autre ; et la teneur en éléments divers varie parfois du simple
au double ou même dans des proportions plus considérables
encore. Sont particulièrement sujettes à variation les eaux de :
S. PL d€ Liège, p. pubL (mat. organ., dureté, ac. azotique,
chlore, etc.);
42. R. de Tirlemont (R. Vleminckx), p, publ. (mat. organ.,
ac. azotique) ;
43. R, de Tirlemont y p. priv, (ac. azotique, résidu d'évapo-
ration) ;
48. R. de Perk, p. publ. (mat. organ.) ;
Z2. R. de Tirlemont (R. de la Monnaie), p. pubU (mat. organ.) ;
i4. R. de Marengo, p. priv. (ac. azotique, chlore, dureté);
34. R. du Chêne, p. publ. (mat. organ., chlore).
Se font au contraire remarquer par la constance relative de
leur composition les eaux de :
20. PI. de l'Université, p. publ.;
22. R. de la Monnaie, p. publ. n« 25;
45. Vieux Marché, p. publ. h® 38 ;
66. Voer des Capucins, p. publ.;
o. R. de Tirlemont, p. publ. n<> 34.
Les variations que peut subir la composition d'une eau sont
dues, soit comme nous le disions tantôt à des changements
survenus dans les influences locales, soit à un épuisement plus
ou moins rapide, soit enfin aux circonstances météorologiques
(pluies abondantes, sécheresse prolongée).
Lorsqu'on a aflaire à une eau qui à un moment donné ne
renferme pas de matières caractérisant les substances d'origine
animale, notamment à l'état de putréfaction, il faut vérifier
avec un soin tout particulier si ces matières ne s'y sont pas ren-
Tome XXXVIL 8
( H4)
contrées au moins une fois, ne fût-ce qu'en quantité minime,
à quelque autre époque où cette même eau aurait été analysée.
En effet, il serait alors à craindre que la présence de ces souil-
lures ne se répétât à certains moments et n'occasionnât la
propagation des germes pathogènes.
Nous en venons à l'appréciation générale des eaux de puits
ordinaires de Louvain et à leur répartition entre les trois
catégories de « bonnes », a passables, faute de mieux » ou
« médiocres », et « mauvaises ».
Nous nous reportons pour cela aux considérations que nous
avons développées dans la partie générale de cette étude, et
nous nous basons directement sur les résultats d'analyses que
nous venons d'indiquer et de commenter.
Les eaux dont on sait que la souillure est au moins en grande
partie accidentelle et qui peut-être ont été précisément appor-
tées à analyser par suite de c^tte circonstance, ne doivent
évidemment pas entrer en ligne de compte alors qu'il s'agit
d'examiner d'une manière générale la nature des eaux de puits
(le Louvain. Notons toutefois que ces cas accidentels pourraient
se présenter pour toutes les pompes en général.
11 est aisé de reconnaître que la grande majorité des eaux
de puits de Louvain se trouvant dans des conditions supposées
normales ont une teneur trop élevée en acide azotique, chlore,
acide sulfurique et résidu d'évaporation.
Ainsi, dans la partie S.-E. (partie haute) de la ville on note
tout particulièrement des teneurs excessives en résidu d'é\'a-
poration, acide azotique, acide sulfurique, chlore, etc., et
une très grande dureté. Les eaux mêmes qui, en raison de
leur éloignement de toute cause extérieure d'altération, peuvent
être prises comme types pour cette partie de la ville, par
exemple 28. R. de la StiUion, p. priv. d, située dans un terrain
cultivé mais non habité encore au moment de la prise d'essai,
présentent des teneurs assez élevées en résidu d'évaporation et
des teneurs en chlore et en acide azotique dépassant de beau-
coup les limites les plus larges.
( 115 )
Quant aux eaux du centre (partie basse) de la ville, elles sont
le plus souvent souillées par la présence en quantité considé-
rable de chlore, acide azotique et matières organiques.
Aucune eau de puits de Louvain ne peut être déclarée abso-
lu ment bonne. La première catégorie ne comprend que les
moins mauvaises ou celles qui sont relativement bonnes. Ainsi,
parmi les meilleures :
56. R. de la Laie, p. prw. c, demanderait à être vérifiée, en
même temps que les eaux des puits situés dans le voisinage,
au point de vue de la teneur en résidu fixe, du degré de
dureté, etc. ;
66. Voer des Capucins, p. pubL, est sujette à varier de compo-
sition, et Tacide azotique y a été trouvé une fois trop abondant;
5/. R. des RécoUets , p.priv. c, renferme trop d'acide azo-
tique;
63. R. de Rruxelles, p. priv., contient trop de chlore et les
variations y sont à craindre ;
5i. R. Notre-Dame, p. priv., renferme des traces d'ammo-
niaque qui inspirent des doutes au sujet de sa qualité.
Classifions successivement toutes ces eaux ^, en nous basant
d'abord sur les maxima généralement admis, et ensuite sur les
limites plus reculées que nous avons proposées pour la partie
basse de la Belgique. (Voir les tableaux ci-après.)
* Il est entendu que nous excluons de ceUe classiâcation les eaux dont la
qualité est notoirement influencée par des. circonstances locales ou acciden-
telles. Nous n*y comprenons pas non plus les eaux dont Tanalyse n*a pas élé
assez complète, comme celles qui sont renseignées au tableau général sous
les n" 17, 34, 42, 46, 49, 57, 58, 59, 60, 61, 62.
( 116 )
Classification des eaux de puits ^rimm
EjH se "basaxit sux* les xnascima e;ë]:iérale]ii.eii.t admis.
QOALITtfS.
Partie S.-E. de la ville.
Boioe.
i9. R. de Namf, p. publ. n» 19.
P«8ablM VgQ pj de l'Université, p. publ.
00 {
28. R. de la Station, p. priv.d.
45. R. VIem., p. publ. n» 48.
22. R. de Tirlemonl (R. de la
Monnaie), p. publ. n» 28.
30.R deSav.(R.deTirl.),p.pu.
4Î1 Vieux-M^hé, p. publ. n-> 38.
3. R.d.Bourgin.,p.pub.no32.
18. R. de Perk, p. publ. n« 23.
il. R. des Joy.-Entr., p.priv. c.
33. S«-Quent., p. publ. n» 46.
38. R. de Diest, p. publ.
32. R. de la Mon., p. publ. no 23.
40. R. des Joy.-Entr., p. priv.^.
29. R. de la Station, p. priv. e.
4. R. d, Bourgra. (R. de Tirl.),
p. publ.
Iaaraises./i4. R. des Corbeaux, p. publ.
5. R.deTirl.,p.publ.n«3i.
13. R. de Tirlemont, p. priv.
41. R. des Vaches, p. priv. a.
43. — — c.
37. PI. Marguerite, p. publ. .
39. R. de la Cuiller, p. publ.
6. R. Marie-Thérèse, p. publ.
24. R. de Marengo, p. priv.
8. R. des Bogards, p. priv. b.
36. R. des Poul., p publ no35.
35. R. des Cordes, p. publ.
46. R. Vleminckx, p. priv."
23. PI. du Peuple, p. publ.
2. PI. de Liège, p. publ.
42. R. de Tirlem. (R. Vle-
I minckx), p. publ. n^ 42.
Centre (partie basse).
56. R. de la Laie, p. priv. e.
66. Voer des Capuc, p publ.
64. R. des RécoU., p. priv. c
63. R. de Bruxelles, p. priv.
52. R. Notre-Dame, p. priv.
54. R. de la Laie, p. priv. a.
63. M«'»' au Poisson, p. publ.
47. Pl.S»-Antoine,p.pubL
46. R. des Moutons, p. priv.
55. R. de la Laie, p. priv. b.
63. R. des Pénitentes, p. publ.
50. R. des Récollets, p.priv. b.
64. R.de la Fontaine, p. publ.
Partie N.-O. delavillc.
74. R deTer^'uerenji.jfflli
69. R. des Dom. irl., p. ('UU.
70. R. des Nains, p. poLl.
67. R. des Chevaliers, p. piM
68. R. duSouci,p.pQbL
( 117 )
î UsTain d'après rcnseiiiUe de leurs qualifés.
ESn se "basant sur nos limites élargies.
Partie S.- E. de la ville.
Centre (partie basse).
Partie N.-O. de la ville.
\9.
lao.
là).
H5.
•I ,
Iwrts 30.
|4S.
H,
R. de Namor, p. publ. n<> 49.
PI. de rUaiversité, p. publ
R. de la Station, p. priv. d.
R. Vleminckx, p. publ. n° 18.
R.deTirl.(R.deIaMonn.),
p. publ. DO 28.
R. de SaT. (R. de Tirl.), p. pu
Vieux-Marché, p. pub. n^SS.
R. d. RourgiD.. p. pub. n? 31
R.dePerk,p.publ. no25.
R. des Joy.-Entr., p. priv. c.
!â. S'-Quentin, p. publ. n*> 46.
38. R.deDiest,p. publ.
1 32. R. de la Mon , p. publ.no23.
10. R. des Joy.-Entr., p. priv b.
29. R de la Station, p. priv. e.
4. R. des BonrgDi. (R. de Tirl),
p. publ.
14. R. des Corbeaux, p. publ.
5. R. de Tirl., p. publ. n« 3t.
13. R. de Tirlemont, p. priv.
41. R. des Vaches, p. priv. a,
J«- - - c.
37. PI. Marguerite, p. publ.
39. R. de la Cuiller, p. publ.
6. R. Marie-Thérèse, p. publ.
24. R. de Marengo, p. priv.
8. R. des Bogards, p. priv. b,
36. R. des Poul., p. publ. n*35.
35. R. des Cordes, p. publ.
16. R. Vleminckx, p. priv.
23. PL du Peuple, p. publ.
, 1 PI. de Liège, p publ.
* llR.de Tirlem. (R. Vlem.),
1 p publ. n» 11
ISS, R. de la Laie, p. priv. c.
66. Voer des Capuc, p. publ.
M. R. des RécoU., p. priv. c.
65. R. de Bruxelles, p. priv.
52. R. Notre-Dame, p. priv.
54. R. de la Laie, p. priv. a.
53. M*^^ au Poisson, p. publ.
47. PI. S*- Antoine, p. publ.
46. R. des Moutons, p. priv.
55. R. de la Laie, p. priv b,
63. R. des Pénitentes , p. publ.
50 R. des RécoU., p. priv. b.
64. R. de la Fontaine, p. publ.
71. R. deTervuercn,p. publ,
69. R. des Dom. irl., p. publ,
70. R. desNains,p.pubL
67. R. des Chevaliers, p. publ,
68. R. du Souci, p. publ.
(H8)
Le résultat de cette classification nous montre une fois de
plus que pour Louvain plusieurs des maxima généralement
admis doivent être forcés considérablement; et nous aurons
tantôt la même observation à faire pour toute la partie basse
de la Belgique.
Voici comment se répartissent dans les diverses parties de
la ville, entre les puits publics et les puits privés, les trois
catégories d'eaux établies d'après nos limites :
B«IIIM.
Païubles |
•0 i
mi'ïmrn. i
Partie S.-E. de la ville . . .
Centre (partie basse) . . . .
PartieN.-O. delà ville: . .
ËNSRUBLi: DE LA VILLE.
Partie S.-E. de la ville . . .
Centre (partie basse) ....
Partie N.-O. de la ville . . .
Ensemble de la ville.
I Partie S.-E. de la ville . . .
Centre ( partie basse) . . . .
PartieN.-0.de la ville. . .
K.nsemble de la ville.
Totaux généraux.
PUITS rUBLICS.
ruiT< PRIVtfS.
eNSBBtLK
da
0
2 p. c.
0
0
4 p. c.
0
0
6 p. c.
0
2 p c.
4 p. c.
6 p. V.
46 p. c.
0
4 -
4 p c.
4 -
0
20 p. c.
4 -
4 -
20 p. c.
8 p. c.
28 p. <;.
28 p. c.
8 -
6 —
i6 p. c.
8 -
0
4i p. c.
46 -
6 -
42 p. c.
24 p. c.
66 p. c.
W p. c.
36 p. c.
400 p. c.
( «9 )
S. Eaux de puils ordinaires de diverses localités en dehors
de Louvain.
En se plaçant au point de vue de l'hygiène publique et en
se basant à la fois sur la géologie et la géographie physique
de la Belgique, on peut, avec M. G. Dewalque *, diviser comme
suit notre pays en un certain nombre de circonscriptions natu-
relles et régions distinctes :
Zone littorale
Zones des deux Flandres et de la Campine (région
sablonneuse) ^ Basse Belgique.
Zones du Hainaut,du Brabant et de la Hesbaje (région
limoneuse)
Zone de la vallée de la Sambre et de la Meuse * . .
Zones de l'Entre-Sambre-et-Meuse, du Condroz et { Moyenne Belgique,
du plateau de Hervé
Zone de i'Ardenne Haute Belgique.
Zone du bas Luxembourg.
Parmi les eaux de puits de diverses localités de la Belgique
que nous avons examinées et dont la composition est rensei-
gnée dans le tableau II ci après, la plupart appartiennent à la
basse Belgique, quelques-unes à la moyenne et à la haute Bel-
gique.
* Rapport sur la division de la Belgique en circonscriptions naturelles,
par le D' G. Dewalqae, professeur à KUniversité de Liège, président du Con-
seil de salubrité publique de la province de Liège, etc. — Bulletin de la
Société royale de Médecine publique du royaume de Belgique, 4« fascicule,
1.1, 1878, pp. 327-337.
* La Société royale de Médecine publique divise aujourd'hui celte zone en
deux : la zone du Centre et la zone du pays de Liège.
( 120 )
II. — Eaux de piiiU êHûuirei
PROVENANCE.
CARACTÈRES
phjiiqaei
et
organoleptlqacs.
DURETÉ
TENEUR (ER GftAOI
liqu*.
AcM«
•loteux.
liXIIâ généralenent admis. . .
Hasselt, R. Vieille. . p. pub.
— Grand'Place, —
— R. des Cheva- —
liers,
— Marché au Bois —
— Près de lAthôo. -
— R. dé Maeslr., —
— R. d'Une per- —
sonne,
-— R. du Démer, —
— R.de8Récoll., —
— Paards Demer, —
-- R. Isabelle —
— PrèsVogelzang,—
Moyennes des n»* l-il
Dec. i876
Avril 1877
Claire, trentp.. qqt
floe. ferrof ; inod,
Clelrc. peiiit flneoos
ferreg.; lood.; mt.
Claire, fli
coalear Jaunâtre;
odeur de gag.
Chire, rarca Qoeoni
JannAtrea; savaur
D«pAt fondroananx;
odaur de latrinci
et de fai.
Claire, dépôt roufe;
Ineol., iuod., lioD-
ehoo noirci.
Claire , peu de floe.
rouge»; eoul. Jau
oAtre, inod.
Claire, qqt Ooc. ron-
gea; od. Mtide, foAt
de molli.
Claire, floe. tr.raree;
iaeal, inod.. saveur
nomiale.
Claire, floe. rouget;
coui iaonitre, od.
fétide faible.
Floeona rongea ; od
fétide, aaveur ma-
Floe. rouge* «liond.;
od.deUiSctdegas
Jemappes, p. priv
Longchamps, p. priv. a. . .
- - ^. . .
Tiriemont, p. priv
Winghe- S*- Georges, p. priv.
Mars i881
Juin 1880
Mars 1881
Juin. 187H
Normaux.
Id.
Id.
Id.
Id.
320
740
58
69
48
70
§8
oa
6»
71
70
47
58
$3«
32-
19
21
13
14
15
16
17
(I) Observations microscopiques. — N«> 14 et 15. Cellules végétales, débris organiques, qqt bactér
46
0.027
0.087
0.015
0.048
0.061
0.008
0.044
0.070
0.030
o.o:)j
0.039
0.960
0.014
0.059
0.425
0.175
0.132
0.150
0431
a46l
oja
oii
aw
ais
aam
OJC
0l39(
0.»
oii
0.50
On peu,
0
Traena.
Peo.
0
0.28
au
ojn
0.14
0.1Q
( 121 )
e dîTfiws localités.
1 LITRE).
ftae
MiruÀ
■atièiM
Offf»-
aiqaes
CARACTÈRES DU RÉSIDU D'ÉVAPORATION SÉCHÉ A HO».
QouiiM
gr-
Ptf I lit.
Aflipect.
d«la
ealclMillmi.
CoMpoaltIo».
REMARQUES
dlYcnet.
I
M' 0
K 0
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M3 0.(MO
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M4' OÛOT
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tel.
WaooOT
IH 10.0017
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»13| 0
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a072
0.052
0i63
ai39
0.250
a046
0.i09
0.405
0.087
0.085
0.483
0.069
0.131
1390
4.860
1300
4.480
4.500
1940
4.780
2.450
4.970
4.880
4.900
2.050
Jaune «tm
polau noira.
JawM-omgé.
Jaune -Tongaàl.
GrU-Jannàtre.
Noircit peu.
Brunit assez.
Roireil fortement.
Noircit assez.
Rolrclt
od. forte, aaotéa.
Noircit peu.
Molfdt, ne fond
pas; od. empjr.
Molrelt un peu.
Noircit fort; od.
OM. forte.
Jaune-Boirltre.
Jaone*roufe
brun foneé; aie.
eriataUiuea.
Ass. Si0a,Pa08iK;peuFe;
pas Md.
PeuSi08;Pa05l?)îre, K.
Bcp SiOj, Fe; peu K ; pas PjOs.
Bcp Fe, Na ; ass. K, Mn, SiO^;
traces PsOs-
Un peu SiOa ; pas P^Os.
Ass. SiOa, K, Fe, Mn; pas P^Os'
K, SiOj; traces PjOs.
Bcp Fe ; ass. Mn ; un peu K,
Na,SiO,;pasPA.
Ass. SiOj, Fe, K; pas Mn
ni Vfis-
Fe, K,Si0a;pasP505.
Fe.
0470
0.020
0.020
0.485
4.400
0.627
0.147
4.400
0.640
Bcp SiOs ; ass. Na, K. P^Os;
pasMn.
Beirelt, puis Uan-
eliit; od. enipj
reuaa tique.
Noirelt.
Bcp K, Na; traces Fe; pas P^Os.
(•)
( 122 )
II. — Eaux de puits êrdiaaire
PROVENANCK.
CARACTERES
physiques
el
organolepliques.
DURETÉ
TENEUR {ES ULAMI
llqaa.
Aelda
asotcvx.
Biaque.
i8
i9
20
SI
ââ
â3
24
25
26
27
28
29
30
31
32
3:)
31
35
lAIIli g^i^ralrnenl admis. . .
Bruges
Blankcnberghc
Bruxelles. K. S»«-Cathoriue.
- R. tlu Remorqueur.
• — R. (l'Argent . . .
— R. de Loxum . .
Juin. 1873
Sept. 1881
Juin 4873
Août 1880
Juin. 1873
Id.
Dec. 4883
noc. blaDcs; autres
wniet. normal]
Qqs légers flocons;
savear normale.
Claire; odeur et sa
veur de moisi.
Moyennes des n»» 20-24.
Ixclles
S'-Josse-ten-Noode
Maiines, p. priv
Aerschot, p. priv
Hamme-Mille, p. priv. a. . .
- — A . .
Kerckoin, p. priv
Lubbeck, p. priv
Wygniael,p. priv
Héverlé, p. priv. i
Liège, labor de l'Université.
— R. Florimont
Juin. 1873
Juin 4873
Juin. 4880
Avnl 1873
Mars 4873
Floe. eolor. ; goAt
parlieuUer.
Traub.,dtfB4t bmn,
\nài bmn,
uile, un
! Claire, léger dépAt'
blene,ed. demoUI;'
sav. partieulière.
Août 4884
Dec. 4«83
Nov. 4870
Janv.4872
Août 4873
Id.
Claire, transp., pas
de àépùt; Inod
Claire, saveur d'eau
de pluie.
44
24
51
44
42
5
3
25
II
47
24
0.027
0.460
o.a%
0
0
0.00016
0.465
0.0004
0.572
0.442
0.283
0.242
0.056
0.032
Traces
0.006
0.091
0
0.030
0.0001
0
0.00017
0.0040
0.0006
0
0
0
0
Traces.
0
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Voir aussi plus loin « Eaux de sources ».
( 123 )
Jim-sn loeaiiléf (suile).
Matières
«rsa-
CARACTÈRES DU RÉSIDU D'ÉVAPORATION SÉCHÉ A iiO*.
QaaoUlé
fr.
par I liU
■«■«a
de la
CoMpaaItIo».
REMARQUES
dircrset-
0.135
0.470
0.275
0.060
0.030
0.I2S
0.095
aos5
Âss.
0.010
0.007
O.i90
0.082
0.001
0.465
0.7â0
19120
0.730
0.S45
i.090
i.390
0.930
0.87S
0.55o
1.340
0.880
0.193
0.390
0.435
0.950
0.900
0.310
1.735
0.655
a815
Jaunâtre.
iaoBCT bjgrosc
Sec.
noircit fortenaot.
Noircit, blanchit
ilifllciiemeot.
noircit un pen;
blanchit
très lentement.
BcpK;ass. PaOsî peu Mn.
Bcp Na, Moy» K, Mn; peu PjOs;
pas Fe, SiOi.
BcpMD;P,08;K(Ca,Na).
Jaunâtre.
Asscm blanc,
un peu bygrosc.
Noircit.
Noircit peu.
PjOs, K,Na; pas Mn.
Bcp K, Na, (]a; traces Mn.
Hygroac.
Ne noircit pas.
Hoy> PsOs, K; un peu Mn.
Ca,Na, K; traces P^Os? Mn?
Jaune pâle.
Blane, see, eris-
tallin.
Blanc.
Blanc, sec.
Hoireit fortenient:
perte de poids :
Jannlt an peu; pas
d'odenr.
!loircit; pas d'od.
Id.
Hoirdt fortement.
Perte de poids :
= IMM0.
!|oire.,blan.facU.,
pétille, brâlc;
Perte de poids :
Jaunit un peu sur
les bords, blan
ehit lenumenu
Roirdi, blanchit
facilement.
Fc, Ca,K,Pa05.
BcpK, Na.
Bcp K; pas Mu.
Peu SiOj.
Communication
avec eaux de cui-
sine tolsine.
Bcp K, Ca, Na; traces PtO^i
Mn?
Ass. Na, K; traces Mn, P^Os.
BcpMn,Fe,Na,K; peu PjOa
pas SiOi.
(124)
II. — Eam de puîls ordiMii^
PROVENANCE.
DATE.
CARACTÈRES
phyiiqnct
Cl
orfanolepllquM.
DURETÉ
TENEUR (EN GKUB
Aeide
tiqar.
»faM[ae.
37
40
44
42
43
44
45
46
47
lAXIlA géoénleDcol admis.
Thieu
Vonéche, p. pubi
— p. priv
Hamoir, p. priv
Beauraing, p. priv. . . .
Environs de Dînant (terrain
schisteux).
Ibid. (terrain calcareux).
Dînant
Anvers, p. priv
— ancienne enceinte. .
— nouvelle —
Dec. 1874
Août i88i
Id.
Juin. 4873
Dec. i87â
Avril 1878
Id.
Id.
Dec. 1876
1879-4882
Caract. normaui.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
19
27
30
36
92
80
75
0.027
0.008
Traee*.
Peu.
Peu.
0
0 I U
Traces. <
0
Bep. : ûj
(
470
42
16
52
48
43
0.435
0.432 Peu.
0.448
Bep.
vLf
PctL «H
(125)
t iiimta lecalitcs {suite).
1 UTRE).
CARACTÈRES DU RÉSIDU D'ÉYAPORATIÛN SÉCHÉ A 440».
REMARQUES
dlTCrMI.
ée
■autres
orga-
ll^a••.
car-
pari lit.
dala
caielnatloa.
ConpositioB.
m
0
0
0
ope.
0
0
aoso
0.500
0.060
0.024
0.295
0.340
0.745
0.670
Jaune, ir. pâle.
HoiKii. paia blao-
Pas SiOâ.
0
Sec.
Hygrosc.
Jaaail, noircit,
blancliit an. vile.
Noircit, faible o4.
animale.
Moy» Na, Ca. K; Mn; peu P.Ob;
traces Fe; pas SiOj.
Mn.
, , , ]
Moyeaaea d'ana-
ly»««$ pratiquéet
uar U H llânl^
^
0
0
0.005
0.460
0.4ÏO
0.405
0.920
4.500
4.520
4.340
Induitriel à Dî-
nant.
Pas P,05.
Hejrennet d'ana-
lyaci praiiqDëei
par M. le D' Van
Melekebcke, a An-
vers
P=
■■^"■^
( 126 )
En groupant ou classifiant ces eaux, d'abord au point de
vue de leur teneur en matières diverses, puis au point de vue
général de leur admissibilité dans Talimentation , nous dis-
tinguerons entre les eaux de la basse Belgique et celles de la
moyenne et haute Belgique.
Xexiours en matières organiques.
Basse Belgique.
Moyenne et haute Belgique.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(!l* ei proTcnanee.)
Gram-
parim.
DÉSir.SATION DES EAUX.
(R* el pro^rBante.)
Cnm-
p«r 1 lii.
38. Wygmael, p. priv
^^* j Hamme-Hille, p. priv. . . .
|î* î Longchamps, p. priv
27. Malines, p. priv
3a. Lubbeek, p. priv
23. Ixellcs
0.001
0.008
0.020
0.025
0.082
0.095
0.405
0.420
0.421
0.i2o
0.425
0.426
0.170
0.170
0.185
0.190
44. Dinant
41. Beauraing, p. priv
40. Hamoir, p. priv
35. Liège (labor. de ri'uivers.) .
0.005
0.021
0.0»)
47. Anvers (nouv. enceinte). . .
46. — (anc. — ). . .
;|^~j Hasselt, p. pubI
26. Sainl-Josse-ten-Noodc . . .
iS. Bruges
^" Bruxelles
19! Blankenberghe
VS. Jemappes, p. priv
16. Tirlemont, p. priv
3i. Kerckom, p. priv
0.465
En admettant comme maximum Ok'jOoO,
Sur 20 eaux examinées,
7, ou 35 p. c., ont une teneur qui ne dépasse pas les limites,
à savoir :
Dans la basse Belgique . .
— moyenne Belgique )
-T- haute Belgique j
tsur 46 eaux) 4, ou 35 p. c.
(sur 4 eaux) 3, ou 75 p. c.
(127)
13, OU 65 p. c, ont une teneur supérieure. Parmi celles-ci,
2, ou 10 p. c, ont une teneur comprise entre 0«',0S0 et O'^lOO,
soit :
Dans la basse Belgique . .
— moyenne Belgique )
— haute Belgique {
. (sur 46 eaux] % ou là p. c.
. (sur 4 eaux) 0.
M, ou o5 p. C, ont une teneur supérieure à 0«',100, à savoir :
Dans la basse Belgique .... (sur 16 eaux) 10, ou 63 p. c.
- moyenne Belgique) „„ 4 ,,„„ i, ou 88 p. c.
— haule Belgique )
Seraient donc, du chef de la teneur en matières organiques :
Bonnes 3J( p. c.
Passables ou médiocres .... 10 —
Mauvaises 55 —
Xeneurs en aoide axsoteux.
Basse Belgique.
Moyenne et haute Belgique.
DÉSIGNATION DES EAUX.
Cnm-
I>ar1lil.
DÉSIGNATION DES EAUX.
GrM-
par 1 Ut.
I3w Jemappes, p. priv
15. Longehamps, p. priv. 6 . . .
16. Tirlcmont, p. priv
n. Winghe-S»-Gcorgeâ. p. priv.
18. Bruges
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
40. Hamoir, p. priv
u
27. Malines, p. priv
38. Aerschot, p. priv
^' 1 Hamme-Mille, p. priv. . . .
M. Héverlé,p.priv
ÎS. Lubbeek, p. priv
33. Wygmael, p. priv
( 128)
Ten.eu.rs en aoide azoteiuc {suite).
Basse Belgique.
Moyenne et haute Belgique.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(R* el provtiuiaee.)
Grain-
Bies
par 1 lit.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* et proveatnce.)
Gnm-
met
pari lit.
14. LoDgchamps, p. priv. a. . .
37. Thiea
Tntu.
Id.
Id.
Id.
Peu
0.00016
0.00017
0.00060
0.00100
38. Vonôche. p. publ
39. — p. priv
47. Anvers inouv. enceinte) . . .
31. Kerckom, p. priv
46. Anvers (anc. enceinte). . . .
49. Blankenberghe
22" Bruxelles
Peu.
Id.
Z4.
96. Saint-Josse-ten-Noodc . . .
25 Ixelles
Sur 23 eaux examinées,
12, ou 52 p. c, ne renferment pas d'acide azoteux, à savoir :
Dans la basse Belgique .... (sur 90 eaux) 44, ou 56 p. c.
- W-e Belgique» 3 i^^^gg .
— haute Belgique J ^ > r
11, ou 48 p. c, en contiennent. Parmi celles-ci,
4, ou 17 p. c, n'en contiennent que des traces, à savoir :
Dans la basse Belgique .... (sur 90 eaux) 4, ou 90 p. c.
(sur 3 eaux) 0.
moyenne Belgique )
— haute Belgique
7, ou 31 p. c, en renferment des quantités notables, à savoir :
Dans la basse Belgique .... (sur 90 eaux) 6^ ou 95 p. c.
— moyenne Belgique ) , „ va .«
~ haute Belgique | ' ' <*"^ 3 eaux) 9, ou 67 p. c.
Du chef de l'acide azoteux, on pourrait donc en déclarer :
Bonnes 59 p. c.
Passables ou médiocres .... 47 —
Mauvaises 31 —
(129)
rr eneuTs en aiiiiiioiiiaqu.e .
Basse Belgique.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(SI* et proTCoann.)
Grem-
parllll,
Moyenne et haute Belgique.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* et provrnaDee.)
pari lit.
44. Longcbtmps, p. priv. a . . .
47. Winghe-S^-Georges, p. prÎT.
48. Bruges
25. Ixelles
96. Saint-Josse-ten Noode. . .
ST. Malines, p. priv
.^' I Hamme-Mille, p. priv. . . .
31. Kerkom, p. priv
iti. Lttbbeek, p. priv
34. Héverlé, p. priv
U" j fimxelles
45. Longchamps, p. priv. b . , .
37. Thicu
43. Jemappes, p. priv
46. Tirlemont, p. priv
3i Wygmael, p. priv
47. Anvers (nouv. enceinte) . . .
S8. Aerscbot, p. priv
49 Blankenberghe
46. Anvers (anc. enceinte). . . .
dont.
TracM.
Id.
Uopca.
Id.
Id.
Id.
0.0004
0.0004
Bcp.
40. Hamoir,p. priv.. .
38. Vonéche, p. publ.
39. Vonéche, p. publ.
Bcp.
Sur 23 eaux examinées,
12, ou 52 p. c, ne contiennent pas d'ammoniaque, à savoir :
Dans la basse Belgiqae .... (sur 'iO eaux) 40, ou 50 p c.
- «"<•»«»»« Belgique. 3 2,oubTp.c.
— baate Belgiqae 1 '
Tome XXXVII. 9
(130)
H, OU 48 p. c, en renferment. Parmi celles-ci,
3, ou 13 p. c, n'en contiennent que des traces, soit :
Dans la basse Belgique . . . . (sur 90 eaoz) 3, on iS p. c.
— moyenne Belgique {
. . (sur 3 eaux) 0.
haute Belgique i
8, OU 35 p. c, en contienneiit des quantités appréciables, à
savoir :
Dans la basse Belgique .... (sur 30 eaux) 7, ou 35 p. c.
(sur 3 eaux) i, ou 33 p. c.
— moyenne Belgique j
— haute Belgique i
Sont donc, du chef de la teneur en ammoniaque :
Bonnes 52 p. c.
Passables ou médiocres . . . . i3 —
Mauvaises 35 —
rreneurs
exi aoide aasotlque.
Basse Belgique.
Moyenne et haute Belgique.
DÉSIGNATICN DES EAUX.
( N* et provenaora. )
Gram-
met
par 1 lit.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(M* et provenance.)
6r«M-
laee
pwfllti.
32. Lubbeek, p. priv
28. Aerschot, p. priv
29. Hamme-Mille, p. priv. a. . .
27. Malines, p. priv
30. Hamme-Mille. p. priv. b. . .
26. Saint- Josse-ten-Noode . . .
ll'j Hasselt, p. publ
3i. Kerkom, p. priv
47. Anvers (nouv. enceinte). . .
46. " (anc. — ). . .
16. Tirlemoni, p. priv
Jg j Longchamps, p. priv
48. Bruges
0
Traces.
0.006
0.032
0.035
0.056
0.059
0.09i
0.H8
0.132
0.150
0.i53
0.460
iO. Hamoir, p. priv
35. Liège, lab. de l'Université . .
44. Dinant
0.008
0.030
0,135
(131)
ITeneurs en aolde azotique {suite).
Basse Belgique.
Moyenne et haute Belgique.
bÉSICKATION DES EAUX.
Gram-
mea
parllii
DÉSIGNATION DES EAUX.
(H* et dMRnaiioB.)
Gnn.
MM
par i nu
«. Izelles
0.319
0.383
0.435
0.930
S"} BrazeUes
ia Jemappes, p. pri¥.
19. Blankenberghe
Sur 20 eaux examinées,
7, ou 35 p. c, contiennent au plus O^'jOSK d'acide azotique,
à savoir :
Dans la basse Belgique .... (sur i7 eaux) 5, ou 30 p. c.
— moyenne Belgique j , « ^ n,
— haute Belgique { ' ' ^*"' 3 eaux, 3, ou 67 p. c.
13, ou 63 p. c, en contiennent plus de Ok',035.
3, ou 45 p. c, en renferment de Ob'jOSS à 08^,100 :
Dans la basse Belgique .... (sur il eaux) 3, ou 18 p. c.
— moyenne Belgique ) , « ^
~ haute Belgique 5 ' ' ^'"^ ^''^^^'
10, ou 50 p. c, en renferment au delà de 0«%100. Parmi
celles-ci,
H, ou 30 p. c, en contiennent de 0«%100 à 0*^,200 :
Dans la basse Belgique .... (sur il eaux) 5, ou 30 p. c.
— moyenne Belgique ) , o » . ««
— haute Belgique } '•• ^*"' 3 eaux) d. ou 33 p. c.
4, ou 20 p. c, au delà de 0»%200, soit :
Dans la basse Belgique .... (sur 47 eaux) 4, ou 33 p. c.
— moyenne Belgique )
— h.uf Belgique 1 ' ' <'" ^*»"^"-
( 132 )
Sont donc, du chef de la teneur en acide azotique :
Bonnes 35 p. c.
Passables ou médiocres .... 15 —
Mauvaises 50 —
ITeneurs en olilore.
Basse Belgique.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* et provenance.)
Gren-
me«
pari lit
Moyenne et haute Belgique.
1>ËSIGNATI0N DES EAUX.
( N* et prorenance.)
37. Thieu
28. Aerschot, p. priv
S' j Hamme-Mille , p. priv. . . .
48. Bruges
49. Blankenberghe
25. Ixclies
47. Anvers (nouv. enceinte) . . .
17. Winghe-S*-George8, p. priv.
S7. Malines, p. priv
34. Kerkom, p. priv
46. Tirlemonl, p. priv
126. Saint-Josse-ten-l>Ioo(le. . . .
1^* I Longcharaps, p. priv
32. Lubbeek, p. priv
d4~| Bruxelles
34. Héverlé, p. priv
43. Jemappes, p. priv
46. Anvers (anc. enceinte). . . .
il~î Hasselt, p. pubi
Traeet.
0.008
0.056
0.056
0.084
0.402
0.405
0.440
0.420
0.445
0.433
0.450
0.473
0.485
0.28^
0.284
0.285
40. Hanioir, p. priv ,
35. Liège, labor. de l'Université
39. Vonôche, p. priv
36. Liège, R. Florimont ....
0
0.017
0.028
0.070
44. Dinant
0.1^
(133)
Sur 24 eaux examinées,
H, ou 2S p. c, renferment moins de Ok',035 de chlore, à
savoir :
Dans la basse Belgique .... (sur 19 eaux) 3, ou 46 p. c.
— moyenne Belgique i , „ > o ^m
, ^ , . f . . sur S eaux) 3, ou 60 p. c.
— haute Belgique (
18, OU 7o p. C., en contiennent plus de O^'jOSS. Sur ce nombre,
4, ou 17 p. c, en contiennent de 0«',03J) à Op',100, à savoir :
Dans la basse Belgique .... (sur 49 eaux) 3, ou 46 p. c.
— moyenne Belgique i
— haute Belgique )
(sur 5 eaux] 4, ou 20 p. c.
14, OU t>8 p. C, en renferment au delà de 0«',100, dont
10, ou 42 p. c, en renferment de 0«%100 à 0«%200, à savoir :
Dans la basse Belgique .... (sur 49 eaux) 9, ou 47 p. c.
— moTenn.B.lgiqa.> 8 «.«,) i. ou 80 p. c.
— haute Belgique ) ' * i-
4, OU 16 p. C, en contiennent plus de 0«',200, soit :
Dans la basse Belgique .... (sur 49 eaux) 4, ou 24 p. c.
— moyenne Belgique ) / » , n
u . D I • I . • (sur S eaux 0.
— haute Belgique )
Sont donc, du chef de la teneur en chlore :
Bonnes 25 p. c.
Passables ou médiocres .... 47 —
Mauvaises 42 —
Teneurs exi aoide sulfurlQue.
Basse Belgique.
DtSICNATION DES EAUX.
("S* el pr»T«aaoM.)
Gram-
Mr I lit,
Moyenne et haute Belgique.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(R'el pioteoance.)
Cran-
nés
par lia.
33. Lnbbeek, p. priv
Il' j Longchamps, p. priv
47. Winghe-S<-Georges, p. priv.
34. Héverlé, p. pri?
Tr. peu.
0.044
0.072
0076
44. Bcauraing, p. priv.
44. Dinant
0
0,068
(134)
X'eiieii.rs en acide sulfurlque {suite).
Basse Belgique.
Moyenne et haute Belgique.
DÉSIGNATION DES EAUX.
( !!• el proTCOanee.)
Gram-
pari lit.
DÉSIGNATION DES EAUX.
GraM-
p«r 1 lii.
3i. Kerkom, p. priv
Ass.
36. Liège. R.Florimont
0.080
â8. Aerschot, p. priv
Id.
35. — Labor.de rUniversité.
0.100
IJ^ Bruxelles
0.i05
S6. Saint- Josse-ten-Noode . . .
0.i60
S7. Malines, p. priv
o.aoo
^Ifj Hassell, p. publ
0.357
8 eaux sur 14 renferment moins de Qk^IOO d'acide sulfu-
rique, soit 57 p. e.
Sur 10 eaux de la basse Belgique examinées,
4, ou 40 p. c., renferment moins de Oc, 100 d'acide sulfurique;
3, ou 30 p. c, renferment moins de 09^,150 d'acide solfiirique;
3, ou 30 p. c.f renferment plus de 08%i50 d'acide sulfurique.
Pour la moyenne et la haute Belgique, les 4 eaux examinées
(100 p. c.) renferment au plus 0«^,100.
En ce qui concerne l'acide sulfurique, sont donc :
Bonnes 57 p. c
Passables ou médiocres . . . . ( ,.
Mauvaises ) ~
(138 )
T'eneurs en rësldu d'évaporation.
Basse Belgique.
Moyenne et haute Belgique.
DÉSIGNATION DES EAUX.
Cnm-
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* et provroanrf.)
Gram-
parllU.
i8. Aerschot, p. priv
3a Wygmacl, p priv
^Q* 1 Hamme-Mille, p. priv. . . .
i5. lielIes
17. Winghe-S»- Georges
{i* j Ungchamps, p. priv
0.493
0.34C
0.412
0.S55
0.640
0.687
0.720
0.875
0.880
0.900
0.950
4.400
4.310
4.340
4.520
4.7:45
4.900
4.920
4.400
38. Vonéche, p. publ
39. — p. priv
35. Liège, labor. de l'Université.
41. Beauraing, p. priv
40. Hamoir. d. nriv
0.295
0.340
0.655
0.670
0.745
48. Bruges . .
36. Liège, R. Florimont
44. Dinanl
U"! Bruxelles
27. Malines, p. priv
33. Labbeek, p. priv
31. Kerkom, p. priv
46. Tirlemont, p. priv
47. Anvers (nouv. enceinte) . . .
96. Saint-Josse-ten-Noode . .
46. Anvers îanc. enceinte!. . . .
34. Héverlé, p. priv
^^"1 Hasselt, p. publ
49. BUnkenberghe
43. Jemappes, p. priv
0.845
0J)20
Sur 36 eaux examinées,
îi, ou 19 p. c, ont des teneurs inférieures à Op',500, à savoir :
Dans la basse Belsiaue .... (sur 49 eaux) 3, ou 46 p. c.
- EmS?"!- • (sur 7e.«,)2.ou»p.e.
31, ou 81 p. c, ont des teneurs supérieures à Os^ySOO. Parmi
celles-ci,
17, ou 65 p. c. , ont des teneurs comprises entre 0«',600 et lïf.SOO :
Dans la basse Belsique .... (sur 49 eaux) 42, on 63 p. c.
— moyenne Belgique)
— baute Belgique j
(sur 7 eaux) 5, ou 71 p.c.
( 136)
4, ou 16 p. c, contiennent plus de 1^^,500 :
Dans la basse Belgique .... (sur i9 eaux) 4, ou â1 p. c.
- «»»ï«»»« Belgique) ^
— haute Belgique )
Du chef de la teneur en résidu d'évaporation, sont donc :
Bonnes '19 p. c.
Passables ou médiocres .... 65 —
Mauvaises 46 —
Dureté.
Basse Belgique.
DÉSIGNATION DES EAUX.
(N* cl prorenaoee.)
..
Degr4
hydro-
tlm.
Moyenne et haute Belgique.
DÉSIGNATION DES EAUX.
( N* et proTea«nec.)
Dcfrc
tln.
â8. Aerschot, p. priv
33. Wygmacl, p. pri?
34. Kertom, p. priv
^' j Hamme-Mille
43. JemappeSy p. priv. . . .
]i' I Longcbamps, p. priv. .
49. Blankenberghe
37. Thieu
32. Lubbeek, p. priv
48. Bruges
46. TirlemoDt, p. priv. . . .
S7. Malines, p. priv
55. Ixelles
24 { Bruxelles
34. Héverlé, p. priv
56. Saint-Josse-ten-Noode .
j^^\ Hasselt, p. pubi
47. Anvers (nouv. enceinte;.
46. — {anc. — ).
7
24
28
3:^
34
40
44
44
46
47
48
48
54
58
6:^
76
80
44. Beauraing, p. priv
42. Environs de Dinant (schiste) .
43. - (calcaire).
49
27
:io
44. Dinant
36
( 137 )
Sur 33 eaux examinées,
8, ou 3S p. c, ont une dureté ne dépassant pas 33° :
Dans la basse Belgique .... (sur 49 eaux) 5, ou 26 p. c.
13, ou 65 p. c, ont une dureté qui dépasse 33«. Parmi celles-ci,
13, ou 57 p. c, ont une dureté comprise entre 33" et 64" :
Dans la basse Belgique. . . . (sur 49 eaux) i% ou 63 p. c.
— moyenne Belgique )
-> haute Belgique f '
(sur 4 eaux) 4,ouS5p.c.
3, ou 8 p. c, ont une dureté dépassant 64" :
Dans la basse Belgique .... (sur 49 eaux) % ou 44 p. c.
— moyenne Belgique ) i a \ù
— haute Belgique )
Du chef de la dureté, sont :
Bonnes 35 p. c.
Passables ou médiocres .... 57 —
Mauvaises 8 —
Le tableau ci-après résume les rapports centésimaux :
Ne dépassant ( Basse Belgique.,
pas { « • : __
J^»">^*^"*>°-( Sur l'ensemble.
Comprises f Basse Belgique.
entre les limites ) Moy. — )
ordin. ) Haute — ]
et nos limites. ( Sur l'ensemble, i
Dépassant r Basse Belgique.'
DOS limites dans } Moy,
une
certaine mesure.
Haute —
Sur l'ensemble.
Basse Belgique.
deb^uçoupnos^îJ»^^ Z
Sur l'ensemble.
Mai.
organ.
Acide
leui.
niaqae
A«Me
aïo-
lique.
Chlore.
Aoide
•ulfor.
Rëaida
axe.
OarclA
25
55
50
30
46
40
46
26
76
:«
67
67
60
400
29
75
35
52
52
35
25
57
49
:fô
48
46
63
63
, .
. .
0
20
. ,
74
25
45
47
65
57
42
20
45
30
47
30
24
44
0
0
0
33
20
0
0
0
40
47
43
:m
42
24
16
8
(î3
25
35
22
24
30
. .
. ,
25
67
33
0
0
0
. .
. .
55
34
35
20
46
22
( 138 )
Ou voit que ces eaux renferment le plus souvent, surtout
dans les villes et dans la partie basse du pays, des quantités
fort élevées de matières fixes, notamment de chlorures et de
matières organiques d'origine animale ou encore de produits
de décomposition de celles-ci (azotites, azotates, etc.), ces
matières provenant, soit des terrains, soit directement des
installations avoisinantes.
Les eaux de puits de la moyenne et de la haute Belgique sont
relativement douces et peu chargées de matières fixes (résidu
d'évaporation, nitrates, chlorures, sulfates, etc.).
Les eaux de puits ordinaires de localités diverses, que nous
avons soumises à l'analyse, peuvent, d'après l'ensemble de
leurs qualités et en admettant, pour les eaux de la moyenne
et de la haute Belgique comme pour celles de la basse Bel-
gique, des limites assez larges, se classifier comme suit :
Basse Belgique.
Moyenne et haute Belgique.
Bonnes. . . <
39.
30.
28.
^i7.
Hammc -Mille, p. priv. a,
Aei'schol, p. priv.
Wvgmael , p. priv.
Wînghe-S*-Georges, p. priv.
40. Hamoir, p. priv.
44. Beauraing,p.priv.
:%. Vonécbe,p.Dubl.
42. Environs de Dinanl (schiste).
4:1 — — (calcaire).
Passables '
ou
médiocres.
27.
Longcbamps, p. priv. a.
Malines, p. priv.
Lubbeek, p. priv.
44. Dinant.
25.
26.
48.
31.
34.
16.
47.
Ixelles.
S*-Josse-ten-Noo(le.
Bruges.
Kerkom , p. priv.
Héverlé, p. priv.
TirlemoDt,p. priv.
Anvers ( nouv. enc).
36. Liège, R. Florimoot
35. — laborat. de rUniversité.
39. Vonécbe, p. priv.
Mauvaises \
20-
24.
1 Bruxelles.
i9.
13.
46.
Blankenbergbe.
Jemappes, p. priv.
Anvers (anc. enc).
i2.
JHasselt,p. publ.
( 139 )
Pour autant qu'on peut en jtiger d'après un nombre d'ana-
lyses aussi restreint , la proportion d'eaux à ranger dans la
catégorie de bonnes est moins forte dans la basse Belgique que
dsins la moyenne et dans la haute Belgique.
Les meilleures eaux proviennent de la campagne ou de loca-
lités peu populeuses. Celles de Hamme-Mille peuvent être con-
sidérées comme types pour la basse Belgique; celle de Hamoir,
pour la moyenne et la haute Belgique.
Un grand nombre d'eaux de puits de la ville d'Anvers ont
f*té analysées par M. le D' Van Melckebeke, qui a eu l'obligeance
de nous communiquer les résultats de ses essais. Ces résul-
tats concordent avec les nôtres. Nous en avons déduit deux
moyennes que nous avons consignées dans notre tableau II et
nous en extrayons encore l'intéressante statistique ci-après :
Degrés hydrotimétriques. .
(Boairott et Boadct.)
Matières organiques
( CalcaUM d'après la qnantilë d« camé-
léon employé.)
Nilrites
Composés ammoniacaux ]
Nitrates 1
Résidu d'éTaporation à itO<». . . .
De O.OOo à O.O0O
De 0.050 à 0.100
Au delà de 0.100
Absence .
Présence .
Absence . .
Présence .
Absence .
Présence .
De 0.250 à 0.500
De 0.500 à 1.500
De 4.500 à 1000
Au delà de 9.000
Au-dessous de 30».
De 30» à 60» . .
De 60» à 90» . .
An-dessus de 90»
ARCIBNRB
eneeiDte *.
32 p. c.
40 -
28 -
84 -
46 -
58 —
42 -
62 -
38 -
0 -.
48 -
3V -
48 -
2 —
24 -
54 -
20 -
NOUTCLLB
eoeelnte.
44 p. c.
42 -
44 -
8« -
44 -
82 -
48 -
63 -
32 -
4 -
56 -
26 —
44 —
40 -
20 -
40 —
* M Van Meickebeke entend par ancienne enceinte la partie de la ville située
enireles avenues du Commerce, des Arts, de Tlndostrie, du Sud, et TEscaut.
( 140)
Les résultats de nos analyses d'eaux de puits de la ville de
Bruxelles et de ses faubourgs sont sensiblement d'accord avec
ceux que mentionne M. Yerstraeten ^. Parmi ces eaux il n*y
en a qu'un très petit nombre qui puissent être admises comme
passables ; la plupart sont de mauvaise qualité.
Nous avons eu l'occasion d'étudier tout particulièrement les
eaux de diverses pompes publiques de la ville de Hasselt : ces
eaux sont très mauvaises. D'abord le terrain leur communique
une forte teneur en matières minérales (chaux, acide sulfu-
rique, chlorures, etc.) ; en outre, elles sont souillées à un degré
extrême par des infiltrations de matières animales (matières
organiques, chlore, acide sulfurique, acide azotique, hydro-
gène sulfuré, ammoniaque, acide azoteux) provenant notam-
ment des étables, qui sont fort nombreuses dans la ville. Quel-
quefois aussi l'eau des puits de Hasselt est contaminée par des
fuites de gaz (matières goudronneuses, ammoniaque, hydro-
gène sulfurée Les eaux les plus mauvaises sont celles des par-
ties basses de la ville, où les étables sont le plus nombreuses
et où l'oxydation des matières organiques dans le sous-sol
s'effectue sur une échelle moindre que dans les parties plus
élevées.
• fj)c. ciL
( 141
3. Eanx de puiU artésiens de Louvain et des environs.
Comme le montrent nos analyses (voir tableau III ci-après),
ces eaux sont rarement souillées d'une manière notable par
la présence de matières organiques ou de leurs produits de
décomposition intermédiaire. A peine y rencontre-t-on quel-
ques matières humiques, mais peu ou point de matières capa-
bles d'absorber une grande quantité d'oxygène.
L'acide azotique ne s'y trouve qu'en très faible quantité et
reste de beaucoup en dessous des limites.
Le chlore s'y rencontre parfois en quantité assez notable,
principalement dans les puits qui pénètrent jusqu'au terrain
crétacé ou jusqu'au terrain primaire.
La teneur en résidu salin est moindre pour les eaux de puits
artésiens que pour celles des puits ordinaires.
La dureté est faible ; et elle est moindre pour les eaux des
puits qui descendent jusqu'aux terrains crétacé et primaires
que pour celles des nappes tertiaires.
En comparant la dureté de ces diverses eaux avec leur teneur
en résidu fixe, on note une différence considérable, surtout
pour les eaux de la nappe crétacée, ce qui indique la présence
d'une proportion très forte de sels alcalins.
Le fer existe parfois en proportion assez notable dans les
eaux artésiennes.
Il est à remarquer, du reste, qu'une grande partie des impu-
retés que peuvent renfermer les eaux artésiennes proviennent
plutôt d'infiltrations des couches supérieures à travers les joints
du tubage (R. de Tirlemont) que des nappes artésiennes pro-
prement dites.
Bref, toutes ces eaux de puits artésiens rentrent dans la
catégorie de « bonnes ».
( m)
m. — Eau de pvili art«iai
1
PROVENANCE.
DATE.
CARACTÈRES
DURETÉ
TENEUR (EKGUnf
phjsl«|aea
et
rovAU.
PUSIS-
TAITC.
Aelde
ilqae.
Aeide
ewceas.
■leqee.
cye
i
4
5
6
7
8
lAIllà g<iéraleBeil adaii. . .
32*
• •
0417
Q
1
Treecs
deat.
0
Tnea
deet.
Treees
dMl.
0
Tieces
deei.
0
0
0
0
a
0.1
o.«
04
OJ
01
. i
m
ad
m
OM
Uéverlé (p. priv.)
Moulin de fer.
Janv. 187^2
Juin i874
Août 1874
Sept. 4871
Août 4880
Mars 4874
Août 4880
Août 4880
24
24
30
42
20
»2
42
44
42
44
2
6
7
2
2
0
0.002
0
0
0.002
0.004
0.004
0.004
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
Hônital civil
Clair*. Mf . d*«aa
de pluie.
Wilsele (fabp. de prod. chim.)
R. Saint-Martin (tannerie). .
Uéverlé (Château)
R. de Tirlcmont (p. priv.) . .
Ateliersdu Graud-Central( < ;.
Col. bleuAttc.
Juill. 4883
Sept. 4871
Août 4880
cuire, W JoeoM
Menés très légers,
iood , seT. oern.
(1) N. 0. Bibet, ingéniear, dan
belge à Louvain (i«r août 1876),-
indique pour cette eau la compoa
Titre hvdrotimétriflue . .
s sa Note tur le puits artésien crt
— Toir Revue universelle des mini
ition suivante :
. . . K« 1/^ Il Alumine
susé aux atel
'S, etc., tome l
iersdu Grand
LL,4876,2«5en
■Ccntn
IWtTf-
O.OO
tracBJ
Résidu fixe
0.4G3
0.044
0.016
0.056
0.336
Oxyde fe
rrinuA
Carbonate de chaux •
Acide silicique. . .
Matières organiques .
Acide sulfurique . .
... ew
•^ magnésie .
O.0U
Carbonate de soude ...
tn(«
Chlorures de sodium et de poti
issium.
(143)
de UiTiin et des enTirens.
B { LITHE).
Aoa
mm
iLiHo
■IqMf.
QvMltiU
r-
pu I lit.
0-060
0.008
0.025
CdO
OOiO
aos5
0.010
0.045
0.002
CARACTÈRES DU RÉSIDU D'ÉYAPORATION SÉCHÉ A H0«.
0.310
o.an5
0.4i8
0.418
0.490
0.i37
0.400
0.400
0.385
0.385
0.583
0.430
de la
0«l«lM«tlO
Noircit p«o etiea-
toiiMat; brdl«« od.
hible.
Noircit 00 peu,
blanchit tA«.
C*oOBr*alCio
REMARQUES
dlTcrset.
Bcp K, Na,Ga;Fe, .Mn; I
traces P«Ob.
Fe = 0.010.
Bcp Fe.
Fc.
Fe.
Puits ,
s'alimentant
à la
couche
artésienne
du
terrain
tertiaire
(landénien).
Puits
s'alimentant
à la
couche
artésienne
du
terrain
secondaire
(crétacé) (*).
foer les autres puits artésiens, M. Bibet donne, en ce qui concerne la dureté, les chiffres suivante;
fc»erlê(p. priv.) «4«»
looiradefer t9»
It-piUl civil «8*/*"
WiWI« fabrique) 51®
R. Saint-Martin (Unnerie) .... 30 V,
Hérerlé (château) t»»/*
R. d6TirlemoBt(p. priv.) . ... !2 •'»
''B^ERUTioKS MICROSCOPIQUES. — N»6. Aucune cellule ni corps organisé.
( 144
i. Eaui de sources, drains, etc. 1.
Nous avons pour la composition des diverses eaux de sources
naturelles, drains, etc., signalées dans le tableau IV ci-après,
les moyennes suivantes :
DURETÉ
TENEUR (EN GRAMMES PAR i LITRE). |
HéYCrlé (château) . . .
totale.
pcnitl.
Aeiae
MO-
tique*
Aeiilc
«»-
t«ai.
Amme.
Iliaque
ChloK.
Aeide
rairur.
Hat.
orgin.
Béiida
d-*».p.
S3
8
0.(Mi
0
0
0057
Trmcct.
0.030
0.290
Bruxelles (distribut.).
â8
8
O.Oââ
0
0
O.Oiâ
0.007
0.064
0391
Liège (distribution.)
S5
H
0.00B
0.028
Peu.
T»er»
0.340
Dînant, Hastière,
Beauraing, etc.
33
U
0.014
0.016
0.029
0.008
0.300
La source du château d'Héverlé appartient, comme nous
l'avons dit déjà, à la nappe aquifère qui alimente les puits
ordinaires de la ville de Louvain ; recuesillie dans un terrain
boisé et qui n'est soumis à aucune culture spéciale, elle est le
type le plus pur des eaux de cette nappe, considérée dans la
partie qui avoisine le cours de la Dyle.
^ RemarquoDS que, la disliDCtion enire une eau de source (source vive) et
une eau de puits (source dormante) élaut parfois délicate à faire, surtout
lorsqu'on ne connaît pas parfaitement le lieu d'origine, il pourrait s'élre
glissé déjà parmi les eaux de puils ordinaires de diverses localités que nous
avons étudiées, et notamment parmi les eaux de puits ordinaires de la
moyenne et de la haute Belgique, quelques eaux de sources proprement dites
(par ex. 41. Beauraing, p. priv.?); et vice-versa, certaines eaux que nous
donnerons ci-aprés comme provenant de sources sont peut-être en réalité des
eaux de puits.
(145)
Nos analyses d'eaux de la distribution de Bruxelles concor-
dent sensiblement avec celles que cite M. Verstraeten ^.
Les eaux de sources et de drains de la moyenne et de la
haute Belgique, provenant de terrains crétacés (eau de distri-
bution de Liège), de terrains calcareux ou de terrains schisteux
(Dinant, Hastière, Beauraing, etc.), sont généraralement plus
pures que les eaux des terrains tertiaires de la basse Belgique,
notamment en ce qui concerne la teneur en matières orga-
niques. Mais le nombre d'échantillons d'eaux de sources que
nous avons analysés n'est pas asser grand pour que nous puis-
sions nous former à cet égard une opinion absolue.
• Loe. ciL; et en outre : Distribution d'eau, — Bruxelles, — Examen topo-
graphique, géologique et hydrologique de la contrée comprise entre la Senne
et la Dyle, Bruxelles et Nivelles: août 1879.
Tome XXXVII. 10
(146)
lY. — Eaux de gMurct,
PROVENANCE.
DATE.
CARACTÈRES
pbjrsiqacs
et
orginolepiiqncg.
DURETÉ
TEMEUR (EH GIlAni
li^M.
Aride
asoteax.
lAXIlA Kéi<rileMil adaii.
Héverlé (château)
'1
&
Boulev. Botanique . . .
R. M.-D.-aax -Neiges . .
PI. des Martyrs
R. Montoyer
R. de la Blanchisserie .
40 •= { Univ»<, Hôtel de ville,
^ J R. d'Archis «.
2 / t'niversilé.
;!? \ PI des Guillemins .
Dinant (moyenne de 4). . . .
Ruisseau de Leffe (Dinant) .
Environs de Dinant (schiste).
— (calcaire).
Neffc (près Dinant)
Moniat (ibid)
Hastière
Ibid. (distribution) . . . .
Beauraiqg (distribution) . . .
Juin. 4883
Juin 4873
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Dec. 4883
Août 4873
Fév. 4883
Janv. 4883
Avril 1878
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Claire, wns dépAl.
Normaux.
Floeons blancs, lar,
ua peu ailringrntc,
Normaux.
Id.
Id.
820
S3
â8
34
S6
26
30
2o
So
34
46
27
28
21
24
29
20
3»
4
44
41
42
45
43
7
46
40
0.027
0.041
0045
0.060
0.007
0.046
0.016
0.040
0
0.006
Traces
insigaif.
0.046
0.040
Les résultats des analyses de ces trois échantillons d'eau ont été absolument concordants.
(147 )
iraiBfy elc.
K 1 UTBB).
CARACTÈRES DU RÉSIDU DÉVAPORÀTION SÉCHÉ A 440«.
REMARQUES
diTcrtea.
ciée
■1-
riqoe.
Hjdf*-
«•Itaffé.
Matière*
orga-
niqiir..
QBantitë
en fr.
pvllii.
Ampmct.
Effets
de la
CoHBronltloa.
uoo
0
0
Bcp.
0.050
0.030
0.420
0.070
0.042
0.042
0080
0.090
0.500
0.290
0.405
0.350
0.400
0.440
Blanc, sec.
Koireil faiblemS
paa d*oa.
Source n«inreUe.
4H0
IHO
Sec, pallleliet
Blanc, ace.
Noirril très peu.
IMrcit et Uanehlt
lentement.
Si0s,K;pcuMnetP,05.
I>eu Na, Ca, K; traces Hn;
pas PaOa.
Saurcee et drftioa
do baaaia aopë.
rienrdaBaiB,dn
ptatean dn boia
014»
1
de la Cambre et
de la ror<t de
iH-i
'
Soignée.
0
Blanc.
Blanc.
Noireit peu.
Ke brunit pai ; paa
d*od. cmpyrennaat.
PeuK, Na; traces PjOs; pas
Hd ni Fe.
Sels calcaires — 0.200; nitrates
= 0.020.
D'après M. le] g "^i
DaprèsM.lelSJ
pbamaeien ] m 8
Bultot. la \
lea.
0
Moiaade
0.002
0.005
0.009
0.340
Iliâi
0.300
0.300
M<ai
Sources naturell.;
d'après
M. n. Henry,
iodostriel
à Dinant.
BB
^1
(148)
5. Eaux counnlefl.
Le tableau V ci-après renseigne la composition des eaux du
Démer à Hasselt, de la Dyle et de la Voer à Louvain, de la Meuse
et de la Lesse près de Dinant.
L'eau du Démer en amont de Hasselt a une composition
relativement satisfaisante. Mais, dans son passage à travers la
ville, elle se surcharge d'une forte quantité de matières d'ori-
gine animale non oxydées, au point de présenter à sa sortie
de Hasselt, malgré la rapidité habituelle d'épuration des cours
d'eau, une teneur considérable en matières organiques, hydro-
gène sulfuré, etc.
Les eaux de la Dyle et de la Voer en amont de Louvain sont
aussi relativement bonnes quant à la teneur en matières orga-
niques et en sels divers. Celles de la Voer sont un peu plus
dures et plus chargées de matières fixes que celles de la Dyle,
sans toutefois dépasser les limites.
Nous avons commencé une étude comparative des eaux de la
Dyle et de la Voer en amont de Louvain ; cet examen n'est pas
terminé; mais nous pouvons dès aujourd'hui déjà en déduire
que les eaux de la Voer sont meilleures que celles de la Dyle
au point de vue alimentaire.
La Dyle, aux diverses époques où nous l'avons examinée, a
subi dans son passage à travers la ville de Louvain, du moulin
Peeters à l'usine à gaz, les accroissements de teneur ci-après :
DATE.
ACGHBlITATlOil ( P. C.)- 1
Dardé.
TENEUR EN |
Résida ftic.
Ae. atoUqaa.
Chlore.
Mal. «rgso. j
Août 4873
47 p. C.
42 p. C.
4îp. C.
60 p. C.
91p. C.
400 p. C.
S2p. C
48 p. c
Août iSSO
Février 1881
Février 4883
4ip.c.
-21p.c.(!)
(149)
En février 1883, on a constaté vers le milieu de la ville (R. de
la Laie) une grande diminution de la teneur en résidu fixe et
aussi une faible réduction de la dureté ; de sorte que, même à
la sortie de la ville, la teneur en matières fixes est restée infé-
rieure à ce que l'on avait à l'entrée. Il est difficile de donner à
ce phénomène une explication péremptoire ; peut-être faut-il
attribuer cette diminution à une infiltration d'eau de citerne,
à un déversement d'eau de pluie, ou à une précipitation de
matières solides effectuée dans le courant de la rivière. On con-
çoit, du reste, que la composition d'une eau traversant une
ville soit sujette à bien des influences perturbatrices. Toujours
est-il que, d'une manière générale, l'eau de la Dyle a constam-
ment empiré dans son passage à travers Louvain, ce qui était
du reste à prévoir.
En ce qui concerne les variations dans le temps, la Dyle à
son entrée à Louvain, de 1873 à 1883, ne parait pas avoir subi
dans sa composition des changements bien notables.
La Voer, dans son parcours entre le Moulin de fer et la R. de
Malines, devient plus chargée de matières fixes (augmentation
de 27 p. c.) et plus dure (augmentation de 7 ^/g p. c).
Les eaux de la Lesse et de la Meuse, près de Dinant, dans la
partie rocheuse de la Belgique, sont moins dures que celles des
cours d'eau des régions terreuses ^.
' On trouve dans Touvrage déjà cité de M. Verstraelen des renseignements
plos complets sar la composition des eaux courantes de Belgique.
(150)
V. — bu
•
II
PROVENANCE.
i
j DATE.
CARACTÈRES
physiques
DURETÉ
Masi«-
TENEUR [tS Gliïïl
Acide
Acide
Amnw .
1^
WTAlt
•te-
i4kn
orgtnolcptiqaet.
TARTI.
liqae.
aiotanz
nlmtme.
lAIlIA géiénleieat idnis. . .
32°
940
0.027
0
0
0
0
i
LeDémerà Hasselt, en amont
de la ville.
Dec. 4876
à
Sam dépAl. iocol..
18
0.006
2
Id. en aval do la ville. . . .
Avril i877
Floc. jaonca, odcar
!23
0.059
CC"
Août 1873
Bep de peiiit flocons
bruns; sav. fade.
18
M
. . .
. . .
m
8
La Dyle à Louvain, au Moulin
Gilbert.
Août 1880
Fév. 1881
Fév. 1883
18
0.005
0
Tracn
niti
!2â
7
. . .
...
O.^K
4
Id. R. de Bruxelles
Août 1873
. . . . ,
. . .
5
6
Id. R.delaLaie
Id. R. de Malines
Fév. 1883
Juin. 1871
21
21
5
0.100
0
Traces.
(W
Août 1873
21
il
. . .
. . .
7
Id. R. du Canal
Fév. 1883
Août 1873
23
21
6
11
. . .
o,a
8
Id. Usine à gaz ^
(
Août 1880
Fév. 1881
Fév. 1883
18
0.008
0
0
f\(\
23
3
...
...
9
La Voer k Louvain, en amont
(au Moulin de fer}.
Fév. 1883
27
7
. . .
•x<
10
Id. R. de Malines
Id.
29
6
. . .
H
La Meuse à Dinant
Avril 1878
14
12
. . .
. . .
• -
4â
La Lesse près Dinant ....
Id.
7
« ...
. . .
L
■^"■■^^
"■*i^^^
( 151 )
niinilM.
,1 1 uthe:.
CARACTÈRES DU RÉSIDU D'ÉVAPORATION SÉCHÉ A iiO».
REMARQUES
di vertes.
Uidr
IBl-
fine
.; nlfaré
Matkrei
«ffa-
ni^naa.
Quantité
engr.
par 1 lit.
Aupecc.
Bffeta
delà
Mlel«««ioa.
MOO
m
m
0
0
0.002
ooso
0.0SO
Oiio
0.030
0045
0500
0.230
0.450
0.515
0.315
Non bygroac.
Noircit; pas d'oJ.
Noireit peu.
Noircit, pois blan-
chit.
Très peu SiO^ et P^Oa.
Très peu K,SiOâ.Mn,Fe;
pas PaOs.
Peu Ca, K, Na; Mn, Fe; pas P-O-.
u
. . .
o.o:«
0.090
0.0d5
o.aso
0.030
0.055
0.380
0.340
0.260
0.350
0.280
0.360
0.240
0.3'iO
Eau filtrée
0
Sec. nn pea
jaune.
Noircit, puis blan-
chit lentemrnt.
BcpMn;Fc;moy»Ca,Na, K;
peu P4O5.
= o,i:,:,>.
Eau filtrée
(mat. en suspens. :,
= !i.045r
0
Blanc.
Perte de poids :
=3 0,000.
Noircit peu, blan-
chit vite.
Bcp Mn, Fe; mov' Na, P^Oj;
peu K.
Eau filtrée
0
sec. paillettes
blanche*.
Noircit.
Bcp Na, K; ass. P^Os; un peu Mn.
9 '
0.045
0.040
0.0 il
o.:ioo
0.330
0.420
Eau filtrée
Eau filtrée
(mat. en snsoent. :
Eau filtrée
(nat. rn suspens. :
D'après
M. H. Henry,
industr. à Dinant.
. (
J_
===
( 182 )
IV.
ESQIIS8E HYDHOLOGIQIK
ou TERRITOIRE DE LA VILLE DE LOUVAIN ET DE SES ENVIRONS.
La ville de Louvain (voir la carte ci-contre) est située sur les
deux rives de la Dyle, entre les points où le niveau moyen des
eaux de cette rivière se trouve aux cotes approximatives de
20 mètres et 16 mètres au-dessus du niveau de la basse mer.
Le cours de la Dyle suit en traversant Louvain une direction
moyenne S.-S.O. à N.-N.E. Aux confins Sud (en amont) de la
ville, près du Moulin Gilbert (à la cote 20 environ), cette rivière
reçoit à droite le Molenbeek, ruisseau dont la direction est à peu
près perpendiculaire à la sienne et qui traverse à 1,600 mètres
(le son embouchure les étangs de Perck (cote 2S). Au centre de
la ville (R. des Récollets, R. de Bruxelles, R. de Malines, etc.),
la Dyle se partage en plusieurs bras; puis, vers le Nord et à
gauche (entre la R. de Malines et la R. du Canal) elle reçoit la
Voer, ruisseau assez important dont le cours vers son embou-
chure est à peu près parallèle à celui de la Dyle ^.
La vallée de la Dyle et de la Voer est à Louvain relativement
étroite. Elle est resserrée d'une part, au S.-E., entre une côte à
pente assez douce (Vieux-Marché, Grand'place, R: des Vaches,
R. S^Martin, PI. du Peuple, PI. de l'Université, etc.), se con-
tinuant, par un plateau (R. de Perck, R. Vleminckx, R. des
* A partir d*un point situé à quelque distance en amont de remboucbore de
la Voer, entre la R. de Malines et la R. du Canal, une branche (Lejrbeek) se
détache de la rive droite de la Dyle et se continue, presque parallëlemeni ii
celle-ci, en dehors de Tenceinle de la ville.
Esqw'sse du territoire de la ville de
LOUVAIN
^ Avec iiuhcaUorv des rues, places pull. eto. ad ont été pris dis éehaiiàUonsdkaax
Herent
I> 'après Icbcartt' do/ dépôt de^ la ^aerre^, fhiUlt/ 32 .
Echdle/ dfy
tf.0' 000
Ùi/i: i^ Sf:Trf;, '-' -' "^
N.B. La cotes se rofjparUnt cuLnweaw dt. la mtr.
CeUes ifui/ 9(mtprêudèts tbv signe, ^inâifaent'
EAUX DE L(
I
Nappe aquifère
Coupe Sud-^
Siid
11
il
NiveiùXL dû la mer
XB. Les CûUs sty rafifWteM au rùotajtv cU la/ mer.
JX DE LOUVAIN
aquifère ordinaire.
[iipe Est-Ouest.
I ?
t
I
\
n\Ji m mû
m 11^ ji 4 Est
iàos-ioaR T ■'•^
2aar~^y7— -
vé£iu
^e la. Mer
ia
FcJieiU
des lûnmiairs. -' -
des Jiauifurs . tooo
.'uJxy (^.Srre^ti.'.^--
(183)
Joyeuses-Entrées, Porte et Route de Tirlemont, Cimetière, etc.),
dont Taltitude est de 33 à 40 mètres; d'autre part, au N.-O.,
par une suite de collines qui atteignent aux Portes de Malines
d de Bruxelles les cotes 50 et 5S, pour s'élever rapidement à
plus de 70 mètres sur les territoires de Herent et de Winxele.
La ville occupe le fond de la vallée (R. des Moutons, R. de
Paris, R. des Récollets, R. Notre-Dame, Voer des Capucins,
PI. S*-Jacques, R. de Bruxelles, R. de la Laie, R. de Malines,
R. du Canal, etc.) et s'étend sur les deux versants jusqu'à la
cote 3o environ. Elle se développe principalement sur le ver-
sant S.-E. et sur le plateau qui fait suite à ce dernier (R. de
Namur, R. de Diest, R. de la Station, R. de Tirlemont, R. Vle-
ininckx, R. Marie-Thérèse, R. des Bourgmestres, R. des
Bogards, R. des Joyeuses-Entrées, etc.). Sur le versant N.-O.,
Ijeaucoup plus abrupt, il n'existe qu'un petit nombre de rues
notons les rues des Chevaliers, du Souci, de Tervueren, des
Nains et des Dominicains irlandais).
Le sol du plateau et du versant S.-E., jusqu'à la cote S5
environ (R. des Moutons, R. de Paris, R. de Diest), est consti-
tué de sables bruxelliens. A partir de ce niveau, en descendant
dans la vallée, et jusque sur la rive gauche de la Voer et de la
Dyle (Jardin Botanique, PI. S^-Jacques, R. de la Fontaine),
l'assise bruxellienne disparaît sous les alluvions. Puis, sur le
versant N.-O. (R. de Tervueren, R. du Souci, R. des Cheva-
liers, etc.), on rencontre l'assise laekénienne, le plus souvent
recouverte de limon quaternaire. Enfin, sur la pente des col-
lines (R. des Dominicains irlandais. Porte de Bruxelles, Porte
de Malines, Mont-César, etc.), à partir de la cote 35 environ,
on trouve le système diestien, reposant en certains endroits sur
de minces assises tongrienne et rupélienne inférieures. À l'en-
trepôt (Mont-César) , le diestien repose immédiatement sur le
bruxellien.
1. Nappe aquifére ordinaire. — L'assise bruxellienne, qui
affleure donc au S.-E., qui est ravinée au centre par les allu-
vions et qui est recouverte au N.-O. par les assises laekénienne
(154)
et diesticnne, s'étend probablement sous tout le territoire de
la ville de Louvain et de ses environs. Cest dans son épaisseur,
et en partie dans Tépaisseur de la couche d'alluvions qui la
ravine, que se rencontre la nappe aquifère libre où s'alimentent
les puits ordinaires de Louvain.
La couche aquifère repose peut-être sur quelque mince lit
d'argile intercalé dans les sables yprésiens supérieurs, lesquels,
à Louvain, existent sous le bruxellien à partir d'une pro-
fondeur moyenne de o mètres environ au-dessus du niveau
de la mer. Peut-être aussi, comme ces minces lits d'argile
yprésienne supérieure manquent souvent de régularité, la
couche aquifère libre a-t-elle sa base sur l'argile yprésienne»
inférieure, soit à une profondeur moyenne de 20 mètres
environ sous le niveau de la mer ^.
Pour bien nous rendre compte de l'allure de cette napper,
nous avons déterminé son profil dans divers sens, en relevant
les niveaux de l'orifice des pompes publiques et d'un certain
nombre de pompes privées, avec la profondeur à laquelle l'eau
s'y rencontre, comme aussi, lorsque l'occasion s'en présentait,
le niveau de l'eau dans la Dyle, la Voer, le Canal, etc.
Voici les principaux itinéraires que nous avons suivis *.
ab) Canal, R. du Château, R. des Chevaliers, R. du Souci,
R. de Tervueren ;
cd) Chemin longeant la Dyle, R. du Gaz, R. du Canal, R. des
Poissonniers, Marché au Poisson;
ef) R. de Malines, Grand'place, R. de Tirlemont;
gh) R. de Bruxelles, Grand'place, R. de Diest ;
y) Voer des Capucins, R. des Récollets, R. de Paris, R. des
Moutons, Montagne des Carmélites, R. de Perck, R. Vleminckx,
R. des Corbeaux.
* Nous avons emprunté ces données géologiques à la carte de Dumonl ei
aux sources renseignées plus loin (p. 160) à propos des puits artésiens. Nous
avons également lire parti des judicieux avis qu'a bien voulu nous donner
notre collègue, M. De la Vallée Poussin.
* Nous tenons à la disposition des personnes que la chose Inléresserail les
planches relatives à ces opérations de nivellement.
( 155 )
Le nombre total de points où nous avons relevé les niveaux
(lu sol et de l'eau dépasse 160.
Le Bureau des travaux publics de la ville de Louvain ilous
a fourni aussi, sur les nivellements des puits publics et privés
(le la localité, un précieux surcroît de renseignements com-
plémentaires et comparatifs.
C'est en combinant tous ces renseignements avec les données
géologiques exposées ci-devant, que nous avons dressé les
deux coupes ci-contre, donnant les profils N.-S. et E.-O. de
la nappe aquifère ordinaire ^.
On voit que cette nappe est continue et unique. dans toute
l'étendue de la ville et de ses environs; ce qui s'explique, du
reste, par l'entière perméabilité du terrain. Son profil général
est assez régulier ; on y trouve reproduites sur une échelle
restreinte les ondulations de la surface du sol. Ainsi l'on
reconnaît que, dans la partie S.-E. de la ville, l'inclinaison de
la nappe est du S.-S.E. vers le N.-N.O., la différence de niveau
entre l'eau du puits de la Porte de Tirlemont et celle de la Dyle
ou de la Voer, R. de Bruxelles, étant de 6 mètres environ. Dans
la partie N.-O. de la ville, la nappe se relève de façon à pré-
senter son inclinaison en sens inverse. Le niveau moyen de
l'eau dans l'enceinte de la ville est de 20 mètres environ. Dans
notre précédente étude 2, nous avons parlé des mouvements
oscillatoires que subit ce niveau et des rapports qui le lient
avec celui du cours de la Dyle et de la Voer.
Au point de vue hydrologique, on distingue donc dans la
nappe aquifère deux parties caractérisées par l'inclinaison et
séparées par le cours de la Dyle : la partie S.-E., ou versant S.-E.
(lu bassin , dont les eaux descendent du Champ de manœuvres
' Nous avons omis, sur ces planches, Tindication des assises yprésiennes,
au sujet desquelles nous ne possédons pas de rensoignements bien précis.
L'inspection de la planche relative aux nappes artésiennes (p. 160) permettra
de s*en faire une idée approximative.
' Noie sur l'influence du sous-sol sur les maladies miasmatiques, etc.,
pp. 22 ei 23.
( 136 )
et de la Porte de Tirleniont; et la partie N.-O., ou versant N.-O.
du bassin, dont les eaux proviennent d'au delà des Portes de
Tervueren, de Bruxelles et de Malines.
Ainsi que le montre notre croquis, le prolongement de la
nappe vers le Sud comprend les étangs de Perck et la source
du château d'Héverlé.
Essayons maintenant de définir les influences générales qui,
dans la ville de Louvain, déterminent la qualité des eaux de
puits ordinaires.
Abstraction faite des causes d'altération tout à fait locales ou
accidentelles, il est évident à priori que la nature des eaux dans
les divers points de la ville dépendra des circonstances sui-
vantes :
a. État de culture et de population. — Un sol recouvert
d'une population dense ou soumis à une culture très active,
se chargera de matières organiques, acide azoteux, ammo-
niaque.
b. Épaisseur de la couche filtrante ou profondeur des puits.
— Une épaisseur de terrain plus ou moins grande occasionne,
d'une part, une oxydation plus ou moins complète des matières
organiques provenant de la surface, d'autre part, la dissolution
d'une quantité plus ou moins forte de matières salines renfer-
mées dans ce terrain.
c. Nature du terrain traversé. — La facilité d'oxydation
des matières organiques venant de la surface dépend de l'état
physique du sous-sol. En outre, la composition chimique de
celui-ci influence fortement la composition de l'eau qui le tra-
verse, notamment au point de vue de la teneur en calcaire, sel
gemme, gypse, phosphates, fer, etc.
rf. Nature des eaux de la partie de la nappe située en amont.
— Ces eaux, coulant suivant l'inclinaison de la nappe, vien-
nent se mélanger en un point donné aux eaux provenant du
voisinage immédiat de ce point , de façon que de ce chef les
eaux de la partie basse d'un versant hydrographique devraient,
malgré l'épaisseur ordinairement moindre du terrain sus-
jacent, avoir ù peu près la même composition que celles des
(187)
parties plus élevées, les éléments existant dans celles-ci devant
nécessairement se retrouver dans celles-là.
e. Voisinage plus ou moins rapproché des cours d'eau. —
Les eaux courantes venant jusqu'à une certaine distance de
leur lit et dans une proportion qu'on pourrait déterminer
approximativement se mêler à celles des deux versants de la
nappe aquifère y produisent, par suite de leur pureté relative,
une diminution de la teneur en matières diverses. Cette in-
fluence est en rapport direct avec l'élévation, assez variable, du
niveau de l'eau dans la rivière.
Ces prévisions théoriques se trouvent en effet réalisées pour
les eaux de Louvain.
Les puits de la partie S.-E. de la ville, depuis la Porte de
Tirlemont jusqu'au Vieux-Marché, sont creusés tout entiers
dans l'assise bruxeliienne et reçoivent des eaux qui n'ont filtré
qu'à travers cette assise. Or, l'assise bruxeliienne étant calca-
reuse et l'épaisseur traversée par les puits du S.-E. relative-
ment grande, il arrive que les eaux de ces puits, sans trop
dépasser cependant pour la plupart les limites extrêmes que
nous avons adoptées pour les teneurs en substances diverses,
sont généralement dures et fort chargées de matières fixes. En
outre, les matières organiques d'origine animale, provenant
des habitations et des champs oîi l'on a répandu de l'engrais,
et s'oxydant assez facilement dans le sous-sol grâce à la nature
sablonneuse de celui-ci et à l'épaisseur de la couche filtrante,
apportent à l'eau un surcroît considérable de teneur en nitrates,
chlorures, etc. C'est ainsi que la grande majorité des eaux de
cette partie de la ville ont des teneurs en ces matières de beau-
coup supérieures à nos teneurs-limites. Il arrive aussi que les
matières organiques, trop abondantes pour être oxydées en
totalité, restent en partie dans les eaux comme telles, ou à l'état
d'ammoniaque ou d'acide azoteux (2. Place de Liège, 12. R. de
Tirlemont (R. Vlemincix), 23. PI. du Peuple, 8. R. des Regards,
p. priv. b., 24. R. de Marengo, 29. R. de la Station, p. priv. e.).
Cependant le cas est assez rare dans cette partie de la ville et
plutôt accidentel ; ces matières arrivent alors directement dans
(138)
l'eau, plutôt que par l'intermédiaire du sous-sol, celui-ci n'en
étant presque jamais imprégné au point de ne plus pouvoir
se prêter à l'oxydation.
Les matières organiques, les nitrates et les chlorures se
rencontrent en proportion relativement moindre dans la plu-
part des puits situés à l'extrême S.-E. de la ville : 28. R. de la
Station, p.priv, d.; 11. R. des Joyeuses-Entrées, p. jmv. c;
15. Rtie Vleminckx, p. publ. n'» 18; 19. R. de Namur,p. pnbl.
tr 19; 18. R. de Perck, p. publ. n« 25; S3. S^-Quentin, p.publ.
n° 46; sans doute à cause de la pureté relative des eaux prove-
nant des terrains non habités ou peu habités situés à l'amont,
les seules eaux, du reste, qui, vu l'inclinaison de la nappe,
passent par la zone considérée. Ainsi le puits : 28. R. de la
Station, p. priv. d, est ouvert dans un terrain qui n'était pas
habité jusque dans ces derniers temps. Il existait toutefois des
habitations à une distance de 200 à 300 mètres (R. Marie-
Thérèse), et le sol servait depuis longtemps à la culture maraî-
chère. L'eau de ce puits peut être prise comme type pour la
partie S.-E. (partie haute) de la ville.
A côté de cette zone, dans la même partie de la ville, il en
existe une autre : 13. R. de Tirlemont, p. prit;.; 12. R. de Tir-
lemont (R. Vleminckx), p. publ. n** 12'; 5. R. de Tirlemont,
p. publ. n*» 31; 4. R. des Rourgmestres (R. de Tirlemont),p.pubL;
10. R. des Joyeuses-Entrées, p. priv. b où, toutes les matières
organiques étant complètement oxydées à la faveur d'une
bonne couche filtrante, les eaux ne renferment que peu de
matières organiques et pas d'acide azoteux ni d'ammoniaque,
mais contiennent une quantité énorme d'acide azotique, chaux,
chlorures, phosphates, sulfates, etc., provenant soit de latrines,
étables et dépôts de fumier, soit de bancs du terrain particu-
lièrement riches en gypse, sel gemme et phosphates, ces corps
étant entraînés en dissolution par les nitrates. Ainsi le puits
13. il. de Tirlemont, p. priv., qui en 1875 et 1876 était complè-
tement abandonné et se trouvait en communication partielle
avec les eaux ménagères d'une cuisine, a été en 1877 nettoyé et
isolé soigneusement : à partir de ce moment l'ammoniaque.
(159)
Tacide azoteux et les matières organiques disparurent à peu
près complètement ; mais les matières salines continuèrent à
y abonder. Ce puits a une profondeur de 16»»,50 environ. On
a creusé tout autour jusqu'à une profondeur de 6 mètres; le
sous-sol était homogène et vierge de toute souillure organique
visible. Les matières minérales sont donc renfermées dans le
terrain.
Au bord Ouest de la région S.-E. : 45, Vieux-Marché, p. pubL
«" 58; 55. R. des Cordes, p. pvbL; 49. R. de Aamiir, p. pubL
r 49; 33. S^-Quentin, p. publ. n<» 46, les eaux, filtrant à travers
une épaisseur de terrain moins forte et subissant peut-être déjà
influence du voisinage relativement proche du cours de la
Uyle, sont généralement moins dures et moins chargées de
matières fixes.
Les puits du fond de la vallée, partie basse ou partie centrale
de la ville, du Vieux-Marché à la PI. S^-Jacques, sont ouverts
dans les terrains d'alluvions. Ceux de la rive droite de la Dyle
(R. des Moutons, PI. S'-Antoine, R. de Paris, etc.) reçoivent
les eaux de la partie S.-E. ; ceux de la rive gauche ^Voer des
Capucins, R. des Pénitentes, R. de la Fontaine, etc.) reçoivent
celles de la partie N.-O. Les eaux de tous ces puits, fortement
influencées par la proximité de la Dyle et de la Voer et ne tra-
versant qu'une faible épaisseur de terrain lessivé depuis long-
temps et presque entièrement épuisé, sont ordinairement assez
ptm chargées de matières salines. Mais elles sont aisément infec-
l(?es par la présence de matières organiques provenant soit du
terrain lui-même (détritus de toute espèce), soit des habitations
qui le couvrent; et ces matières, ne rencontrant qu'un filtre
assez mince et relativement peu poreux, ont beaucoup de peine
à s'oxyder : 63. R. des PénitetHes, p. publ.; 64. R. de la Fon-
taine, p. publ.; 47. PI. S^-Anioine; 55 et 57. R. delà Laie,
p. priv. h et d. Nous avons vu, pages 98 et 144, que le type le
plus pur des eaux de cette partie de la ville de Louvain et de
ses environs est fourni par la Source du château d'IIéverlé, située
H ou S mètres au-dessus du niveau de la Dyle, entre le cha-
fc^an et la Cantine, à l'abri de toute souillure provenant des
( 160 )
déjections animales. Les meilleures eaux de la partie basse de
la ville, telles que celle de 66. Voer des Capucins, p. pubL, se
rapprochent assez de ce type.
Enfin les puits de la partie N.-O. de la ville, de la plac^-^
S'-Jacques jusqu'aux Portes de Bruxelles et de Tervueren,
traversent Tassise laekénienne et pénètrent probablement tous
dans l'assise bruxellienne; les eaux qui y descendent du som-
met des collines filtrent, en outre, à travers l'assise diestienne.
L'ensemble de ces terrains étant relativement peu calcareux, la
population de ce côté peu développée et la distance de la Voer
peu considérable, les eaux sont généralement assez bonnes,
sauf, bien entendu, quand les matières organiques, qui peuvent
s'être infiltrées accidentellement dans le sol, ne sont pas oxy-
dées complètement avant de se mélanger à l'eau : 67. R. des
(^ihevaliers, p. publ.; 68. R. du Souci, p. pubL; 70. R.des Naùis,
p. publ.
2. Nappes artésiennes. — En nous basant sur les donnét^s
consignées dans les ouvrages de M. G. Dewalque ^ et de H. Th.
Verstraeten ^ et dans le Rapport sur le puits artésien de la Place
du Peuple, adressé en 1871 à l'administration communale de
Louvain par notre collègue M. G. Lambert, et principalement
sur celles renfermées dans la Notice de M. 0. Bihet sur le puits
artésien du Grand Central 3, comme aussi sur les renseigne-
ments qu'a bien voulu nous fournir M. Remy d'après M. Van
Ertborn, nous avons esquissé la coupe hydrologique ci-jointe,
portant indication des diverses nappes artésiennes qui existent
sous le territoire de la ville de Louvain et de ses environs.
L'assise bruxellienne, dans laquelle se trouve la nappe aqui-
fère ordinaire, a sous la ville de Louvain et dans son voisinage
une épaisseur qui varie de 12 à 36 mètres, sa base étant à peu
près au niveau de la mer ou à quelques mètres au-dessus de
ce niveau.
< Prodrome cTune description géologique de la Belgique,
* LoccU.
* Ijoc.dU
(161 )
Sous cette assise sablonneuse, éminemment perméable, se
rencontrent les sables plus ou moins argileux, mais néanmoins
assez perméables, de l'assise yprésienne supérieure, dont l'épais-
sear est de 8 à 4{$ mètres. Vient ensuite l'argile imperméable
de l'assise yprésienne inférieure, avec une épaisseur variant de
10 à 40 mètres, sous laquelle se trouvent emprisonnées les
sources de la première couche artésietine. Cette couche est con-
stituée par les sables verts de l'assise landénienne supérieure,
dont Fépai&seur varié de 4 à 28 mètres. Les eaux de cette
couche artésienne s'élèvent dans les puits à une hauteur
moyenne de 24.39 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Les sables lapdéniens reposent sur Targile imperméable de
l'assise landénienne inférieure ; l'épaisseur de celle-ci varie de
10 à 45 mètres. Sous cette couche argileuse se trouve le tuffeau
maestrichtien, rempli de fissures et comprenant à sa base un
lit de silex : c'est une seconde couche artésienne, dont le niveau
hydrostatique moyen est à 32'»,78.
Sous rassise maestrichtienne se rencontre l'assise séno-
nienne, peu perméable dans son ensemble ; à celle-ci succède
le schiste silurien, que ses nombreuses fissures rendent per-
méable au point de constituer une troisième couche artésienne.
Toutes les assises des formations tertiaires et crétacées incli-
nent légèrement vers le Nord. L'inclinaison du lit de silex qui
se trouve à la base du terrain maestrichtien est de 0^,012 en-
viron par 1 mètre.
Les puits artésiens forés à Louvain et dans la banlieue s'ali-
mentent, les uns à la première nappe artésienne, c'est-à-dire
dans le sable iandénien, les autres à la seconde nappe, dans le
tuffeau et le silex maestrichtiens.
Les eaux de ces deux nappes diffèrent donc par leur niveau
hydrostatique, qui est en moyenne de 8™,39 plus élevé pour
les eaux de la seconde nappe.
Notons aussi que la nappe secondaire est plus régulière que
la nappe tertiaire.
Comme nous l'avons vu page 141, les eaux de la seconde
couche artésienne se différencient au point de vue chimique de
Tome XXXVIL 11
( 162)
celles de la première, par un plus faible degré hydrotimétrtque
et une teneur plus forte en chlore et en alcalis.
DMgNliM
de
la
DATE
du
SITUATION DBS PUITS.
Cola
dt
lorilflc.
iS7S
Première 1 *®®
(tertiaire).
"4874
i876
1874
4856
nappe
iirf).J iSTfS
Seconde '
1
fléverlé^ maison privée ....
Moolindefer
H6pital civil
Wilsele, fobrique de prod.chim.
Wygmael, usine
Héverlé, château
R. de Tirlemont, maison privée.
Kessel-Loo, ateliers du G^ Central
— maison privée . . .
24.34
S4.47
S4.7S
47.48
45X)0
30.94
3a48
S9.9S
35.60
45.00
404.00
85.00
60.00
90.00
403.00
470.00
475.60
447.60
- 90.66
- 33JSS
- 63.S8
- 4159
- 75.00
- 69.08
- 90.8S
-400.90
-44100
94.47
sais
38JB
Les puits qui s'alimentent à la seconde couche artésienne
sont ceux dont l'orifice est à un niveau supérieur à celui où
s'élèvent les eaux de la première couche ^.
^ Le puits foré en 1869 sur la Place du Peuple à la cote 8193, jasqu*à une
profondeur totale de 190 mètres, n*a pas donné d*eau Jaillissante, la source ter-
tiaire rencontrée ne s*élevant dans le puits que jusque vers la cote 26.80.
Les renseignements nous manquent au sujet du puits ouvert en 1876 prés
du Canal {dUiillerie).
Le pufu de la R. Sainl-Marlin (lannerie), ouvert en 1860, a son orifice à
la cote 27.51; Teau s*y élève jusqu*à SO^^Sl au-dessus du niveau de la mer.
Mais nous n^avons pas pu obtenir de renseignements certains au sujet de la
profondeur à laquelle la source a été atteinte, ni de Pépaissenr des diverses
assises géologiques que Ton a traversées. Ailssi avons-nous omis ce puits sur
notre coupe hydrologîque. A en juger d*après la composition de Teta (voir
ubleau III), Il doit s'alimenter à la première ntppe.
(163)
3. Eaux de sources et eaux courantes. — La Dyle et ses
affluents de la rive gauche, le Calas, la Lasne avec l'Ohain et la
Rivière d'argent, TYssche et la Voer, prennent leur source à
des cotes comprises entre 130 et 70 mètres, aux environs de
Houtaing-le-Mont, Glabais, Plancenoit, Waterloo, Hoeylaert et
Tervueren, à peu de distance de la ligne de faîte qui sépare le
bassin de la Dyle du bassin de la Senne, entre Nivelles et
Vilvorde. Les sources élevées des cours d'eau que nous venons
d'ënumérer correspondent, sur le versant de la Dyle, à celles de
THain, de la Woluwe, etc., sur le versant de la Senne. Ces
diverses sources, provenant de terrains identiques et de points
peu éloignés les uns des autres, ont une composition à peu
près uniforme, soit, d'après M. Th. Verstraeten i, une dureté
de 20 à 25 degrés et une teneur moyenne en matières fixes de
0^,330 environ (principalement carbonate calcique avec une
faible proportion de chlorures et azotates, ainsi que de sulfate
calcique et de fer; pas de matières organiques ni d'ammo-
niaque). Du reste, cette composition se rapproche beaucoup de
celle que nous avons trouvée aux eaux de diistribution de la
ville de Bruxelles et à celle de la source du château d'Héverlé.
A part cette dernière, nous n'avons pas analysé encore les
eaux des sources des divers affluents de la rive droite de la
Dyle en amont de Louvain : lé Molenbeek, le ruisseau de
Molendael, la Velpe, le ruisseau du Moulin, etc.; mais, à en
juger par la nature des terrains et l'ensemble de nos résultats,
on peut admettre que l'eau de toutes ces sources est de bonne
qualité au point de vue alimentaire.
♦ Loe. cit.
( 164 )
V.
€OiNCLlSiOiNS.
La population d'un endroit donné sera spécialement suscep-
tible de contracter les maladies infectieuses, quand le sol sur
lequel elle habite est sali par des matières d'origine animale
et qu'elle se sert pour l'alimentation d'eau de puits souillée au
contact de ce sol.
Le danger sera particulièrement grand lorsque les décom-
positions de matières animales dans le sol seront arrivées au
plus haut degré de développement, par suite des variations de
température et d'humidité. On a généralement constaté que le
ras se présentait vers la fin de l'été, et dans les moments où le
niveau de la nappe d'eau souterraine descendait rapidement
d'une quantité considérable.
II importe donc que le sous-sol des maisons el des villes soit
aussi propre que possible. S'il est souillé, il feut le purifier
par drainage et en même temps empêcher de nouvelles infil-
trations de latrines, puits perdus, etc., en établissant une
canalisation bien étanche ou en employant tout autre système.
Et il est bien entendu qu'il sera trop tard d'épurer le sous-sol
lorsqu'une épidémie aura éclaté : ces précautions doivent avoir
été prises avant que le mal se soit produit.
Quant au mode d'approvisionnement d'eau alimentaire, il
est évident, d'après ce que nous ayons vu, que les puits ordi-
daires doivent être supprimés dans toutes les localités quelque
peu populeuses, et être remplacés par des distributions d'eau
venant du dehors, c'est-ù-dire d'endroits qui sont et resteront
à l'abri de toute altération due au séjour de l'homme à la
surface du sol.
( 165 )
Rappelons -nous, en effet, les compositions moyennes de
quelques-uns des principaux types d'eaux alimentaires que
nous avons examinés : eaux de puits ordinaires, eaux de puits
artésiens, eaux de sources, eaux courantes.
Daretë
TENEUR (EN GRAMMES PAR 1 LITRE).
TYPES d'eaux.
totale.
Acide
aso-
liquc.
Atlde
•xo-
tcux.-
Ammo-
niaqae
Chlore.
Acide
•ulfor.
M*t.
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Résidu
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0
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0.367
0.068
0.062
0.121
O008
0.005
0050
0.016
0.019
1.900
t
0.412
0.920
0.715
0.376
0.446
( IfapH tertiaire .
Nits aitéiieis. — Leiriii. .
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S9
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28
0.022
0
0
0.012
0.007
0.064
0.39l'
^'^^ } leTCiie 1
1 ethnie Diiait et eivirois ....
23
0.014
0016
0.029
0.008
0.300
U^ ( MÎÎÎe. 1 "^ *••' ^ ^"*'' ^'" ""^^ •
27
0.021
0.040
0.3.30
V Belgi^ic.
7
On reconnaît immédiatement que les types d'eaux de puits
artésiens, d'eaux de sources et d'eaux courantes sont de qualité
meilleure que ceux d'eaux de puits ordinaires, ou au moins
que ceux d'eaux de puits ordinaires des villes.
( 166 )
En ce qui concerne particulièrement les eaux de puits ordi-
naires de Louvain, si Ton considère les renseignements fournis
par l'analyse pour ces eaux et que l'on compare leurs teneurs
en matières diverses avec les teneurs -limites généralement
admises, ou même, comme nous l'avons fait, avec les limites
considérablement élargies, on voit que le résultat de cette
comparaison est très défavorable pour les eaux de la ville, plus
défavorable même qu'on n'aurait pu le supposer à priori.
Ainsi, si nous excluons les eaux de puits dont la mau\'aise
qualité est due à des causes accidentelles, nous pourrons dres-
ser la statistique ci-après :
- ---
Xc d^paiMot
Comprifci
entre
Dép««Mnt
SUR CENT EAUX
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les
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iM llmiief
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RM
ordlualrei.
el
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mesure.
nmiiM.
Matières organiques ....
50 p. C.
•
:« p. C.
12 p. c. '
Acide azoleux
80 -
.
9 —
11 -
Ammoniaque
63 -
■
25 -
12 - ,
Acide azotique
40 -
•10 p. c.
49 -
64 -
Chlore
9 -
28 -
35 -
28 -
Acide sulfurique
50 -
»
50 -
1»
Résidu d'évaporation ....
10 -
«0 -
21 -
H —
Dureté
m -
69 -
17 -
4 -
1
Sur cent eaux, sont
Bonnes * 6
Passables, faute de mieux ... 28
MauTaises 66
100
( Comme nous TaTODS dit p. 115, aucune eau de puits ordinaire de Louvaiu
ne mérite à proprement parler cette qualification de < bonne > , les meilleures
laissant encore à désirer ou tout au moins à douter au sujet de leur qualité.
II importe de ne point perdre de vue cette restriction, en formulant sur le
compte de ces eaux un jugement définitif
(167)
Si nous excluons les puits privés, pour ne considérer que
les puits, publics (se trouvant dans des conditions supposées
normales) :
SDR CENT EAUX
N«d4pMMnt
pat
iM llmiut
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Matières organiqaes ....
Acide azoteux
Ammoniaque
Acide azotique .....
i Chlore
35 p. C.
81 -
68 -
6 -
3 -
43 -
4 -
3 -
>
»
6 p. c.
27 -
»
65 -
76 -
48 p. C.
13 -
19 -
23 -
37 —
57 —
27 -
17 —
47 p. C.
6 -
13 -
66 -
33 -
»
4 -
4 -
Acide soif urique
, Résidu d'évaporation ....
Dureté
Sur cent eaux, sont :
Bonnes 3
Passables, faute de mieux ... 31
Mauvaises 66
400
Nous n'avons pas, il est vrai, analysé les eaux de tous les
puits, ni même celles de tous les puits publics de la ville. Mais
le nombre d'échantillons examinés est somme toute assez con-
sidérable; il n'y a pas de doute que les autres n'aient une com-
position à peu près identique, et nos conclusions ne sauraient
être infirmées de ce chef.
On peut donc considérer comme un fait établi qu'en général
notre eau alimentaire est extrêmement impure. La nappe sou-
terraine qui alimente nos puits et le sous-sol à travers lequel
filtrent les eaux sont fortement souillés et continuellement
sujets aux souillures. Louvain se trouve donc gravement exposé
(168)
au danger d'une facile propagation des maladies épidémiques,
dan^ le cas où celles-ci viendraient à y être introduites.
Nous pouvons du reste affirmer la même chose pour toutes
les villes en général : la qualité des eaux de puits ordinaires y
est d'autant plus mauvaise que la ville est plus populeuse et
plus ancienne. La ville de Hasselt notamment se trouve sous
ce rapport dans une situation des plus défectueuses.
Les eaux des puits artésiens forés à Louvain sont, comme
nous Tavons vu, de bonne qualité. On pourrait leur reprocher
de manquer d'oxygène et d'acide carbonique et de renfermer
quelquefois une assez forte proportion de fer, bien qu'à notre
avis ce ne soient pas là des inconvénients sérieux; le débit de
ces puits est assez restreint et diminue en général assez rapide-
ment; enfin, le coût d'exécution est relativement élevé ^. Ce
mode d'approvisionnement convient plutôt aux maisons et aux
établissements privés qu'aux services publics.
Les eaux de rivières (puisées loin de leur source) sont asseï
souvent utilisées pour l'alimentation publique. C'est sur leur
emploi que sont basées exclusivement les distributions d'eau
d'Anvers et de Rotterdam, Hambourg et Marseille, et en partie
celles de Londres, Glascow, Berlin, Vienne, Paris, Lyon et
* Le puits artésien de Kessel-Loo, maison privée, débite à t mètre au-dessus
du sol (soit à la cote 36.60 au-dessus du niveau de la basse mer), 175,000 litres
par 34 heures.
Les deux puits artésiens de Wygmael, usine, débitent chacun à la surface
du sol (à la cote 15 environ), 220,000 litres par U heures.
Le puits artésien des ateliers du Grand-€entral débite :
A 0",37 aa-dessofl du sol ;cole 30.19). . . . 100,000 litres par 14 heures.
A 3«,ll - (cote 33.03). . . . 140,000 — ~
A 6>",tt0 — (cote 36.44). . . . .nifOOO — —
A 8",60 - (cote 38.65). ... 0 — —
Ce pulls a coiilé avec les accessoires 23,500 francs. Le forage s*est effectué,
pour les terrains ordinaires (171",50), à raison de 75 francs le métré; pour les
bancs de silex (4'",00), à raison de 200 francs le mètre.
( 169 )
Marseille. La dureté et la teneur en matières fixes de ces eaux
sont généralement peu élevées ^ et elles fournissent toujours
une provision abondante. Mais elles ont Tinconvénient de pré-
senter une composition et une température assez variables , et
de recevoir toute sorte de souillures provenant des habitations
riveraines, des fabriques, des égouts des villes ou des villages
situés en amont, etc. Il faut, pour les épurer et les rendre lim-
pides, les faire passer par des bassins de dépôt et des filtres
dont la construction et l'entretien sont assez délicats, et encore
la filtration est-elle souvent peu efficace. Le régime des eaux de
rivières est en outre exposé à subir des perturbations nom-
breuses. Enfin, comme ces eaux se trouvent ordinairement à
un niveau peu élevé relativement aux maisons qu'il s'agit d'ali-
menter, il est nécessaire d'employer des machines élévatrices
pour leur refoulement dans les réservoirs ou les conduites de
distribution.
Aussi ne doit-on exploiter les cours d'eau que faute de
mieux; et revient-on, lorsque la chose est possible, au procédé
des anciens, qui consiste à rechercher des sources naturelles,
ou à créer des sources artificielles au moyen de galeries de
drainage : les eaux de ces sources, choisies ou produites autant
que possible à un niveau relativement élevé, sont alors captées
par des galeries collectrices et transportées à l'endroit voulu
au moyen d'aqueducs en maçonnerie ou en béton ou à l'aide
de conduites en fonte.
En effet, les eaux de sources sont en général, et sauf des cas
de composition de terrain tout à fait exceptionnels, aussi légères
* Voici, diaprés le rapport d'expertise de M. Cb. ÂDgenot, professeur de
chimie à l*lnslitat supérieur de commerce d'Anvers, la composition de l'eau
de distribution d'Anvers (novembre 1881). On sait que celte eau provient de
la Néibe «t est épurée avant son entrée en ville par décantation et BUration.
Chlor* 0.011
Acide sttlfurîqne 0.0 10
Ammoniaque 0.00018
Acide oitreax 0
— BHriqne, i peine. . . O.OOt
Matières organiques .... 0.0i6
Résidu fixe à 180» 0.134
Dureté (Bootron et Boudet) . . 8»
Organismes visibles au micro-
scope 0
(170)
à peu près et aussi peu chargées de matières fixes que les eaux
de rivières ; elles ont sur celles-ci l'avantage de posséder ooe
composition et une température à peu près constantes, d'être
limpides et exemptes de matières organiques, notamment de
matières organiques d'origine animale, surtout si l'on a soin de
choisir des sources provenant de terrains vierges, ou au moins
peu habités et peu cultivés, tels que forêts j prairies, etc.
Un grand nombre de villes de notre pays sont dotées d'une
distribution d'éau de source, soit d'eau émergeant naturelle-
ment, soit principalement d'eau recueillie à l'aide de galeries
de drainage : citons seulement Bruxelles, Liège et Gand. La
ville de New-York s'alimente d'eau de sources et de drains,
recueillie jusqu'à une distance de 65 kilomètres. Vienne,
Londres et Paris tirent également parti d'eaux de sources,
concurremment avec l'eau de rivière.
Quant à la ville de Louvain, voici, à grands traits, les prin-
cipales ressources qui, à priori, semblent s'offrir à elle pour
l'établissement d'une distribution d'eau alimentaire de bonne
qualité.
Nous avons vu que la partie la plus élevée du territoire
habité de la ville se trouve au-dessous de ta cote 40. L'eau
serait donc distribuée avec une pression suffisante jusqu'aux
étages supérieurs des maisons si elle était prise à la cote 60
environ, soit qu'elle fût amenée naturellement à ce niveau, soit
qu'elle y fût élevée à l'aide de machines foulantes.
Il existe justement au voisinage de Louvain des éminences
dont l'altitude dépasse même 60 mètres. Ce sont, d'une part,
la Montagne des Dominicains, entre la Porte de Bruxelles et la
Porte de Tervueren ; d'autre part, au delà de la Porte de Tir-
lemont, la colline qui va s'élevant vers Pellenberg. Sur ces
éminences, on pourrait établir des réservoirs où serait ame-
née, au moyen d'aqueducs et sans l'aide de machines éléva-
trices, l'eau des sources élevées des affluents de la Dyle situés
au Sud-Ouest et au Sud-Est de Louvain.
Nous avons vu qu'il existe sur la rive gauche de la Dyle, à
une cote supérieure à 60 mètres, des sources (sources supé-
(471)
rieures de la Voer, de TYssche, de la Rivière d'argent, etc.)
donnant une excellente eau alimentaire, analogue à celle dont
est pourvue la ville de Bruxelles. Si le débit de ces sources ne
suffisait pas pour Talimentation de la ville de Louvain, on
pourrait, comme on l'a fait pour la capitale, y suppléer en
pratiquant des galeries de drainage sur la partie élevée des
versants et sur les plateaux où se forment ces sources (forêt de
Soignes, environs de Duysbourg). Notons à ce propos que la
ville de Bruxelles, par les travaux qu'elle poursuit dans le
plateau de la forêt de Soignes suivant plusieurs directions, ne
tardera pas à sortir (si toutefois elle n'est pas sortie déjà) du
bassin hydrographique de la Woluwe et des autres affluents
de la Senne, pour pénétrer dans celui de la Voer, de l'Yssche
et du Ruisseau d'argent, affluents de la Dyle dont la ville de
Louvain devrait peut-être s'empresser de capter et de dériver
les sources élevées, avant qu'elles soient taries en grande partie
au profit de l'agglomération bruxelloise.
Sur la rive droite de la Dyle, plus près encore de Louvain,
se trouvent, toujours à une altitude dépassant 60 mètres, les
sources supérieures des ruisseaux de Vaelbeek, du Moulin, du
Culot et de Holendaei (dans les forêts de Héverlé, de Meerdael
et de Molendael); puis, plus à l'Est, les sources de la Velpe
ijusque Vertryck), et enfin celles des divers affluents du Molen-
beek (vers Pellenberg). Toutes ces sources pourraient être
utilisées avantageusement pour l'alimentation de la ville de
Louvain.
Indépendamment de ces sources élevées, on pourrait aussi
tirer parti de sources dérivées ou captées à un niveau plus bas,
en les recueillant dans des bassins collecteurs et les élevant, à
l'aide de machines, jusqu'au niveau des étages supérieurs des
maisons. Ce seraient notamment :
Sur la rive gauche de la Dyle, les sources de la Voer en aval
de Tervueren et celles de l'Yssche en aval de Hoeyiaert ;
Sur la rive droite, les sources des affluents du Molenbeek
entre Corbeek-Loo, Lovenjoul et Bierbeek, les étangs de
Corbeek-Loo et de Perck pouvant alors être transformés en
( 172 )
bassins ou réservoirs; ou encore les sources du voisinage de
la forêt d'Héverlë.
Enfin il y aurait peutrêtre avantage à combiner ensemble
plusieurs des systèmes mentionnés.
Nous nous bornerons pour aujourd'hui à ces simples indi-
cations.
Puisse la ^ille de Louvain, de même que les autres localités
de notre pays qui se trouvent dans une situation précaire au
point de vue de la qualité de leurs eaux alimentaires, se sou-
venir pendant qu'il en est temps encore que l'usage d'une eau
pure et saine intéresse au plus haut degré l'hygiène publique,
et ne reculer devant aucun sacrifice pour arriver promptement
à la solution d'un aussi grave problème.
Avant de finir, nous croyons utile d'insister encore sur les
deux points suivants :
1. Il est désirable qu'une statistique soit établie, comprenant
la composition chimique des eaux de toute la Belgique. Ces
eaux devraient être analysées d'après des méthodes identiques,
afin de pouvoir être comparées; nous croyons pouvoir recom-
mander à cet effet les méthodes que nous avons indiquées dans
ce travail.
2. Pour faciliter l'appréciation des résultats d'analyse des
eaux au point de vue hygiénique, il est nécessaire que des
nombres-limites ou maxima, ou des échelles de valeur, soient
établis pour les eaux alimentaires des diverses régions de la
Belgique. Les limites admises en Angleterre, de même que
celles généralement suivies en Allemagne, et que l'on a le tort
d'adopter fréquemment en Belgique, ne peuvent nullement
servir ici; notre travail nous parait le prouver surabondam-
ment. Les nombres-limites que nous proposons pourront,
pensons-nous, constituer un point de départ pratique ^.
' Nous avons, pour la partie topographiqae et matérielle de celte étade, été
assisté par notre Chef des travaux, M. l'ingénieur J.-B. André, à qui nous
tenons à adresser ici nos remerciements.
TABLE DES MATIÈRES.
I. CONSIDÉBATIONS SOMMAIRES SUR L'ORIGINE ET LES CONSÉQUENCES DE
L'ALTÉRATION DES EAUX ALIMENTAIRES 3
IL De L'analyse des eaux alimentaires i4
A. Analyse chimique de Veau i6
i. InierprétalioD des résultats 17
2. Appréciation générale de la qualité d'une eau. - Nombres-limites. 23
3. Méthodes d'analyse 33
a. Essai préliminaire et analyse qualitative 35
b. Analyse quantitative 36
Résidu d'évaporation 37
Matières organiques 38
Acide azotique 46
Acide azoteux 49
Ammoniaque 52
Chlore 56
Acide sulfurique 56
Hydrogène sulfuré « métaux alcalins et alcalins terreux,
gaz,etc 57
Dureté totale et dureté persistante 57
B. Analyse microscopique 57
111. Résultats d'analyses d'eaux alimentaires des diverses localités
de la belgique et spécialement de la ville de louvain. ... 62
i. Eaux de puiiH ordinaires de la ville de LouvalH 63
Tableau] 64
Annexe au tableau I : eaux de puits ordinaires de la ville de
Louvain analysées à plusieurs époques différentes. .... 72
Groupements d'après les teneurs en matières diverses .... 80
Eaux de puits notoirement influencées par des circonstances
locales ou accidentelles iil
Changements éprouvés aux diverses époques par la composition
des eaux il3
Appréciation générale et classification ii4
(174)
1 Eaux de puiu ordinaires de dloertei iœalitit en dehorg de Lou-
vain 419
Tableau II 4«
Groupements d'après les teneurs en matières diverses . . .196
Appréciation générale et classification 13H
^. Eaux de puits artésiens de Louvain et des environs iH
Tableau III 14i
4. Eaux de soir ces, drains, etc 444
Tableau IV .... 44«
5. Eaux courante* 448
Tableau V 45«
IV. Esquisse htdrologique du territoire de la ville de louvain et de
SES environs 15*
Planche I. Esquisse du territoire de la ville de Louvain, avec
indication des rues, places publiques, etc., où ont été pris des
échantillons d'eaux.
1. Nappe aquifère ordinaire IJSH
Planches II et III. Nappe aquifère ordinaire, coupes Sud-Nord
et Est-Ouest.
2 Nappes artésiennes 160
Planche IV. Nappes artésiennes, coupe Nord-Sud.
3. Eaux de sources et eaux courantes 163
V. Conclusions 164
Composition moyenne des principaux types des diverses eaux ana-
lysées 165
Teneurs des eaux de puits de Louvain comparées avec les teneurs-
limites ordinaires et avec nos limites nouvelles. — Tableaux résumés. 166
Choix d'une eau alimentaire , 168
DistribuUon éventuelle d'eau alimentaire pour la ville de Louvain. . 170
ERRATA.
A la page 47, ligne 9, au lieu de :
Indigotine sublimée pure, ou indigotine artificielle 2s%000
lisez:
iDdigotine sublimée pure, ou indigotine resublimée en aiguilles. Ot',25 à Ot',80
^///.J
SUR
LE GLYCOGÈNË CHEZ LES BÀSIDIOMYGÊTES
PAR
LÉO ERRERA
DOcnuR Afiiiai a L'omvERSiTt de beuxelles
(Présenté à la Classe des sciences le 2 août i884.)
Tome XXXVII.
SUR
LE GLYGOGÈNË CHEZ LES BÀSIDIOMYGÈTES
On croyait jusqu'en ces derniers temps que le glycogène —
ou amidon animal, comme on l'appelait souvent — n'existait
que chez les animaux et manquait complètement aux plantes.
Cëtait là une erreur. Il s'est trouvé, au contraire, que cette
substance est très répandue dans deux groupes de Champi-
gnons où j'ai été amené à la rechercher : les Ascomycètes et
les Hucorinées, et l'on devait se demander si le fait n'est pas
général. Le glycogène remplacerait alors chez les Champignons,
de la même manière à peu près que chez les animaux, l'ami-
don des plantes ordinaires.
Cette généralisation se présentait d'elle-même à diverses
reprises ^ et, comme elle n'est pas sans importance pour
la physiologie, elle méritait, semble-t-il, qu'on s'efforçât de la
contrôler.
Il s'agissait avant tout d'étendre les recherches à la vaste
classe des Basidiomycètes qui comprend, comme on sait, les
plus volumineux et, à bien des égards, les plus hautement
organisés des Champignons. Un intérêt spécial s'attachait
encore à l'étude de ce groupe. C'est surtout ici que Hûntz a
signalé de grandes quantités de tréhalose et de mannite, et
l'on aurait pu supposer que ces matières sucrées rendaient le
glycogène superflu. Disons dès à présent qu'il n'en est rien,
car nous avons retrouvé le glycogène chez la plupart des Basi-
diomycètes étudiés.
* L. Erkera, Épiphsme des Ascomycèies, etc., 1883, p. 33, et Glycogène
chez les Mucorinées, Bull. Acad. kot. Bblc, 3"« sér., t. IV, p. 457, note.
(4)
La présence très générale du glycogène chez les Champi-
gnons une fois établie, il y avait lieu de chercher ensuite à se
rendre compte des fonctions que cette substance remplit dans
leur nutrition et leur développement.
Telles sont les études que je me permets de communiquer
aujourd'hui à l'Académie.
I. — MÉTHODE HICROGHIHIQUE.
La méthode dont j'ai fait usage pour déceler le glycogène et
en suivre la répartition dans les tissus est celle de Texamen
microchimique. Si Ton procède comme je l'ai indiqué anté-
rieurement ^y on obtient ainsi, après s'être un peu exercé,
toute la certitude et la précision désirables. Je rappellerai que
déjà chez trois des espèces d'Ascomycètes et chez une des
Hucorinées où j'étais arrivé, par la voie microchimique, à
admettre l'existence du glycogène, j'ai cherché à isoler cette
substance : et chaque fois l'analyse en grand est venue confir-
mer les résultats obtenus sous le microscope. Il en a encore
été de même pour les Basidiomycètes : le glycogène a pu être
extrait, comme on le verra plus loin, des deux espèces (OiUh
cybe nebularis et Phallus impudicus) où il a été recherché.
Aussi, dans tout ce qui va suivre, ai-je conclu à la présence
du glycogène à l'intérieur des cellules, lorsque j'y observais
une substance blanchâtre, amorphe, réfringente, se colorant
en brun-rouge par l'iode, coloration qui pâlissait nettement à
une température de 50 à eO^'C. au plus, et qui reparaissait
avec son intensité première par le refroidissement. Je tiens à
répéter ^ que la coloration brune seule , sans l'action de la
chaleur, ne suffit point à caractériser le glycogène, car elle
peut provenir, par exemple, d'alcaloïdes ou de tannins; c'est
un point sur lequel je me propose, du reste, de revenir à une
autre occasion. Il doit donc être entendu que chaque fois que
* Épipl. des Ascom., § VI.
• Cf. loc. cit., pp. 46r47.
(o)
je dis d'un tissu qu'il renferme du glycogène, j'y ai constaté,
d'une -manière qui ne laissait aucune prise au doute, tous les
caractàres que je viens d'énumérer. Les cas douteux sont men-
tionnés expressément. Lorsque le glycogène se présentait en
assez grande quantité, je me suis encore assuré, en écrasant
l^èrement la préparation après l'action de l'iode, que la
matière colorée en brun se dissout dans la goutte d'eau du
porte-objet.
J'ajouterai ici quelques indications au sujet de la solution
d'iode à adopter.
Lorsqu'on en a acquis l'habitude, on n'arrive pas seulement
à 86 rendre compte par l'examen microchimique de la présence
ou de l'absence du glycogène et de sa localisation dans les
diverses régions, mais on peut juger aussi, d'une manière
approximative, d'après la nuance que l'iode communique à la
préparation, de la plus ou moins grande quantité de glycogène
que le tissu renferme. On comprend que pour cela il soit
nécessaire de faire toujours usage d'une solution d'iode de
même concentration. On ne doit pas, comme on le fait sou-
vent, mettre la coupe à examiner dans une petite quantité
d'eau sur le porte-objet et ajouter ensuite une goutte du
réactif iodé, car ce procédé donne naturellement des concen-
trations très variées, suivant les proportions d'eau et de réactif
mises en présence. On évite cet inconvénient en déposant
directement le fragment de tissu, sans addition d'eau, dans
une goutte de la solution d'iode elle-même. Les solutions que
l'on emploie communément dans les' laboratoires sont trop
concentrées; après quelques essais, je me suis arrêté aux
proportions suivantes :
Eaa dist 45 grammes.
Kl crisl 0,3 •
I crist. . . . • 0,i »
Ce liquide, qui sera désigné dans la suite du nom de « solu-
tion iodée au */45o », doit être conservé à l'abri de la lumière
dans un flacon bien bouché; malgré cela, il pâlit peu à peu en
(6)
perdant de l'iode et il est bon de le renouveler après trois ou
quatre mois.
Un point essentiel est de mettre toujours en présence une
goutte relativement grande de la solution au ^I^q et de très
petits fragments de tissu, pour que tous les éléments trouvent
de l'iode en quantité suffisante. On recouvre ensuite du verre-
eouvreur, on laisse bien pénétrer l'iode dans le tissu, on dilue
avec un peu d'eau et on chauffe sur une flamme faible jusqu'à
ce que la préparation, posée sur le dos de la main, commence
à produire une sensation de cuisson, ce qui répond à la
température d'environ 50-60®. Avec ces précautions, le pro-
cédé est très sensible et fournit des résultats parfaitement com-
parables entre eux.
Lorsqu'il y a dans les tissus des quantités extraordinaire-
ment minimes de glycogène mêlé au protoplasme, la teinte
que produit notre solution au V450 ^^^ plutôt orangée que
brune. Dans des cas semblables, on peut recourir à une solu-
tion plus concentrée — au ^/iqq par exemple — qui fait virer
la nuance vers le brun-rouge ; on dilue ensuite avec de l'eau
et on chauffe comme d'habitude ^. Mais il faut beaucoup
d'exercice et de soins pour obtenir des résultats certains dans
ces cas difficiles; au lieu que les tissus riches en glycogène
donnent des réactions tellement frappantes que les moins
expérimentés ne sauraient s'y tromper.
§ II. — ËNUHÉRATION DES ESPÈCES QUI RENFERMENT
OU NON DU GLYCOGÈNE.
Je vais indiquer maintenant les espèces de Basidiomycètes
chez lesquelles j'ai pu déceler du glycogène et celles qui ne
m'en ont pas présenté.
De même que pour l'amidon des plantes ordinaires, la
quantité de glycogène varie beaucoup chez les Champignons
^ Voyt ci-après, par exemple, Polyporus suiphureus.
(7)
suivant l'état de nutrition et le degré de développement; il
&ut avoir examiné une espèce à tous les stades de sa végéta-
tion avant d'être certain que le glycogène fait complètement
défaut chez elle, et il m'est arrivé plus d'une fois de trouver du
glycogène à certaines phases ou dans certaines conditions par-
ticulières de développement chez un Champignon où j'en
avais souvent cherché en vain jusqu'alors (par exemple, Clau-
dopm varUiMis). Il sufiSt de se rappeler, à titre de comparai-
son, que les feuilles de certaines plantes (Strelitzia, Musa) ne
produisent d'amidon en quantité décelable que lorsque les
conditions de nutrition sont exceptionnellement propices. Les
résultats négatifs que m'ont donnés quelques Basidiomycètes
ne doivent donc pas être regardés comme établis d'une façon
définitive : à la vérité, je ne connais jusqu'ici aucun Champi-
gnon dont je puisse affirmer qu'il ne renferme de glycogène à
aucune période de son existence.
Avant de passer à la description des résultats obtenus, je
tiens à adresser mes vifs remerciments à Mesdames Sommer
et Rousseau, qui ont eu l'obligeance de me fournir à maintes
reprises des Champignons firais. Si j'ai réussi, comme je l'espère,
à présenter une esquisse suffisante de la répartition du glyco-
gène dans les diverses familles des Basidiomycètes, je le dois en
grande partie à la connaissance approfondie que Mesdames Bom-
mer et Rousseau possèdent de la flore mycologique de nos
environs et à la libéralité avec laquelle elles ont bien voulu
me faire une part dans leurs récoltes.
A.— HYMÉHOMYCÈTES.
I. — AGARICINÉES,
t. iàff«riea0 (AniAiiite) phAlloides. — Dans les
exemplaires jeunes, on trouve à la base bulbeuse du stipe
beaucoup de glycogène parfaitement caractérisé. Le milieu du
stipe en présente peu, le sommet davantage, la volve et le
chapeau très peu, la trame des lamelles médiocrement. Il y en
a une* certaine quantité dans les jeunes basides,où Ton observe
une afbumulation notable de gouttes d'huile, solubles dans
l'alcool. La quantité de glycogène diminue assez brusquement
au passage de la partie bulbeuse à la partie amincie du stipe.
En même temps, le tissu qui était filamenteux acquiert une
structure plutôt parenchymateuse.
 l'âge adulte, le glycogène a disparu de la base du stipe,
qui devient molle et flasque, de dure et résistante qu'elle était.
Il y a peu ou point de glycogène au milieu du stipe; en
revanche, sa quantité a augmenté au sommet, au point d'at-
tache du chapeau. Le chapeau n'en renferme presque pas; les
basides en train de former leurs spores en ont une petite
quantité, mêlée à beaucoup d'huile.
9. iài^arieas (Amilllarl*) melleas. — Contient beau-
coup de glycogène. La substance se rencontre aussi bien dans
le stipe que dans le chapeau et dans les basides; je reviendrai
au §IV sur les détails de sa répartition dans ces diverses
régions.
S. iLyarleas (Armlllarla) maéldas. — Beaucoup de
glycogène dans tout le tissu et dans les basides.
Â. iài^arieas (Trleholoma) nadas. — Â l'état adulte,
présente du glycogène, surtout dans les jeunes basides.
(9)
Bm Ai^arleas (Trloholoma) terreas. — Pas de réac-
tion nette de glycogène. (Les exemplaires que j*ai étudiés
n'étaient plus absolument frais et je suis porté à croire que
c*est là la raison pour laquelle j'ai obtenu un résultat négatif.)
•• iài^arleas (Clitoeybe) nebularis. — C'est l'une
des espèces les plus riches en glycogène que je connaisse. Cette
substance se trouve dans toutes les parties du Champignon et
à tous les âges, mais principalement dans les individus jeunes
et, chez ceux-ci, surtout dans le tissu Iftche du stipe, ainsi
qu'on le verra au § IV. Le glycogène se présente, comme
toujours, dans les cellules, à l'état d'empois plus ou moins
dense ; tantôt cet empois est répandu par tout le protoplasme,
tantôt — et c'est ici le cas le plus ordinaire — il est localisé et
forme un ou deux amas brillants, réfringents, vers le milieu
ou aux deux bouts de la cellule, rappelant ainsi ce qu'on
observe dans les asques des Ascomycètes. La quantité de
glycogène est très variable d'une cellule à l'autre et, à côté de
cellules remplies, on en trouve qui en renferment peu ou
point.
9. Affarleas (Clltoeybe) laeeatas. — Énormément
de glycogène.
9. Affarleas (Collybia) velotlpes. — Riche en gly-
cogène. (Cf. infipa § IV.)
•. Affarieos (Myeena) i^alerlealatas. — Un exem-
plaire adulte ne m'a pas présenté de glycogène dans son.tissu
mais une réaction douteuse dans les basides. En revanche, ce
Champignon contient beaucoup d'huile. Les membranes cel-
lulaires, dans tout le tissu, se colorent en rose sale par l'iode,
comme chez les Mucor; cette coloration ne pftlit pas à une
douce chaleur.
!•• Ai^arioos (Plearotas) ostreatas. — Énormé-
meqt de glycogène dans tout le tissu du chapeau et dans l'hy-
méniom.
(10)
if. Affarlous (Claadopas) varlabllifl. — L'étude de
ce Champignon a été pour moi très instructive. J'en ai d'abord
examiné un grand nombre d'échantillons, frais du matin
même, aux stades de développement les plus divers, sans
obtenir nulle part de réaction de glycogène bien nette. Je com-
mençais à penser que cette espèce est dépourvue de glycogène,
lorsque je suis tombé sur un exemplaire qui en renfermait une
quantité très considérable. La substance était des mieux carac^
térisées : coloration en rouge-brun par l'iode, action de la
chaleur, solubilité dans l'eau, toutes les réactions s'obtenaient
avec une netteté parfaite. Cet exemplaire rempli de glycogène
croissait parmi les autres et avait été récolté en même temps
qu'eux, ses lamelles et ses spores étaient normales, mais,
pressé sans doute par ses voisins, il ne s'était pas étalé autant
que les individus ordinaires et était resté ramassé sur lui-
même. Il est donc probable qu'il n'avait pas pu utiliser tous
ses produits d'assimilation d'une façon aussi complète que
d'habitude : de là un résidu de glycogène non employé.
Plus tard, j'ai de nouveau observé beaucoup de glycogène
dans un semblable exemplaire ramassé sur lui-même et j'en
ai trouvé un peu dans un exemplaire ordinaire, très jeune.
J'ai eu soin de m'assurer que le glycogène appartenait bien au
tissu du Claudopus et non à quelque parasite.
On voit déjà par cet exemple que le glycogène se conduit en
véritable substance plastique : comme l'amidon, il apparaît là
où l'apport de substances nutritives hydrocarbonées est plus
grand que leur consommation, pour disparaître aussitôt que
la consommation surpasse l'apport.
i)i. Ai^arleos (Psalllota) oampestrls. — L'Agaric
comestible m'a également fourni des résultats que je crois
dignes d'intérêt. On sait que c'est l'une des espèces chez
lesquelles Mûntz ^ a trouvé de la mannite ; j'en avais extrait en
outre un corps réducteur, analogue aux dextrines, et j'y avais
» Comptes rendus, LXXXVl, 1873, \\ 819.
( n )
recherché le glycogène ; mais des produits d'oxydation bruns
yiennent gêner à ce point l'analyse que je n'avais pu me pro-
noncer avec certitude sur la nature du corps obtenu par la
méthode de Brucke ^. Il était d'autant plus désirable d'exa-
miner ce champignon à nouveau.
Si Ton a soin de prendre des exemplaires robustes et bien
firais, on s'assure aisément de la présence du glycogène, avec
tous ses caractères microchimiques. Dans un individu très
jeune (hauteur : 10»™ ; diamètre du chapeau : 8"»") dont le tissu
commence à peine à se différencier, j'ai observé beaucoup de
glycogène à la base du stipe; peu au sommet, presque pas dans
le tissu du chapeau.
Un individu jeune (hauteur : 30"^ ; diamètre du chapeau :
18™»), dont le voile est encore fermé, présente beaucoup de
glycogène à la base du stipe , passablement au sommet, peu
dans le chapeau.
Enfin, chez un individu presque aduUe (hauteur : 43'»'» ; dia-
mètre du chapeau : 33™»), dont le voile est déjà déchiré, le
glycogène, très abondant à la base du stipe, est assez abondant
au sommet. Il y en a fort peu dans le tissu du chapeau et des
lamelles, un peu davantage dans la couche hyméniale. Quand
on traite les lamelles par l'iode, la légère réaction de glyco-
gène se combine avec la nuance propre du tissu et produit
la coloration brun-fauve que j'ai indiquée dans ma thèse {L c,
p. 28).
tS. A§;mwÈeum (Mreplmrlfi) ■qaamesafi. — Assez de
glycogène dans le stipe et surtout dans la couche hyméniale ;
point dans le reste du chapeau. Les basides jeunes sont remplies
de glycogène, qui a disparu à la maturité des spores. Les para-
physes ont la même forme que les jeupes basides; elles en
difièrent en ce qu'elles présentent tout au plus des traces de
glycogène. Je n'ai pas observé ici les cystides dont il va être
question chez l'espèce suivante.
' Épipl. des Ascom., p. 25.
(12)
té. Ai^arlcas (Stropharla) aerai^lnosas* — Des
coupes du stipe et du chapeau, à l'état adulte, traitées par
l'iode, ne présentent partout qu'une réaction jaune, protoplas-
mique; l'hyménium seul devient rouge-brun. Cette nuance
provient des cystides qui prennent presque toutes une colo-
ration rougeâtre, tandis que les basides se colorent en jaune à
ce stade : il en résulte une élégante mosaïque rougeâtre sur
fond jaune, quand on regarde la surface latérale d'une lamelle
ainsi traitée.
En examinant la préparation de plus près, on trouve toute-
fois un petit nombre de basides qui se sont aussi colorées en
rouge-brun. La substance colorable est amorphe et imprègne
le protoplasme, vers le sommet de la baside : bien que la
quantité soit si minime qu'on puisse très difficilement s'assurer
de l'action de la chaleur, je me crois autorisé à admettre par
analogie que c'est bien du glycogène.
Il n'en n'est pas de même pour le contenu des cystides;
et, de fait, on comprendrait difficilement ce qu'une substance
plastique comme le glycogène viendrait faire dans ces éléments,
une fois que leur développement est achevé.
Les cystides ressemblent pour leur forme aux jeunes basides,
mais s'en distinguent par leur sommet pointu. Elles ren-
ferment, outre leur noyau, un petit corps ellipsoïdal, nette-
ment délimité, siège de la coloration rougeâtre que produit
l'iode. J'ai rencontré ce corps dans les cystides de Stropharia
aeruginosa et Hypholoma fasciculare; afin de ne rien préjuger
quant à sa nature, je l'appellerai simplement corpuscule ellip-
tique.
A l'état vivant, le contenu des cystides a un aspect homo-
gène, d'un blanc brillant; on aperçoit, vers la base de la
cellule, un corps discoïde réfringent, suspendu dans le proto-
plasme : c'est le noyau ; le corpuscule elliptique est invisible,
mais il suffit d'ajouter un peu de la solution iodée au ^I^^q pour
le faire apparaître dans la grande majorité des cystides. Ce
corpuscule est plongé dans le protoplasme et forme un ellip-
soïde allongé dans le même sens que la cystide dont il occupe
(13)
le sommet. Il semble être creux, car on le voit assez souvent
se recroqueviller. Ce n'est pas une simple cavité du proto-
plasme : il a une existence réelle, on peut Tisoler. Il présente
un double contour. Quand on l'écrase, ce corps se brise d'une
&çon irrégulière, ce qui montre bien qu'il s'agit d'une sub-
stance solide et non d'un liquide. A la lumière polarisée, il
n'est pas biréfringent.
D'après tout cela, le corpuscule en question constituerait à
l'iQtérieur du protoplasme des cystides une petite poche creuse,
close de toutes parts, dont la paroi relativement épaisse serait
colorable par l'iode.
Tous ces faits et, mieux encore, les réactions suivantes mon-
trent que ce n'est pas à du glycogène que nous avons affaire
ici : dans une préparation contenant à la fois de ces cystides
el un tissu à glycogène, on voit que la quantité d'iode qui
suffit à donner au glycogène la teinte acajou, ne colore les
corpuscules elliptiques qu'en jaune d'or un peu brunâtre. Il
faut un excès d'iode pour les faire passer à une nuance rouge-
brun, analogue à celle du glycogène, mais toujours plus dorée.
En même temps le protoplasme des cystides devient jaune-
dtron et leur noyau jaune d'or. La nuance des corpuscules ne
change pas par la chaleur et, quand on les écrase, leur
substance ne se dissout nullement dans le liquide aqueux
ambiant. Ils retiennent très fortement l'iode : vient-on à laver
la préparation à l'eau, on voit les cellules à glycogène se déco-
lorer beaucoup plus vite que les corpuscules. On s'aperçoit, en
somme, que les corpuscules absorbent et cèdent l'iode plus
difficilement que ne le fait le glycogène. Il ne rentrait pas dans
le plan de ce travail de déterminer ce que les corpuscules
représentent; il nous suffit de savoir pour le moment ce qu'ils
ne sont pas.
fl6. A^Arleas (Hypholoma) faaelenliirla. — Ce
Champignon, qui n'est pas l'un des plus riches en glycogène,
eu contient des proportions variables suivant les individus.
Dans un exemplaire jeune dont le voile était en train de se
(14)
déchirer, je n'en ai guère trouvé. A l'état adulte, la substance
se localise dans le chapeau plutôt que dans le stipe; en outre,
l'hyménium et la couche sous-hyméniale en renferment ordi-
nairement un peu, tandis que la trame des lamelles ne présente
pas la réaction.
Ce glycogène est parfaitement caractérisé. Il n'est pas tout à
fait facile de démontrer sous le microscope sa solubilité dans
Teau, parce que, dans le chapeau, les membranes cellulaires
sont remarquablement élastiques et résistantes : il en résulte
que l'on a de la peine à les faire éclater par pression sous la
lamelle de verre; mais après quelques essais on y parvient de la
façon la plus nette. Le fait se retrouve chez le Collybia veltUipes.
Les cystides ont la même forme que celles du Strapharia
aeniginosa et contiennent, comme elles, un corpuscule ellip-
tique, avec toutes les propriétés que je viens d'indiquer pour
cette espèce : il est donc inutile d'y revenir ici. J'ajouterai que
le corpuscule elliptique des cystides se retrouve aussi bien
chez les exemplaires jeunes que chez les exemplaires adultes.
16. €eprlnu« evanldas Godey. — Ce Champignon que
j'ai rencontré sur du crottin de lapin présente, quand il est très
jeune, des quantités énormes de glycogène facile à caractériser.
C'est ce que j'ai déjà signalé antérieurement i.
La réaction se produit très forte dans tous les tissus : stipe,
lamelles, basides, cystides. Seules, les grandes cellules rondes
qui dérivent de la volve et couvrent la surface du chapeau ne
prennent sous l'action de l'iode qu'une teinte jaune, proto-
plasmique. Le glycogène n'est pas uniformément réparti dans
tout le stipe : il est surtout localisé dans certaines cellules
larges qui en sont pour ainsi dire gorgées et se trouvent répan-
dues en assez grand nombre dans le tissu.
A la maturité des spores, le glycogène a presque complète-
ment disparu. Les spores mûres elles-mêmes ne se colorent
pas d'une façon marquée par l'iode.
* Giycog. chez les Mucorinées, loc. cit., p. 457, note.
( 15
fl9. Ceprinnu comatas. — Dans les individus très
jeunes (hauteur totale : 43""'° ; distance du centre au bord du
chapeau encore rabattu : 23">°), on observe beaucoup de glyco-
gène, notamment à la base renflée du stipe; il n'y en a presque
pas dans Thymënium. Un peu plus tard (hauteur totale : 90"^;
distance du centre au bord du chapeau : 65°^), le glycogène est
extrêmement abondant à la base renflée du stipe ; il y en a assez
dans le reste du stipe, presque pas dans le chapeau. On com-
mence à en trouver une certaine quantité dans toutes les
jeunes cellules de l'hyménium ; il s'accumule surtout vers le
sommet libre de ces cellules.
flS. liActarlan plperattfn, !•• Bassala leplda et
••• B«ss«la eatetlea. — Contiennent beaucoup de gly-
cogène. J'aurai à revenir en détail sur ces deux genres au § IV.
1|1. lienxiies betallna. — L'iode provoque dans l'hy-
ménium et le tissu des échantillons jeunes une légère colora-
tion brune, que je rapporte avec doute à une petite quantité
de glycogène. L'emploi de la chaleur et l'écrasement sur le
porte-objet ne donnent pas de résultats nets. A l'âge adulte, on
n'obtient plus qu'une coloration jaune ou jaune-orangé qui ne
parait pas changer à chaud.
IL — POLYPORÉES.
90. itoletas ed«ll«. — Un exemplaire presque adulte
contient énormément de glycogène bien caractérisé, à la base
bulbeuse du stipe ; peu dans le reste du stipe, le chapeau et le
jeune hyménium.
tS. Itoletas ehrysentereen. — A l'âge adulte, le gly-
cogène est assez abondant à la base du stipe; il n'y en a
presque pas dans le reste du stipe et le tissu du chapeau ; très
peu dans les basides sporifères.
t4. lloletas saMomeiitosu. — On trouve, à l'âge
(16)
adulte, un peu de glycogène dans le stipe et dans les basides
sporifères; le tissu du chapeau n'en pr^ente presque pas.
Dans le stipe même, ce n'est guère que la partie inférieure, au
niveau du sol, qui en renferme.
t6é Polyporas ««Ipliiireas. — Comme beaucoup de
Champignons de consistance sèche et dense, ou subéreuse, ou
coriace, il prend à l'état presque adulte une coloration oran-
gée par le réactif au ^I^^q, orangé brunâtre par une solution
d'iode au Vioo ^* ^^ coloration est mieux marquée dans
certaines cellules et beaucoup moins dans d'autres. Elle est, en
somme, plus orangée que la nuance que les albuminoîdes
donnent ordinairement et moins brune que lorsqu'il y a beau-
coup de glycogène.
Chez cette espèce, j'ai pu me convaincre que la coloration est
due à de très petites quantités de glycogène emprisonné dans
le protoplasme. La nuance pâlit à chaud en passant au jaune,
et elle revient par le refroidissement. Il est donc probable que
les réactions orangées observées dans d'autres cas analogues
indiquent aussi des quantités minimes de glycogène fortement
emprisonné dans le protoplasme et, par là, difficile à décolorer
par la chaleur.
•6. Poljporas tamosas. -^ A l'âge adulte, il se colore
seulement en jaune ou en jaune-orangé par l'iode : une chaleur
modérée ne paraît pas modifier la nuance.
•1. Poljporas •quamosus. — Voici un Champignon
coriace qui renferme du glycogène.
Mon examen a porté sur un individu adulte, très robuste.
Les filaments dont la membrane est fortement épaissie ne pré-
sentent aucune réaction de glycogène. Mais dans les filaments
à membrane mince, il y en a certainement une quantité modé-
rée , surtout dans la couche sous-hyméniale et, à un moindre
degré, dans la couche hyméniale et les tissus profonds. Le
* Cf. supra, p. 4,
(17)
contenu se colore, en effet, en brun-acajou faible, la teinte
pfllit à chaud et reprend son intensité première par le refroi-
dissement.
t9. Poljperas ^iffAnto*** — U présente des quantités
de glycogène très variables suivant Fétat de développement et
les conditions où il se trouve. Tantôt tout le tissu se colore
seulement en jaune par l'iode ; d'autres fois, on observe une
coloration brun-rouge marquée, qui disparaît à chaud et
revient nettement par le refroidissement.
Lorsque le glycogène est abondant, tous les filaments du
tissu en présentent, mais il occupe toujours d'une manière
prépondérante quelques articles qui se trouvent çà et là dans
les divers filaments et se révèlent d'emblée par leur forte réfrin-
gence.
Si l'on examine ce Champignon à une période où son bord
libre est en pleine croissance, on constate qu'il y a plus de gly-
cogène à une certaine distance du bord qu'au bord lui-même.
Cest un fait que nous aurons à rapprocher de l'absence d'ami-
don dans les points végétatifs.
Il faut n'étudier cette espèce que sur des échantillons nou-
vellement recueillis ou fixés par l'alcool lorsqu'ils étaient bien
frais. Ce Champignon contient aussi une matière chromogène,
soluble en rose dans l'alcool. Je l'ai soumise à quelques essais :
elle est probablement identique avec celle que Thôrner a ex-
traite de VAgaricus {Paxillus) atro-tomentosus *. Elle est parfois
très abondante et peut masquer d'autres réactions microchi-
miques.
III. — HYDNÉES.
t9. Irpex obliquas. — Réaction douteuse de glycogène :
coloration faible en rouge-brun par l'iode, sans que la chaleur
et l'écrasement donnent des résultats nets.
' Tbôrkeb, Ber, deutsch. chem. Ces., 1878, p. 533; 1870, p. 1630.
Tome XXXVII. 2
(18)
80. nydnnin imbrleatum ^. — Dans les échantillons
robustes et bien frais, il y a une énorme quantité de glycogène,
réfringent-opalescent, coloré en brun-acajou par l'iode ; la colo-
ration disparaît par la chaleur et reparait avec une parfaite
évidence par le refroidissement.
Le glycogène se trouve en abondance dans tout le stipe et
dans le chapeau ; il est mois abondant dans le voisinage des
pointes de Thyménium ; on n'en rencontre presque pas dans
ces pointes mêmes, dn moins à l'âge adulte. Le glycogène est
partout renfermé dans des filaments allongés, à membrane
mince.
Pour l'abondance du glycogène, cette espèce peut être mise
sur la même ligne que le GUocybe nebularis.
IV. — THÉLÉPHORÉES.
St. Steream parpvream. — Encore un exemple de
Champignon coriace chez lequel on obtient, avec un peu d'at-
tention, les réactions caractéristiques du glycogène. On en
observe une médiocre quantité dans les filaments, même lors-
que leur membrane est assez fortement épaissie ; le très jeune
hyménium, au contraire, ne se colore qu'en jaune par l'iode.
Le tissu contient aussi des gouttelettes de diamètre varié et
d'aspect huileux, auxquelles l'iode communique une nuance
rouge brunâtre : la couleur ne change pas sensiblement par
une chaleur modérée. Semblables gouttelettes ne sont pas rares
chez les Champignons.
89. Stereum hlrsatam. — Pas de réaction certaine de
glycogène.
V. — CLAVARIÉES.
88. Clavarla ru^oiia. — Le tissu hyménial et les spores
renferment beaucoup d'huile, répartie en gouttelettes dans le
protoplasnie ou l'imbibant d'une manière uniforme. Cette huile
* Cette obserration a été ajoutée pendant l'impression.
(19)
est facilement soluble dans l'alcool, surtout lorsque l'on chauffe
un peu. Parmi les gouttelettes d'huile, il en est qui se colorent
à peine en jaune pâle par le réactif iodé ; d'autres , identiques
de grandeur et d'aspect aux premières, se colorent, au contraire,
en rouge-brun vif. Les cellules de l'hyménium et les spores
dont le protoplasme est uniformément imprégné de matière
huileuse offrent la même diversité : tantôt elles se colorent en
jaune, tantôt en rouge-brun par l'iode. Ces colorations brunes
se dissipent avec grande difficulté par la chaleur et ne repa-
raissent plus nettement par le refroidissement. Je n'ai pas non
plus pu observer que la matière colorée en brun se dissolve
dans l'eau, quand on l'écrase sous le verre couvreur. La ques-
tion de savoir si, outre son huile, ce Champignon contient du
glycogène, n'est donc pas résolue. En tout cas, la quantité de
glycogène serait minime.
M. Clavarla strieta. — Pas de réaction certaine de
glycogène.
VL — EXOBASIDIÉES.
Sd. ExebasIdlaiiB Vaecinll. — Les jeunes basides
m'ont donné une réaction faible que je crois pouvoir rapporter
au glycogène.
VIL — TRÉMELLINÉES.
se. Tremella mesenteriea. — J'ai mentionné, il y a
deux ans déjà, l'existence du glycogène chez cette espèce ^. Le
contenu protoplasmique des basides jeunes est imprégné d'une
quantité médiocre de ce corps; je n'en ai point observé dans
les filaments du tissu.
SI. Tremella alblda et 88. Tremella torto ren-
ferment probablement du glycogène dans leurs basides. Les
réactions sont toutefois moins marquées que chez l'espèce pré-
cédente.
* Clycog, chez le» mucorinées, loc cit., p^ 457, note.
(20)
B.— GASTROMYCÈTES.
I. — HYMÉNOGASTRÉES.
SB. Seleroderiiia vuls^re. — Je me suis donne
beaucoup de peine pour rechercher le glycogène chez cette
espèce, mais toujours sans succès. J'ai examiné des échantil-
lons frais à tous les degrés de développement, depuis ceux
qui ont 2 millimètres de diamètre et sont formés de tissu
blanc homogène jusqu'aux individus adultes et gros comme
un œuf de poule ; nulle part je n'ai obtenu la moindre réac-
tion de glycogène. Tout le tissu prend une teinte jaune sous
l'action de l'iode, sauf les spores jeunes et encore incolores
qui deviennent brunes. Mais cette coloration brune paraît
avoir son siège dans la membrane et non dans le contenu des
spores ; elle ne pâlit pas à la température de décoloration des
tissus glycogénifères et, une fois dissipée par une forte cha-
leur, elle ne réapparaît point par le refroidissement. On doit
donc conclure que le Sderoderma ne renferme pas, dans les
conditions habituelles, une quantité sensible de glycogène.
40. Bhlxopoi^on luteolas. — Un exemplaire à demi
adulte ne m'a pas présenté de glycogène.
II. — LYCOPERDACÉES.
41. liyeoperdon fl^cmmiitiiiii. — Le glycogène est
assez abondant dans les exemplaires jeunes. Ainsi que nous le
verrons au § IV, il disparait à mesure que le Champignon se
développe.
III. — NIDULARIACÉES.
4t. Craelbalam vul^are. — Les individus jeunes,
encore fermés, sont assez riches en glycogène. Les péridioles
en présentent beaucoup, surtout dans les cellules sous-bymé-
(21 )
niales et dans les jeunes basides. On n'en trouve presque pas
dans la masse gélatineuse fondamentale; peu ou point dans
les funicules.
A l'état adulte, le glycogène a disparu en majeure partie
Les spores mûres et le tissu à paroi épaisse des péridioles ne
donnent aucune réaction. Certains éléments claviformes à
lumière étroite qui appartiennent h l'hyménium et la masse
fondamentale gélatineuse qui environne les spores paraissent
seuls renfermer un peu de glycogène.
4S. Cjathns strlains* — Réaction très faible et dou-
teuse dans certains éléments du tissu et dans les jeunes spores.
IV. — CARPOBOLÉES.
Aé* Sphaeroboluii «tellatas* — Comme je l'ai déjà
indiqué i, cet intéressant Champignon a un véritable organe à
glycogène.
Autour de la masse centrale des spores, on trouve une
couche sphérique formée de cellules allongées, prismati-
ques disposées radialement, étroitement serrées en palis-
sade les unes contre les autres et surmontées à leur extrémité
interne de cellules de même nature , plus petites , arrondies
ou polyédriques. C'est dans ces deux sortes de cellules que le
glycogène s'accumule en quantité prodigieuse : au moment
où le péridium est prêt à s'ouvrir , elles en contiennent telle-
ment que si l'on ajoute un peu plus d'iode qu'il ne faut, elles
ne se colorent plus en rouge-acajou, mais presque en noir.
Le glycogène les remplit tout à fait et forme une masse dense,
homogène, douée d'un éclat blanchâtre opalescent très mar-
qué. On s'assure, en faisant éclater les cellules par une légère
pression, que cette substance brillante est facilement et com-
plètement soluble dans l'eau. L'essai par la chaleur donne
aussi les résultats les plus nets.
' Buli. Soe. belge de microsc, 29 février 1884. p. 99.
(22)
Vers le haut, c'est-à-dire dans la région où le péridium sa
déchirera en étoile, la structure de la couche à glycogène est
un peu différente; les cellules prismatiques deviennent de
plus en plus courtes et, au sommet même, on n'observe plus
que des cellules arrondies-polyédriques. En même temps que
la forme des éléments se modifie ainsi , leur contenu n'est
plus le même; il est de moins en moins brillant, de plus en
plus jaunâtre et sa teneur en glycogène diminue.
En dehors de la couche dont nous parlons , le Sphaerobolus
adulte ne présente pas de glycogène en proportion notable.
Seule, la moitié inférieure de la couche pseudo-parenchyma-
teuse en contient souvent une certaine quantité. Peut-être y en
a-t-il aussi un peu dans la masse gélatineuse qui environne
les spores, mais je n'oserais l'aflSrmer.
Notre couche à glycogène porte chez Pitra * et, tout derniè-
rement encore, chez Fischer ^, le nom de couche de coUen-
chyme. C'est un terme que de Bary avait employé auparavant 3
pour désigner la couche intérieure du péridium externe des
Geaster. Même pour ce genre, le terme n'est peut-être pas très
heureux, mais il est à coup sûr inexact quand on l'applique
au Sphaerobolus. Pitra l'avait choisi afin de rappeler l'épais-
seur des membranes et l'éclat particulier des cellules de cette
couche. Mais cette épaisseur n'est en somme pas très considé-
rable et elle est partout la même, au rebours de ce qui carac-
térise le collenchyme. Quant à l'éclat opalescent, il provient
surtout du glycogène et appartient ainsi au contenu cellu-
laire, ce qui, encore une fois, n'est pas le cas pour l'éclat du
collenchyme. Le nom adopté par Pitra et Fischer ne saurait
donc, me semble-t-il, être conservé ; on pourrait le remplacer
par celui de couche à glycogène.
Cette couche intervient d'une façon prépondérante dans
l'ouverture du péridium et dans la brusque projection du
' BoLZeit, 1870, p. 684.
* 0orZft7.. 1884, p. 441
' Morph, u Phys. d, Pilze, 1866, p. 80.
(23)
sporange, comme l'ont établi Pitra et Fischer. Nous venons
de voir que ce qui distingue avant tout cette couche, c'est
son étonnante richesse en glycogène; il est naturel de se
demander si ce corps ne joue pas un rôle dans les phéno-
mènes de déhiscence et de projection. J'ai commencé des
observations à ce sujet, mais comme elles ne sont pas com-
plètement achevées et que, du reste, elles s'éloignent de l'objet
principal de ce mémoire, je préfère les réserver pour un autre
travail.
V. — PHALLOÏDÉES.
ti. Phallaii Impadleus. — La dissémination des
spores, obtenue chez le Sphaerobolus par la déhiscence du
péridium et la projection du sporange, est amenée chez le
Phallus par l'élongation rapide et considérable du pédicelle.
Ce sont là deux mécanismes dont il est aisé de saisir les diffé-
rences, mais dont il n'est pas sans intérêt de rechercher aussi
les analogies.
De part et d'autre, il s'agit d'élever la masse des spores au-
dessus du substratum et dans les deux cas le rôle actif appar-
tient à une seule couche de tissu histologiquement déterminée;
dans les deux cas, c'est par son accroissement et par sa turges-
cence que ce tissu intervient; enfin, dans les deux cas, le tissu
accumule comme matière plastique beaucoup de glycogène
qui a disparu lorsque la croissance et l'augmentation de
turgescence sont accomplies.
Le pédicelle spongieux du Phallus est, en effet, lui aussi,
gorgé de glycogène avant son élongation et rien n'est plus
facile, comme on le verra, au § IV, que de suivre la disparition
progressive de cette substance à mesure que l'élongation se &it.
Nous indiquerons au même paragraphe la répartition du
glycogène dans les autres tissus du Phallus.
â». Phallus eaninas ^. — J'ai également trouvé du
glycogène dans le. pédicelle de cette espèce.
* CellP observation a élé ajouiée pemîaiil Vimpression
(24)
§ III. — EXTRACTION HACROCHIMIQUE DU GLYC06ÊKE.
Avant d'examiner de plus près ce que la microchimie nous
apprend sur les fonctions du glycogène, il sera bon peut-être
d'augmenter la confiance du lecteur dans notre méthode micro-
chimique elle-même, en indiquant Tëpreuve à laquelle nous
l'avons soumise.
Ainsi que nous l'avions fait auparavant pour les Ascomycètes
et les Mucorinées, nous avons isolé le glycogène, par les pro-
cédés ordinaires de l'analyse chimique, chez deux des Basidio-
mycètes où le microscope nous avait révélé sa présence.
1. La méthode suivie pour l'extraction a été de nouveau
celle de Brûcke ^.
J'ai choisi pour une première analyse le Clitocybe nebularis.
Quatre exemplaires jeunes sont découpés, piles dans un mortier
et bouillis avec de l'eau. L'extrait aqueux filtré est traité d'abord
par l'acide chlorhydrique et l'iodure double de mercure et de
potassium, qui produisent un léger trouble blanchâtre ; puis,
on ajout eun excès d'acide chlorhydrique, qui donne encore un
précipité blanc, floconneux, abondant. On filtre. L'acide
chlorhydrique et l'iodure double ne troublent plus la liqueur.
L'addition de deux volumes d'alcool absolu produit un préci-
pité blanc assez abondant, qu'on lave à l'alcool faible, puis à
l'alcool absolu. Les réactions suivantes prouvent que la sub-
stance ainsi obtenue est du glycogène :
1^ La substance se dissout dans l'eau en donnant une
solution opalescente, blanchâtre, laiteuse;
2® Cette solution se colore en brun par l'iode, avec la même
intensité et la même nuance que le fait une solution de glyco-
gène hépatique du chien ayant le même degré d'opalescence.
Si l'on chauffé simultanément les deux essais additionnés d'une
même quantité de solution d'iode, la décoloration à chaud et
la réapparition de la couleur après refroidissement se font de
* Cf. Épi pi. des ascom. §11!.
(28)
la même manière et en même temps pour le glycogène du
chien et celui du CJitocybe. En plaçant un thermomètre dans
chacun des deux essais, j'ai, vu dans un cas donné, le glycogène
de ClUoeybe commencer à pâlir à 26-27<>, être déjà très pâle
vers 38"" et complètement décoloré vers SO^; pour le glycogène
du chien, j'ai trouvé dans les mêmes conditions 36<>, 35<* et 80^
environ. Ces chififres ne représentent pas des constantes carac-
téristiques, puisque la température de décoloration varie
suivant les quantités d'iode et de glycogène en présence; mais
je les donne pour montrer que, dans les mêmes conditions, le
glycogène du Clitoq/be et celui du chien se conduisent exacte-
ment de même ;
3» Traitée par le réactif de Trommer, notre solution dissout
en bleu de l'hydrate cuivrique sans le réduire à l'ébullition ;
4» Par une ébullition de vingt minutes avec de l'acide sul-
iurique très étendu, la solution perd la propriété de se colorer
par l'iode et acquiert celle de réduire l'oxyde de cuivre;
&• Elle acquiert la même propriété sous l'action de la salive ;
6^ La quantité de substance qui me restait ne suffisait mal-
heureusement pas pour déterminer le pouvoir rotatoire. Hais
j'ai pu m'assurer que la solution aqueuse est dextrogyre.
2. L'un des élèves de notre laboratoire d'anatomie et de
physiologie végétales, M. Clautriau, a eu l'obligeance de foire
à notre demande la seconde analyse. Elle a porté sur le Phallus
impudicus. Voici les résultats que M. Clautriau nous a com-
muniqués; comme on le verra, la grande quantité de matière
gélatineuse que l'extrait aqueux de Phallus renferme a néces-
sité une légère modification à la marche ordinaire.
ce On coupe le Champignon en morceaux et on le laisse dans
l'eau pendant un jour. On exprime à travers une mousseline
et l'on met à part le résidu (A). Le liquide exprimé est traité
par Tacétate basique de plomb et passé de nouveau ù travers
un linge. A ce liquide on ajoute la solution qu'on obtient en
reprenant par l'eau bouillante à la fois le résidu A et le préci-
pité produit par le plomb ; on précipite par l'hydrogène sulfuré
(26)
tout le plomb qui est encore en solution , on neutralise et on
concentre au bain-marie. On traite par l'acide chlorhydrique
et riodure double de mercure et de potassium ; on filtre. La
liqueur filtrée est additionnée de deux volumes et demi d*alcool
absolu : il se forme un précipité blanc qu'on lave et qu'on
dissout dans l'eau.
Cette solution aqueuse est opalescente; elle brunit par Tiode;
elle dissout l'hydrate de cuivre du réactif de Trommer sans le
réduire à l'ébullition ni précipiter d'oxyde noir ; après action
de la salive ou ébuUition d'un quart d'heure avec de l'acide sul-
furique dilué, elle acquiert la propriété de réduire l'oxyde de
cuivre à l'état d'oxydule.
Le Phallus contient donc du glycogène. »
§ IV. — RÉPARTITION KT ROLE DU GLYGOGfiNB
CHEZ LES BASIDI0MYCÊTE8.
Il importait avant tout d'établir que le glycogène est extrê-
mement répandu chez les Basidiomycètes. Ce point me parais-
sant acquis, nous pouvons aborder l'étude de sa signification
physiologique.
Ce que nous savons de ce corps : son analogie avec l'amidon,
la facilité avec laquelle il se transforme en sucre, sa manière
de se conduire dans le règne animal, tout cela fait supposer
à priori qu'en dehors de son emploi probable comme combus-
tible respiratoire, il doit jouer aussi chez les Champignons
l'un des premiers rôles comme matière plastique. J'ai déjà
avancé cette opinion il y a deux ans et j'ai cherché alors à la
rendre plausible pour les Ascomycètes ^; les faits qu'il me reste
à indiquer me semblent constituer en sa faveur des preuves
décisives.
Pour démontrer qu'une substance est employée par l'orga-
nisme à l'édification de ses tissus, il n'existe, on le sait, qu'une
méthode : elle est longue et fastidieuse, mais c'est la seule. Il
* Épipl, des aacom, § VIII.
(87)
faut suivre la substance dans toutes ses migrations, étudier sa
distribution aux différents âges, voir où elle s'accumule et où
elle disparait. C'est cette marche que nous allons adopter. Et
comme la quantité de glycogène varie beaucoup suivant la
vigueur, la fraîcheur, etc., des individus que l'on observe, nous
aurons soin de ne comparer entre eux pour chaque espèce que
des exemplaires robustes et parfaitement frais.
Quoique j'aie indiqué plus haut la répartition du glycogène
chez un certain nombre de Basidiomycètes, j'ai réservé pour
le présent paragraphe les exemples que je crois le plus propres
à nous éclairer sur l'origine et sur le rôle de cette substance.
II est toutefois deux faits que l'on a déjà pu constater. En
général, le glycogène est surtout abondant vers la base des
Champignons, dans le voisinage du sol. Cela porte à penser
que ce corps est l'un des premiers qu'ils forment au moyen
des composés de carbone absorbés. Us doivent, en eifet, tirer
tous leurs aliments du substratum et c'est par conséquent près
de leur point d'attache que nous trouverons chez eux les pre-
miers produits de leur assimilation. De là le glycogène pourra
ensuite être transporté partout où il est utile, c'est-à-dire par-
tout où il y a croissance de tissu, formation d'organes repro-
ducteurs, etc. De plus, le glycogène, en véritable substance
plastique, disparait ordinairement des tissus à mesure que leur
croissance s'achève et que les spores approchent de la matu-
rité : nous l'avons vu, par exemple, pour le Coprinus evanidus
et le CrucWulum vulgare.
fai énoncé dès à présent ces deux remarques afin que le
lecteur puisse mieux s'orienter au milieu des observations qui
vont suivre.
ft. Aifurleas (Clltoeybe) nebalarls. — J'ai étudié avec
soin la distribution du glycogène chez onze individus à tous
les états de développement et je pense que l'on peut distinguer
quatre âges successifs chez le Qitocybe.
!<" Très jeune. Hauteur totale du Champignon : moins de
Î0««; diamètre du chapeau : moins de 10™». — Beaucoup de
(28)
glycogène dans tout le Champignon, avec prédominance du
stipc;
i^ Jeune. Hauteur ^ 10 à 40"™; diamètre du chapeau «g
à âO"™. — Beaucoup de glycogène dans le stipe ; peu dans le
tissu du chapeau; presque pas ou pas dans la trame des
lamelles et l'hyménium ;
S^ Demi-adulte. Hauteur = 35 à 75'"°'; diamètre du chapeau
«= 20 à SO"". La proportion de glycogène diminue dans le
stipe et augmente dans le chapeau : il y en a à peu près autant
dans l'un que dans l'autre. On commence à en trouver assez
dans les couches hyméniale (jeunes basides) et sous-hyméniale;
presque pas dans la trame des lamelles;
i^ Adulte. Hauteur =» 50 à TO™"*; diamètre du chapeau
= 50 à 70"»". — Spores en train de mûrir. — Beaucoup de
glycogène dans le stipe; presque pas dans le chapeau et la
trame des lamelles; beaucoup dans les couches hyméniale et
sous-hyméniale.
Ces données peuvent, me semble-t-il, s'interpréter de la
façon suivante : le glycogène se forme continuellement dans
le stipe au moyen des aliments puisés dans le sol. Au premier
stade, le chapeau est à peine différencié du stipe. Au deuxième
la croissance du chapeau est lente et il renferme peu de glyco-
gène; mais au troisième stade il se met à grandir considérable-
ment, son diamètre qui ne représentait d'abord que la moitié
de la hauteur du Champignon devient égal à celle-ci : en même
temps le glycogène af&ue vers le chapeau. Enfin, au quatrième
stade, le chapeau a consommé son glycogène, sa croissance est
achevée; les spores mûrissent et c'est vers l'hyménium que le
glycogène se porte d'une manière prépondérante.
•• Ai^arleuH (Armlllarla) melleus.
l*» Jeune. Hauteur : 60 à 70°»°» ; diamètre du chapeau : 20-25"".
Voile encore fermé. — Beaucoup de glycogène à la base et au
milieu du stipe; assez au sommet ; point dans le voile ; presque
pas dans le tissu du chapeau; un peu dans l'hyménium, sur-
tout dans les jeunes basides;
(29)
99 Demi-adulte. Hauteur : 80-88""»; diamètre du chapeau :
40-Î50™". Voile en train de se déchirer. — Glycogène abondant
au milieu du stipe, où le tissu est très lâche ; moins abondant
vers la base et vers le sommet, où le tissu est plus compact.
Peu de glycogène dans le chapeau. Assez dans les jeunes
basides. Pas ou presque pas dans les paraphyses ;
3« Adulte. Hauteur : 95-100"»»; diamètre du chapeau 68-70"".
Voile disparu. — Assez de glycogène à la base et au sommet du
stipe, beaucoup au milieu , un peu dans le tissu du chapeau ;
assez dans les basides jeunes ; peu dans les basides adultes,
sporifères ; pas ou presque pas dans les paraphyses.
8« JL^arlcas (Collybla) Telatlpes.
i^ Demi-adulte. Très peu de glycogène dans le stipe ; beau-
coup dans le tissu du chapeau ; assez dans les couches hymé-
niale est sous-hymëniale ; très peu dans la trame des lamelles;
i? Adulte. Très peu de glycogène dans le stipe, le chapeau
et la trame des lamelles ; assez dans les couches hyméniale et
sous-hyméniale. Parmi les éléments de l'hyménium, les jeunes
basides sont surtout riches en glycogène au moment où les
spores vont apparaître sur leurs stérigmates.
L'interprétation la plus naturelle de ces faits est, je crois,
que le glycogène a été transporté vers le chapeau et l'hymé-
nium plus rapidement qu'il ne se reformait à la base du
stipe.
4. RoMMula leplda. — On sait que les Russules et les
Lactaires atteignent un plus haut degré de différenciation
histologique que la plupart des autres Agaricinées. Sans parler
des laticifères propres au second de ces genres, leur tissu se
compose partout de deux sortes d'éléments : des filaments
minces et ramifiés, réunis en cordons assez épais qui s'anasto-
mosent en tous sens, et un pseudo-parenchyme formé de
grandes cellules irrégulièrement arrondies. Les cordons consti-
tuent un réseau dont le pseudo-parenchyme remplit toutes les
mailles. Cette disposition n'est pas sans rappeler la manière
(30)
dont les faisceaux fibro-vasculaires traversent en tous sens le
parenchyme fondamental des plantes supérieures, par exemple
dans la plupart des feuilles, dans la tige des Cactées ou des
Fougères arborescentes, etc. Et de même que les faisceaux
fibro-vasculaires des Cactées (Vôchting) et de beaucoup de
feuilles émettent encore des rameaux ténus à l'intérieur des
îlots de parenchyme, nous voyons chez les Champignons qui
nous occupent des ramuscules se détacher des cordons fila-
menteux, pénétrer dans le pseudo-parenchyme et s'y étendre
en se ramifiant irrégulièrement ^.
Il est permis de se demander si cette analogie s'arrête à la
structure et si elle ne peut pas jeter quelque lumière sur les
fonctions. Le pseudo-parenchyme des Russules et des Lactaires
devrait alors être considéré comme le lieu de dépôt et de
migration des matériaux hydrocarbonés assimilés, tandis que
les cordons filamenteux . représenteraient les éléments de
soutien du tissu et les routes de transport pour l'eau et les
matières protéiques qui se rendent vers les organes en voie
de développement. Ce n'est là qu'une hypothèse que des
études ultérieures auront à vérifier, mais au moins me paraît-
elle probable et elle rend bien compte des observations que je
vais rapporter.
Aussi bien chez les individus jeunes que chez les individus
développés, on rencontre en général de très grandes quantités
de glycogène dans le pseudo-parenchyme et peu dans les fila-
ments. Quant aux diverses régions du Champignon, voici ce
qu'elles m'ont présenté, chez un exemplaire adulte :
Stipe : beaucoup de glycogène dans les îlots de pseudo-
parenchyme, peu dans les filaments de la région médullaire,
presque pas dans ceux de la région corticale.
Chapeau : rien dans la couche superficielle, médiocrement
dans le reste du tissu et toujours de préférence dans les cellules
arrondies, pseudo-parenchymateuses; beaucoup dans les cellules
pscudo-parenchymateuses à contour irrégulier qui forment la
^ DE Bart, Morph. u. Phys. d. Pilze, 1866, p. 51.
(31 )
trame des lamelles; assez abondamment dans la couche
hyméniale.
Hais parfois, dans des conditions que je n'ai pas encore pu
déterminer avec exactitude, on trouve une forte proportion de
glycogène dans les filaments. Ce glycogène paraît alors y per-
sister même vers la fin de la végétation, lorsque les îlots de
pseudo-parenchyme ont complètement dépensé le leur et ne
renferment plus qu'un liquide aqueux ^. Ce cas ne fait-il pas
inYolontairement songer à ce que Briosi a décrit pour l'amidon
des tubes cribreux 3?
6. liaetorlus piperatas. — < Ce Champignon, riche en
glycogène, le présente en général, comme la Russule, à Tinté
rieur de ses cellules pseudo-parenchymateuses ; dans cer-
taines conditions, les cordons filamenteux en contiennent
également.
La répartition suivante se rapporte à un exemplaire robuste,
DfiMi-AouLTE, en train de mûrir ses spores :
I^ glycogène existe dans tout le stipe, dans le chapeau et
dans l'hyménium. Il y en a surtout beaucoup à la base du stipe
et dans le voisinage immédiat des lamelles ; le sommet du
stipe et les parties du chapeau éloignées des lamelles en ren-
ferment moins. C'est dans les cellules arrondies, pseudo-
parenchymateuses, que le glycogène se trouve de préférence;
il manque aux éléments étroits et allongés qui occupent l'axe
de chaque lamelle. Le suc laiteux abondant de cette espèce ne
donne aucune réaction de glycogène.
Tous ces faits se comprennent 3ans peine d'après les prin-
cipes que nous avons exposés.
6. Ijyeoperdoii i^emiiiataiii. — Ici encore, les faits
parlent d'eux-mêmes et des explications nouvelles sont
superflues.
< (Test un éial semblable que de Bary a probablemeDl eu sous les yeux
(toe. d<.,p.51).
' Bot. Zeit., 1873, p. Z4S.
(32)
• 1<> Très-jeune. Hauteur : 20-40°™. Beaucoup de glycogène
dans la parlie basilaire, au niveau du sol ; puis, de moins en
moins à mesure qu'on monte vers le sommet du Champignon;
i^ Demi-adulte. Hauteur : 9K°™. Un peu de glycogène dans
la partie basilaire, stérile; très peu dans le reste du Cham-
pignon. Le glycogène se trouve toujours ici dans les éléments
de rhymënium et les filaments à membrane mince, à l'exclu-
sion des fibres à paroi épaisse qui formeront le capillitium.
A partir du stade actuel, la paroi de ces fibres se colore en
beau violet brunâtre par l'iode, ainsi que la membrane de^
spores mûres; dans le stade précédent, la paroi des fibres est
encore assez mince et ne se colore pas sensiblement. Comme
les filaments à membrane mince se détruisent avant la matu-
rité, on trouve aussi une certaine quantité de leur glycogène
répandu dans les espaces intercellulaires : il baigne ainsi les
fibres et est sans doute utilisé pour leur accroissement;
3^ Adulte. A la maturité, on ne trouve plus de glycogène
nulle part.
9. Phallus Impudlens. -- Peu de Champignons se
prêtent mieux que celui-ci à des études physiologiques sur
le rôle du glycogène. Grâce à sa grande vitalité, on peut le
soumettre à des expériences qui réussiraient difiicilement
ailleurs.
Ce Champignon est si connu, il a été si souvent décrit et
figuré ^ qu'il suffit de rappeler sa structure en quelques mots.
Peu avant la grande élongation de son pédicelle, le Phallus
constitue un réceptacle sporifère fermé, du volume d'un gros
œuf et porté sur un cordon épais du mycélium. On y distingue
de dehors en dedans les couches suivantes : une enveloppe
résistante, \e^éridium externe; une couche gélatineuse épaisse;
une seconde enveloppe résistante, le péridium interne; une
masse verdâtre de tissu sporifère, formée de l'hyménium et des
< DE Bart, Beilr. z, Morph. u, Phys. d, Pîlze, 1, 1864; Sacbs, Vorletun-
gen, p. 519; van Tibghem, Trailét p. 1058; — elc.
(33 )
spores et limitée en dedans par une membrane solide qui
envoie dans le tissu sporifère des prolongements, les cloisons
alvéolaires ; à sa base, le tissu sporifère est supporté par une
aqnUe basUaire, dont le tissu assez dense est continu avec les
cordons du mycélium ; enfin, au centre, on trouve une colonne
creuse de pseudo-parenchyme lacuneux, lepédicelle, dont Taxe
et les lacunes sont occupés par un amas de filaments déli-
quescents, gélatineux, destinés à être résorbés.
Nous allons d'abord indiquer la distribution du glycogène
dans toutes ces parties, aux différents âges.
1* Stade. — Mycélium. Les gros cordons du mycélium pré-
sentent du glycogène en quantité modérée et cela surtout vers
leur extrémité.
2« Siade. — Réceptacle extrêmement jeune, de 2"»"> environ
de diamètre. A cet âge, les réceptacles, formés encore de tissu
homogène, renferment une quantité modérée de glycogène
assez uniformément réparti dans tout le tissu.
3* Stade. — Réceptacle très jeune, au stade figuré par de
Bary (Morph. u. Phys.y 1866, p. 84, fig. 34, u). Il se différencie
une couche gélatineuse campaniforme et une masse sous-
jacente de filaments feutrés : celle-ci contient du glycogène,
celle-là n'en a pas ou presque pas. A ce stade on voit dans les
filaments feutrés beaucoup de sphéro -cristaux d'oxalate de
chaux, semblables à ceux que de Bary a indiqués chez le
Phallus caninitë. Il est à remarquer que chez les Champignons,
ainsi que dans le règne animal, cette substance se rencontre
souvent aux endroits où il se fait une forte consommation de
glycogène.
4* Stade. — Réceptacle jeune, de la grosseur ^'une noix :
diamètre vertical « 32"™; diam. horiz. = 42°>". Le pédicelle
n'est pas encore différencié. Dans les diverses régions, le gly-
cogène présente la répartition suivante :
Cardon mycélien : un peu ;
Cvpule basilaire : traces;
Tome XXXVII. 3
(34)
Cloisons alvéolaires : assez abondamment;
Tissu sporifère : assez abondamment, dans la zone sous-
fayméniale;
Péridium interfiCy couche gélatineuse et péridium externe :
rien.
6« Stade. — Réceptacle un peu plus âgé, de la grosseur
d'une noix : diam. vertic. : 36"»».; diam. horiz. : 35™". Le
pédicelle se différencie et le glycogène y afflue. Nous aYons, en
effet :
Cupule basUaire : assez abondamment, surtout dans le voi-
sinage du pédicelle qui la traverse ;
Pédicelle : tissu gélatineux de Taxe et des mailles : rien;
tissu pseudo-parenchymateux : beaucoup. Les ' cellules superfi-
cielles de chaque trabécule de ce tissu sont surtout riches en
glycogène; les cellules profondes en contiennent moins. Il y a
aussi plus de glycogène dans les trabécules voisines de la
cupule basilaire (donc : externes) que dans celles qui avoisi-
nent Taxe gélatineux central (internes) ;
Goisons alvéolaires : très peu ;
Tissu sporifère : un peu ;
Péridium interne, couche gélatineuse et péridium externe :
rien.
6^ Stade. — Réceptacle de la grosseur d'une grosse nodc :
diam. vertic. : 37'»°»,8; diam. horiz. : 47«»",5. Le glycogène con-
tinue à affluer vers le pédicelle ; il se porte également vers l'hy-
ménium. On en trouve :
Cordon mycélien : un peu ;
Cupule basUaire : traces;
Pédicelle : tissu gélatineux : rien ; tissu pseudo-parenehyma^
teux : assez abondamment ;
Cloisons alvéolaires : assez abondamment ;
Tissu sporifère : assez abondamment, dans la zone sous-
hyméniale ;
Péridium interne , couche gélatineuse et péridium externe :
rien.
(3K)
7« Stade. — Réceptacle de la grosseur d'un oeuf, prêt à
s'ouvrir. (C'est le stade de la figure de Sachs.)
Cordon mycélien : énormément.
Cupule basUaire : beaucoup.
Pédieelle : tissu gélatineux qui commence à être résorbé :
rien; tissu pseudoi^arenchymateux : énormément.
Cloisons alvéolaires : énormément.
Tissu spor^e : rien dans les spores mûres ou presque
mûres.
Piridium interne» couche gélatineuse et péridium externe :
rien.
8* Stade. ^ Réceptacle ouvert ; l'allongement du pédieelle
vient de commencer.
Cupule basilaire : peu.
PédieeUe : le tissu gélatineux est résorbé; tissu pseudo-paren-
chymateux, beaucoup de glycogène à la base du pédieelle,
presque plus au milieu et au sommet.
Cloisons alvéolaires : assez abondamment.
9* Stade. — Adulte; l'allongement du pédieelle est terminé,
les spores sont en train de dégoutter. Il ne reste plus qu'un
peu de glycogène dans les cloisons alvéolaires ; il y en a assez
abondamment à la base du pédieelle. Tout le reste du pédi-
eelle et les trois couches du péridium n'en présentent pas.
10^ Stade. — Adulte; l'allongement est terminé, toutes les
spores sont tombées. Il ne reste plus de glycogène dans les
cloisons alvéolaires; seul le pédieelle en offre encore une
quantité médiocre à sa base, fort peu au milieu et au sommet.
Jetons un coup d'œil d'ensemble sur cette série d'observa-
tions qui, pour être vraiment probante, a dû être donnée tout
au long.
Les cordons mycéliens du Phallus contiennent du glyco-
gène qu'ils forment au moyen d'éléments puisés dans le sol
(!• stade). Le glycogène se porte principalement vers leur extré-
mité, où va se développer le réceptacle fructifère. Un renflement
(36)
terminal apparaît : c'est le premier indice visible du récep-
tacle : aussitôt le glycogène s'y dépose (2® stade). Dans le tissu,
d'abord homogène, on voit se différencier une couche gélati-
neuse qui ne sera plus le siège d'aucune modification impor-
tante, et une masse centrale qui est à l'état embryonnaire;
c'est dans cette région embryonnaire, destinée à donner nais-
sance aux organes essentiels du Champignon, que le glyco-
gène s'amasse. Il est probable qu'en même temps des quan-
tités considérables de glycogène sont consommées et laissent
pour déchet de l'acide oxalique qu'on retrouve dans le tissu à
l'état d'oxalate de chaux (3« stade). Le travail de différenciation
continue : la cupule basilaire, les cloisons alvéolaires, la région
sporifère s'ébauchent (4« stade); puis le pédicelle (S* stade).
Toutes ces parties croissent lentement et acquièrent peu à peu
leur structure définitive {6« et 7« stades). La teneur en glyco-
gène atteint son maximum. Produit en quantité considérable
par le cordon mycélien et charrié par lui, il vient se déposer
dans le réceptacle fructifère (7^ stade). Hais parmi les organes
qui se trouvent là, il en est dont la croissance est finie, dont
le rôle est accessoire: ils demeurent privés de glycogène; c'est
la couche gélatineuse, les couches externe et interne du péri-
dium, l'axe gélatineux central. Au contraire, le glycogène s'ac-
cumule de plus en plus dans le pédicelle et dans les cloisons
alvéolaires qui jouent, en quelque sorte, le rôle de placentas
vis-à-vis de l'hyménium et des spores ; ce glycogène va fournir
des matériaux au pédicelle pour sa croissance prochaine et
aux spores pour leur germination future. Les derniers stades
sont parcourus plus rapidement que ceux qui précèdent : en
quelques heures le pédicelle triple ou quadruple sa longueur,
et il le fait en consommant l'énorme quantité de glycogène
dont il était muni, tandis que l'axe gélatineux qui le parcourt
et la couche gélatineuse qui l'environne lui fournissent sans
doute l'humidité nécessaire (8" et 9^ stades). Enfin, les fila-
ments du tissu sporifère se liquéfient, les spores sont arrivées
à complète maturité et elles dégouttent sur le sol (10® stade).
Les spores mûres ne renferment plus de glycogène; il est assez
vraisemblable qu'il s'y soit transformé en matière huileuse.
(37 )
Il ne reste plus maintenant du Phallus que les enveloppes
extérieures déchirées qui n'ont jamais contenu de glycogène ;
les cloisons alvéolaires qui n'en contiennent plus et le pédi-
cellequien présente souvent encore un peu, particulièrement
à sa base.
Une conclusion me paraît se dégager avec évidence de cet
ensemble de faits : le glycogène remplit le rôle de matériel de
cattstmction, c'est une substance plastique dans toute la force du
terme.
A ce point de vue, le léger résidu de glycogène qui a persisté
à la base du pédicelle , après la chute de toutes les spores,
constitue une perte pour le Champignon. C'est, si l'on veut,
une dystéléologie. Hais nous connaissons tant d'exemples ana-
logues qu'il n'y a pas là de quoi nous étonner. J'ai observé,
par exemple, un peu d'amidon dans les cellules en palissade
des feuilles d'Aesculus Hippocastanum, tombées en automne,
et l'on sait que la persistance de l'amidon est de règle pour les
cellules de bordure des stomates.
Je crois même que l'on peut se rendre compte de la cause
immédiate pour laquelle la disparition du glycogène est moins
complète à la base du pédicelle. Avant son grand allongement,
le pédicelle est assez uniformément rempli de glycogène, et des
mesures que j'indiquerai tantôt montrent que la croissance est
moindre à la base qu'ailleurs. On pourra donc trouver là un
résidu non employé.
Quoi qu'il en soit de ce détail, il est certain que l'allongement
du pédicelle épuise en quelques heures sa provision de glyco-
gène. Le fait est aussi frappant que la rapide émigration de
l'amidon des feuilles dont Sachs donnait récemment ^ une si
élégante démonstration , et il peut être établi d'une manière
analogue. Il suffit de prendre un pédicelle de Phallus qui soit
sur le point de subir le grand allongement et un autre qui l'ait
déjà subi , de les plonger dans l'alcool pour chasser l'air et de
les laisser ensuite séjourner ensemble dans une solution d'iode:
* Arb (t. bol. în$L WurzK, III, Hefl f.
(38)
après quelque temps celui-là a pris une nuance acajou magni-
fique, au lieu que celui-ci est seulement coloré en jaune.
L'allongement du pédicelle est le résultat d'une véritable
croissance et non point, comme on semble l'avoir admis, le
simple effet d'une distension des cellules pseudo-parenchyma-
teuses devenues plus turgescentes. Il n'y a, pour s'en convaincre,
qu'à supprimer la turgescence par plasmolyse : le pédicelle se
raccourcit alors, mais il est bien loin de se réduire à sa lon-
gueur primitive. Exemple : un pédicelle avait immédiatement
avant l'allongement 7 centimètres de long; après l'allongement,
il en mesure 20 ; plasmolyse dans une solution de chlorure de
sodium à 10 ^'/o, il se réduit tout de suite à 16 centimètres,
pui^ peu à peu il descend jusqu'à 14 centimètres. Hais il est
impossible de le faire se raccourcir davantage.
Afin de bien établir que la croissance du pédicelle se fait
essentiellement aux dépens du glycogène, il importe d'ajouter
que , durant l'allongement, le Champignon n'a plus besoin de
rien tirer du sol. Si l'on place, en effet, dans une atmosphère
humide un exemplaire encore fermé, mais prêt à s'ouvrir,
l'allongement du pédicelle s'accomplit d'une manière normale.
II y a mieux, et on peut rendre l'expérience plus démonstra-
tive encore. Le pédicelle peut être séparé de tous les autres
tissus : dans une atmosphère humide, il s'allonge presque
autant que d'habitude, en consommant son glycogène.
L'expérience se réalise sans peine. Au moyen d'une longue
épingle on traverse de part en part, dans sa région moyenne,
un pédicelle qui est sur le point de s'allonger. L'épingle est
piquée dans une planchette de bois de façon que le pédicelle
soit maintenu horizontal , à quelque distance au-dessus de la
planchette. On place le tout sur une assiette dans laquelle il y
a un peu d'eau et on recouvre d'une cloche de verre. Le pédi*
celle continue à croître horizontalement, sans présenter aucune
courbure géotropique; en prélevant chaque jour de petits lam»
beaux du tissu, on peut suivre la disparition du glycogène.
Voici, à titre d'exemple, une expérience de ce genre. Le
pédicelle, enlevé d'un réceptacle encore fermé, mesure 60 mil-
(39)
limètres. J'y marque avec de Pencre des traits équidistants , de
façon à le diviser de la base au sommet en douze parties de
8 millimètres chacune. Je le place dans une atmosphère hu-
mide, ainsi que je viens de l'expliquer.
{m
(mbb<
ïP
M4BQUES:
0_4
2 2
14 5 6 7 8
^8
1
*uu.^
' TOTAL.
Long. primitiTes
eo milliinètres .
Après 46 heures
5
5
5 5
6,5 6,5
5 5
8 8
5
7
5 5
6,5 6
5
6
5
7
5 5
5 8,5
60»»
77
Après 59 heures.
8.»
7
7
8,8 40
9
10 8
8
40
5^ 6
94.5
Après 69 heures.
8,5
7
7
8^ 10
9
44 8,5
8,3 40,S 5,5 6
96,5
Après 440 heures.
Plus de changement.
Ou, si Ton réunit les mesures en trois groupes pour mieux
saisir la marche de l'allongement :
BftClOMS DU PÉDICBLLE : TIEBS IHrtRIEUR. TIERS MOTKN. TIERS SUPÉBVUR.
Longueur primitive en millim.: 20 20 SO
Après 46 heures «6 27.5 23,5
Après 52 heures 88 37 29,5
Après 69 heures 28 88,5 30
A l'origine, on trouve partout des quantités considérables et
sensiblement égales de glycogène. Après l'expérience, le glyco-
gène a diminué, surtout dans le tiers moyen où l'on n'en trouve
presque plus.
J'ajouterai que, même lorsque la croissance est achevée, ce
qui reste de glycogène continue encore à disparaître peu à peu
des tissus vivants. Je l'ai constaté chez le Phallus, le ClUocybe
fieftiiiom, le Russula lepida. Le fait n'est pas occasionné par
des Bactéries. Peutrétre faut-il voir là un efTet de la combustion
respiratoire.
(40)
§ V.— MODE DE TRANSPORT DU 6LYC0GÊNE; HANNITK,
TRËB ALOSE, ETC. PRODUCTION D HUILE.
Après avoir constaté la grande fréquence du glycogène chez
les Basidiomycètes, nous venons de reconnaître qu'il y joue le
rôle de substance plastique. Nous l'avons vu prendre son point
de départ au voisinage du sol, s'accumuler à l'intérieur ou à
proximité des spores et de tous les tissus destinés à un accroisr-
sement considérable et disparaître ensuite comme tel, dans la
plupart des cas, à mesure que la croissance s'achève et que les
spores mûrissent.
Une nouvelle série de questions se posent à présent. Par
quel mécanisme estril transporté d'un point à un autre? Sous
quelle forme diffusible chemine-t-il à travers les membranes
cellulaires? Sous quelle forme est-il emmagasiné dans les
spores?
J'ai institué des recherches pour résoudre ces problèmes,
mais je suis loin de les considérer comme terminées. Parmi
les premiers résultats obtenus, il en est cependant quelques-
uns qu'il me paraît bon d'énoncer dès à présent, afin de
déblayer un peu le terrain et de le préparer pour des études
plus approfondies.
Semblable en cela aux autres hydrates de carbone dont le
poids moléculaire est probablement très élevé, le glycogène
forme dans l'eau un empois mince, une pseudo-solution, comme
on peut l'appeler, mais non pas une solution véritable. C'est
un point sur lequel j'ai insisté antérieurement ^. Pas plus que
son polymère l'amidon, il ne saurait donc diffuser à travers
une membrane cellulaire close.
Les recherches les plus récentes ont établi, il est vrai, que
les cellules végétales communiquent entre elles par des fils
protoplasmiques ténus, beaucoup plus souvent qu'on ne le
pensait jadis. Il est probable que de telles communications
* Épipt, des Ascom,, p. 70.
(41 )
peuvent aussi exister chez les Champignons ^, bien qu'on n'en
ait pas indiqué jusqu'ici. Hais la croissance exclusivement
linéaire des filaments de ces végétaux permet de douter que
les perforations se rencontrent ailleurs que- sur les parois
transversales. Sans nier, par conséquent, la possibilité d'un
passage du glycogène à travers ces perforations éventuelles des
membranes, il y a lieu d'examiner, d'après tout ce que nous
savons aujourd'hui, s'il ne se transporte pas le plus souvent
par voie d'osmose, en se changeant en une substance diffusible
pour reprendre ensuite la forme de glycogène.
Le glycogène, ainsi que l'amidon, est facilement sacchari-
fiable. La diastase le transforme en sucres qui réduisent l'oxyde
de cuivre. On pouvait donc se demander tout d'abord si les
Champignons riches en glycogène renferment, comme la plu-
part des plantes supérieures, des ferments diastatiques et des
sucres réducteurs.
Sucres réducteurs. Nous savons par les travaux de Hûntz que
les sucres réducteurs ne sont pas très répandus chez les Cham-
pignons. Il n'indique un sucre de cette catégorie comme
abondant que chez le seul Boletv^ extensus â.
J'ai recherché ces sucres par la voie microchimique (sulfate
de cuivre et potasse) chez un certain nombre d'espèces. J'ai
opéré de la façon que Sachs a recommandée 3 et je me suis
assuré sur du tissu glycosifère que la réaction réussissait faci-
lement.
En procédant ainsi, je n'ai jamais obtenu de réduction dans
aucun tissu ni à aucun âge chez les espèces suivantes qui con-
tiennent du glycogène : Clitocybe nebularis (réaction violette
de matières protéiques), Coprinus comatus (réaction d'un bleu
violet), Russtda lepida, Boletus edulis, Lycoperdon gemmatum.
* Voy., par exemple, la figare de Dactylium macrosporum chez de Bart.
Morph. 11. Phys. d. Pilze, 1866, p. 7.
' MûNTz, m BoussingauU, Agronomie, etc., t. VI, 1878, p. 216.
' Pringsheim*s JalirbUcher, IJI, p. 187.
(42)
Je n'en ai pas obtenu non plus chez le Sderoderma vulgare,
où le glycogène manque dans les conditions ordinaires.
Pour le Phallus impudicus, le résultat est différent suivant
l'âge. Dans les réceptacles encore fermés, je n'ai obtenu
aucune réduction. Mais après l'allongement, on trouve par
voie microchimique, dans les cellules pseudo-parenchyma-
teuses du pédicelle, une substance qui réduit l'oxyde de cuivre
à l'état d'oxydule jaune, granuleux, opaque. La réduction ne
parait se faire qu'après une demi-minute d'ébullition environ,
au lieu qu'elle est immédiate dans les tissus glycosifères. L'ex-
trait aqueux d'un semblable pédicelle réduit légèrement le
réactif de Trommer, au lieu que l'extrait alcoolique ne laisse k
l'évaporation aucune substance réductrice. Il se peut d'après
ces faits que la substance réductrice n'existe pas toute formée
dans les cellules, mais qu'elle prenne naissance par l'ébullition
avec la potasse. Y a-t-il peut-être là un corps analogue au
myronate de potassium, ce qui expliquerait en même temps
l'odeur nauséabonde que le Phailus commence à dégager à ce
stade? Des recherches ultérieures décideront.
Diastase. Parmi les Champignons, la diastase a été rencon-
trée avec certitude chez les Schizomycètes. Kossmann ^ a indi-
qué chez plusieurs Hyménomycètes des ferments diastatiques
qui dédoubleraient en même temps les glycosides et interver-
tiraient le sucre; mais ce fait est par lui-même assez peu
probable et Baranetzky a élevé des critiques sérieuses au sujet
de la méthode employée par Kossmann. Ses expériences n'ont
en effet aucune valeur probante, parce qu'il n'a pas tenu
compte des Bactéries et des Saccharomycètes qui ont dû se
développer dans ses liquides.
Comme je n'avais obtenu de réduction d'oxydule par voie
microchimique que chez le Phallus, c'est chez cette espèce
que la présence d'un ferment diastatique était le plus admis-
sible. La grande provision de glycogène que le pédicelle pos-
« Bull. Soc. chimique, XXVII, p. «51, et XXVÏII, p. 246.
(43.)
sède et ia rapidité avec laquelle il l'utilise engageaient à recher-
cher le ferment surtout dans cet organe.
J'ai suivi la marche indiquée par Baranetzky ^ et je me suis
assuré dans une expérience de contrôle que Ton obtient ainsi,
avec des haricots en germination , un ferment qui fait perdre
à l'empois d'amidon son opalescence et sa propriété de bleuir
par l'iode et lui fait acquérir celle de réduire l'oxyde de cuivre.
Par cette méthode, je n'ai jamais réussi à trouver de ferment
diastatique chez le Phallus j dans aucun organe ni à aucun stade
de développement. L'action saccharifiante des liquides extraits
a été vainement essayée aussi bien sur des solutions de glyco-
gène que sur l'empois d'amidon.
Sans vouloir généraliser trop vite ces résultats, il paraît
cependant permis de conclure que le glycose et la diastase sont
bien moins répandus chez les Champignons que chez les
plantes qui forment de l'amidon.
En revanche, nous connaissons deux matières sucrées qui
sont tri s fréquentes chez les Champignons : la mannite et le
tréhalose 3. La mannite surtout n'y est pas moins générale que
le glycogène et elle s'y trouve souvent en quantité considé-
rable. Thômer3en a extrait de 19 à 20<»/o de YAgaiicus
inUger.
On peut établir au sujet de ces corps un rapprochement
assez remarquable. Si l'on fait abstraction de la cellulose à
laquelle ses caractères chimiques et physiologiques méritent
ane place à part, on sait que l'on divise les hydrates de car-
bone en trois sections, suivant la grosseur croissante de leur
molécule :
1. «lyeoMi : C*H»0<. 9. SaeeharMM : C'*H«0".
S. AmldOD0 : n(C*H*0OS)/
* Die starkeumbildenden Fermente, Leipzig, 1878.
* MôNTz, toc. cit.
' Ber d Deutseh. Chem. Ges., 1870 t. XII, p. 1636.
{U)
De chacun de ces groupes il y a au moins un représentant
répandu chez les plantes ordinaires : l'amidon ^ le sucre de
canne ou le glycose. Si Ton songe maintenant que la mannite
ne diffère du glycose que par deux atomes d*hydrogène en
plus et qu'on l'obtient artificiellement par l'hydrogénation de
ce corps, il est clair qu'au point de vue physiologique nous
pouvons la rattacher au groupe des glycoses. Une série paral-
lèle à celle que je viens d'indiquer s'établit alors pour les Cham-
pignons : à l'amidon, au sucre de canne et au glycose, corres-
pondent ici le glycogène, le tréhalose et la mannite. De part
et d'autre, le premier et le troisième terme sont les plus
importants, tandis que le deuxième parait n'avoir qu'un rôle
plus accessoire.
A cette règle que nous croyons avoir établie : chez laplvpart
des Champignons, le glyœgène est la forme sous laquelle les
hydrates de carbone s'accumulefit en un point, nous sommes
ainsi amené à ajouter cette hypothèse : et la mannite est la
forme sous laquelle ils voyayetit d'un point à un autre.
Si cette idée venait à se confirmer, elle pourrait éclairer
aussi plusieurs points encore obscurs dans la physiologie des
échanges nutritifs chez les plantes supérieures.
Il reste à dire un motj des relations physiologiques qui
existent entre le glycogène et les huiles grasses. Nâgeli a
montré, il y a plus de So ans, que chez les ^/^q ^^ plantes les
graines renferment de l'huile ^ ; et Mohl et surtout Sachs ont
£ait voir que les matériaux pour la production de cette huile
sont fournis par l'amidon. On trouve aussi de l'huile dans les
spores mûres de beaucoup de Champignons ; les observations
michrochimiques ne permettent guère de douter que cette
huile ne se forme ici, en général, aux dépens du glycogène.
C'est ce que j'ai indiqué avec quelque détail pour les Truffes >.
> Die Stàrkekomer, 1858, p. K36.
* ÉpipL des Ascom., pp. 59 sqq.
(48)
I VI. — LE GLYGOGiNE EST L'ANIDON DES CHiilPIGNONS.
Le glycogène a été recherché par nous chez 46 Basidiomy-
oëtes. Nous Tavons trouvé avec certitude chez 31 d'entre eux ;
sa présence est probable chez 8 des autres ; enfin, les 7 restants
ne nous ont donné que des résultats négatifs. Ces faits sont
récapitulés dans le tableau et dans les listes qui suivent.
Statistique du glycogène chez les Basidiomycètes.
FAMILLES.
h
il
11
Il
If
iAgaricinées. .
Polyporées . .
Hydnées . . .
Tbéléphorées .
Cla?ariées . .
Exobasidiées .
Trémellinées .
• / Hyménogastrées
t i Lycoperdacées.
8 ( Nidolariacées .
1 I Carpobolées .
5 I Phalloldées . .
Total
ai
7
2
2
i
3
2
i
2
4
2
46
47
6
L — Basidiomycètes qui renfebment du glycogène.
Agarieus phalloides, mellens, mucidus, nudas, nebalaris, laccatus, Telutipea,
ostreatoB, Tariabilis, campestris, squamosus, fascicularis; Coprinus eisaâdas,
comatQs; Lactartuê piperatus; Ruuula lepida, emetica.
Bolaut edttlis, chrysentereon, sabtomentosus ; Polyporus sulphareus, squa-
mosaa, giganteos.
(46)
Hydnum imbricatum.
Siereum purpuream.
Tremella mesenterica.
Lycoperdon gemmatam.
Crucibulum Tulgare.
Sphaerobolus stellatas.
Phallus impudicns, caninus.
II. — BASIDIOmrCÈTES QUI RENFEaMENT PROBABUMBHT DU GLTCOGÈIIB.
Àgaricus terreus, aeraginosus ; Lei»i7e« betulina.
!rpex obliqaos.
Exobasidium Vaccimi.
Tremella albida, torta.
Cyathus striatus.
III. — BASIDIOMTCÉTES chez lesquels le GLYGOGèNB N'A PAS PU
ÊTRE DÉHOIITRË JUSQU*A PRÉSENT.
Àgaricus galericulatus.
Polyporus fumosus.
Stereum hirsutum.
Clavaria rugosa, stricta.
Scleroderma ?ulgare; Rhizopogon lateolus.
Je pense que chez la plupart des Champignons de notre
liste III on parviendrait, après une recherche prolongée, à
découvrir de petites quantités de glycogène, si le résultat
valait la peine qu'on devrait se donner. Chez quelques espèces,
la recherche demeurerait peut-être infructueuse , par exemple
chez le Scleroderma, dont j'ai examiné beaucoup d'exemplaires
à tous les âges, sans jamais y déceler de glycogène.
Chez les plantes ordinaires ^, les espèces pauvres en amidon
sont souvent riches en huile. La même chose s'observe chez les
^ J*ai constamment employé celle expression dans le cours de ce muU,
à défaut d*une autre meilleure, pour désigner Pensemble des végétaux moins
les Myxomycètes, les Champignons cl les Floridées; c'est-à-dire toutes les
plantes qui, sauf de rares exceptions, produisent de ramidon.
(47 )
Champignons pour les espèces pauvres en glyoogène. C'est
ainsi qu'il y a beaucoup d'huile chez VAgaricus galericulatus,
le Clavaria rugosa, le Stereum purpureum, etc.
D'autres, au contraire, présentent des quantités très considé-
rables de glycogène et se prêtent par là à l'étude de ce corps.
Je recommanderai à ce point de vue les espèces suivantes à
ceux qui voudraient vérifier les principaux feits que j'indique :
Agaricus {Oitocybe) nebulariSy Coprinus comatus, Russula
Upiàdt Phallus impudicus.
k plusieurs reprises dans le cours de ce travail, j'ai essayé
d'appeler l'attention sur le parallélisme qui s'observe entre la
manière d'être du glycogène chez les Champignons et de
l'amidon chez les plantes ordinaires. Ce parallélisme est si
complet et si instructif qu'il mérite, à mon sens, d'être mis
encore une fois en relief.
1. U amidon et le glycogène sont isomh^es ou polymères entre
eux. Le glycogène ne forme dans l'eau qu'une pseudo-solution,
ce qui lui permet, comme à l'amidon, de s'accumuler presque
indéfiniment dans les cellules.
2. L'amidon est l'une des substances les pltAS répandues chez
les plantes ordinavv^; parfois cq^endant il n'apparaît qu'à titre
exceptionnel (feuilhs de Strelitzia et Musa); d'autres fois il
semble matiquer tout à fait (Honotropa Hypopitys).
Le glycogène est Tune des substances les plus répandues chez
les Champignons ; parfois cependant il n'apparaît qu'à titre excep-
timnel (Claudopus variabilis) ; d^autres fois il semble manquer
tout à fait (Scleroderma vulgare).
3. Le carbone des plantes ordinaires a sa source dans
l'atmosphère ; la première étape de leurs bydrocarbonés doit
donc se trouver dans l'organe par lequel elles sont en rapport
avec l'atmosphère : la feuille.
Le carbone des Champignons a sa source dans le sol ou,
plus généralement, dans le substrat; la première étape de
(48)
leurs hydrocarbonés doit donc se trouver dans Torgane par
lequel ils sont en rapport avec le substrat : le mycélium et,
chez les Hyménomycètes typiques, la base, souvent bulbeuse,
du stipe.
La feuille représente en quelque sorte le réservoir d^oii
Tamidon se rend dans tout le corps de la plante ^ et si ce
réservoir ne tarit pas tant que dure la croissance, c'est qu'il y
a là une production constante d'amidon par les grains de
chlorophylle, aux dépens de l'acide carbonique de l'atmo-
sphère.
La base du stipe ou tout autre organe d'attache représente
en quelque sorte le réservoir d'ob le glycogène se rend dans
tout le corps du Champignon et si ce réservoir ne tarit pas
tant que dure la croissance , c'est qu'apparemment il y a là
une production constante de glycogène par le protoplasme
aux dépens des matières organiques du substrat.
// semble donc que le glycogène soit, comme l'amidon, le pre-
mier produit visible et bien défini de l'assimilation.
Sachs et quelques auteurs après lui voudraient réserver le
mot (( assimilation » pour désigner la formation primaire de
substance organique dans les grains de chlorophylle. Je n'ai
pas adopté cette terminologie, qui a pour premier inconvénient
de heurter les usages, en rayant l'assimilation de la physio-
logie animale. Cette innovation tendrait de plus à établir une
barrière trop absolue entre des phénomènes de même ordre.
Sans doute, le rôle du grain de chlorophylle est unique dans
la nature, mais, à tout prendre, il n'y a qu'une différence de
degré entre la synthèse de l'amidon au moyen de l'acide carbo-
nique et la synthèse de la mannite ou du glycogène, par
exemple, au moyen de l'acide tartrique.
4. Lorsque les tissus sont différenciés, l'amidon se dépose de
préférence dans les cellules du parenchyme 2.
< Sachs, Pringsheim's Jahrb., III, 18G3, p. 209.
' Sachs, /. c, p. 242, g.
(49)
Lorsque les tissus sont différenciés, le glycogène se dépose de
préférence dans les cellules du pseudo-parenchyme (Russula,
Lactarius, Phallus).
5. L'amidon est presque toujours absent des points végétatifs,
mais il apparaît dans les jeunes cellules aussitôt que leur allonge-
ment commence, pour en disparaître à mesure que rallongement
s'accomplit. On en peut conclure que l'amidon fournit à ces
cellules les matériaux nécessaires à leur croissance ^.
Le glycogène est (presque complètement) absent des points végé-
tatifs, mais il apparaît cûins les jeunes ceUules qu^nd leur allon-
gement commence, pour en disparaître à mesure que ralloiigement
s'accomplit. On en peut conclure que le glycogène fournit à ces
cellules les matériaux nécessaires à leur croissance. — Nous
avons noté ce fait plus haut chez le Polyporus giganteus ; il est
très frappant aussi, en dehors des Basidiomycètes, chez beau-
coup de formes filamenteuses à croissance apicale marquée
(Botrytis cinerea, Sporodinia grandis, etc.).
Voici , par exemple, ce qu'on constate chez le Botrytis : le
point végétatif ne renferme pas trace de glycogène et se colore
en jaune citron par Fiode ; puis de cellule en cellule, à partir
de la cellule terminale, on voit augmenter la quantité de gly-
cogène; elle atteint son maximum de la cinquième à la
dixième cellule à partir de la pointe , pour diminuer de nou-
veau dans les parties plus âgées. Quant à la disparition du
glycogène à mesure que rallongement a lieu, nous en avons
fourni assez de preuves à propos du Phallus.
6. Beaucoup de graines renferment de l'huile qui s'est formée
aux dépens de Vamidon.
Beaucoup de spores renferment de l'huile qui s'est formée aux
dépens du glycogène (voy. plus haut fin du § Y).
7. L'amidon manque aux poUs adultes et aux cellules à paroi
' S\ciis. loc. Cit., pp. 207-208, 241, et Vorlesungen, p. 453.
Tome XXXVII. 4
(80)
épaissie; 7nais on en trouve souvent dans le voisinage de ces
dernières i.
Le glycogènemanqueauxparaphyses et aux cystides adultes. On
le trouve toujours de préférence dans les éléments à paroi mince,
tandis quHl est plus ou moins complètement absent des âémenls
garnis; mais on en trouve souvent dans le voisinage de ces
derniers, — C'est ainsi que le glycogène est toujours peu abon-
dant chez les espèces ligneuses et coriaces (Lenzites^ Irpex,
Stereum, Scleroderma, Rhizopogon, Cyathus, etc.). Nous avons
vu, en outre, chez le Lycoperdon, que le glycogène se dépose
dans les filaments à membrane mince à Texclusion des fibres
épaissies du capillitium; mais grâce à la destruction des
filaments, ces fibres finissent par être baignées de glycogène.
> Sachs, loc. cit., pp. 241, 243.
Bruxelles, laboratoire d'anatomie et de physiologie Tégétales de rUiii?ersité.
\:y
r^'/'J
RECHERCHES
SUR LES
PROPORTIONS D'ACIDE CARBONIQUE
CONTENUES DANS L'AIR;
I
PAR
Membre de rAcadémie royale de Belgique ,
ET
li. BOIiAND,
Docteur en sciences naturelles.
(Présenté ^ la Classe des sciences dans la séance du 5 mai 1885.)
Tome XXXVII.
RECHERCHES
SUB LES
PROPORTIONS D'ACIDE CARBONIQUE
CONTENUES DANS L'AIR.
L'air atmosphérique a été l'objet de nombreuses analyses.
Des travaux irréprochables dus à des savants illustres nous
ont fait connaître les proportions d'oxygène et d'azote que
renferme notre atmosphère. Ils ont montré, presque immé-
diatement, et d'une manière nette,. que ces deux gaz ne subis-
saient, dans leurs proportions, que des variations assez faibles
pour que le rapport de leurs quantités doive être considéré
comme constant. Ce point paraît acquis à la science, du moins
dans l'état actuel de nos moyens de mesure.
Les dosages de l'acide carbonique de l'air n'ont pas conduit
si tôt à un résultat semblable. Il y a lieu de s'en étonner d'au-
tant plus que l'importance de l'acide carbonique pour l'écono-
mie de la nature et surtout pour le développement de la vie
sur notre globe, a engagé un grand nombre de chimistes à
fixer, aussi exactement que possible, nos connaissances sur la
part pour laquelle ce gaz entre dans la composition de l'air.
(*)
Les résultats obtenus ont été loin de s'accorder toujours : il
n'a même pas été rare de les voir varier du simple au triple
selon les méthodes employées pour les obtenir. 11 est vrai de
dire que la détermination de la proportion normale d'acide
carbonique contenue dans l'air offre de grandes difficultés.
Cette proportion est toujours très faible; elle atteint quelques
dix-millièmes seulement, en volume. Pour la mesurer il faut
une méthode d'analyse très précise et une habileté manuelle
peu commune.
Au début, on a cru, à la suite des travaux de de Saussure et
de Thénard, que la proportion d'acide carbonique était variable
et comprise entre 3 et 6 dix-millièmes en volume. Mais à
mesure que les méthodes de dosage se perfectionnaient, les
limites de la variation allaient se resserrant, si bien que les
derniers progrès réalisés dans les travaux de mesure ont fait
reconnaître que la variation de la proportion d'acide carboni-
que était de l'ordre de celle de l'oxygène et de l'azote, en un
mot, qu'elle était presque négligeable. Ce sont surtout les
beaux travaux de H. J. Reiset ^ et de MM. Mûntz et E. Aubin ^
qui ont acquis ce résultat à la science. Ces savants ont reconnu,
à la suite d'un nombre considérable d'analyses, que l'air
renfermait, en moyenne, 3,942 dix-millièmes en volume
d'acide carbonique, soit que l'on fît les essais avec de l'air des
bords de la mer ou de l'intérieur des terres, sqit que l'on se
transportât sur un terrain inculte ou bien en pleine culture,
soit enfin que l'on examinât l'air des régions élevées de
l'atmosphère ou l'air de la surface du sol. Les diverses condi-
tions ne changeaient cette quantité que de 0,03 pour mille.
Les seules variations sensibles ont été reconnues pour l'air
* Annaies de chimie et de physique, t. XX IV, p. 143; 188?.
« ibidem, U XXIV, p. 22â; 1882.
des grandes villes et pour les dosages effectués dans des temps
de brouillard. Il n'y a là rien qui doive nous étonner puisque
les villes sont des foyers de production intense d'acide carbo-
nique : l'air y est constamment vicié par la respiration des
êtres vi\'ants et par la combustion des produits employés dans
rindustrie; d'autre part, la vapeur d'eau, en se condensant
à l'état de brouillard, ramasse l'acide carbonique qui pénètre
alors plus abondamment dans les appareils de dosage.
En dehors de ces causes de variation auxquelles il convient
cependant d'ajouter l'influence de la nuit, qui augmente aussi
légèrement la proportion d'acide carbonique, il paraîtrait
qu'il n'en existe pas d'autres dont l'effet soit sensible. Ni les
changements dans la direction du vent, ni l'intensité du vent,
ni les variations de la température ou de la pression baromé^
trique, ni les fluctuations météorologiques ne sont accompa-
gnés d'augmentation ou de diminution de la quantité d'acide
carbonique.
La constance relative de la proportion d'acide carbonique
dans l'air est un phénomène remarquable. On peut admettre
difficilement, en effet, que les diverses sources de ce gaz
exhalent, jour par jour, une quantité d'acide carbonique
exactement suffisante pour laisser dans l'air la même propor-
tion de ce gaz quelle que soit la consommation que le règne
végétal en fasse dans le même temps. On sait que des terrains
volcaniques se dégagent des quantités énormes d'acide carbo-
nique, mais celles-ci sont en rapport avec l'activité volcanique
elle-même ; en outre, les combustions lentes qui s'accomplissent
dans le sol sous l'influence des ferments sont également une
source aussi régulière qu'abondante de ce corps. Th. Schloesing *
a proposé une explication de ce phénomène étrange, par une
application du principe de la dissociation. D'après ce savant
« Comptes rendus, t. XC, p. UIO.
(6)
la tension de l'acide carbonique de l'air serait maintenue
constante par la dissociation du bicarbonate de calcium tenu
en dissolution dans les eaux de la mer. Si la dose d'acide
carbonique venait à diminuer dans l'air, le bicarbonate de
calcium marin se dissocierait, la moitié de son acide passerait
dans l'atmosphère et comblerait par conséquent le vide. Si, au
contraire, l'air se chargeait d'une quantité anormale d'acide
carbonique, la vapeur aqueuse, en se condensant dans l'air,
dissoudrait à son tour une partie de l'acide carbonique qui s'y
trouve et, en tombant sur le sol, y reprendrait le carbonate de
calcium nécessaire pour former le bicarbonate qui retournerait
à la mer.
D'après les quelques lignes qui précèdent il peut paraître
que le problème de la détermination de l'acide carbonique de
l'air soit complètement résolu et qu'il n'y ait pas lieu, dans
l'état actuel de nos connaissances, de soumettre à un examen
nouveau un sujet si bien élucidé. Cependant, tout en rendant
hommage au mérite des résultats récents de M. Reiset et de
MM. Mûntz et Aubip et sans méconnaiti^e la grande exactitude
que ces habiles opérateurs ont su apporter à leurs travaux, on
peut se demander si vraiment les de Saussure, les Dumas, les
Boussingault et d'autres illustrations de la science ont été le
jouet d'une illusion lorsqu'ils ont cru reconnaître la variabilité
de la proportion d'acide carbonique contenu dans l'air. Peut*
être n'est-il pas inutile de répéter le dosage de l'acide carbo-
nique de l'air dans une région où les influences locales sont
évidentes et par conséquent bien connues. On pourrait alors
seulement espérer répondre, d'une manière aussi satisfaisante
que possible, aux diverses questions posées par le grand pro-
blème de la composition de notre atmosphère.
La région de Liège nous a paru réunir les conditions indi-
quées. Elle se trouve placée, en effet, dans le voisinage d'un
centre industriel ou règne une grande activité, mais, par suite
(7)
de circonstances particulières, le côté de la région opposé à ce
(^ntre industriel est presque entièrement agricole. On peut
donc espérer recueillir, à Liège, Tair pur de la campagne ou
l'air vicié par l'industrie suivant la direction dans laquelle
souffle le vent. Selon le résultat obtenu on pourra aussi tirer
des conclusions intéressantes sur la rapidité avec laquelle se
fait le mélange des diverses couches d'air de notre atmosphère.
Guidés par cette pensée, nous avons mesuré autant que pos-
sible, chaque jour, pendant une année entière, la proportion
d'acide carbonique de l'air. Nous avons fait de cette manière
deux cent soixante-six analyses en notant, chaque fois avec
soin, tous les facteurs météorologiques, en vue de permettre
une étude comparative ^.
Pour faciliter au lecteur l'examen de notre travail nous
l'avons divisé en trois chapitres bien distincts.
Dans le premier nous nous sommes occupés de l'historique
de la question en vue de faire connaître aussi exactement que
possible l'état de celle-ci. Nous n'avons cependant pas cru
devoir suivre complètement l'ordre chronologique dans cette
revue des travaux anciens, mais nous avons fait un relevé des
cliflërents problèmes qui ont été posés et nous avons montré
dans quelle mesure les divers chercheurs ont contribué à leur
solution. Nous avons pensé que l'on arrivera plus aisément, de
cette manière, à se faire une idée claire de l'évolution subie par
chaque partie du problème général et peut-être bien aurons-
nous rendu aussi un service à tous ceux qui s'occuperont, par
la suite, de ces questions.
Le deuxième chapitre renferme l'exposé des résultats géné-
raux auxquels nous sommes arrivés. Il n'est guère possible de
* NoDs avons utilisé les observations météorologiques faites à rUniversiié
(le Liège sous la direction de M. le Professeur L. Pérard. Nous sommes heu-
reoi de pouvoir réitérer, ici, nos remerciements à ce savant pour Tempresse-
ment avec lequel il a bien voulu nous communiquer les documents nécessaires.
(8)
les résumer maintenant, mais nous tenons à dire qu'ils nous
ont permis de toucher aussi un problème de climatologie en
montrant l'influence exercée par l'acide carbonique de l'air sur
la température iCui%e région.
Enfin, le troisième chapitre renferme la description, avec les
détails suffisants, de la méthode adoptée pour doser l'acide
carbonique de l'air. Nous aurions voulu abréger cette descrip*
tion, mais nous n'avons pas cédé à notre désir parce qu'il
importait de faire connaître le contrôle auquel nous avons
soumis nos recherches. Notre méthode d'analyse s'écarte, en
efi'et, un peu de ce qui a été fait avant nous et il devenait d'au-
tant plus nécessaire de fournir les moyens de répéter exacte-
ment nos expériences que nous ne pensons pas avoir résolu
définitivement le problème de la composition de l'air atmo-
sphérique.
Le lecteur pourra, ensuite de cette subdivision, prendre
facilement connaissance des parties de notre travail qui pour-
ront l'intéresser davantage.
CHAPITRE PREMIER.
HISTORIQUE DES QUESTIONS SOULEVÉES SUR LA COMPOSITION
DE l'air ATMOSPHÉRIQUE.
eêt'Him tm tmétÊêm «m fMM f«« pmimië iff«t gf«èe^
Pour répondre à cette question nous allons comparer les
résultats moyens obtenus en des lieux différents du globe à
des époques diverses.
Il n'y a lieu de tenir compte ici que des analyses qui ont été
exécutées autant que possible à un niveau peu élevé au-dessus
de la mer; nous aurons à examiner dans un autre paragraphe
l'influence de l'altitude.
Nous n'avons pas tenu compte non plus des déterminations
d'acide carbonique faites sur mer; elles feront aussi l'objet d'un
paragraphe spécial.
Enfin, il est à peine nécessaire de faire remarquer que nous
avons seulement tenu compte des résultats moyens provenant
d'un nombre suffisant d'observations pour que l'on puisse
considérer les influences locales comme éliminées.
Pour faciliter cette comparaison nous avons réuni les
résultats en un tableau d'après l'ordre chronologique ; nous
examinerons ensuite la signification des nombres.
{ 10 )
NOMS DES ACTECRS.
**■*■••
LIEUX
des
OBSERVATIONS.
«.
de Saussure *
Dumas et Boussingauli * . .
BoussingauU '
Marchand *
Leroy «
Gilm 6 .
Torpe '
Schultze «
Truchot »
Hâsselbart «»
Gleasson << .
Reiset »*
MQntz et Aubin «» . . . .
Id. «*....
Hyades «s
4828
1841
1844
1818
18K0
1837
1867
1871
1873
1876
4876
i879
1882
i8«:i
1881
Genève
Paris
Paris
Halle (sur Sale) ....
Santa Fe de Bogota . . .
Innsbruck
Para (Brésil)
Rostock
Clermont-Ferrand . . .
Dahme
Lund (Suède)
Dieppe
Plaine de Vincennes . . .
Hémisphère sud ... .
Cap Horn
4.79
4.18
3.93
a«o
3à4
4.15
3.S8
2.9«
4.09
4.47
179
S.94
186
178
S.56
Annales de chimie et de physique, t. XXXVIH, p. 4H ; 1828.
Ibidem, {. IH, p. 257; 1841.
Ibidtm, I. X, p. 456; 1844.
Journal fur praktische Chemie, t. XLIX, p. 24.
Comptes rendus, t. XXXI, p. 723.
Chemisches Centralblalt, 1857, p. 759.
Journal ofthe chem, Society, (2), V, 199.
Naturforscher, l. IV, p. 559.
Comptes rendus, i, LXXVlt, p. 675.
«0 Naturforscher, l. IX, p. 1^4.
** Berichte der deulsch. chem, Gesellschaft, l. IX, p. 174.
** Annales de chimie et de physique, t. XXVI, p. 145.
«» fbidem, p. 221
** Comptes rendus, t. XCV, p. 1793.
«» /Wddiii, l. XCVIII,p.483.
iV. B. Le n<» 2 des Berichte der chem. Gesellschaft de celle année renferme
un travail de W. Hempel sur Tair de Dresde. Il a trouvé, avec M. OeUel,
son aide, 4,18 d'acide carbonique comme moyenne de quarante-six analyses.
Ce nombre, très élevé, n'est pas comparable avec ceux du tableau précédent,
parce que Hempel n'a soumis, chaque Tols, qu'un litre d'air à Tanalyse.
( n )
Ce tableau vient à l'appui de ce que nous avons déjà fait
remarquer : la proportion d'acide carbonique a d'abord été
trouvée assez variable, puis, à mesure que les méthodes d'ana-
lyse se perfectionnaient, une concordance plus grande s'est
établie entre les résultats. En outre, les nombres trouvés d'abord
dépassent beaucoup ceux obtenus en dernier lieu. Tout por-
tant à croire, jusqu'à présent, que les premiers résultats étaient
erronés, il serait téméraire d'en tirer une conclusion et nous
devons nous borner à ne faire usage que des résultats de
MM. Schultze, Reiset, Mûntz, Aubin, Cleasson et Hyades.
D'après cela on ne posséderait jusqu'aujourd'hui que quatre
données positives déduites d'un nombre sufiSsant d'observa-
lions se rapportant à l'Europe et deux se rapportant à l'autre
hémisphère. Les quatre premières sont d'accord pour montrer
que la proportion d'acide carbonique de l'air est sensiblement
la même à Paris, à Dieppe, à Rostock et à Lund (Suède). Il est
par conséquent probable qu'il en est de même de l'air de toute
l'Europe, sinon de tout l'hémisphère nord de notre globe.
Toutefois, de nouvelles observations sont encore nécessaires
avant que l'on puisse considérer cette conclusion comme
acquise à la science.
D'autre part les analyses qui ont été faites dans l'autre
hémisphère sont sensiblement d'accord aussi entre elles, mais
elles témoignent d'une diminution évidente de la proportion
d'acide carbonique dans cette partie de l'atmosphère. MM. Mûntz,
Aubin et Hyades voient dans ce fait une confirmation des idées
de MM. Schultze et Schloesing, qui trouvent dans les eaux de
la mer le grand régulateur de la composition de l'air. La
température de l'eau a, en effet, une grande influence sur la
tension de l'acide carbonique qui se trouve à l'état de bicarbo-
nate dans la mer, et l'on doit rencontrer moins d'acide carbo-
nique dans l'air qui touche une eau plus froide. En fait, Hyades
a observé une diminution de la quantité d'acide carbonique
au bord de la mer, au cap Horn, quand la température s'abais-
sait.
Ainsi la température moyenne des résultats obtenus par des
( 12)
températures inférieures à 5<^ est 3,530, tandis que par des
températures supérieures à 5<> elle devient 3,«^98.
On doit donc reconnaître que, si l'on se met à Fabri des
influences locales, la proportion d'acide carbonique de l'air ne
manifeste de variation que d'un hémisphère à l'autre et
encore cette variation n'est-elle pas considérable; elle est
exprimée par les nombres 2,56 et 2,86.
Si nous ne nous trompons pas, H. et A. Schlagintweit * se
seraient occupés les premiers, en 1849, d'une manière positive
de la solution de cette question.
Ils ont déterminé la proportion d'acide carbonique contenue
dans les Alpes à des altitudes diverses et ils sont arrivés à
des nombres variant de 3,2 à 5,8 dix-millièmes en volume.
D'après* eux, on constaterait une augmentation progressive de
cet acide jusque 3 336 mètres d'altitude, mais à cette hauteur
la proportion aurait atteint son maximum.
Quelques années plus tard, en 1852, A. Schlagintweit ^ a
repris cette question. Il a analysé l'air des couches supérieures
de l'atmosphère dans les environs du Mont-Kose, aux altitudes
de 3 162 mètres et 4 224 mètres, et trouvé de nouveau une
augmentation de l'acide carbonique avec l'altitude. Ainsi,
10 000 volumes d'air renfermaient de 7',9 à 9',5 d'acide carbo-
nique aux altitudes indiquées. Le maximum se produisait
quand le temps était beau, mais quand le lieu d'observation
était entouré de nuages épais venant du bas, la proportion
tombait à 5%9. Comme terme de comparaison Schlagintweit
fait connaître qu'il a trouvé à Berlin, à 32 mètres d'altitude,
3,9 à 4,5 d'acide carbonique.
Ces résultats sont probablement erronés; Schlagintweit a
< Annalen von Poggendorff, I. LXXIV, p. 441
s Ibidem, t. LXXXVll, p. 293.
( 13 )
en effet dosé l'acide carbonique en faisant circuler de l'air sec
(8^800 à 31^300) sur de la potasse et en déterminant l'aug-
mentation du poids des appareils; en un mot, il a suivi une
méthode de dosage qui est reconnue infidèle. Nous n'insiste-
rons donc pas.
En 1860, Frankland ^ a analysé l'air à Chamounix, aux
Grands-Mulets et sur le Mont-Blanc.
Les résultats sont aussi incertains pour ne pas dire qu'ils
sont faux. Voici ce qui a été trouvé :
A ChaniouDix 6%3 sur 10 000 d*air
Aux Grands-Mulels 11%l »
Au Mont-Blanc 6%1 »
Truchot ^ s'est occupé ensuite de la question, en 1873;
il est arrivé à un résultat opposé à celui de Schlagintweit :
l'acide carbonique diminuerait rapidement avec l'altitude.
En effet :
A Ctermont-Ferrand, à . 395 mètres, il a Urouvé 3%13 sur 10 000
An Puy-de-Dôme, à . . 1 446 • • 2\03 »
Au Pic Saucy, à 1 886 » > 1^79 >
Truchot trouve ce résultat naturel puisque l'acide carbonique
se forme dans les profondeurs et qu'il est plus lourd que l'air.
Pour nous, son résultat parait aussi invraisemblable que l'ex-
plication qu'il en donne, car les mouvements dont l'atmos-
phère est toujours le siège doivent s'opposer à ce qu'il s'éta-
blisse des différences de l'ordre de celles que l'on croit avoir
constatées sur une différence d'altitude de quelques centaines
de mètres.
Tissandier 3 a fait aussi quelques dosages d'acide carbonique
à des hauteurs différentes dans des ascensions en ballon. 11 a
• Quart. Journ. ofthe chem, Society, U Xril p. Si?.
» Naturforscher, 1873, p. 221
> Comptes rendue, I. XXX, p. 976.
( 14 )
trouvé 3,4 dix-millièmes à 800 mètres et 3,00 dix-millième» 4
1 000 mètres de hauteur : résultat contradictoire du précédent.
Enfin Hûntz et Aubin i se sont également occupés de la
question. Le résultat quMls ont obtenu nous paraît mériter
toute confiance tant à cause de l'habileté bien connue de ces
savants que de l'exactitude démontrée de la méthode d^analyse
qu'ils ont suivie.
La station d'observation était le Pic du midi, dans les Pyré-
nées, à l'altitude de 3 877 mètres. On faisait trois prises d'essai
par jour. Le résultat moyen a été de ffi6 d'acide carbonique
sur 10 000 d'air (minimum 3,69 ; maximum 3,01).
Il y a donc tout lieu de croire que l'acide carbonique est
non seulement également répandu dans l'atmosphère dans le
sens horizontal, mais encore dans le setis vertical.
Nous mentionnerons encore dans ce paragraphe une obser-
vation due à M. P. Truchot S; elle se rapporte à l'influence de
la pression barométrique sur la proportion d'acide carbonique.
On peut placer ici cette observation parce que la pression
barométrique diminue aussi avec l'altitude.
La pression barométrique moyenne de vingt-cinq jours pen-
dant lesquels on a constaté un minimum d'acide carbonique
était 0",733 et inversement le maximum d'acide carbonique
s'est produit quand la pression était 0"',731. Une diminution
de la pression barométrique amènerait donc une augmentation
de la quantité d'acide carbonique.
Nous citons cette observation pour mémoire seulement,
sans en tirer aucune conclusion.
D'après de Saussure 3 l'air du lac de Genève serait moins
« Comptes rendus, l. XCIII, p. 797; 1881
« Naturforscher, t. X, p. 250.
» Annales de chimie et de physique, I, XXXVIII, p. 411 ; I8Î8.
( 18 )
riche en acide carbonique que Fair des terres. D'un autre côté
T.-E. Torpe ^ a déterminé la proportion d'acide carbonique
de l'air du canal d'Irlande; il a constaté aussi un peu moins
d'acide dans cet air que dans l'air du continent. II a trouvé
en effet, comme moyenne de vingt-six analyses, 3% 08 dix-
millièmes dans l'air de la mer et 4,04 dans l'air du con-
tinent.
Ce sont là les deux seules observations que nous avons ren-
contrées qui comparent l'air de la mer à l'air des terres abstrac-
tion faite de tout autre facteur tel que la température, la nuit
ou le jour, etc. Ces observations concordent, mais il serait peut-
être prématuré d'en tirer une conclusion définitive. N'oublions
cependant pas que si la mer engloutit vraiment l'excès d'acide
carbonique de l'air des continents il serait assez naturel que
l'on en trouvât moins sur mer que sur terre.
P
Bien que les résultats des analyses de de Saussure ^ ne soient
peut-être pas absolument exacts, nous dirons cependant qu'ils
tendent à faire admettre que la proportion d'acide carbonique
serait plus faible en hiver et plus élevée en été.
Leroy 3 paraît avoir trouvé la confirmation de cette obser-
vation à Santa Fe de Bogota : ainsi il constate de 3 à 4 dix-
millièmes d'acide carbonique dans Kair du mois de mars au
mois de juillet, et 4,7 dix-millièmes du mois d'août au mois
de septembre.
Des recherches ultérieures n'ont cependant pas prouvé
l'exactitude des observations de de Saussure et de Leroy.
D'après Boussingault * la variation de la proportion d'acide
carbonique avec les saisons serait incertaine sinon insensible.
* Chem. Neu'S, t XII, pp. 297-316; 1865.
* Loc, cit.
' Comptes rendus, t. XXXI, p. 725.
* Annales de chimie et de physique, t. X, p. 456; 1844.
{ 16)
Voici, en effet, le résultat moyen de ses analyses :
Année 1840 : Janvier 3.5 dix-millièmes.
Août 3.8
Septembre 4.0
Octobre 3.8
Novembre 3.7
Décembre 3.8
Année 1841 : Mars 4.2
Mai 4.3
Juillet 4.3
On voit qu'il n'y a aucune conclusion positive à tirer de ces
nombres.
Un travail publié en 1863, par Ch. Mène ^ , sur le même objet
ne contribue pas davantage à élucider la question. La propor-
tion d'acide carbonique serait la même en décembre et en jan-
vier; elle augmenterait en février, mars, avril et mai pour
diminuer de juin à août et augmenter de septembre à no-
vembre, de manière que l'air du mois d'octobre serait le
plus riche en acide carbonique. Ces fluctuations étranges
de la proportion d'acide carbonique ne présentent guère le
caractère de la vérité.
D'ailleurs les analyses de H. Mène ne peuvent inspirer grande
confiance, puisqu'elles accusent des variations d'acide carbo-
nique de 0,7 à 6 volumes sur 10 000 2.
Dans son grand travail sur l'air de Rostock, Schulze^ montre
que la proportion d'acide carbonique ne varierait pas avec les
saisons. La compétence de M. Schuize dans la matière pour-
rait porter à croire que la question doit être définitivement
résolue dans le sens négatif. Cependant un travail consi-
dérable dû à MM. Hâsselbart et Fittbogen 4, qui embrasse
trois cent quarante-sept analyses de l'air, montre de son côté
» Comptes rentiuSf I. LVII, p. 135.
* Répertoire de chimie appliquée, t. IV, p. 473.
* Nalurforscher, t. IV, p. 359.
* Ijandwirtschaftliche JahrbUcher, t. VIII, p. 609; 1879.
( 17 ) •
que l'acide carbonique est en moindre quantité dans Fair en
hiver. On en reviendrait par conséquent aux conclusions de
de Saussure et de Lewy. Voici d'ailleurs les résultats moyens
de MH. Hâsselbart et Fittbogen :
Septembre 1874.
. . 3%40
Mars 1875 . .
. . 3Mi
Octobre » .
. . 3^34
Avril » . .
. . 3%43
Novembre » .
. . 3',43
Mai » . .
. . 3\30
Décembre » .
. . 3%25
Juin » . . .
. . 3',3I
Janvier 1875. .
. . . 3',26
Juillet • . . .
. . 3%3I
Février » . .
. . 3',22
Août » . . .
. . 3',40
l^es auteurs' attribuent à la suspension momentanée des
phénomènes de fermentation, pendant les temps froids, la
diminution de l'acide carbonique pendant l'hiver.
11 résulte de l'ensemble des travaux mentionnés que l'on
est loin d'être d'accord aujourd'hui sur la question posée en
tête de ce paragraphe : de nouvelles recherches sont donc
nécessaires.
^ tm mmttP
La solution de cette question a préoccupé presque tous les
savants qui ont examiné la composition de l'air. On peut le
dire, jusqu'aujourd'hui toutes les analyses de l'air s'accordent
pour montrer que la proportion d'acide carbonique est plus
grande la nuit que le jour. Le premier qui ait appelé l'atten-
tion sur ce fait est de Saussure ^ ; ensuite Dumas et Boussin-
gaiilt 2, P. Truchot 3, Reiset ^, G.-F. Armstrong s ont trouvé
* Les résultats de ce savant sont cependant contradictoires : de Saussure
avait trouvé plus d'acide carbonique la nuit, en 1828, mais en 1850 II eu a
trouvé plus le jour.
* Annales de chimie et de physique, 1. 111, p. 257; 1841.
^ Comptes rendus, l. LXXVII, p. 675.
*/Wdew,l.XC,p, 1144.
- Naturforscher, t. XllI, p, 282.
Tome XXXVIL 2
* ( 18 )
constamment plus d'acide carbonique la nuit que le jour.
Ces auteurs sont d'accord aussi pour voir la raison de cette
variation dans la végétation; celle-ci consommant Facide car-
bonique de Fair, pendant le jour, pour exhaler de Foxygène.
Dans Fhémisphère sud, les recherches faites par MM. Mùntz
et Aubin ^ en Patagonie et au Chili, pendant l'expédition pour
l'observation du passage de Vénus sur le Soleil, ont conduit
au même résultat. Toutefois, les analyses plus récentes faites
par Hyades ^ au Cap Horn ont donné un résultat contraire.
On a trouvé 2,556 dix-millièmes d'acide carbonique la nuit et
3,563 dix-millièmes le jour. Ce résultat remarquable est attri-
bué par Hyades au peu d'intensité de la végétation au Cap
Horn. Cependant, d'après nous, il pourrait être dû à ce que au
Cap Horn les prises d'air n'ont pas été faites à une distance
suffisante de la mer. Les travaux exécutés sur la composition
de l'air de la mer paraissent donner de la valeur à cette expli-
cation. Leroy 3 avait déjà trouvé, en effet, en 1850, que Fair
de la mer renfermait plus d' acide carbonique le jour que la nuit,
(La différence serait même plus grande par un ciel serein que
par un ciel nuageux. L'origine de cette différence résiderait,
d'après Leroy, dans l'élévation de la température de l'eau de
la mer pendant le jour parce qu'alors r oxygène dissous dam
Veau se dégagerait,)
D'autre part, Torpe ^ a examiné Fair de l'Océan pendant un
voyage au Brésil et il a trouvé environ autant d'acide carbo-
nique le jour que la nuit (3%011 le jour et 2,993 la nuit :
moyennes de cinquante et une analyses).
Ces résultats nous paraissent avoir une grande valeur, car ils
s'accordent pour montrer que les variations de Facide carbo-
nique, pendant le jour et pendant la nuit, sont dues, sur les
continents, à la végétation. Si l'on se transporte en mer, c'est-
« Comptes rendus, i. XCV, p. 1793.
« /6iV/em, l.XCVIlI,p. 483.
» Ibidem, l. XXXI , p. 7i5.
* Journal of Ihe chem. Society, (2), L V, p. 199.
( 19 )
à-dire dans une région où la végétation est nulle, les diflë-
rences s'effacent.
La question de la variation de la proportion d'acide carbo-
nique pendant le jour et pendant la nuit paraît donc être
l'une des mieux élucidées. On verra que nos propres expé-
riences s'accordent très bien avec les résultats généraux obte-
nus précédemment, puisqu'ils montrent que cette variation
tend à s'annuler dans les villes, ù l'époque où la végétation
est arrêtée dans les campagnes environnantes.
Cette question se trouve soulevée pour la première fois dans
le travail de de Saussure. Elle avait reçu une solution positive
en ce sens que de Saussure avait cru obser\'er une augmenta-
tion de la proportion d'acide carbonique lorsque la tempéra-
ture s'élevait.
Les observations postérieures n'ont pas confirmé cette ma-
nière de voir. Elles tendent toutes à montrer que la proportion
d'acide carbonique est indépendante de la température. Nous
ne les passerons pas en revue, car leur examen nous condui-
rait trop loin, et nous nous bornerons à dire que les recherches
feites par MM. Mûntz et Aubin et par M. Hyades sur l'air de
l'hémisphère sud de notre globe, paraissent prouver que la tem-
pérature n'a d'effet sensible que sur l'air de la mer en ce sens
qu'une température basse favorise la dissolution, ou la fixation,
de l'acide carbonique dans l'eau et qu'elle diminue, en consé-
quence, la proportion de ce gaz dans l'air.
La question reste donc ouverte pour ce qui concerne l'air
des continents.
9mmpt 4f9 pfut^f 4fe M^ig^, <#• bÊ^uiitm»*dP
Cette question a fait l'objet de plus d'un examen. Les pre-
miers observateurs, de Saussure, Dumas, BoussingauU, ont
trouvé, d'une manière constante, moins d'acide carbonique
( 20)
dans l'air par les temps de pluie; Schuitze a fait une observa-
tion semblable pour l'air de Rostock. Mais d'après Mène ^.il y
aurait toujours plus d'acide carbonique dans l'air après un
temps de pluie. Nous avons vu, cependant, que l'exactitude
du travail de Mène doit être mise en doute; il convient donc
de ne pas attacher trop d'importance à cette conclusion.
Les observations faites en dehors de l'Europe montrent aussi
une diminution de la proportion d'acide carbonique par les
temps de. pluie. Ainsi Lew^ ^ trouva, à Bogota, 3,83 d'acide
carbonique par temps humide et 4,57 par temps sec. En
outre, T.-E. Torpe 3 a déterminé l'acide carbonique de l'air,
dans les tropiques, pendant la saison des pluies (en avril et
mai 1866); il a trouvé en moyenne 3%28. Cette quantité est
plus faible que celle trouvée par Leroy, Torpe attribue la dimi-
nution à la pluie ainsi qu'à la végétation. D'après Bunsen ^, il
y aurait aussi moins d'acide carbonique pendant la période
des pluies, dans les tropiques. Enfin, Hâsselbart ^ a étudié
la question d'une manière plus approfondie. D'après lui, les
pluies d'orage seraient accompagnées d'une augmentation de
l'acide carbonique de l'air, mais les pluies normales permet-
traient de faire une constatation inverse.
Les observations faites en temps de neige concordent très
bien entre elles; elles ont conduit à un résultat curieux : la
chute de la neige est accompagnée d'une augmetitatioti cotisi-
(lérable de la proportion d'acide carbonique.
Schuitze avait déjà observé que la neige occasionnait souvent
une augmentation subite de l'acide carbonique, et Truchot
trouve, pour vingt et une observations faites en temps de
neige, un accroissement constant de la quantité d'acide carbo-
nique; elle atteint même 8',7 sur 10 000 d'air. Ce savant a
< Comptes rendus, t. LVII, p. 155.
< /6fd«m,l. XXXin,p. 545.
' Journal ofthe chem, Society, (2), t. V, p. 109.
• Saturforscher, 1. 1, p. 75; 1868.
s Landwirtschaftliche JahrbUcher, t. VIII, p. 669.
( 21 )
trouvé d'ailleurs que la neige fixe une notable proportion
d'acide carbonique. De la neige recueillie récemment et traitée
par de l'eau de baryte a donné, en moyenne de cinq analyses,
25^,5 d'acide carbonique par kilogramme.
La neige condenserait peut-être, dans sa chute, l'acide
carbonique de l'air et, en l'enlevant aux régions élevées de
l'atmosphère, elle le concentrerait dans la nappe voisine
du sol.
On arrive à une conclusion semblable quant à l'influence
du brouillard sur la proportion d'acide carbonique. Schultze,
Farsky et Reiset sont d'accord pour reconnaître que l'air est
plus riche en acide carbonique par un temps de brouillard
que par un temps sec.
Il parait donc bien démontré que les chutes météoriques
ont une influence manifeste sur la proportion d'acide carbo-
nique. On verra que nos expériences viennent à l'appui des
observations précédentes, du moins en ce qui concerne les
chutes de neige et les temps de brouillard.
La direction du vent et son intensité ne peuvent exercer
que des influences locales. Ceci nous paraît évident. On ne
peut donc pas tirer, des observations faites à ce sujet, des
conclusions d'une portée générale et l'on ne doit pas exiger
non plus un accord complet entre les résultats obtenus par
les divers observateurs.
Ainsi de Saussure trouva qu'à Genève la proportion d'acide
carbonique augmentait pendant les tempêtes : il y a 0,22 dix-
millièmes en plus. A Manchester, au contraire, on recueille
moins d'acide carbonique, d'après R.-A. Smith <, par un vent
forl; l'air vicié de la ville par les industries nombreuses se
trouvant alors plus rapidement remplacé par l'air normal des
campagnes environnantes.
• Journal ofihe chem, Society ^ t. XI, p. 196.
( 22 )
Les indications précédentes sont les seules que nous ayons
rencontrées relativement à Tinfluence de l'intensité du vent,
f^s études sur l'influence de la direction du vent sont un peu
plus nombreuses.
H. Schultze 1 a fait un travail qui a duré depuis le 18 octo-
bre 1868 jusqu'au 31 juillet 1871. Il embrasse un nombre
considérable d'observations desquelles il résulte qu'à Rostock
la direction du vent a une influence marquée et toujours la
même. La proportion d'acide carbonique augmentait dès que
le vent amenait l'air du nord-est du continent et elle diminuait
par vent du sud-ouest. Schultze conclut de ce fait, et à cause
de la situation géographique de Rostock, qi|e la mer est le
siège d'une absorption constante d'acide carbonique ; celle-ci
rétablit l'équilibre rompu par les exhalaisons des volcans et
les autres productions terrestres d'acide carbonique.
Il trouva, en fait, que l'eau de la Baltique renfermait de
sept à douze fois autant d'acide carbonique que de l'eau
distillée exposée aux mêmes influences.
Hâsselbart ^ a constaté aussi, par trois cent quarante-sept
analyses, qu'à Dahme un changement dans la direction d'un
vent régnant était souvent accompagné d'une diminution de
l'acide carbonique de l'air.
A Tabor, en Bohême, Farsky 3 a reconnu aussi que les vents
du nord-ouest et du sud-ouest provoquaient une baisse de
l'acide carbonique tandis que les vents froids du nord et du
sud-est en augmentaient la proportion.
Enfln, H. Harié-Davy ^ compare les résultats des analyses de
l'air faites pendant quatre ans par MM. A. I^vy et Allaire, à
l'Observatoire de Montsouris, pour s'assurer si les variations de
l'acide carbonique pouvaient fournir des renseignements sur
les mouvements généraux de l'atmosphère ainsi que sur les
« Naturfàrscher, t. IV, p. 359.
« Ibidem, X, IX,p. i4i.
> /6tdefii, t X,p. 66.
^ Comptes rendus, I. XC , p. 32.
( 23 )
changements du temps. D'après eux \es influences locales sèment
dominées par des influences d'un ordre plus élevé et l'on con-
staterait, en faisant usage d'un nombre suffisant d'observations,
que les vents équatoriaux humides, du sud et du sud-ouest,
qui lèchent la surface de la terre, seraient plus riches en acide
carbonique que les vents secs du nord et du nord-est qui
descendent des régions élevées de l'atmosphère.
M. Reiset ^ conteste l'exactitude des conclusions de M. Marié-
Davy parce que les variations dans les proportions d'acide car-
bonique trouvées à Montsouris par MM. Levy et Allaire (2,2 à
3,6) sont en complet désaccord avec ses propres expériences.
M. Marié-Davy repousse la critique faite des expériencA^s de
MM. Levy et Allaire et croit que la théorie de la variation de
l'acide carbonique s'appuie sur beaucoup de déterminations
bien faites.
Sans vouloir prendre position dans cette discussion nous
ferons cependant remarquer que, d'après les recherches
récentes, la proportion d'acide carbonique de l'air n'est pas
aussi constante que M. Reiset l'a pensé. Nos propres expé-
riences montrent également ce fait.
•. Mt^ë 90Mare«fë loc«le« d'tteid^ emr%9—i^ÊÊ9 iiM9iM«HfeHf-#lfe«
Les grands mouvements atmosphériques ont pour effet de
mélanger, d'une manière continue, les diverses couches de
l'atmosphère.
Pour peu que le vent soit fort, l'air d'un lieu donné se
trouve emporté à chaque instant et remplacé par un air qui,
quelques heures auparavant, pouvait se trouver à plusieurs
lieues de distance. On doit donc se demander s'il n'est pas illu-
soire d'attribuer à des influences locales certaines différences
constatées dans la composition de l'air de diverses régions.
Pour répondre à cette question il suffit d'examiner les résul-
tats obtenus par des analyses d'air effectuées dans des lieux
* Sjoc, cil.
( 24 )
où des sources évidentes d'acide carbonique sont en activité.
Les observations de l'espèce se rapportent surtout à l'air des
villes où il y a une production active d'acide carbonique et à
Tair des environs des volcans qui sont aussi le lieu du dégage-
ment d'une grande quantité d'acide carbonique.
M. de Saussure a déjà constaté que l'air de Genève renferme
en moyenne 0^,31 d'acide carbonique de plus que l'air des
campagnes environnantes ; toutefois, d'après Boussingault i, on
ne trouverait pas grande différence dans la proportion d'acide
carbonique de l'air de la campagne et de l'air de Paris, malgré
la production considérable de ce gaz dans cette grande ville.
Boussingault a évalué celle-ci à 2 944 631 mètres cubes par
24 heures pour l'année 1844 et cependant des observations
comparatives ont montré que l'on obtenait 4\13 sur 10000
d'air à Paris, quand à S*-Cloud on trouvait 4\14. Ce n'est qu'à
Andilly, près de Montmorency, qu'on trouva de 94 à 98 d'acide
carbonique quand il y eu avait 100 à Paris.
Un résultat plus accusé a été obtenu par R.-À. Smith ^ au
moyen de l'air de Manchester. Il trouva, en ville, jusque 1\9
sur 10 000 quand l'air des environs n'en fournissait que 3*,0
environ. Smith constata aussi, d'une manière constante, que
les grands vents amenaient un abaissement dans la proportion
d'acide carbonique de l'air de Manchester.
Le résultat de R.-A. Smith ne s'est pas confirmé. A.-Mc Dou-
gall 3 a trouvé de 2,80 à 3,90 dix-millièmes d'acide carbonique
dans l'air de Manchester quand, à 4 milles de là, en pleine
campagne, il en constatait de 2,77 à 3,85. Roscoe conclut de
ces expériences que l'influence de la combustion et de la res-
piration, en lieux découverts, est complètement éteinte par les
mouvements de l'atmosphère.
D'après M. Reiset, la moyenne de la proportion d'acide cai^
bonique se réglerait, à Paris, à 3,057 pour 10000 d'air : elle
* Annales de chimie et de physique, t. X, p. 456; 1844.
< Quart, Joum. of the chem. Society, t. XI, p. 169.
3 Bulletin de la Société chimique de Paris, (2), 1. 1, p. 360.
( 2S )
serait donc un peu plus élevée qu'à la campagne, où elle est
2,962. Il n'est pas superflu de constater que le maximum
d'acide carbonique, 3,516, a été obtenu à Paris, le 37 jan-
vier 1879, pendant la période de la plus active combustion
dans les foyers.
MH. Mûntz et Aubin ont aussi constaté une plus grande
quantité d'acide carbonique dans l'air de Paris que dans l'air
des campagnes. La différence n'est pas grande cependant : elle
comporte, en moyenne, 0,35 sur 10 000 d'air. Il est à remar-
quer que cette différence moyenne se rapproche singulière-
ment de celle trouvée par de Saussure pour l'air de Genève et
lair de la campagne, c'est-à-dire de 0,31.
Enfin Leroy ^ trouva que l'air de la Nouvelle-Grenade ren-
fermait souvent beaucoup d'acide carbonique, jusque 4^,9 sur
10000 d'air, par suite des éruptions volcaniques et des grandes
combustions.
En résumé la question n'est pas encore résolue définitive-
ment. De nouvelles expériences sont nécessaires et nous espé-
rons que les nôtres contribueront à combler la lacune.
* Comptes rendus, t. XXXIll, p. 345.
( 26 )
CHAPITRE II.
RÉSULTATS GÉNÉRAUX.
§• Pr»p«rtl«B moyenne de Faclde earb^nl^ae «•■tena dbi»a
r«lr de LIèce.
Les deux cent soixante-six analyses faites dans le courant
d'une année conduisent au résultat moyen suivant :
.AA^A . ^» . ( ^ii Poi^'s reofermeDt 5.1258 d*acide carbonique
10 000 parues dair ] ^
l en volume » 3.5526 »
L'air de Liège accuse par conséquent une plus forte propor-
tion d'acide carbonique non seulement que l'air des champs,
d'après M. Reiset, mais encore que l'air de Paris. Celui-ci a
conduit, en effet, à une moyenne de 4,83 en poids et 3,168 en
volume. La différence
5.1258-4.83 =0,2
3.3526 — 3.286 = 0,1846
dépasse de beaucoup la grandeur des erreurs d'obeen^ation
qui peuvent entacher un résultat moyen obtenu à l'aide de
deux cent soixante-six obser\'ations.
Il se peut que la méthode d'analyse que nous avons adoptée
ne soit pas tout à fait étrangère à l'augmentation de la propor-
tion d'acide carbonique trouvée, puisque nous avons veillé à ce
que la durée du contact de l'air et de l'eau de baryte destinée
à retenir l'acide fût aussi longue que possible.
On verra, dans la description du procédé d'analyse, que
( 27 )
nous devons cependant regarder notre résultat comme un
mùwnum et non pas comme exprimant vraiment la quantité
d'acide carbonique de l'air : celle-ci peut être encore un peu
plus forte.
Nous ne croyons pas pourtant devoir opposer notre résul-
tat à celui de H. Reiset et dire que les nombres obtenus par
cet habile travailleur sont au-dessous de la réalité au point de
fournir une différetice de Tordre de celle que nous constatons.
D'après nos propres expériences il ne nous paraît pas vraisem-
blable de penser que si nous avions suivi, pas à pas, la méthode
d'analyse de H. Reiset, nous eussions obtenu exactement le
même résultat que lui. Nous sommes bien plus portés à croire
qu'effectivement l'air de Liège renferme plus d'acide carbo-
nique que l'air d'autres localités. Notre opinion repose sur
les deux motifs suivants : en premier lieu, la ville que nous
habitons est le siège d'une production intense d'acide carbo-
nique par suite de l'énorme consommation de combustible
faite chaque jour non pas dans les foyers domestiques, mais
bien dans les nombreux fourneaux de l'industrie.
Le bassin de Liège est bien connu pour son activité indus-
trielle; des hauts-fourneaux, des aciéries, des fours de fusion,
des fours à puddler entourent la ville en grand nombre et con-
somment, par année, des millions de kilogrammes de charbon.
Quelle que soit la rapidité avec laquelle les produits de la
combustion se dispersent dans l'air, il n'est cependant pas
admissible qu'elle soit instantanée, c'est-à-dire sans influence
sur la composition de l'air. Si M. Reiset a pu constater un jour
que te voisinage d un troupeau de trois cents moutons a fait
monter la proportion d'acide carbonique de l'air des champs
de 2,90 environ à 3,18 ^, il ne parait pas absurde d'attribuer
une influence réelle à la concentration d'immenses fourneaux
industriels sur un espace de terrain relativement restreint. On
admettra même sans peine, pensons-nous, que l'air de Liège
peut être vicié plus par cette circonstance que l'air de la ville
* £oc. n'/., p. 210.
f 28 ) •
de Paris. Nous examinerons plus loin Teffet produii par le vent
dans ces conditions.
En second lieu, la proportion plus grande de Tacide carbo-
nique peut tenir à la nature du sol du pays de Liège. Des tra-
vaux assez nombreux, et fort bien faits, ont prouvé en effet que
la principale origine de Tacide carbonique de Tair doit être
cherchée dans le sol. Pettenkofer * a puisé, en effet, de l'air du
sol de Munich au moyen de tuyaux de plomb pénétrant à des
profondeurs de 4, 3, 2 ^/^ et 1 ^/^ mètres. Le sol est formé
là-bas de cailloux roulés des Alpes couverts d'un peu d'humus.
Or, il a trouvé de 6%36 à 18%38 d'acide carbonique pour
1 000 d'air, selon la profondeur, c'est-à-dire vingt à soixante fois
plus que dans l'atmosphère. La plus grande quantité paraît
coïncider avec la plus haute température des couches supé-
rieures. J. V. Foder i* a trouvé de même I07^,o d'acide carbo-
nique sur 1 000 d'air à Klausenbourg, tandis qu'à Dresde et à
Munich il y en a environ la moitié moins. Ce travail prouve
d'une manière évidente que l'air du sol n'a pas partout la même
composition. On a constaté un fait analogue dans la ville de
Boston. W. Ripley 3 a trouvé, dans l'air d'un sol formé de
terres rapportées, de 22*,6 à 212',1 d'acide carbonique pour
1000 d'air à des profondeurs variant de 0°*,15 à 3 mètres envi-
ron. Cet acide carbonique du sol serait engendré, d'après
Wolny 4, par des organismes inférieurs. Cet observateur a fait
u ce sujet d'intéressantes expériences qu'il nous paraît utile
d'indiquer ici. Il a comparé l'air de deux masses de terre après
avoir rendu inactifs tous les organismes de l'une d'elles à l'aide
du chloroforme et il a trouvé que l'air de la terre chloroformée
ne contenait presque pas d'acide carbonique tandis que l'autre
en fournissait de grandes quantités.
Le sol du pays de Liège appartient à la formation houillère,
« Nalwforscher, I. V, p. 179; 1872.
« /6idem, t. VIII, p. 224; 1875.
» Jahresbericht der Chemie, etc., 1875, p. 1104.
« Ibidem, 1880, p. 1319.
( 29 )
c'est assez dire qu'il est riche en charbon. Celui-ci s'y trouve
à l'état de houille, ou bien il imprègne les schistes houillers,
qui donnent, lorsqu'ils se délitent, une terre noire, siège d'une
production intense d'acide carbonique. C'est ici le lieu de rap-
peler un foit étonnant qui s'est produit, il y a environ vingt-cinq
ans, au sein de la ville de Liège; il montre jusqu'à quel point
les phénomènes de combustion dont le sol de cette ville est le
siège peuvent devenir intenses.
Pendant plusieurs années le sol d'une partie du quartier dit
« de SWacques » s'est échauffé au point que le beurre fondait
dans les caves des habilations. L'eau des puits était chaude et
les plantes de tous les jardins de cette partie de la ville ont péri.
Les herbes jaunissaient et séchaient sur place, les arbres per-
daient leurs feuilles et mouraient; un sol aride et nu remplaça
les pelouses verdoyantes. Lorsqu'on fouillait ce terrain, on
trouvait, à une très faible profondeur, une élévation de tempé-
rature qui dépassait celle de la main et qui devenait plus
intense encore avec la profondeur. La terre, parfaitement
sèche, avait acquis vers la surface une cohérence telle qu'il
élait difficile de l'entamer avec la bêche : on la comparait à de
la terre calcinée. Une commission fut nommée pour étudier
avec soin ce phénomène étrange : elle était composée de
MM. G. Dewalque, Schmit et du célèbre physiologiste Schwann,
tous trois professeurs à l'Université de Liège ^.
Cette commission conclut, à la suite de travaux et d'expé-
riences qui durèrent deux années, que réchauffement de ce
terrain était dû ù une combustion lente du grisou exhalé par le
terrain houiller. Elle signala même une explosion qui s'était
produite dans une cave d'une habitation au moment où l'on y
pénétra avec une lampe allumée.
Il n'est pas invraisemblable que des phénomènes de ce genre
se produisent d'une manière continue dans les couches supé-
rieures de notre bassin houiller, mais, à la vérité, avec une
^ Le rapport de celte commissioD a été inséré dans les Annales du Conseil
de salubrilé publique de la province de Liège, t. V, p. 67; IS59.
( 30 )
intensité insuffisante pour s'imposer à une obsen'ation immé-
diate. Il serait intéressant de faire des investigations précises
à ce sujet.
Quoi qu'il en soit, nous pensons que Ton peut considérer
l'air du sol de notre terrain comme très riche en acide carbo-
nique. II reste à savoir si l'échange de l'air du sol et de
l'atmosphère est assez intense pour augmenter la proportion
de l'acide carbonique de celle-ci. Cette questionna été résolue
affirmativement par les travaux bien connus de M. Pettenkofer.
II est donc inutile d'insister.
Si nous acceptons comme démontré que l'air du bassin de
Liège est plus riche en acide carbonique que l'air d'autres
localités, nous trouvons une explication bien simple d'un phé-
nomène climalérique local connu de tous les Liégeois.
Toutes choses égales d'ailleurs, l'air de Liège est plus chaud
que celui des environs immédiats. On constate le fait d'une
manière évidente, chaque fois que l'on rentre dans le bassin
de Liège après une excursion dans la vallée de la Vesdre
ou dans la vallée de l'Ourthe. On est frappé par le contraste
des températures sitôt qu'on a quitté l'une de ces vallées pour
entrer dans celle de la Meuse. La chose est surtout sensible
quand une stagnation de Fair accompagne, en été, des journées
sereines.
Les Liégeois disent alors que l'air est « lourd ». En outre les
nuits d'été sont beaucoup moins fraîches à Liège que dans les
environs. Ce qui prouve d'ailleurs la réalité du. fait, c'est que les
environs immédiats de Liège sont la région du globe la plus
élevée, en latitude, où la vigne prospère encore *.
Quelle est l'origine de cette différence de température? Nous
pensons qu'on aurait tort d'invoquer ici le rétrécissement de
la vallée pour l'expliquer, puisque celle-ci est bien plus ouverte
que toutes les vallées latérales. Mais les vallées latérales sont
creusées dans des terrains plus anciens que le terrain houiiler;
Ml y a même des années ota le vin de la vallée de la Meuse ne le cède fias
à certains vins de France.
( 31 )
elles ne sont pas, comme la première, le siège d'une produc-
tion.înterne d'acide carbonique.
La raison de Télévation de la température de Tair à Liège,
ù la suite de journées sereines et calmes, doit être cherchée bien
certainement dans la proportion plus grande de Tacide car-
bonique. En effet, Magnus et puis Tyndall ont découvert les
premiers, pensons-nous, que le gaz acide carbonique absorbait
la chaleur solaire et retenait les rayons calorifiques obscurs
du soleil comme le fait le verre. D'après le professeur Garî-
baldi ^, son pouvoir absorbant serait même quatre-vingt-douze
fois aussi grand que celui de Tair sous la pression baromé-
trique normale 3. L'acide carbonique de l'air jouerait donc le
même rôle que la vapeur if eau, qui retient aussi les rayons
calorifiques et contribue puissamment à l'emmagasinement de
la chaleur dans un lieu donné.
Comme la vapeur d'eau dissoute dans l'air, l'acide carbo-
nique diminue l'effet du rayonnement.
On sait que l'air pur se comporte pratiquement comme le
vide relativement à la transmission de la chaleur rayonnante.
Après le coucher du soleil, une région dont l'atmosphère
serait pure, c'est-à-dire composée seulement d'oxygène et
d'azote, serait le siège d'un rayonnement nocturne tel qu'il
suffirait d'une seule nuit pour détruire la végétation. On sait
d'ailleurs que dans le Sahara, où le sol est de feu et le vent de
flamme, comme le dit Tyndall, le froid de la nuit est souvent
intense. Dans cette contrée si chaude on voit souvent de la
* Nuovo Cimento, (2), I. III; 1871.
* Nous ne pouvons reproduire ici foules les expériences qui ont été faites
à ce sujet, nous sortirions du cadre que nous nous sommes tracé. On irouvera
les renseignements désirés dans les travaux suivants :
E. Lécher et Partner, Absorption vonSonnenstrahlung durch dieKohlen-
silure der Almosphùre (Sitzurgsberichte der Wiener Aead., t. LXXXll, (2),
pp. 265 et 851); H. Heike, Die Absorption der Warme durch kohiensàure
Gemische, Inaugural Dissertation. Giessen, i883; J.-E. Keeler, Absorption
(ter strahlenden Wàrms durch Kohiensàure (American Journal of Science,
(3), LXXVIll,p. 190;1884).
( 32 )
glace se former la nuit. C'est que Tair ne contient presque pas
de vapeur d'eau ; dès lors le sol n'est plus protégé contre le
refroidissement. Cette action bienfaisante de la vapeur d'eau,
qui rend notre globe habitable, l'acide carbonique l'exerce
également et, d'après les travaux récents, elle serait même plus
forte que les premières mesures, de Hagnus et de Tyndall, ne
l'avaient montré.
Pour expliquer plus clairement l'effet produit par l'acide
carbonique dans l'air, nous pouvons l'assimiler à celui d'une
lame de verre d'épaisseur équivalente. On sait qu'une vitre
jouit de la propriété de laisser passer facilement la lumière du
soleil, mais qu'elle s'oppose à la transmission des rayons calo-
rifiques obscurs. C'est pour cela que l'emploi de cette matière
protège nos habitations contre le froid. L'atmosphère chargée
de vapeur d'eau et d'acide carbonique garantit notre sol du
refroidissement comme le fait le vitrage d'une serre.
A la vérité, on peut se demander si la présence de quelques
cent-millièmes d'acide carbonique en plus dans l'air d'une
localité peut avoir un effet sensible.
Il ne faut pas perdre de vue que nous ne pouvons pas
juger de la valeur d'un nombre en nous plaçant A un point de
vue absolu. Mais si nous admettons avec Cooke ^ que le volume
de toute l'atmosphère est 4 079 611 53â 000 000 000 de mètres
cubes sous la pression normale et à la température de 0<*, il est
facile de calculer que si l'air renferme environ 3 dix-millièmes
d'acide carbonique, il contiendra en tout :
(A) 1 2i3 883 456 600 000 mètres cubes diacide carbonique ;
et s'il en renferme 3.3S dix-millièmes (nombre de l'air de
Liège), il en cx)ntiendra :
(B) 1 366 669 859 870 000 mètres cubes.
La différence de ces nombres est l'énorme quantité
(C) 1 42 986 403 270 000 mèl res cubes.
* Phitosophical Magazine, t. XIV, p. 387.
( 33)
Nous pouvons nous servir de ces nombres pour calculer
répaisseur de la couche d'acide carbonique qui couvre une
surfeee de 1 mètre carré du sol dans l'hypothèse où ce gaz
serait isolé des autres éléments de l'air.
Puisqu'un méridien mesure 40 000 000 de mètres, la surface
(le la terre peut être évaluée approximativement à
(Dj 50 063456000 000 mètres carrés.
On en conclut que l'épaisseur de la couche d'acide carbo-
nique serait, sous la pression normale et à 0^ :
^^-> = i4-,0i,
(D)
M'ion que l'air renfermerait 3.00 ou 3.35 dix- millièmes d'acide
carbonique; la différence 26.81 — 24.01 = 2.8 exprime de
combien la couche d'acide carbonique de la région de Liège
dépasse la couche moyenne des autres localités. Or, M. Barett i
tivuva que la petite quantité d'acide carbonique contenue dans
Tair normal, sous une épaisseur de 3 mètres seulement, quan-
tité correspondant à peine à une couche de 1,5 millimètre,
exerçait une action marquée sur la chaleur d'une flamme
d'oxyde de carbone. Il est donc vraisemblable d'attribuer une
influence réelle à la différence de 2"',8 trouvée plus haut.
Il est bien entendu que ce nombre de 2'",8 n'a une valeur
indicative que pour le cas où la dose d'acide carbonique ne
diminuerait pas avec la hauteur. En réalité, il en est autrement.
Mais on observera que si la composition de l'air ne reste même
sensiblement constante que jusque 100 mètres de hauteur, la
couche d'acide carbonique sera, dans ces 100 mètres, ou bien
O'",300, ou bien 0™,33o, selon que l'air renfermera 3.00 ou
3.:^»o dix-millièmes de gaz. En un mot, on arrivera encore à
« mUusnphival Magazine, [i\ l. XXVIII, pp. 108-121.
Tome XXXVll. 3
(34)
une couche plus de deux fois aussi épaisse que celle utilisée
par M. Barett, dans ses expériences.
Le fait que nous venons de signaler pour la région de Liège
nous parait avoir une importance très grande pour la climato-
logie. Il conviendra donc de le soumettre encore à des vérid-
cations suffisantes avant de l'admettre définitivement.
Nous nous proposons d'entreprendre des mesures de la pro-
portion d'acide carbonique contenu dans l'air des vallées de
rOurthe et de la Yesdre afin de réunir les éléments nécessaires
à un contrôle du travail présent.
Il serait à désirer d'autre part que des chimistes, familiarisés
avec le dosage de l'acide carbonique dans l'air, voulussent bien
entreprendre un travail semblable dans des localités reconnues
pour être le siège d'un rayonnement nocturne de faible inten-
sité. Nous savons que la solution complète du problème posé
aujourd'hui rencontrera des difficultés d'autant plus grandes que
l'on s'attachera davantage à dégager les expériences de toutes
les causes perturbatrices, mais cette raison ne doit pas retenir
tes travailleurs en état de contribuer à élucider la question^
Il est bien entendu, d'autre part, que l'explication que nous
proposons de l'élévation de la température de Liège n'est pas
exclusive de toute autre : la combustion même du grisou, dans
le sol, doit agir, par exemple, pour produire un effet semblable.
Avant de passer au paragraphe suivant, il nous sera permis
d'émettre encore une hypothèse qui nous est suggérée par les
faits précédents. Elle a pour objet de donner une interpréta-
tion de l'abaissement de la température observée, presque
chaque année, pendant le mois de mai.
Le retour offensif de l'hiver, pendant la première moitié du
mois de mai, est un phénomène météorologique d'une grande
constance. II paraît naturel d'en chercher la cause parmi les
phénomènes qui se produisent chaque année au printemps.
Or, la végétation intense, pour ne pas dire excessive, du mois
d'avril, qui a pour résultat l'épanouissement d'une quantité
de feuilles incalculable, doit provoquer un abaissement momen-
tané de la dose de l'acide carbonique de l'air. Ceci parait
d'autant plus vraisemblable que l'on constate déjà des varia-
( »s )
lions dans la proportion de ce gaz, le jour et la nuit, par suite
du changement d'activité de la vie végétale pendant ces deux
parties de la journée. Hais si la proportion d'acide carbonique
diminue dans l'air, l'intensité du rayonnement nocturne devra
augmenter. De fait on constate que les gelées du mois de mai
sont bien plutôt dues au rayonnement qu'à un abaissement
général de la température.
Nous n'avons pas constaté, à Liège, à la vérité, moins d'acide
carbonique dans l'air pendant la période de froid du mois de
mai, mais on ne perdra pas de vue que notre lieu d'observa-
tion ne. se prétait guère à une constatation précise du fait. Il
serait à désirer que des recherches fussent faites en des régions
convenables, c'est-à-dire situées assez à l'intérieur des terres
pour que l'influence de l'air de la mer, ou de toute autre
étendue inculte, ne soit pas sensible ; alors seulement il sera
possible de connaître si notre hypothèse est fondée ou non.
«. ▼•rla«la»« de la pr«porCI«ii ri*aclde carbonlqae de Vmlr
4c Llèse.
Si l'on compare, entre eux, les résultats absolus fournis par
les deux cent soixante-six analyses que nous avons faites, on
voit que ceux-ci ne restent qu'exceptionnellement les mêmes
deux jours de suite. La proportion d'acide carbonique est sou-
mise à des fluctuations qui, pour n'être pas très considérables,
à la vérité, n'en sont pas moins réelles : en eflet, les erreurs
d'observation se trouvent représentées par ± 0,07, ainsi qu'on
le verra plus loin, tandis que les variations dont il s'agit ici
sont en moyenne ± 0,70. Ces variations sont plus fortes que
celles trouvées par Reiset pour l'air de la rue de Vigny, près
da parc Monceau, à Paris. Mais il résulte des travaux de Reiset,
de Mûntz et Aubin que les variations de l'acide carbonique
sont bien plus grandes à Paris qu'à la campagne : dans un foyer
de production d'acide carbonique on observe bien plus souvent
des maxima s'écartant beaucoup de la valeur normale. Cette
observation se vérifie, comme on le voit, d'une manière plus
marquée encore pour l'air de Liège, où la production d'acide
carbonique est plus intense qu'à Paris. En outre, il est très
• ( 3(5 )
possible que la méthode d'analyse adoptée par nous ait per-
mis de constater des variations plus grandes d'acide carbo-
nique parce que nous ne faisions pas passer Tair par de
Tacide sulfurique avant de doser l'acide carbonique. On verra,
dans la description du procédé de dosage suivi, que Tacide
sulfurique employé pour dessécher l'air fonctionne comme
un régulateur de la quantité d'acide carbonique.
Les variations de la proportion d'acide carbonique étant
réelles, et même plus grandes à Liège qu'ailleurs, on doit se
demander si elles sont en relation avec les facteurs météoro-
logiques.
Deux faits seulement sont bien évidents, savoir que : 1® la
Chute de la neige a presque toujours été accompagnée d'une
augmentation notable de la proportion d'acide carbonique.
Ainsi, le résultat moyen pour les huit jours de neige que nous
avons eus pendant la durée de nos recherches est de
5.76i dix-millièmes en poids,
OU
3.761 dix-millièmes en volume,
avec un minimum absolu de 4.76 en poids et un maximum
absolu de 8.05!
La neige entraîneraitrclle, d'après cela, l'acide carbonique
des couches supérieures de l'atmosphère pour le concentrer sur
le sol ? Nous ne voudrions nous prononcer en l'absence d'expé-
riences concluantes; mais il nous paraît plus vraisemblable
que la neige s'oppose, quand elle remplit l'air de ses légions
de flocons, à une diffusion ou à un jnélange rapide des gaz
émanés du sol ; ceux-ci stationneraient en quelque sorte à la
surface du sol. Nous pensons de la sorte parce que les chutes
de neige n'ont pas toujours été accompagnées d'une augmenta-
tion d'acide carbonique; en d'autres termes, le phénomène n'est
pas aussi simple qu'il devrait l'être s'il s'agissait d'un entraîne-
ment réel de l'acide carbonique de l'air par la neige. Nous
devons d'ailleurs signaler encore un fait instructif. D'après deux
««bservations, la chute de la neige ne détermine pas une aug-
mentation aussi forte de la proportion d'acide carbonique de l'air
( 37 )
quand le sol est déjà couvert de neiife. S'il était permis de tirer
une conclusion de ces deux seules observations, nous dirions
qu'à Liège le sol doit être le vrai foyer d'acide carbonique.
Nos observations sont d'ailleurs d'accord avec celles de
Schultze, en Allemagne, et de Truchot, en France. Ces savants
ont constaté aussi une notable augmentation de l'acide carbo*
nique de l'air par les temps de neige. Nous avons eu l'occasion
de mentionner le fait dans la partie historique de ce travail,
mais nous rappellerons cependant encore que Truchot a trouvé,
comme nous, le maximum d'acide carbonique, par un temfis
de neige, a 8 dix-millièmes;
^ Les temps de brouillard, ou de brume, sont aussi accom-
pagnés d'une proportion plus forte d'acide carbonique. Nous
avons eu l'occasion de faire vingt-quatre analyses de l'air dans
ces conditions; elles ont conduit au résultat moyen de
;5.i7l (Jw\-ni ilicims en |K)ids,
ou
v^/>7l (li\-miIliênM s < n volume,
soit un excès de 0.34o en poids sur la valeur moyenne générale.
Ici aussi nous sommes d'accord avec les observateurs préc<v
dents (voir la partie historique) et l'on peut considérer les deux
faits mentionnés comme acquis, pensons-nous, à la science.
Remarquons encore, à l'appui de ce que nous avons dit tan-
tôt, que les temps de brume, ou de brouillard, coïncident
généralement avec une stagnation de l*air. Les émanations du sol
ne sont pas emportées par les vents, elles stationnent à la sur-
face de la terre et l'air doit nécessairement s'enrichir en acide
carbonique si, à la vérité, le sol émet ce gaz.
En dehors des deux faits précédents, nous le répétons^ rien
ne nous frappe plus d'une manière évidente. 11 ne faudrait
cependant pas conclure immédiatement à l'absence de toute
relation des variations de la proportion d'acide carbonique avec
les facteurs météorologiques. L'absence apparente de relation
montre que le problème est compliqué, etpourviderlaquestion
il importe de classer les résultats obtenus, systématiquement,
avec les facteurs météorologiques et de s'assurer si les moyennes
( 38 )
que Ton pourra calculer alors ne permettront pas de découvrir
les relations cachées.
Nous avons fait ce classement et nous allons en faire con-
naître les résultats en adoptant l'ordre suivi dans la partie his-
torique de ce travail, pour faciliter les comparaisons.
é'uritÊm rmê»ëmê§4^999 r«»*<^-r-rl#e mr^e i^m
Acide carbonique en poids.
Acide Carbon, en volume. .
Acide carbonique en poids.
Acide carbon. eu volume. .
FÉVR.
MARS.
AVRIL.
MAI.
JUIK.
ion.u
n.305
H.465
5.192
3.310
5.090
3.331
5.276
3.456
5.059
3288
5.24S
3.432
AOl>T.
SEPT.
OCTOB.
NOV.
UÉC.
JAKV.
4.t»8
3.047
4.747
3.100
4.982
3.261
5.344
3.506
5.708
3742
5444
3.559
La seule conclusion à tirer de ces nombres, c'est que la pro-
portion d'acide carbonique varie seulement des mois d'hiver
aux mois d'été. Elle est plus forte en hiver. Nos résultats
sont donc d'accord avec ceux de Reiset et opposés à ceux de
de Saussure, de Leroy, de Hâsselbart et Fittbogen. Nous
avons la satisfaction de faire observer que notre conclusion
coïncide avec .celle de l'un des hommes les plus compétents
dans la matière. Serait-ce trop dire que la vérité se trouve
probablement de notre côté et que les recherches de Reiset,
conjointement avec les nôtres, apportent la solution de la
question posée?
4f$ im uuUP
Pour répondre à cette question, nous avons fait une série
d'analyses la nuit, pendant le mois de février 1884. 1^ résultat
moyen a été de 5.119 en poids et 3.350 en volume. Le résul-
tat moyen général étant 5.125 en poids et 3.353 en volume,
(39)
nous sommes obligés de conclure que Ton n'observe pas de
variation, la nuit et le jour, dans Tair de la région de Liège.
Ce résultat ne s'accorde pas avec la plupart de ceux obtenus
d'ailleurs.
Nous ne pensons cependant pas qu'il porte atteinte à l'exac-
titude de ses devanciers, mais bien qu'il s'applique seulement
aux conditions locales de notre ville.
P. Tnichot ^ a constaté déjà que les variations de jour et de
nuit de l'acide carbonique sont plus fortes m terrain cultivé
qu'm terrain ificulte. Ainsi il a trouvé, à Clermont-Ferrand, en
pleine végétation :
3.14 le jour
et
3.78 la nuit,
tandis que sur un sol sans végétation, il y avait :
3.54 le jour
3.49 la nuit.
et
H parait résulter de là que c'est bien le sol qui fournit
la plus grande partie de l'acide carbonique de l'air et que la
végétation la consomme. Comme la végétation est nulle à
l'endroit où nous avons opéré, il n'y a rien d'étrange que le
jour nous ayons trouvé autant d'acide carbonique dans l'air
que la nuit.
nw^e Im t^êH-^
CO* en poids . .
CO* en volume .
TEMPÉRATURES.
-5â0
Oâ r>
nkiO
10^15
15àâ0
20â25
25i:i0
5 248
5.398
8.5â3
5.â7i
3 441
4.966
3.241
4.072
3.245
5.301
3.460
4.86
3.472
Comptes rendus, t. LXXVll , p. 673.
(40 )
On le voit, le résultat est incertain. Si, à la vérité, on trouve
par trois fois moins d'acide carbonique quand la température
est plus élevée, il ne faut pas méconnaître que de 20> à 25^ on
en trouve cependant davantage. En outre, les températures
élevées sont celles des mois d'été où nous avons constaté moins
d'acide carbonique. La question reste donc indéterminée.
Le tableau suivant prouve que la proportion d'acide carbo-
nique ne parait subir aucune modification par la chute de la
pluie.
Acide carbonique en poids . .
Id. id. en volume .
CICL
serein.
CIEL
à moitié
couvert.
CIEL
couvert.
PI.OIB.
5144
3.3S7
5.066
8.306
5.1««
.^348
5.151 '
Nos recherches ne concordent donc pas, en ce point, avec la
plupart des résultats antérieurs. On avait généralement trouvé
une diminution d'acide carbonique par un temps de pluie.
Cependant, d'après Reiset, Mûntz et Aubin, on observerait aussi
le phénomène inverse.
D'après Hâsselbart, les pluies d'orage seraient accompa-
gnées d'une augmentation d'acide carbonique. Pendant la
durée de nos expériences nous avons eu à enregistrer sept
journées d'orage.
Les analyses faites alors conduisent au résultat moyen de
et
5.296 diacide carbonique en poids
3.457 d*acide carl)onique en volume.
L'observation de Hâsselbart paraît donc confirmée si l'on
peut tirer une conclusion de données aussi peu nombreuses.
( « )
Les deux tableaux suivants résument les observations que
nous avons faites à ce sujet.
j DIRECTION DU VKNT.
1
AaDB CAKBONIQL'F.
en poids.
ACIDB CARBONIQUE
en volume.
h
5.488
3.:«5
s. s.-o
5.MH
3525
s.-o
h.m
3.3&4
o.-o.-s
5.008
3.336
,«
6.i98
3.396
0.0. N
5.047
:i«H)
N. 0
53iH
3.479
; N.-N.-O
4640
3.aso
! N
iKUri
3.526
I N.-N.-E
5.452
3.;i38
.^'•-E
6.4?i8
3.374
1 N.-E.-E
5.000
3.275
E
5.094
3.333
' E.-E.-S
5.140
3.353
S.-E
4931
3 22Î)
S.-S.-E
5.112
3.365
INTKNSITlt DU VENT.
0
5.293
3.455
0-1
5.2d6
3.437
i-'i
5.3JH)
3.518
2-3
5.281
3.447
,a-4
5.127
3.346
( 42 )
Constatons d'abord, comme résultat remarquable, que le
minimum d'acide carbonique a été observé par le vent nord-
nord-ouest. Le nombre 3.030 peut être considéré comme se
confondant avec les nombres 3.84 et 3.98 trouvés par Mûntz et
Aubin, pour l'air de la plaine de Vincennes et pour l'air de la
cour de la ferme de l'Institut agronomique du plateau de
Gravelle. Or, le vent du nord-nord-ouest descend sur la ville
de Liège après avoir parcouru les plateaux élevés de Hervé,
célèbres par leurs plantureux pâturages. Il chasse donc devant
lui l'air de la ville et le remplace par l'air normal des cam-
pagnes. Dès lors les résultats des analyses de l'air de Liège
concordent avec ceux des autres régions.
Cette observation vient confirmer ce que nous avons dit
plus haut : la proportion plus grande d'acide carbonique
contenu dans l'air de Liège a une origine toute locale; en outre
il paraît démontré, une fois de plus, que l'air normal contient
bien 3.84 ou 3.00 dix-millièmes d'acide carbonique.
Un autre minimum, à la vérité moins profond que le pré-
cédent, a été observé par le vent sud-est; il est traduit par 3.339.
Or, le vent sud-est descend des plateaux élevés des environs de
Spa et de Stavelot, désignés sous le nom de Hautes-Fagnes et
connus depuis longtemps pour la pureté de leur air. Avant
d'arriver à Liège l'air de ces régions traverse, à la vérité, le
centre industriel de Grivegnée; c'est peut-être là le motif pour
lequel il ne fournit pas un minimum aussi profond que l'air
des plateaux de Hei^ve.
Nous avons à relever, d'autre part, trois maxima. Les deux
premiers (3.536 et 3.479) sont apportés par les vents nord et
nord-ouest; ces vents chassaient les émanations de la ville vers
le laboratoire où nous faisions nos essais. Le troisième, de
même valeur que le premier (3.535), s'est produit par le vent
sud-sud-ouest, qui est celui du grand bassin industriel de
Seraing.
On constate aussi que l'intensité du vent n'est pas tout à fait
sans influence sur la proportion d'acide carbonique de l'air :
la proportion d'acide ne s'abaisse que sf le vent souffle en
(43 )
tempête. On ne sera pas étonné de voir l'effet de l'intensité du
vent être peu sensible, si l'on fait attention à cette circonstance
que les grands vents nous viennent toujours du sud-sud-ouest,
c'est-à-dire de la direction même qui fournit un maximum.
I^es effets doivent donc s'annuler et c'est bien là ce que l'on
constate.
11 résulte de cette courte discussion que la direction et
l'intensité du vent n'apportent des changements dans la com-
|M)sition de l'air que parce qu'ils éteignent, en quelque sorte,
les perturbations dues aux influences locales.
Ce résultat était évident à la suite des travaux de Schuitze,
de Reiset et de Mûntz et Aubin, mais il n'était peut-être pas
iuutile de le constater par des expériences directes, exécutées
dans une région réunissant les conditions nécessaires pour un
travail de cette espèce.
1 (.0' en poids . .
C0< en Tolame . .
HAUTEURS
BAROMÉTRIQUES
0,730
0,736J 0,740' 0,745' 0,780
0,755
0,760
0,765
0,770
5.3i6
a476
4.778
3.li6
5.350
3.49S
4.899
3.198
5.102
8.330
5.142
3.356
5.30S
3.460
5w574
3.638
5.855
3.821
Nous trouvons ici encore une confirmation évidente de ce
que nous avons obsen'é précédemment. La plus grande pro-
portion d'acide carbonique coïncide avec les fortes pressions
iNirométriques. Or, chez nous, ces fortes pressions sont géné-
ralement accompagnées (ftine stagnation de l'air, les tempêtes
coïncidant toujours avec les dépressions barométriques. Il est
donc tout naturel de voir la quantité d'acide c>arbonique
s'élever, le produit des sources locales n'étant pas enlevé par
le vent.
( 44 )
A la vérité, on constate aussi que sous la pression 0,730 on
a trouvé une élévation du niveau de l'acide carbonique, mais
cette dépression s'est produite par un vent sud-sud-ouest
qui amenait l'acide carbonique des foyers industriels de
Seraing.
Nous tenons à le dire, malgré l'harmonie des observations
précédentes, nous ne leur attribuons pas une portée générale
et nous persistons à croire qu'en rase campagne, c'est-à-dire
en dehors de toute influence locale, il n'est pas certain que
l'on arrive à saisir une relation entre la proportion d'acide
carbonique de l'air et la pression barométrique.
( të )
CHAPITRE III.
UKTHUllF. SUIVIE POUR LE HOSAtiE DE l'aCIDE CAKBOMQUE DR L*A1U.
L'acide carbonique de l'air a toujours été dosé, par les divers
chimistes qui se sont occupés de ce problème, en le fixant à
l'aide d'une base forte telle que la potasse, la chaux ou la
baryte et en estimant, par pesée ou autrement, la quantité de
carbonate formé. On a bien indiqué un moyen physique de
connaître la proportion d'acide carbonique de Tair, mais il n'a
[)as été appliqué jusqu'ici sur une échelle suffisante pour que
Ton soit bien renseigné sur sa valeur. Ce moyen est dû à
H. Heine ^ ; il consiste, en résumé, à conclure à la quantité
d'acide carbonique, par la diminution du pouvoir absorbant
de l'air, préalablement desséché, pour la chaleur; on sait, en
effet, que le gaz acide carbonique est athermane pour les
rayons obscurs du spectre, tandis que l'air sec et pur n'absorbe
pus la chaleur.
Nous ne ferons pas l'histoire des perfectionnements qui ont
été succeiBsivement apportés à l'application du procédé chi-
mique de dosage de l'acide carbonique, ce serait sans utilité
directe pour la question que nous traitons.
Nous nous bornerons à dire que nous avons reconnu, comme
Keiset, Mûntz et Aubin l'avaient déjà fait avant nous, que l'em-
ploi de la potasse, pour fixer l'acide carbonique de l'air, expose
à des erreurs : en effet, si cette base renferme des matières
organiques, ce qui est généralement le cas, elle retient, outre
lacide carbonique de l'air, une certaine quantité d'oxygène;
l'augmentation de poids des appareils d'absorption n'est donc
pas seulement le fait de l'acide carbonique.
* Annales de G. Wiedemann, l. XVI , p. 441 ; 1881
( 46)
Pour éviter l'erreur résultant de ce chef, il faut remettre
Tacide carbonique en liberté, comme Font fait MM. Mûntz H
Aubin, et le doser en nature volumétriquement.
Toutefois, si cette pratique permet de se mettre à l'abri des
erreurs provenant de l'oxygène de l'air, elle ne donne pourtant
pas tous les apaisements désirables quant à l'exactitude du
dosage de l'acide carbonique.
Il est indispensable, en eifet, de dessécher l'air avant son
passage sur la ponce potassée qui retiendrait la vapeur d'eau;
or, on le verra plus loin, nous ne sommes pas certains que les
moyens ordinaires employés pour cela (tubes à chlorure de
calcium ou acide sulfurique} soient sans influence sur la quaiir
tité d'acide carbonique constatée dans l'air; en outre, d'autres
expérimentateurs ont déjà élevé des doutes sur la question de
savoir si la potasse enlevait les dernières traces d'acide carbo>
nique à un grand volume d'air. C.-W. Elliot et F.-H. Stooler *,
en effet, firent brûler de l'hydrogène provenant de l'action du
zinc sur l'acide sulfurique dilué, dans un courant d'air, pour
s'assurer si l'odeur de l'hydrogène était due à des substances
carbonées. L'air employé passait, avant d'arriver à l'appareil
à combustion, par deux cylindres renfermant de la ponce
potassée, puis encore par trois appareils à potasse. Les
156 litres employés dans chaque expérience laissaient d'abord
l'eau de chaux limpide, mais il se formait toujours, après
22 heures, un dépôt de carbonate de calcium cristallin, que
l'air ait servi à la combustion de l'hydrogène ou non.
Pour ces motifs et pour d'autres encore qu'il est moins utile
de mentionner, nous avons eu recours, comme M. Pettenkofer
l'avait déjà conseillé et comme M. Reiset l'a pratiqué pendant
si longtemps, à l'eau de baryte pour retenir l'acide carbonique.
La méthode que nous avons suivie est une modification de
celle de M. Reiset. Nous avons cru devoir nous écarter de la
méthode adoptée par ce savant pour divers motifs que nous
allons exposer. Nous croyons utile, cependant, de rappeler,
en aussi peu de mots que possible, comment M. Reiset a
« Chem. Netcs, t. III, p. 178.
(47 )
opéré; il sera plus commode alors de faire connaître, avec les
justifications nécessaires, les changements que nous avons cru
devoir apporter à sa manière d'agir.
M. Reiset^ desséchait Tair dont il voulait connaître la pro-
portion d'acide carbonique, dans un tube en u contenant des
fragments de pierre ponce imbibée d'acide sulfurique con-
centré. Ceci lui permettait en outre de déterminer, par pesée,
la quantité de vapeur d'eau de l'air.
Ensuite, l'air sec était dirigé dans trois barboteurs à trois
boules chacun, contenant 100 centimètres cubes d'eau de
baryte préalablement saturée de carbonate et dont le titre
avait été déterminé d'avance. Le carbonate de baryum, formé
par le passage de l'air et précipité à l'état insoluble, représente
l'acide carbonique contenu dans le volume d'air employé. La
capacité de saturation de l'eau de baryte est déterminée, avant
et après chaque expérience, à l'aide d'une solution titrée d'acide
sulfurique.
Un calcul fait connaître ensuite la quantité d'acide carbo-
nique équivalente à l'acide sulfurique employé.
L'acide carbonique n'intervenant, dans la composition de
l'air, que pour quelques dix-millièmes, il a paru nécessaire à
M. Reiset de faire passer, par l'eau de baryte, un volume con-
sidérable d'air, environ 600 litres pour chaque expérience, afin
d'atteindre un degré suffisant de précision. C'est à l'aide d'un
aspirateur monté en forme de grand flacon de Mariotte que
l'on obtenait la circulation de Tair.
Telle est, en peu de mots, la méthode adoptée par M. Reiset.
Nous allons faire connaître maintenant, avec leur raison d'être,
les modifications que nous avons cru devoir apporter à ces
manipulations.
Pour plus de clarté nous décrirons d'abord le procédé que
nous avons suivi, comme s'il s'agissait d'un procédé entière-
ment nouveau ; ensuite nous passerons à l'exposé des motifs
qui nous ont obligés à faire choix de nos changements.
« Loc. cil., p. f47.
( 48 )
Description He Tappaieil eniplojé.
La planche annexée à ce travail donne une idée générale de
J'installation. L'air était pris à 70 mètres de la Meuse, c'est-à-
dire dans le grand canal de ventilation de la ville de Liège, et
à S mètres environ du sol. Il était conduit ensuite, par des tubes
m verre T, T', dans un premier barboteur formé d'un tube en
verre B, B' de 1",10 de long et de 0",014 de diamètre intérieur
et maintenu sous une faible inclinaison par les supports S
et S\ Ce tube recevait 12S centimètres cubes d'eau de baryte
dont le titre avait été déterminé ainsi qu'il sera dit plus loin.
Chaque bulle d'air arrivant par le tube t s'achemine, avec une
vitesse que l'on peut régler à volonté, vers l'extrémité B' du
barboteur ; elle se dépouille presque complètement de l'acide
carbonique qu'elle renferme, si son séjour dans le tube a une
durée de 13 à 15 secondes. C'est là ce que l'expérience nous a
montré; il faut donc régler l'inclinaison du tube de manière
ù atteindre ce résultat.
On le voit, ce barboteur est tout différent de celui employé
par Reiset; c'est celui imaginé en premier lieu par Petten-
kofer i, si nous ne faisons erreur, mais dont nous avons rendu
le maniement un peu plus commode par l'adjonction du robi-
net R. Nous en montrerons plus loin l'usage.
Enfin ce barboteur porte, en E, une échelle graduée indiquant
en centimètres cubes la capacité du tube; elle est destinée à
apprécier la valeur de l'évaporation subie par la solution de
baryte pendant le passage de l'air.
Après avoir circulé parce premier barboteur, l'air en traverse
un second bb\ identique au premier, et destiné à s'assurer si
le précédente retenu complètement l'acide carbonique de l'air.
Nous devons dire dès maintenant qu'après un passage d'environ
1 000 litres d'air par le premier tube, on ne voit aucun trouble
se produire dans l'eau de baryte du second tube. Il ne faudrait
cependant pas en conclure que tout Vacide cai^bonique a été
retenu dans le premier barboteur : en effet, en laissant le tube
* Fhéséxius, Manuel de chimie analytique, p. 624.
( 49 )
témoin en senice, pendant toute une année, c'est-à-dire pour
un passage de plus de 30 000 litres d'air par le tube BB', on
obtient un dépôt évident de carbonate de baryum dans le
tube bb'. On devra donc regarder les nombres auxquels nous
sommes arrivés dans nos recherches comme exprimant seule-
ment un minimum d'acide carbonique de l'air. A la vérité, ce
minimum se rapproche assez de la vérité pour qu'il soit inutile
de tenir compte de la différence, d'autant plus qu'une correc-
tion de cet ordre ne s'accorde pas avec d'autres erreurs plus
grandes, et inévitables celles-là, que comporte la méthode.
Nous aurons l'occasion de revenir sur ce point.
Au sortir du tube témoin bb' l'air entre dans l'aspirateur.
Celui-ci, d'une capacité de 1^4^620, est un cylindre en zinc€
terminé par deux cônes» ainsi que le montre la figure. Il a
1",220 de hauteur sur 0™,40 de diamètre et repose sur un bâti
de bois. L'écoulement de l'eau qu'il contient a lieu par le
tube F; on le règle à l'aide du robinet D. Pour assurer la
continuité de la colonne d'eau dans le tube F on fait plonger
son extrémité libre dans un vase V muni d'un trop-plein R
destiné à maintenir le niveau de l'eau à une hauteur constante.
A la fin de chaque opération, on lit la dépression, régnant dans
l'aspirateur, sur le tube F. Comme contrôle pendant les opéra-
tions, on a d'ailleurs placé un manomètre à eau M, en dehoi's
de l'aspirateur, sur le tube amenant l'air après le barboteur bb\
L'aspirateur est muni d'un tube extérieur II, en verre, servant
de niveau d'eau.
Pour rendre l'écoulement de l'eau constant, l'aspirateur est
muni d'un tube de Mariotte NN plongeant presque au fond et
donnant accès à l'air.
Enfin, un ihermomètre donne la température de l'air con-
tenu dans l'aspirateur à la fin de chaque opération.
Le jaugeage de l'aspirateur a été fait en pesant l'eau qu'il
peut contenir, par fractions de 6 kilogrammes environ. On a
trouvé de la sorte, dans deux opérations, le poids de HS^«%540
pour la température de 17*», ce qui donne, en volume, pour la
même température, la capacité de 114,640 en tenant compte de
la densité de l'eau.
Tome XXXVII. i
( 80 )
Prâparalion de J*eau de baryte et de Tacide chlorhjdriqne
destinés à Fessai alcalimétrique.
L'eau de baryte a été employée aussi concentrée que pos^-
sible afin qu'elle retienne plus rapidement Facide carbonique;
cependant, comme le fait observer fort judicieusement H. Reiset,
il faut se mettre en garde contre les inconvénients de la cris-
tallisation dans les barboteurs. Si, en effet, Teau de baryte est
saturée, un abaissement suffisant de la température provoque
la formation de petits cristaux de baryte qui adhèrent au tube
barboteur plus ou moins mélangés de carbonate ; ceux-ci peu-
vent donner lieu à une erreur grave.
Nous avons évité cet inconvénient en prélevant le matin,
à l'heure du minimum de température du laboratoire, soit vers
8 heures, l'eau de baryte dans le ballon où se trouvait sa solu-
tion saturée refroidie. La température de la journée allant
ensuite s'élevant, une cristallisation n'était plus à craindre; en
outre, le passage de l'acide carbonique abaisse le titre de la
baryte beaucoup plus rapidement que l'évaporation due à la
circulation de l'air ne l'augmente : cette circonstance contribue,
d'une manière puissante, à empêcher la cristallisation même si,
comme nous l'avons constaté, la température s'abaissait, par
accident, pendant la journée suivante, au-dessous de celle qui
régnait à l'heure où l'on a fait la prise de la substance.
On versait, pour chaque expérience, 125 centimètres cubes
d'eau de baryte dans le tube barboteur; ils contenaient, selon
la température du jour, de 2«',086 à 2k',780 de baryte (BaO)
correspondant à 0«',60 ou 0^,80 d'acide carbonique (CO^). La
quantité en poids d'acide à fixer, dans les 114^620 d'air soumis
à l'expérience, étant presque toujours environ 0^,060, on pou-
vait être assuré que la baryte se trouvait constamment en
grand excès relativement à CO*.
L'eau de baryte doit être saturée de carbonate avant son
emploi : ce résultat s'obtient inévitablement si l'on a soin de
( SI )
dissoudre à chaud les cristaux d'hydrate du commerce, qui sont
toujours carbonates, et de laisser refroidir la solution au con-
tact de ce carbonate, sans la filtrer.
Pour déterminer le titre de la baryte nous avons fait usage
d'une solution diluée d'acide chlorhydrique. Elle renfermait
0»',01 73624 d'acide (HCl) par centimètre cube. Son titre avait
été déterminé contradictoirement par la saturation de poids
connus de carbonate de sodium sec et pur, et par l'analyse de
prises d'essais d'un volume donné, par l'azotate d'argent.
La moyenne des résultats fournis par l'alcalimétrie était
0,01733423 et la moyenne des résultats contradictoires obtenus
par l'azotate d'argent 0,01737067. Ces nombres concordent,
comme on le voit, à 0«',00001634 près.
Ajoutons encore que le titre de l'acide chlorhydrique était
tel qu'un centimètre cube de ce liquide correspondait à
0«',01046 d'acide carbonique C02. Pour le calcul on peut
prendre, sans inconvénient, 0«%0100, ce qui simplifie considé-
rablement les opérations.
Reiset avait employé l'acide sulfurique pour titrer la baryte,
mais cet acide a l'inconvénient de former du sulfate de baryum
insoluble qui trouble le liquide et peut gêner dans l'estimation
du virage dans l'essai alcalimétrique.
On s'assurait, de temps en temps, de la constance du titre
de l'acide chlorhydrique par des essais spéciaux. Nous n'avons
observé aucune perturbation pendant toute une année.
Eiiai alcalimétrique.
Voici comment nous avons déterminé le titre alcalimétrique
avant' et après chaque expérience.
On prélevait, à l'aide d'une pipette lavée et rincée au
préalable à l'aide d'eau de baryte, comme il sera dit plus loin
à propos des tubes barboteurs, 50 centimètres cubes d'eau de
bsffyte limpide. Le liquide était versé dans un vase de Berlin à
fond plat et il recevait immédiatement 1 centimètre cubedetein-
( 52 )
ture de lournesol ^. On laissait couler ensuite la liqueur titrée
d'acide chlorhydrique au moyen d'une burette de Geissler,
divisée en dixièmes de centimètres cubes, en agitant conti-
nuellement l'eau de baryte jusqu'au virage complet. On arrive
aisément, après quelque pratique, à fixer le point de virage à
une goutte près d'acide chlorhydrique titré. Comme la burette
dont nous nous servions débitait quarante-quatre gouttes par
(centimètre cube, l'erreur comportait donc ^fj^ de centimètre
(îube; or, chaque centimètre cube correspondant à 0»%010
de CO^, l'erreur s'évalue au maximum, tout calcul fait, par une
quantité de baryte équivalente à Ok',000227 d'acide carbonique,
(^ette quantité rapportée au poids d'acide carbonique contenu,
en moyenne, dans les 114,620 litres d'air analysés chaque jour,
donne une erreur en plus ou en moins de 0,08 pour cent, ce
qui est complètement négligeable.
Maniement de Tapparell. — Pratique deTanaljse.
Pour remplir l'aspirateur d'eau, on ouvre le tube 0 (voir la
figure), puis on relie le tube F à la canalisation d'eau du labo-
ratoire ù l'aide d'un conduit en caoutchouc. Le remplissage
demandait environ une heure.
Pendant ce temps, on lave à l'acide chlorhydrique dilué le
tube barboteur BB', on le rince à fond à l'eau pure d^abord,
puis finalement plusieurs fois avec de l'eau de baryte au même
titre que celle qui servira à fixer l'acide carbonique et, le robi-
net R étant fermé pour éviter la circulation de l'air, on laisse
le tube égoutter complètement en le plaçant verticalement, le
robinet étant en haut. 11 est absolument indispensable de rincer
*' Cette leinliire de lournesol avait été préparée en épuisant d'abord à
l*alcool bouillant les pains de tournesol que fournit le coniniei*ce, jasqu*à
enlèvement complet des matières grasses et résineuses dont la présence rend
difficile la solution de la matière colorante dans Teau. On achève ensuite eo
taisant bouillir les pains avec de Peau pure, après départ de Talcoot, filtrant
et neutralisant comme à Tordinaire.
( 53 )
le tube avec de l'eau de baryte si l'on veut obtenir des résultats
précis ; nous en donnerons le motif plus loin.
On procède ensuite au titrage de l'eau de baryte à employer
pour fixer l'acide carbonique de l'air, comme il vient d'être dit,
et Ton en verse, à l'aide d'une pipette jaugée, 123 centimètres
cubes dans le tube barboteur. On place celui-ci verticalement
sur un support fixe et l'on note le niveau du liquide sur
l'échelle E; ensuite on met le tube en place et, après avoir
raccordé toutes les parties de l'appareil, on ouvre les robinets
R et r. Après s'être assuré que l'aspirateur est complètement
rempli d'eau, on ferme l'ouverture 0, on fait plonger le
tube F dans le vase V et l'on ouvre le robinet régulateur D
de manière à obtenir une vitesse de circulation de l'air telle
que chaque bulle séjourne 12 à 15 secondes dans les barbo-
teurs. Dans ces cx)nditions il faut de 10 à 12 heures pour que
l'aspirateur se vide complètement.
Quand ce résultat est atteint, on mesure l'eau soulevée dans
le manomètre M et dans le tube F pour connaître la pression
de l'air dans l'aspirateur; le nombre de millimètres d'eau
soulevée, divisé par 13.5, densité du mercure, fournit alors l'in-
dication nécessaire pour le calcul. On note la pression baro-
métrique, que l'on rapporte à la température de 0*», et enfin on
observe la température de l'aspirateur.
On possède alors tous les éléments pour ramener, par le
calcul, le volume de l'air humide contenu dans l'aspirateur
à 0« et sous la pression barométrique normale. On fait usage,
pour cela, de la formule bien connue
V(n„-F-p^
o,un5(î6oo 7«0
dans laquelle V est la capacité de l'aspirateur,
Ho la pression barométrique,
F la tension de la vapeur d'eau à la température t (fournie
par les tables spéciales),
p la dépression du manomètre en millimètres de mercure,
t la température.
Le volume de l'air Vq à 0° et sous la pression normale étant
( 84)
connu, on obtient le poids de ce volume par le produit
Vo X 1,2934 (1,2934 étant la densité de l'air à (>>).
On procède ensuite à la mesure de Tévaporation provoquée
dans le tube barboteur par la circulation de l'air. Celle-€i est
très variable d'une expérience à l'autre et elle doit être estimée
avec précision si l'on veut éviter les erreurs dans l'évaluation
du titre de l'eau de baryte après l'expérience.
On démonte le barboteur BB, le robinet en verre R étant
fermé, et on le fixe verticalement dans le support dont on a
déjà fait usage quand on a lu, sur l'échelle E, la hauteur de
l'eau de baryte dans le tube BB'. Comme il reste généralement
un^peu d'air dans le tube étroit ^ on ouvre avec précaution le
robinet R de manière à déterminer l'expulsion de cet air
lentement, par l'abaissement de la colonne liquide; on ferme
le robinet sitôt que le liquide touche la clef du robinet. Les
choses étant établies de cette manière, dans l'état où elles se
trouvaient quand on a fait la première lecture, on lit de nou-
veau, sur l'échelle, l'afSeurement du' liquide et l'on a directe-
ment en fraction de centimètres cubes la perte due à l'évapora-
tion : on se rappelle, en effet, que l'échelle E exprime des
centimètres cubes. On se sert du nombre obtenu pour le,
calcul du titre de l'eau de baryte.
On s'occupe ensuite du titrage de l'eau de baryte.
Il faut éliminer d'abord le carbonate de baryum qui s'y
trouve en suspension. Reiset a montré que l'on ne pouvait pas
filtrer de l'eau de baryte sans que le titre de celle-ci s'abaisse
d'une manière sensible : le papier ayant la propriété de con-
denser sur ses fibres une certaine quantité de baryte. Pour
tourner cette difficulté, Reiset abandonnait au repos l'eau de
baryte jusqu'à dépôt complet du carbonate et il soumettait à
l'acalimétrie une prise aliquote de l'eau limpide. Cette manière
de procéder, qui demande du temps, était incommode pour
nous, puisque nous avions pour objet de répéter, chaque jour
pendant une année, l'analyse de l'air; en outre, comme on le
verra par la suite, le séjour de l'eau de baryte dans un vase
en verre à parois fraîches provoque aussi une légère chute
du titre.
(55)
Pour ces motifs nous nous sommes posé la question de
savoir si l'abaissement du titre par la filtration de Veaux de
baryte offrait une variabilité telle qu'il était réellement impos-
sible d'en tenir compte dans le calcul du résultat ou bien si,
peut-être, en faisant usage des filtres identiques autant que
possible, on ne pourrait évaluer la quantité de baryte fixée
sur le papier du filtre.
Voici la réponse que l'expérience a donnée à cette question.
On a fait varier, dans des essais successifs, l'épaisseur du
papier, puis, dans d'autres essais, la concentration de l'eau de
baryte. On opérait dans tous les cas en faisant passer par le
filtre 125 centimètres cubes, pour se placer complètement dans
les conditions de l'analyse de l'air, et on prélevait sur le liquide
filtré 30 cei\timètres cubes qui étaient titrés. On déterminait
aussi le titre d'un témoin non filtré qui devait servir de point
de comparaison.
Nous reproduisons dans les tableaux suivants les résultats
obtenus.
A. — Papier à filtrer d'épaisseur mtyye^ine,
50 centimètres cubes (i*( au (Je baryte non /r/^r^f titrent . . . 25««,!0
50 — de la même ^/^r^e ont titré 24'*,70
50 — — pUrée - gi^STO
30 - — fiUrée - 24",70
50 — - filtrée — âi^sTO
B. — Papier à filtrei' d'épaisseur moindre,
30 ceLtimèlres cubes de la même eau fillrëe oni titré .... 24",70
50 — — pllree - .... 24«,70
50 - - filtrée - .... 24",70
II résulte donc de ces expériences que des variations faibles
dans l'épaisseur du papier ne se font pas sentir dans le résultat,
si, comme c'était le cas dans les expériences précédentes,
toutes les autres conditions restent les mêmes. On a toujours
eu une chute du titre exprimée par 0*,40.
( S6 )
Les expériences suivantes ont éié faites au moyen d'eau de
baryte de diverses concentrations :
C. 50 cenlimètres cubes d'eau de baryte non filtrée lilreiii . . . 14«s07
50 — — fiUrée oniiMré . . . . 13««,87
50 - - fiUrée — . . . . !3**,85
I) 50 ceiitimèires cubes d>au de baryle non filtrée onl titré . . It*«,8e
50 - — filtrée oi\i iiiré . . . M ««,63
E. 50 centimètres cubes d*enu de baryte non filtrée ont titre . . âl««,60
50 — de la même fiitrée ont titré 21<«,t2
50 — - filtrée - ..... il««,l2
F. 50 centimètres cubes d'eau de baryte non filtrée ont titré . . Î6««,14
50 - de ta même filtrée ont titré S5««,74
50 - - fittréi' - Î5««,74
G 50 centimètres cubes d'eau de baryte non filtrée ont titré . . 39e«,lî
50 — de la même filtrée onl titré . . «. . . 38«,75
H. 50 centimètres cubes d*eau de baryle non filtrée ont titré . . 55««»16
5(» — de la même filtrée onl titré 54««,70
50 - - filtrée - 54««,70
En rapportant ces résultats obtenus au moyen de volumes
de 50 centimètres cubes à des volumes de 12o, on obtient le
tableau suivant, qui indique l'abaissement du titre suivant la
concentration de l'eau de baryte.
SI U5«« d'eau de baryte
filtrée marquent
l«« D'EAU DE BARYTE
non filtrée marquent
DIFFÉRENCES.
6.50
6.58
0.08
13.87
l'f.07
0.20
28.87
29.55
0.68
5i8â
53.82
i.OO
61.75
6175
4.00
64.37
65.37
4.00
06.87
97.87
4.00
436.75
437.92
4.47
( 37 )
Ce tableau montre clairement que, toutes autres cofiditiofis
restant les mêmes, Teau de baryte perd d'autant plus de son
titre en passant par le filtre qu'elle est plus concentrée. Au
début la perte grandit rapidement avec le titre, mais bientôt
elle progresse si peu qu'elle paraît constante entre des limites
de titres relativement éloignées.
On peut se servir des éléments figurant dans le tableau pré-
cédent pour tracer le diagramme des chutes du titre avec la
concentration et l'on aura alors, d'une manière commode, et
suffisamment exacte si l'échelle du diagramme a été convenable-
ment choisie, la perle de titre correspondant à chaque degré
de concentration.
II nous parait évident, d'après ce qui précède, que l'on
pourra filtrer l'eau de baryte du tube barboteur à la condition
que l'on fasse toujours usage de filtres de même grandeur et
de même qualité, et que la filtration ait lieu toujours dans le
même temps. Le diagramme auquel il vient d'être fait allusion
fournira les éléments nécessaires pour corriger le nombre
qui exprimera la chute du titre de la baryte à la suite du pas-
sage de l'air. Nous n'insistons pas sur la manière de faire
la correction, elle est trop simple et trop évidente.
Quelque garantie d'exactitude que présente la pratique pré-
cédente, nous avons tenu à nous assurer encore, par des expé-
riences comparatives, si l'on pouvait, au lieu de laisser l'eau de
baryte abandonner son carbonate par le repos, l'en débarrasser
par l'emploi du filtre en tenant compte de son influence sur le
litre de la baryte.
A cet efiet, nous avons exécuté vingt-quatre analyses de
l'air, à des époques diverses, sans filtrer l'eau de baryte du
barboteur, c'est-à-dire en opérant exactement comme Reiset
l'avait fait.
Voici les résultats obtenus :
( 58 )
DATES.
POIPS DE I/AIR
CO* EH POIDS
G0« EN POIDS
analysé.
ctilMi4ais tenir.
djosiomriir.
27 décembre 1884 . .
franiiiM.
143.726
0.0671
4.07
27 . 1884 .
139.687
0.0684
4.89
S janvier 4885
8 > 1885
139.032
0.6660
0.0690
4.74
4.96
12 février 1885
13 »
76.730
73.455
0.0407
0.0367
5^
4.98
20 »
74.042
0.Ô370
5.00
28 .
76.6C6
0.0335
4.37
24 »
25 »
26 »
76.681
75.002
33.084
0.03:49
0.0406
0.0693
4.42
540
5.^4
27
9 mars 4885
10 .
482.477
130.421
136.497
0.0643
0.0693
0.0698
487
5.33
5.42
11 «
135.722
0,0717
5.29
13 »
438.387
U.0748
^.49
16 «
135260
0.0674
4.£6
18 »
136.1:47
0.0626
4.60
19 »
134.920
0.0635
4.71
23 -
435.760
0.0716
530
25 n
134.280
0.0690
5.14
26 .
434.870
0.0645
4.78
27 »
436.840
0.061»
5.42
« 28 • »
136.141
0.0691
Moyenne. . .
5.08
4.931
Si Ton compare les nombres de la dernière colonne aux
nombres figurant dans les tableaux des résultats généraux, on
se convaincra que Ton à affaire à des grandeurs du même
ordre. Les différences des résultats de chaque jour sont de
même nature. La moyenne, 4,951, qui ici n'embrasse que
vingt-quatre déterminations, ne peut être véritablement com-
parée à la moyenne des résultats généraux, laquelle est déduite
( 89 )
de deux cent soixante-six observations ; cependant on remar-
quera que les deux nombres 4,951 et 5,125 ne diffèrent que
de 0,174, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas loin d'être identiques
dans les limites des erreurs d'observation. C'est ce que nous
montrerons d'ailleurs plus loin.
Cela étant, nous nous sommes décidés à filtrer chaque jour
l'eau de baryte du tube BB et à tenir compte de l'influence du
filtre.
On prélevait dans le flacon où était reçu le liquide clair,
après la filtration, une prise de 50 centimètres cubes, dont
on déterminait le titre comme il a été dit plus haut. Voici,
comme exemple, la marche suivie pour le calcul d'une analyse ;
elle contribuera à éclairer la question :
A. 50 centimètres cubes d'eau de baryte limpide ont titré
25*^,23 avant le passage de l'air; donc 135 centimètres cubes
de la même eau titreront 25,23 X 2,5 = 63.07 ;
B. L'évaporation due au passage de l'air par le tube BB a
réduit les 125 centimètres cubes d'eau de baryte à 124"=,10.
50 centimètres cubes prélevés dans ces 124*^,10 filtrés ont
titré 22«,24; par conséquent les 124«^,10 titreront
?!:?ili!i!5 = 55 2o.
50
La différence 63.07 — 55,20 = 7.87 représente la chute du
titre due à l'action de l'acide carbonique de l'air et à l'influence
du filtre.
Cette dernière a la valeur 1,00 (voir p. 56), donc 7,87 — 1,00
s 6,87 représente l'abaissement du titre de la baryte par
l'action de l'acide carbonique qui a passé par le tube BB.
Comme le titre de l'acide chlorhydrique employé a été choisi
de manière que 1 centimètre cube de la liqueur décime
représente 0«%01 d'acide carbonique, le poids d'acide carbo-
nique sera :
0,0087.
D'autre part 11 4*,620 d'air ont circulé par BB sous la près-
( «0 )
sion barométrique réduite 763.5, à la température de 7" et sous
la dépression 10™",9 de mercure, donc :
mjaM765^(.0.9.v7.H>] ^
" 760 X I.0i57
puis
109542 X I,293i=l41«'.«57;
enfin
0.0687
X 10 000 = 4.849.
141 637
On calcule d'une manière analogue la proportion en vohime
de l'acide carbonique contenue dans 10 000 volumes d'air.
Jiisliricaiion de la niélhode (l*analjie adoptée. — Son degré d*exac(iliide.
A. -^ De la vitesse de circulation de l'acide carbonique
par les tubes barboteurs.
Pour assurer le degré d'exactitude du dosage de l'acide car-
bonique il y a lieu d'augmenter autant que possible le volume
d'air soumis à l'analyse. Cela est d'autant plus nécessaire que
l'on n'a en réalité que des dix-mUlièmes à doser. C'est guidé par
cette considération que Reîset a porté jusqu'environ 500 litres
le volume de l'air dans ses expériences.
Cependant, si la durée des expériences est limitée à un
nombre d'heures relativement restreint, ce qui est générale-
ment le cas, une augmentation trop grande du volume de Tair
fait naître un inconvénient qui peut aller jusqu'à renverser les
chances d'exactitude plus grande provenant de la plus forte
quantité d'air examiné. Il est clair, en effet, qu'il faut alors
flaire circuler l'air avec une grande vitesse par l'appareil pour
terminer une opération dans le délai voulu, mais alors les
dernières traces d'acide carbonique ne sont plus retenues par
l'eau de baryte.
Reiset fait déjà remarquer que l'eau de baryte des dernières
boules de son barboteur ne restait limpide que si le débit de
l'air n'était pas trop grand; il semble ressortir de son travail
( «1 )
que ce savant concluait à Tabsorption totale de Tacide carbo-
nique quand le liquide des dernières boules n'était plus troublé.
Il ne nous paraît pas cependant que cette marque soit suffisante.
En efiTet, si par Teau de baryte bien limpide d'un barboteur
passe seulement un petit volume d'air normal (environ une
trentaine de centimètres cubes), on ne saisit encore aucun
trouble et cependant on doit admettre qu'il y a de l'acide car-
bonique fixé sur la baryte : le trouble ne parait que plus tard.
En outre, lorsque par suite de son passage par un premier bar-
boteur l'air s'est dépouillé de la plus grande partie de son acide
carbonique, il peut traverser, avec la même vitesse, un second
barboteur sans que la production de carbonate de baryum
soit immédiatement visible. C'est ainsi que dans notre appareil
le tube témoin n'a commencé à montrer un dépôt de carbonate
qu'après plusieurs mois d'usage. On doit nécessairement conclure
de là que, malgré la lenteur avec laquelle l'air a circulé dans nos
expériences, tout l'acide carbonique n'était pas retenu dans le
tube BB. Nos nombres, bien que supérieurs à ceux obtenus par
Reiset, doivent être encore au-dessous de la réalité.
Nous avons donc cru utile de déterminer, par l'expérience,
la vitesse qu'il convenait de donner à l'air pour obtenir un
résultat aussi exact que possible; celle-ci règle ensuite le
nombre de litres d'air à faire passer par l'appareil pendant une
journée, c'est-à-dire qu'elle détermine la capacité de l'aspira-
teur à employer.
Nous ferons remarquer que des expériences sur l'influence
de la vitesse de l'air ne peuvent être instituées au moyen des
tubes barboteurs que nous avons employés. Le séjour de l'air
dans les tubes est, en effet, indépendant, entre certaines limites,
de la dépression de l'aspirateur; il est surtout déterminé par
Yinclinaison du tube, une bulle entrant dans le tube par l'ex-
trémité inférieure cheminant d'autant plus lentement que le
tube est moins incliné. A la vérité, si on augmente la dépres-
sion de l'aspirateur en activant l'écoulement de l'eau, un plus
grand nombre de bulles pénétreront dans le tube barboteur,
pendant l'unité de temps, mais chaque bulle ne séjournera ni
plus ni moins longtemps dans l'appareil.
(62)
Pour ce motif nous avons monté un triple barboteur iden-
tique à celui dont Reiset a fait usage. Il rappelle, en somme,
une suite de flacons laveurs dont les parties sont coudées les
unes aux autres afin d'éviter les embarras des joiiUs,
Voici d'abord les résultats numériques obtenus.
PREMIÈRE EXPÉRIENCE :
Pression barométrique réduite à 0^ = 789.15.
Température « 12*».
Dépression dans l'aspirateur 8"",2.
Poids d'acide carbonique fixé OJ'.OSâi.
Volume d'air 114',620.
Poids de l'air employé 138«%264.
Durée de Fexpérience 1 heure 18 minutes.
Résultat : poids de l'acide carbonique sur 10 COOs^ d'air :
3.80.
DEUXIÈME EXPÉRIENCE DE CONTRÔLE :
Pression barométrique réduite 755.6.
Température 12®.
Dépression dans l'aspirateur 8"™,5.
Volume d'air = 114.620.
Poids d'acide carbonique 0»%0821.
Poids de l'air employé 138«',298.
Durée de l'expérience 1 heure 19 minutes.
Résultat : poids de l'acide carbonique sur 10 600 d'air :
3.76.
Ce résultat est identique au précédent.
TROISIÈME EXPÉRIENCE :
Pression barométrique réduite = 758.9.
Température 12*».
Dépression dans l'aspirateur 8"".
( 63 )
Volume d'air = il4i,620.
Poids d'acide carbonique fixé 0,0647.
Poids de l'air employé 138.264.
Durée de l'expérience 2 heures 50 minutes.
Résultat : poids de l'acide carbonique sur 10 000 d'air :
4.63.
JV. B. Le débit de l'air, dans cette expérience, était égal à
celui des expériences de Reiset; le résultat se confond presque
avec celui trouvé par ce savant.
QUATRIÈME EXPÉRIENCE :
Pression barométrique réduite 756.5.
Température 12°.
Dépression dans l'aspirateur &»»,8.
Volume de l'air : 114.620.
Poids d'acide carbonique fixé 0,0814.
Poids de l'air employé 139.000.
Durée de l'expérience 10 heures 22 minutes.
Résultat : poids de l'acide carbonique sur 10 000 d'air :
5.85.
On voit que l'effet de la vitesse de l'air est extrêmement sen-
sible : en faisant varier la vitesse de l'',18' à 10**,22' la quantité
d'acide carbonique recueillie a augmenté de 3,78 à 5,85, soit
dans le rapport de 154 à 100. II est donc de toute nécessité
de prolonger autant que possible la durée du contact de l'acide
carbonique et de l'eau de baryte. C'est pour satisfaire à cette
condition que nous avons fait usage d'un barboteur de la
forme que nous avons décrite, et que nous avons fait durer
chaque expérience une douzaine d'heures environ. II devenait
impossible, dans ces conditions, de faire usage d'un aspira-
teur jaugeant plus de 114 litres.
Si l'on compare la durée du contact de l'air et de la baryte
dans nos expériences et dans celles de H. Reiset, on s'assurera
qu'elle a été environ six fois plus grande dans nos analyses.
( 64 )
C'est peut-être là une des raisons pour lesquelles nos résultats
sont un peu plus élevés, en valeur absolue. Quoi qu'il en soit,
nous le répétons, on ne doit cependant pas les considérer
comme exprimant rigoureusement la proportion diacide car-
bonique contenue dans Pair de Liège ; ils ne marquent qu'une
limite inférieure.
Nous n'abandonnerons pas ce paragraphe sans faire remar-
quer que HM. Hûntz et Aubin ^ ont fait circuler l'air plus
rapidement encore, dans leurs analyses, que c'était le cas dans
les recherches de H. Reiset. Toutefois, ce que nous venons de
dire n'infirme pas nécessairement leurs résultats, attendu que
ces savants retenaient l'acide carbonique à l'aide de potasse en
solution concentrée et qu'il est bien entendu que nous n'avons
expérimenté qu'au moyen d'eau de baryte.
B. — De la dessiccation de l'air servant au dosage
de l'acide carbonique.
Dans les méthodes de dosage de* l'acide carbonique par la
pesée des appareils où ce corps se trouve retenu, il importe de
dessécher au préalable l'air aussi complètement que possible.
Ceci est évident; aussi n'insisterons-nous pas.
On peut se demander si cette pratique est encore utile quand
l'air est forcé de circuler dans de Veau de barj^te où l'on évalue,
par un procédé d'analyse volumétrique, l'acide carbonique
retenu. Si nous ne nous trompons pas, presque tous les
opérateurs ont procédé à une dessiccation préalable de l'air ;
Pettenkofer et quelques autres chimistes seulement se sont
écartés de cette pratique. Si même cette manière d'agir n'avait
pour justification qu'un long usage, on aurait déjà une raison
sufiisante pour simplifier la méthode de dosage en supprimant
de l'appareil une pièce inutile. Mais il .y a mieux encore.
D'après Hlasiwetz^, on n'obtiendrait que des résultats erronés
dans le dosage de l'acide carbonique par la circulation de l'air
< Annales de chimie et de physique, I. XXVI, pp. 237 el suiv.; I88i.
« Chemisches Centraiblali, 1856, p 515.
( 65 )
sec sur de la potasse, d'après la méthode de Brunner, non seu-
lement parce que la potasse absorberait de l'oxygène de l'air,
mais aussi parce que racide sulfuriqve employé pour sécher l'air
absorberait déjà une certaine quantité d'acide carbonique. Il pro-
pose même une méthode spéciale de dosage de l'acide car-
bonique de l'air, destinée à éviter les erreurs produites par
remploi de l'acide sulfurique. Il faut le reconnaître, si l'obser-
vation de M. Hlasiwetz n'est pas erronée, l'exactitude de bien
des déterminations d'acide carbonique doit être mise en doute.
Il importe donc de vérifier la solubilité de l'acide carbonique
dans l'acide sulfurique.
A la vérité, le fait a été observé il y a longtemps. Peut-être
même a-t-il été oublié depuis. W.-B. et R.-E. Rogers ^ ont
trouvé que 100 volumes d'acide sulfurique concentré absor-
baient 9i volumes d'acide carbonique. L'acide sulfurique
fumant en absorberait 125.
L'exactitude de cette observation a été contestée par Noad
qui, sans nier la solubilité de l'acide carbonique dans l'acide
sulfurique, dit qu'elle est si faible qu'il n'y a pas lieu d'en
tenir compte. W.-B. et R.-E. Rogers répliquèrent en soumet-
tant leurs premières expériences à un nouveau contrôle et en
produisant la confirmation de leurs résultats.
Pour nous assurer à notre tour de la chose, nous avons
rempli une cloche graduée d'acide carbonique sec, sur le mer-
cure, puis, à l'aide d'une pipette courbe, nous avons introduit
dans la cloche 10 centimètres cubes d'acide sulfurique.
Après 34 heures de contact, l'acide sulfurique avait absorbé
5 centimètres cubes d'acide carbonique et après 48 heures 6'*,5.
Une expérience de contrôle donna le même résultat. Nous
avons constaté qu'après un certain temps l'absorption de
Tacide carbonique devient extrêmement lente; elle n'avait pas
totalement cessé après une semaine entière. Comme il ne s'agis-
sait pas, dans l'espèce, de mesurer le coefficient de solubilité de
l'acide carbonique dans l'acide sulfurique, mais de s'assurer
« Jakresbericht Uber Chemie, elc, 1847-1848, p. 334.
Tome XXXVII. • 5
( 66 )
seulement de la réalité de cette solubilité, nous n'avons pas
poussé nos expériences plus loin.
On le voit donc, la solubilité de Tacide carbonique est rét^lle;
cependant, comme elle n'est pas considérable, il s'agit encon»
de savoir si elle se fait sentir dans l'analyse de l'air atmosphé-
rique. Des expériences de contrôle direct ont été instituées
à cette fin.
Comme la quantité d'acide carbonique de l'air n'est pas
absolument constante d'un jour à l'autre, il importe de faire
les mesures comparatives au même moment. Â cet eifet nous
avons monté deux apj)areils Uimtiques dam toutes leurs parties
([ui puisaient l'air à la même place, présentaient un développe-
ment de tubes égal, recevaient une charge égale d'eau de baryte,
fonctionnaient avec la même vitesse, en un mot, deux appareils
permettant d'exécuter deux opérations parallèles. L'un d'eux
(levait servir à l'analyse de l'air non desséché au préalable par
de l'acide sulfurique et l'autre à l'analyse de l'air sec. Il est
évident que si la dessiccation de l'air est sans influence sur la
proportion d'acide carbonique les deux appareils doivent conti-
nuer à fournir des résultats identiques, si tel était le cas lorsque
Tair n'était desséché dans aucun d'eux.
Nous avons donc vérifié d'abord le fonctionnement des deux
appareils pour le cas où aucun d'eux n'était muni d'un dessic-
cateur. Voici les résultats :
I
i*' APPARKII..
2« APPAREIL.
ACiOC CARBOMQLC
' Pression.
Tempé-
Volume
Acide
Volume
Acide
...r !
40 (l§§ d'air Cl ftids.
!
rature.
de
car-
de
car-
4«
îf
'
l*«ir.
bonique
l'air.
bonique.
J^partil.
i^prril. ,
7H4 4
5-
UlB'âO
0,0712
75.Î00
0.0*74
4.î«
5.00 ,
767.1
8-
114.620
0,0(UH
75;i00
0045*
4.80
4^^
7?ir>.5
40».5
75,-200
0,0450
i U.({«)
0,0694
4.9«
4.99
( 67 )
Les nombres des dernières colonnes, qui expriment le poids
(le Tacide carbonique contenu dans 10000 parties d'air, dif-
fèrent respectivement de 0,08, 0,03 et 0,07. Ces différences,
négligeables d'ailleurs, montrent ce que Ton peut exiger dans
la concordance des résultats fournis par les deux appareils
fonctionnant contradictoirement.
Ce point fixé, nous avons interposé dans la canalisation
amenant l'air au premier appareil un dessiccateur formé de
trois barboteurs en verre, en forme de flacons laveurs, dans
lesquels se trouvaient répartis environ 100 centimètres cubes
d'acide sulfurique pur concentré, tel que le commerce le
fournit. Nous avons fait quatre déterminations comparative-
ment avec le second appareil où l'air n'était pas desséché.
Voici les résultats obtenus :
I Frttsiii
AIR DESSÉCHÉ.
AIR NON DESSÉCHÉ.
Volame
l'air.
Poids
dt ce Ttlone
à 0* et 760.
Volume
de
l'air.
Poids
le re Tolone
■ o« et 7«0.
ACIDB CAaBOKIQCI
•or
looood'air PB poids.
séché.
OAfl séchr,
I
760.6
751.8
763;;
414.6^20
75.300
4i*.e20
114.620
482.268
90.996
13t.Ml
141.657
0,0705
0,0430
0,0624
0,0648
64.500
414.620
73.200
75.300
76.730
437.342
88976
93.900
0,0407
0,0726
0,04:tô
0,0440
5.21
4.91
4.6*
4.57
MOYLNNE.
4.84
3.30
528
488
4.68
5 03
0,09
0,34
0,24
0,41
Le résultat nous paraît évident. Les différences des nombres
correspondants sont plus grandes, exceplé pour le premier
couple, que celles des nombres correspondants des expériences
contradictoire sprécédentes. La dessiccation de l'air a fait cesser
la concordance des résultats. En outre, et ceci est un point
capital, la proportion en acide carbonique dans l'air desséché
u toujours été trouvée plus faible, ce qui porte à croire que
( 68 )
Faeide sulfuriquc a peut-être retenu l'acide carbonique. C^IU*
conclusion demande cependant une contre-épreuve, car il se
pourrait que l'air non desséché agisse sur Teau de baryte de
manière à en abaisser le titre pour tout autre motif, à nous
inconnu, que la présence de l'acide carbonique.
Cette contre-épreuve a été donnée en faisant passer par les
barboteurs à acide sulfurique des expériences précédentes, àr
Cair privé d'acide carbofiique et en s'assurant si cet air, au sortir
de l'acide sulfurique, formait du carbonate de baryum avec
l'eau de baryte.
A cet effet nous avons placé les barboteurs à acide sulfu-
rique entre les tubes BB et bb. Le tube BB, chargé de baryte,
devait retenir l'acide carbonique de l'air et le tube bb, dans ces
conditions, devait faire connaître si l'acide sulfurique cédait
de l'acide carbonique à l'air.
Trois expériences ont été faites, elles ont donné un résultat
intéressant et peut-être décisif. Chaque fois, après un passage'
de ^^4^620 d'air, le tube bb s'est couvert intérieurement d'un
léger enduit blanc, soluble dam l'acide chlorhydrique très dilué.
Cet enduit n'était donc pas du sulfate de baryum. Voici d'ail-
leurs les résultats du titrage de l'eau de baryte avant et après
chacune de ces expériences :
TITRE
TITRE
DirriBENCB.
CE QUI 0OSXK
pour
l"' ('xjiériencc ....
«««■c.
«prén.
4OO064'«irfi|«idv
68.7^
68.18
0,0057
0,4:^
i- . ....
65.62
65.H
0,0054
0,37
;î« » ....
1
o7.m
67.0S
0,0032
0,22
Dans une expérience de contrôle dont le but était de savoir
si le premier tube retenait complètement l'acide carbonique
de l'air, nous avons trouvé un abaissement du titre de l'eau dr
baryte du tube bb conduisant à 0,14 sur 10 000 d'air lorsque
( «9 )
les barboteurs à acide sulfurique étaient exclus. Far conséquent
il y a un peu d'acide carbonique qui passe par BB sans être
i-etenu ; c'est ce que nous avons déjà eu l'occasion de dire, et
los nombres de la dernière colonne du tableau précédent ne
doivent pas être pris avec leur valeur absolue.
Il est évident, toutefois, que chacun d'eux dépasse notable-
ment la fraction 0,14; en outre, ils accusent une diminution
constante du premier au dernier; ceci trouve une explication
loute naturelle si l'on fait attention que l'acide sulfurique doit
se dépouiller continuellement d'acide carbonique à mesure du
passage de l'air pur.
Tout porte donc à croire que l'emploi de l'acide sulfuri(iue
pour dessécher l'air n'est pas à l'abri de la critique; mais il y
a plus. Si nous reprenons les nombres de l'avant-dernier
tableau pour les comparer à leur valeur moyenne respective,
nous arrivons à :
ACIDF. CARBONIQUE
DIFFÉREXCK
ACIDE CARBONIQUE
DIFFÉRENCE
•ur
dria
*ar
deU
1 e 000 d'air srrbr.
moyenne (4. 84;.
10 000 4*airieiséché
moyenne ;5.03)
.Vil
().H7
5.30
0.27
4.91
0.10
0.28
0.25
UM
o.âo
4.88
0.15
Vol
o.tn
4.G8
0.35
SIOYKNNK. . . 4.81
o.t>:vi
0.255
C'est-à-dire qu'm moyenne la proportion d'acide carbonique
s est montrée moins variable dans l'air desséché sur l'acide sul-
furique que dans l'air non desséché : en un mot, l'acide sulfurique
a fonctionné o l'instar d'un régulateur. Ceci n'a rien que de très
naturel; en effet, chaque fois que la tension de l'acide carbo-
nique est plus grande dans l'air que dans l'acide sulfurique, ce
dernier doit retenir une certaine quantité d'acide carbonique ;
«lans le cas inverse il doit en céder.
( 70 )
En suite des faits précédents, nous avons cru devoir sup-
primer, dans nos analyses, la dessiccation préalable de Tair.
On peut même se demander si la variation plus grande de
nos résultats comparativement à ceux de Reiset, ainsi que la
quantité plus grande d'acide carbonique obtenue par nous,
ne trouverait pas, m partie du moitis, sa raison d'être dans la
suppression de la dessiccation de l'air.
C. — - Le caoutchouc dissout de l'acide carbonique.
liCS diverses parties en verre de l'appareil servant à doser
l'acide carbonique sont reliées à l'aide de tubes en caoutchouc.
Dans les nombreuses expériences préliminaires que nous avons
faites, il nous a paru qu'il n'était pas indifférent de faire cir-
culer l'air par des tubes en caoutchouc présentant un certain
développement ou bien par des tubes en verre exactement rac-
cordés. Nous avons tenu à nous assurer si le caoutchouc m*
retenait pas une certaine quantité d'acide carbonique.
Pour cela nous avons introduit 4«%S00 de caoutchouc noir
désulfuré, provenant d'un tube découpé en tranches de 4 mil-
limètre d'épaisseur environ, dans une cloche graduée qui avait
été remplie d'acide carbonique sur le mercure. Après 24 heures
le caoutchouc avait absorbé .5",o d'acide carbonique. A la vérité,
cette quantité est minime; cependant la solubilité, ou tout au
moins l'absorption de l'acide carbonique par le caoutchouc est
évidente.
Nous ne sommes pas les premiers à constater cette propriété
du caoutchouc. MM. Mûntz et Aubin l'avaient déjà obsen'ée h
l'occasion de leur travail sur l'acide carbonique de l'air. A ia
page 330 de leur mémoire ^ ils font savoir qu'ils retenaient
l'acide carlionique dans des tubes renfermant de la ponce
potassée, bouchés par des obturateurs en caoutchouc. « Ct^s
» tubes ont donné des résultats satisfaisants, chaque fois que
» l'extraction de l'acide carbonique suivait de près la prist»
» Annales de chimie et de physique, l. XXVI ; 1882.
( 71 )
» d'échantillon. » Mais ils ontremarquë a qu'au bout dequelque
» temps il se produisait aux dépens du caoutchouc (?), et mal-
» gré les précautions prises pour empêcher tout contact de la
» potasse avec les bouchons, une certaine quantité d'acide car-
» bonique qui, venant s'ajouter à celui de la prise, enlevait
» toute précision à ces dosages. »
D'après nos observations personnelles, les obturateurs en
caoutchouc devaient céder de l'acide carbonique puisque la
présence de l'excès de potasse qu'ils renfermaient annulait
d'une manière continue la tension de ce gaz.
Nous n'avons pas mesuré directement l'influence de l'emploi
de tubes en caoutchouc plus ou moins longs sur les variations
(le la proportion d'acide carbonique de lair. Cependant nous
avons cru devoir supprimer, autant que possible, l'emploi de
cette matière pour nous placer dans les meilleures conditions.
C'est pour ce motif que nous avons toujours fait les raccords
(les tubes de notre appareil de manière que les bouts des tubes
se touchent sous l'ajutage en caoutchouc et que nous avons
même soudé les tubes / et t' aux tubes BB' et bb',
D. — Expériences à blanc. Propriété de la baryte
de se concentrer sur le verre.
Nous avons fait un certain nombre d'expériences à blanc en
vue de vérifier si la manœuvre de l'analyse n'amène pas de
(Rangement dans le titre de l'eau de baryte. A cet effet, nous
avons répété toutes les manipulations que l'on doit faire pour
un dosage, moins la circulation de l'air par les barboteurs.
Nous sommes arrivés à des résultats assez inattendus que
nous allons faire connaître dans l'ordre où ils ont été obtenus.
PRRMIËRR EXPÉRIENCK :
Toutes les parties de l'appareil ont été lavées d'abord à l'aide
(l'une solution diluée d'acide chlorhydrique, puis, à fond, à
l'eau pure et enfin desséchées.
{ 72 )
Dans ces conditions le titre de baryte a été
Avant
Apres
la manœuvre.
la manœuvre
6187
6162
65.U0
64.75
La différence de ces titres, 0,2S, est considérable el produi-
rait une erreur de Op%48o acide carbonique snr 10 000 d'air
en poids.
DKUXIÉME RXPÉRIEXCK :
L'appareil a été rincé à la baryte après leniploi de l'acide
chlorhydrique, puis lavé à fond à Teau pure, etc.
Titre avant.
Titre après.
Dififcrences.
68.62
68.50
0.15
73.0?>
7â.8H
0.17
Ainsi, dans ce cas, les diftërences sont devenues plus petites.
On peut être porté à croire que cette diminution provient de
ce que l'eau de baryte a neutralisé des traces d'acide chlorhy-
drique échappées au lavage à l'eau. Cependant :
TUOISIËME EXPÉHIENCE !
L'appareil a été préparé comme pour l'expérience n"* 2, mais
la vérification du titre n'a eu lieu que 48 heures après le rem-
plissage. On a obtenu :
Titre avant.
Titre après.
Différences.
74 32
74 05
0JÎ7
80. to
70 84
0.51
La durée du séjour de l'eau de baryte exerce, par conséquent,
une influence notable sur le titre de l'eau de baryte. Comme
l'appareil avait été maintenu hermétiquement clos pendant
( 73 )
tout ce temps on ne pouvait faire qu'une hypothèse, savoir
que le verre fixait une certaine quantité de baryte.
Pour vérifier cette supposition par l'expérience nous avons
opéré comme il suit :
Dans un premier fiacon nous avons introduit une certaine
quantité de verre pilé débarrassé de poudre fine par un tamisage
(o9«',190) afin de multiplier le développement de surface du
verre, puis 150 centimètres cubes d'eau de baryte au titre de
78,60; après agitation et repos de cinq minutes, le titre de l'eau
de baryte a été déterminé de nouveau et trouvé égal à 77,85.
II s'est donc produit, après cinq minutes déjà, un abaissement
de titre marqué par 78.60 — 77.75 = 0.85.
Mais on sait que le verre communique de Valcalinité à l'eau
d'autant plus rapidement qu'il est plus divisé. Pour tenir
compte de ce fait et éviter l'erreur qu'il entraîne, nous
avons introduit dans un second flacon, identique au premier,
59.19 de verre pilé de même qualité que le précédent et
150 centimètres cubes d'eau pure; après agitation et repos de
cinq minutes il a fallu 0^^,42 de liqueur décime pour neutra-
liser le liquide. Il est clair que ces 0*^,42 doivent être ajoutés
aux 0^\8S trouvés tantôt si l'on veut savoir quel abaissement
du titre de la baryte a été produit par le contact du verre dans
la première expérience. On obtient :
0,85 -+-0,.i2= 1,27
et l'on voit qu'effectivement la baryte jouit de la propriété de se
condenser sur le verre.
Les expériences 1, 2 et 3 montrant que la nature de la sur-
face du verre n'est pas sans influence sur le phénomène,
puisqu'une surface bien décapée retient plus de baryte, nous
nous sommes demandé si l'on ne réussirait pas à éliminer
cette cause d'erreur en préparant convenablement la surface
du verre par un lavage préalable à l'eau de baryte.
A cet eflet nous avons lavé les tubes de l'appareil à analys(\
comme il a été dit plus haut, mais en les passant, en dernier
lieu, à l'eau de baryte. Après égouttement complet, ils ont reçu
l 74 )
leurs 125 centimètres cubes d'eau de baryte et cette fois les
résultats ont été les suivants :
Titre avant.
Titre après.
DifTérences
59.6i
59.60
0.02
59.50
59.50
0 00
5i\52
59 50
O.Oi
59.55
59.50
0.05
59.75
59.70
0.05
Eu un mot, si l'on a soin de passer les tubes de l'appareil à
l'eau de baryte et de les laisser égoutter ensuite, on obtient
après la manœuvre de l'analyse un titre de l'eau de baryte
identique, ou peu s'en faut, à ce qu'il était avant la manœuvre.
II résulte enfin de l'ensemble de ces expériences de contrôle
(|ue les différences constatées dans les proportions d'acide
carbonique contenu dans l'air ont une signification réelle et
qu'elles ne sont pas dues à des erreurs d'observation que
comporterait la méthode adoptée pour les faire connaître.
ANNEXE AU CHAPITRE 11.
TABLEAUX
MONTRANT, DANS L'ORDRE CHRONOLOGIQUE,
LES RÉSULTATS DE CHAQUE ANALYSE.
(76)
DATES
Direction
Vitesse
Pression
TEMPÉRATURE
du
du
réduite
Hiaidité.
^— "^ — •
ÉTAT DE L'ATMOSMIEIE.
-1883.
vent.
vent.
àO».
exl.
int.
Fév.
!20
SO.
1-2
766.4
89
1.6
18.1
Quelques éclaîrcieî».
21
S.
4-2
766.1
92
6.3
13.5
Couvert
çw
SO.
2
771.5
86
a4
16.3
Couvert
2:î
0.
12
770.1
69
4.7
19.9
Serein ....
•24
sso.
1
769.2
90
2.9
15.1
Couvert .....
2G
0.
i
766.4
91
3.6
14.9
Couvert ....
-27
SO.
0-1
764.7
87
2.9
14.3
Couvert
•28
0.
0-1
760.8
92
6.6
16.3
Couvert
Mars
\
^NE.
l
767.4
83
(Î.2
U.2
Pluie
"2
N.NE.
1
769.7
95
-08
15.5
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Pluie abondante . .
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Serein
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Beau temps . . .
Beau temps . . .
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Pluie
Couvert
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Couvert
Couvert
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Couvert
Couvert
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17.8
Quelques éclaircies. .
18
SO.
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16.7
Quelques éclaircies . . .
49
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3.47
Tome XXXVII.
(82)
DATES
Direction
Vitesse
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41.0
12.0
43.5
44.0
42.8
13.0
12.3
44.8
9.0
44.0
14.0
45.0
14.5
43.5
425
12.5
H.O
Couvert
Serein ....
Brumeux ....
Brumeux ....
Couvert
Brumeux ....
Couvert
Pluie
Couvert
Couvert
Serein ....
Couvert
Couvert, faible pluie
Couvert
Couvert . .
Couvert . .
Serein
Nuageux. .
Couvert . .
Couvert . .
Serein . .
Serein . .
Serein . .
Serein . .
Serein
Couvert . .
Couvert . .
Couvert .
Couvert . .
Pluie. . .
Pluie . . .
Pluie . . .
Faible pluie
Couvert . .
(91 )
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CO^ eu volume
CO* en volume
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3.60
TABLE DES MATIÈRES.
PSfM.
ComSlDéRATIOKS GÊ?iÉRALES 3
CHAPITRE PREMIRR.
HISTORIOUE DES QUESTIONS SOULEVÉES SUR LA COMPOSITION
DE l'air ATHOSPHÉRIOUB.
I. La proporlion d'acide carbonique contenue dans l'air esl-elle la même
en tous les points du globe? 9
â. L'altitude a-t-elle une influence sur la proportion d'acide carbonique
de l'air? 12
3. La proportion d'acide carbonique estHflle la même sur les mers et
sur les continents? 14
4. La proportion d'acide carbonique varie-l-elle avec les saisons? . . 15
3. La proportion d'acide carbonique est-elle la même le jour et la nuil? 17
6. La proportion d'acide carbonique varie-1-elle avec la température?- . 19
7. La proportion d'acide carbonique varie-t-elle par les temps de pluie,
de neige, de brouillard ? tft.
8. La proportion d'acide carbonique varie-l-elle avec la direction du vent
et avec son inteusité? âl
9. Les sources locales d'acide carbonique augmentent-elles d'une ma-
nière sensible la proportion de ce gaz dans l'air? 23
CHAPITRE II.
RÉSULTATS GÉNÉRAUX.
1 . Proportion moyenne de l'acide carbooique contenu dans l'air de Liège. 26
2. Variations de la proportion d'acide carbonique de l'air de Liège . . 35
3. La proportion d'acide carbonique varie-l-elle avec les saisons? . . 38
( 94 )
Paie».
i. La proportion diacide carbonique est -elle la même le jour et la imil? 38
t). La proportion d*acide carbonique varie-l-elle avec la température? . 3fl
Ci. La proportion d'acide carbonique varie-l-elle par un temps de pluie? 40
7. La proportion d'acide carbonique varie-l-elle avec la direction du vent
et avec son inlonsiié? il
K. La proportion d'acide carbonique varie-l-elle avec la prrssion l)aro-
mélrique? i\
CHAPJTRK III.
MÉTHODE SUIVIE POUR LE DOSAGE DE l'ACIDE CARBONIOCE DE L'aIR.
Description de l'appareil employé. . . : 48
Préparation de l'eau de baryte et de l'acide chlorhydrique destinés à
l'essai alcalimétrique 50
tassai alcalimétrique 51
Maniemenl de l'appareil. Pratique de l'analyse oâ
Juslification de la méthode d'analyse adoptée. — Sou degré d'exactitude. 60
i4. De la vitesse de ciiculalion de l'acide carbonique par les tubes bar-
boteurs i6.
//. De la dessiccation de Pair servant au dosage de l'acide carbonique . 64
r. Le caoutchouc dissout de l'acide carbonique 70
D, Expériences à blanc. Propriété de la baryte de se concentrer sur
le verre 71
Annexe au chapitre II. — Tableaux exprimant, dans l'ordre chrono-
logiqut*, les l'êsultats de chaque analyse 75
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ÉTUDE LEXICOLOGIQUE
SUR LES
POESIES DE GILLON LE MUISIT
(PREFACE. GLOSSAIRE, CORRECTIONS)
M. Aug. SCHELER ^
MEMBRE DE l'aCADÉMIE ROYALE DE BELGIQUE
(Présenté à la Classe des lettres le 9 juin 1M84.)
ToMK XXXVII.
PRÉFACE.
Feu notre confrère le chanoine De Smet nous a le premier
mis à même d'apprécier Gillon le Muisit, abbé de S*-Martin de
Tournai, en tant que chroniqueur latin; à part quelques pages
insérées, en 1839, par A. Dinaux, dans « Les Trouvères de
la Flandre et du Toumaisis (pp. 220-225, 227-234) », il était
réservé à M. le baron Kervyn de Lettenhove de nous le pré-
senter comme poète, ou, selon l'expression du temps, comme
faiseur français. Les deux volumes publiés récemment par le
secrétaire de notre Commission académique des grands écri-
vains ^ augmentent d'un nom de plus la longue série de
productions littéraires nationales éditées par les soins de cette
Commission, et ils ne sont, certes, pas les moins dignes de
captiver l'attention des lecteurs de nos jours qui s'intéressent
au mouvement des lettres en Belgique. Nous y voyons un
personnage richement doué et appartenant aux hautes sphères
du monde ecclésiastique épancher cordialement les pensées
sereines ou sombres d'une âme vive et sensible, dérouler le
tableau du milieu spécial oti il coulait les derniers jours de sa
* Poésies de Gilles II Mui?i8, publiées pour la première fois d'après le
nuiQUscril de lord Ashburuam. Louvaio, 188â. 2 vol. in-8<'.
(n)
vie, en une enfilade de poèmes composés non pas, comme on
a dit, dans son rude patois tournaisien, mais en excellente
langue d'oil de son époque.
Pour être revêtue, comme celle de son compatriote Philippe
Mousket, du costume picard — qui jadis était dans le Nord
autant en cours et en estime que, dans d'autres régions, les
dialectes Normand ou de l'Ile de France — la langue de Gillon
le Muisit n'en méritera et ne sollicitera pas moins l'intérêt des
littérateurs et surtout des philologues proprement dits. Elle
reflète strictement, dans les moindres détails, les règles et les
allures qui distinguent la période de transition dans laquelle
cet auteur a écrit; elle est conforme au génie, à la physionomie
que tout romaniste expérimenté doit s'attendre à rencontrer
chez un écrivain cultivé vivant dans le Tournaisis pendant la
seconde moitié du XIII» et la première du XIV« siècle. Je le
répète, tout en parlant walesc, notre Gilles n'en parle pas
moins un français relativement pur et normal.
Représentant au sein de l'Académie particulièrement la
branche scientifique qui a pour objet la langue comme instru-
ment de la pensée, je sortirais quelque peu de mon rôle si je
m'étendais ici soit sur la vie et les mérites de Tabbé de Saint-
Martin, soit sur le rang qu'il convient de lui assigner parmi
les poètes de son siècle. D'autres d'ailleurs ont déjà abordé les
questions biographiques et, quant au côté littéraire, l'éditeur
lui-même a abondamment exprimé l'impression que lui a
laissée la lecture du trouvère tournaisien. La tâche que j'ai cru
devoir assumer en présence de la nouvelle publication de notre
Commission étant circonscrite par l'intérêt qu'elle est appelée
à éveiller dans le cercle, de plus en plus grandissant, des inves-
tigateurs de la vieille langue d'oïl, je restreindrai à un bien
(m)
petit nombre de remarques mon sentiment personnel sur la
poésie de Gillon le Muisit.
Sans se désintéresser des choses et des jouissances mon-
daines, ce prélat promène sa muse essentiellement dans la
sphère ecclésiastique, sur le terrain de la vie monastique ; il
nous étale de préférence les hommes et les choses qui, durant
une longue carrière de moine et d'abbé, se sont journellement
présentés à ses regards, le plus souvent des tableaux peu édi-
fiants et révélant la profonde décadence de la religion parmi
ceux-là mêmes qui en portaient l'habit. Cependant cette
poésie, qui prend parfois le ton et les allures de la satire,
n'épai^ne pas les régions profanes, les maintietis et les cou-
tumes de la société siécleuse. Dans tous ces domaines le vieil-
lard aveugle — on sait que c'est une cécité passagère qui l'a
rendu faiseur ^ — exerce sa censure. Toutefois, la rigueur de
sa critique est tempérée par la douceur de son caractère, la
sévérité de ses réprimandes vient souvent s'émousser contre
l'aménité de sa nature. Tout cassé par l'âge qu'il est, tout
attristé par l'isolement où le plaçait la perte de la vue, Gilles
n'a pas renoncé à la sociabilité et au commerce de ses amis ;
il n'est pas devenu un morigéneur bilieux, grincheux, gro-
gnard. S'il est çà et là souverainement ennuyeux par l'effet
d'une prolixité excessive et d'un manque de suite et de clarté
dans l'enchainement des idées, toujours, à côté d'un jugement
* Il avail 80 ans quand il se mit à rimer :
Quant à Dieu pleut que j'euc perdue me lumière,
Cheste cose deyant me vieunt toute prumiere,
Que tous sens appresisce de rimer le manière;
A premiers me fu dure, mes or m'est plus legiere.
(Il, !220. IO-:2â).
(IV)
mûri par Texpérience, il laisse percer rhomme bienveillant,
humain, ami de bonne et joyeuse compagnie ; tout en dirigeant
sa verve contre le sexe, à propos de son luxe effréné, de ses
écarts de toilette et de conduite, il se trahit plus d'une fois
comme n'ayant pas dédaigné les devoirs de la galanterie.
Quant au fond de sa poésie, à la pensée intime qui l'anime,
le souffle qui la vivifie, je n'oserais affirmer que notre bon
abbé ait franchi de beaucoup le champ de la banalité; il s'effor-
çait, sans doute, à ramener dans le cloître l'esprit de discipline
qui y faisait défaut, mais il ne s'élevait pas assez haut pour
remuer les cœurs, ennoblir la pensée, faire fructifier la dévo-
tion et le renoncement au monde. Dans ses diatribes contre la
corruption du siècle la note dominante reste constamment ce
refrain : « Amendez-vous afin que la mort ne vous surprenne
et que la colère de Dieu ne vous frappe ». Ses théories sociales
reproduisent fidèlement la loi tracée par l'Église, mais en ce
qui touche son sens moral, il ne paraît guère avoir éprouve
les jouissances du bien pour le bien, ni l'horreur du mal pour
le mal; on ne se sent point ému, en le lisant, par les aspira-
tions désintéressées d'une âme affranchie; ses filandreuses
analyses des péchés capitaux ne visent qu'à fonder la vertu sur
le dilemme vulgaire : châtiment ou récompense, enfer ou
paradis.
En dépit de ces faiblesses et du niveau peu élevé où atteint
son imagination, les compositions de l'abbé de Saint-Martin,
envisagées au point de vue du style, ne sont nullement dépour-
vues de quelque attrait; on y trouve des pages pleines de mou-
vement et de vie ; les dictons et proverbes, largement semés sur
tout l'ouvrage, communiquent à celui-ci de la couleur et du
trait ; les vers sont généralement coulants et aisés ; bon nombre
(V)
de quatrains se distinguent par une frappe remarquable et jet-
tent même de l'éclat. Aussi bien l'auteur lui-même nous apprend
que sa muse s'est formée et trempée à d'excellentes sources.
Parmi ses lectures il cite d'abord le Reclus de Moliens, le
Roman de la Rose, un trouvère tournaisien, le frère mineur
Jaques Du Boschet; puis passant aux poètes vivant encore
et dont il admire le talent, il mentionne successivement Guil-
laume de Machault (« si fait redolent si que bausme »), Phi-
lippe de Vitry et son frère, Jean de la Mote (l'auteur du Regret
Guillaume que j'ai publié) et enfin Colart Haubiert (« S'il n'est
letrés, s'est boins fasières ») *. Nous constatons donc chez l'au-
* Guillaume de Machault est, on ne saurait en douter, le grand lyriqut*
bien connu qui mourut en 1377. Quant à Philippe de Vitry et son frère, je
les ai vainement cherchés dans THistoire littéraire ; j*ai rencontré cependant,
dans l'analyse d'un manuscrit du commencement du XV« siècle, provenant de
la bibliothèque de Firmin Didot (Catalogue, juin 1881, p. 35), placée entre
celle de Jehan de Afeung et Guill. de Mach.mlt la mention d'un Philippe de
Vitry c qui trouva la manière de motès et des balades et des lais et des simples
rondeaux ».
Colart Haubiert n'est pas autrement connu que par notre auteur. Il le cile à
deux reprises, d'abord (I. p. 89) à la suite des noms que je viens d'énumérer,
avec la remarque :
EsprouTés est par lies cbieres
Es puis, là on Ta couronnât
Ou l'estrivet capiel donuet;
puis (II, p. 294) dans la biographie rimée de l'évêque de Tournay, Andrieu de
Florence, comme ayant composé un dit sur le même personnage.
Au sujet de Jehan de le Mote, je ne veux pas laisser échapper l'occasion
d'ajouter à ma préface de son Regret Guillaume un renseignement que je n'ai
acquis que depuis que je l'ai écrite. Ce poète s'est révélé lui-même, par un
acrostiche, comme l'auieur du Parfait du Paon, une des continuations du
Roman d: Alexandre, comiwsée en 1540. (Voy. la préface du M«» de la Grange
à son édition de Hugues Capet, p. xviii.)
(VI)
teur des Méditations, des Lamentations et des autres poèmes
nouvellement mis au jour par notre honorable confrère, un
esprit enclin de tout temps à la culture des lettres et les œu-
vres ou, comme il dirait, H fait de Toctogénaire font pressentir
ce qu'il aurait pu produire en pleine virilité.
Mais passons à la langue, le seul côté des œuvres françaises
de Tabbé tournaisien qui me concerne et qui fait Tobjet de ce
travail.
Gilles li Muisis était enfant de Tournai ; à part un court
séjour à Paris, où il fréquenta les écoles, il n'a jamais cessé
d'habiter sa ville natale. Aussi ne parlait et n'écrivait-il que
dans l'idiome de sa contrée, le picard ; le texte de ses poèmes
est d'outre en outre empreint de ce cachet local et représente
ce dialecte dans tous ses caractères distinctifs, aussi bien en ce
qui touche le vocabulaire que sous le rapport des particula-
rites phonétiqueset grammaticales. Naturellement on remarque,
dans l'unique manuscrit qui nous l'a conservé, comme dans
tous ceux de l'époque, une grande fluctuation dans l'ortho-
graphe; le même son y appai*ait noté par des lettres variées;
mais, en définitive, le manuscrit qu'a fait transcrire le baron
Kervyn se distingue par sa correction relative. Pour les varia-
tions graphiques, c'est aux éditeurs qu'il incombe, pour peu
que l'intérêt d'un livre le vaille, de rétablir l'uniformité rompue
par la routine, comme il leur incombe aussi de réparer, dans
la mesure du possible, les négligences et les lapsus dus à
l'étourderie des copistes '.
* Les scribes étant souvent des clercs mieux ferrés en latin qu'en langue
Tulgaire, il faut leur passer bien des bizarreries d'écriture et par-ci par4à de
légères infractions à la grammaire.
( VII )
Les particularités de la forme picarde ont été, dans ces der-
niers temps, exposées à diverses reprises par des savants for-
mes à bonne école; ce serait surcharger oiseusement ce livre
que de le faire à mon tour.
Aux chapitres spéciaux des grammaires, aux monographies
et aux articles de revue consacrés à ce sujet dans ces der-
nières années, sont venues se joindre en dernier lieu deux
dissertations doctorales allemandes ayant trait à Tidiome de
Tournai et de la langue de Philippe Mousquet en particu-
lier ^, et en outre un mémoire analogue publié par la Société
historique et littéraire de Tournai en 1882 et dû k un élève
<ie l'École des Chartes, né ou ayant résidé à Tournai, M. Ar-
mand d'Herbomez; ce dernier travail est fondé sur l'examen
scrupuleux d'une trentaine de chartes écrites en cette ville
de 1207 à 1292.
En présence de cette abondance de renseignements relatifs
à la phonétique et à la grammaire suivies par un poète tour-
naisien du XI V« siècle, j'ai cru pouvoir limiter mes observa-
tions philologiques sur le parler de Gilles ii Muisis à la partie
lexicologique. L'objet principal de mon mémoire sera donc le
relevé de tous les faits de cette nature qui, à un titre quel-
conque, ont dans le cours de ma lecture sollicité mon atten-
tion : toutefois j'ai inséré, en les rangeant à leur place alpha-
bétique, quelques rares articles ressortissant au domaine de
l'orthographe, de la phonétique ou de la flexion.
* ScuwAKE, Vtrsuch ei.ser DarsteUung dvr Mvndari von Tournay im
JlHUelalter. Halle, 1881.
Lire, Ueber dU Sprache der Chronique rimée vo*i Pliihpp- Mouskel.
Erlaiigen, t881
( vin )
En un mot j'ai élaboré, et je viens humblement présenter à
la Classe — en quelque sorte pour payer le titre dont elle vient
de m'honorer — le Glossaire de Gillon le Muisit, comme il y a
deux ans son associé lui avait soumis et lui avait fait agréer
celui de la Geste de Liège.
Mon glossaire ne sera pas, je l'espère, considéré comme une
doublure de celui qui se trouve annexé aux volumes publiés
par M. le baron Kervyn. Tout en visant à le compléter et à le
rectifier, il n'envisage que l'intérêt de la science. Qu'on veuille
bien le croire, ce travail n'a point été provoqué par un bas
mobile d'amour-propre, dans l'intention secrète d'éclipser celui
de mon savant confrère. Aussi quand, loyalement, je fis part
d celui-ci de la tâche que je m'étais posée, il y fit un gracieux
et encourageant accueil. Et d'ailleurs, n'a-t-il pas lui-même
appelé la revision de son œuvre en écrivant ces lignes aussi
dignes que modestes? « Ce glossaire n'a d'autre but que de
» dresser un inventaire, assurément fort incomplet, de cer-
» taines locutions et de certaines formes grammaticales en
» usage à Tournay au milieu du XIV» siècle. Peut-être don-
» nera-t-il lieu à quelques rapprochements intéressants et
» l'érudition des philologues pourra rectifier et interpréter les
» mots qui auraient été mal lus ou mal compris ^ ».
Ce n'est donc pas pour céder à un esprit de critique qu'à
mainte reprise je me suis séparé carrément, et peut-être même
avec quelque sévérité, de l'auteur du glossaire publié; c'est
bien plutôt pour répondre à sa propre invitation.
L'accueil des vocables dans mon relevé à moi a été déter-
miné par diverses considérations : rareté du mot, absence ou
* T. Il, p. 307, lîoie.
(IX)
différence d'interprétation dans le gigantesque travail qui
s'appelle le « Dictionnaire de Tancienne langue française par
Godefroy ^ , signification ou application curieuse ou peu
commune, forme douteuse ou suspecte, méprise d'explication
commise par divers (moi-même compris), découvertes ou
conjectures étymologiques.
En dehors du lexique, l'intérêt philologique qui s'attache
aux œuvres françaises du prélat tournaisien me commandait
encore un autre labeur : c'est l'assemblage des principales
corrections à faire subir au texte publié, soit pour en éclaircir le
sens et prévenir les méprises, soit pour redresser des erreurs de
grammaire ou de syntaxe. Cette seconde partie de mon travail
repose exclusivement sur mon appréciation personnelle, fondée
sur un long maniement de ces choses; elle aurait considéra-
blement gagné en sûreté et en autorité, s'il m'eût été loisible
d'inspecter le manuscrit original et de faire la part entre les
fautes imputables au premier scribe et celles qui pourraient
être le fait du copiste dont s'est servi l'éditeur. J'ai naturelle-
ment exclu une foule de redressements de moindre impor-
tance tenant surtout aux mauvaises habitudes graphiques du
scribe; je ne me suis pas astreint non plus à recueillir tous les
cas de la même faute et j'ai laissé en dehors les rectifications à
faire déjà signalées dans l'Errata de l'éditeur. Le plus grand
nombre de mes corrections sont fondées sur des vices de
* Ce Dictionnaire eo est arrivé, au moment où j'écris, à sa Z^^ livraison
(dernier mot : fildron). L*aateur n*a pu tirer proûl des poésies de Gilles li
Muisis qu'à partir du mot esconse. Malheureusement il n'a pas tenu compte
des vocables absents dans le glossaire publié par Téditeur.
(X)
lecture, de grammaire, de versification et surtout de ponc-
tuation. Les lecteurs entendus jugeront s'il ne m'est pas trop
souvent arrivé de pécher moi-même en réprimandant mon
prochain.
En terminant cette préface, je prends occasion de me réorier
contre l'usage, trop répandu parmi nous, d'appliquer notre
accentuation moderne — j'entends par là l'emploi des signes
diacritiques actuellement observés — à la publication des
textes du moyen âge. Ces textes n'étant pas toujours destinés
à être lus par des linguistes de métier (ceux-ci peuvent s'en
passer), je ne suis pas partisan de l'absence absolue de ces
signes, mais j'exige des éditeurs qu'ils les emploient discrète-
ment, consciemment, c'est-à-dire sachant si les signes appli-
qués répondent bien à la prononciation de l'auteur ou du
scribe dont ils se chargent de reproduire les écrits. La science
paléographique doit en cette matière être consultée, et les
éditeurs ne sont plus admis de nos jours à se laisser aller ù
cette absence de principes régulateurs que trahissent leurs
publications; on la pardonnait volontiers il y a trente ans
encore, mais elle blesse aujourd'hui tous ceux qui ont le
sens de la méthode scientifique. Le point que je signale ici ne
concerne pas seulement l'impression des œuvres du Muisit,
mais bien d'autres ouvrages, officiels ou non, mis au jour
parmi nous. Comment le philologue contemporain ne s'offus-
querait-il pas de rencontrer constamment jovène, ordètie,
virghie, tandis qu'il est su par tout étudiant en science romane
que dans ces mots cet e, pourvu d'accent, était purement tra-
ditionnel et tout ce qu'il y a de plus muet, comme le prouve
d'ailleurs leur emploi en versification? Qu'est-ce qui autorise à
(XI )
écrire périr, férir, plutôt que périr, ferirf Si Gilles eût pro-
noncé férir y il ne se serait pas permis de dire au besoin frir
(que j'ai rencontré trois fois).
Toutes les grammaires nous enseignent que le latin nom.
àbbas et ace. abbdiem se francisent resp. par àbbes^ cas-régime
abbeL Pourquoi donc , contrairement à la vérité historique et
aux règles métriques, le vocatif dans abbés (II, 196. 7 et pas-
sim)? Dans les bons temps de la langue d'oïl, trouver fait à
rindic. présent troeve ou trtieve (prononcé treuve), ouvrer fait
oevre; comment fausser la prononciation au point d'orthogra
phier troève, oèvre, comme si ces mots était trissyllabiqucs?
Pourquoi alors ne pas écrire aussi jéf voèlle (veuille)? Aujour-
d'hui encore mourir fait il meurt, ils meurent, mais ancien-
nement eu était noté par oe ou ue ; n'est-il donc pas bizarre
de renconirer meurent sous l'accoutrement muèrentl Et tant de
faits de ce genre. Reporter au XIV® siècle notre mot commune'
ment, qui devrait même être expulsé de notre langue actuelle,
est un choquant anachronisme; les anciens disaient commu-
nément, comme on dit encore aucunement, et non pas aucune-
ment.
Nous aurions préféré à ces accents prodigués à tort et à
travers, l'emploi du tréma, qui fait absolument défaut dans
l'édition de Gillon le Muisit; il aurait pu guider le lecteur
inexpérimenté dans bien des cas. Ainsi, à première vue, il
l'aurait empêché de lire rauner au lieu de raûner; de lire
meure, peureus, eue dans les cas où il faut lire meure, peûreus,
eue, et vice-versa, car l'auteur se sert, pour ces mots comme
pour beaucoup d'autres, suivant les directions du rythme, de
la forme pleine aussi bien que de la forme contracte.
( XII )
£n déposant ce travail, je n'ambitionne qu'une chose: c^est
que par les romanistes de Fétranger, comme par mes compa-
triotes appréciateurs de ces études , il soit jugé digne de la
science que je professe et utile à l'affermissement de son
crédit trop souvent encore méconnu.
Ixelles, 9 juin 1884.
GLOSSAIRE.
Alicer, désirer vivement; mais quid I, 27.8, où l'auteur dit
de ses péchés :
Nuls iren poroit, voir, faire nombre.
Je n*en abée mie men umbrc,
Il est ainsi en veritet.
Je n'en saisis pas le sens précis ; le vers d'ailleurs est
altéré et a une syllabe de trop. On peut, pour mettre le vers
sur pied, effacer le préfixe et lire bée (1"* pers.), avec le
sens « je regarde ». Le poète exprime, je pense, l'idée que
ses péchés lui font avoir peur même de son ombre. — A
l'errata l'éditeur corrige a béé; mais cela ne rétablit pas le
rhythroe ni n'éclaircit le sens.
Abliue, mystère, I, 308. 4; 317. 5 :
Par les jugcmens Dieu qui sont lout corn abime.
-able, -Ible. Dans ces finales on remarque à la fois la résolu-
tion de ft en u (ou eu) et le maintien du b. Je trouve d'un côté
les formes paisieiUe (paisible), 1, 164. 2 (hors rime), puis pe-
naule^ tenaule, parmenaule (tous les trois, ainsi que faute =
fable, à la rime du même quatrain), I, 245) ; d'autre part des
quatrains entiers rimant en able, ainsi, I, 292. Je ne sais donc
à quoi me résoudre pour la prononciation de l'auteur.
Tome XXXVII. 1
( 2)
Abome, abomination, I, 178. 3 :
Toutes coses mundaincs leur esloieiil abonnies;
284. 19 :
Ce sont celles et ehil qui font treslous abomes,
Cp. 306. 9; 323. 13; II, 99. 18. Le glossaire donne erroné-
inent à la forme abonnies (simple variété orthographique de
abomes) la valeur « abominable » ; notre mot est le subst.
verbal de abomer^ détester (I, 304. 7).
Abuser, sens absolu, l*» faire abus, I, 267. 14; 370. Yi\
2» s'égarer, se tromper, I, 98.28; 341. 20. — Subst. flti«,I,
267. 16 ; abmage, 275. 6 ; II, 9. 8 ; abmion, II, 30. 13 ; 63. 18.
Acanler, voy. canle,
Aeccftseur, forme altérée de assesseur, conseil, avocat, 1,
257.12; II, 146. 17. Il faut noter, toutefois, que la latinité du
moyen âge employait confusément, sans variation de sens,
accessor et assessor.
Aecort, 3« pers. sing. ind. prés, de accorder, irr^ularité
commise par concession ù la rime, I, 203. 11 :
Li boins cucrs as boîns yocls toutes heures s'accort.
On peut au besoin y voir le subjonctif, amené sous Pinfluence
de fâche au v. préc.
Aecoarser, faire courir, II, 216. 15 :
Les kevaux cstabieus puet on mieus accourser.
Le gloss. dit : « maîtriser ». — Mot omis dans Godefroy.
* Accarer i, prendre soin (selon le gloss.), II, 3. 13 :
Vint et un poins y treuve, quant au conter m'accure.
Le verbe s'accurer n'existe pas; il faut lire mac cure (= mets
* Lés vocables, en tête d*ariJcle marqués d'un astérisque sont ceux que
je juge avoir été introduits erronémenl dans le texte.
(3)
cure). L'expression mettre cure (s'appliquer à) est de tous les
instants et la l*^ pers. indic. prés, de mettre, pour notre dia-
lecte, est mac (cp. au subj. maclie cure, 1, 25S. 9).
Achainmée, mauvaise forme (isolée) pour achesmée ou ache-
mée (parée), II, 32. 19.
Aclieveur (cp. lat. cansummalor) , à peu près dans le sens
de « foiseur habile », I, 87. 25 :
De Hochet le frère meneur,
Au bien faire grant acheveur,
Acompllr {acomplier.ly 29. 23, est vicieux); impf. subj.
acomplesissent^ I, 215. 8.
Aeonter à qqch. ou qqn., en tenir compte, en faire cas, II,
13. 5 : [Tout le monde vise à dépasser les autres en richesse]
K'à leur vcsins ne puîscent nulle riens aconter,
H, 215, 18 :
Et petit aeontéé as honneurs, à Tavoir.
Cp. I, 365. 4; II, 263. 12. — Aussi construit avec de, 11,
46. 21 :
Homme n'acontenl mais d$ laides ne de bielles.
Acroire à qqn., s'en faire le débiteur, I, 115. 21 ; 196. 8;
sens absolu, prendre à crédit, I, 243. 22; II, 68.6.
Aeâer, rendre aigu, d'un type latin *acutare (non pas de
acuerCj comme dit le gloss.); au fig., aiguiser, exciter « le
sens », I, 53. 8; 195. 26; 206. 7; II, 19. 7; 182. 1.
Acaffardlr, voy. cuffart.
Ademestlr, familiariser, fig. mettre sur le ton de fami-
liarité, d'égalité, II, 272. 1 :
Li siècles les a tous si bien ademestis
Que nuls ne connoist mes vilains, frans ne maislis.
De domeste, demeste = domesticus. — Godefroy n'a que la
forme adameschier.
Adevaiicler, surprendre (en parlant de la mort), 1, 383.36 :
Fols est qui tant atend que li mors Vadevanee.
Dans le même sens aussi avancier,
Adevlner, faire des suppositions, gloser, II, 131. 28:
Sour caus et sour lor biens on adevinera.
Adierchier (autre forme de adrechier, adresser, type latin :
ad'directiare) , sens absolu, réussir, bien venir, venir à
point, 1,229. 4:
Toutes ïCadierchent mie par ces entis les entes;
II, 273. 9, opposé à falir : [On voit...]
Mainte fois adicrchier et falir les peutures.
Part, adierchiet, instruit, savant (non pas, comme dit legl.,
c( plein de droiture »), II, 282. 14.
AdluTention, invention, nouveauté, I, 273. 14; 288. lo;
384. 15, etc. — Lat. adinventio (Vulg,).
Adiré, faire des remontrances, répliquer, II, 213. 20 :
Toudis adiré sevent à ce que nous disons.
Cp. mon gloss. des Poésies de Froissart, s. v., et pour un
autre sens de ce verbe, celui des Chron. du même auteur.
Adodemlné «= caressé, dodelhié, II, 264. 2 :
lestre voel, che sachiés, bien adodeminés,
Godefroy a dodiminet\ Nous disons aujourd'hui dodiner ou
dodeliner.
Adosser, litt. mettre à dos^ de là rejeter, renoncer à, renier,
1, 147. 25 :
Et le siècle malvais dou tout adosseroietii,
La traduction par « combattre » et, encore plus, Fétymologie
adorior sont absolument fautives.
Adoaber (à /*), à la toilette, II, 34. 18.
Adonrs (plur.), toilette, II, 25. 22; 30. 24; 174. 26, etc. —
Je relève ici ce mot, qui vient de adoumer comme atour de
ataumerj parce que God. l'a placé par mégarde sous adoub.
— Au V. I, 346. 26 :
Trestout leur adoumer ont significations.
Corrigez adour, selon l'exigence du mètre.
Afant ou a/fant^ enfant ; cette forme dénaturée et exception-
nelle n'ap parait que trois fois : II, 26. 20; 78. 10; 104. 1.
AVadI, affaibli, II, 31. 9; 176. 4; 183. 24. Aussi mfadit
(voy. c. m.).
AVait, II, 170. 7 :
Se voit on geos morir boins et mal vais affait.
L'éd. traduit : c< frappés de mort ». C'est une erreur, le
mot représente à fait , locution affirmative bien connue.
* Anircr (s'), d'après le gloss. = s'affliger. H suffit de citer
le passage, pour ranger ce terme parmi les fictions de l'édi-
teur; 1,29.3:
Et kantes fois ies renkeûs.
Se ta le ses, tu le dois dire
De cuer dolent et t*y afflire,
Afflire est, comme dire qui précède, un infinitif et la bonne
forme du lat. affligere ; le moderne affliger ne date que du
XVI* siècle. — Part, passé afflit, I, 14. 20.
Affrant, forme syncopée de afferant (comme prece de perece,
paresse), I, 361. 1 ; II, 31. 13. — L'infinitif n'est pas ajferer,
comme dit le gl., mais ajferir.
Affrantet == elfrontet, II, 286. 31.
Afframcr =± a/fremer « affirmer, II, 193. 20. — Pour e
changé en u sous l'influence de m, cp. les anciennes formes
prumier, fumelle, etc.
(6)
Aforalu est non pas l'opposé, comme pense Téd., mais lo
synonyme de deforain^ extérieur, étranger; les signeun
aforai)Uf I, 388. 9, sont les seigneurs séculiers opposés aux
spirituels.
Afforlmc, arithmétique (= lat. algorismus), II, 4. 6.
Ahatlt, II, 3. 33 :
Par dés sont maint ami pluseurs fois ahatU.
Non pas « portés à la haine » (le verbe aatir ou ahatir n'est
pas connexe avec Aaïr), mais « portés à la colère, irrités ».
Cp. II, 66. 6 :
Les gens de tous estas à (restons les ahatent.
Ahatir est synonyme de airer.
*Ahavlule8 {les tieres), II, 83. 13; mot impossible; c'est une
faute de lecture p. ahanaule (labourable).
Ahireter, rendre propriétaire, 1, 143. 30 :
On soloit voir jadis religîcns diter (= enrichir)
De grans possessions, de biens o/iiVe/er.
La rime oblige à préférer la forme concurrente aheriter. —
Notez que dans ce verbe, comme dans hiretage (bien immeu-
ble), l'idée d'hérédité s'est effacée.
-al-; cette ancienne diphthongue, dans le système phoné-
tique et graphique du Tournaisis, est devenue la doublure
de IV ouvert. Ainsi l'on trouve mait, rikaice, proumaisse,
nait, damelaite^ mailer^ etc., alterner avec met (de mettre),
rikece^ proumesse, net^ damelete^ mêler (p. mesler), — Parfois
aussi ei : tekhe (= taiche^ teche\ bleiche = bkche, blesse).
Ail, ayl, ail, II, 365. 30 :
J*ai les deus ioex moult tenres, se me nnyroît lumière,
Ayl^ vins tasters et veillers, fèves, feus et fumiere.
Le second vers est fautif; pour le redresser, je corrige toiter
et veilles. L'abbé énumère les choses contraires au régime
que lui commande l'état de ses yeux ; il fout donc prendre ail
(7)
dans son sens naturel. Cela ressort clairement d'un passage
précédent (263. 8), où Fauteur dit qu'au fort de sa cécité l'ail
ni les oignons ne lui étaient pas défendus. — Comment
l'éditeur s'est-il vu amené à interpréter notre ayl par
« oui »?
Alruu, II, 263. 5 : D'aus, d'ougnons et d'airuns. — L'éd. y
voit le flam. ajuin (oignon); c'est une erreur. Airun est
identique avec aigrun^ qui est dans Ménage et Furetière
(voy. aussi Hécart , Dict. rouchi-franç. w. airun , erun) , et
répond à it. agrume^ herbage aigre, acide, salade. — Omis
dans Godefroy.
Alfitrr, autre graphie de esîre, foyer, I, 160. 12; 168. 16;
194. 23; 11,114.27:
Je ne suy mie dignes de ramonncr leur aigfre.
Il faut séparer ce mot de atre (=lat. atrium), qui signifie
« espace ou enclos environnant le moutier », portique,
cimetière; I, 366. 7; 377. 18; II, 77. 8; 92. 2; 265. 2S. Le
gloss. a négligé cette distinction.
Alckler {-cier, -chier), allécher, affriander, I, 20. 30;
193. 27; 281. 19, etc.; réfl., s'al. de qqch. , y prendre goût,
I, 188. 20; 276. 18; 297. 11; 381. 28, et passim. — La
forme picarde alekier affaiblit singulièrement le crédit ac-
cordé à l'étymon aUectare, généralement invoqué pour allé-
cher. Celui-ci convient sans doute pour l'it. alleUarCj mais le
thème lek dans alekier ou alechier ne peut être que celui du
bas-lat. lecaior (fr. lechëeur), séducteur, corrupteur, et appar-
tient à la famille des mots germaniques leeker, gourmand, etc.
(voy. Diez, v. leccare, p. 190).
Alctler, allaiter, fig. 1, 108. 28 :
De leurs boines doctrines les alaitent ke mère;
II, 183. 19 :
Par vos bielles paroles, dames, vos m^aleiiés,
I^ rîmes hailiés, gaitiés, affaitiés assurent la leçon donnée
(8)
et ne permettent pas de songer à aledés = alekiés (alléchez).
Mais ce qu'il faut carrément rejeter, c'est la traduction
(c excuser » du gloss., fondée sur les soi-disant synonymes
« aleter, aleuter », que personne ne connaît.
Alcnclie, subj. de alevet\ II, 84. ââ.
''Alocr, loger (gloss.), I, 74. 49 :
Cornent li mors jour cl nuit vcllc
El cornent forment se travelle
De chiaus et cheles aloer
Qui Dieu et vous doivent loer.
Je lis, conformément à la règle de l'ancienne syntaxe, à laer,
tout en accordant à loer (lat. locare) le sens ce placer, loger ».
Alolr, chemin, galerie, passage, forme contracte de o/eoir,
type lat. " alatorium, I, 389. Hl :
Quant trouver quideront en paradis ro/otr,
Fremet et empaicbict trouveront tout Valoir,
La première fois = chemin, la seconde = passage. —
Cp. II, 32. 3 :
Pluseur par le moustier vont dWotr en aloir (galerie).
Alonrder, tromper, abuser, I, 88. 14; II, 913. 23. (Test là
aussi le sens du mot dans Froissart, Poésies, I, p. 2S0,
V. 1080, où je l'ai mal traduit par fatiguer, tourmenter.
Alumer, éclairer, I, 33, 23; 297. 7; enflammer, exciter,
II, 5. 6 (il s'agit des joueurs) :
Ardeurs de couvoîtise de wagnicr les afume.
Amasser, entasser; réfl., s'enrichir, I, 34. 8 :
Doner ue set, toujours voelt prendre,
A s'amatser tous temps entendre.
Cp. amukr. — Aussi la forme etimasser, II, 89. 27.
Ambler (hautj, vider haut, I, 260. 24. — Mot omis dans
God. — Verbe forgé sur un type lat, *'ambUare (de ambire)^
(9)
^AMieiiestrer, fournir, donner, II, 148. 12 (il s'agit des
ordres mendiants) :
Vivant et H morant, moult on lepr amenestroit.
La régularité du vers et l'usage de Fauteur imposent la leçon
menesiroU.
= almosner, aumoner, v. act., donner ou accor-
der par générosité, par bienveillance, I, 170. 9 :
Si fist moult grant pekiet qui premiers Vamona^
Pour Tiestir, pour couchier quant argent on dona.
On a imprimé amena *. — Cp. II, 194. 4 :
Dou relief de vo coer grant part nos ammonné»,
AnoUIr, I, 349. 36 (en rime). A côté de cette forme. Fauteur
emploie aussi amollxer (4 syll.), I, 380. 11 ; II, 354. 3.
Amortir, donner en main morte, I, 379. 5 :
Se H bien des églises amortit si n'estoient,
Et hoir et successeur tost ravoir les voiraient.
Gratifier de revenus en main morte, II, 16. 31 :
Et as fondations partout il s'acordoient
Et gracieusement pluseurs amortissoient,
Aaiparlier, avocat, II, 155. 33. — Je tiens cette forme, bien
que concurrente de ewparlier, pour la bonne et la plus
ancienne, car je ramène am à anie (cp. v. fr. anvaUj migarde),
en me prévalant de la forme avantparlier = lat. praelocutor.
Le rapprochement de empariez éloquent (cp. mlagagié)^ a
peut-être déterminé la substitution de emparlier. — Cp. ma
note Jean de Condé, II, p. 336.
* On peut aussi interpréter famena par i iotioduisit celle coutume > et
saover ainsi les rimes dena^ despriêena, mais il faudra, dans ce cas, lire aussi
guerredena p. guerredon a.
( 10)
Amulcr, litt. mettre en meules, entasser, fig. amasser,
multiplier, I, 272. H :
Il mettent leur ententes à leurs biens amuler.
L'inspection seule des rimes [toutes en uler) aurait pu garan-
tir l'éditeur contre sa leçon avuiler (que, par impossible, il
explique par avilir). — Godefroy donne notre verbe au
réfléchi, mais il se méprend en traduisant s'amukr par
« s abrutir » au lieu de « s'enrichir » dans ce vers d'Eust.
Dechamps : « Quant par convoitise s'amtUe ». — Pour la
dérivation du sens, cp. pi. h. amasser.
-au, désinence verbale, contraction de a on; I, 41. 2 (an = a
on du verbe avoir) ; 198. 26 :
Car de sos et de sages an rétribution ;
2S3. 6 ; II, 261 . 12 (buveran). Les exigences du mètre prescri-
vaient à l'éditeur d'appliquer an, 1, 292. 20 {diran p. dira on) ;
II, 219. 20 {an p. a on). — Pour le fait en lui-même, je rap-
pelle nos mots paon^ laon^ prononcés pan, ian. Il est arrivé
à M. d'Herbomez, auteur d'un mémoire sur l'ancienne langue
de Tournai, d'interpréter les mots an, depariiran qu'il a
rencontrés dans ses chartes, comme des 3® pers. du pluriel,
représentant habent, departire habent (donc an = fr. oni) ;
voy. p. 126, § 211. Cette méprise dépare un travail qui, d'ail-
leurs, est fait avec beaucoup de soin. J'avais moi-même aussi,
au début de mes lectures d'anciens poètes, k propos de Baud.
de Condé, Prison d'amour, 515 (Mains tors an faUj, méconnu
la valeur de an ==aon.
* Anchiuii que, I, 383. 7. Lisez anchois que, cp. Il, 19. 3.
An^le, angle; fig., détour, 1, 15. 30 :
Nul angle ne qucrt vérités.
Analcr, ennuyer. Régulièrement le thème anui est la forme
voulue pour les cas où l'accent repose sur la terminaison,
donc à l'inf. anuyer, au partie, anuyet; quand l'accent est
(H )
sur le thème, celui-ci prend ot, donc au présent anoi. Tou-
tefois j'ai remarqué, à la rime, le présent anuk 1, 347. 16 ;
II, 86. 3; 130. 18, et à l'infin., amyer I, 357. 7 (où sans
tenir compte de la rime on a imprimé anuyei\ de même
qu'on a mis anoyer p. anuyer II, 35. 15).
* Anvel, I, 378. 14, corrigez annel; de même à la p. 379. o
et 14, mettez anneus p. anuens. — Il s'agit du subst. lat.
annale^ annate, rente annuelle.
Aonrncr ses prières, les préparer, faire, I, 117. 15. Cp. I,
220. 26 (en parlant des dix vierges), aoumer les lampes.
Aouwîewtj lisez ainsi I, 93. 11 au lieu de à ouviert.
Aper«li, 1« sg. ind. prés, de aparoir (non pas de aprochier,
comme on lit au gl.), I, 47. 15.
Apoiitater, dévoyer, s'égarer, II, 90. 25 :
Li vin sages et sos font bien apostater;
II, 106. 10 : LL'anemi]
Ki les hommes, les femmes faisoit apostater^
Apostle, apôtre, I, 331. 24 : le cytet les apostles. — Ce mot
reproduit exactement apôstolus, et ne doit pas être confondu
avec apostoley évéque, puis pape (332. 5), qui répond au
t}^e latin apostôlius. L'éditeur de Ph. Mousket se heurtait
contre la forme apostolie (20410, 23324) et la déclarait con-
traire à la mesure ; il ignorait qu elle se prononçait apostolie
it=3yorlall.).
Apparilller, présenter, exposer, II, 90. 20 :
Li sens vous en sera tantost apparUHéi»
Appriesser, accabler, importuner, 1, 241, 21.-— Au v. 268. 11
je pense qu'il faut corriger apriesser au lieu de cpHesser.
(12)
Aprisc, enquête, I, 194. if) :
Adont seront sour tous faites grandes aprise$
Des fardieus de peckics, de rikaîces acquises ;
1,328.6:
Pour ehou fist de leur picrtes faire partout apriset.
Cp. I, 330. 28, aprendre de = s'enquérir.
Arenter, mettre à bail, en hypothèque, II, 58. 19 :
Leur maisons et leur biens adont les gens arentenli
prendre à bail (au fig.), 1, 344. 3 :
Il sanle que tout ayent tous visées areniel;
II, 47. 28 :
Tout yisce, trestout mal estoient arrenfet]
ib.,221.6:
Et que tous visées a H siceles aruntiê.
Voy. aussi Tart. aventeL
Arffler s» ardre, brûler, I, 362. 15 : Rewardés comment
argefit (indic. prés.). — C'est une forme arbitraire créée sur
la base du subj. arge (ardeam), comme espargier sur le subj.
de espardre: Elle a été, toutefois, mal appliquée II, 34. 30,
où la rime exigeait ardefit.
Arc#cr, B= lat. argutare, attaquer, quereller, provoquer,
exciter, 1, 148. 20 : [Ce siècle puant, qui va]
Les boines consciences de virtus desnuant
Et tous religieus moult griefroent arguant;
ib., 250. 18 :
Je n*en saroie riens, s'on m'argtiaii, respondre.
Cp. I, 250. 18; II, 181. 27. — Par argumetis, par querelles,
par voie de procédure, 1, 147. 3 :
Par argumeni voelt on avoir propriété!.
(13)
i&nne, âme; cette forme secondaire de ame se présente,
concurremment avec ame, assez souvent (1, 174. 20; 177. 4;
223. 4; 260. 12; 329. 18, etc.), mais, notez bien, jamais à
la rime (cp. I, 22S. 1).
Aroater (s')9 s'acheminer, I, 240. 24; 381. 17; il se peut
que le neutre arrouter II, 20. 6 :
Pour boîns faiseurs reprendre fait boiu gens arroiUer,
soit = s'attrouper (dér. déroute, troupe).
Arriérer, mettre en perte, I, 112. 1 :
Le blasme passerai, arriéres (I. arriérés) en seras ;
II, 283. 21 :
Car arrieret sont par se mort.
Arrire, être agréable, plaire, lat. arridere^ II, 74. 10 :
Carités et largece courtoise gent arrient.
J'ai relevé le sens c< sourire » dans Baud. de Condé, p. 273,
V. 133 :
Hé Dîex ! s'ensi m'avoit aris
Par amours une seule fois. . . .
Araent, 3« pi. parf. de ardre ou ardoir, I, 136. 32. — Cp.
Phil. Mousket, 160 et 4151. Cette forme (négligée par le
gloss.) représente lat. arserunt'y elle est allégée de arstrent
et me fournit l'occasion de rappeler un trait distinctif du
picard : il forme, dans les parfaits en s de certains verbes
forts, la 3* du pluriel en élidant Vr qui suit 1'^ caractéristique
de ce temps. Ainsi Ton ne trouvera chez notre auteur que
fisent, prisent^ misent, sisent, disent, etc. ; jamais fisrent ou
fuirent, etc.
Artien, instruit, savant, I, 113. 1 :
Or sont clerc artyen qui par estudes Usent;
ib., 264. 19 :
Maistres lisant nature et trestout ariyen.
(li )
Asanuer, assembler, 1, 389. 18; II, 48. 19; réfl., 1, 355. 36;
II, 37. 3o. Forme analogue à pic. saner = sanler (seinbler^
estraner (étrangler). — Voy. aussi rassanner.
^Asplé, II, 181.16:
Riens ne sui de roen corps fors des yoeuls atplé$,
La rime et le mètre imposent aspolés, mais comment trouver
à ce mot un sens se rapprochant de « embarrassé, endom>
mage, affaibli »? Aspolé peut se rapporter à egpole^ broche
de fileur, mais je ne saisis pas la métaphore.
Aupolcr^ voy. Tart. préc.
Assener, assigner, allouer, destiner, 1, 108. 15 (des dignités),
287. 11 (les biens de sainte Eglise), 244. 19; 332. 13. —
Asseneur^ dispensateur, I, 294. 19.
Assener à, parvenir, atteindre, trouver, 1, 105. 25 :
Se voels à boin trespas n la fin a$ftcncr\
339. 3, où il est dit du berger conduisant son troupeau, que
(( trop bien set assener à tout chou qu'il leur nuist et remèdes
donner (lisez deiier) » ; II, 34. 7 :
Se je veoie bien, trop mieulx atseneroie
A chou que ferames font et le voir en diroie.
Sens actif, diriger vers, I, 290. 15 :
Viers Lille, viers Douay pluseur[s] en i
Atolllsier » atorisier (l pour r, cp. seule) ^ aueUnisier
(I, 252. 14), sanctionner, I, 304. 20. —La double / est abu-
sive. God. s. autùrisier cite une forme attoUsier.
Atoukier (s'), I, 282. 6 :
Il se sont atoukiet tresloute gent cnsanlc;
Les virtus boutent hors, visce tout ont le canle.
Uuid? se mettre en contact? Ou faut-il lire abaukiet (« se
sont donné le mot »)?
( ^3 )
Aire , voy. sous aistre.
Attendre, obtenir, I, 359. 18 :
Au darrain jugement mierchit attendera.
Attendre à qqn., s'adresser à lui (pour obtenir qqch.), I,
167. 22.
Aamare, armoire, 1, 170. 2.
^Anser, 1,65. 26:
Que j'ay pîerdut malvais usages
Làsoloie tous tamps auscr
Et me vie moult mal user.
Lisez user (neutre), vivre.
Aatlerme 1, 127, dern. ligne (prose) : Si avoit deus maistres
des enfans en rescolle et un maistredes enfans en Vautiefine.
— Quid?
Avaneliler, en parlant de la mort, saisir prématurément,
I, 5. 18; 92. 28; 97. 1. — Dans le même sens aussi ode-
vanchier (v. ce m.).
Avant?!, 90. 27 :
Car les biaus dis, les bielles choses...
Pourpensenl et mettent avant
Et en font souvent conte avant,
A lire à vant (vanterie, bourde)? 11 se peut aussi que vaut soit
= vent'j malgré la séparation, phonétique et graphique, gé-
néralement obser\'ée entre eti et an, Ph. Mousket a déjà
donné l'exemple de pareilles licences en faisant rimer tremble
avec angley communalment avec maintenant,
Avarisee, tantôt m.asculin, I, 246. 26, tantôt féminin,
256.12.
Avenir, act., faire arriver, H, 235. 24 :
Car ch'cst moult fort [n] faire d'avenir la parellc.
(16)
^Aventet, I* ^Oo. 34 : De trestoutes sciences seroient
aveiitet. — Selon Véd. p. avefiantet, estimé, prisé; explica-
tion insoutenable. AverUer, au sens actif de « faire échoir à
qqn., le gratifier », n'est pas probable non plus; je corrige
donc arentet = doté, doué. Voy. arenter.
Averir, assurer; je tiie tienc averis, I, 73. 10; montrer, prou-
ver, II, 207. 14.
Avealer, aveugler, au sens moral, 1, 191. 1 ; 267. 7 et pas-
sim; je lui trouve le sens d'anéantir, détruire, I, 71. 16 :
Slierchi vo prie pour le peule,
Que li mors si grief ment aveule
Et trait à fin hastéement.
Ce sens découle-t-il de celui de ce mettre dans l'obscurité »,
c( faire disparaître »? Le fait est qu'il se produit aussi pour
la forme concurrente aveulir^ II, 54. 16 :
Mais orgbieus est si grans, s'est tant de trekerie.
Que toute gcntillechc par est trop aveu/te.
Ailleurs le texte offre aussi avoulir^ avec la valeur de « rendre
nul, annihiler», I, 218. 24 :
Les drois chou deflfendans soutieument anouHsseni,
On peut ici se demander : faut-il corriger aveulissent, ou
ramener à la fois aveuler, aveulir, avoulir à l'adj. veule ou
vole, vain, nul (II, 2S2. 8, vaines et veules)1 En tout cas, iden-
tifier notre mot avec avilir, comme fait l'éditeur, est par trop
hardi.
Aveallr, aveugler, I, 316. 28; voy. l'art, préc. aveuler.
^Avlellent, II, 147. 11; mauvaise leçon p. at;»/<eiil (avilis-
sent), de avillier, outrager, mépriser. — Cp. subst. aviUeur,
contempteur, I, 267. 23.
Aviestare, investiture, I, 277. 22 :
Des benefisces ont cescun an Vavieslure.
(17)
Avolentet, en bonne disposition (voy. mon gloss. des Poésies
de Froissart). On lit I, 253. 27 : [Les rentiers de l'Église
doivent]
Leurs estas par raison euM à volenîet.
Ce vers, trop court d'une syllabe, est altéré ; je propose de
corriger :
Leurs estas par raison tenir avaient et.
L'omission de de ou à devant tenir ne fait pas difficulté;
cp. 1,321.21:
Et à cbiaus qui Dieu sont siervir entalentet
Avoulir, voy. aveiUer.
* Availer, I, 272. 11, lisez amuler (voy. ce mot).
Awurder, sens absolu, se garder, tarder, hésiter, 1, 156. 8;
act., attendre, s'attendre à, I, 115, 10 :
Cescuns redoubteroit le loyer k'awardont ;
veiller sur, protéger, I, 352. 7 :
Car Dicus trcstous les jours tous repentans awarde;
rén., se régler sur? I, 366. 6 :
Sage gent tout $'awardent sour gens de Sainte Église.
Awll, oui, I, 126. 12 (prose).
Balmieler, juger, I, 50. 28 :
Et quant on me balaneera^
Li dame dalés mi sera.
Ballet, quid? II, 190.9 : [Les femmes réprimandées par
l'abbé pour leur coquetterie, faisant fi de ces reproches et
des clameurs dont elles sont l'objet, répliquent
Or en macent ballet li parlant en pasture !
Sous cette phrase me semble se cacher le sens : « cela sera
Tome XXXVII. 2
(18)
peine perdue, autant en emporte le vent » ! Mais que veut dire
exactement « mètre bolet en pasture » ? Serait-ce « faire
manger du balai » ? Cela soulèverait deux diflScultés : bakt
= balai se trouve-t-il ? Puis, mètre en pasture est d'ordinaire
= mener paître (les troupeaux).
Bare (metre)^ mettre obstacle, faire résistance, I, 6â. 32 :
11 trouveront lors aversares
Qui leur mèneront moult de bores»
Cp. 1, 170. 3.
Basener, I, 304. 16 : [Le pape Boniface VIII]
A Rorome grans pardons en sen temps ordena, ...
De cent ans en cent ans jadis en basena.
Proprement écrire sur basane (synonyme de mettre sur par-
chemin), buller, ordonner)? Le mot est inconnu; le gloss.,
au hasard, traduit « établit ».
Baurii, futur de baillkr, accorder, I, 189. 8.
Béer, sens actif, regarder, admirer; I, 327. 4 :
Ch'cst chou quelles convoitent que bien soient beées;
II, 35. 10 :
Par quoy des rewardans che soit H plus beée.
Bender, lier, ail. binden^ I, 63. 36 : On les doit en intier
bender. — Je consigne le mot pour contester la trad. « tour-
menter » du glossaire.
Betun, boue, I, 397. 34 :
En Fort betun dou siècle tout se vont empaler;
11,118. 30: (Dieu]
De betun le fourma, dont est tiere no mère;
ib., 310. 35 :
Tout ensi que li truye par 6e/viM se toaelie....
(19)
Bleke, objet servant à un jeu, bille? II, 108. 23 :
As tfiekes, as pierettes adont s'esbanioient.
Serait-ce Tall. bickel, flam. biikel, osselet, bille àjouer? Je
soupçonne qu'il faut lire biekès (d'un dimin. bieket).
Btenvesnler, saluer, 1, 18S. 4 :
Aîns ist devant le fin et toutes gens bienviegne.
On a imprimé Mm viègne.
Blerkier, berger, II, 83. 7; 86. 14; 194. 17; ailleurs la
forme bregier, I, 349. 11.
BleMer, 1, 119. 14 :
Que Salhan de nous n'ait ocquoison de biesser;
I, 310. 16 :
Mieux vault à chou penser que ces biestes biesser.
Je suis disposé à admettre une forme picarde biesser p.
bierser (chasser, traquer) et je l'identifie sans hésiter avec
bieseVy biecer dont se sert Ph. Mousket, dans les passages
suivants : v. 24813 :
Or ravoient si degietée
Qu'elle estoit comme ourse biesée ;
V. 2608S :
Ne pour morir ne pour biecer
N'en peuîst uns dedens entrer.
Ces formes sont restées inconnues à God. Pour l'éditeur
biesser est le même mot que biser\ identification tout à fait
arbitraire.
Biser, se mettre à courir (en parlant des vaches) ; voy. God.
s. beser; II, 19. 11 :
Quant une vakc bise, toutes voellent 6i«er;
II, 83. 10 :
Desoins fait trotcr vielles, reviaus vakcs 6ifer.
Ce mot, qui répond à l'ail, biesen et au flam. bijseii (voy.
(20)
Grimm), est particulièrement appliqué aux personnes qui,
au lieu de vaquer à leur besogne, aiment à courir le monde;
courir la prétantaine. Exemples : 1, 183. 15 :
Nient plus que H cloîstricr, il ne doivent biser^
Se n^est pour leurs offisces;
II, 33. 2S:
Pour moustrcr leur quointisc, toudis voelient biser;
II, 93. 28 :
Pour chevanches avoir ont maint sage biset (= trotté);
I, 317. 17 :
Dont se doit cescuns sages bien sir et non biser
(ne pas être volage). — De là embisé, attaché aux choses du
monde, volage, I, 213. 4 :
Onques nuls biens ne vint de nonnains embisées;
182. 18 (moines embisés) ; II, 186. 12. — Entre le verbe biser
et l'adj. embisé il faut supposer l'intermédiaire d'un subst.
verbal bise, goût de courir, fig. attachement aux choses du
monde. Embisé n'est pas dans God.
Blmnlr, blâmer, II, 170. 3 (prose) : dont on les reprent et
blamist.
Blfinke fièvre, II, 194. 20.
Blunkir, blanchir (au fig.), II, 156. 3 (il est question des
avocats) :
Avant vont par jouraées et les causes blanki»cent,
Chil qui sont en lors mains, fort est quant il en îscenL
Cette expression « blankir une cause » équivaut à « la faire
clere» (1,341. 15).
Blunqne bicstc, mouton (monnaie), I, 135. 35 (prose) :
Et lors fu delivret par l'abbet chinq mil et chine cens blan-
ques biestes et tout li autre moeble et les biestailles.
""BlfiTer; ce verbe n'existant pas à l'état simple, il doit être
raj^é du glossaire, voy. emblaver.
(21)
Blerer, quid? II, 85. 14 :
On voit bien chcvauchier et fauvaio et fauviel.
Se dLst on bien d'aucuns : Or a blçré ce vieU
Le sens du passage ne m'est pas clair. L'éd., se fondant sur
le subst. bloire (ap. God. , action de bander les yeux des
oiseaux de proie), traduit notre verbe par « aveugler ». Il
peut avoir raison ; à Ve radical du verbe peut fort bien cor-
respondre un oi dans la syllabe tonique du subst., mais je
ne découvre nulle part un verbe blerer ou bloirer.
Bluter, quid? I, 341. 24 (il s'agit du pape) :
Songncus de tout doit iestre, comme enfant de bluter.
La correction buter, se heurter, donnerait un excellent sens.
Bober, duper, I, 124. 1 ; II, 288. 18 [= truffer).
Boba, sot, niais, 1, 108. 16.
Boce, variété graphique de boke\ voy. bouche.
Boln, boine, bon, bonne; c'est la forme constante chez notre
auteur; jamais bon ou buen, comme dans Ph. Mousket.
Bouche (prononcez bouké). Locutions : pour bovie bouche faire,
pour tout dire, I, 233. 20 ; — faire grande boce, parler haut,
11,121.6:
Ostés peckiés morteuls tout par especial;
Grande boce feront^ cbe savés, venial.
Bon^reiiie, hérésie, autre forme de bougrerie, assimilée à
eresie, 1,248. 16; 376.28.
Bonrbeter, barbotter, murmurer, II, 45. 9^et 10 :
Bien sai que pluseur gent sour un bourbeteront]
Or ifourbaiehent (subj.) assés, taire ne me feront.
Emploi réO., 1,58. 22:
Aucune gent moult /en bourbettent.
Paroles sottes avant mettent.
La traduction du glossaire, « se mettre dans la boue », est
inadmissible.
( 22 )
Bonrser, faire de la dépense, II, 216. 13 (il s'agit des femmes
qui boudent leurs maris) :
Quant elles sont courcies, se ne font fors hourser.
On a imprimé brouser^ qui contrarie à la fois le sens et la
rime. — La signification que je prête à bourser me semble
indiquée ici par l'opposition de embourser au v. suiv. Cepen-
dant, dans Quenes de Be thune (voy. mes Trouvères belges,
p. 18) :
Et les dames qui cortoises estoient
Ont tôt laissié pour apenre à borser^
j'ai cherché à justifier le sens contraire : boursicoter, serrer
les cordons de la bourse, et je crois encore que c'est le vrai.
Briller, tromper, duper, II, 177. 17 :
Aies briller, dans abbcs, atout vos medechines.
Subst. brilleur, trompeur, II, 21. 22; 103. 17. — Dérivé de
biil, piège; voy. ma note Watriquet de Couvin, p. 478, el
mon gloss. des Poésies de Froissart ; voy. aussi God. v. breil.
— Pour Roquefort briller c'est brailler !
* Brouser, faute de lecture p. bourser (v. c. m.).
Brunette, étoffe de couleur brune à l'usage des riches, 1,
149. 23; 203. 21. Cela fait comprendre le vers 1, 132. 21 :
Mais li noirs est en brun au jour d'huy transmués,
Quand on flaire le noir, on li dist • vous pues ».
Bnrler, I, 322, 21 = buller, sceller. Ailleurs, I, 328. 23, la
forme buller. — God. consigne un verbe burlier, fondé sur
un exemple de la Chanson d'Ant., où on lit « burlies de
pions »; ce burlies doit être fautif p. burléesl
Base, tube, tuyau, 1, 184. 6; au sens de trompette, 338. 28 :
Mais uns jours vient que Dieus fera sonner sa biue.
Lat. tubus^ gr. aûXoç, crûpiy^ réunissent également les deux
acceptions.
(23)
C latin = k. Il convient de rappeler ici le fait que ce son
persiste, en picard, devant a primitif (et au), aussi bien que
devant o et u, à l'état d'initial, que Va latin ait subi ou non
des modiRcations. Exemples :
Calidus
eauty
Causa
cose.
Caméra
cambre^
Caballus
keval.
Cantare
canter^
Cadere
Iceoir,
Capital
catel.
Canis
kieti.
* Captiare
cachier^
Capillus
keviel.
Carnem
car.
Captivus
kaitif.
Carrus
car.
Caput
kief.
Castitatem
caste.
Carus
kicr.
Cauda
keuve.
Caruca
kierue.
Caulis
collet (dim.).
A l'état médial, c latin maintient également le son guttural
dans les cas où c est précédé de consonne :
Bucca
bouke.
Pasca
pasqucy
Clocca
cloke.
Peccare
pekier.
Carficarc
kierkier.
Piscarî
peskier.
ColI«care
koukipr.
Pcrt'ca
pierke.
Susp'care
souquier.
Saccare
sakier.
Mercatus
markiet.
Vacca
vake.
Ce qui rend l'observance de cette règle quelque peu diflBcile
pour les lecteurs d'aujourd'hui, c'est que les scribes anciens
graphiaient ce son k de diverses manières : k, c, cA, q. Ainsi
l'on trouve aussi bien kief que cief et chief, keviaus que che-
viaus, peciet que pekiet ou peckiet, mesceant, mescheant que
meskeant, kançhe (chance) que chanche, kièce (subj. de cheoir)
que chièce^ etc. (? p. c ou t se voit surtout devant lai. o ou m :
ainsi cogitare qui(lw\ coctus quit, cuneus quing, corium
quir.
(24)
Caille (prendre la), locution proverbiale dont je ne saisis pas
la valeur, II, 264. 20 :
Tout coit, tout coit, sîgneur, nous avons pris la cailU-,
Jamais ne H faurons tant qu'il ait vaillant maille.
La caille prise (acceptée?) figure -t -elle les petits repas
auxquels le bon abbé, rendu à la lumière, invite de nouveau
ses anciens amis? Ou bien caille signifie-t-il ici, comme dans
quelques patois, « pierre », et la phrase exprime-t-elle l'idée
(c nous avons saisi la balle au bond, nous vous prenons au
mot »? ^.
* Cfiisir, 1, 121. 28 (traduction du passage de la Bible, 1 Rois,
XII, 11 : Pater meus cecidit vos flagellis, sed ego caedam vos
scorpîonibus) :
FlageUcr de flaiaus vous fist à son plaisir.
Mes de mes cscorgies je vous ferai caisir.
Selon le gl. « battre » ; non ! corrigez taisir (taire) ; « je vous
réduirai au silence ». On sait combien la ressemblance gra-
phique de c et / occasionne de bévues aux éditeurs.
CalebretoU, II, 261. 18 :
Vous fustes caneelier du prince de le Gale,
Calebretois parloit en cambres et en sale.
Godefroy cite un seul exemple de l'emploi de cette expres-
sion et il explique calelrretois par « langage de la Calabre ou
patois quelconque ». Je pense que la Calabre n'a rien à voir
ici et que nous avons à faire au mot bretois (== britisc^ bre-
ton), composé avec la particule péjorative cali, pour laquelle
je renvoie à Darmesteter, Traité de la formation des mots
composés, pp. 111 et suiv.
Camplestre, qui court les champs, II, 146. 21 (il est ques-
tion de religieux mondains) :
Leur licus ont pris en het, ieslre voellent campiettre.
* Voy. aussi Tari, canle.
(25)
Canetiie, canonicat, I, 360. 7 ; 363. 11.
Caille; ce subst., introuvable dans les dict., se présente neuf
fois, presque toujours lié au verbe avoir (« avoir le ou sen
carde »). Voici les textes :
En eaus toutes virtus doivent avoir le canle^ I, 4 99. 28.
De le povretet ont ostet priés tout le canle, 1, 270. 7.
Les virtus boutent hors, visce tout ont le canle^ 1, 282. 7.
En tous les estas a convoitise sen canle, I, 385. 7.
S*avoîent bien aucun avec elles le canle, II, 28. 5.
De ches hommes avoir ne voloicnt nul canle, 11, 408. 8.
On dist qu'en moult de gens volentés a le canhy II, i6l. 22.
Tondis a, quant il poet, de pluseur gent le can/e, II, 25i. 17.
De toutes gens aveules ont volontiers le eanie^ 11, 269. 20.
Le sens qui se dégage de ces passages est : fréquentation,
relations, commerce ou compagnie habituels, habitude;
avoir le canle de ou avec qqn., c'est le fréquenter, le hanter.
Le mot serait donc synonyme de aïointise, chatandise et il
est difficile de ne pas le tenir pour connexe avec chaulant^,
autre forme de chalant (notre chaland), qui est synonyme
d'acointe. God. donne chantant, galant (en y ajoutant la
note de G. Paris, qui considère ce mot comme un doublet
de chalant), mais il ne connaît ni canle, ni chanle, ni les
exemples de chanlant relevés par Tobler, Zeitschr. fur rom.
Phil., I, pp. 22-23. Mais si le rapport entre ca/i/e et chanlant
se présente tout naturellement, peut-on tenir canle pour le
subst. abstrait de caloir, auquel on est d'accord à rattacher
chalantt Ce qui me fait hésiter, c'est l'absence d'une forme
correspondante sans n ; mais on pourrait, je pense, lever ce
scrupule en établissant que le subst. verbal régulier de caloir
serait caille, et que canle se rapporterait directement à une
* J*ai peut-être eu tort àlmpnttïer cautandise au lieu de canlandise, Baud.
deCondé,p. 347, V. 2297.
(26)
forme nasalisée canloir. Et à propos de caille, j'ai dit plus
haut (sous ce mot) quMl m'embarrassait fort comme nom
d'oiseau; ne serait-ce pas, en définitive, l'équivalent de
canlel En effet, dans le passage en question « nous avons
pris la caille », la traduction « nous en avons pris l'habi-
tude » (nous sommes pour lui de vieux chalands) se prêterait
parfaitement au contexte. — Reste à mentionner le composa
acanler, 1, 180. 11 :
Par toutes pars dou monde fait couvent assanler.
Et ou siervice Dieu les a fait acanter.
Sans doute « habituer, exercer » . God., dans le seul exemple
qu'il donne de acanlé (il est tiré du Ju Âdan) : « Je sui
maistres bien acanlés », le traduit par« achalandé » ; je pense
que c'est plutôt « exercé, instruit ». — Le gl. rend ffl;j/epar
a accord, traité, marché », et acanler par « régler par
accord ». Ces acceptions n'ont aucune probabilité.
Cupelcric, chapellenie, I, 110. 1.
* €«per. Dans le texte imprimé on rencontre tantôt caper,
tantôt taper, toujours avec la valeur de frapper. On trouve
caper, I, 32. 22 (ayant pour sujet le diable) et II, 144. 26
(sujet : les prédicateurs qui châtient les pécheurs); taper se
voit I, 96. 29 ; II, 73. 10 ; 96. 10 ; 14S. 3 ; 258. 18. Je ne recon-
nais que taper; un verbe caper, prendre, saisir, admis par
l'éd., ainsi que par God., me semble bien douteux. — Pour
la confusion de c et t, cp. caisir.
Cuplticl, chapitre» point, I, 200. 20 :
En tous les capitiaus fu douice se pensée.
Le mot répond au diminutif capitellum.
Caronf^nc, chair, corps (sans aucune acception péjorative),
1,6. 19; 58. 4; II, 167.23.
Cfirpentc, manière d'agir, procédé, 1, 153. 26 :
Assés ay des subgis parlé sur leur carpenle.
Des souverains parrai.
(27)
Faire carpente sur qqn., écrire contre (cp. lat, carpere), II,
232.6:
Car plusor gent feront sour mi mainte carpente.
Verbe carpmter, travailler, exercer son métier, II, 08. 20 ;
écrire, versifier, I, 274. 24 :
yay penset et viset et sur iaiis carpente t,
Subst. curpentier, massacreur, II, 116.4 :
Mors qui nullui n'cspargne est nos grans carpentiers.
Cartllese, cartulaire, mot savant (lat. cartilegium), 1, 166. 8 ;
176. 7. — Omis dans Godefroy.
Carire, charte, ici tig., régime prescrit à un malade, II,
263.23:
Ches coses sont encontre tous les poin s de me carlre.
Casct, quid? II, 116. 20 (le sujet est Dieu) :
Cbeli qui tel coer a, ne tienc (I. tient) sot ne caset;
II, 270. 21 :
S'en fuy trop grandement abaubis et casés.
Ije gloss. traduit à l'aventure par « abattu », ce qui certaine-
ment ne convient pas au premier cas. Évidemment, le mot
n'a rien à faire avec casé au sens de c( homme-lige, vassal ,
tenancier »; d'autre part, imaginer un type lat. casare (de
camm)j faire tomber, perdre, pour en tirer un part, casatus,
signifiant perdu, éperdu (cp. ail. besturztjj me semble hardi.
€atollle,quid?II, 74. 25:
Or font les couvoitises et carités catailhy
Giescunc d'iestrc dame pour cicrtaîn se travaille.
Serait-ce le subst. de cataillier, harceler (voy. God. s. v.
chatiUer)t Ou n'y a-t-il pas une simple faute de lecture p. ba-
/ai/te (II. 77. 10)?
Caacette, chaussette, II, 193. 1 : Sorleriaus sans caucettes.
— Littré n'a pas d'exemple antérieur au XVI® siècle.
(28)
Cautely adj., qui se tient sur ses gardes, II, 203. 11 :
Encontre Tanemi devons iestre caulel.
Le mot a une physionomie toute savante; God. donne l'adv.
cautelement, mais non cautel.
Censé, ferme, I, 173. 15; II, 84. 2. — Censeur, fermier, II,
82. 18 (cemeur et ahanier).
* Censer (se), I, 166. 4 (il s'agit de Toffice de vinier dans un
couvent) :
A faire tel vinier on doit moult bien penser.
Des noises a souvent, s'il ne «e scet eenser.
Selon le gl. « s'acquitter de son office de cerisier ». Non pas!
se cerner est imaginaire; il faut lire : se tenser^ se garantir,
prendre ses précautions.
* Censommer, I, 291. 8 :
Ches papiers par messages a partout ccMommés,
Selon le gloss. = ceam sommer ï Non, lisez consommés
(ratifiés).
Cesseur, qui résigne ses fonctions, I, 303. 10.
Chaseoute, I, 234. 1 :
Pour chou ciertainement un petitet me doute
Que des jovenes nonnains je n*aie grand chascoute.
Pour chou qu'en dire voir ay mis m'entente toute.
Le sens est, semble-t-il, bourrade, ruade; M. Delboul (Revue
crit. 1883, II, p. 174) y voit le sacoute « poussée, secousse »
de Rutebeuf (I, 193). Cela reste à vérifier.
Chelenler, cellenieTy cellerier, cavier, I, 18.21; 131.33;
149. IS; fém. celleniere, 218. 9.
Chistole, citole, cithare, I, 240. 1. L'^ est épenthétique.
Chlunc, forme picarde p. chine, cinq, 1, 97. 6 ; II, 2. 2; 3. 16
et 28. Cp. les formes vitrnt, vieunt p. vint (de venir), l, 81. 1 ;
II, 24.27; 226. 20; tieunt, II, 23. 26. — On a imprimé par
erreur chuinc p. chimie, 1, 382. 25 et II, 3. 19.
(29)
Cielle, lat. ceUa, cellule, 1, 1S7. 23 ; 162. 3; 178. 9.
Cierque, gardien de nuit, 1, 127. 32 (prose). Voy. God. s. v.
eerche et Du Gange s. v. circa. — De circare, faire la ronde.
Cimot (du cerf), cimier, II, 128. 13 :
Les daintiers, les cimos doit li roys dou chierf Tir.
Inconnu à God. — Voy. Littré, s. cimier.
Clamer (se) dCy se plaindre, I, 230. 8; 305. 10.
^CluueeCyer, percer de clous, I, 72. 16. Forme inadmissible ;
lisez dawefyer.
Ciuweter, non pas « fermer à clef » (gl.), mais « garnir de
petits clous », 1, 204. 5 : tasces d'argent noblement clawetées.
CIlke, coup, tape, II, 31. 4. Ge mot, ainsi que cliquer (taper),
est encore en cours en Belgique. — Omis dans God.
Cloestrler, cloîtré, I, 18. 3. Mauvaise forme p. clostrier
(1, 159. 10) ou cloistrier (1, 168. 9).
Cloke, manteau, II, 277. 27 (clokes boutonnées). — Dim.
doket, II, 123. 1. — Gp. angl. cloak.
Cloneler, glousser, 1, 181. 16. — Omis dans God.
* Cocbes, koces. Ges mots, inscrits au gloss. et interprétés par
a branches d'arbres ou plutôt feuilles », n'existent pas;
l'auteur avait en vue cochet^ petit coq, girouette, I, 182. 11 :
Leur coer je tienc muaale comme koees (1. koeès) dou vent;
I, 216. 8 :
Car leur coers leur volette comme coches (1. cochés) dou vent.
Cochet, girouette, voy. l'art, préc.
Cohorter, act., assembler, réunir, I, 162.13; 265.14,
319. 9, etc. ; réfl., I, 204. 3 ; 237. 8; 277. 10. — Omis dans
Godefroy. '
(30)
, Coisclé, brisé, meurtri, II, 263. 16 :
S'estoit li coers coiiciéi souvent ciertainement ;
II, 268. 24 :
Comment (= bien que) devant les gens fesiscc ciere lie,
S'estoit li coers coiseiés en toute compagnie.
On ne peut douter du sens que j'assigne à ce mot, contrai-
rement au gl., qui le confond avec coiser = apaiser. Quant
à son origine, on peut invoquer l'ail, quetschen^ froisser,
meurtrir (néerl. kwetsen); on pourrait au besoin aussi le
rapprocher de coitier, presser, angoisser; celui-ci représen-
tant (voy. mon gloss. de Froiss. v. quoitier) le type * coctare^
la forme caissier répondrait à *co€tiare, formation conforme
au génie du bas-latin. Notre fr. eosser (it. cozzare) n'est point
congénère.
Cokllle, quid? II, 260.23 :
Larges, courtois cstics, volenliers despcndiés.
Vos cokilles trop bien savics à quy vcndics.
c( Vendre ses coquilles » a dû être une expression proverbiale
(voy. Littré, s. v. à l'historique).
Cokus ipaim), II, 244. 40 :
On fait des pains cokus quant mat sont cnfournet.
Cornu, biscornu ; voy. God. — Que le primitif soit œq ou
coque, je le rapproche de cocasse, drôle, étrange.
Collutlon, conférence, discours, I, 87. 26.
Collet, chou, I, 82. 25 :
Ses porécs et ses colles.
Lisez, comme le réclame la mesure, collés.
Collier, porte-faix, I, 263. 28 :
On leur portoit leurs coses par chevaus, par coHiers,
Exemple utile pour compléter l'art, colier de Godefroy.
(31 ) .
Commendcr, lat. commefidare, rehausser, priser, I, S65. 18;
321.7. Je relève le mot tant parce que Godefroy ne Ta pas
que pour corriger le texte du premier exemple :
De tous est commendée par droit se signorte.
Le texte imprimé porte : commmdés^ perdrait se signorie.
Cempcrer = comparer, 1. comparer, II, 7.8; 207.11; —
2. réparer, expier, I, 116.7; II, 117.14; I, 329.6 (où le gl.
traduit par « regretter »); — 3. parer, arranger, II, 34. 17 :
On me dist de leurs kiés comment elles les perent,
Comment cornes, haucettes et chil cheviel apperent
Et le (?) plentet d'espingles leur warcollet eomperent,
Voy. aussi comprer.
Oempcteat, convenable, bien approprié, I, 372. 7 :
Compétent doivent iestre par raison benefisce.
Par quoy chil qui les ont facent bien leur offisce.
C^mplicbc, impliqué, engagé, 1, 187. 12 :
Quant un des cuers (choeurs) commence son vier, ains que perdiche
(« achève de dire),
L*autre cuer à rencontre sont ensamble compliche.
Cp. 1, 189. 24. — Complice, 1, 147.9 :
Car envie chou fait et visces si complice.
Comme visces est au singulier, je propose de lire s'i complice
(s'en mêle, y participe), du verbe complicier. Seulement il
faudra voir dans ce complider, non pas lat. complicare (il fau-
drait pour cela lire complike, ce que la rime ne permet pas),
mais un dérivé de compliche = * complicius = complex.
Comprer = comperer (comparer), expier, I, 116.7 :
Chou que mesfait li truie, comprent li pourcelet.
La forme syncopée comprer n'est applicable qu'en cas de
finale tonique; c'est ce qui m'engage à corriger ici eomperent
pourcelet au lieu de comprent li pourcelet.
• (32 )
Coacitorc, I, 339. 23; forme corrompue de cormstore (boua
rinfluence de œnciOy concieret). On la rencontre aussi dans
Froissart et ailleurs; elle manque dans God.
Coaralt, I, 340. 23; II, 15. 17. Ne signifie jamais « sem-
blable » (gloss.), mais m quel ».
Conforter, affermir? II, 68.4 :
Quant on n'aporte rien, on dot moalt tost le porte,
Convoitise le dot, envie le conforte.
Le sens est douteux. c< La serre davantage »?
Centasfon, chose honteuse, II, 113. 26 :
Vielle {meiUard) luxurieus, c'est grans abusions;
S*est bien en jovenes gens une confusianSf
Mais il ont plus que vielles grandes temptations.
Cong^holcr, réjouir, fêter, autre forme de ctmpoir, I, 312.6:
Le boin Guion de Flandre h Melans envoya,
Et toutes (I. toute) li cites forment se (1. le) congkoia.
Congoïr est = congaudere ; conghoier = * congimdiare, Cp.
plus loin esghoier.
Conjinetarcr (sicl), présumer. II, 47.2.
Consircr (se) d'une chose, la supporter, tolérer, en prendre
son parti, II, 5.27 :
Car de trestous les autre-s trop bien on se eoniire^
Mais par cestui voit on gent tuer et occire;
II, 66. 21 : pour chou je m'en consire (je m'en contente, cela
me suffit). La traduction « se séparer, se priver » (gl.) est
inadmissible.
^Ceasolatolcnt, II, 289. S. Je n'accepte pas cette leçon et je
corrige comolaçoient (impf. de consolacier , composé de
solacier, créé sous l'influence de consolarij.
Coasillant (en), résolument, 1, 302.14 :
Resigner te convient, saches, en consillant.
( 33 )
Conte. La locution adverbiale fin de conte «== en fin de
compte, en somme, 1, 274.9, me paraît digne de note.
rontcmpner, mépriser, latinisme, I, 49. 30.
CoBtrcffbire, 1. imiter (en ga^), II, 10. 1 ; 268. 17; — 2. con-
Irouver, inventer («des lois nouvielles »), II, 155.21.
CoBwenir ou couvenir, II, 26. 11 :
Norist on ses en fans pour laiscier convenir^
Cela veut dire a pour les laisser faire » comme ils veulent,
non pas « pour les citer en justice », comme dit le gl. —
L'expr. laisser convenir = laisser faire, ne pas se préoccuper,
est très fréquente chez tous les auteurs ; cp. I, 229. 27;
278.19; II, 70.1; 173.9.
Cenwciit. Dans ses diverses acceptions, notre auteur pronon-
çait ce mot (c couvent » (c^est ainsi qu'il nous est resté);
rinspection des rimes (dou vent, souvent, tons vens) ne
permet pas d'en douter ; il disait de même convoiter. Néan-
moins, dans le glossaire comme dans le texte, l'éditeur
sépare couvent et convent. Ainsi I, 353. 7. 8 :
Dont me viennent penser, j'ay moult bien en convent.
De ce siècle partout dou peu le li couvent.
Pour couvent, il dit au gl. « avis, considération », pour
convent, condition, accord. C'est de l'arbitraire pur. Au pre-
mier vers, nous avons la locution-cheville bien connue avoir
en couvent, promettre, assurer (on la retrouve II, 284. 13;
285. 22; 288. 12) ; au 2% couvent == habitude, manière.
reiiTive = lat. convivium, festin, I, 373.8; II, 87.17.
Copie, usage, jouissance, I, 43.8 :
Or tienent leur choses si frankes
Que nuls n'en poet avoir copie.
Au sens moderne, 1, 88. 28.
Tome XXXVII. 3
( 34)
Cor, coin ; fig., le point ou le moment voulu? I, 37. 82 :
Et quant il est fins et H cors
Dou ciesscr et de li reprendre ..
« Et quand la fin arrive et avec elle le moment de cesser une
vie entachée de péchés et de s'amender ... ». — Ou faut-il
corriger li torst « quand c'est le tour » ?
Cerag^e, corailky synonymes de coswTy 1, 172. 13; 182.22; II,
196. 2 :
Tout leur pooir savons, leur coer et leur coraiUe.
ÇorbRut, corbeau, 1, 139.4. — Dans Ph. Mousket 1KS03 et
15578, je trouve les formes plur. carbou, corbous; prob.
fautives p. corbau, corbaus. — La terminaison atil, usuelle
dans le Nord au XIV« siècle, est analogue à celle de crapaut.
Cornu, qui porte une corne sur la tête, II, 33. 6 :
Je tienc trop grant orguel de elics femmes cornues.
L'explication du terme est fournie à la p. suiv. (34. 16) :
Comment comei^ haucettes et chil chcvici apprrcnt.
Cp. aussi le verbe encorner, II, 25. 24.
Corolc. Proverbe : ce taillier large coroie d'autrui cuir », 1,
198.12; II, 191.2.
€erp«, obsèques, I, 238.26 :
As corps et us siervices moult souvent on les mande.
Cp. 1,268. 3; 280.27; 11,185.21.
Corrcctcrcs, nom. sing. de correcteur^ II, 220. 19. — C\^t
là une forme vicieuse ; le nominatif en ère ne peut se pro-
duire que d'une terminaison latine en ator\ ainsi imperator,
emperere, salvator sauvere, cantator chantere. Lat. tar pro-
duit au nom. sing. tre; ainsi p^stor pastrCy c^ntor chantre.
La forme régulière de coirector eût été dans les bons temps
(fuelque chose comme cordtre. — Par les mêmes raisons il
(35)
faut réprouver comme abusifs les mots docteres I, 2K7. âO;
319. 3 ; rectere, 257. 21 , deffenseres 287. 7, confimeres 303. H ,
predecesseres 206. 17; creaieres II, 98. 19; fasieres I, 89. 14.
Cerrig^enr, directeur, gouvernant, I, 305. 20 :
El le roy tient H pculcs le corrigeur grigneur.
Cevictter = couretier, courtier, II, 156.11. — Pour /
substitué à r, cp. atolisier et seule,
^Cenraiccry se courroucer. Cet infinitif, établi par le glos-
saire, est imaginaire; notre auteur, comme le vieux fr. en
général, ne connaît que courecier ou courcier. Les formes :
couraice, couraichefit (I, 115.3; 118.22; 11,45.27) ne sont
qu'une notation variée de courèce^ courècent. Ve muet et
atone de l'infinitif devient un e ouvert tonique au présent
(l», 2«, 3* ps. sg. et 3« ps. pi.), donc courèce etc. ou, selon
l'habitude graphique de notre manuscrit (ai équivalant à è),
couraice; cp. II, 179.5.
Cmurtîulen, courtisan, I, 308.17; 318. 21 ; 337.9. — Notez
que Littré n'a pas d'exemple du mot antérieur au XVI» s.
Centellicr, frapper à coups de couteau, II, 76.4 (batut ou
coutelliet).
Cev^ent, voy. convenL
Conter, act., renfermer en soi, fig. supporter en silence, I,
378.26:
Folie no seroit no povreté couver \
11,6.18:
Se dient chou qu'il ont ou coer lonc temps couvet;
ib., 87. 8 :
Mais pericus est de mierde trop longuement couver.
Neutre, exister sourdement, I, 334. 3 :
Les mauls k'on fait partout je les lairai couver.
Cp. Il, 75. 10.
(36)
Cewcté, portant une queue (en parlant de toilette) II,
222. 27 :
Comment voit on ches gens cscourtcs, cowefés,
Boutcnés et estrois?..
Ce mot rappelle le passage suivant de Ph. Housket (5464-6),
bien mal expliqué par M. de Reilfenberg , et dont le sens
exact reste encore à fixer :
Et cil à CCS dras fîcrctés.
Partis en voissics couetés,
Mi cavalier de prime barbe.
(Je lis le second de ces vers : Partis, emoisiés^ couetés). Cer-
tainement, couelés n'a rien à faire avec couette y matelas,
comme pensait l'éditeur.
Crasscnicnt, abondamment? sans gène? II, 226.28 :
Pour chou que j'ai parlct un pau trop crassement
Des maintiens, des hahis, sour femmes mayement...
Cré», verbe, contraction de créés (croyez), comme vés, de veés,
II, 266. 20.
€rè«, adj.quid?II, 26.12:
Norist on ses enfans pour laissier convenir?
Nanil, mais on les doit et cours et crès tenir.
Il ne peut guère s'agir de crais^ gras. — Le gl. traduit aès
par « serré » en invoquant un bas-lat. cretm, que je ne
connais pas.
Crcstin, panier, II, 2S6. 4 {cresiitis et corbisons). Vs est
parasite ; crétin ou quertin vit encore dans les patois du
Nord. Voy. God. — Pour l'origine du mot, voy. Grimm-
Hildebrand, s. v. kratte, et le Dictionnaire wallon de Grand-
gagnage, s. v. crétin.
Crcté (p. cresté), crèté, I, 130.4 (prose) : Et avoient capes vre-
tées si com li escollier de Paris.
(37 )
Creter, neutre, s'élever contre, résister, I, 248. 19 :
Li maistrc des Juys sont encontre cretct'j
[1,104.20:
Creter contre son pcre vient de pcrviers coragc.
J'ai, Poésies de Froissart, I, 310, 3020, expliqué creter par
« lever la crête » ; cette étymologie pourrait bien ne pas
être la vraie; mon doute vient non pas précisément de
la chute de Ys — au contraire , je crois que l'expression
ancienne se crester et la juxtaposition de hurer (hérisser
la crête) m'autoriseraient à là maintenir — , mais de ce que
dans l'ail, du Nord on trouve encore le terme sich kretteii,
se disputer, et que Kiliaen a kreten, hreyten, au sens de
c< irritare ».
Caffarder, faire le fainéant, II, 71. 11 :
Ne precheus ne prêcheuse ne fait fors cuffarder ;
11,84.28:
Par froît font pau d'ouvrage, par caut vont ciiffardir.
De cuffart, paresseux (voy. mon gloss. des Poésies de Frois-
sart; voy. aussi God.). — De là aussi accufardit, paresseux,
lâche, II, 110. 28.
Cnire (aussi orthogr. quire), cuire dans la loc. « il lui en
cuit», II, 67.20:
Nuls n^est pris de ches visces qu'à darrains ne li quise.
Cependant Gilles traite ce verbe aussi au sens actif de « tour-
menter, causer du regret » (cp. mon gloss. de Froissart),
p. ex. 1,281.10:
Des guerres, des tempiès Irestoutes gens s'en cuisent ;
I, 62. 6 :
Car mi parler m'ont mouit nuisit
Et mi fol maintieng fort quitit,
A côté du participe quisit, aussi çuf/, cuit (= lat. cactus), II,
76. 15 (appliqué à viande).
(38)
Calvrc, quivre^ tourment, peine, molestation, ennui ; subst.
verbal de cuvrief^ tourmenter, harasser (voy. God. s. v.
cuivrier) ; I, 105. 16; 296. 12; 364. 11 ; 378. 21 ; II, 42. 10.
Cette valeur du subst. est maintenant bien établie (voy.
God.), mais chez notre auteur, nous voyons s'en dégager
une autre : celle de fréquentation, hantise, compagnie, sans
aucune idée accessoire d'obsession, de poursuite gênante ;
ainsi I,1S6. 24:
Et de picntet de gens n'ayés mie le quivre;
ib., 272. 27 :
Et s'avés à le fois de pluscars gens grans cuivres ;
cp. lOS. 16; 147. 17; 182. 13; 230. 26; 271. 11. Quant au
verbe cuvfier, je ne l'ai rencontré dans Gilles qu'une seule
fois, pourvu du sens « fréquenter », II, 89.8 :
S'estoient ches tavîernes pour (I. par) yaus pau euvrya (1. cuwHies),
L'étymologie du mot m'échappe. Cp. mon édition du Bastart
deBuillon,p. 281.
€u¥ricr, verbe, voy. l'art, préc.
BRlnticr, pr. bon morceau ; de là : testicule du cerf, II, 128. 8 :
Les daintien, les cimos doit H roys dou chierf vîr.
DRlTRdiel et davaldiel, quid? II, 218. 8 :
Mais clie sont dalvadiel qui font dames prier...
II, 134. 17 :
On voit ches davaldiaus, bîerqulers et kieruyers»
lestre voeilent viestis ensi k'uns esquyers;
II, 186. 16 :
L'un l'autre contrefont, se sont tout dalvadiel.
Sans doute le même mot que davedet, davoudely davaudet^
auxquels God. prête la valeur de a vantard », et que je tra-
duirais plutôt par « petit-maître, muscadin, freluquet ».
(39)
Pour mettre sur la trace de Torigine, il est bon de citer le
terme dalvète, que Hécart donne comme un mot de Mau-
beuge avec le sens de « enfant vif, éveillé ». — L'éd., séduit
par l'élément d'aval contenu dans davaldiel, traduit par
« gens de bas étage ». — Pour ma part, je n'ai aucune con-
jecture étymologique à présenter; je suppose que davaldiel
(d'où par métathùse dalvadktj est une forme dérivée de davaut
(type davaldus)^ mais celui-ci reste encore à constater.
Iftampuciis, funeste; latinisme, II. 3i. 12 :
Qui fist goustcr Adam de la dampneuse pommo.
Iftaiii^crcas (dérivé de dangiei\ difficulté^ difficultueux, non
pas (( prompts à s'irriter >> (gl.), II, 83. 21 (il s'agit des domes-
tiques) :
Aucun sont dangereus de boire, de mangier ;
Leur manière souffrir convient et leur dangier.
Oarès, quid?II, 88. 19:
Là (dans ces tavernes) vienent saudoyer qui portent chez darès.
IftaTiuldicI 9 voyez dalvadiel.
Iftcboorbcter, murmurer, déblatérer (cp. le simple bour-
beter, II, 43. 9). II, Si 22 :
Et Srcn vont Tuns à Pautre maint hoir debourbetant,
BecbcToIr, parfait rf^cAiul II, 219. 9-11 ; part, passé dechiut
II, 219. 7 ; fém. dechieute I, 213, 28 ; 226. 8 ; decheùt 302. 3 ;
II, 4. 24.
Déclarer, tirer au clair, résoudre (une question), I, 322. 20.
— Sens ordinaire, II, 133. 16 (3 sg. ind. prés, declere).
keter, quid? I, 203. 23 :
Viestirs vieus est burlaus, nobles viestirs bruneltc,...
BruneUc le buriel au jour d'ui decokette.
Le sens proposé par l'éd., « détrôner », sourit assez, quand
on songe à la valeur métaphorique de coq : l'important, le
( 40)
maître, le roi (d'où peut-être aussi, coquet, caqueter); mais
il y a une autre explication à proposer. Si, ce qui pour moi
est probable, caqueter, qui ne paraît qu'au XV^ siècle, a été
précédé de coqueter, notre mot decoqueter se prêterait fort
bien au sens de<c décrier, ravaler »(cp. debour.beter, déparier).
Dceapic, quid? Il, 110. 13 :
Tout esrant qu^un petit sont temptet de luxure.
En dechevoir les femmes mettent toute leur cure,
Et tant que sont (hcupfet chellc volontés dure.
Centenaire? ce qui a ses dix décades » ?
BcIBellcr (« leurs cuers endurchis )>), 1, 182. 8. — Contraire
dee/i/ï^/ter, 1,121.12.
DelBg^urcr (se), se déguiser, I, 275. 18 ; II, 153. 21 . — Actif,
dénaturer, corrompre, I, 297. 5 :
Pekiés âmes ocist ou trop les deffigure,
Dcflncr, act., achever, I, 351. 2; neutre, mourir, II, 249. â,
— Définir, mourir, II, 227. 21.
Berorain, étranger; au fig., mondain, I, 156. 16; 27o. 7
{« par œvres deforaities »). Voy. aussi aforain.
Beiilaver, tuer par le glaive, mettre à mort (au fig.), II, 221 .13:
Je serai de trestoules laidement dcglavés,
God. donne deglavier (4 syll.) — Le glossaire dit : « Piqué,
harcelé ? »
Bcg^outer, neutre, refluer, rejaillir, retomber. II, 42. 23 ;
245. 2. ; actif, laisser s'écouler, fig. perdre, 1, 226. 8 :
Se ne wardent sur elles, toutes grasces dégoûtent,
Belapldcr, au fig., décrier, II, 79. 27 :
Ches bons ouvriers H precheus delapide.
Bclicleas, ami des plaisirs, I, 159. 16; 310. 5; II, 78. 20 ;
148. 4. — Sens mod., I, 161. 17. — L'éditeur a imprimé
par erreur, dans le texte (II, 78. 20) et au gl., deiUiem.
(41 )
Bclivre, libre. Locutions : faire rf. = délivrer, donner, ren-
dre, I, 378. 24; — au délivre, en liberté, 1, 182. 14; — iestre
à délivre, être en état de faire qqch. — Corrigez, I, 303; 4,
délivres p. délivrés, que condamne la mesure.
Bellvrcr qqn., le pourvoir du nécessaire, défrayer, entre-
tenir. 1, 165. 26; 296. 11 ; II, 42. 11.
Del vus, lundi, II, 294. 24.
Demlcstc, apprivoisé, familier, I, 349. 12: II, 190. 3. — Je
me vois forcé de noter cet adj. bien connu {^ lat. domesticus)
à cause de la bizarre étymologie que lui prête le glossaire,
savoir dempter (sic !). — Cp. ademestir.
Beacr == doner, donner : la mutation o en ^ ne peut affecter
Vo qu'en syllabe atone, ainsi deim l, 153. 21; dena 1, 170. 10;
detiroit, II, 106. 5.
Dénoter, diffamer, I, 81. 30; II, 286. 27.
Denrées, emplettes, achats (en fait de toilette), I, 83. 35 :
Dicx, com or est bien acemée!
Elle moustrc bien ses denrées
Et s'a ciertcs moult de pensées.
Cp. II, 193. 4.
Départir, diviser, distinguer, II, 19. 23 :
Des hommes et des famés H maintiens les départ.
Déporter, présente dans Gilles toutes ses diverses acceptions
connues: amuser, divertir, II, 84. 1 (réfl., I, 120. 29; II,
239. 8) ; — épargner, ménager, excuser, exempter, respecter,
1, 110. 13; 162. 5; II, 83. 6, etc. (réfl., s'abstenir, II, 45. 12;
87. 12); — destituer, démettre (d'un emploi), 1, 136. 24.
Depo«, bonne forme ancienne p. de{)ost, dépôt, II, 154. 28.
— Cp. repos de rqws'tus.
Depnlilier, diffamer, décrier, I, 99.16.
(42)
Desbanklé, I, 119. 36 :
Uries en bataille fu mors cl trcbukics,
Pour se femme qu'il ol, fu dou roy detbaukU»,
Je ne puis trouver à ce terme qu'une seule signification
plausible, celle de ce détourné de sa maison, ici : enlevé à
sa femme ». L'éditeur traduit par « repoussé », signification
contraire autant au sens étymologique du mot qu'à l'histoire.
Le roi David envoya Urie en campagne pour s'en débar-
rasser et jouir librement de sa femme.
Besbcdarcr, se purifier, litt. se dépouiller du bedaire dont
on s'est souillé ; I, 257. 18 :
Des .gens honnis poroient moult bien desbedarer.
Le mot bedairCy que donne God., sans le traduire, d'après un
passage tiré d'un texte de Valenciennes (« chemin fangeus
et plain de beduire ») est sans doute synoyme de betun^ (boue,
V. pi. h.) et de la même famille peutrêtre. — J'ai recueilli
dans mon gloss. des poésies de Froissart le mot etnbegari,
au sens de « souillé » (II, 359. 18, un pourcel ort et embe-
garé), et je me suis évertué à l'expliquer étymologîquement.
Je suis amené à le supposer fautif pour embedaré,
^Bcseblqaier, II, 289.13:
Et Dieus qui a sen arc tendut,..
Deichiquera tost la seettc.
Je corrige descliquera,
JDcsernkIcr, tomber, I, 102.30 :
S'en voit on aucuns descrukier.
De si haut en bas Irebukier.
God. a la forme nasalisée de^cninquier.
Bcslretcr, deshériter. On lit II, 6. 26 : Se le désire on dou
sien ; corrigez franchement desirete on,
* Bcskierkier, décharger. Cet infinitif est mal déduit du
prés, deskierke (II, 123.9) ; il fallait, selon les lois de la
conjugaison ancienne, imprimer au glossaire deskarkier.
(43)
Dcsnatiirer (se), se gâter. I, 292. 7 :
Li temps te desnature, se doit à toas desplaire.
BeMlntesTlI, 12.5:
Et qui poet escaper à conroi detointes.
Et aproismier vielaichc, bien s'en doit faire cointes.
Le premier vers manque d'une syllabe et desointes reste
inexplicable. Faut-il corriger de ses cointesl — Comment le
gloss. a-t-il pu songer à desoigner et traduire desointes par
« exempt d'inquiétude » ? Notre auteur ne commet pas des
licences aussi monstrueuses.
Bespllcr, le contraire d'empiler , défaire les piles de marchan-
dises, I, 217.24 (il s'agit des femmes du monde qui courent
les rues pour faire des achats de toilette) :
Les détail leurs (régime de feront) feront leurs pilles despiler,
S'acateront fins dras pour elles eointoyer.
(Le 2*^ vers commence un nouveau quatrain.) Le gloss. tra-
duit despiler les pilles par « dépenser l'argent ».
Bevrécs, déréglées ; forme contracte de desreées, II, 222. o.
Besroicr, -reer ; ce verbe se présente avec deux acceptions :
1. mettre en desroi (désordre, dérèglement), 1, 152. 15 (« par-
tout on se desroie ») ; 380. 21 ; II, 30. 17 ; 73. 13, etc. ; 2. mettre
en dommage, en perte, I, 219. 7 :
Renter religieus, ja ne Paccorderoie,
Car on voit tous les jours comment on s'en deeroie;
endommager, détériorer, II, 155. 12 :
S*on faisoit boin ahan sans tieres desroier,,.
Pour la seconde acception, cp. Froissart, Prison amou-
reuse, 1895 : [La terre]
Te requist que pité euîsses
De lu! et que tu reprcsisses
Tes chevaus qui le desreoient
Et qui si mal le conreoient.
Voy. aussi le Dit du vrai aniel, 268, et la note de Tobler. — Le
mot répond tout à fait à notre expression « mal arranger ».
(4i)
Bcssfiislr, rendre ce dont on s'est saisi, I, 343. 8 :
Et Dicus, quant poins sera, fera tout dessaisir.
Bessc^rcr, séparer ; corrigez dessevrées p. desseurées, II,
201.21.
JDestalcntct, contraire de entalentet (désireux), nullement
c< dégoûté », comme veut le gl., I, 243. 28; 271. 23.
BcstrRTé, sépai'é, II, 23. 16 (où on a imprimé destraui) :
Tout cstîemes perdu et de Dieu destravc.
Bctallleur, tailleur, I, 217. 24 (voy. despiler).
Betcrnilncr, terminer (un procès), I, 160. 21 (au v. suiv.,
affiner); qualifier, 1, 286. 7; neutre, prendre fin, I, 263. 19.
Bctralrc, rabaisser, détracter, I, 385. 2o; II, 182.17.
BcTiscr, tailler, découper (des robes); II, 55. 28 :
.... ouvrier en ont chevanchc5,
Ki sevenl deviser chcs kolcs et chos manches.
Cp. II, 63. 28; 206.10.
Blcnicnee, dimanche, I, 39. 24. Tout en étant écrit ainsi, le
mot veut être lu en 3 syllabes; c'est la forme contracte
dimence qui est celle de Fauteur (I, 341. 6 et passim).
Blcrbc?I, 357.18:
Ouvrages de parolles passent ouvrages dierbes.
Quel est le sens de ce proverbe? Le mot hierbes étant déjà à
la rime du 2® vers du quatrain, je n'admets pas volontiers
la leçon d'iei^bes. L'ail, derb (dur, vigoureux) serait-il en
cause ? Je n'oserais l'affirmer.
Bimaer, définir, caractériser, II, 197. 24 :
Le siècle ne saroie diffiner autrement.
(45)
Blffncr (se), preudre ses repas, I, 304. ââ :
Ou bourc devant Saint Picrc quinze jours me dignai.
Je recueille cette forme graphique de disiier^ négligée par
God., pour en constater l'emploi. Je dois, toutefois, ajouter
qu'elle n'est pas assurée, car au passage indiqué dignai rime
avec /înai, pef^egrinai, medicinai.
BIlRtcr, répandre, 1, 190. â5 (il s'agit des ordres mendiants) :
Or sont par tout le monde grandement dilatet,
Cp. I, 249. 21 ; 2o0. 16; 11,106. 9. —Notez encore la valeur
donnée à ce mot II, 90. 27 (« divaguer? ») :
Des femmes fait l'amours le sens moult dilater.
Miner, fondre, fîg. confondre, II, 182. 2 :
Dîtes tout, douches dames, car trop me dilués.
Voy. God. s. V. deluer. — L'étym. lat. delere donnée au gloss.
n'est pas sérieuse.
Blmciitcr («c), II, 103. 26, se lamenter. — Pour dimenier
=s dementer, cp. plus loin dissoler = désoler.
Mre; ce verbe fait au subjonctif tantôt diche, dice (II, 37. 7;
I, 147. 7), tantôt die (I, 299. 20), tous deux à la rime, donc
propres à l'auteur.
Mscntcr, II, 202. 16; 240. 12. — Le plus ancien ex. de ce
verbe dans Littré est du XV* siècle.
Msltens, autre forme p. diseteus^ I, 310. 11. — E proto-
nique changé en i ; cp. signeur p. segneur.
Bivsoler, désoler, I, 326. 18 (on trouve désoler 328. 4).
BIter, enrichir, à l'act. et au rétt., I, 143. 19; 300. IS;
99. 14, et souvent. C'est un mot savant; il manque dans
Godefroy.
BIverscr, act., changer, varier, 1, 198. 14 :
Cuer ancliien et cuer jovene diversent moult le vie.
(46)
DlYersItéf», choses étranges, bizarres, II, 233. 1.
Dociimeut, toujours := enseignement (comme encore dans
Molière), I, 89. 27 ; 121. 8; 142. 12 et passim.
Doer, gratifier, doter, pourvoir (non pas ce donner » comme
dit le gl.), 1, 115. 1 ; 261. 28; II, 63. 22. — La forme savante
doter I, 266. 20.
JDoloIr, lat. dolëre; S"* ps. prés, indic. : dit//, dieut I, 96. 2;
13. 34; 282. 9 (orthogr. aussi avec / parasite, diult dieult), —
De même soloir, lat. solêre, fait au prés. ind. sim [l^ pers.i
I, 96. 3; sieut (3« ps.) 1, 185. 17 ; 260. 23.
Doner, subj. prés. 3" ps. sg. doinst (on a imprimé doind} I,
111. 7 ; plur. doinsent 1,43. 29. — Fut. et cond. donrai, -oie 1,
I, 144. 6), mais aussi donnera 67. 19. — Voy. aussi dener.
Dorer, sensfig., embellir, II, 8. 19 :
Bfon dit (=s poëmc) de vérités à nien pooir dorrai.
Locution : dorer lapabne (paume) = notre mod. « graisser
la patte», 1, 112. 11.
Borelot, bijou ? II, 291 .
Pour boutons dorr^o^ portoîcnt Icsscnces.
Bormals, désormais, I, 337. 22; II, 22. 23; 265. 0.
Bormolr, dortoir, I, 188. 17.
Draper, fabriquer du drap, I, 280. 2 :
Ne faire nul mestier,- draper, taiiidrc, lancr.
Bnres. Locution : dire de^ dures, II, 181. 21 :
Des dures m'ont bien dit, or me diront des moles.
Cp. II, 179. 16.
Durer, endurer, supporter, I, 342. 1 :
Dicus fait trestous les temps, ainsi qu'il voclt, durer.
(47)
E, atone et muet, disparait fréquemment devant la syllabe
tonique. Ainsi gheline devient glme, courechier courchier,
pereche (paresse) prêche (d'où precheus), péril prU (d'où pril-
leus)^ ferir féru frir fru; cp. encore la forme manifestroie
(II, IS. 3). — De même, e atone étouffe entre deux r : de là
des futurs comme remunerraj dorrai (== dorerai) II, 8. 19,
endurra I, 93. 33, et autres. — C'est ici le lieu aussi de parler
de l'absorption de l'e atone dans la voyelle tonique dont il
est suivi ; j'ai en vue les cas tels que vir issu de vèir (voir),
meuiy issu de meut (de mouvoir), mescant == mescheant. On
verra que notre auteur, suivant l'entraînement de la mesure,
se sert autant des formes pleines que des formes contractes.
On voit ainsi alterner
mescfiam avec mescheans.
VC8, êréi . » vcés, créés.
laiehe
leaiche (liesse).
vir, sir
veïr, setr.
meure
meure (mûre).
fis
/«».
desreées.
E ouvert en position est régulièrement diphthongué par ie en
syllabe tonique; de là : tiere (terra), ierbe (herba), biel^ biau
(bellus), bieste (bestia), ivier (hibernum), enfier (infernum) ,
confiés (confessus). Il en est de même pour t en position :
aiwiele (ancilla), seiikstre (senester). Exceptez les cas d'eou 7,
suivi de n ou m. Je n'ai guère trouvé qu'une seule fois
(II, 416. 9) viertut, mais toujours virtut; de même virgetie ou
virge^ jamais vierge.
Ediote, ignorant, II, 118. 6 :
Or sont geiit cdiole qui ne le sevent mie.
Ailleurs, I, 37. 23, ydiote.
(48)
KITondre, subst., dans {faire sen effondre) ^^ effondrer, ren
verser, abattre, anéantir, I, 250. 20 (il s'agit de Dieu) :
Maistres est : quant li plaîst, se fâche »en effondre»
KITondre, verbe, répandre, I, 26. 26 :
Biaus sire Diex, k^or effundèê
En niî (le texte a me) yo grasce.
Effondrer, couler à fond (un vaisseau), I, 194. 17. Voy.
aussi le subst. effondre.
Kffronter, pr. casser le front ou la tète , fig. faire perdre la
tête, II, 241. 26 :
Li glore de che siècle toute gens pries effronté \
ib., 163. 4 :
On en est effrontet et souvent endetet.
Aussi affronter II, 286. 31.-1^ trad. du gl. « assaillir,
dominer » est fautive.
-el ou -i/ (= lat. -d/, -ill), rencontrant en flexion l'élément «
(sujet sing. ou rég. plur.), devient iau. Ainsi : illos iam
(donc aussi ciaus du composé ce/, cit), juvenicellos jotajen-
dans, bellus bians^ capillus keviaus. 11 faut par conséquent
corriger, 1, 194. 25, fardiaus pour fardieus.
Klaml, voy. sous gameut.
Elatloii, mot savant, hautaineté, II, 235. 19 :
Car humlcs estoit et prives
Et de elation prives.
Cp. II, 149. 6.
Bmbarer (ii')9 s'embarrasser, se préoccuper, I, 257. 17.
Associé avec se peneî\,
Kmbari^ler (%% s'embarquer, au fig., I, 362. 16 :
Chil signeur, pour waîgnier, ensi que nous, s^emhargent.
Omis dans Godefroy.
(49)
Bmliiséy voy. biser,
EmMaYer (n% s'embarrasser, prendre souci, I, 272. 24 :
De chou faire cou vient que vous vos emblavés (on a imprimé en btavés *).
Cp. II. 221. 44.
^Emlileleliler; ce verbe figure au glossaire, mais il n'existe
pas ; lisez I, 150. 7 : « se conscienche mainte fois on en
bleiche (= blesse) », au lieu de embleiche.
EmlioalLlet (nuU)^ mal embouché (voy. Gloss. de Froiss.) ^
rétif, qui ne cède pas à l'impression du mors (cp. gr.
S0oTO|xoç), fig. insoumis, se laissant aller à ses passions, I,
367. 20 :
Les gens luxuricus, les gens ma/ enboukiet,
EMBieiider » amender^ II, 142. 1 ; 145. 6; 264. 4; emmen-
(fefiu^UII, 114.2;118. 13.
Empaleliler, empeichier, obstruer II, 268. 27; enchaîner,
1, 193. 11 ; II, 97. 3. — EmpaichatU, adversaire, I, 251. 24 :
Empeickanl n*oscront sur yaus ruire ne nuire;
305. 3 :
Trestous les empaichans Dams (I. dame) Dieus les confonde.
Cp. despaichiet, débarrassé, libre, II, 268. 26.
Empaler (il'), se planter, se ficher, 1, 297. 24 :
En Tort betun dou siècle tout se vont empaler.
Signification omise dans God.
Emparkler {m% s'enfermer, fig. s'enchaîner, I, 146. 19 :
Par le siècle se sont ensi tout emperkiel (1. emparkiet).
Que mis ont en oubli chou qu'il ont enkarkieL
' Des fautes analogues ont été commises :
1, 58. 22 à'en bourbettenl (p. «>n6.); 17i. 9 ê'en diervent (p. ê*end.); 292. 4
en priessent (p. etipr.); 382. 22 Cen sieut (p. FensUut); 362. 16 ê'en bargeni;
II, 296. 30 en ama (p. enama), — Dans Je sena contraire 1, 15». 7 embhkhe
p. en bleiche; II, 137. 14 : encoche p. en cache (en chasse).
Tome XXXVII. 4
(SO)
Kmperer, gouverner, lat. imperare, I, 338. 7.
Emploiera allouer, assigner, II, 119. 25 (des benefisces);
130. 14 (ses signeries).
Empresser, presser, I, 393. 4 :
Créditeur lesdcbtcurs à payer fort eniprietsent (on a imprimé «ii;»rteMefi/).
Emprlmer, 1, ISi. S :
En mètre, puis en prose men sens vocl etnprimer,
(le texte porte fautivement etnpriefnef*). — Appliquer? Ce
serait alors le lat. imprimere; régulièrement celui-ci fait
empreindre, et etnprimer serait un néologisme. Je ne connais
emprimer qu'au sens neutre de primer, dominer (Baud. de
Condé). — La trad. « exprimer » du gl. est arbîti*aire.
Emprisonner, serrer (des provisions), II, 259. 11 :
Tout chou mettoit avant qu*il ot empriionnet.
Enarsenté, garni d'argent, II, 277. 28 (« laisses, Cùroies »).
Enarkler, I, 146. 18 :
Ensi les a li siècles de sen arc enarkiet.
Ce verbe signifie propr. courber, fléchir, ici fig. renverser,
vaincre. — Selon le gl. « percer de flèches »; c'est fautif.
Eneaeliler, enkachier, pourchasser, expulser, II, 62. 17 :
C*e8t triakes qui poct tous venins etikachier:
1,321. 26:
C'est chius qui de tous boins leur anemi enkache;
II, 157. 15 :
Uns sens visées dou coer toutes virtus eneaehe.
Dans le dernier cas on pourrait aussi lire en cache. — Voy.
aussi efikakier.
(51 )
Encaper, mettre dedans, fourrer, enfermer, 1, 193. 24 :
Et en înficr sera[s] avocc nous encapés.
Contraire de escaper» — N'a rien à faire avec lat. capere,
comme pense l'éditeur. God. a pour enchaper, qu'il identifie
avec escaper, ce seul ex., tiré du Dolopathos, 8418 :
Et se par mi Tuis iCenehapoie^
N*en eschaperoie autrement.
Je pense {{vUenchaper est bien ici opposé à eschaper et signifie,
comme l'it. incapjyare, incurrere, entrer.
Knearlr, = marner, II, 218. 17; forme concurrente de
enchierir (I, 207. 20).
Encieller, mettre en cellule, cloîtrer, 1, 182. 6. — Cp. incel-
lare dans Du Cange.
Eneorner, terme de toilette, s'affubler d'une corne, II, 25. 24 :
Jadis les vcoit on rooult petit encorner.
Encaerre, autre graphie de enquerre (cp. II, 242. 17 amené
p. aquerre), enquérir, II, 115. 3 : [Cette circonstance]
lM*a mis en coer d'encuerre de chou le veritet.
La trad. « encourir » (gl.) est une méprise et pour la forme
et pour le sens.
Bncoarlr, verbe tantôt actif, comme aujourd'hui (II, 11. 26;
225. 26; 272. 14), tantôt neutre suivi de eii (I, 208. 8;
225. 18).
Eneraiisler, engraisser, bien nourrir; au fig., rehausser, faire
valoir, mettre en estime, I, 178. 28; 200. 4 (ses paroles),
243. 13 (les virtus) ; sens propre, II, 64. 27 :
Cescuns voclt se karongne tous tes jours encrascier.
Ije gl., invoquant vierescere (!), traduit « croître, augmenter ».
— Le mot manque dans Godefroy.
Enerver, dépouiller, appauvrir, 1, 172. 8 :
A leur pooir dyable boins cuers de biens eniervent.
( 82 )
Enfkdlt, lassé, 1, 239. 7 :
Nuls boîns cocrs de bien faire n'est onques enfadUs.
Cp. pi. h. affadit,
EnBer (s')? = se fier, II, 3. 7 :
On (I. or) ne se sel en qui mais nuls bom enfier,
Enfloriné (estre), être riche, II, 72. 23 :
Or enrikiscent gens et sont enflorinet.
Absent dans Godefroy.
Enfourner, mettre au four, sens propre, I 259. 26; il,
244.lb;aufig., 1,207. 45:
Et qu'en leurs consciences boines virtus enfoumeni.
Enflretet, ardent, aeliarnë, résolu, vivement désireux, 1, 63. 8 :
Orgieuls venra tous en frétés,
Disant : En infier la (1. les) inetés;
1, 150. 28 :
Crieng dyable[s], contre ti sont tresloul enfretet;
II, 4. 15 :
D'oster les malvais sont juge boin enfretet»
Cp. encore II, 6. 24; 58. 8; 289. 16 {Enfretés et joians et
liés). — Smfreter, s'empresser, I, 248. 18 :
Si disciple se sont d'cnsievir enfretet.
Quelle peut être i'origine de ce mot? li est absolument
inconnu. On trouve dans Godefroy sur ia foi du glossaire
de Douai : « Enfreté, qui est affecté de l'élephantiasis ». Il y
a là une grave méprise ; le dit glossaire porte : ElefanitUus
(corrigez elefantinus) une enfretés ; ce qui veut dire : une infir-
mité, une maladie.
* En^eneres, engendreur, père, II, 107. 26 :
D^Ammon et Absalon fut David engcneres.
Mot impossible ; il faut engenreres (II, 277. 10).
(83)
Eiii^ii^nler ou enginier, selon le gl. « former rinteliigence »
ou « faire preuve d'esprit »; mettez plutôt « tromper, duper »,
I,42.30;82. 31;337. 6.
Eii0l«é«, pris comme dans la glu; employé figurëmeilt H,
19. 16 :
Par orghuel est li siècles trop cangics et mues,
Nuls ne le poct sivir qui n^cn soit ettgiuéê.
Littré n'a pas d^exemple ancien de ce mot.
Bnsor^ier, ingurgiter, H, 93. 1. — Cp. engouler 1, 175. 77;
194. 20.
KB«réer = agréer, II, 130. 12.
*Eiikakler, II, 62. 17; mauvaise forme, contraire à Tétymo-
logie et à la rime, p. enkachier, chasser ; il ne fallait pas l'ad-
mettre dans le texte. Voy. encachier,
Enkarkler, charger sur soi, I, 146. 20; en syllabe tonique
a devient t>, ainsi enquierque (impér.) I, 36, 15, enhierke
(prés, ind.) II, 123 8. — Voy. aussi deskierkier,
Kaaiaset, logé (au figuré/, II, 116. 19 :
Vierlus et boin penser sont dedens enmtutt *.
Bninleller, adoucir, 1, 121, 10 (opp. à enfieller); 182. 7.
Bniiaicliler, amorcer, leurrer, I, 2. 19 (pour nos âmes e.).
Là bonne forme est eneschier (de esche, amorce). — Le gl.
traduit : « ennosser (quid?), tuer ».
Enolller, huiler, fig. adoucir, bien disposer, I, 280. 7 :
Les gens par biel parler sevent bien enoHyer»
Bnrlkler, enrichir, act., I, 300. 15; enrikir, neutre, II, 72.
23; 247.21.
* LiseE aossi,selon Pindication de la rime, enmasés, p. enmassés, 11, îlO. 1 9 :
Car je vie anemis en tous lieus enmassés.
(84)
Enroet, roué, 11, 196. 23 : [Or te tais, sos noés]
Assés tost pour tes dis seroies enroés.
Cp. Ph. Mousket, 17900.
Enrannier, enrouiller, I, 2oâ. 4 (il s'agit du trésor acquis
au ciel) :
Là n'est enrunnyés ne de nul vîcr rongîés.
La bonne forme ancienne est enningier. Pour celle en -umer,
comme pour celle en -ungier, le type est difficile à établir,
que Ton parte de lat. aerugo ou de rubigo. Je suis donc
amené à corriger enrumiyés, qui se trouve dans THist. de
Jules César par Jean de Thuin, 16. o (espées mrumiées) et qui
vient d'un type * in-rumigare. Cette forme s'accorde avec esp.,
port, rumiar, prov. romiar et corrobore Tétymon rumigare
(ruminer) posé par Diez (4** éd. p. 672) pour le fr. ronger ,
mais contesté depuis par G. Paris (Romania X, 59), qui favo-
rise rodicare. Notez que le gloss. de Douai présente aussi
enrumiure pour traduire aerugo,
Ensli^nicr, marquer d'un signe, 1, 82. 31 :
On les deveroit ensignier
Si c'on cognoistrc les puist (I. peuïit),
Ensonnier, employer. Ce verbe disant pr. mettre en besogne,
on est surpris de l'emploi qu'en fait Gilles dans « employer,
occuper le temps », 1, 86. 13; II, 128. 16. Notez encore que
ce verbe est, chez lui, toujours de 4 syll. (en-sonn-i-er). Com-
ment s'en rendre compte?
Enteit (rég. plur. etitais), fém. entaite, acharné. II, 247. 21:
[Des pauvres]
K*on voit pour ciirikir etUaû et eiigraniis.
Cet adjectif répond à lat. inlactm et signifie propr. « tout
entier à ». Je l'ai déjà plusieurs fois relevé dans mes com-
mentaires ; si je le fais encore, c'est que je remarque que le
(85)
sens « intact, entier » n'est pas touché dans God.; il aurait
pu citer Phil. Mousket, 7380 :
Quar li Persan vinrent enlait
Et cil furent las et sostrait;
ib. 31052 :
Si ot (Tentais cl de lasses.
M. de ReifiFenberg, pas plus que M. Kervj^n, ne s'est bien
rendu compte du mot ; le premier le tire tantôt de intentm,
tantôt de intetisus; le second l'explique par « attentif»; ni
l'un ni l'autre n'est dans le vrai. Je rétracte positivement la
note écrite (en 1867) a propos de entait dans Jean de Condé
(II, p. 349), où j'inclinais moi-même pojir intemus, en pro-
posant de corriger entait par entais. — Dans le passage de
Baud. de Condé, cité par God., entait ne veut pas dire
« appliqué », mais « entier, non amoindri ».
Entalcnter, act., mettre en telle ou telle disposition, 1,
25. 17; réfl., se disposer, viser à, II, 13. 16. — Part, enta-
lentéy disposé, prêt.
Entamer une femme, = lat. contaminare, 1, 120. 3; 205. 15.
EntaYrencr, se rendre à la taverne, II, 89. 18 : [La gloutetiie]
Gens fait entavrencr sans alcr à la messe.
Entelette, jeune plant, arbrisseau, voy. lentelette.
Enter, planter, placer, appliqué figurément aux paroles, I,
56. 3; 182. 27.
Entériner ou interiner. Voici les acceptions de ce mot chez
notre auteur: 1. accomplir, 1, 306. 19; II, 10. 26; 104. 12;
2. fournir, distribuer, 1, 165. 27 :
Cuisenier délivrant bien fasant rofficîne.
Qui les vivres partout loialroent eniitrine;
3. déterminer, décider, 1, 170, 18 :
Se c*cst bien ou mal fait, ne puis interiner.
(86)
Au réfl., se livrer, se vouer (propr. se donner entièrement),
syn. de s'encliner, 1, 16. 10 :
Se se doil on entériner
A faire bien et cnc]incr.
KnterYer, examiner, fouiller, 1, 197. 7 :
Anemis (I. anémie) de leurs fais toutes ocvrcs entierventi
II, 83- 17 :
Par ylsins, par visînes vont treslout entiervani.
Le mot signifie en premier lieu interroger et représente lat.
interrogare. -^ Au gl. on dit « enlever, écarter ».
Entes, adv., diflScilement, avec peine, II, 15S. 27 :
Entes vient on au droit pour les grans trekeries.
Nous avons évidemment à faire ici à Tadv. de Tadj. ente(fii qui
donne ou éprouve de la peine, difficile ») ; je Tai rencontré
déjà, mais sans le comprendre, dans les Chron. de Froissart,
V, 162 (éd. Kervyn) : se vous euïssiés..., je fuisse entes morte
d'anoi. — Ente s'emploie aussi comme subst. (=» peine), sur-
tout dans la loc. adv. à ente, mais God. a eu tort de placer
sous ce chef le vers suivant de Baud. de Condé :
Il ne treuve de touz les eors
Ami ne parent ne parente
Cui ne fust plus griefs et plus ente
De lui deus nuis à herbregcr
Qu'il ne seroit d*nn ort breger.
^Entlrant, II, 88. 2:
Chil qui font faussetet vont tous temps entirant.
Usez en tirant; voy. tirant.
Entlr, entire^ entier, lat. integrum. C'est l'unique forme chez
l'auteur ; je ne crois pas y avoir rencontré erifter, entière, que
Ph. Honskat employait concurremment avec entir.
(57)
Entis, forme contracte de enteis, plantation, jardin, 1, 229. 8 :
Toutes n*adicrchcnt mie par ces entis les entes.
« Dans les jardins toutes les plantes ne viennent pas à point. »
Mot absent dans Godefroy.
Entaiié, enivré, II, 200. 3 :
Dicus set que je ne suy de nul vin entusés,
D*où vient ce mot (inconnu à God.)? il ne peut être identifié
avec entoschier, entuschier, empoisonner, qui est «» lat.
itUoxicare. Le sens s'y prêterait fort bien, puisque les
Anglais disent encore intoxicate p. enivrer, mais la lettre
s'y oppose. Je n'ai que des conjectures à présenter. Une
forme intoxare donnerait entoiser, entuiser, d'où mimer ;
mais l'ancienne phonétique exigerait entusier, — Ou le mot
est-il de la famille de Tall. dmeln, avoir le vertige, vaciller,
dont le radical dus avait dans l'anc. ail. un i pour initiale?
— Enfin, je me suis demandé si la confusion graphique si
fréquente de c et ( ne pourrait pas débrouiller la question.
Eficusé, sa accusé, blâmé, ne convient guère, mais God.
consigne l'expression encuser le vin, le goûter. Serions-nous
sur la trace et pourrait-on admettre une tournure estreenciisé
de vin çiu sens de « avoir goûté du vin »? Quoi qu'il en soit,
je ne me rends pas compte de la valeur « goûter » du verbe
encuser.
EbyIaI, plur. enviaus, défi, I, 382. 4 : parenviaus = àl'envi
(anc. à l'etivie) ; voy. mon gloss. de Froiss. — Dér. de en-
vier = lat. invitare.
Erinliiler, ierluisier^ bavarder, folâtrer, s'amuser, II,
108. 20 :
Car tous les jours vorroient parler et erluisier.
Abuser, tromper, II, 174. 7 :
Decbîutes sont les foies qui voelent yerluyner.
Ilécart : « erlusier^ amuser (un enfant), réfl., s'amuser )>;
(58)
God. traduit le mot dans nos passages par « séduire, trom-
per », en donnant au subst. erluise la ^^aleur de futilité,
tromperie ; ii cite aussi erluse au sens de « enjôleuse » *.
Erre, errement, manière d'agir, I, 37. 33. — Le texte imprimé
porte, contrairement à la rime (enquerre)^ oevre. Je ne veux,
cependant, pas prétendre que la rime oeuvre : e^re soit, pour
Gilles, absolument impossible.
Esbanjer, -oyer, neutre, s'ébattre, s'amuser, I, 132. 27;
H, 91. 10, etc. Je ne fais mention de ce mot bien connu que
pour prendre l'occasion de rappeler qu'il s'appliquait tout
particulièrement au plaisir de la promenade {promener^ pour-
mener est un mot relativement moderne) ; aussi de vieux
glossaires le traduisent-ils par spaiiari^ d'où les Allemands
ont tiré leur spaziereii (en vrai ail., on dit lustwandeln).
Escale, coupe, lasse, II, 261. 19. — Néerl. schaal, ail. schale.
Eseandlt, échauffé, fig. irrité, H, 183. 5 :
Or parles mains, dans abbes, nous sommes cscandites.
En traduisant par « offensé » le gl. songeait sans doute à
scandalum, Voy. sur le mot mon gloss. de Froissart et celui
de la (leste de Liège ^.
EMapurlelle, quid? II, 275. 2 :
Toutes escapuriellcs faisoit on à celées.
Il s'agit d'habillements (et non pas à!escapades^ comme pense
le gl.); je retrouve donc ici, au diminutif, le mot escapures
(traduisant scapularia), que j'ai consigné, d'après un ms. de
*■ Je dois faire remarquer que M. Goderroy n*a pu faire entrer les poésies de
Gilles parmi les sources consultées par lui, qu'à partir de la 29« lîTraisoo
(t. III, p. 3^1) de sa gigantesque publication.
' Je m*offusque un peu de la finale en -Ues; notre auteur, tout en odnser-
vant.le/ final du participe en ilus au cas-régime sing. et cas-sujet plor.,De
reproduit pas le / au fém. tVa; on s'attend donc à escandies. N'y auraît-il donc
pas lieu à lire escondiles, de escondire^ contredire-, refuser, rejeter?
(S9)
Lille, dans mon éd. du Glossarius de Jean de Garlande (voy.
ma Lexicographie latine du 12« et 43« siècle, p. 69). — God.
cite notre passage, mais sans le traduire. — Escapure est =
escapule (permutation de / et r). = lat. * scapulium ?
Eseardcr, carder, plumer, fig. dépouiller, piller, 1, 108. 49
(en parlant du loup à l'égard des brebis), 182. 3 (en pari, de
récoufle par rapport aux poulets). — Ravir, enlever, l,
207. 24: [Repentez-vous|
Que paradis de vous ja ne soit esnardés.
Esearnlr. railler, honnir, 1, 23. 12. Mot bien connu, mais
mal traduit dans le gioss. par « être dans la gêne ».
Eflicauforc, sorte d'étoffe grossière (voy. God.), I, 149. 2S :
On viestoit escaufare, or vicst on le bruneUe.
Eiielcnkler, voy. Fart. suiv.
^Eseleukler, selon l'éd. « boiteux », I, 368. 17 :
Aucun sont esctenkier, s'usent de le scnîcstre.
Évidemment un mot mal lu, l'éd. ne connaissant pas esclen-
hier, gaucher (de esclenCj gauche).
Emeolef» (en tetiir des ou ses), loc. == en faire des gloses,
1,223. 27; II, 33. 12; 42. 3.
Esconsc, II, 264. 17 :
Dans abbcs, nous avons bien oit vo response,
Se Testudierons, cbescuns à sen eseonse.
Ce subst. signifie, en effet, sinon, comme dit le gl., ce lan-
terne » en général, du moins ce lanterne sourde », mais son
primitif, bas-lat. abscoma, revêt aussi le sens « retraite,
cachette », et il est préférable d'interpréter à sen esconse
par ce en son privé, à part lui » (op. l'adv. lat. absconse
dans Du Gange).
Eseoreliler, écorcher, au fig., II, 2. 10 :
Povres, dou pau qu'il ont, souvent on les eicorche.
(60 )
EMot (dire par), quid? I, 259. 21 :
Or disons par enot de ces religions.
La ioc. par escot signifiait (encore chez Rabelais) c< chacun à
son tour »; ici, me semble-t-il, le sens est « parlons succes-
sivement des divers ordres religieux ». — « Parlez à votre
escot » dans le Tartufe de Molière (voy. Littré) veut dire à
mon sens : « parlez quand ce sera votre tour ».
Eseonrté, portant des habits courts, II, 222. 27 :
Comment voit on clies gens escourtés, cowelés,
Boutcnés et estrois.
J'étais tenté de corriger escourcés (retroussés), mais la langue
de Gilles exigerait esœurciés.
Bseo««slny autre forme de coussin, I, 36. 11 :
Une plume moult est legiere ;
Or ascoute bien le manière '.
Plumes pluseurs assembleras
Et en un mont les metteras,
S'en feras kieutes et coussins.
Des plumes et des escoussins
Ënkicrke tout, si sentiras.
Comment à tout le fais iras.
J'ai reproduit au long ce passage allégorique parce que la
ponctuation de l'éditeur en a rendu le sens presque insaisis*
sable. — Pour la variation de forme, cp. foudre et e/foudre.
Eseoavet (sour), quid? II, 6. 17 :
Or sopt aucun qui prcndent les gens sour escouoet^
Se dicnt chou qu'il ont ou coer lonc temps couvet;
II, 263. 10 :
S'ay le clartet des ioex, loés soit Dîeus, trouret,
Warder de renkcîr me voel sour escouvet,
Kervyn traduit : v. au hasard » ; Godefroy : « en se cachant,
Ml y a lieu de croire que ces deux vers sont transposés.
(61)
en prenant toutes sortes de précautions ». Je doute de l'une
et de l'autre explication et pense que le sens est « vigilam-
ment » (prendre les gens sour escomet, c'est, me semble-t-il,
= en les guettant au passage). On ne saurait méconnaître
dans cette expression le lat. excubare, veiller ^ .
Cserlt, subst., II, 391. 35 :
Si IDC ropportc [je] en rcscript
Qui en est fait, sans faire escrif.
Les deux esait (dont le premier sous l'orthographe savante
avec un p) sont le même mot ; l'un au sens de règlement,
Tautre au sens de prescription ou d'ordre formel. En tout
cas je ne puis admettre la trad. ce cri, exclamation » du g1.
^EscaiUc? I, 373. 6 :
Tout sont voiremcnt frnre, mais toutes ne sont mie
EtcuilleM seroers, on faut bien a le ûe.
Passage difficile. Cependant le défaut métrique dans le second
vers me met sur la trace du sens; je crois qu'il faut lire
eswillies ; nous aurions là, avec intercalation d'un s parasite
(cp. eswille=^ aiguille), un participe fém. deewillier, rendre
ewelj égal. Le sens sera : « Mais entre sœurs toutes ne se
ressemblent pas ».
Esevmcr, au propre, écumer, I, 335. 33 :
Boîns kcus sen poisson picrt, quant à point ne IVieume.
Au fîg., enlever, I, 199. 7 :
Sains Espirs, si corn vens, trcstous visées escume.
Cs0holer, esjmer, réjouir, I, 348. 11 ; 338. 35. On trouve
aussi la forme en tr, I, 83. 30; 87. 9. La première peut se
ramener au subst. goie, donc à un type exgaudiare.
Eshardlr (•')? s'enhardir, I, 101. 30.
« Je ne réussis pas à lirer, pour escouvef, un sens plausible de ranc. verbe
escouver, balayer, dépouiller. — God , dans le second vers du premier pas-
sage, écrit par erreur : Le dit chou k'it oui ou coer. .
( 62)
^Esklnsuant II, 108. 15; lisez eskuigtiafU ou eskingnant
(rechignant). Yoy. mon gloss. du Regret Guillaume et le
Dict. de God. s. v. eschignier,
Kslar0lr («'), sens fig., se relâcher de sa rigueur, I, 281. o.
Esllrc, choisir, distinguer (le bim don mal), I, 342. IS; pré-
férer, I, 318. 11 :
En Avignon eslirent faire lor demorance.
A propos de la conjugaison de ce verbe, j'ai noté à la 3* ps.
pi. du parfait : 1) esleirmt I, 256. 19; 2) eslireiit 318. 11;
3) esleurefit 318. 22; 4) eslieurmt 270. 5; 308. 1 ; 3* ps. sg.
eslieut 248. 17. — Part, passé : esleiU II, 144. 13; eslkut
150. 22; eslit, eslite, I, 258. 2.
* Eslnlsler, II, 108. 20, lisez erluisier (voy. ce mot).
Kamonvemcnt, incitation, cause, II, 112. 3 [e. de luxure\.
Espantcmcnty épouvante, I, 317. 18 :
Toute seule se Ircuve, s*a grant espanlement.
Contraction de espaantemenl ou espoantemenL
Espardre présente les divers sens qui lui sont propres :
« disperser, distraire, répandre (I, 95. 14; 161. 29 ; 252. 23),
livrer, abandonner» (I, 59. 21; 102. 19; 115. 9).
Esparffler («'), se répandre, I, 160. 16; 181. 13; 349. 20.
— Plutôt que d'expliquer la forme espargier par aspergere
(arroser), sens qui lui convient parfois, je préfère y voir
une forme déduite du subj. esparge de espardre ; cp. wrgier
== ardre. C'est peut-être par un effet analogue qu'il faut
expliquer aussi les formes targier (= tarder) et mfergier
(= aiferrer),
Espccç, lat. species^ apparence, prétexte, I, 380. 1 :
Sour espèce de bien soutille le mal faire.
Espease, épouse, 1 , 90. i (: glorieuse); 219. 23. Forme
négligée par Godefroy.
(63)
Bsplavtre, espèce de métal, II, 191. 11 :
Argens vaut mieuls assés que ne vaut chius espiautres.
Je Tai déjà relevé dans mon compte-rendu du Livre dos
Mesliers, éd. Michelant (Jahrb. zur rom. Phil., XIV, 439).
Voy. aussi God. s. v. esjyeautre.
Esplnchlet^ propr. pincé, iig. bien accoutré, de bonne façon
(cp. l'anc. Sid}. joint), I, lo. o :
Quant li jovcne gent sont haitîet
Et espinchiet et afaitîet...
Afaitiet, dans le même vers, dit ]a même chose au fond :
bien dressé, élégant.
Esplsccs, employé familièrement, comme parfois notre
drogues, pour « choses », I, 156. 13 :
Luxure, gloulrenie et sifaites espiscea;
11,61.20:
Car à tous et à toutes baille de ses espisses.
Cp. encore II, 278. 10.
Esponser, quid? II, 264. 19 :
Bien voles que souvent les hanas on refonse.
Des grains savés trop bien comment on les etponse.
Le contexte semble réclamer ce sens-ci : « Vous êtes généreux ;
vous aimez bien que vos amis viennent vider un verre en
votre compagnie, et quant à vos revenus (pour autant qu'ils
consistent en grains), vous savez en faire un noble usage »•
Esponser paraît donc signifier ici, ce qu'il signifie réelle-
ment : sponsare, promettre, allouer, dispenser. Peut-être,
cependant, esponser se laisse-t-il aussi interpréter par faire
esponse, faire grâce, faire remise ; il s'agirait alors des grains
dus à l'abbé par ses fermiers. On sait que le même type
latin sponsare s'est francisé plutôt par espouser (promettre,
fiancer] ; notre esponser en est la forme savante.
(64)
Espol, raillerie, bon mot, II, 1!>4. 25 :
Trop bien scvent trouver de ches nouviaus espof*
Tout Wallon connaît ce mot, appliqué surtout aux pro-
verbes. De là le verbe espoter à, dire des railleries (voy. mon
éd. de Baud. de Condé, p. 356, ad v. 387, le seul ex. connu
jusqu'ici), qui, à son tour, a produit espoteresse^ moqueuse,
II, 108. 19 :
Famés cspoterettcs ne doit nuls honi prisier.
Nul doute que le mot wallon ne soit Tall. spott, flam. spot^
raillerie, risée.
^Espuct I, 307. 8; ce mot ne devait pas figurer au gloss.;
rien que l'inspection des trois rimes en rouvet indique la
correction esprouvet. — God. a trop légèrement, sur la foi
de notre passage, admis cet espuer (conspuer), dans son Dic-
tionnaire.
Kuramie = arramie; loc. par esramies II, 166. 17 =: à
Tenvi, à qui mieux mieux.
Essaie, essai, épreuve? I, 239. 18 :
On troeve de ces nois des fausses cl drs vraies;
A ces nois sont toudis malvaiscs les essaies.
C'est-à-dire : il est dangereux d'en faire l'essai. — Hais que
veut-on dire dans ces vers-ci, I, 296. 21?
Biestes bien affouré[e]s foui des boines essaies;
Sainte Eglise norist et cicrgiel et ^cns laies.
A mon sens : « Les bêtes bien nourries produisent de bons
résultats, font leur preuve ». Godefroy place nos deux pas-
sages sous la rubrique essaie « reste, morceau », et on
dirait presque que essaies équivaut à excréments, ce que je
ne puis admettre qu'en hésitant. Cependant l'auteur du Dict.
allègue plusieurs cas paraissant confirmer cette valeur (p. ex.
à l'art, essai, qui me semble signifier plutôt crottins, que
fourrage de turebis).
(65)
Estolilca, -» lat. stativus (equus), litt. qui reste en place,
rétif, paresseux, I, 265. 33 :
Cheval sont ettahieu, se bien ne sont dontet;
11, 185. 7 (les nonnes parlent) :
On nous sueffre trestout, s^en sons plus e$tahieuvet;
II, 216. 15 :
Les kevaux eêtahieiu puet on mieus accourser.
Estahieu est la forme picarde de estatf^ qui se rapporte à
stativus, comme naïf k nativns. H est intercalaire comme
dans trahir p. trair. — Notez que les adj. en i7(pic. feu, iu)
font chez Gilles toujours au fém. ieuve; cp. hastieuve
II, 185. 5, pieuves (de pif, piu,pieu), ib. 6. — L'explication
du gl., c( étalon, arrêté dans ses volontés », ne mérite aucun
crédit.
Estai (rendre), se défendre, riposter, faire face, II, 184. 10;
260. 27. — Voy. mon gloss. de Froissart.
Efttekans, II, 100. 10 :
En leurs corps ettekans Tespée demora.
Le gloss. remarque : « Unis (d'estèche, lien) » ; je repousse
c^tte interprétation ; estechier, estekier, se planter, s'enfon-
cer, mot bien connu, convient parfaitement : « L'épée, en
s'enfonçant dans leurs corps, y resta plantée ».
E«team I, 132. 16 (prose) : Ne nuls n'avoit d'esteux devant
son lit, s'il n'estoit priestres, et chou estoit de blans estrains.
— D'après le gloss., « nattes »; pourquoi ne serait-ce pas
« chaises », flam. stoel, a. fr. estuell
Entovt, I, 99. 10 (le vers exige slout).
Estran^nler, act., tenir à l'écart, éviter, II, 197. 8 {fole^
famés); réfl., s'abstenir, II, 94. 15 (de luxure).
Estre, subst., voy. ai^lre.
Tome XXXVII. o
(66)
Estrln, adj., II, 171. 1 : [Vous avez bien rappelé, à propos
des nonnes]
Comment jadis estoient coycs, simples, estrmei.
Ce passage me remet en mémoire celui de TEspinette amou-
reuse de Froissart, v. 735 (mon éd. I, p. 108) :
Car elle estoit à point estrine
En regart, en parolle, en fait.
Le sens qui s'impose, c'est « distingué ». Reste à fixer Torir
gine et le sens propre du terme. Je n'éprouve plus d'hésita-
tion à y voir lat. *extrinus, dér. de extra, donc une autre
forme du classique extraneus (type du fr. étrangéu et à lui
donner pour sens fondamental celui de « extraordinaire,
étrange ». Cette origine justifie les autres valeurs de estrvè
(p. ex. « singulier, peu aimable »), que j'ai recueillies dans
mon gloss. des Poésies de Froissart. — Il n'y a aucun rap-
port entre notre adjectif et le subst. estrine, étrenne (comme
pensait Cachet), et quant à la signification, émiçe dans le
gloss. par conjecture, « vivant dans la retraite », et ù Tély-
mologie straindre (= lat. stringere), elles doivent être abso-
lument repoussées.
Kstndc, salle d'étude, école, 1, 107. 25 :
Remplies de boins elers les estvdes soloient;
ib., 113. 1 :
Or sont clerc artyen par estudes lisant ;
ib., 323. 21 :
En eatude partout moustrcnt bien leur clergie;
H, 40. 26 :
Retrouver bien poroient estudes qui sont roues.
Ailleurs « bureau, cabinet de travail, chancellerie », I,
322. 21. Voy. gloss. des Poés. de Froiss. Quant à la forme
estudie, étude, application, travail, elle représente le subst.
verbal du verbe estudier; 1, 107. 20 ; 148, 6; 323. 23.
Eswllle, aiguille, I, 217. 22. — L'^ est parasite.
( 67 )
"KiLemmej excès, II, 269. 3 :
Mais il me coiivenra à tous exesses tarder.
Le mètre condamne ce mot; il fallait corriger exès (ou excès^
II, 12. 2).
BmlKens, nom. sg., latinisme = exigens, I, 326. 23 :
Se veoii que c*estoît exigens les (corr. H) pckiés;
c'est-à-dire que ces malheurs étaient la conséquence néces-
satire du péché. — Notez que Fancien verbe était exigir.
Emcmplalre (mètre en), faire écrire, publier, I, 320. 9 :
Un traitiet en ai fait et mis en exemplaire.
Fade, qui n'a pas le goût de faire qqch., I, 203. 2 :
Dans abbes doit songnier sur trcstout des malades,
D*eaus visiter souvent ne doit il yestre fades.
Voy. aussi affadi^ enfadi.
Faldlcr, guerroyer; neutre, I, 162. 24 (« contre vices»);
acl., 11,143. 8; 215. 2:
Tost sercs tout vaincut se les volés faidier.
Faire = trouver, versifier, I, 236. 1 :
Un petit faire d^iaus fui moult cntalentés;
II, 93. 18 :
Un petit me vorrai de faire reposer.
Voy. encore II, 126. 8; 171. 3. — Notez l'emploi pléonas-
tique de faire, I, 300. 9 (je fay registrer = je registre); 306. 25
(clamer firent = clamèrent). — De là subst. fait, composi-
tion littéraire (cp. Tçoiïiua), II, 251. 21 et passim.
FalUer (ne), se faire, se former. II, 118. 14 :
On dit qu'osiaus gcntieuls par li maine se faite.
Je corrige hardiment : par li mesme se faite^. — Je retrouve
(68)
notre proverbe dans le recueil de Le Roux de Lincy: Oiseau
débonnaire (= notre gentil) de luy même s'asseiste; seule-
ment le dernier mot y a été estropié; lisez s'affeite. — Notre
éditeur a tout autrement compris le vers cité, puisque selon
lui maine est ^ mène et se faite = « sa fête ». Il oublie
que fête dans Gilles doit sonner fieste. — God., dans le seul
ex. poétique qu'il donne du verbe faitier^ le traduit par
« arranger ».
Falourder, cancaner, bourder, II, 313. 1. — Voy. falour-
(leur dans mon Gloss. des Chron. de Froissart.
Famllcs = lat. famulos, serviteurs, I, 265. 14 :
... dont se vont gros porter.
Trop plus qu^autrc signeur familes cohortcr.
Familes est inconnu à God. et me semble être une forme
savante de la création de Fauteur.
Farder («e), sens propre, 1, 8i. 3; II, 34. 19 :
Se me dist on comment les aucunes se fardent,
Se mettent dou rouget, si sanlc qu*elles argent (I. ardent).
Farder («e), se charger, se gorger, 1, 161. 17 :
De delicieus vivres ne se voise farder;
II, 46. 3 (de fourages) ; 79. 13 (de viandes) ; 269. 3 (de vins et
de viandes); 78. 17 (de malvaises hierbes). Dérivé àe farde.
Fasclel, faisceau, fagot, II, 262. 24 :
Car j'ay vins en clielier et fasciaus en lagnier.
Faute, disette, besoin, II, 4. 13; 83. 25; 273. 23.
Felenlens, dér. de felenie; perfide, cruel, II, 77. 4.
Fenear, faneur, I, 247. 7 : ou faukeur ou feneur.
Fier (se), avoir confiance; construit avec de, II, 204. 4. —
Aussi se prévaloir de, en prendre prétexte, I, 291. 22 :
... car des guerres $e fient
Et tous chiaus qui desrcubent « Ch*est tout de guerre » dieDt
(69)
Wrmtrey fistule (maladie), II, 85. 17 :
Moult boins surgîcns est qui set warlr defettre (I. de fe$tre).
Pour la facture du mot, cp. cartre de cartula.
Fiestler, act., faire compliment sur, II, 297. 29 :
Lors rist et prist à fiestiier
Mes ans et me vie prîsier.
Fl«e, promesse, II, 263. 21 : A tous en faic le fige. — Mot
inconnu qui parait reproduire un type fidium.
Fliklcr, fixer, placer, I, 38. 24; 117. 10. — Cette forme
picarde fournit un excellent argument contre ceux qui vou-
draient ramener ficher au type lat. fixare.
FIner, 1. = finir, I, 286. 8; — 2. sens absolu, payer,
liquider un compte, I, 160. 23; finer de qqch., la payer, I,
163.28; II, 72. 24.
Flolt, II, 13. 8, selon le gl. « fuyait ». Cette traduction est
bonne, mais je me méfie de la forme fioU p. fuioit, bien
qu'on puisse alléguer au besoin anieus p. anuieus.
Flsonomle (on a imprimé fisionomie)^ science physiono-
mique,.I, 346. 18.
Flalelcr, flageller, au propre, I, 77. 20; au fig. == afiliger,
II, 98. 7. — La forme savante flageller, 1, 121. 28,
Flater, flatter, II, 216. 3 :
Ançois les nos convient rapaisier et fltUer,
Et quant li pais est faîte, dont nos voellcnt grater.
Cette opposition de flater et grater me donne l'occasion de
me prononcer en faveur de l'étymologie nouvelle qui rat-
tache flatter au germanique flat => plat et déduit le sens
moral de l'idée première « caresser du plat de la main,
laper ». G. Paris (Romania X, 404, note) cite à l'appui les
anciennes phrases « l'ourse flatte son ourson » et « flater du
lait » (le laper); il rappelle qu'on dit encore du palefrenier
qu'il « flatte son cheval ». Voy. aussi plakerie.
(70)
Plekier, fléchir, I, 276. SO; 358. 33. — Cette forme picarde
contrarie singulièrement l'étymologie flexus, flexare pro-
posée récemment pour le fr. fléchir. Si cette origine est en
accord avec l'adj. flèche, verbe flechier ou fl^eskier, elle ne Test
pas avec flekier. Ce dernier accuse un thème flek (cp. les
verbes fikier, alekier, trekier).
Flexion personnelle. — 1. Ind. prés, (ou fut.) !• plur. : -o»ne«,
p. ex. savomes II, 190. 8, a^eonmes II, 34. 3; lisommes 1,
284. 31 ; d'autre part -om : savotis, créons, aroiis, etc. Notez
surtout son« (sommes) II, 185. 7; 301. 13.
3. Imparf. (ou conditionn.) 1« plur., -ienies ;p. ex. disiemes,
seriemes II, 187. 3, estiemes II, 33. 15; d'autre part quidiens
I, 344, 34, deveriens II, 31. 33.
3. Parfait 1" pi., 4ns, concurremment avec -tmes; ainsi
promesins I> 143. 5; fesins II, 168. 3.
Filmer, 1. saigner, 1, 165. 34 :
Maladies prillcuscs warisl on par flimer;
3. guérir en général, 1, 134. 7 :
Maladies des maislrcs se laissent bien fliemer (corr. flimer).
De flieme, flime, lancette, sur l'étym. duquel voy. le dicl.
wallon de Grandgagnage et Littré. J'ajouterai que i'origine
directe du mot français paraît être germanique ; la forme la
plus voisine de la source latine {phlebotomum) est l'anc. haut
ail. flwtuma, d'où vlieten (auj. fliete), en néerl. vlijm, angl.
fleam. Il se peut toutefois que, sur le sol français, du typt'
fleb't'mum se soit produit fletnme (pic. fliemme), d'où le mo-
derne flamme.
Folable, fidèle, I, 71. 9; aussi foyal, 73. 15.
Fol» mentle, II, 163. 35, est absolument équivalent à Tadj.
foimenti, parjure :
Car on en est tenut, et ch*cst drois, fois mentie.
Fossear, qui creuse, fouille, 1, 353. 5 (il s'agit de trésor] :
Pour fotseurs, pour larons n'iert jamais oslongiés.
{ ^i )
FonrAiilrc, encourir par forfait, II, 131. 2 (« amendes »).
• Fonrkevre (subj.), I, 222, 4 : [Je double]
Que Ji mors vîegnc tost et trestout nos fourkmre.
Le gl. dit « mette hors? ». L'éditeur a raison de douter de sa
traduction ; je lis sourkeure de sourcorir, courir sus.
Fourlovchlcr, II, 92. 11 :
S11 voient qu*on les voellc nullement fourhuehier
Au mcngîer ou au boire, moult tost en vont grouchier.
Selon Kervyn, suivi par Godefroy, regarder de travers, d'un
mauvais œil ; je pense que c'est bien cela, quoiqu'un instant
je penchasse pour * foris-locare « déplacer, déranger, ou
exclure.
Wourtmé = faitis, lat. formosus, beau, II, 293. 31 :
Prelas fu biaus, ha us et fourmes.
Fonrse, troupeau? II, 71. 14 :
On soloit mener gens comme paisçan[t] leur founei.
Le gl. dit : « ouvriers? du lat. fossores ». Interprétation et
étymologie de pure fantaisie. — Le mot ne se laisse pas
ramener à l'équivalent fouc, dont l'auteur se sert (I, 359. 1 ;
234. IS) et dont l'origine germanique est bien connue. Ce-
pendant, il doit en être synonyme; Hécart donne fourser,
fourcher, abonder, foisonner, frayer ^ .
Franc (tenir)^ tenir une chose à son entière disposition, en
rester le maître, I, 43. 7 (voy. sous copie) ; 57. 16.
* La dernière livraison de Godefroy, reçue au moment de repasser cei
article, ne me permet plus de douter du sens c frai > , propre à fourbe, comme
à foursin: seulement, je me demande si ce sens exclut absolument celui de
moltilnde, troupe en général, et si Godefroy a bien faK de transformer dans
notre vers paiscan (que je corrige par paisçani) en paiscon (poisson); la
langue de Gilles appelait plutôt pechon ou pichon.
(72)
Frion, un oiseau, verdicr, linotte, II, 260. 8 :
Amer car de vervcllcs a trop plus que frions >•
Voy. mes notes sur Jean de Condë II, p. 329 ; le mot se ren-
contre aussi dans les Poés. de Froissart.
Frir, forme syncopée de ferir, 1, 14. 31 ; 46. 10; II, 82. 19.—
Lisez cependant férues au lieu de frues II, 30. 22.
Fron^nler, se refrogner, II, 219. 16 :
Tantost tence pruroiers ; s*on le tence, se frongne.
Fner (à un), au même prix, 1, 218. 13.
Fncvle, faible, I, 248. 5; II, 167. 23. Ailleurs /^frte 1,298. 16;
fueble 96. 16. — Je ne m'explique la modulation ue (pron. «o
que par Tinfluence delà labiale suivante.
Futur. — Les verbes de la 3® conjugaison latine offrent la
particularité qu'ils insèrent entre la consonne finale du
thème et r un e inorganique.
mètre metera
vivre fnvera
vaincre votncera
(I, 269.1 ; peut-être faut-il
corriger vainîera)
Notez encore les futurs devera et isiei^a (de devoir et issir).
Il va de soi que ce fait s'applique aussi au conditionnel.
A cette occasion, je remarquerai que la langue de Gilles
. repousse l'insertion de lettres euphoniques entre n-^r^ /-r;
elle dit toujours te^ira (de lenir)^ tinrent (parf.), jamais tin-
drent), vaura (vaudra),, humle (non pas humble). Elle paraît
> Le sens de ce vers ne se présente pas irop nettement à IVsprit, d^antaot
moins que la signiOcation de vervelle m*esl inconnue; je traduis oa plutM je
construis : c La chair de vervelles renferme l)eaucoup plus d*amerlnme que
le frion ». L^auteur de Part, frion dans Godefroy paraît ne pas avoir compris
davantage, el sa leçon de vers ellee^ si elle était fondée, me mettrai l dans un
plus grand embarras encore.
atendre
rendre
prendre
prendera
faindre
fmndera
(73)
même affectionner la combinaison nr, puisqu'elle préfère
amenroU (II, 103. 4) à ameiieroiU donroient (1, 271. 10) à
dotieroient.
Fuir, fuir; au futur filtrat 1, 27. 4; mais fuiras (bissyll.)
I, 3S. 14. — Voy. aussi fioit.
Faite, subterfuge, excuse, I, 2S8. 1; II, 84. 23; 76. 16;
78.28.
CSaler, act., dépenser en s'amusant, II, 93. 2; neutre,
s'amuser, mener bonne vie, I, 297. 21 ; II, 262. 2. — De
h galerie, amusement, régal, festin, II, 87. 25; aussi simple-
ment gale^ dans l'expression « le prince de le Gale », II,
261. 17; 266. 2.
Game (apprendre sa) à qqn., II, 188. 18 :
On aprent les enfants à Tescole leur game$.
Gamëut claml, II, 214. 11-14 :
Or sachiés que ches femmes sont venues à mi.
Se m*ont dit moult de coses, mais trop m*ont engrami,
Car apprendre me voellent gamëut elatni ;
Très chou que je fuy jovenes, m*aprist on gamëut,,.
Selon le gloss. «= game : ut ré la mi. Cela n'est guère pro-
bable; puisque gameiU se présente aussi à part, il faut de
même considérer elami comme un mot distinct. Je vois dans
ce dernier tout simplement l'interjection hélas mi; j'ai déjà
interprété le terme de la même façon à propos du v. 306 du
Dit du Connestable de France, dans Watriquet de Couvin :
Et bien s*cm pueent si ami
Désormais clamer elami,
Garder, garnir? II, 147. 1 :
Ensi que scculer, font leur manches garder.
(T4)
Gar^atc, gorge, II, 34. 37 :
Elles moustrent hatriaus, jgfor^a/ef et poitrines.
Voy. Diez, s. v. gargatta,
Gaster, dévaster, I, 136. 38; 4 vv. pi. bas vastant; à la
p. suiv. tvastés.
Genre, génération, race, II, 100. 20 :
A tous joars à se genre sera guerredonnet.
Ghalel, joyau, II, 235. 6.
Gllne, =3 gheline, poule, II, 33. 17.
Goîr, jouir. J^a conjugaison de ce verbe, à côté des formes
închoatives (goïssent II, 54. 17, goUsoit II, 18. 26), en pré-
sente aussi desnon-inchoatives (gootis II, 182. ii^goés 235. 5).
Notez au conditionnel gorroU I, 266. 16 (où Ton a imprimé,
contrairement à la rime, goiroit).
«orne (50ur)? II, 41. 26 :
Que leurs parlers soitr gorge Tuns à Tautre reprendcnU
L'expression se lie-t-elle avec parler ou avec reprendent ? —
Elle dit peut^tre la même chose que sous cape; M*^ de .
Sévigné a dit, et Ton dit encore, ce rire sous gorge ». Mais
notez qu'il y a sour et non sous ; faut^il traduire par « en
face, à brûle-pourpoint » ?
Goaflle, goufre, I, 175. 17.
Goarnae, primitif de gourmette, 1, 95. 34 :
Moult (ost en parçoit on la fourme.
Aussi bien qu^en un frain le gourme,
C^ouverner (ne), s'entretenir, suffire à ses besoins, I,
372. 11 :
De pctîs benefisses aucun bien se gouv[t\emjmi.
Subst. gouvienie, charge officielle, fonction I, 315. 2; gou-
(75)
vernement, administration, II, 297. 33. — Gouvrenanche,
moyens de subsistance, I, 271. 10; manière de gouverner,
314. 23; œnduite, 333. 21.— Cp. mon gloss. des Cbron.de
Froîssart s. v. gouverner. Remarquez le latinisme guberner
1, 122. 9.
Gramiiient ou grandment (un), beaucoup (l'opposé de un
pfW), 1,42, 7; 214. 2; 224. 3.
Gratcr, au iig., faire le contraire de flatter, II, 216. 4 :
Et quant li pais est faite, dont nous vocllent grater,
Quid, II, 203. 20 (où il est question de Jésus)?
D'infier tous ses amis a mis hors et gratet.
Avons-nous là une application métaphorique de gratter
(effacer, enlever?) ou une forme savante du bas-lat. gratare,
reprendre en grâce, gracier? J'opte pour « effacer, ôter »,
cp. raser II, 270. 20.
Gréer, approuver, 1, 23, 32 (lisez et je le grée). — Se gréer, se
faire bienvenir, II, 68. 24 :
Et, pour avanchict iestre, pluscur s'i vont gréer.
*Grl0nlcr. selon le gloss., faire des grimaces. Il faut effacer
cet article du gloss,, car au passage allégué, l, 166. 14, il faut
lire, comme le veut la rime, grongnier, que l'on trouve
encore II, 18. 26.
• Grlesanent, II, 288. 20 ; mal lu p. griefment (voy. 1, 148. 21 ;
II, 99. 12). — Grisment, I, 71. 6, est tout aussi fautif.
* Grir, I, 74. 13; corrigez grief.
Gr«nffue [faire la), II, 260. 13 = grongiiier, se plaindre (II,
18.26).
Gr«0, hautain, fier, I, 2S9, 19. — S*en porter gros, en tirer
limité, I, 259. 11 ; 268. 13.
(76)
Galncler (ou plutôt guindr)^ fléchir ou se détourner, s'es-
quiver, I, H6. 14 :
S*e8t drois qa*à tous assaus ccsciins tculs sires guinee.
Ce verbe, bien connu (voy. Cachet sous guefichir)^ a été
inexactement rendu dans le gloss. par « se baisser (pour
éviter un coup) », car l'étymon ail. wankm signifie propre-
ment vaciller, fléchir, hésiter.
HMhe ou hace, subj. du verbe haïr, 1, 57. 28; 192. 8; 199.22;
273. 20; 341. 12; II, 262. 27. — [.'éditeur y a vu partout
le verbe hacher avec le sens : « porter un coup, faire un
reproche ». Après cela il ne faut pas s'étonner de lui voir
traduire le mot si connu haschie, hachie (peine, douleur) par
c< coup, meurtrissure, reproche » !
Haler, sécher?!, 223. 16:
Se souhaid on souvent leur visage haler.
Comment faut-il entendre cela? « Qu'elles perdent leur teint
frais » ?
* Haïuerent, quid? II, 166. 13 : [Rewardons]
Ches grandes convoitises, luxures, gloutcnie.
Comment chascun jour hamerent et ne se chicssent mie.
Mot impossible et d'ailleurs trop long. — Hamcent ? L'édi-
teur, ne remarquant pas que le mot est repoussé par la
mesure, a eu la malencontreuse idée de l'expliquer à l'Errata
comme le parfait d'un verbe hamerer, augmenter, qu'il
présente comme dérivé de mère, major, plus grand. J'op-
pose à cela d'abord que ce verbe eût fait au parfait hamere-
refit, puis, que la syllabe ha resterait tout à fait mystérieuse.
Le lat. major a donné au français le mot maire, d'ob mairier,
maîtriser (voy. plus loin), et si dans le texte j'avais rèncohtré
merent (selon l'orthogr. du ms. ^=mairent), je l'eusse respecté
et expliqué par « ont le dessus », mais j'y trouve hamereiU.
(77)
ias«9 P^ge, impôt, rente, 1, 133. 19; 191. 8; 194. 6;
197. 9; 360. 4; 373. 3; 314. 86; II, 64. 36; 84. 4; 83. 38;
111 . 38. — Je pense que j'ai eu tort de suspecter la leçon han-
sof/e dans la Geste de Liège, II, 8313, et de corriger hausage.
Hapé, hache, 1, 181. 34.
Hapcr, fig., saisir à la volëe dans une intention méchante,
II, 96. 13 :
A l'encontre diables (sujet) roalvais voloirs trop hape ;
II, 144. 33 :
Quant praicheur dient voir, moull tost leur dis on hape.
Sens ordinaire, II, 143. 4 :
Et li mors est li roys (le piège) qui tost les a hapéi,
Haraclie (prendre par ou à /e), prendre de force, I, 373. 18;
II, 74. 34. — Il ne s'agit pas, je pense, de l'a. fr. harache,
bouclier; je rattacherais plutôt ce mot au thème har, qui a
donné harasser, a. fr. harier, tirailler, fatiguer, ennuyer. Ce
thème har pourrait bien être la première forme de hart
(corde); d'ailleurs j'ai rencontré dans un de nos patois
harache avec la valeur de corde.
Hardlel, dim. de hcu't, pendard, vaurien, II, 186. 13 :
On voit que moult de femmes honniscent chii hardicl'^
ib. 193. 17 :
S'en font bien les aucunes moult de mauvais hardiaus.
Harev, cri, tumulte, II, 93. 33 :
S*escauffent ces cbierveiies cl li hareuê leur monte.
* Harna^e, 1, 390. 7 : [Ils conseillèrent au roi, qu'il] ce mandast
sen fort harnage ». — Sans doute mal lu p. bartiage. — Selon
le gl. : c< ceux qui portent le harnais )).
Harnalse, tracas, peine, II, 81. 33 :
Li siècles n'aroit mie partout tant de /lamaites.
De la famille del'angl. et ail. harm (peine, chagrin)?
(78)
Haiichalté, -cète, certain ornement de la toilette féminine,
lU 29. 11 ; 34. 16; 192. 28. — Il me semble que cette pièce,
nouvellement mise à la. mode et à laquelle notre abbé fait la
guerre, s'appliquait à la tête. A la vérité, je trouve, à la suite
des Chroniques publiées par le chanoine De Smet, dans son
gloss. des mots latins, ce haucettae, guêtres », mais cela
pourrait bien n'être que conjectural.
* Hayeiucnt, adv.? I, 6. 6 :
Apriès ayés consentement
De chou faire dont hayement
Li dous Jcsus vous soucourra.
Selon legl.,«secourablement»,cequi est plus que douteux;
il faudrait aïvement et encore la forme aïf p. aidif m'est
inconnue. — Je préfère corriger gayement.
* Hécr* « haïr », dit le gloss. Ce verbe n'a jamais existé; les
formes du présent S^" sg. hei (I, 15. 34; II, 38. 18), plur.
hémt (I, 18. 13), sont, comme tout novice en grammaire de
langue d'oïl a appris, aussi régulièrement tirées de Aulr,
comme meurt de mourir. Et d'ailleurs, même en admettant
un infinitif heer, comment en faire sortir une forme hei à la
3« ps. sg. de l'ind. prés. ?
Hct, subst. verbal de hdir (anc. Aa/ir) ; /;r«Mire e/i A^/, prendre
en haine, II, 146. 21.
Hic (à), à force, II, 92. 8 et 261. 12 [hoire à hie). — Expres-
sion bien connue, sur laquelle l'éditeur fait d'inutiles et hasar-
deuses conjectures.
Hlerbeléc, préparation médicinale, drogue, II, 87. 1 (on
parle des deux miresses Luxure et Gloutenie) :
Elles portent sour elles boisles et hierOclées.
Hlreta^e, iretagCy immeuble, opposé à meule (bien meuble),
1, 193. 17; II, 28. 16, etc. Voy. meule.
(79)
ime Jour, jour ouvrable, jour de semaine, II, 28. 21 :
Pour nueches, pour haus jours, boioes robes avoicnt.
En ficstes, en dimenches leur moyennes portoient,
Et pur les homtnei jours des menres se passoicnt.
J'ai traité de ce terme, qui a embarrassé l'éditeur, et qu'en
effet, je n'ai jusqu'ici rencontré dans aucun glossaire, dans
mon gloss. des Poésies de Froissart, à propos de l'expr.
homme jour ne dimetiche. — Ailleurs l'auteur emploie jotir
ouvravle, II, 121. 22 :
Jour ouvravle seront les ficstes, li dimenche.
Honte, masculin, II, 88. 10 :
Et s'il ont povrelet, il buveront cfte honte.
Hors, adv.; hors dire, dire jusqu'à bout, achever, I, 187. 19.
Cp. ail. ans dans aus-trinken et sembl. — Aussi la forme
huers, I, 177. 9 (huers de gens).
Hoape (sur le chapeau), II, 154. 23; tig., 203. 0 :
Car faire deveriens de vtrtus une houppe.
Le plus ancien ex. dans Littré est du XV® siècle.
HoapH = goupil, renard; nom. sing. houpius, I, 304. 9 (où
on a mal imprimé houpuis).
lellcr, neutre, être humble, I, 20S. 12; 256. 9.
Hiirtebelliiy terme appliqué aux femmes qui cherchent à
attirer les regards des hommes par une toilette tapageuses
II, 33. 10 :
Che sont huriehelin^ s*en tient on ses paroUes.
Voy. God. s. V. belin.
-len, finale d'adjectif ou de subst.; elle est bissyllabique quand
elle se rapporte à un précédent latin ianus {gardien guar-
dianus, surgïen = chirurgianus, artyen artianus), mais
( 80 )
monosyllabique quand elle représente lat. anus^ ainsi dans
courtisien = cortesanus. Toutefois, je remarque (et ne m'en
rends pas compte) que dans notre livre anchien est constam-
ment bissyllabique. Creslien a tantôt 3 syll. (1, 93. 30), tantôt
deux (I, 366. 9).
lllmnlner, faire recouvrer la lumière, II, 263. 28 ; 274. 19.
liupedlmle, épidémie, II, 292. 6 :
Pour le hideuse maladie
Que ou appielle impedimie.
-In -¥• consonne, changé en iun ou ieun. Ex. c/ituîtc(voy. ce mot),
cliiwiquime (cinquième) II, 300. 21 ; vieunt (vint, de venir) II,
24. 27 ; viunt I, 80. 1 ; viunreiU II, 24. 28 (le texte a fautive-
ment vtenre/j/); tieunt II, 23. 26. — La mutation en question
se restreint, je pense, à ces cas. Suchier explique ce phéno-
mène (Zeitschr. fur rom. Phil. II, 263), pour chiuiiCy par une
réaction de Vu semi-consonne de la syllabe suivante (qutnque),
pour le parfait tiunt et analogues (ib. p. 274), par le même
efiet de la désinence latine ui qui a motivé les parfaits r^dtfl,
giut, etc. — Je dois relever ici une grave erreur commise par
M. d'Herbomez (Mém. de la Société hist. et litt. de Tournai,
t. XVII, p. 66), qui prend tiunt pour un présent (tenet).
Inehoer, commencer, latinisme, I, 244. 28 :
Dicus doinsl qu'il persévèrent, car bien ont inchœL
Interln, intègre, sincère, 1, 83. 12 (coers t.); 181. 26 {amour t.);
véritable, 264. 27 (sciences inlerines). — Forme savante de
eiiterin.
Interlner, voy. enteritier.
Inventore^ registre, description, relation, II, 19. 4; 256. 11.
Ireta^e, voy. hiretage.
Irretir (•') de qqch., s'engager dans, I, 50. S(detou8pekiés],
189. 19 (d'aucun visce), 274. 2 (de pekiés); 332. 11 (de maint
visce)', II, 12. 20 (d'orguel); 196. S (sans complément). — Ut.
irretire, enlacer.
(81 )
-Uent, finale de 3^ plur. du parfait. Celte finale appartient
particulièrement au dialecte picard et afiecte les verbes de la
conjugaison forte dont le parfait fléchit en s (tels que fi8,pris,
mis, sis, dis). Lat. dixerunt, miseimnt se francisent naturelle-
ment par disrmt, misrent (ou, par suite d'une intercalation
euphonique de t, distrent, mistrent) ; le picard expulse l'élé-
ment r et préfère fisent, prisent, misent, sisent, disent, quisent.
Cependant il ne règne pas en ce point une rigoureuse consé-
quence; j'ai rencontré I, 306. 23 et 25 remirent (de remettre)
et firent (en rime avec assentirent) ^.
* Iseler) fautif p. isdr, I, 22. 8. J'ai rencontré de même la
graphie consentier, acomplier.
-Itla. Cette finale latine est rendue en picard le plus souvent
par ecke, orthographié aussi ece, aiche; pigritia p. ex. se
présentera sous les formes perece, pereche, peraiche.
Ivpc, sens fig., rempli, 1, 300. 24 (a de l'amour Dieu »).
* Iirreton^oe, i\TOgnerie, II, 91. 23; 287. H. J'imagine qu'il
faut lire ivrecongne, par analogie avec iracundia.
Iirroln, ivrogne, d'un type latin ebronim, H, 92. 19. Cp.,
dans un vieux glossaire latin, biboîiius.
JToeander, réjouir, 1, 179. 20 : [Sains EspirsJ
En toutes pars dou monde les gens moult jocunda,
JToYene, jeune. On sait que, dans les anciens textes, le seconde
ne fait pas syllabe dans joy^/je et ses dérivés. Le munir d'un
accent, comme a fait l'éditeur, est une faute grave. — L'au-
teur, toutefois, inconséquent avec lui-même, fait parfois
de ve une syllabe dans le moi jovenechc, ainsi 1, 9. 30; 229.
22 ; II, 1. 11 ; 195. 11; 227. 16. On trouve la forme contracte
jmeceWy 9. 1.
* Cet article complète robservaliou faite au mot arsent.
Tome XXXVII. 6
(82)
Jevenemente (4 syll.), juvénilité, II, 109. 24 :
Li siècles presens est tous plains de jovenemente.
Xavier, faire savoir, indiquer, 1, 102. 7 :
Che me juge mes sentemens.
Keraler, II, 86. 7, non pas (c charretier » (gl.), mais labou-
reur, c( qui conduit la kerue ».
Keave, queue, II, 174. i^; orthographié kewe 1, 184. 7.
Kletlt ? II, 3. 21 (on parle du jeu de dés) :
Six, chiunc sont li grani point; deux, as sont li petit;
Quatre, trois li moyen; or donnent appétit
Ghes pointures à chiaus qui s*en sont kietil.
Quid? Que feire du thème kïet; serait-ce quietus et se kietir
= se tranquilliser, se fier? Gela est bien peu probable. —
Le gl. s'est tout à fait égaré en mêlant notre kietit trissylto-
bique avec ketis '= chétifs ^.
l^oeet, voy. cochet.
Koalis, eau coulante, cours d'eau en général, II, 219. 7 :
Il n*cst petis ruisyaus qui kotiH$ ne recholve.
* Ionise (par mainte) ; lisez guise, I, 268. 18.
Kniikler, forme picarde de conchier, souiller, honnir, désho-
norer, II, 193. 12. On trouve aussi l'orthographe qufikier
(II, 92. 9-10), que l'éditeur a eu la malechance d'écrire
quukier, qu'il traduit au glossaire par: heurter, attaquer
(sans doute sous l'influence de angl. kick^ néerl. kinken).
^ Ce passage diflScile Test rendu encore davantage par le texte imprimé do
second vers :
Quatre, trois, moyen ordonnent appétit.
(83)
l^, = là où, où, I, 6. H ; IH. 14; 311. 24 (« Car là n'a kat,
soris moult souvent y revielle ») ; II, 200. 28, et souvent.
L'inobservance de cet emploi relatif du démonstr. là a mo-
tivé, dans le texte, de nombreuses fautes de ponctuation.
labourer, travailler, au fig., I, 38. 30; 294. 9; 310. 10.
I.a«ne, fém., bois (à brûler), II, 92. 21 ; 256. 2 :
On a de verde lagru caus feus et caus tisons.
Aussi la forme laigne (trois fois dans le morceau en prose, I,
124-141). Aujourd'hui encore lègne dans les patois du Nord.
liAn^ne, étoffe en laine, voy. s. lignes.
hm^waery bûcher (voy. lagne 1), II, 92. 21 :
Ardoir vorroient toute la lagne d'un laynier;
II, 262. 2S :
Car j*ai vins en chelier et fasciaus en lagnier,
liAlche ou lèche, joie 1, 4. 20; 23. 7; forme contracte, variant
avec la forme pleine leeche, I, 22. 9 ou liaice, ib. v. 25.
Uilncjhlaas, draps de lit, I, 215. 23.
liAnehe, dans la loc. « aler ou faire quelque chose de telle
ou telle lance », = procédé, manière, 1, 152. 20 ; 196. 28 (oii
leur va ^autres /.), 224. 12 [vont ore de tels /.), 280. 22 [leur
vont de grosses /.); II , 64. 17; 181. 9. — Attaque, atteinte,
II, 195. 9 :
Luxure par ses lances cravente continence.
Lanchler (se), se jeter, se mettre, se joindre, II, 107. 1 :
Avoec ches trois virtus amours de Dieu $e lanche,
Laoer, travailler la laine, I, 280. 2 :
Ne faire nul mestier, draper, taindre, laner.
On a, en dépit des rimes {vaner, ahaner, taner)^ imprimé laver.
( 84 )
liAU|i;ée. coup de langue, II, 34. 11 :
Car je sui lous ciertains que j'arai des langées
Trop plus de sotcrielles que des femmes sences.
l^arder, au sens fig. de donner des coups d'épée, empaler,
1, 299. 19 : Oui le contraire tient, on le doit bien larder; II,
79. 54 :
On dcvoroit lels gens rostir et bien larder.
liiirillcr, chambre au lard, garde-manger, II, 215. 1. — Ce
mot, négligé par Littré, est dans Sachs.
l^arcncln = larecin, larcin, I, 41. 1.
liantes, quid? II, 83.25 :
De grains, de vins partout ont toutes gens defautes,
S'en voit on moult souvent par ces markiés les lau(e$.
Selon le gl. a taxes ; synonyme de laudes ». Je n'en suis pas
convaincu ; il n'y a là peut-être qu'une mauvaise lecture
pour fautes, équivalent à defaute (besoin, pénurie).
liBils, bavardage (cp. l'ail. Gewàsche), 1, 11. 24 :
Mes je doubte trop les lavis
Des langues qui souvent parollent
Et qui les autres gens escollent.
L'éditeur déclare lavis un dimin. de lait, insulte ; attaques,
injures. C'est pousser loin la licence conjecturale.
l.e^crie, frivolité, I, 198. 16 :
Et )i jovene pensent toudîs à legerie.
''l.cuce, choix [sic au gloss.), I, 118. 15 (il s'agit des trois
modes de châtiment que Dieu fit proposer au roi David par
(tad le prophète, 2. Sam., 24) :
Li tiers fu que trois jours scroitgrans pestilenclie.
Si grans et tant horrible que ses peules le senche.
De grant mortalitet là fist David sa lence.
J'ai bien de la peine à admettre le mot lence >» choix (abso
(85)
iument inconnu), et je me défie du texte imprimé. Je com-
prends ainsi ce passage : « Après avoir entendu les trois
choses dont l'option était laissée au roi, et dont la troisième
était une peste si terrible que le peuple se senclie (je lis ainsi
p. le senche) de grant mortalitet j alors (là) le roi se tut et
réfléchit ». Par conséquent j'ôte le point après senche, j'en
mets un après mortalitet et je lis : Là fisl David silence.
Lent, sans force, languissant, 1, 144. 34 :
Si que religions ou nulle soit ou tente,
*LeiiteleUe, 1, 199, 23 :
On warde lenlelcile que !i vcns ne Pabache.
Pour l'éditeur c'est une « petite lanterne ».; mais un habitué
de l'ancienne langue n'hésitera pas un instant à lire Fente-
letie (jeune plant, arbrisseau).
Lésion (avoir), être lésé, 1, 122. 24 :
Mais que (s= pourvu que) pour dire voir je tCaie lésion.
Lettre («avoir), savoir lire, I, 42. 21.
Llement, subst., type laetamentunij joie; faire liement, I,
27. 22; II, 59. 26:
Nuls de liemenl faire ne doit iestre lassés.
Lieu ou /tu, autorité, domination, estime; avoir sen lieu y être
en estime, dominer; 1, 291. 22 (malvais ert dont leur lieux) ;
333. 15 (Adont n'aront nul /.), 338. 18 (lieu n'i doient
avoir), II, 14. 19 (Volentés a sen lieu), 15. 7 (Bien sai que li
voir dire toudis sen liu n'a mie), 171. 13 (On y voit... petit
avoir de lieu raison et equitet).
Lignes et lagnes, 1, 132. 10 et 140. 15 (prose) « tissus de lin
et de laine » (il ne s'agit pas, comme veut le gloss., de bois».
Cp. dras lignes, 1, 152. 24 et 28.
(86)
Lliynevr, qui trace, arrange, fig. directeur, architecte, i,
173. 18 :
On tient en ces ouvrages maistre[s] les boins tigneitr* * ;
I, 308. 21 :
Chil doy deussent bien iestre de pais faire ligneur (on a impr. ligueur).
litiynler, propr. tracer, régler, fig. redresser, I, 173. 20 :
Ligniê»^ poigniis ces cucrs, trestout sont maskuret.
Ce texte se produit ainsi dans Tédition : Lignies, poignUs ces
cuers...j et Téd. explique, par impossible, lignie par ce métier
du travailleur en bois ».
Mme, fâcherie, querelle, II, 133. 4 (le sujet est Dieu) :
Et doinst aussi que femmes putscent vivre sans Urne».
liliuer, V. act., ronger, détruire, I, 317. 6 :
L'uns mucrl et Tautrc vit, ensi mors vie lime ;
V. neutre, se fâcher, s'irriter, I, 124. 6 :
Et toutes gens lairoit courechicr et limer ;
165. 22 : sans tenchier, sans limer.
liiiulter, arrêter qqn. dans ses écarts, II, 30. 10 :
Toutes femmes puet Dieus, quant li plaist, limiter,
litre fait au subjonctif prés, tantôt Ikhe (1, 1S5. 3), tantôt lise
(I, 179. 7 ; 292. 14) ; tous les deux à la rime.
tiOlemler, adj., attaché à, désireux de, I, 163. 7 :
D^amcr autrui que Dieu ne soyons loiemiers.
Attaché 'd'amour, amoureux, I, 216. 22 :
Toutes sont loiemieres, se font pluseurs accointes.
Subst., limier, 1, 163; 7 :
 s*amour nous loions si com fait loiemien.
1 Le gloss. traduit : « celui qui travaille le bois ».
(87)
L«ne {avoir)^ impers., y avoir long chemin, I, 320. 3 :
Comment que de TourDay dusqu^à le court lonc a.
Lon^arder, traîner, II, 84. 27 :
Chil ouvrier par journées ne font fors longarder.
liopln, morceau, pièce ; lopiner, garnir de pièces, II, 29. 5 :
Et de petls lopiiM lor cotes lopinoieni.
Lorgne {faire le), faire comme si on ne voyait pas, fermer les
yeux, II, 122. 28 :
Bien fait faire le lorgne, s'est tous li plus roaistîs.
liovpe, grimace, moue; faire le loupe, II, 26. 17; 1S4. 24;
203. 8. Voy. Gloss. des Poés. de Froissart. — Cp. Ph.
Housket, 24942 :
Adonques a cil le renon
Qu'il Ta trai, si n'i a coupes;
Et non ponr quant Ton fait on loupes.
M. de Reiifenberg traduit mal : « lui en fait on souillure »,
parce qu'il a trouvé dans Roquefort : lope, loupe, crasse ou
balayure de métal.
""Lui, II, 294. 1, lisez liu = lieu.
Ijapardiel, petit léopard ; fig., béte féroce, II, 186. 16 (on
parle des dalvadiel) :
Sage sont qui s'en wardent, che sont tout lupardiel.
lae, l'« pers. sg. indic. prés, de meWr^ (voy. l'art, accurer);
I, 70.12, 1. mac p. mai; subj. mâche I, 86. 16; 242. 22.
laeb^ooer, bâtir 1, 190. 20 (c< moustiers »); fig. préparer,
établir, 210. 9 :
Quant uo rédemption Trinités mâchonna.
(88)
Ma^ooo, rouge-gorge (Dictionn. de Hécart), II, 360. 17 :
Qui ne haïrent onques ne marges ne magnons.
On Ht au gloss. : a Pour mangons^ bouchers? »
■aller = mêler, II, 102. 16.
■aille, mot usuel pour renforcer une négation, II, 196. 1;
aussi maUlie (valeur d'une maille, un rien), I, 374. 6 :
Qui ne sevent maillie des saintes escrîpturcs.
^Maloé, I, 9. 19 : [L'auteur remercie Dieu de l'avoir laissé
vivre si longtemps et ajoute]
Elas ! Bfès que j*euvîsse estet
Religieus vrais un seul jour,
Par quoi mainé boin eust srjour.
Je ne sais pas comment l'éditeur a compris ce mainé; pour
moi, je suis certain que l'auteur a écrit marne, c'est-à-dire
m'ame (mon âme).
* Maint, I, 70. 23 : [Douce Dame, je prie ton Fils], se lî plaist,
que tant maint. Que... — Lisez m'aint (m'aime, subj.).
Malrler, gouverner, dominer, guider, I, 31. 26. Ce verbe a
le même Sens dans le passage I, 307. 27, à propos duquel le
gloss. ouvre un art. spécial « mairer, remplir? » :
G*est celle {il s'agii de l'envié) qui les ooers tondis de tous roauls
(:= méchants) mmre.
J'ai discuté l'étymologie controversée de ce verbe dans mes
Trouvères belges (l"' suite), p. 300.
■al«tl« (gefis), gent de métier, II, 127. 12 :
N*espargne gens vnaisfis, ne les gens de pamges;
ib., 154. lo :
Et li moicne gent et li peuples maisOê-,
ib., 163. 27 : maistit (je lis mnistic) et de parage; 272. 2 :
Le siècle les a tous si bien ademestis
Que nuls ne connoist mais vilains, frans ne mahtii.
(89)
Le mot semble signifier a utile » II, iii. 28 :
Bien fait faire le lorgne, s*cst tous li plus maistis.
Je ne me souviens pas* d'avoir rencontré cet adjectif, dont le
thème maist ou ^mest est le même que celui de maistieTj
mestier^ c'est-à-dire minist^ tniml. Le mot est, suivant le cas,
maistic ou maistis, — J'hésite à l'identifier avec mestiSj
métis = lat. tnia:ticius, en lui assignant la valeur « de la
moyenne classe ». — L'éditeur distingue deux maistis^ l'un
s puissant, l'autre s= gens de métier. Je ne saurais
l'approuver.
Make, non pas bouclier, comme dit le gloss., mais massue,
II, 49. 19 :
Encontre le diable fait Dieus des boins se make.
Cette forme picarde make ne s'accorde pas avec fr. masse
(d'où massue)j qui est généralement rapporté à lat. ynatea ;
notre make est le même mot que make, tête d*épingle ou de
tout autre objet et signifie en premier lieu « boule ». Voy.
d'ailleurs le Dict. de Grandgagnage sous make et makelote
(massue).
Mallsce, masculin, I, 273. 6; 391. 24; 354. 2o, etc.
Manestreiir? I, 199. 11 :
On ne poroit trouver plus parfait ensigneur.
Il ne ressemble mie manestreur engîgneur.
C'est le lat. ministratOTj conseiller, instructeur; a p. ^ en
syllabe atone et initiale est fréquent (cp. asc(mtet\ anemi,
parcevoir). Il faudrait, cependant, pour se fixer, vérifier
le manuscrit.
* Mangeur, I, 333. 15 :
Adont n'aront nul lieu ne mangeur ne mineur.
Corrigez mageur (ou majeur) ne meneur.
Hareander, fig., réfléchir, délibérer, I, 302. 17 :
Liés fu moult et joyans, en sen coer marcanda.
(90)
Mares (plur. de maretu quid? II, 88. 20 :
Là vlenent saudoyer qui portent ches darès,
Gbes gens de tous estas, ehil robin, ches tnarèi.
Margot, pie, II, 260. 17 (voy. sous magnon), — Le
pense aux enrôlés des grandes compagnies militaires qui
portaient ce nom.
Marier, médire, déblatérer, I, 82. 11 :
Et sur les boins vocllcut marier
Et yaus en tous temps dcparler ;
I, 362. 27 :
Scculcr sour clergiet sevent moût bien marier.
Cp. 1,233. 16; II, 286. 22; 289. 4.
Martin {parler d'autre), I, 32. 15. — Cette locution prover-
biale, bien qu'omise par Littré, n'est pas éteinte dans nos
contrées.
Mascler, mâcher, II, 65. 1 :
Or (maintenant) argent, s'oii pooit, vorroit on bien moicier.
Selon le gloss. = amasser. — Au fig., méditer, II, 192. 6:
Ches paroles sont vraie<i, or les poés matcier.
Mat, subst., action de mater, victoire, I, 200. 16 :
Cbe mat fist il moult grant et partout dilater.
Matere, matière. Notez que Tauteur n'emploie jamais ni la
forme matire, ni matière. Dans les mêmes conditions {e bref
tonique), il dit aussi manere (manière) I, 121. 23. (Manière
n'est pas exclu, je l'ai rencontré à la rime, mais égaré le
passage.) Le même fait se produit encore dans misère ine
parait pas dans Gilles). La forme normale est en -ire, cp.
impérium empire. — Adultère {II, 101. 25) est une forme
savante; la bonne forme ancienne est avoutire.
Mature, lat. maturus, = mûr; cette forme savante se pré-
sente plusieurs fois au sens fig. de posé, sensé, I, 368. 14;
II, 36. 1; 124. 2; 208. 1.
(91 )
''iiecbalns, I| 229. 6 : leurs filles, leurs mechains. — Mot
mal lu p. mechains (nièces).
Medelan, I, 24S. 8, non pas, comme dit le gloss., « portant
remède », mais = mediolanus, milanais.
Medlclner, fig., diriger, instruire, I, 17. 26 :
Il m'aprist et me doctrina
Et d*ordcne me medicina.
Guérir, 1, 304.. 23 (sespekiés).
MelTalre, mal parler, médire, I, 363. 26 :
Adont sour les églises pau de gens mefftuoient.
Meffaitj adj., qui a mal fait, coupable. H, 77. 18; 157. 3;
251. 23.
^Mesescbanebe, malheur, misère, I, 14. 16. — Forme
suspecte ; on s'attend à mesestanche ou mescheamhe.
MesolTrlr, manquer de respect, I, 6. 25; 14. 13; II, 6. 25.
Meunière», I, 227, 10 :
Des antres esbanofs dont elles sont mesnieres.
Le sens est « habitué, coutumier » ; il se déduit aisément de
celui de « familier », qui convient le plus souvent à mesnièr
SB lat. mafisionarius ; il n'est donc pas nécessaire de corriger
par manières (adj.).
Mespaller (se), s'inquiéter, s'affliger, I, 227. 13 :
Aueun qui les compagnent, à le fois t*en mespaient
De chou qu'on leur voit faire.
C'est le contraire de s'apaiier.
* Mestlr, II, 53. 23 : Gentil gent et mestir. Vu l'emploi fré-
quent de l'adj. mestis (v. pi. h. maistis), il vaut mieux tenir
mestir pour fautif p. mestic ou mestis.
Mesure, maistire, maîtrise, savoir, II, 52. 24 ; 75. 22 ; 218. 21 .
— Type latin magisterium. — L'équivalent maistrie (11,86. 1)
est le subst. verbal de maistrïer.
(92)
Mestrier, maîtriser, I, 312. 15 :
Nuls sires ne les a, lonc temps a, mesfriicê.
On a imprimé : « Nuls sires ne les a lonc temps à mestryes »,
ce qui ne donne pas de sens.
Mestare, maisture, mélange, assemblage, II, 177. 29 :
Des boins et des malvais couyient avoir mestures ;
II, 186. 4 :
Car d'ommes et de femmes est belle H maisture.
Cp. encore 1, 106. 16; 192. 2S; 277. 23.
Mesaser, mal agir, pécher II, 104. 28; réfl., I, 211. 17.
Mètre à qqn. = mètre sus, imputer, II. 79. 28 :
Peale leur mait qu^il sont en ouvrer plain d'accidc.
ileale, bien-meuble (souvent opposé à hiretage), 1, 193. 17 :
Vous testes hîretages et gent dou siècle mettfe]
l 260. 11 :
Il laissent Pyretage et se tiennent au meule.
Cp. 1, 267. 5; 297. 16; 326. 28; 353. 10; 364. 14; II, 28. 16;
103. 12.
Mealer («e), s'enrichir, 1, 191 . 2 (il se voelent de grans joyauls
meuier). — Dér. de meule, bien-meuble. — Un doute, toute-
fois, me traverse : se meuier n'est-il pas le simple de s'camler
(y. pi. h.)? Les rimes pululer, reculer autoriseraient même à
corriger muler,
Meare, forme contracte de meure (mûre); appliqué à ^r^au
sens de proche, imminent, I, 222. 3 (tant ke l'eure ne soit
meure). — Meurison (venir à), mûrir, II, 84. 8.
Mlerbe, adj., I, 357. 17 :
D'un jovene dissolut dist on « il est trop mierbes »•
N'aurions-nous pas là la forme première de mièvre, -dont
l'étymologie est encore un problème?
(93)
Miauler, manger, I. 35. 1; 47. 6 (où la rime exige mipiiet
p. megniet). Forme populaire p. mangier (I. 58. 2; 196. 24).
— Migneur, mangeur, 1, 156. 21 ; 159. 27 ; par dérision on
appelle les frères mtwewrs, I, 270. 20, des frère migneur.
Miner, ruiner, I, 312. 22 (^e^ anemis) ; arrêter dans son cours,
en parlant d'une guerre, I, 290. 26 :
Par trievcs, par rcspis par pluscurs ans minée.
Se miner, décroître, finir, I, 263. 20 ; II, 10. 28 :
Que H maus qui pullule se puist dou tout miner.
Mineur, I, 333. 15 :
Âdont n^aroul nul lieu ne mangeur ne mineur»
Je corrige ne majeur ne meneur. La mauvaise leçon mangeur
(voy. ce mot) a entraîné l'éditeur à interpréter mineur , contrai-
rement à la phonétique et à la rime, par migneur (mangeur).
HIraele, féminin, 1, 347. 28 (c( les grandes m. ») ; à la p. suiv.,
ligne 18, masculin (« li miracle », plur.)
Mite, mitaine, II, 184. 24.
H»ette (pron. meute), subst. participial de movoir, = motif,
cause, II, 153. 24 et 172. U (moelle de luxure).
HweTre» forme d'infinitif concurrente avec movoir, \, 181. 19;
340. 26.
H»les, II, 179. 22:
Ainsi nous couvenroit apprendre faire moyes.
« A faire des bornes, à nous mesurer, restreindre »? Ou faire
moies est-il = faire des meules, fig. mener la vie de laboureur?
J'opte pour le dernier sens, car pour lat. mêla, borne, l'au-
teur emploie la forme latinisante mêle (I, 235. 17 ; II, 90.
25; 98. 4; 228. 21).
H»lener, sens absolu, intervenir dans ce qui ne vous regarde
pas, 1, 186. 19 :
Autre voclent toudis moiener et ruser.
(94)
Mole sa fr. motUe; mode^ manière, II, 3. 36 :
Jadis apris me fu jouvenchîei à Tescole
Paire comparisonf, s^ai retenat le mole
ib. 99. 13 :
Pour deehevoir les hommes ont femmes moait de moUeê.
Cp. 136. 16; U 98. 30 (le molle de biaus dis faire); 354. 21.
Moimler, meunier, 1, 280. 3; II» 273. i^\monnées, grains à
moudre, II, 271. 10. Ne faut-il pas mounier^ maunies'i
Monstrcr et ses dérivés. Changez partout Vn en u, selon
l'usage du dialecte et l'indication des rimes (cp. 1, 82. 23;
98. 26).
Monter, prendre de la vogue (en parlant de toilette), II, 171. 17:
Comment nouviel habit sont venot et montef.
Cp. 11,286. 32:
Et sont si li pekiet nunUei
Que cescuns fait tout sen plaisir.
Mortollle, I, 71. 2 (en prose), mortalité ou pestilence, ail-
leurs mortorCy 1, 191; II, 157. 10. Je vois dans mortoile un cas
de substitution de / à r; voy. atollissier.
Moalel&ln, étoffe de toile fine pour robes légères, aussi robe
faite de cette étoffe, II, 27. 19 :
Je vi les moulekini les anchienes porter.
Cp. Gautier le Long, la Veuve, 129. — De là le mot technique
mulquinier.
Moaskes (prendre)^ s'irriter, II, 196. 15 :
Car mes kiens prendent moutke» quant mes cas je castic.
Moastranebe, enseignement, I, 246. 4 :
Car fil Dieu se disoit partout en se mouUranche.
Muer (se), se mettre en muCy se cacher, II, 68. 2o.
(9S)
HoUoii, mesure, I, 219. 33 :
En fiestycr Tespcasc ne doit avoir muiêon.
Le sens « changement », qu'indique le gloss., est contraire
au sens et au rhytme (il faudrait mui^on). Cp. Froissart,
Buisson de Jonece, 1361 :
• •• droit au buisson,
Dont je ne sçai pas la muiton
Volumer ne le compas prendre.
Munir 9 garantir, I, 41. 9 :
Qui n^iert par repentir mimif,
De DicQ sera cierles punis.
Moiiliiieiit, diplôme (voy. Du Gange munitnen, tnunimen-
ium), II, 283. 11 : [Li Sains Pères]
Lui envoya ses munimensy
Bulles de le provision
Dont j'ai dessus fait mencion.
Mot, fém. mti^, muet; employé dans l'expression biestesmues^
I, 284. 17; II, 64, 14. Le terme plus usuel est ledim. muiel^
I, 252. 20; II, 195. 21, quelegl. interprète malencontreuse-
ment par « moyen ». — Je signalerai encore l'application de
cet adjectif mut à estude (salle d'étude) avec la valeur de a où
l'on ne parle plus )>, fig. abandonné, désert, II, 46. 26 ; à la
rime l'auteur emploie, comme synonyme, l'adj. nui (voy. ce
mot).
IV
miebe représente lat. nescius et ne signifie ni récalcitrant, ni
paresseux (gl.), mais ignorant, sot, mal appris, II, 22. S ;
155. 18; 172. 16.
IVIaley fine pâtisserie, 1, 112. 20. -^ Du lat. nebula^ comme
tiule de îegula^ riule de régula.
IVive, neige, I, 218. 16. C'est aussi la forme de Froissart (voy.
mon gloss.).
(96)
Wocct ou nocheU quid? I, 91. 5 :
De frcre Jacqucmont Bochel,
Qui en scn livre maint nochet
Fait as pekcurs pour repentir;
II, 176. 20 : Un nocei m'avés dit; II, 184. 9 :
S*il me dîent nochèiy des noehèt leur dirai j
II, 194. 2 : à ce cop grans noces nos donnés; 203. 25 :
Des noch m'avcs dit, nocè$ vos ai rendu t.
Pour réd. = dommage (contraire au sens et aux lois élé-
mentaires de l'étymologie); pour moi, sauf éclaircissement
ultérieur, j'y vois « admonition, réprimande » et je me
demande s'il ne faut pas lire vochet (cp. a fr. vochier^ appeler ;
ail. auf-mf^ avertissement). Donc un dim. de voix ^.
N^ety dans sot met, II, 63. 24; 196. 22, = lat. noialrn au
sens de « signalé, notoire ». — D'après l'éd. : « fou à lier? »
IVa, dénué, privé, I, 334. 16 :
Romme, noble cytés, k'iestes vous devenue?...
Or iestcs et scrcs d'avoir les pappes nue.
Vide, dépeuplé, II, 40. 28 :
Et se rassanneroienl estudes qui sont nuet,
O
Obanlc, II, 195. 17, p. osbanie (ost banie), II, 216. 23.
Obseore [gmt] = gent hostile, II, 113. 28.
Obsearer, obscurcir, au sens propre et fig., actif et réfléchi,
1, 151. 26; 173. 25 (= souiller) ; 298. 8 (mettre dans l'ombre;;
II, 113. 18. — Au sens neutre : obscurir, II, 115. 21; obscurcir^
II, 117. 16 (subj. obscurchie, I, 352. 22).
* Au bout du compte, nochet ne viendrait-il pas de noches, uoeehrs
(noces)? Le premier sens « mots gracieux adressés à la mariée, épithalame.
compliment » aurait, par dérision, tourné eu celui de « discours malgracieux,
remontrance, popul. savon ».
( 97)
^OITrler, offrir. Cette forme, tout à fait improbable, parait
résulter des deux passages suivants : I, â60. 16 :
Les grasces Dieu se sont de pluseurs eslongics,
Pour ensegnier le peule qu*il avoit offrHe» ;
ib., 279. 19 :
Aujoard*ui pluseur gent moult petit leur o/firient.
La correction ottriies et ottriefit ne fait pas doute.
*Oîéim,oyeulx, yeux. Cette forme, qui répondrait au type
ocelles, se voit I, 32. 33; 46. 16. 31 et 33; 48. 19; 95. 28,
29 et 32 ; mais partout le mètre réclame un monosyllabe, ce
qui impose la correction yoelx (II, 169. 12) ou oels (I, 24. 23).
-ol (devant consonne); ce groupe passant en au (prob. par
ou) ne se voit que dans le dérivé saudoyer (de satU=^ solidus)
et dans vaurmt (I, 63. 23), vaura, vaulrai (de voloir), vausist
= voulût 1, 5. 14; 14. 29; 232. 24). On n'en trouve pas moins
aussi la voy. o p. au, ainsi fut. vorai 1, 11. 34 ; parf. vorrent
II, 49. 25; impf. subj. vosiscent I, 357. 1.
Ole, huile, I, 220. 9 (en rime avec foie, escole).
OuKlés = ongniés (subj. prés, de oindre), I, 154. 11 ; en rime
avec congiés (congé) et songiés (soignez).
Or, adv. — Locution et or et ore, en tout temps, I, 28. 22 :
Si dois penser ei or et ore
Se fas pekiet en un saint lieu.
Orde, représentation graphique exceptionnelle de ordeiie
(ordre), 1, 197. 16. On sait que cette forme ordeiie est toujours
bissyllabique, œmme jovene (jeune); c'est en violation de
la prononciation, aussi bien que de la mesure, que l'éditeur
écrit constamment ordène, jovène,
Order (»'), se souiller, I, 370. 10 ; II, 187. 17; 207. 19 :
Des defautes d'aulrui nullement ne t'ordoil.
Le texte imprimé donne erronément^ordotl. Il faut distinguer
les deux termes s'order et sorder (v. ce mot).
Tome XXXVII. 7
(98)
, p. - oire, est la règle dans notre texte : memore, glore,
purgatore, inventore ; de même -are p. -aire : aumare (= ar-
marium), viestiare (1, 170. 1-2).
•st, armée, I, 313. 21. Je consigne ce mot parce qu'il a été
méconnu dans le texte, où on lit : « Tost Pempereur estoit
par dehors le citet », au lieu de L'ost Vempermr (l'armée de
l'empereur).
INiMée, pâtisserie très mince, auj. oublie^ II, 361. 4. La forme
en ie est la bonne, puisque le type lat. est ohlata (hostie).
Oabller (s'), passer son temps, se distraire, II, 230. 2S.
Voy. mon gloss. de Froissart(Chron.).
Owel, lat. aequalis, égal, I, 347. 16; aussi yoewel, 1, 198. 13.
Pade, patte, I, 203. 4 : [L'abbé doit être]
Contre les anerois bien vigreos et bien rades,
Si qa*en nul de ses moines ne mâchent (= mettent) ja leur padet.
^Paiecbent, subj. prés, depat^, II, 30. 26 :
Mais de le mort convient k^elles paiechent leur rente.
Corrigez, comme l'indique le rythme, paichent, qui est la
forme voulue par la grammaire suivie par l'auteur; cp. I,
131. 2 (paiche), 141. 17 {paice), II, 63. 3 (paiches). — La forme
paiechent n'est pas fautive en elle-même et s'est sans doute
glissée dans le texte comme étant celle qu'employait le scribe.
J'ai, dès 1874(Jahrbuch fur romanischeSprache, t. XIV), porté
l'attention sur le subjonctif en èche des verbes de la 1^^ con-
jug. {acateche^ botUeche, geteche), mais il ne peut en être
question en notre endroit. Voy., à ce sujet, Mussafia, Zwr
Prasenzbildung im Romanischen, Wien, 1883 , pp. 52-S3.
PftiMçant, lat. pascentem, pâtre, II, 71. 14 (voy. faurse). Non
pas paysan^ comme veut le glossaire. — - Voy. aussi fourse.
(99)
Paiftier, sens absolu, faire la paix, I, 60. 4 :
Ire fait faire des batalles,
Dont pour paisier on fait des tailes.
PaleTolc, paillette, I, 242. 8 :
Et les laissent aler ensi que palevolet ;
11, 47. 4 :
£t nient plus ne les prisent com prisent palevoUi.
Formé de paille vole (légère).
Pamme, paume de la main, II, ilS. 17 : [On leur fesist]
Encontinent rougir de le pamme mascielles,
c'e-st-à-dire : on les eût aussitôt souffletés. Voy. aussi dorer.
Panette {faire soupe ctune)^ loc. proverbiale « prendre de
grands airs, II, 1S4. 22. — Panette est, sans doute, une soupe
mince au patn, opposée à une soupe grasse et bien épicée.
Ou peut-être la bouillie des enfants opposée à une soupe
d'adultes ?
Paime, fourrure, II, 174. 13 :
On dist de femmes sages tant que de rouges pannes^
Et tant que de noirs chines et que de blanches kannes ;
Lor keuves vont moustrant si com paon as pannes.
L'identité entre poime et penne n'est pas encore établie. —
Le deuxième panm de ce passage est un mot différent et
« paonne^ femelle de paon.
Paper, propr. mâcher, puis avaler, engloutir, I, 182. 20; II,
288. 16 : [Le Diable]
Les boins rcligieus vorroit treslous paper.
Pappct, papauté, I, 302. 9. Du type lat. papatm.
Parer = comparer, expier, II, 101. 28 :
Moult souvent li maWais de malfairc le père.
( 100 )
Parer (ne), tirer vanité, se glorifier, II, 117. 13 :
Eiisi tuut li pekiet dont li pcckeur se pereni^
Font obscurcir virtus...
II, 163. 13 :
Quant ches garchcs sont grosses, tanlost elles «'em pereni.
Parler. Futur parlerai (I, 113. 17 ; 212. 1), mais le plus sou-
vent parrai (I, 18. 2o; lî23. li), parra (253. 6), parrotU
(215. 22) ; de même au condit. parleroie (288. 2) et parroie
(285. 17). — Le thème primitif paro/ reparait dans les per-
sonnes du présent dont la finale est sourde ; ainsi parolletit
II, 39. 21 ; corrigez paroleiit p. paraient, 1, 54. 35.
Partir (se) de qqn. ou qqch., être partisan, prendre le
parti, II, 19. 26 :
Car toudis, quant il poet, de sen maistre te part.
Pas, passage (d'un livre), 1, 155. 26 :
Prendés les pat qui font des abbés mencion.
Paselonaire, I, 133. 24 (prose) : Physiscien et surgyen
estoient pascionaire, si que de toutes apothicaries et de
toutes nécessités pour maladies n'estoil nulle defaute. — De
pastionarius, nourri dans la maison? Ou, ce que je préfère,
de pactionarius, payé selon contrat ; pactiofiem, chez notre
auteur, devient pacion ou pasdon.
Passer, supporter, tolérer, I, 84. 23; 112. 1 ; 363. 2. — &
passer, se contenter, II, 28. 21 ; 164. H ; se permettre, II,
73. 17. — Passé, vieux, usé, II, 182. 5 :
Wardés vous dou radot, car vous lestes panés.
Paterultet, patronage, 1, 39. 1.
Patet, quid?l, 190. 27:
En siermons, en lecture sont boin et moult palet ^
I, 310. 4 :
On ne peust trouver homme plus biel ne plus patet.
( 101 )
Estrce une transformation arbitraire du mot savant paient
au sens de « notoire, renomme, distingué »? Ou l'auteur
s'est-il imaginé un type latin patare = patefacere (faire con-
naître)? Cp. sedare relativement à sedëre.
Pau, peu, 1, 22. 28; 23. 34. C'est la forme dominante. Pou I,
23. 7 et peu 202. 28 et 212. 2 sont exceptionnels et peut-être
le fait du copiste.
Pener, act., gagner péniblement, II, 84. 18 : [Est]
Malvaiscment wardct chou que bien est penet,
Perdiche, subj . prés, de perdire, achever de dire, I,
187. 11 :
Quant uns des cuers (chœurs) commence son vier, ains que perdiche.
L'autre coer à rencontre sont cnsamble compliche.
Je cite le mot parce que le gl. en fait, par impossible, le
subj. de perdre. Je pense d'ailleurs qu'il faut lire pardiche.
Périr, act., = faire périr, I, 55. 17 ; 201. 17 :
Dieus volroit tous salver, nullui ne voelt périr.
Personne (eti me), pour ma part, I, 41. 30. — Personne
est traité comme masc., 1, 332. 11 : à personnes m*etis de
maint visce.
Peslere, champ planté de pois, I, 229. 4 :
On voit moult bien fallir par années pesieres ;
11,172.14:
Penerei fa lent bien, aussi font leur prières.
Pour le gl. ce sont des « tourments ».
Peut, 1, 22.25, « ^ peu avec un t, destiné à faire éviter
un hiatus ». Ainsi s'exprime le gloss. C'est se débarrasser
aisément d'une finale quelque peu gênante. Pour moi, dans
l'intérêt du sens et du mètre, je lis peut, qui veut dire ici
« goûté ». Voici le cas. L'auteur expose comme quoi, quand
(lOf )
le tourbillon de la jeunesse est passé» chacun se met à un
travail réglé ; les uns se livrent à l'étude,
Li autre pensent as avoirs,
As markandises, as rikaices ;
Peûi ont au (I. on) coer do lîaices,
Mes il pensent à assanler
Et 11 uns l'autre ressanlcr.
Pleutre; cet adj., chez notre auteur, implique particulière-
ment ridée de vulgarité, de manque de dignité; 1, 110. 19;
184.7; 178.6; 183.20; 336. IS; 344. 18; 346. 9; 368. 18;
II, 34. 2; 146. 19.
Plet. Locutions : donner boin piel, II, 121. 11 : [Tout, a dit
l'auteur, bien ou mal, dépend du clergé;]
Ch'est drois, che sont canteur, boin piet doivent donner.
Prmdre piet sur museur, I, 172. 18; 339. 1; II, 51. 17.
« Faire lâcher pied à qqn. au milieu de ses plaisirs »?
*Pillate ; ce mot n'a pas de sens ; je corrige pillet; 1, 336. 20 :
D'aier là moult de gent ont estct molestet,
Desreubct et pillet^ corps, avoh* aricstet.
Je trouve au gl. : « S'en lavant les mains comme PUate
(voir Roquefort)? » Si je ne puis accepter cette interprétation
désespérée, je ne veux pas taire que Littré n'a pas d'exemple
de piller antérieur au XVI* siècle <.
Pille, ballot, I, 217. 24 :
Les detaîlleurs feront leur pilles despiler.
Selon le gloss. : « leur argent ».
PIneler ce sour ses subgis » (en parlant d'un prince), les mal-
traiter, 1, 116. 12.
Plne, épingle, =3 angl. pin, II, 35. 2.
. ' J*eo ai trouvé du XV«.
( 103 ) .
PUier, neutre, prendre pitié, I, 69. 14 :
Si te très grans douceurs enviers inoy n'en pilie.
Peut-être faut-il n'enpitie (en un mot). God. a deux exemples
d'un verbe empUiver.
Wu (monosylI.K doux, I, 118.28; (ém. pieuve, II, 185.6;
lisez aussi pieuve, p. pieus, II, 109. S3.
Place [venir en), s'établir, fig. prendre le dessus, II, 66. 24 :
Car cVst li vrais trîakes ki les venins enkace
Et les morlculs pekîés, qu'il ne vienenl en place,
Cp. II, 74. 21 :
Mais or est convoitise partout enmi la pfaee.
nakerle, ftlatterie, I, 269. 20; 30i. 8; 330. S — Ce sens
est tiré de plaquei* = passer le plat de la main (caresser).
Planer, effacer, anéantir, II, 48. 11 :
S'ordena par diluve que tout il planeroit,
Plenler, adj., implique généralement l'idée de perfection,
mais aussi celle de certitude, I, 2o0. 27; II, 116. 3, de
richesse, 1, 11. 4 (mettez ici un point-virgule après pleniers),
18. 21 : boins mes (mets) pletiiers.
Pliebe, pelisse, II, 32. 22; pifcAon, 108. 21.
Plolt, pli, fig. état, 1, 108. 6; II, 272. 7. Cette forme a pour
type lat. plicitum, plic'tum, tandis que pli, ploi est le subst.
verbal tiré de plier, ploier,
* Pions tre, cadenas, I, 95. 26 :
Et li y OCX moult souvent demonstre (I. demoustre)
Avoec le sîerure le plonstre (I. plouttre).
L'éditeur a reconnu lui-même que la rime nécessitait la
cx)rrection p/ouA'tr^ ; mais pourquoi, à l'errata, ne corrige-t-il
pas en même temps demonstre par demoustret
Plorols, p. ploi'oirs, mouchoirs, l, 21S. 22.
• ( 404 )
Plarer^ pluriel , anc. forme née par analogie avec singuler^
11,29. 26; 141.21.
^Polsnear, quid? I, 173, 19 :
Poartraicurs couvreurs boins tient on pour boins poigneurt.
Je ne saisis pas le sens précis de ce vers ; en tout cas, la rinie
ligneurs m'engage à corriger pigneurs, forme insolite pour
peintres. — Au gloss., on explique poigneurs par « ouvriers
qui se servent de Taléne ».
^Polsnie, « métier de cordonnier » (gloss.). — Voici, tel
quMl est imprimé, le vers qui a occasionné cet article; il
vient à la suite de celui qui renferme poigneur, dont je viens
déparier; 1,173. 20:
Lignie», poigma^ ces coers trestout sont maskarct.
J'ai déjà dit sous lignier comment il faut lire pour arriver à
la mesure et obtenir un sens; seulement, je ne sais pas qudie
valeur morale donner à poigniés ; piquez ou peignez?
Pointure d'un dé, les points, II, 3. 71 et 14; piqûre, désagré-
ment, II, 6. 9; 38. 2; 78. 16; chose pénible, tourment, 1, 297.8,
PoUIr, mettre en meilleur ordre, tenir en meilleur état, 1,
249. 27 :
A tous lés ne puet nuls les signeurs amollir
Qu'il ne prengent dou leur pour leur estas pollir,
Pomperle, luxe, I, 159. 18; II, 135. 20.
Pooir, = pouvoir exister, II, 172. 7 et 11 ; 175. 25; 221. 16 :
On ne poet sans ches femmes, se n*en poet on bien dire.
Voy. mon gloss. des poésies de Froissart.
^PorUele? II, 125. 1 :
Lii fait castiemens en divers lieus portielei^
On les porra trouver en pluseurs des capitles.
Le gloss. se tire d'embarras en posant les équations sui-
vantes : porticles = partides = particularis, donc = spéciaux.
— Ne faut-il pas plutôt corriger par titles f
( i08 )
Pot (aler entour te), I, 279. 26; II, 37. 19.
Ponllon, poussin, 1, 181. 9; pouUonchiel, ib., 1. 16.
Ponrebae, I, 269. 16. — Subst. verbal de pourchader.
Pooraliraniiient, dans la suite, II, 11. S.
Poorweanee {avoir (te), avoir comme préservatif, en garan-
tie, I, 3. 2 :
Or avons nous de pourveance
Que Dieus nous donne très Penfance
Un de ses angles* . .
Pralece, paresse, forme vicieuse pour perece, II, 288. 26. —
Praice, 1, 115. 4. (cp. laice = teatee, au v. suiv.). — Prechier,
paresser, I, 59. 31.
Préciser, au sens moderne, I, 249. 22. — Verbe digne de
note pour l'ancienneté de son emploi.
Prcdlcameut, réputation, 279. 13 :
Or est tous li clergiés en grant predkament.
Presnaot {femme), enceinte, 1, 100. 11.
Prejndlsee, 1. préjugé, I, 372. 9;— 2. dommage, I, 382. 8.
Prelatlon, prélature, I, 304. 2.
Preller, combattre, I, 286. 10; subst. preliation, I, 227. 27.
Prémisse, avertissement, 1, 358. 16 :
Ensi li manda Dieus et li (ist cheapremissês,
Prestot, mauvais prêtre, 1, 110: 18 :
Priestre? non, mais pretlot par leur vie seniestre.
Le gloss., à tort, conteste l'interprétation que je donne à ce
mot, en ajoutant : « La qualification de drôle, vaurien, est
ici évidente n.
Prilleas, périlleux, I, 60. 2 et passim.
( 106)
Prison, masc., prisonnier; signification bien connue, I.
175. 12; fém., fig., chaîne, embarras? II, 276. 22 :
On soloit jadis faire de boines orisons,
Or dist on : « Boines oevres, ce sont tontes prhanê, •
Prlvanche, confidence, II, 3. 4 ; indiscrétion, II, 4S. 4.
Privet (en), en confidence, I, 241. 27 (le texte porte emprivan
I, 268. 11.
Promené, lat. progmies, lignée, II, 11. 12; 207. 24. Lati-
nisme.
Pronostiker, I, 346. 17. Mot digne d'être constaté.
Propre {vivre sans), vivre sans posséder, I, 143. 1. —
Cp. II, 146. 8.
Prospérer, lat. prosperare, rendre prospère, II, 100. 5.
Proairear, I, 253. 18 (il s'agit de Jésus) :
No prouveur, no docteur et no boin promoteur.
Défenseur, avocat?
Proavoire, prêtre; non pas « clergé », comme dit le gloss.,
1,243. 23; II, 178. 12.
Provision, collation de bénéfice, I, 348. 27; II, 68. 15;
peut-être aussi I, 265. 6 :
Les promsionê fallent, aprcndres eiessera.
^Paelent, peuvent, I, 102. 15; 182. 15; 183. 18; 231. 2;
235. 26; 252. 20; 258. 24; la forme normale chez l'auteur
étant pueent (I, 251. 22), je tiens pueierU pour une mauvaise
lecture pour puelenL — Quant à la forme picarde puelmU
voy. ma note Trouvères belges, 2« série, p. 381.
(107)
^aaintlery = cointier, entourer de soins, fêter, II, Hl. 16;
réfl., faire le beau, If, 63. 20. Dérivé de Tadj. cointe, gra-
cieux, aimable, = lat. cognitus. Pour l'orthographe par ai,
cp. angl. quaint, acquainL
^narlel, objet de toilette féminine de forme carrée? II, 27. 20
(blans warcollès, blans quariatis). — D'après le gloss., une
étoffe; j'en doute.
^neslr, choisir, 1, 154.22. Prononcez keusir, non pas quésir^
comme écrit l'éditeur.
^aMerle, illusion, présomption, folie juvénile, I, 22. 12 :
Jovene gent sont en quideries
El petit pensent à leurs vies.
^vlderlel, présomptueux, II, 46. 17 :
Se guident quideriel chcs femmes dechevoir
Par leur habis sauvages.
Dérivé direct de quiderie? voy. soteriel.
^iilre, voy. cuire.
%mi^rej voyez cuivre,
*9aoleiis, I, 349. 4 : [Les brebis]
Scelles oent se vois, tost lievcnl les oreilles.
Mais, quoien$ les rewardent, s'en ont grandes merveilles.
L'éd. y voit le lat. quotiens, toutes les fois que; je ne saurais
m'y rallier et je lis : Mais quoies (= tranquilles) le rewardenL
*9iiiikler, II, 92. 9. 10; lisez qunkier et voy. kunkier.
madot, radotage, subst. verbal de radoter (forme précédée de
redoter), 1,288. S; II, 182.5.
( 108 )
Ralme, 1. ramille, rainée (pour se chauffer), 11, 188. 22;
2. pièce de bois pour déposer ou accrocher les habillements,
11,201.12:
En nos cambres mettons nos dras sur une raime.
Dans la dernière acception, le mot représente le néerl. roam,
ail. ramen, cadre, châssis.
Ralle, I, 302. 2S :
Leur conseil H donnèrent si com[e] soutil ralle.
Selon Téd. = raillerie, mais cela ne s'accorde pas avec la
rime et se prête mal à la pensée; j'y verrais plutôt, sinon
râle au sens de murmure, insinuation (lat. susurratio), quel-
que application métaphorique du nom d'oiseau.
Ramage, adj., 1, 349. 9 :
Mais moult fort est ramages bicstes faire demiestes.
L'éd. prend ramages pour un subst. et traduit : « action
d'apprivoiser », tandis que le poète veut dire : ce II est bien
difficile de domestiquer {faire demiestes) des bétes sauvages »
(sens normal de l'ancien adj. ramage; cp. I, 224. 14).
Ramenenr, qui ramène, au fig., 1, 247. 8 :
Ariés vous enviers Dieu tantost un ramemurt
Ranne, adj., las? maté? II, 174. 16 :
Jamais pour haut parler femmes ne seront ramier.
Le mot m'est inconnu ; l'éd. l'interprète dubitativement par
rana, grenouille, ce qui contrarie à la fois le sens et la
science étymologique ; rana a donné raine.
Rassanner, rassembler (voy. asanner), II, 40. 28 :
Et se rassanneroient estudes qui sont nues.
C'est-à-dire les écoles, maintenant dépeuplées» retrouvèrent
des auditeurs.
( 109)
RamU, posé (au moral), 1, SIS. 26 :
Tar dedens et dehors ycstre doivciil rauiêises.
J'ai recueilli le mot pour en constater Tancienneté ; je l'ai
d'ailleurs déjà relevé dans mes Trouvères belges, 2« série,
p. 343, à propos d'un passage des Chansons de Jaque de
Dampierre :
Fine biaulcs, cuers rans.
J'y ai cité aussi asis de Guillaume de Palerne, 761 :
... pas ne Testuel
A chastoier de ses paroles
Qu'elles soient laides ne foies,
Mais mises et delitables.
RatAkIer (se)? Il, 20. 22 :
Or, s'il troeuvent larons en leur viviers peskans,
Li rike se ratakent, se peut on les meschans.
Se rattacher pourrait subtilement s'expliquer par ce se rac-
crocher, se tirer d'affaire », mais je suppose que l'auteur a
voulu dire se rakatent (se rachètent).
Raterle, indiscrétion, 11, 90. 14 :
Car boine compagnie doit iestre bien privée,
Ne nulle raterie [n']y doit iestre trouvée.
L'interprétation que je donne ici à raterie me semble com-
mandée par le contexte, mais je ne me dissimule point qu'elle
ne concorde pas trop avec celle que j'ai émise, dans mon
gloss. des Poésies de Froissart, à propos de l'adj. raiier
(c qui met de la mauvaise volonté, qui fait des difficultés ».
Dans le Chev. aux deux épées, v. 21, on lit :
Car de ce n'iert ratiers ne chices,
ce qui confirme ma première manière de voir. On peut lever
toute difficulté en admettant pour raterie un sens moyen :
égoîsme, poursuite de vues personnelles, contraires à l'inté-
rêt commun.
(HO)
Wim\imer (se), se faire connaître, II, S06. ii :
A riens n*enteDdent el qu'à leur dras deyiser,
Moostrer à tous, k toutes pour eUe$ raoiter.
Mmvolv. Loc. avoir à ravoir^ II, 103. 8, oh il est dit du moine
qui tent à faooir (qui vise à s'enrichir), que
A le mort il pora bien amir à raroir;
II, 227. 18 :
Chescun[s] doit avoir peur que dont n*at7 à ravoir.
Le sens est « se mettre en dette », bien que le sens contraire
se présente plus naturellement ; d'autre part « donner à
ravoir » doit signifier « mettre en perte » ; I, 273. 24 :
Il ayment mieus Tavoir que leur boin Dieu savoir ;
Dieus se taist, se donra telles gens à rawrir^
ib., 291.4:
C'est chou qui les Francbois a donnêt à ravoir,
Cp. II, 218. 19; 217. 3.
Reanche (à grant), à grands flots, 1, 72.21. Cp. rur, jaillir,
couler, I, 72. 15.
Rebatre eti taviemeSy reprendre le chemin des tavernes, 1,
377. 20.
Recholte, 1, 140. 4 (prose) : vendages de grains et de rechoUes,
— Le sens est récolte; cp. 151. 24, recepte,
Rrelncler, rincer, 1, 116. 13 :
Aucun[s] de leurs boins vins ses hanas en rtdnee,
Voy. sur ce verbe (= lat. * receiiiiare)^ mon Appendice à la
dernière éd. de Diez, p. 773 ^. — La loc. rincer ou arroser
son verre, = boire, s'entend encore.
^ Une Forme ralncier se trouve dans Barbazan fi, 585, 2417, mais elle pour-
rait bien être indépendante de notre mou
(IH)
meelner = lat. *recenare, faire le repas du soir; fig., par
allusion à la Cène (cp. ail. Abendmahl, Nachtmahl, angl.
Lord^s supper), jouir de la communion avec les saints, I,
316. 24 :
Ed paradis lasus sans fia poist reeinerl
Il se pourrait bien aussi que reciner fût une imitation de
qnUari, qui, dans la basse latinité, était devenu synonynfe
de c< laetari, exsultare ». Nous dirions aujourd'hui « s'as-
seoir au banquet des élus ».
meer«able, récréatif, amusant, I, 300. 28.
medalsier, reculer, se refuser, hésiter, 1, 278. 18 :
D'onnerer Sainte Église jamais ne redaisiés-j
II, 11. 8 :
Chius qui de cuer le sert et de riens ne redaise,
Cp. encore II, 28. 9; 189. 16; 244. 20. Je ne me rends pas
compte de Tétymologie de ce verbe, inconnu aux diction-
naires. Faut-il le rattacher à l'adj. aise, satisfait, content, ou
à lat. * haesarCy hésiter ?
medeiranehe, obligation, reconnaissance, II, 48. 20 :
Se devés tout à Dieu moult grande redevanche.
meel, royal, I, 282. 30 :
On puet bien dire d'iaus qu'il sont du tout reeL
me ra {aller sour le), II, 87. 21 :
On wagne bien à celles (c.-à-d. marckandites) qui sont loyalment
prises,
S'on va sour le re fa, dès lors sont tost reprises;
H, 73. 1 :
On va »ur le re fa, se vit on d'avantage.
Ce proverbe musical doit signifier « aller de travers, user
de voies tortueuses, manquer de droiture », mais quanta le
justifier, j'y renonce.
( "2)
Refooser les hatias, vider les coupes? Il, 264. 18 :
Bien volés que souvent les hanas on refonse.
Le contexte ne permet guère de s'expliquer autrement l'ex-
pression. Nous disons bien encore familièrement « examiner
le fond d'une bouteille » ou « boire à fond »; le terme fonser
le hanap n'est donc pas trop étrange ; le préfixe re n'a peut-
être pas plus de valeur que celui de remplir; sans cela il
peut marquer l'itération.
Reflroltoir, refrotoir, I, 133. 14; 302. 25, réfectoire.
Registre, relation, récit, f, 9.13; 113.26; II, 277. 7; re-
gistrer, mettre par écrit, I, 89. 11 ; 123. 18; 153. 22.
Re^ne, masc, aussi reine, renne, rêne (non pas « règle,
ordre », comme dit le gl.). — Tenir règne, se refréner, se
modérer, I, 22. 21 ; 116. 4; 215. 14; II, 121. 25; 186. 22.
Retrait, =regrat, au sens de reliefs? I, 271. 16 :
Un pau de regrait ont à ie fois à ces monnes.
Recréant TU, 82.2 :
Precheus wagnent petit, souvent sont recréant.
Ce ne peut être regrettant ; j'y vois plutôt le bas-lat. regra"
dare, reculer dans ses affaires, rétrograder.
Reialchler, relaicier, réjouir, I, 256. 4, 382. 9; II, 268. 2S.
— Dérivé de laiche «= leaiche, liesse. L'éd. a confondu ce
verbe avec relaiscier.
Relaiscler, 1. pardonner (les péchés), I, 243. 12; 391.10;
— 2. quitter qqn. (d'un service), 1, 178. 27 ; 344. 27.
Relaxer, lâcher, perdre, 1, 152. 3 (« l'honneur »); faire
grâce (d'une dette), 1, 194. 23 :
Nuls de ti le paiage ne le puet relaxer.
'^ Relies, 1,164.22 :
Grains, biens, deniers, relies as pauvres aumosncr.
Lisez reliés (reliefs).
meUer, fig., trop-plein, II, 194. 4 :
Dou reHef de vo coer grant part nos ammonnés.
Reliés; dans la phrase-exclamation « voist aooec les reliés »,
II, 90. 21. Cette phrase proverbiale, dont je ne connais pas
le sens précis, signifie à la lettre : « Que cela aille avec les
reliefs (de la table) »! L'éd. erre du tout au tout en traduisant
(interrogativement) par : joyeux? bons vivants? — Voy. aussi
rdics.
Reliirloii = ordre monastique, traité en masculin? 1, 175. 28 :
Sur tous religionê comment est bien dotée.
Remans = romans (langue romance =» roman), I, 355. 20 :
Onques mais en remam ne fu troavet tel cose.
Peut-être une simple faute typographique.
Remfeatre, retomber; subst., rechute, II, 265. 26 : [Car je
doupte le mort ...]
Et en estât d*aveule trop forment le rembalre,
Cp. pi. h. rebatre.
Remlrer («e), se rappeler à Tesprit, I, 349. 13 :
Une cose souvent de prêtas me remire (1. remir).
Se remirer à qqch., en tirer exemple ou instruction, I,
106. 24 :
Or, t'avise sour chou et souvent t'i remire;
ib., 163.25:
Mais chiuls qui le lira, s'il vuelt, se s'i remire.
Remettre, v. intrans., fondre, disparaître, II, 218.16 (en
parlant de la neige); fig., 185. 13 :
Au jour d'uy consciences sont en pluseurs remises.
Bemordre, éprouver du remords, I, 354. 14 : [Escrire]
Chou dont 11 conscicliche remorderoil au lire.
Subst. remortion, remords, 1, 12. 9 ; 117. 23; 38Ô. 27.
Tome XXXVII. 8
(H4)
Remples (faire des), remplir sa boutique, 1, 110. 24 :
Che sevcDt lavrenier qui pour yaus font des rempla.
L'éd. traduit : « faire des additions ».
Bcamyer (à), de rechange, en abondance, II, 1K4. 19 :
Avoir à leur pooir des dras à remuyen.
Cp. Ph. Mousket, 5421 : cevaliers qui dras orent à re-
muier[s]; Gauthier le Long (de Toumay), la Veuve, 133 : Et
veste reube à remuiers. Voy. sur cette loc. adverb. ma note
Trouvères belges, p. 340 ; celle du prof. Tobler de Berlin,
à laquelle je m'y réfère, a été enrichie dans sa 2« éd. du Dtf
dou vrai aniel^ qui a paru cette année.
Reneraseier, v. act., enrichir, I, 253. 16 : [Pour no salut
volt il ...]
Osier de nous tous visées, de virtus renerascier.
Le régime du verbe, nous^ est à suppléer.
Renfrier ^^engier, se multiplier, pulluler, I, 384. 23 :
Gomment voit on rengier au jour d*ui trestous visées.
Renne, voy. règne.
Repaire {ou ou sur /e), sur le retour (de Tàge), I, 339.14:
Je su! mais trop anchiens, je voys tur le repaire ;
II, 10. 20; 322. 16.
Reparer, réhabiliter, II, 125. 5 :
El humaine Hgnîe par vo mort reparasies.
Repentir. Le futur repemterés II, 203. 28 est une licence
amenée par la rime.
Repine, rapine, I, 41. 7 ; ailleurs rapine. II, 85. 23.
Reponnenr, qui met de côté, receleur, 1, 223. 8 :
S'en voit on des pluseurs grant avoir repomuurë.
Notez la construction de ce subst. avec l'accus., comme s'il
y avait reponnanl.
( us )
I, participe, lat. repostus, caché, I, 43. 25 :
Et si ay plus mis men propos
Là il y a pau de repos :
G*e8t en besoignes seculeres.
Au fëm. repuse^ I, 48. 4 (lisez si repuse p. se repuse).
Reprendre, redresser, I, 23S. 9 :
Dicus nos doinst si nos vies et nos pekiés reprendre.
Résina = resigna (abdiqua), II, 301. H (op. ib. 38); plus loin,
303. 13, resigm.
Resist, iinpf. subj. de rire^ II, 263. 14 : [Je vosisce...]
De mes dis et mes fais que chescuns en renst»
Véà. interprète ce mot comme un subj. de reseoir ^ qu'il
traduit arbitrairement par a se contenter »; si même cette
valeur de reseoir était admissible, il faudrait en tout cas, à
rimpf. du subj., resesisL
ReskeAt, échu, rentré comme revenu, II, 298. 2 : [Je désire
que de votre administration]
Uns registres vrais en soit fais
Et des comptes uns boins estrais
Combien il vous est reskeût,
Reslalehier, réjouir, e ra -t- eslaichier (cp. pi. h. relai-
chier), II, 97. 2.
Resorter s= resortir, 1. neutre, se présenter, paraître, I,
277. 11 :
Pour oïr les sîervices là (= où) doivent resorter^
II,27.20:[Jevi...]
Depuis blans warcollès, blans quarîaus resorter.
Au vers 1, 164. 14, il est dit, à propos des fonctions du pré-
vit, qu'il incombe à celui-ci de :
Le fais dou temporel dessous Pabbet porter ;
Faire tout chou dehors par dedans ressorier.
( 116 )
Le sens de ce passage reste douteux. « Faire connàtire au
couvent ce qui se passe au dehors »? Ou c< faire rentrer tous
les produits de l'extérieur »? — 2. Avoir son recours, II,
137. 20 : A lui dont resorlés. — L'éditeur répartit notre
verbe sur deux articles ; d'abord resorter (pour notre 2» ex.)
= choisir, porter (avec un ?); puis ressorter (pour notre
3« ex.), résider, exercer son autorité. Il s'est trompé les
deux fois.
Respiter, qui est le même mot que le mod. respecter (avoir
égard, tenir compte), se produit, chez- notre auteur, avec les
acceptions suivantes : épargner, ménager 1, 166.20; 198.8;
II, 35. 6; 94. 2; respecter, avoir des attentions, prendre en
affection, I, 204. 24; 281. 27; 393. 6. — Selon le gloss. :
c( sauver, garantir ».
Reuponderesiie, en parlant de servantes, « qui a la ré-
plique prompte », II, 83. 13.
Respuer, lat. respuere, 1, 195. 24; 206. 8; 244. 15.
Restât, subst., reliquat, solde, I, 5. 18 :
S'a ro lit au compte boin restai.
Retarder, mettre obstacle, arrêter (un mal), II, 198. 7. —
Retardation, empêchement, obstacle, I, 288. 20.
Retenir, soutenir, prétendre, II, 4. 22 :
Car nuls à conscicnchc ne le poet retenir.
Entretenir, I, 345. 9 :
Leurs maisons et leurs lieus noblement retenaient^
Demêmell, 58.9;65. 16.
Retenue, mémoire, II, 18. 6 (selonc me retenue).
"^Retluer, I, 254. 1 ; 317. 1 ; corrigez retenir.
Retourner, récompenser, payer, II, 108. 11 :
On est mal retournel] ensi ne fait on mie.
(H7)
Retùurtier pourrait aussi signifier récompenser I, 334. 4 :
Les biens (== vertus) sara bien DieuSf quant voira, reiomer^
mais les rimes attestent que le mot doit être lu retrouver. —
Emploi impersonnel, I, 274. 13 :
S^àutremcnt naretourne, vivre mains anicroie
(sa si les choses ne prennent une autre tournure).
Retoas (subst. participial de retollir)y reprise, retranchement,
privation, II, 194. 21 (il s'agit de « ce mauvais siècle ») :
El se ne sofferruit de nulle riens retofu.
Je n'aflSrme pas avoir bien compris ; en tout cas je rejette la
traduction du gl. : « guérison ».
Beave s» reue^ roue, II, 45. 13 :
On dist que toudis brait au kar li reuve pire.
Le texte nous donne renée. J'ajoute cependant que ce reuée
(que l'éditeur ne devait pas admettre, puisqu'il gâte le vers)
me semble plutôt altéré de ruée (prononcez retie)^ qui est la
forme dominante chez Ph. Mousket. —Ailleurs roe, 1, 259. 6.
Révéler, révéler, manifester, I, 241. 19; 247. 7; II, 31. 25;
34.13.
Révéler, prés, revielle^ s'amuser, I, 140. 13 (On dist que, là
n'a kat, que soris y revielle); 240. 13; 311. 24; II, 135. 26.
— Reveleus^ ami du plaisir, II, 176. 4.
Révéler (se), se rebeller, I, 296. 14; II, 21. 3 :
Defaute de justice fait subgis révéler.
Revenir à, tirer son revenu de, I, 288. 12: [Prince... so-
loient... leurs subgis tous en pais]
A leurs boins hirctagcs laissicr tous revenir,
*Revoaea, I, 320. 4 :
A men eleclîoD, quMI cassa, revouca.
Leçon impossible; lisez, sans rien changer au manuscrit,
renonça.
(118)
Ries (à), en friche, II, 293. 33. — Voy. le Dictionn. wallon
de Grandgagnagei v<> rièzes^ et ma note^
Rirai, futur de raier (retourner), I, 191. 27 :
A parler des noirs monnes saîot Benoit me (1. m'en) rirai,
^RlMle, 1,63.33:
Luxure les accusera
Et un faus risaie leur fera.
Forme impossible, d'ailleurs contraire à la mesure; lisez
risait^riset, ris, moquerie; cp. Il, 164. 19 :
Se fait on un riset de diffamation.
Notre ms. ne distingue pas entre è et ai.
River par nuit, ribauder, II, 111. 2. On connaît, avec le
même sens, les formes riber, ribler (voy. Fart, rtftauddans
mon Dict. d'étymol.), mais cette bonne forme française river
m'apparalt ici pour la première fois. — Le gioss. (« marcher
au hasard, de là le mot mod. dériver ») l'a tout à fait mé-
connu.
Robin? 11,88.20:
Ches gens de tous estas, chil robin^ ches mares.
Homme de robe? J'hésite, parce que robin dans ce sens ne
parait pas remonter si haut. — Finassier, débauché? (voy.
LîttréroWn 2). — Voleur? mot formé sur rober'i
Roborer, confirmer, I, 338. 8.
Roiaalme, gouvernement, 1, 291. 2S :
Li debas dou royaulme ces deus règnes moult griève.
Rois, nom. sing. de roU^ rigide (auj. roide, raide)^ II, 126. il :
0 roys, îestre dois roys^ se tu voes bien régner.
Non pas = lat. reclus, comme pense l'éditeur.
( 119 ) -
Rotoant, frais, II, 295. 1 :
Car caut faisoit, non jias roisant.
Le gloss. dit : « Du verbe roiser^ être beau, en invoquant
roU (dans Roquefort) = rayonne, brille, est beau ». Je cite
sans observation. — Voici le seul cas du mot roisant qui me
soit encore apparu; Richard le Beau, 899 :
Boisant fist à la matinée,
Car moût iert froide la rousëe.
L'éditeur, M. Fôrster, traduisait, par conjecture, « gelée
blanche ». Hais depuis, les philologues qui se sont occupés
du mot, sont tombés d'accord pour lui i*econnaitre le sens
a frais »; Tobler, d'abord, qui cite quelques autres passages
(Gôttinger gelehrte Anzeigen, 1874, p. 1042), G. Paris, Ro-
mania, IV, 480, Mussafia, qui dès 1873 a signalé l'italien
(dialecte du Nord) resentCj Beitrag zur Kunde der nord-ital.
Mundarten im XV. Jahrh. p. 95 et Zeitschr. fur rom. Philol.,
1879, p. 271. Tous les trois assignent à roisant comme éty-
mon le lat. recentem ^.
Moutery faire route, cheminer, marcher, 1, 158. 16 :
Moult en fait en iniier par grans routes (« troupes) router;
cp.1, 149. 11; 175. 16; II, 253.16.
maé r 1, 152. 23 (où l'auteur dit que la couleur noire est passée
de mode) :
Quant on flaire le noir, on H dist : vous pues,
Ostés nous ces viesturcs, envoyés les rués.
Gomme il s'agit d'une couleur, j'écarte une explication par
lat. rugatttë^ plissé. — Serait-ce « couleur de rue »?
Rniel, dim. de ruiy ruisseau, I, 252. 21.
Bniler, régler. Voy. sous vuilei\
^ L*U. resente vient en dernier lieu d*étre relevé par Tobler dans : Das Buch
des Uguçon da Laodho (Berliu, 1884X p. 49.
(120)
Rainer, ruiner, ui étant traité, contre l'usage, comme mono-
syllabique (cp. ruire), 1, 160. 24 :
Empris bien les avoient de tout en tout ruiner,
Ralre, 1,251.24:
Empaichant n*oscront sur yaus ruire ne nuire.
Non pas c< s'élancer », comme dit le gloss., mais =lat.
« rugire », hurler.
Raner, murmurer, parler indistinctement, II, 115. 28 :
Sages bien emparlés n'a talent de rutier.
C'est l'ail, raunen (anc. rûnen\ susurrare, angl. roun. — Le
gloss. l'explique fautivement par ruminer.
Ruser = re -*- user, avoir commerce, cp. lat. uti, II, 128. 8 :
A blangeurs, à gengleurs ne doit nuls roys ruser.
Ailleurs synonyme de moiener^ 1, 186.19, ou trufer, II, 90.11,
mais dans ces sens c'est un homonyme.
Rases, paroles attrayantes, séductions, II, 182. 21.
S précédant une consonne et fondé sur l'étymologîe était,
dans beaucoup de cas, devenu muet ; abime rime avec rime^
sublmCj limCj et l'on voit indifféremment orthographiés blâ-
mer et blasmer^ acemet et acesmet. — Par contre cette con-
sonne s'est glissée, par le caprice des scribes, dans beaucoup
de mots où elle n'a que faire; j'ai noté pour Gilles esglise I,
363. 18, eswille (aiguille), ib. 217. 23, sesme (de semer) II,
88. 22, mais je rappellerai pour Phil. Mousquet les cas
comme crismeSy gaiisnes, resne,
^ fort ou $8 est très souvent écrit se : laisdery abasdet^ puis-
cent (puissent). Il en est de même de son équivalent c, ainsi
visée, serviscCy grasce.
Salent = seent (de seoir), II, 33. 26.
(121 )
Salnteller, sens neutre, être sanctifié, I, 348. 34 :
Ensi prélat pluscur jadis saintefioient,
SakM, II, 348. 10 :
Aa jour d'ui par le siècle sont toutes bontés sakes,
La rime veut saces. Adj. verbal abstrait de sakierj piller,
épuiser? Le gL traduit « rejeté, mis au rebut ».
Sakier, sacieTy 1. tirer, fig. tendre, travailler. II, 378. 13 :
Preudhomme, preudcs femmes vont saeanl et tirant;
3. saccager, dépouiller, II, 87. 13 :
Trop boin fcroit sacîer les maisons gloutcnie.
Saler, mettre en sel un mort pour le conserver? II, 363. 3 :
On ne voit de ches mors c'en en voist nul saler,
Mais on les voit souvent en fosses avaler.
Sanchler, act., rassasier, satisfaire, I, 304. 11 :
Comment que jovenes cuers le volonté en sancke. , .
Réfl., pr. en avoir assez, puis se passer, renoncer, I, 333. 17 :
Et par empaichcment ou faire s*en sancha.
Ce verbe, propre exclusivement au nord-est de la France,
est la forme écourtée de essanchier^ comme sUlier de essillier,
saier de essaier, etc. (voy. sewer). II y eut un temps où j'assi-
milais essanchièr à estanchier, étancher, arrêter (voy. mon
gloss. des Poésies de Froissart, v<* sanchier) et ob je défen-
dais, sur d'autres faits encore, la théorie de st^^ss; mais
j'ai cru devoir me rendre à l'opposition que m'ont faite les
maîtres en cette matière. Les deux étymologies qui, après
moi et contre moi, ont été tentées jusqu'ici, sont celles de
Tobler et de G. Paris. Le premier propose exemptiare (Gôt-
tinger Gel. Anz. 1877, p. 1633 et ss.), mais ce qui la contra-
rie, c'est que l'examen des rimes écarte forcément un type
avec en au lieu de an ; G. Paris, en présence de ce défaut et
voyant dominer dans essanchièr l'idée foncière « guérir, cal-
( 122 j
mer, assouvir », pose l'étymon sanitiare^ retrouvé danis un
ancien texte récemment exhumé sous la forme essaiiider; il
en fournit la justification Romania, VIII, 26S.
Sanelelle « lat. salicella^ dim. de salix, fr. sauk^ II, 256. 4 :
On fait de ches saueielles crestîns et corbisons.
Non pas saussaie, comme traduit l'éditeur.
Sandoyer, faire de la dépense, II, 88. 19.
Saa¥ei;lne, fourrure» pelleterie, I, 204. 1 :
Branettcs, tauveginet, les devons nous porter?
L'éd. traduit a étoffes grossières ».
Se = sen^ fr. son (lat. suum). Ce pronom possessif (cas régime)
apparaît des centaines de fois concurremment avec sen. Aussi
me suis-je dit qu'il devait y avoir là, de la part du scribe, une
simple négligence de la barre horizontale (marquant n) au-
dessus de Ve. II me semblait que ce se venant à coïncider avec
le fém. se » sa et que l'analogie de me, te = men, ten ne se
présentant pas, se = sen devait être repoussé, et que, même si
le peuple en faisait un fréquent usage, il n'était pas probable
qu'un écrivain comme le nôtre se le fût approprié. Cepen-
dant les monographistes du dialecte picard que j'ai consultés,
citent tous se » sen parmi les traits distinctifs de ce dialecte.
Quoi qu'il en soit, je ne pense pas qu'il puisse être toléré
devant une voyelle et je tiens se angele (1, 94. 15) pour abso-
lument fautif.
Séenlarltéfl, sentiments de mondanité, 1, 26. 16; II, 122. lo.
*Seeatear, mot introduit dans le texte par méprise; lisez I,
361. 19 au lieu de « Quant il quident morir, et secuteurs
eslisent ... », ainsi : « . . . morir, ecsecuteurs eslisent ».
Semenehler, répandre, I, 79. 19 :
Car oster voel impatienche,
Que 11 malvais souvent semenehe
En chiaus qui ont ou coer grevanche.
( 123 )
Publier, divulguer, I, 241. 16 :
Dou bien que soloit yestre tout partout ietnenchiét ;
II, 20. 8 :
De toutes gentieus gens vocl leur fais semenchier,
8enal0, petits rubans, II, 29. 9 :
Traiches de kcvelure de $ma%$ assanlëes.
Selon moi, il s'agit de « tresses de cheveux retenues par des
sei^ », c.-à-d. signets ou petits rubans. — Le gl. dit au
hasard c< ornements de chevelure ».
«cpelir, lat. sapeiire, 1, 139. 14; II, 298. 26 ; 299. 9.
iicnle (courir)^ courir sus [seule ^=^ seure) ^ I, 297. 18; II,
221. 23. Pour la mutation de r médial en /, je rappelle les
mots actuels échalas (a. fr. escaras), pèlerin ^ pcUefrai^ et
dans Tanc. langue contralier p. contrarier. A Tournai on dit
encore aujourd'hui Kateline p. Catherine. Voy. aussi attoli-
sieTy cotûetier.
fSewer un vivier, le vider, 1, 184. 8 :
Pour avoir gros poissons, les grans viviers on tetve.
Prononcez sewe. — Forme écourtée de esseiver, lat. "exa-
quare (cp. mon art. sewer dans le gloss. de Froissart).
Sleelcufl, mondain, I, 201. 17; II, 6. 3; 192. 19.
Slermoehlnatlon, latinisme, prédication, II, 149.21.
^Slffoerles, II, 43. 24; lisez singeries (cp. I, 278. 9 et 26).
Sllcnclie, fém., II, 88.23 (« là n'a nulle silenche »).
mmer ^essillier, détruire, mortifier, I, 219. 27 :
Souvent pour Dieu servir devos coers sen eorps «tUe.
Slma^rée {jouet* à ou à le), feindre, se dissimuler, II, 14. 22;
32. 20; 182. 4. Locution d'autant plus digne de note que Lit-
tré n'a pas d'exemple antérieur au XVI* siècle.
(124)
Hlnsot, gros singe, I, 278. 10; 276. 9.
Slnl0trer, v. act., faire manquer, gâter, I, 286. 23 :
J'en poroie moult bien tout men fait (poème) «ifiûfrer.
Sens absolu, échouer, manquer (à la vérité), I, 123. 20 :
... etdou ministrer
Celle forte matière, moult eriene le $im$trer;
I. 300. 11 :
Pour voir à mon pooir dire sans sinistrer.
Sir = seoir, 1, 147. 18, et souvent; forme variant avec sâr (I,
148. 18 ; 189. 28) et seoir (1, 161 . 23). — Cp. vir = veoir, véùr.
Soëler, rassasier, I, 109. 9; les rimes exigent la forme
concurrente sooler,
Soler (an), à la moisson, II, 188. 12 : [Si on faisait du bon
travail dans les champs,]
En vendenges scroit trouvet et ou soyer,
Soloir, voy. s. doloir. — Équivalent à « esse solere i> (cp. po-
oir), ï, 107. 28 :
Remplies de boins clers les estudcs Botoient.
Somme, histoire, récit, 1, 323. 12; II, 182. 10.
Honne, bruit, cancan, calomnie (non pas « songes, rêves »,
comme dit le gl.), I, 247. 19 :
Pour mi du tout oster d*autres mauvaises «onti«f ;
II, 267. 13 :
Or le faites, dans abbes, que de malvaises $onni$
Vous voelle Dieus warder, vos gens et tous vos raonnes.
Subst. verb. de sonner, dire, énoncer, signifier (I, 41. 29;
170. 7; 180. 27; 11,118.18).
Hommicr, réfl., prendre soin, 1, 184. 20; 188.26; 213.20.—
Sur la forme, voy. pi. h. etisonnïer.
( 123 )
florder, souiller, décrier, I, 97. 11 :
Qu'cnsi se sont sceûl tarder
De (lesfautes et des pcckics . . .
II, 187. 20 :
Je di que nuls ne doit de tels 9cii cuer sorder.
Du subst. lat. sordes. — Cp. order.
Horer^ sécher, 11, 178. 13; 206. 16. — Forme écourtée de
essorer (lat. exauraré).
*(torlée0, voy. sorler.
Sorler, soulier, II, 28. 27 : Estrois sorlers à las. — L'éd. a
écrit, et dans le texte et au gloss., sorlées, qui pèche à la fois
contre la grammaire et le mètre. — Ce mot est encore usuel
en rouchi (voy. Hécart); notre auteur en emploie le dimi-
nutif «or/eri^/, II, 193. 1 : sorleriaus sans caucettes.
^Sorrc, I, 28. 1 :
Priestres qui doit pekeurs absorre,
Les doit bien arguer et sorre^
Escrutiner les consciences...
Je corrige forre, lat. fodere^ fouir, creuser, fig. scruter.
Soterlel, sot, nigaud, I, 242. 3; II, 30. 3; 34. 12; 46. 22.
Ce mot est bien connu; moins bien Test sa formation.
Au début de mes lectures critiques de vieux textes,
dans les notes jointes à mon éd. de Baud. de Condé (elles
datent de 1866), je ne le connaissais pas encore et je me
laissai aller à proposer dubitativement une dérivation de
sauteur (au étant écrit o). C'était une balourdise de novice.
Dans le glossaire de Froissart (1874), je n'en soufflai plus
mot et expliquai soteriel comme issu de sot à la façon de
lapereaUj poetereau. Je maintiens encore cette manière de
voir pour le petit nombre de mots façonnés ainsi dans la
( 126 )
langue ancienne (ma mémoire ne me suggère que quiierid^
soteriel, lechmetj. J'ai relevé encore soteriel dans le Songe de
Paradis de Raoul de Houdeng, 473 (voy. mes Trouvères
belges, 2* série, p. 367), où la signification ne fiait pas doute;
mais je me demande s'il s'agit du même mot dans Barlaam
et Josaphat, p. 183, v. 34 :
Une autre fois en fo/ere<,
Se mua pour Anthiopé,
ob soterel doit équivaloir à satyre.
* Soncleament, I, 90. 2; corrigez sotUieument (adv. de sou-
«/);cp. 1, 144.21;309.3.
fitenfllflaiiee, modestie dans les prétentions, I, 376. 4 ; II,
7. 28 ; contentement, 1, 48. 8.
Souffrir (0e), prendre patience, 1, 950. 20 ; souffrant, patient,
indulgent, 1, 167. 17 ; souffrance^ tolérance, I, 229. 26.
Soapeehonneafl [lieus], Jieux suspects, II, 110. 19.
Soaqnler. soupçonner, II, 205. 8 :
Li malvais sur le boin onqnes nul bien ne souke.
L'éditeur, séduit sans doute par le flam. zookeii^ propose la
trad. (( chercher », qui se prêterait assez bien ; mais le verbe
souquier, dans ce sens, est introuvable. Souquier est une
forme picarde p. souehier (cp. cerkier =« chercher) et repré-
sente lat. *suspicare. Cp. l'ex. du Renard I, p. 11, v. 285,
cité par Henschel :
Ne le sevent sour qui souehier.
Chrétien de Troies (Cligés 1242, Erec 3446) dit soschier, le
Livre des quatre Rois (p. 338), suschier. — Il ne peut être
question de souehier^ «ssoUicitare, ^solcitare, qui a trois syl-
labes et ne pourrait faire que souchie.
( 127 )
.sourdir, II, 213. 2 :
i leur haut parler nous vont souvent sourder.
^1 . traduit par « accuser ».
iHoorniomter, voy. surmonter.
^SoMtlcnirer ? II, 105. 9 :
Chieus qui le conscienche moult bien sousiieuveroil.
S'il s'en sentoit capaules, tantost s*amenderoit. '
Examiner subtilement? Je ne pense pas, et je préfère corri-
ger Boustieuve aroit. La forme sotUif, fëm. soutieuve est bien
constatée. Il va de soi que Vs dans s<ms est parasite.
Sontlller, préparer subtilement, I, 380. 1 :
Sour espèce (= sous Tapparenee) de bien toutille le mai faire.
*SoaUwlté, mauvaise forme, d'ailleurs contredite par le
mètre, pour soutieuté (finesse), I, 93. 13 :
Soutil sont li cuer et li oel,
De leur ioutivité dire voel.
Sperer» espérer, II, 203. 25; 215. 16. Cp. studier.
S^ioame, écaille (latinisme), 1, 155. 15 :
Vivre ne peut poissons, s'il a perdat ses squames.
Stat, « lat. stat, est debout, I, 258. 7 :
Qui bien stat ne se move, par quoy ne kièche mie.
Stadler = estudier, I, 205. 11 ; 260. 9; 42. 25. (Par studyers
et par lectures). — ^ Cp., pour Taphérese de a, sperer^ stat.
Subjonctif présent. Le dialecte picard affectionne particulière-
ment la formation de ce temps sur la base de la finale latine
eam, iam (veniam, teneam) et l'applique à toutes les conju-
gaisons. Je donne dans ce qui suit un certain nombre
( 128 )
de faits de cette espèce, groupés selon la nature de la finale
du radical :
T. mcllre
mentir
sentir
porter
bourbe 1er
sourmonter
abatre
D. atendre
entendre
prendre
vendre
seoir (rad, sed)
keoir (rad. cad)
amender, descorder
rcwarder
L. valoir
R. paroir
querre
V. vivre
servir
alever
subj. mccAe, tnaiche madie,
tnenche.
senche,
porche,
bourbaicheni II, 45. 10.
xourtnonche II, 43. 1.
abache I, iOO. 23.
aienge.
entenge 1, i86. 9 et entenehe 337. 4.
prenge,
venche,
sieche,
kiechc»
ametige^ descorge.
rewarge,
vaiice II, 333. 32.
parche,
querehe.
viche,
siere/te,
aieuche (II, 84. 22).
Remarquez encore : paier : paiche ; employer: emploiche;
esmaier : estnaiche ; retraire : retraiche (II, 12. 12). Il faut
noter que dans ces verbes la finale radicale est étymologique-
ment gutturale : paCj plie, mag (germanique), trac.
Sabllmer, élever, couvrir d'honneur, I, 206. 14; 2o6. IS;
317. 3 ; 326. 3; réfl., s'exalter, se rehausser, I, 165. 21.
ISaborner, subst. ou verbe? II, 25. 2o :
. . . que nuls tubomer
Ne les pooit nul mal en Toraille corner.
Il serait hardi d'interpréter suborner par subornement cu
suborneur ; je préfère donc mettre une virgule après pooil.
( 129 )
Soer, fig., être dans l'angoisse, 1, 115. 28.
Soppedlter, renverser, supplanter, I, 295. 1 :
Boins princes et hardis n*iert ja suppedilés;
II, 248. 3 :
Orghieas humilitct au jour d'ui suppedite.
Sarmomter, sourmonter, monter en rang, I, 265. 21 :
Honneurs monstrent les meurs, quant gens sont nn^nontet;
se distinguer, I, 346. 21 :
Et de toutes virtus doit iestre sourmontés
Li prelas...
T
Talioiiy taon ; parait être appliqué, figurément, dans un pas-
sage quelque peu scabreux, I, 240. 18, aux béguines espion-
nant le va-et-vient peu dévot du couvent ; nous dirions les
« fines mouches ». Il est inutile de songer avec l'éd. à une
confusion voulue entre tahon, grosse mouche, et tayon, grand'-
mère, d'autant plus que tayon signifie grand-père.
Tai00c, poche, II, 277. 28. — Aussi to5ce$I,204. 5;II,278. 4.
— Voy. mon gloss. de Froissart.
Taner, vexer, ennuyer, I, 280. 4. — Voy. Gloss. de Froissart.
Tanter = tetiter, 1. goûter (du vin), II, 259.8;— 2. tenter (une
plaie), I, 286. 14 (peut-être faut-il lire taster, cp. II, 265. 20).
Taper, frapper, voy. caper.
Tarder (se), se retenir, s'abstenir, I, 19. 1 ; 37. 3; 108. 17;
156. 6 ; 161. 16 ; 182. 2; aussi sans se, 1, 196. 11 ; 207. 23.
Tarirler, armer (fig.), 1, 198. 19 :
Et contre Tanemi d'exemples boins les targent.
Tarler = tarir, II, 74. 11 :
Quant les virtus sourmontent, ches visées fort tarient.
Tome XXXVII. 9
(130)
Tarient doit bien signifier tarissent ; cependant il est difficile
de Tadmettre comme 3« pL ind. prés, de tarir. Mais je
ne trouve pas d'autre trace d'un type bas-lat. taricare; il
y a donc peut-être ici une vicieuse confusion avec tarier,
attaquer, irriter.
Tart, adv., difficilement, 1, 341. 28 :
Tart aroit accomplit chou dont s'apenseroit.
Tavrener, courir les tavernes, II, 217. 26 :
Tccke, marque, qualité (non pas « tâche, œuvre », comme
prétend le gl.), I, 12. 18 :
C'est que li homs à celle (I. a telle) tecke
H ne poet vivre qu'il ne pecke.
Aussi teiche, I, 150. 8 :
C'est as religieus une vilaine teiche.
^Tcmer, ou ternir, craindre, II, 241. 27 :
Se pluseor ne temoient enkaîr en offense . . .
Je doute de cette forme insolite et propose cremoient.
Tcmpester, act., agiter, troubler, II, 101« 20 :
Quant luxure Tassant et le vient tetnpester.
Temple, tempe. Mouvoir ses temples , faire aller ses mâchoires,
II, 110. 23 :
Les pos sevent widicr et bien mouvoir leurs temples..,
Gloss. : « bas du ventre ». C'est tomber par trop bas.
Temprer le vin, mettre de l'eau dans son vin, II, 263. 5.
Temprare (faire), varier sa manière d'agir, I, 228. 9 :
On doit faire partout selonc le temps temprure;
1, 368. 11 :
Ou dit communément « selonc le temps temprurt ».
Cp. I, 332. 23; II, 87. 21 ; 156. 13 ; 172. 26.
( 131 )
Tcmeler c= mod. îaiicer, I, IIS. 26; 16o. ââ; 187, 14; II,
12. 17 ; 177. 14. Au vers I, 98. 30 : « Et bien voel que ceseuns
m'entenche », il faut lire m'en tenche (m'en fasse des remon-
trances). Le gloss. confond ce verbe avec teftser^ défendre,
garantir, 1, 18. 7; 96. 34; 100. 28 ; 123. 8; 142. 18; 225. 2g;
233.22; 11,215.6; 136.28.
Tendant, adv., avec effort, peine (synonyme de tirant)^ II,
65.20:
Par les oppressions vont tendant et tirant.
Voy. aussi saiier.
Tenir, croire, prétendre, I, 336. 13 :
Pluscur gens se dechoivenl qui lienent absos iestre.
Quant se sont confiesset ne leur caut (importe) à quel priestrc.
II, 4. 21 (« nuls ne le doit tenir ») ; 14. 24 :
Mais les nouvielles coses cescuns les voelt tenir;
15. 8 (« je tienc que »).
Tenser, voy. tencier.
Tente (aussi écrit temple), tentative, effort, I, 144. 22 :
Car SCS ars sont toujours à faire soubtil tente
Pour les boins dedevoir.
Tentation, séduction, I, 215. 3; II, 30. 24.
Termineur, « qui se fait rembourser par termes », II,
161.5:
Userier termineur estoient despitet.
Teamte, mauvaise forme p. texte (II, 224.20), I, 276.23;
319. 23; II, 193. 24; 196. 10; 266. 4.
Thenor, trésor, I, 251.18 (3 w. plus bas thresor); 252.3;
258. 20, — Thresor = trésorier, I, 268. 13.
TIaadetatt, titre d'une composition poétique du frère
mineur Jaque Bochet, non venue en usage et laissée à sa
(132)
mort à Jaque Cent-Mars, I, 88.25. Ce mot, selon moi, doit
signifier « petite tente » ; dimin. de liait, tente, qui repré-
sente a. nord, tjald » angl. tilty flam. telde, ail. zelL Cp.
mon Dictionn. sous taude (d'où taudis),
TIerdre (se), s'essuyer (lat. tergeré), II, 234. 8:
S'on kiet, s'on se lionnîst, on ne se poct seul tierdre.
Tleiitée, pensée, avis, II, 80. 24 :
Car pour rien ne lairoie de mouslrer me (testée,
Tlllc, écorce intérieure du tilleul, II, 278. 18 :
Mieuls leur vauroit apprendre les tilles à peler...
Au figuré, chose de rien, 1, 107. 15 (le \'aillant d'une iUU);
163. 5 (ne vaurons une /.).
Tlnal, tonneau, II, 92. 8 :
Quant on boit ches fors vins à tinas et à hie.
Tlntliiy propr. bruit, fig. commérage, cancan, I, 227.9 :
Or feront des tintins gens de pluseurs manières.
Tirant, péniblement, I, 5o. 27, II, 65. 20; 278. 12; syn. de
tendant (v. c. m.) et de sacant (de saUer^ sachier = tirer).
Aussi en tirant (voy. s. entirant.)
Tire tire, peine et misère, I, 239. 24 :
£q ches estas partout che n'est fors ttre tire;
II, 9. 16 :
Ensi H presens siècles est trestous tire tire.
Expression dont la formation rappelle nos mots passe^passe,
cachC'Cache, Ce me paraît être un substantif-phrase et repré-
senter lire! tirel
Tirer, viser, tendre, II, 227.24; éprouver des tourments,
I, 64. 9 :
Dont y ara brait et tiret.
Quant le juge verront iret.
(133)
Toise, bâton, I, 192. 5 :
On fiert plus fort de langhe que no fâche de toise,
Tolllr, empêcher, I, 32. 31 : [Toute cose]
Qui toH le cuer avoir monde;
I, 291. 19 :
On tôt les rikes gens avoir sicrgans, ancielles.
Rendre impossible, difficile, I, 150 :
Convoitise te tôt le veu de povretet.
Tordre («e), se fourvoyer, s'égarer, II, ICI. 15 :
Car qui voelt femme croire, fort est k*iL ne se torcfte^
207. 18 :
Moult douchement blamoit cheli qui ae tordoit,
Tote? I, 151.3 :
Se tout voels amender, de tes voloirs le tote.
Le sens indique un impératif de iollir^ enlever, ôter, mais la
forme fait difficulté; un infin. toter^ tolter, d'un type fré-
quent. * toltare n'est guère admissible? Je crois donc qu'il
faut comprendre « le ton te » = le l'ôte? Le se rapporte à
courouc et ce qui suit.
Toaelller (se), se vautrer, II, 210. 25 :
Tout ensi que li truye par betuns se touelle,
Voy. mon Gloss. de Froissart.
Toanolle, variété de tounoire, tonnerre (cp. seule = seure),
1,123. 17; II, 117.13.
Toarse, ballot, I, 36. 18; II, 71. 15.
Tonser, tondre, II, 29, 7 :
Or estoîent aucunes ou reses ou tonsées.
L'éd. a mis tonsées.
(134)
Traelitcr, traquer, dépister, II, 62. 20 :
En tous estas les set et trouver et (rachier.
Non pas « mener, conduire », comme dit le glossaire.
Trait (à), lentement, lat. tractim, 1, 186. 26 :
On chantoit haut et cler par grant dévotion,
Se canloit on à trait faisant pausation.
TralteH? II, 102. 18 (les femmes se plaignent à Fabbë de ses
malveillants propos à leur égard) :
Se vos cstiés plus jovenes, on le tenroit à traites.
La pensée de l'auteur ne se produit pas très nettement,
ce On tiendrait celui qui se permettrait c>ela pour traîtret »
Forme contracte de traite (I, 354. 21). La forme du nom.
serait conforme ù la syntaxe ancienne, mais ce qui gêne,
c'est le rapport de le; est-ce eum oixidt
Traltolre, bas-lat. tractorin, voiture, I, 309. 9 :
Quank'on met sur le kar, tout revient à traUoire.
Proverbe. L'éditeur traduit notre mot, je ne sais sur quelle
autorité, par « cuve ».
Transfireter, passer la mer, lat. tramfretare, I. 288.24;
289. 18; 298. 9; II, 17.20.
Tramsi^redlent, transgresseur, 1, 26. 21 ; latinisme comme
à la rime obedient.
Trechler, tresser. II, 192. 28.
Treper, sauter, I, 276. 11 (trepet et salit); locution adver-
biale : trepant salant, en toute hâte, I, 63. 20.
Tresqaler, danser, II, 6. 28 ; 32. 27 ; 111. 20. Voy., sur Téty-
mologie de ce verbe, Diez s. v. tre^care, p. 327.
Trewasé, transvasé, II, 270. 18 :
Non pour cant, quant je vie (^ quand je recouvrai ma vue), je fuy
tons trwaMét.
(135)
Pour comprendre ce mot, l'éd. propose trois moyens.
Voici ses paroles : « 1. pour tracée poursuivi; 2. pour triballé,
agité; 3. anéanti (de tre exprimant un haut degré et vase^
tombeau)». Je cite ce passage du glossaire comme un exemple
frappant de l'égarement où peut entraîner le préjugé que la
formation des mots, pour les auteurs du moyen âge, était
affaire de pur caprice, pour ne pas dire badinage.
Triboater, dégringoler, 1, 145. 23 :
Or est on enrikit, s'est trestout Iriboulet,
Triboalerle, tromperie, tricherie, II, 4. 3 :
En che siècle présent tout est triboulerie^
Ensi qu'en jeu de dés a toute trckerîe,
Tribalatlon. pressurage, exaction, II, 16. 17 :
Adont estoient pau de tribulaiionSy
Marchandises couroîent de toutes régions.
Affliction, II, 138. 12 :
En trihuUUiofu fois devos coers conforte.
Trier, séparer, démêler, II, 13S. 24 :
On est tantos des boins et des mal vais tryet*^
II, 238. 3 :
Que nos puissons des visées les virtus si tryer
Que no salvation ne puiscent detryer»
Tai recueilli ce mot parce que l'éditeur l'interprète par
« éprouver ».
Trl0trer, attrister, I, 300. 12 :
Trafer ou se trufei\ rire, se moquer, I, 239. IS; II, 108. 15;
286. 11; 288. 16.
Talel, tuyau, queue (d'un fruit), I, 252. 22 :
Tous temps as boincs pûmes troevon bien boin tuyeL
Gloss. : « dessus d'une pomme ».
(136)
Tamer, 11,210. 28, quid? :
On ne voelt par le siècle nuit et jour fors reviaus,
Se voit on aucun pierdre par lumer leur chevians.
(c Perdre ses cheveux » veut dire « vieillir ». Cp. II, 85. 12 :
Manouvrier par travail pierdent bien maint cheviel. — Reste à
connaître la valeur de tumer; le sens usuel « faire une chute »
se prête mal; celui qu'invoque l'éditeur, « se disputer»,
est inconnu ; je m'en tiens donc à la valeur étymologique
« danser, s'enivrer de plaisir » (voy. Diez, Dict. étym., 4«éd.,
p. 321, v<> tombolare).
Tamnlery enterrer, II, 301. 16.
Tater, lat. tutare, protéger, I, 293. 18; 341. 23; II, 202. 19.
u
Umanlté) charité, aumône, II, 18. 22 :
Se faisoit on as povrcs assés d^umctnités.
Une, I, 301. 4 : cose qui n'est pas une (= équivalei^) ; une,
sens neutre, une chose, II, 103. 11 :
On dist quant une vient, qu'elle ne vient pas seule;
(fune, =» de la même chose, I, 197. 13 :
De dire tondis d'une^ bien anuyer poroit.
Vrler^ rôtir, I, 67. 9 :
En sus se traiche qui brûlés
lestre ne vora ou urlés.
Nous avons à faire ici au lat. usttUare, qui, par ttô/iare, a pro-
duit a. fr. twter, d'où urler (cp. merler p. mesler). On trouve
aussi tUler (cp. Chevalier as deus espées, 8808), qui convien-
drait mieux à la rime brûlés, — Cp. burler =? buller.
(137)
ifm^Oj vadiSj formule proverbiale latine, dont je ne saisis
pas le sens, II, 183. 23 :
Se je pooye bien, si corn je fis jadis.
Je diroie tantost à tous : vado, vadîs.
H^aser (pron. vaguer), être vacant, I, 294. 23 : quant siège
vagent; 363. 4 : quant li siège vagoient. — On trouve cepen-
dant aussi la forme vacant I, 32i. 27 et vachaiit 320. 27
(benefisces vachans). — Au sens du lat. vagari, errer,
I, 214. 19.
Taller, I, 363. 2 (il est question des hommes du siècle
se récriant contre le clergé):
S*il sevent leurs deffautes, moult tost les vont valler,
Quid? ravaler, rabaisser? Notez que les trois autres rimes
sont en arler, ce qui , toutefois, n'est pas un argument
péremptoire contre mon interprétation. Une explication par
« faire valoir » me semble trop osée. Pour l'éd., le mot veut
dire « attaquer », mais il n'en fournit aucune preuve.
H^arcollet ou warcollet, mot formé de warde-col (garde-cou),
pièce de toilette, collerette? I, 82. 26; 217. 26; 237. »;
241. 10; II, 27. 20. Sauf II, 34. 17 (leur warcollet), le mot
se présente toujours au pluriel et Féd. a bien tort d'écrire,
contrairement au mètre, warcoUes au lieu de warcollès.
H^arler, chanceler (en parlant de la foi) , II , 160. 3. — Se
varier de qqn., s'en détourner, I, 2S9. 19 :
S*il sont hautain et gros, toutes gens s*en vartenf.
Fig., s'égarer, se corrompre, II, 254. 19 :
Vous vés comment li siècles aujourd'ui st varie.
Tance, II, 233. 22 (en rime avec essauce, encauce^ hauce) :
Ch^est chius qui trestout set et qui tout voit que vauce,
Quid? Un subj. à forme picarde de valoir"! Si cela est, et e
sens s'y prête, c'est le seul exemple que j'en connaisse.
{ 138
^Telchl, voici, I, 38. 11 ; il faut rayer ce mot du gloss. et y
substituer veschi.
Tendre, sens ordinaire, I, 316. 16 :
As markiés couvient il selonc le jour k*on venehe.
Sens fig., offrir, suggérer, II, 12. 3 :
Faire yoelt en toat chou que quiderie vent.
Tenel, marchandise, denrée, II, 47. 14 : tout venel sont si
kier; ib., 156. 13 :
Rewardons tous veneus comment tout est hors voie;
290. 3:
De ses veneiu et de ses vivres
Yestre voloit tantost délivres.
Tentollle, masc, vantail, battant de porte, guichet, II,
210. 18 :
Car praicheur au ventailfe le font souvent savoir.
Terde, quid? I, 90. 13 :
A le ûe revient telle heure.
Entre deux verdet^ mie meure,
Que il redient des risées.
Terrelle, nom de poisson, ou d'oiseau, II, 260. 8 (pro-
verbe) :
Amer car de vervelles a trop plus que frions.
Le mot m'est inconnu. L'éd. dit: « Prob. bartavelle, perdrix
rouge ».
*Vea, I, 212. 17etl9:
Vous portés les noirs veus apriés professions ;
230. 8 :
Toutes portent noirs veus et H veu[8] senefie
Humilitet de coer et mener sainte vie.
Lisez partout fieus, nœuds. L'éd. , pensant à lat. velum^ expli-
que veu par voile.
(139)
%cale, vain, volage, II, !2S3. 8 : femmes vaines et vetdes.
C'est le même mot que vole.
Yieariot, péjoratif de vicaire, 11, 291. î2G. Cp. preMot, I,
HO. 18.
Yiclle, viole; loc. rejwnre (éloigner) sa v.. Il, 9. 2i; 44. 25;
46. 23; 135. 28; 155. 22; 195. 19; ailleurs : la mettre jus, I,
162.4, ou mettre dessom les bans I, 291. 20, ou aster, II,
29.14.
H^icllc, forme générale pour le masc. viel, en tant que subst.,
I, 9. 26; 72. 31 ; 233. 16; 288. 4; 21. 2 [vieles); II, 113. 25 :
Vielles luxurieus c'est grans abusions.
Comme adj. masc. Fauteur emploie viel, I, 55. 12.
%'ié« = lat. vetws, I, 286. 17 ; fém. viése, II, 154. 9; 180. 3.
Tiéwarier. fripier, II, 154. 8. — Voy. mon Gloss. de
Froissart \viéswarier) et le Dict. de Grandgagnage {viivar).
Yli^non, vigneron, I, 316. 19; 337. 8; aill. vigneron, II,
83.27;8i. 10.
Yln«i^c, voisinage, les voisins, II, 160. 21; par vinages, par
quartiers, II, 27. 25. — D'abord visnage.
%lneu«, adj., produit sous l'influence du vin, I, 192. 17 (il
s'agit de certaines paroles) :
Et 8*en fait on par vin qu'on doit tenir vineuses.
%'lnler, moine chargé de la distribution du vin, 1, 166. 3.
% Iri^enc, vierge ; la plupart du temps bissyllabique, comme
ordene, jovene; je le trouve exceptionnellement trissylla-
bique, I, 51.34et52.35.
Yoer, sens absolu, faire un vœu, entrer en religion, II,
216. 20 :
Femmes pour leur maris moult souvent vont vœr.
(440)
De même, I, 193. S (l'auteur s'adresse aux moines) :
Pensés toudis co mmcnt h rentrer vos vocutes.
Malheureusement le copiste du ms., peu scrupuleux en fait
de prosodie, a écrit wastes et a fait commettre à l'éditeur un
barbarisme choquant : selon lui, wasles est = fûtes; le
flamand l'a, en cette occasion, par trop aveuglé.
Tôle [pmsée)y pensée volage^ cp. veule, I, 220. 11 ; II, 184. 5.
Yolcr, se répandre, se propager, I, 109. 10 :
Chil boin estudîant font sciences voler.
*VuHcp, 1,10.24:
Pour lui vuiler et ensi vivre
Que s'ame soit d'infier délivre.
Selon l'éd. « humilier »; il allègue avuilerj avilir, mais ce
dernier (voy. amuler) est aussi imaginaire que notre vuiler,
qu'il faut lire ruiler, régler, diriger, conduire.
IV. Celte lettre germanique persiste dans les mots de cette
origine : donc wiere (guerre), warder (garder), rewarder^
welte (guet), warcollet (pr. garde-cou), waignier (gagner). —
A l'intérieur elle représente souvent m -♦- r, le second élé-
ment servant à empêcher l'hiatus; p. ex. gewe = geiwe =
geue (joue), kewe (queue).
l¥«aer, engouffrer, II, 90. 5 :
Or sont aucan glouton qui tout wafler vorroient.
l¥ale«eh, walesc {perdre son), I, 222. 6 :
Mes pensées me font souvent avoir martire,
Car je pierc me» walesc^ se bien Tosoie dire ;
ib. 387. 11 :
Bien say que men walete je pkrc et men langage.
( 141 )
L'expression ne dit autre chose que « perdre son latin » ;
tvalesc est =3 roman. Je ne puis admettre la conclusion que
réditeur tire de ces deux passages, en disant que a Gilles li
Muisis s'excuse des incorrections de son langage, de son
walesc » (p. xxvni de l'Introduction). Cette pensée y est abso-
lument étrangère.
^Wallnire? sorte de pâtisserie, II, 112. 20 :
De niales, de walingres vous fera moult bien paistre.
Manque dans les dictionnaires.
^'«rcollei, voy. varcolleL
^WarnemenA, meubles, I, 166. 8 :
Et de tous wametneru soit fait un cartilege.
*^Wa«ic», 1, 193. 5, voy. sous voer,
"Wmtle (uneglvie)j une poule mouillée, II, 108. 14 :
Tantost sera nommés une gline waiie,
IPi^erpée, litt. jetée, les petits d'une même portée, I, 116. 9 :
Et toute le werpée, quant sont grant, elle laist.
miette = guaitCj guet, gardien, 1, 131. 8.
IPVlhoter, cocufier, II, 162. 21 :
Ch'est si très grans pekiés Tuo Tautre wihoter.
Sur wihot^ voy. mon explication Jean de Condé, I, p. 410.
— L'éd. dit : « tourmenter, de viotj trouble ». Cet adj. viol,
où Fa-t-il rencontré?
IPVImple, guimpe, I, 217. 22.
^Vlseascs, subst., oisiveté, 1, 192. 15 : pour escaper wiseuseJi
(pour passer le temps).
(142)
X. final après te, notation graphique bien connue p. us, dans
iiex = tieus (de tel), Diex == Dieus, et autres cas.
Yeemoni (en), I, 37. 11. Selon le gloss. « là haut »; iiou
pas, corrigez e/i ycelmonty en ce monde.
Yoewel, égal, 1, 198. 13 :
Toat li doit de le main yœwel^ voir, ne sont mie.
Même mot que ewel^ oweU égal ; le y est prosthétique.
YerlalHlcr, voy. sous erluisier.
* Yoaels, yeux, II, 187. 11. Mauvaise forme, il faut un mono-
syllabe ; lisez donc yods.
ADDITIONS ET CORRECTIONS AU GLOSSAIRE'.
tAdoar ; le primitif flrfownier n'a pas pour type lat. ad-omare,
comme il a été admis jusqu'ici, mais plutôt, selon l'opinion
de je ne sais plus lequel de nos romanistes, ad-ordinare. Il
en est de même de aounier (v. c. m.). Le sens fondamental
répondrait donc exactement à celui de notre verbe arranger.
Affaler, affubler, vêtir, II, 126. 6.
Alat, mauvaise orthographe p. eut, eu, II, 69. 28.
t Amnlcr, voy. plus loin aveuler.
t Aprise. Corrigez, sous ce' mot, au deuxième vers, fardiaus
p. fardieus.
Art, subst., du genre fém.; toutes ars, II, 172. 4; 176. 14.
Cp. Renart, 1062, Qui moult fu plains de maies ars,
* Acculer, 1, 100. 1 (il s'agit de la convoitise) :
Tresloute gent y font oflFrandes;
Tout H clergiet, li seculcr.
Cornent il se vont aveuler,
Cescuns en juge vraiement
Et en diche seu sentement.
Je n'hésite pas à corriger amuler (=- enrichir) ; voy. ce mot.
* Je marque d'une croix les articles flgurant déjà au glossaire.
(144)
JLTolcr, mettre sur la voie, sur la trace, fig. informer, 11,
35. 12 :
Car je n'en pnis savoir fors chou dont on m^avoie,
Cp. II, 30. 18. — Adresser, suggérer, II, 94. 25 (il s'agit de la
luxure) :
Regars au (ou? =s en le) coer avoie les délectations.
tBIenwci^nlcr. Se voit aussi, par négligence, écrit en deux
mots II, 194. 22 :
Tons cheaus et toutes cheles qui le servent bien viegne.
Bote, quid?I, 213. 24:
Le serment des boins moines ils (1. •'/) virent par nos botes.
Je ne réussis pas à pénétrer le sens de ce vers.
C
t Censé. Loc. prendre en censé ^ rendre tributaire, assujettir,
II, 195. 10 :
Or ont ehil visce tout le siècle pris en censé,
Chitoyen, sens moderne, II, 1S9. 27 (« de paradis soyéstout
chitoyen »); citadin, bourgeois, II, 15. 16 :
Prinches et marcheans, ouvriers et ehitoyens.
Haisquid?II, 2. 14:
Li rike pour le leur les ont pour chitoiens.
D'autorité, d'importance égale?
Confire, faire, composer, lat. conficere; notez la 3* ps. pi.
indic. prés, confiscent (auj. confisent), II, 68. 26 (en rime avec
iscenty tapiscent). Cp. escondisciés, II, 175. 15, de escondire.
Contenapt = content (lat. contentus), I, 371. 6. Je relève ce
mot comme un échantillon des monstruosités graphiques
que commet parfois notre scribe.
Contrées, environs, I, 315. 4.
I
(148)
Bcffonklcr («e), se séparer, se détacher, I, 367.18. — Voy.
God. sous desfouchier , disperser; dér. de fouCj troupe,
bande.
t Delapider. Dans le vers qui accompagne cet article, insérez
après ouvriers le mot souvent,
Dcmaliicy usage, 1, 148. 3 : Or est autre deinaiiie.
E
t Ente», adv. ; je note encore l'expression impersonnelle estre
entesy faire de la peine, Baud. de Sebourg, IX, v. 788 :
Entes lî fu au coer, chc est bien vérités,
De chc qu'cnsi les laisL
11 est difficile de séparer cette expression de l'ail, and sein^
and thun, qui dit la même chose, mais dont l'origine
m'échappe.
w
t Foarse. J'ai dit sous ce mot, en note, pour contester la cor-
rection paiscon faite dans le Dict. de Godefroy, que la langue
de Gilles li Muisis appelait plutôt pechon^ pichon ; je dois
rétracter cette observation; notre auteur emploie en réalité
poisson (I, 1S5. 15; 184. 5; 228. 23) Qipisçon (II, 88. 18).
t Garder. Locution : ne garder l'eure que, s'attendre à ce que,
prévoir avec certitude que, I, 68. 16 :
Tant a esté me vie desmesurée et gloutc
Ne gare l'eure que tîcre pour mes pckiés mVngloutc.
Cp. Berte aux grands pieds, 861 ; Enfances Ogier. 1158.
I
tlllamlncr, illustrer, 1, 175. 25 :
Par Tordcnc saint Benoit est bien illuminée
Sainte Eglise partout . . .
Aussi la forme enlumine?*, I, 67. 23 (= éclairer).
Tome XXXVII. 10
(146)
Jane, jeûne, du genre féminin, II, 88. 14 (« on warde mal
ches junes commandées »).
fKâctli. Voici la solution que je propose à donner au pro-
blème offert par ce mot. Le vers étant trop court (car la lec-
ture kiëtit ne m'attire guère), je corrige qui s'en sont efikietU
(le second en peut fort bien avoir échappé au scribe) et je
traduis : « qui s'en sont lotis, qui en ont eu la chance ».
Pour expliquer le verbe enkietir, je pars du subst. verbal
de cheoir^ keoir, c'est-à-dire chet (cp. dé-chef), forme picarde
kiet ; il serait le mieux imité par un verbe fr. « enchancer »,
puisque chance vient aussi de cadere.
fLIemcni. Avons-nous à faire au subst. ou à l'adverbe au
vers II, 266. 1 :
S'on les devoit tous pendre, je le ferai /t'emenf?
Autrement dit, le vers étant trop long d'une syllabe, faut-il
corriger yen ferai ou je le frai liementl
Urc, faire des leçons (cf. ail. lesefi en langage universitaire),
1, 113. 1 :
Or sont clerc artyen qui par estudes lisent.
fHarler. Je ne connais pas l'origine de ce verbe. Est-ce une
acception figurée de l'anc. marier = mod. marner 1 C'est
difficile à admettre. — L'ail, mrgeln (taquiner, critiseri
est trop peu ancien pour oser l'invoquer. — Enfin, serait-ce
une variété de maller « frapper d'un maillet », fig. mal-
traiter, gourmer (voy. Henschel)? Cp. burler=^buller.
Mine, fosse minière, fig. cause première, source radicale, I,
271.4:
Penser d*oster des visccs dcveroient les mineg»
(147 )
O bref latin accentué devient, en règle générale, eu^ oe, ue
(pdpulus peule, môv'ta moelle, cor coer, môritur muer()\
cependant binus fait constamment 6otn, fém. boxne\ j'ai été
frappé par une seule exception : I, 364. 21, promeiide bonne
(en rime).
P
Paelence, souffrance, 1, 94. 10 et 18; 98. 9.
fPeai. Je doute de la justesse de mon explication de ce mot
et il me semble qu'il vaut mieux admettre une faute de lec-
ture et corriger pelil (= peu).
tPIci. Locution : avoir pies el mains, FI, 179.18 :
Et sont (1. s'ont) et pies et mainSy che sanle, vos paroles.
fPlnrer; sur l'histoire génétique de la forme moderne p/u-
riel (qui ne vient pas immédiatement du lat. pluralis), voy.
Foerster, dans Grôber, Zeilschrift , IV, 379 , et Tobler, Vom
franzôsischen Versbau (2« éd., Leipzig, 1883), p. 68 (note).
Penncni, pondent, lat. ponunl, I, 90. 24. En rime avec
reponnenl, de reponre (cacher), lat. reponere.
Récompenser, compenser, expier (« ses péchés »), I, 50. 30.
Reereanee, hésitation, refus, I, 347. 8 (sans nulle r.). — Re-
creanmenU lâchement, I, 296.8. — De recroire, se refuser.
fReponnear. Une construction analogue se voit 1, 123. 25 :
Je cognoisc bien quel cose je sui, voir, aprentis,
S
Sae. Expression proverbiale, I, 203. 12 :
On puet dire : « Tels gens n'ont dou cuer le sac ort ».
« Ont le fond du cœur pur » ?
( lis )
liaat, sou, II, 176. 25 : as livres et as sans [en rime). — La
forme sous. II, 68. 8 (« fors de sous et de livres »), est, je
pense, fautive.
fiicereC Je trouve, sur la même page, II, 90, le fém. seerée
(appliqué à cose) et le fém. de forme savante secrète (appli-
qué à compagnie).
iiil ou se, avec la valeur de « jusqu'à ce que » (après une pro-
position négative, voy. mon gloss.'des chron. de Froissart
sous si II," o«), apparaît rarement ; j'ai noté I, 334. 6 :
Et s'il savoit comment de grasce se desnûe.
Jamais ne chiesseroît se seroit revenue
et II, 76. 3; 206. 18; 223.22.
fTanter. Je tiens à ajouter que ce verbe, appliqué à plaie,
n'est nullement suspect, comme on pourrait inférer de la
rédaction de mon article ; tentei' une plaie non seulement
se dit encore, mais il est de très ancien usage; voy. le glos-
saire du Chevalier as deus espées, édition de Fôrster.
fTarler. Je m'aperçois à temps que cet article est écrit dans
la coupable supposition que ches visées est le sujet de tarient,
tandis qu'il en est, comme l'indique bien la forme, le régime
direct. Il s'agit donc du verbe actif tarier (tirailler, faire la
guerre), dont l'étymologie reste encore à fixer.
Trnewon = trueve on (j'ai égaré le passage). Pour ce genre
d'élision, je renvoie à l'étude qu'en a faite Tobler, Vom fran-
zosischen Versbau (2« éd.), pp. 60-61.
CORRECTIONS.
TOME I.
Page
«, ligne
9, au lieu de;
: monde
lises
: mont
««.
suis(id. 49.11 et
passim)
sui
%
22.
qui
que
3.
II.
eonsentier
consentir
17,
tous
tout
i,
7,
en possession
en se possession
II.
ne
net
30.
le
les
5.
2i.
Dieus
Dieu
«,
6,
hayement
gayement
u.
en caserés
encaeerés
29.
au
dou
7.
19,
fait . . . frémis
faie . . . frémi
8,
3.
require
TequMT
12.
revuînt
Tewwfit
32,
Le lîcude chou,
moult . . .
Le lieu, de chou
mouU . . .
».
1»,
mainé
m'ame
10,
16,
revenra
2i.
vuiler
ruiler
II,
4-5,
un point-virgule après plenier»
et une virgule au
lieu du point après possessions.
i%
18, au lieu de
: à celle
lisez
: a telle
u.
16,
meseschanche
mesestanehe
(180)
Page iA, ligne 19, 6ter le point et au v. suiv. mettre une virgule aprèf
Vafflit
37, au lieu de : sen lisez : à sen
15, 28, quelle 911e/
16, 3, aperchieus apereheUs
17, 15, les set
26, j'ieuc i'etic
32-53 remplacez les points par des virgules
18, 27, an lieu de : lieu lisez : Ueus
10, 5, qui que («= car)
1 9, une virgule au lieu du point
28, au lieu de : peurs ... le peur ... H
20, 8, et grand ' et se grand
5, une virgule au lieu du point-vii^ule
13, au 1. de: quelconques heures lisez : qtielconque heure
21, 13, au lieu de : teux leurs
15, ewreus eûreus
21, ewcreuses eûreuses
22, 8, iscier iseir
21, mettez un point d'interrogation a la fin
25, au lieu de : Peut lisez : Petit
33, un point d'interrogation à la fin du vers
23, 32, insérez et ou si devant je le grée
24, 4-5, une virgule h la fin de 4, et un point-virgule à la
fin de 5
25, 6, au lieu de : vous lisez : vos
17, une virgule au lieu du point
35, au lieu de : espit esjric
26, 11, 6tcz la virgule après grain, et remplacez le point
par une virgule
27, lisez : En mi vo grasee et me mundés
27, 8, vers trop plein; lisez bée, pour a6^
28, 14, au lieu de : doies lisez : dois
29,
18, absolutions
30, diemences (la mê-
me faute passim)
8, meut
12, qui
/• absolutions
dimenees
meut (monoiylL)
que
( m )
Page 39, lîgae 19, mcllre le poinl-virgale après pekiet
30, 9, une virgule au lieu du point
10-15, les guillemets doivent aussi comprendre ces vers
31, 16, au lieu de : ses lisez : ce»
aparaliet aparilliet
met mte ou mae
caper taper
convent (faute constante) lisez : couvetit
34,
52.
*,
22,
26.
32,
33,
9,
3i,
23,
38,
*»,
33,
oiels
lisez
: ioeU
gloutremies
gloutrenieê
ireuls
ireuê
ti y es
i'i ye$
plus
pieu»
36, 0-10, transposez ces deux vers
11-16, pour la ponctuation de ce passage, voy. mon
gloss. V. eteoussins
24,1
BU lieu de
: Et si ne sont
lisez : Se ne sont
25.
virgule après nommet
37,
8,
BU lieu de
: Dieus •
Dieu
iO,
ycemont
yeelmont
40,
^.
semonc
semont
15,
sera
seras
27,
lye
graphe ye p.
liie (cette ortho-
iie se présente souvent)
29,
et t'en
lisez : et je t'en
42,
2,
sui
tui (mot latin)
27,
Et
Voel
33,
puist
peuist
^3,
28,
Esperis
Etpri»
32,
une virgule à la fin
45,
9.
au lieu de
: et le fait
lisez \ et ne le fait
^6,
14-16, un point après 14, une virgule après 15 et 16
18, au lieu de : oyeux lisez : yeux (de même v. 33 et 35)
- 28, virgule au lieu du point
< Je ne signalerai plus les lapsus de cette nature (confusion du cas-sujet
et cas-régime), à moins que la rectification n*ail un intérêt particulier pour
réclaircissement du sens.
(182)
;e 47,
ligne 2,
au lieu de
: must lisez
: nuitt
4>
manduscasti
manduea$ii
6,
Croit... megnict
Crois . . . mignief
«0,
virgule au
lieu du point
il.
deux-points au lieu du point
45,
au lieu dé
: veir lisez
: vir
24.
diras
dirai
48,
4,
se
ti
«9,
oiclx
ioeh
50,
empartirai
em partirai
*9,
3,
virgule à la place du point
12.
au Heu de
: Caius
Çajui
47,
es
el
80.
9 eH 3, point-virgule au lieu Je
vii^ule
i4,
au lieu de
: si lisez
:»e
i5.
virgule au
lieu du point
16.
au lieu de
:Je
Jel
•
21.
warte
wart
24,
traîst
traiit
32,
délivrés
deHvre$
51.
6,
si ert boinc cwrée
15.
vous
90S
53,
5.
cngrascie
en groMcie
7,
tout bien, le sai
to^if bien te soi
54.
2,
périlleus
prillett»
3,
dicnt
diêt
14, ponctuez : Non pourA:an[/], te sui eêcapés,
19, point-virgule à la fin
20, virgule au lieu du point
23, au lieu de : le lisez : tes
35. paroient paroteni
55, 3. resanicr rasanler
11, Velchi Veschi
56, 14, point-virgule à la fin
1 5, virgule au lieu du point-virgule
23, au lieu de : acroit lisez : aeroisi
57, 28, voit vote
58, 16, fuils fitth
(183)
Page 59, ligne H, au lieu de : i estre lisez : ie*trt
il y virgule an lieu du point
19, au lieu de : laicc leaice
60, 32, virgule au lieu du point
61, 9-i I, terminez v. 9 par un point, 10 et 1 1 par une virg.
62,
64,
65,
66,
67,
68,
69,
70,
S5, au lieu de : fort lisez : for$
27, Sfe me
9, consenties consentirs
17, anemi anemis
9, la tes
n, quils qùHl
31, tout tons
33^ risaie ritait
40, virgule au lieu du point
47, insérez le devant bien
26, au lieu de : auser
5, emploi-ce
41, si fait
13, doye
20, ôtez $i
24, insérez s'î ou hs devant mainlienent
lisez : ruser (ou user)
emploiec
iifais
doy
33, au lieu de : Sages
43, au pis
18, vit
10, naquit
12, yest
28, biffez le point-virgule
5, au lieu de : benoite . . .
11, ôtez En
lisez : Mè$ sages
de pis
vie
nasquit
yert
fu lisez : beneoite ...fus
i2,au
lieu de
:Mai-ge
lisez : Mae ge
n.
et tout piUés
toute pités
2«.
tout
toute
23,
maint
tn'aint
71,
16,
grisment
grieftnenl
72,
8,
souffristes
souffresistes
»,
saint
sains
15,
claucefyet
elawefyet
21.
le
H
(154)
Page 73, ligne i, insérez se (= et) devant nos
32, virgule au lieu du point
74, 13, aulieude : grif
29.
7B. 7.
38,
76. 6,
tu
i*,
80.
77, 53,
7», 90,
80. 16,
81. 1,
28.
29.
82. 3,
**.
16,
22, ôtez les virgules avant et après diront il
23, au lieu de : monstrer lisez : mimUrtr '
24-2S,au lieu de: colles: vareolles lisez : eollèt .- wrtoiïi*
30. une virgule au lieu du point
31-34. guillemettcz ces vers comme les précédents
33, au lieu de : puist lisez : peuUt
:grif
lisez :^iV
aloer
à lœr
grand
groHM
finir
fenir
requ irons
requérons
trestous
à trestous
morurent
ja morureni
As virgenes et à
tout
fouie
où
ou
au cocr
ou(=daDsle}(
aisnet
ainsnet
honerés
iiflnorés
décheus
de eheus
honoret
konerei
femme
femmes
parier
parUrs
quel
quels
83,
8,
29,
84,
13,
51,
81$,
2,
21.
29,
86,
8,
26,
87,
28,
honcroîent(c«»***)
vienrent
viennent
poent
poeent
fecissent
fesissent
si
se
accors
les aeeors
fols
foies
vcwe
veûe (ouveâre)
sots (id. 90.
16)
SOS
38, corrigez etn praichant (en 3 mois); de même 88. 8
Celte faute est permanente.
( 153 )
Page 87, ligne 32, au lieu de : Qui lisez : Que
88, i7, donna dena
18, biffez le point-virgule et reportez-le à la fin du vers
suivant
34, au lieu de : Philippes lisez : PMippes
89, 10-11, ces vers sont incompréhensibles, du moins diffi-
ciles à lier aux précédents, et font supposer une
lacune de deux vers mentionnant quelque person-
nage princier parmi ceux que Jehan de la Motte,
selon vv. 6-7, a resbaudia de ses biaus di$.
12, au lieu de : n*oubliray lisez : n'oubUeray
16, Pa on là là {= où) on l'a
21, Tel Tele
32, requers requerc
90, 2, soucieument soutieument
28, avant à vont (?)
32, esUt estet
34, biffez la virgule; reportez -la au vers suiv.
91 1 15, virgule au lieu du point
22, au lieu de : vivans lisez : vivant
28, toute toutes
30, si ie
92, 9, retranchez Et
14, au lieu de : porent lisez : poront
16 et 19, au lieu de : le les
93, 2, au lieu de : vendra venra
6, jugemens jugement
li, à ouviert aouviert
20, si se
94, 7, son (passim) sen
17, volroie volroi
27 et 30, virgule au lieu du point
93, 11, au lieu de : soutivité lisez : soutieutet
15, S*ii se ou si
19, virgule après oel
25, 29 et 32, au lieu de : oyex, lisez r yoex, de m. 96.2
25-26, a. 1. d. : demonsf* : plons^'" 1. : demoustre.-ploustre
33, corrigez em parcoit (en 2 mots)
( 156 )
Page 06» ligne i, au lieu de : s'en siult lisez : s'etutut
il, me me$
97, 7, 13, 17, un point-virgule à la fin
1 9, au lieu de : grant lisez : gratu
22, biffez la virgule
98, 13, au lieu de : sienc (iene
19, bîiïez la virgule et meltez-la après /oûeurt dnv.suîv.
30, corrigez m'en tenehê (en 3 mots)
09, 10, au lieu de : estout lisez : $tout
14, enlevez le point
16, au lieu de : se ses
26, jolités jolielés. Otez le
point d'interrogation pour le reporter au v. siilv.
28, virgule à la fin
100, 1, au lieu de : aveuler lisez : amulcr
10, vois vote
16-17, corrigez taisir : plaisir (sans s final)
22, au lieu de : boins lisez : boines
29, si «e (de m. 101.30)
101, 51, celle telle
102, 29, une virgule à la fin et des guillemets en tête des
2 vers suivants
31, un point à la fin
33, au lieu de : méchans lisez : tnesehans
104, 22, mettez les mots car..,vir en parenthèse, suivie
d'une virgule
105, 9, au lieu de : boin lisez : 6oine
21, hardiment hardiement
27, virgule à la fin
28, effacez la virgule
1 06, 49, au lieu de : Y lisez : il
23, métreras metteras
28, point-virgule à la fin
29, une virgule à la place du point-virgule
107, 9, au lieu de : les boins lisez : des boins
108, . 3, vers trop court; au lieu de : à peu lisez : à peiit (?)
6, effacez le point
8, au lieu de : tost lisez : tout
(187)
Page 108, HgDC 9, effacez le point-virgule
11, virgule au lieu du point-virgule
16, au lieu de : données
lisez : denées
109.
9, soeler
sooler
18, i'el
jel
1*0,
3, ôtez le point
8, au lieu de : N'entent
N'entenc
11, virgule à la fin
1 9, au lieu de : trcstout
lisez : trestous
25, ose
n'ose
m,
7, doinct
doinst
10, escript
escrite
11, qu'il
que
18, biffez la virgule devant qui
112,
9, ôtcz la virgule
13, virgule à la fin
15, au lieu de : Aucun
Usez: Aucun
113,
2, si
4, cil nortes est inadmissible '
s'i
HA,
3, virgule au lieu du point-virgule
6, au lieu de : trcsluut
lisez : treslous
18, si
se
21, virgule après seulement
115,
17, vers trop court. Au lieu de :
Si fait, voirs, me fait, li-
sez : Sifais oirs me fait
20, virgule après jadis
116,
6, au 1. de : comprcnt li pourcclet 1. : campèrent pourcelet
14, au lieu de : subges
lisez : suhgis
H7,
2, un
une. Deux-points
à la On
10. s'i
si
11, quelle
quel
118, 6, ôtez la devant famine
11, écrivez m'encacheront (en un mot)
1 5, au lieu de : sa lence lisez : silence
119, 3, tous tout
^ Je ne comprends pas le passage.
(188)
Page H 9, ligne 90-21, ces vers constituent une parenthèse
130, 21, effacez M >
25, au lieu de : Pardons lisez : Pardon
121, 2, une virgule après sMhant; celle qui suit tous doit
disparaître
24, au lieu de : respont lisez : respone
28, caisir (aisir
122, 2, point- virgule à la fin
5, ôtez la yii*gulc après Roboam
17, virgule après iestré
123, 9, au lieu de : qui lisez : que
14, retranchez le
20, une virgule après matere
25, pas de ponctuation après eoee
124, 5, au lieu de : empriemer lisez : emnrimer
7, fliemer (limer
11, trestout Irestous
12, tcroprement tempréement
125, 1, verront venront
134, 25, j'en tenc J'entenc
135, 4, le U
5, ordenément ordeniemetU
11, prouveiis pourveûi
142, 23, saufs saus
143, 11, écrivez em plaisoit en deux mots. — Au lieu de : cas-
cun, lisez : cescun. — Une virgule à la fin
22, un deuxième mieuh après tnieuls
144, 22, reportez la virgule après décevoir du vers suiv.
145, 1, li est de trop
146, 16, au lieu de : faindront lisez : fainderorU
1 9, cmpcrkiet emparkiet
24, par pa$
147, 9, si $'i
148, 21, la virgule avant drument, non pas après
24, vers trop court; je propose s'il lepuet p. : s'il puel
> Peut-être faut-il lire semandon au lieu de se monilion^ qui cootrarie le
mètre.
(159)
Page 149, ligne 9, aa lieu de : k*auvecques lises : k'ameequet
18, veu n'en
IttO, i, voit vote
2, oïr vf>
7, écrivez etn bleiche (en deux mots)
151, 9, mettre une virgule après retenir^ comme fait notre
texte imprimé, c'est séparer ce verbe de ses ré-
gimes hayne, felenie
13, j*in$ère, pour parfaire le vers, Tadv. au$ii après vt'en/
152,
11, au lieu de : convens
lisez
: couvens
163.
29, écrivez ensiuvenf (en un m<
H)
155,
1 9, au lieu de : tiesmoignier
lisez
: tiesmongnier
20, grougnier
grangnier
156,
10, [abbés
abbet
11, donner
dener
19, . plait
plaist
167,
5, subgès
êubgis
23, ce
*e
28, effacez se
158,
10, au lieu de: fit
lisez
:fi.,
17, tout
(0U8
18, écrivez rewarge (en un mot
; c'est un subjonctif)
19, au lieu de : trebuskiés
lisez
: trebukiés
159,
15, un
un*
28, es
et
161,
1, prouvoit
42, Tabbct
l'abbe»
13, ottryés
oltryert
22, clostre
doislre
162,
12, écrivez s'enti (en un mot)
163,
20, au lieu de : Prelas
lisez
: Prélat
164,
4, ses
14, ôtez la première virgule
les (ou H)
21, au lieu de :k
a
22, relies
reliés
23, donnet
donnés
25,' une virgule à la fin
27, au lieu de : loe
lisez
iloc
22,
166,
4.
u.
16,
20,
i67.
11.
168,
7,
H,
21,
(160)
Page 165, ligne iO, au lieu de : Con fait lisez : ConfaU
prourcut powrveiU
Paisieuls PaiMieule
censer tetuer
grignier grongnier
tesiDoignier tetmangmer
vees vés
Raisont Raison»
qu'on qu'ont
sot $os
complalive coniemplatwe
160, 5, virgule après chou et à la fin
1 8, au lieu de : Habit lisez : Li kabit
21, un OR
470, 12, guerredon a gueredena
26, corn corne
27, j'insère mouU ou bien après mcûsons
172, 24>, insérez c/ie après bien
173, 1, ôtcz le tiret après fauli
1 5, au lieu de : à seur lisez : aseûr
20, Lignics, poignies, ces cuers tr. s. m., li-
sez : Ligniés, poignié» ces cuers, (r, s. m,
27, au lieu de : cels lisez : cils
17ÎJ, 7, voira vaura
13, ôlez la virgule à la fin
1 4>, une virg. après darrain et ôtcz celle de la fin
24, au lieu de : puissions * lisez : puissons
26, reportez la virgule après partout
178, 16, au lieu de : castimcns lisez : eastiemem
19, gline geline
24, abbés abbes (je ne si-
gnalerai plus cette faute)
28, encrassier lisez : encraUsier
180, 2, se SCS
4, trestout trestous
17, gouvernés gouvrmés
18, pas de ponctuation à la fin
19, point-virgule h la fin
(161 )
Page 180, ligne 24, eflaccz à
27, virgule à la fin
28, au lieu de : S*en usés lisez : Se n'usés
181, 20, insérez tes avant faitt
182, I, virgule au lieu de dcux-poinls
7,
au lieu de
: enmiellicr
lisez
: enmieller
11,
koces
kocès
12,
couvent
couvent
1»,
pueicnt
puelent (voy. m.
gloss. s. pueient)
183,
1,
pouchincs
poHchinès
18,
pueicnt
puelent
184,"
4,
lui
tiu
18S,
i, écrivez bienviegne (on un mol)
186,
18,
au lieu de
: tout jour
lisez
: toute jour
187,
23,
ticuls
tieutes
27.
point-virgule à la fin
28, virgule après fauis
188,
20,
virgule à la fin du quatrain
25,
au lieu de
: estudycr
lisez
: studyer
189,
23,
une virgule à la fin
190,
2i,
au lieu de
: evillour
lisez
: esvilleur
194,
27,
me
m'en
193,
».
wastcs
voastes
7,
un second
vous après vous
22,
au lieu de
: estes
lisez
iesfi
2i,
sera
seras
19i,
22,
ne puct
ne le puet
26,
fardicus
fardtaus
193.
n,
anemit (passim)
anémie
196,
10,
se
ses
26, effacez des devant viestirs
197, 27, au lieu de : on alast
198, 5, men
17, qu'il
199, 4, herbcrgiés
23, leniclette
200, 12, mettez les après tous
Tome XXXVll.
lisez:
: on n'alast
me
que il
herbregiés
l'enlptette
H
( 162 )
PageâOI,
202,
203,
205,
206,
207,
209,
2H.
212,
213,
214,
2i6,
217,
218,
219,
221,
222,
22»,
226,
228,
229,
ligne 13, au lieu de : lies lisez : iiés (oionosylL)
10, ordeiics ordenée»
6, effacez la virgule après qw
17, au 1. de : Ordenes, viestures lis. : Ordenées tiatunt
6, au lieu de : princeps lisez : princes
24, avenlet arentei
19, se $es
1, ôtez la virgule. -- Au lieu de : boiii Usez : boine
8, au lieu de : se lisez : set
2, li ri.— Point d'ifl-
terrogalioD à la fia
21 et 23, au lieu de : veus, veu lisez : veus, veu
8, au lieu de : baubanches beulMinches
25, trestout trestoute
17, abbéyes abbyes
20, virgule après dame
5, au lieu de : couvent coavenl
6, coches eochhs
27, insérez n devant fort
2, au lieu de : vraicnient lisez : veraiemenl
26, warcoles urarcolès
22, virgule à la fin au lieu du point
11, au lieu de : n'est
22, retranchez en
24, au lieu de: Tespcut
14, Vceschi
15, trouvet
21, L'espeut
4, fourkeure
24, desplait
4, aucuns... corn
16, virgule après erés
26, au lieu de : cointyes
lisez : twst (!)
l'espèus
Veschi
trouvées
L'espèus
sourkeure
desplaist
aucunes . .
e'om
28, malvais
5, abbéies
15, effacez et
6, au lieu de : me«hains
26, point-virgule à la fin
lisez : eaintiies
tnahaises
lisez : abbies» — Virg. à la fio
lisez : niechaitu
(163)
Page229,
330,
231,
232,
233,
234,
235,
236,
257,
239,
ligne 27, virgule à la fin
5, au Heu de : vcus, veu lisez : netts^ neu8
8, castye castiie
i 0, boîns boines
48, osche trcstoul lisez : oste trestous, — In-
sérez vous après biens
26, virgule après coses
28, au lieu de : praiccbicr lisez: praichier
2, virg. après siccfe, — Au 1. do : pueient lis. : puelent
4, mettez et après pensers
25, au lieu de : lyes lisez : liies
10, Le Li
H, le ^ les
i 5, suis sui
27, ôtez la virg. après fiert pour la mettre après l'un
3, retranchez beaus
26, au lieu de : pueient lisez : puelent
7, toute toutes
6, warcoles (id. 241. iO) lisez : warcolès
iO, souverain lisez : «otiv^atn^
10, virgule au lieu du point- virgule
i , au lieu de : Li feu lisez : Le feu
i 6, insérez en après s'on
22, au lieu de : die dienl
240,
16, joIit(id.24t.ll)
jolif
241,
9, convcnt
couvent
40, auvent
ou oent
243,
16 et 19, au lieu de : chaius
ehajus
244,
13, au lieu de : exemples
49, ôtez la virg. après voiront
exempta
245,
5, une virgule à la fin
6, ôtez le point-virgule
15, au lieu de : morte lisez
: mort
20, se
ce
247,
5 et 6, mineur
meneur-
23, telles
tels
248,
3, fussct
fussent
249,
3, estudycr
studycr
(m)
Page3i9, ligne 47, virgule après Egfise
250, 7, au lieu de : peine lisez : paine
251, i, grande grand
23, virgule au lieu du point-virgule
252, 5, au lieu de : thesors lisez : (hetor
6, songnics retongniés
16, Le Li
i 9, joyel juyel
26, virgule après tout
253, 8, une virgule au lieu du point -virgule. — An lieu
de : faura lisez : farra
20, virgule après faire
27, au fieu de : eus à volentet lisez : tenir avoleuM
254, \t rclincr retenir
13, virgule après Dieu
22, virgule à la fin
255, 4, au lieu de : transquillitel lisez : tranquittilel
28, se no
256, 23, volent voetent
257, 14, écrivez em puist (en deux mots)
24, au lieu de : esquipollent lisez : equipoltent
258, 7, movc moeve
i I , otez la virg. après fiert pour la mettre après l'nn
26, au lieu de : mie lisez : mies
259, 16, virgule après bien
21, un point à la fin
23, il manque un mot de deux ou trois syllabrs après
oevres'y peut-être avaient
26, au lieu de : Loin
lisez
: boins
27, poveretet
povretet
260,
16, oiTryes
oltriies
25, com
c'om
261,
4, e£Facez par
16, au lieu de : soubcicus .
. aucun
sottlieut...nucun$
263,
24, qui
qu'it
265,
5, mettez si devant sera
6, au lieu de : Le
lisez
:5e
17, s'humulic
s'hnmetie
( 168 )
Page 965, ligne l8,a.l.d.:coinmcndcs, perdroit l.zcommendée par droit
366, 16, au lieu de : goiroit lisez : gorroit
26.
bieus
biens
267,
2,
sols
$08
20,
maintienrent
maintiunretit
268,
7,
qu'ils
qu'il
1»,
opriesser
aprietier
22,
pèvcnt
pueent
270,
8,
resanle
rasante
17, effacez tj
20, au
L lieu de
: csbanoit
esbanoi
271,
23, je
mets i7
après ciessent cl
je biffe dou
272,
l,au
lieu de:
convient
lisez
: couvent
273,
274,
275,
276,
277,
279,
280,
281.
284,
285,
286,
287,
4, micu
6, escuillcs
11, avuilcr
19, mecongne
2i, écrivez emblavés (en un mol)
1, effacez le premier et
19, au lieu de : connoit
25, mettez un devant petit
23, au lieu de : savoir
12, sont
16, aconte
tntcn
eswUlies
amuler
fnençongne
lisez : connoist
l'avoir
font
n'aeonte
20, au I. de : clergies (ib. 283. 14 ; 305.19) lisez : elergiés
19, au lieu de : ofTricnl lisez : ottrient
26, écrivez entour (en un mot)
2, au lieu de : laver lisez : laner
16, tiengs tieng
10, ccst c'est, — Point -
virgule à la fin
1 1, point dUnterrogation après bieste
14, mettez le second guillemet après siècles
1 5, au lieu de : ce sont lisez : se sont, — Effacez li
25, effacez en
25, ôlez le point-virgule après couvient et mettez une
vii^ule à la fin
1 5, au lieu de : que lisez : qui
( 166 )
Page 388, ligne G, au lieu de : prélats lisez : prêtas
47, apcrchevroit apcrcheveml
Si, transfeta fransfreta
289, 7-8, lisez : feït, parfeit (licences de forme pour : feitt,
parfetst)
25, au lieu de : eut lisez : eust
25, li Le
290, 7, harnagc harnage
24, treslout treslou»
29 1 , 5-6, au I. de : renoumés : soumés lis. : renommez :wmmi$
292, 4, écrivez enpriessml (en un mot)
9, au lieu de : gouverner (id. 296. 13) lisez : gowrtiitr
H.
doner
lisez : dener
20,
dira-on
. diran
25,
justiçauls
justiçaules
293,
5.
gouvenera
gouvernera
6,
honnit
honnis
20.
si
se
294,
2, ôtez la vir
gulc
20,
au lieu de .
le
lisez : li
295,
7,
rémunéra
remunerra*
24,
pèvent
lis. : peuent (ou pueent)
296,
4,
effacez partout
6,
au lieu de
: fcalment
lisez : feaument
297,
6.
écrivez par don (en deux mots)
13,
au lieu de
: remire
Usez : remir
299,
20,
quelo
quel
301,
42,
virg. aprèj
i chou, — Au 1. de : nous lisez : nons
13,
remplacez
et par une virgule
502,
14,
virgule après saches
15,
au lieu de
:Lies
lisez : Liés
23,
com
corne
303,
2,
en cielle
en se dette
^,
délivrés
délivres
304,
10,
com
come
17,
le
tes
* Cette faute se présente passim.
( 167 )
Page 505, Jigne ?, au lieu de : Dams Usez: Dame
306, 16, ne fait nel fait
26, est joy efjoï
307, I, se ce
3, Des De
8, espuet esprouvet
18, le H
309, i, pas de virgule à la fin
2, point-virgule après templiers^ virgule à la fin
\% au lieu de : n'apiertcnt lisez : n'apertient
310, 4, hommes hontme
5, au 1. de : Si lisez : £t; ôlez la virg. après n'estoii ;
au lieu de : dilicieus lisez : delicieus
311, 5, virgule à la fin
15, au lieu de : poroient lisez : pooieni
25, sourjouna soujouma
312, 6, se le
i 5, ne les a lonc temps à mestryes lisez : ne
les a, lotte temps a, mestriies
313, 21, Tost lisez :L'05f
314, 22, virgule à la fin
23, point-virgule à la fin
315, 8, au lieu de : Mais lisez : Mains
11, insérez et après prosperitet
24, ôtez le point-virgule à la fin
25, virgule après crot«
316, 15, au lieu de: tiere lisez : ^t>re5
28, virgule après honneurs; ôtez le point-virgule à la fin
29, au lieu de : se lisez : ce
317, 1, retiner retenir
318, 16, ôtez la virgule à la fin
22, retranchez leurs
28, au lieu de : Dix-wit lisez : Dix et voit
319, 17, chaus chiaus
22, écrivez maltalent (en un mot)
23, intercalez moult après avinrent
320, 4, au lieu de : revouca lisez : renonça
321, 9, cascune cescune
(168 )
Page 322,
523,
324,
326,
327,
328,
330,
351,
333,
ligne 12, au lieu de : moulte lisez : mouli
1 2, pcvent peuetU
21, Esprit Etpent
25, cour cours
3, subliemés sublimés
5, si dist si dit
4, dit ditût
12, point-virgule à la fin
7 et 12, au lieu de : dismes (id. 329.7) lisez : disimes
2C, au lieu de : boîns lisez : hoines
2, Sicime Sisime
23, compromiteur eompremeteur
25, Un Uns
18, toute toutes
1, ôtez le point-virgule après coers, et mettez une vir-
gule après tous
3, au lieu de : luitîèrcs lisez : tuilércs
13, gouverneur gouvreneur. Une
virgule à la fin
i5, au 1. de : mangeur... mineur lis.: mageur. ,, meneur
334,
336,
337,
338,
lisez :
determeneur
si se
retrouver
boine
corn
lisez :
pillet
Tosquains
339,
iO, au lieu de : dctcrmineur
17, si ce
4, retourner
3, boin
\ 5, comme
i 7, pas de virgule à la fin
20, au lieu de : pillate
22, Tosquoins
2, ôtez li et cars, qui faussent la mesure et le sens
14, au lieu de : martis lisez : martirs
10, enfès cnfes
1 1, une virgule après lui
14, ôtez le point-virgule pour le placer à la fin du v. suiv.
18, au lieu de : avoirs lisez : avoir
22, donner dener
25, su ne say fke ne say
9, virgule après aront
17, au lieu de : doit lisez : doivent
( 169 )
Page 339» ligne 26, au lieu de : cascunc lisez : cescvne
340, I, ôtcz la virgule à la fin
341, 4, ôtcz la virgule après nient
9, au lieu de : peckiés lisez : peckiet
21, ôtez la virgule après Père
342, 7, au lieu de : fâche' lisez : fâchent
16, prieent prient
343, K 3, racontet rat contet
1 5, parler parlet
21, volroit - vauToit
34i, 20, cangriens cangeriens
22, je pense que ce vers doit être guillemeté
345, 14, retranchez leur
15-18, la rime de ce quatrain doit sonner uise, non
pas visée
346, 6, mettez et après on
18, au lieu de : fîsionomie lisez : fisonomie
20, nous «ans
347, 6, donne donnent
22, ôtcz la virgule
24, au 1. de: Tout les ans grans 1. : Tous les ans grandes
26, au lieu de : multeplyet lisez : multipliie
27, des hommes de ses hommes
348, 5-7, je prends occasion de remarquer que Torthographe
du manuscrit comporte ye avec la valeur tïe;
dans les éditions modernes, il est, dans rintérét
du mètre, préférable d'indiquer le bissyllabisme
par récriture; j'aurais donc imprimé edefiies, etc.
pour edifyes. Aux diverses corrections déjà faites
dans ce >cï\s je compte ici mettre un terme.
26, une virgule après bien
349, 4, au lieu de : quoiens les lisez : quoies le
350, 2, voir votre
351, 7, si se se se
20, avec avœe
25, peckiés peckiet
352, 8, covarde eouardc
18, descroit descroist
(170)
Page 35-2,
ligne 23,
au lieu de
: pierticnt .
lisez : periient
383.
7.
couvent
couvent
8,
H (corrigé dans V Errata par le) est bon
«0,
au lieu de
: clcrgies
lisez : cUrgiéê
35i,
26,
granl
grans
355,
18.
me dist
me (= men) dit
20,
remans
romans
356,
8,
virgule après hUstes
21,
au lieu de
:fut
lisez : fust
28,
ne pas corriger, avec VErraia, setth pour seul
357,
5.
biffez le point-virgule à la fin
7,
au lieu de
: anuyer
lisez :anoyer
10,
castyer
castoyer
27,
lies
tiés
358,
22,
une virgui
ic à la fin au lieu du point
35»,
5.
au liou de
: ont
lisez : sont
360,
6,
S*apara
S'aparra
361,
n.
aumosmet
aumosnet
19,
et secuteurs
ecseeuteurs
Z6%
3,
huuis
finis
16,
écrivez s'enbargent (en un
mot)
18,
au lieu de
:dit
lisez : dist
25,
si k*on
si kon (=B eom)
363.
7,
tourpiaus
troupiaus
25,
cicr
clerc
364,
n.
eoers
coer
27,
Car chou
C'a chou (?)
366,
13.
virgule à 1
[afin
367.
9,
au lieu de
:En
lisez : Et
21,
lieus
lieu
28.
ait
aient
368,
16,
tous
toutes
17.
esclcukier
escleniner
369,
»,
boins
boin
370,
5.
cange moull le
eangent moult H
20,
boine
60fN
37«,
26,
transquî'ilct
tranquiHtet
37i,
3,
kon
k'on
{ 171 )
37i.
ligne 23^ virgule après peuture$
â6, virgule au
lien du point
375,
i2, au lieu de
: tous
lisez
'.tout
16, retranchez te
30, au lieu de
:doit
lisez
idois
376,
1.
Siert
Sierc
377,
8.
d'aucun
d'aucuns
li.
pricstre ordenet
priestres ordenés
378,
14,
anuel
annel
19»
desprise
desprisent
379,
5elH,
anueus
anneus
380,
2,
Saint
Sainte
15, ôtez la virgule après kierkiel
381, 7, une virgule au lieu du point après
1 1, virgule à la fin
dient
15, au lieu de : Atout ...souffrira lisez
: A tout . . . soiiffira
23, sot
set
38d,
20, insérez en (ou i) après mieuls
24, au lieu de : tous
lisez
: toutes
383,
7, Âncliius
Anchois
18, un
uns
384,
6, effacez bien
385,
4, au lieu de : Tuns
lisez
: l'un
19, Don
Dou
23, grés
gret
386,
7, tous
tout
387,
7, afairc
à faire
391,
10, angousseuce
angousseuse
392,
1 3, nuls ne nulle entre deux virgules
393,
22, au lieu de : élise
lisez
: eslise
27, toutes erreurs
toute erreur
39i,
4, Que en
Qu'en
(172)
TOME II.
Page
3, ligne 7, au lieu de : on lisez : Or
13, m'accure nme cure
20, lisez : QueUre, trait, U moyen; or donnent appétit, ao
lieu de : Qu., Ir., moyen ordonnent app.
âS, au lieu de : apri
4.
26.
8.
2J,
6.
28.
26,
28,
7.
23,
8.
20,
9,
2,
17,
1,
6,
1».
27,
apri
lisez
: apris, — Effacei
le point-
virgule à la fin
For?
lisez
zFon
granl
grande
chascun
cheêcun
desire-on
deHrete on
mie bien
mies à Ifien (?)
incorrigibeles
prier-an ...
plait
prieran . . . plaÎMt
quant mVn.
.. léèce 1 . : quant it m'en ... fect
RcncHus
lisez
: itenclus
si
j»i7
moicet
Alouel
dcsvoyes
(lesvoyés
42, 5, vers trop court et altéré; je ne sais que faire de
desointes. De ses eointes ou de ses pointes ?
7, j^introduis les mots en doit après Dieu
i 1 , au lieu de : grant lisez : grande
Raisons que 1. : Raisons est (ou vaett) que
12,
13,
2*.
46.
is,
7,
16,
14,
28.
17.
1».
1»,
H,
2».
20,
6.
24.
21.
26.
23.
1*,
avoec
lisez
: avoeqnes
courir
corir
voirs
voir
nul
nule
ses
ces
Loys
Loèys
bicc
bise
luipart
tiupart
boins
ttoin
maffaisans
meffaisan*
auoust
avoust
Evep'd.
24. il et 45
lisez : Eve
(173)
Page 83,
ligne 1«,
au lieu de
: destrauc
lisez
: detlravé
2*.
<7,
insérez U
après Dùus
1»,
au lieu de
: ch'csl
ehe sont
28,
vicnrent
viunreui
28,
26,
une virgule après pooit
27,
20,
au lieu de
: warcollcs
lisi'z
: warcolt'ès
28,
27,
sorices
torters
20.
».
petit
petit
7,
tonsées
(ousées
30,
4,
folles
folle
22.
frucs
férues
26,
paiecbent
paicheut
31,
2,
Retenue monte
iieteuu m'ont
15,
ferans
frans
52,
«5,
cbescuns
chescun. — Vir-
gule à la fin
33,
5.
requeur-on
reijuevron ( = on
recouvre)
12,
tiens
lienc
34,
20,
argent
ardent
35,
1»,
anoycr
anuyer
36,
19.
Pa
Par
37,
10, écrivez entour (en un mol)
41,
13,1
BU lieu de
: grant
lisez
: grande
43.
n.
monsieur
monsigneur
24, signcries singeries
44, 1 7, maintenées (= maintenez) est une lourde faute gram-
matieale, due à la rime, et imputable à Tauteur
â4, écrivez mauvenut (en un mot)
25, au lieu de : sont
lisez
45,
15.
46,
1.
8,
49,
10,
18,
21.
51,
7,
reuéc
kief
Des
Se termina
Âbrabam
loye
prisa
donner
s'ont
rcuve ou reue
kics
Tes (= tels)
Scn ferme a
jÉhram
loy
pris a
dener
(m )
Page 51,
55,
58,
59,
60,
62,
62,
63,
64,
65,
66,
67,
ligne 43, au lieu de : souffcront lisez : ttoufferranl
42. souinelller soumiWn
14, de faitures, de maiiehes lisez : d^faiturt
de mouches. — Cp. Il, 46. G
3 et 8, mareheans Tsez : marchant
1 1, une virgule au lieti du point
lisez
scui
v>ifcuf
fut
tiettc
ciikachier
desguUer
4, au lieu de : sens
44, wiceus
6, fuit
43, tient
47, enkakier
26, dcsgiser
40, mettez H devant sièelet
8, au Heu de : sous lisez : tous (forme picarde)
4, lise/. : n'en ubaient (?) au lieu de : ne abatent (hialos
inadmissible). Le sens du vers rst obscur
i7, maigre la note de Tcditeur, je liens ce vers pour
parfaitement correct
68,
27, il manque une syllabe après
mouff; tostt
71,
44, au lieu de : paisçan
Visez : paihcant
15, mcrcheant
marcheant
72,
4, ôtez la virgule a la fin
7*,
6, au lieu de : trcslout
lisez : tretloute
25, catallie
bataille
78,
3, iTpcnt
repont •
76.
27, disl
dit
77,
8, vocl
voelle
82,
12, ahaviulcs
ahanautes
8*.
4, hansagc
lis.: hau8age(t) (hausse
de salaire); id. 85.i5
85,
44, au lieu de: or a
lisez : on a (?)
i 7, defeslre
de fûttre
88,
44, point- virgule à la fin
45, virgule à la fin
47, au lieu de : voit
lisez : voie
2*2, scsmc
semé
90,
4, ensengncnt
cfisangnent
16, aggrcc
agrée
(17J5)
Page 92, ligne 9, au lieu de : quukycr lisez : qnnkyvr
10, quukiont qunkiptU
93, 5, s*est «I est
97, 9-1 S, faite:» rimer ces vers par ena (donc gouvrena
pour gouverna)
99, 42, au lieu de : Gorrigié lisez : com/^fe
100, 12, troever trouver
102, 26, engenèpes engenréres
104, 45, là Va
16, rcmanct rémanent
105, 9, soustieaveroit soutieuve aroil
108, 6, terminez ce vers par un point
7, au lieu de : cnsaulc se tcnoient lisez : se tenaient en'
sanle, — Ce vers est, non pas le cinquième d*un
quatrain, mais le premier du suivant
1 1 , au lieu de : On Usez : Or
15, eskinguant eskingnant
16, virgule à la fin
17, continuez les guillemets pour ce vers et terminez-le
par un point
18, ôtez la virgule après Emi
20, au lieu de : esluisier lisez : erluisier
109, 15, je tiens H amours, corrigé par Péditeur à V Errata,
pour correct
25, au lieu de : pieus lisez : pieuvc
HO, 12, décuples décuples
26, écrivez endroit (en un mot)
115, 9, au lieu de : trois cens et quarant noef lisez : trois cens
quarante et noef
1 14, 14, au lieu de : n'anoie lisez : il n'anoie
24, virgule à la fin
115, 24, ôtez la virgule
116, 20, au lieu de : tienc lisez: tient
H 8, 14, mai ne mes me
119, 17, eiigrosçant engroisçant
122, 3, yers trop court, il faut quelque adjectif après ou
avant gent
28, au lieu de : faict lisez : fait
s*csmaÎ8C
lisez
: t'esmake
souticvctcs; id.
150.16
lis. : soutinnetét
porlîcles
lisez
: par Htleg
t'amcnera
Vamenra
Fait
gouverner
Faic
goutnmtr
tout
toute
( 176)
Page 123, ligne 14, au lieu de : s^csmaîse
424, i9,
i26, 18,
20,
429, 7,
130, 2,
433, 22, jMnsère totu devant deu9
13i, 14, lisez ce vers ainsi : Qui te tient wairment te tdutf
déport a. L*cdileur met une virgule après vraù-
ment et continue le satut déporta
439, 8, au lieu de : droit lisez : doit
442, 2 , ôtez à devant Dieu
4 46, 4 1 , au lieu de : fait lisez : fais (= ehai^)
447, 4 4, avicllent avitlent
448, 12. effacez li devant morant, ou bien lisez meneslroil ta
lieu de amenestroit
449, 7, au lieu de : maint lisez : maint (as moios)
452, 4, subget jeuuent tutigit jewent
433, 47, effacez en après Or, — Deux -points à la fin
48, ôtez la virgule après onket
4 35, 4, au lieu de : nul lisez : nute
18, j us t ici) leur jnsticheur
457, 44, écrivez en cache (en deux mots)?
24, une virgule au lieu du point après misericors
460, 4, 2, écrivez plutôt desvoiie, toiie pour desvoye, loye
6, au lieu de : s'entcnte lisez : l'entente
461, 42, oioient otcn/ («écouteat)
462, 9, femme hommes femmes /lomK»
25, une virgule après drois
4 64, 4 2, au lieu de : demésuréement lisez : deêmesHréemmt
165, 8, occoyson oceaison
466, 43, hamèrent hau»cent(^
468, 6, pourmet proumel
42, luxures; despités (qui fausse le scDset
la mesure) lisez : tuxureê deipitet,
474, 41, dit toute dit avé$
25, en5çois antçoii
(177)
Page 174, ligne 4, virgule au lieu du point-virgule
2K, écrivez enameront (en un mot)
^5, 7, au lieu de : esconderay lisez : escondirai
47, monstcrions mouêlerrons
478, 4, Orques Onques
479, 4^, Etsonl Et s'ont
184, 45, Mais, que lis. : Afat« ^ue (=pourvu que)
4 G, asplés lisez : aspolés (quid?)
48, vraie parait fautif; je propose grâce
i8^, 5, au lieu de : cscandilcs lisez : ciconditet (?)
4S(), 9, dcsscurécs dessevréet
487, H, respusc repus e
20, son sen
188, 28, assur asseûr
189, 14, appendcs apprendés
190, 44, virgule après soloit
18, j'insère cfècs devant mues
194, J 2, au lieu de : petit lisez ipetis
492, 5, devierés deveriés
23, Entre nous, boincs Entre vous boines
193, 7-8, guillemelez ces vers
21, au lieu de: respont lisez : repofU
194, 40, le tes
22, écrivez bienviegne (en un mot)
23, au lieu de : que le mort lisez : que de le mort
495, 43, voelés volés
197, 7, prendes preudes
200. 1, ôtez la virgule après m'entente
4 5, au lieu de : commenccmmes lisez : commençâmes
26, lyes Uies
201, 27, sont à font à
205, 4, insérez que devant le
15, au lieu de : Nuls homme poet lisez : Nulshom nepœt
20l'>, 4, le quatrain doit finir par une virgule; de même
lignes 12, 20, 28 et p. 207.8
8, il faut insérer deux syllabes après et; je pense que
mies conviendrait
47, ce vers forme parenthèse
Tome XXXVII. 12
(178)
Pag(;S07, ligne 4i, au Heu de: le prog. d'Adam lisez : h progene Adam
i9j sordoit s'ordoit
209, 24, Si comme Si corn
210, 27, jours jour
211, 17, On a vie Or arai
24, ne voelt ne le voeU
212, 14-15, les mots bien autre nie ne peuvent guère s'appli-
quer aux deux vers
213,
15, aul.de
:parollc...pass=
eriens l: porolUs ...passeriens
214,
21, au lieu
de
: suvcnl
lisez ; scvcnt
215,
3,
dcwisccnt
dcumsccnt
215,
21, virgule aprrs ieilre
216,
8, au lieu
de
: apaiser
lisez : apaisitr
13,
brouscr
bourser
217,
3.
revoir
ravoir
H.
enscngne
ensatujne
27,
gloulcner
]h.:ylouirener (cp.p. 207;
218,
12.
homme
lisez : hom
219,
7,
petit
pelis
15,
soutiens
soufieu (=souii\)
20.
a-on
an
22,
voira
vorra
220,
12, vii^ule après ore
222,
17, pour parfaire le vers.
lisez «Vn rec/aiment au lieu
de:
s'en
1 claimcnt
223,
18, insérez
1 i7
après mouH
224,
7, au lieu
de
: resanlanl
lisez : resanlent
226,
8,
nVuise
n'euisce
227,
5.
prie
pri
231,
17,
emendera
cntnendera
252,
3,
prcnge
preiuji'tU
233,
15,
Iroy
trois
234,
9,
ne set
ne êe set
10,
Povro est
Povres est
I5,ôtez la
virgule après vofentiers
235,
2i, au lieu
de
:pr5'e
lisez : priic
î23.
fort faire
fort à faire
24.
K*on bien
Komlnen
(179)
Pageâ36. ligne 8, au lieu de : j*ai
lisez : j'aie
t!37.
6,
chescun
cheseuns
â38,
22,
repenti roi t
repenleroit
239.
iO,
di
dit
14.
main tesis tes
maintenisles
«il.
5.
retranchez la virgule à la fin
4
une virgul
e après partout
25,
au lieu de ;
: prisés
lisez
: priiiés
27,
temoient
cremoienf (?)
2U,
n,
Et dire
lisez :
Et de dire — Pas
de virgule \
après nient
248,
1,
règne
régnent
250,
8.
mineur
meneurs
H,
Mais on dist qu
fauc
'on
On dist qu'on
fauche
2»7,
3,
tienrent
tiunrent
16.
retranchez Ses
258,
n,
au lieu de
:à
lisez
: a
259,
2,
trestous
trestout
4,
consolatoient
consofaçoyent
260,
3,
espronner
esperonner
II,
à bien faire
bien à faire
20,
veyés
voyés
23,
Esprouvés
261,
7,
dcsplait
desplaisl
«5,
séries
sériés
22,
avoeckies
avoeckes
24,
vers Irop
court. Au lieu
de : Pour hoin lisez : Ei
pour boin (?)
262,
22,
au lieu de
:or
lisez
:ore
263,
16,
virgule à la fin
264,
7.
ôtcz I» vil
rgule après diffamés pour la reporter aprèî
pau
13, au lieu de : biens lisez : bien
265, 1, n'aye H*ai je
n, Fol haslieus Fols et haslieus
20, veillers veilles
266, 1. retranchez le devant ferai
(180)
266,
ligne \ 3, au lieu de : maeyment lisez : mayement
267,
6, Saint Samie
268,
17, lyes liéi
22, chei cheU
23, virgule à la fin
269.
2, au lieu de : exesses lisez : exèi
270,
19, enmassés enmasés
24, abaubit abaMs
273,
23, remirece remire
274,
i8, méfiais a lis. : tneffail a {ou me ffoéë est)
278,
21, Diux à Dieus a
23, Diux (id. 279.8) ûieus
279,
1 3, une virgule au lieu du point
28i,
23, au lieu de : poës lisez : poei. — Otez la
virgule après dire
282,
1, evesque eveiquiei
3, une virgule à la fin
3, au lieu de : ait (qui fausse le mètre) lisez : aie {torme
de subj. qu'on rencontre souvent en picard)
1 3, insérez et devant plains
20, au lieu de : se âme lisez : êen orne
22, trouvé trouvée
32, ait aie
53, vers trop court; lisez : Sen ame pour S'âme (?)
283,
1, virgule après proisme (où me fait syllabe)
3, au lieu de : Dieus lisez : Dieu
9, un point à la fin
10, El est de trop
14, au lieu de : vuint lisez : viunt
284,
1, quelle quel
8, solempnes lis. : soUempnée {ie = -eie)
\ 3, couvent lisez : couvent
31, préchîer preechier
283,
8, écrivez n'enportera (en un mot)
13, vers trop court.; H première^
26, praiece (paresse) est inadmissible "^ :•" .^ ;
286,
1, enlevez se
(181)
PageS86, ligne 4, au lieu de : cmpecchier lisez : empaichier
8, j^intercale grans après c'est
46, au lieu de : trestouls lisez : trestouê
95, tout, homme toui, hommeê
99, Deyroit Deveroit
987, 40, un point à la fin du vers
II, au lieu de : ivretongne lisez : ivreeongm
49, virgule au lieu du point-virgule
47, mettez H bains preudom entre deux virgules
48, au lieu de : preuc lisez : preut
388, 90, grièsmenl griefmerU
!26, Ne personne Nule personne
989, 43, Deschiquera Descliquera
990, 1 8, écrivez em prisl (en deux mots)
991, 46 et 34, au lieu de : soIcmpncUcment (id. 995.97) li-
sez : solenipnclmenl
999, 45, au lieu de : fut lisez : fu
34, tout le pooir toutpooir
993, 3, insérez le devant tierme
99, au lieu de : nulle à ries lisez : nulles à ries
994, 4, lui liu
995, 46, écrivez S'enbati (en un mot)
996, 40, ôtez le devant boin
43, au lieu de : Li lisez : Là (= où)
30, écrivez enama (en un mot)
309, 48, au lieu de : fui lisez : fut. - Otez la virgule qui
suit ce mot
49, virgule après pecciés, — Au lieu de : caste lis. : caste
304, 93, ôtez la virgule après travail
HO»-
Rapport de M. JF. IStbcbbr
premier commissaire.
« Dans la séance du 9 juin 1884, M. Scheler a présenté à la
Classe des lettres un volumineux mémoire intitulé : Étude
lexicographique et grammatkale sur les poésies de Gillon le
Muisit (introduction, glossaire et corrections). Pour payer,
comme il dit, son titre de membre titulaire, notre savant et
trop modeste confrère s'est proposé de compléter et de corriger
l'édition du faisieres tournaisien, récemment publiée par la
Commission des grands écrivains. Laissant de côté les aspects
littéraires de son sujet, il s'est borné exclusivement au point
de vue philologique afin d'examiner à nouveau les formes
picardes et les locutions tournaisiennes d'un texte des plus inté-
ressants pour la science. C'est un spécimen caractéristique de
ce dialecte septentrional, qui était pour les écrivains de Bel-
gique le dialecte littéraire autant que pour d'autres régions de
la langue romane, le normand, le français (de Tlle-de-France) et
le provençal.
M. Scheler, complétant et rectifiant un glossaire qui, au
surplus, n'avait été hasardé que comme un premier essai d'in-
ventaire lexicographique, a pensé ne devoir omettre aucune
question de phonétique, ni de grammaire. L'orthographe
même, soumise dès le XIV« siècle à d'assez grandes fluctua-
tions, a été examinée dans ses moindres détails. Rien que par
le Supplément qui comprend plus de quarante pages in-folio
de corrections et d'émendations, on peut voir à quel point de
minutie scrupuleuse et vraiment scientifique a été poussé le
besoin de certitude, d'exactitude et de vérification.
On peut prédire à ce glossaire tout le succès des autres publi-
cations de M. Scheler. Celle-ci sera notamment accueillie av^
(184)
le plus vif intérêt par tous ceux qui, comme M. Godefroy, par
exemple, s'occupent de dresser le bilan de l'ancienne langue
française (Grand Dktionnaire). Bien que les nouvelles investi-
gations n'aient pu se porter directement sur le manuscrit
Ashburnham, nous pouvons en croire la sagacité de l'infati-
gable romaniste : il s'est si bien pénétré du génie de ce vieil
idiome de nos provinces wallonnes que, le plus souvent, il
déduit et devine avec autant d'autorité et de justesse que celui
qui n'aurait qu'à lire un manuscrit facilement déchiffrable.
Fidèle toutefois à cette prudence philologique que nous
avons eu l'honneur de signaler à la Classe à propos du Glos-
saire de Jean d'Outretneuse, notre confrère n'épargne pas les
quidîî dès que le doute est commandé par le tact scientifique.
Chemin faisant et sans trop se détourner de sa route, il désigne
à chaque pas les endroits à fouiller ou, mieux encore, il
fouille lui-même d'une main prompte et sûre. La littérature
même (à laquelle il ne voulait pas songer) n'a pas à se plaindre
de cette obstination philologique; les mots qu'on remue, qu'on
extrait, qu'on nettoie, reluisent souvent d'un pittoresque
inattendu.
Vacheveur désigne un poète, un faiseur; si la mort Vade-
vance, c'est qu'elle le surprend, comme disait Bossuet. —
Adosser, c'est renier, tourner le dos, comme en néerlandais,
terugwijzen. — Aforain et deforain signifient avec la même
énergie celui qui vient du dehors ou qui vit au dehors,
par exemple, de son couvent ou de son école.
Alekier semble repousser l'ancienne étymologie cUlectare,
pour se rattacher à lecator, lechëeur, licheur (donc, affriander).
— Si alourder est bizarre pour tromper, alumer vaut bien
exciter. — Amuler, mettre en meule, l'emporte sur entasser;
c'est plus visible. — Asplé semble venir du flamand haspelen,
embrouiller, avoir des étoupes en sa quenouille, mal dévi-
der, etc. — Bizer en wallon n'est pas plus expressif que byzen
en flamand. — Si l'on sonne la buse, n'est-ce pas de bazuin,
buccina? — Vendre ses coquilles, n'est-ce pas pour dire
sa coquardise ?
(185)
Confait, œnfectus est évidemment plus fort que sifait des
Wallons. — Pourquoi M. Scheler hésite-t-il à propos de I, 357 :
D*un jovonc dissolut dist on : « il est trop micrbcs ».
Ouvrages de parollcs passent ouvrages dierbcs?
Mierbes, c'est la forme archaïque de mièvre (vif et malin
comme un jeune étourdi) et le second vers paraît bien signifier,
d'après le contexte : « la parole est encore la meilleure des
mMecines ». (Cf. hierbelée = drogue.)
Un mot bien curieux, c'est encore : Entais^ intactus, dans le
sens d'acharné, complètement absorbé. Cf. « C'est Vénus tout
entière à sa proie attachée. » Non loin de là, le Glossaire nous
montre s'entériner, qui vient d'entier et signifie : se vouer, se
donner tout entier : integrinus, intégralement. Non moins
digne d'être noté le rapprochement entre esbanoyer et spcUiaii,
se promener, s'amuser. — Dire par escot, locution qui nous
explique le passage de Tartufe IV, 4; « parlez à votre escot ».
— Espot, raillerie correspond à spot ou gaberie de Jean de
Stavelot et à espoter ou railler de Baudouin de Condé. Quand
Gillon le Muisit dénonce les famés espoteresses qui débitent des
s})0ts, il autorise l'origine flamande signalée dans l'Introduc-
tion au Dictionnaire' des spots wallons. Le brocard prend
naturellement la vieille enveloppe proverbiale. Dans les farces
du moyen âge on brocarde, on blasonne à coup de dictons.
D'autres analogies flamandes s'aperçoivent dans les locu-
tions : demora estekans [bleef stelen); flimer, saigner, user de la
lancette {vliem, en patois) ; flatter et plakerie {plakeux à Liège),
vleijefi, fiikflooijen , partout l'idée première de flatter à la
manière du palefrenier, avec le plat (angl. flat) de la main;
hors dire, comme boire dehors (en flamand et en wallon),
uitbiechten, confesser complètement. Citons pour unir deparlei^
médire, qui est notre liégeois décauser, et niule, fine pâtisserie,
mot qui rappelle les nules du Dictionnaire de Grandgagnage.
Croirait-on bien qu'un passage longtemps controversé du Don
Juan de Molière (111, 2) pourrait être expliqué par l'application
d'un article du nouveau Glossaire? Nous y lisons, en effet, que
( i86 )
umanité signifie aumône, charité. Ne serait-ce pas là tout sim-
plement Je sens des paroles de l'impertinent gentilhomme?
Mais, quel que soit le parti que l'on puisse tirer de tous ces
rapprochements, M. Scheler excelle à dégager le véritable état
des choses. On est tenté de lui appliquer à lui-même ces mots
de son auteur :
Et puis là on Ta couronnct
Ou Pcstrivet capiel donnet.
Ce qui, en style de concours des Puys du moyen âge, signi-
fierait que là où il n'emporte pas la palme, il n'en est jamais
bien loin..
La Classe des lettres sera donc unanime, croyons-nous, pour
remercier notre confrère de sa copieuse et fructueuse contri-
bution philologique. »
La Classe a adopté les conclusions de ce rapport, auxquelles
ont souscrit les deux autres commissaires, MM. S. Bormans
et A. Wagener.
t
V//J
LAO-TZE
4
LE PREMIER PHILOSOPHE CHINOIS
r r
UN PREDECESSEUR DE SCHELLING
AU VI* SIÈCLE AVANT NOTRE ÈRE
Ch. de HÂRLEZ,
Correspondant de T Académie.
(Présenté à la Classe des Lettres le i3 octobre 1884.)
Tome XXXVII.
LAO-TZE
LE PREMIER PHILOSOPHE CHINOIS
UN PRÉDÉCESSEUR DE SCHELLING
AU VI« SIÈCLE AVANT NOTRE ÈRE.
Souvent, en scrutant le passé, on se sent tenté de répéter ces
paroles du livre de la sagesse : ce Vraiment, il n'y a rien de nou-
veau SOUS le soleil et ce qui sera demain n'est autre chose que
ce qui était hier ». Car bien souvent des usages, des idées, des
systèmes que Ton croit tout récents ne sont que la reproduc-
tion plus ou moins exacte de faits et de théories qui se sont
produits dans des âges parfois bien éloignés de nous.
Certes celui qui aurait dit aux disciples enthousiastes de
Schelling que leur maître n'était que le contrefacteur d'un
philosophe chinois, mort il y a vingt-cinq siècles, eût été
accueilli par un sourire d'incrédulité et son affirmation eût
passé pour une chinoiserie. Et cependant, selon maint savant
de nos jours, ce n'eût été que l'expression de la réalité. Le sys-
tème de l'antique penseur manquait certainement de méthode,
d'ensemble et de fini ; ce n'était pas grand'chose de plus qu'une
ébauche ; mais dans cette ébauche se trouvaient déjà les traits
(4)
essentiels, les conœptions génératrices du système complet. La
similitude entre les deux systèmes a déjà été remarquée et nul
ne peut plus donner cette constatation comme le produit de sa
perspicacité. Hais la ressemblance qui existe réellement entre
les idées du maître allemand et celui du docteur du Céleste-
Empire a été, ce nous semble, appréciée d*une manière
inexacte, on Ta faite plus grande qu'elle ne Test en réalité;
d'autre part, les idées du vieux philosophe ont été générale-
ment mal exposées. Il ne semble donc pas inutile de s'en
occuper à nouveau et de consacrer quelques pages à l'examen
d'un fait vraiment important dans les annales de l'humanité.
On ne doit point s'étonner que les écrits ou plutôt le petit
livre du philosophe dont je viens entretenir nos honorés et
savants confrères, ait été mal apprécié en beaucoup de points.
Il est d'une assez grande obscurité et celle-ci tient à deux causes
Le langage est loin d'être clair ; le maître, créant un nouveaa
système, introduisant dans son pays des idées nouvelles, a dû
donner à des mots anciens des sens qu'ils n'avaient point par
eux-mêmes; et ses disciples, ayant altéré sa doctrine, n'ont
point conservé par tradition le sens que le fondateur de l'école
y avait attaché.
En outre, le chinois a subi des modifications comparables à
celles qui distinguent le français du XV* siècle de celui que
nous parlons. Certains mots, certains caractères ont changé de
signification ou sont tombés en désuétude; leur valeur exacte
s'est perdue.
Ajoutez à cela les difficultés engendrées nécessairement par
le caractère figuratif de l'écriture chinoise et la multiplicité
de sens des mots et l'on comprendra tout ce qu'il y a d'ardu
dans la tâche de celui qui cherche à interpréter un livre de la
Chine antique. Heureusement chaque interprète nouveau trouve
devant lui les travaux de ses devanciers qui circonscrivent sa
tâche et lui tracent un cercle diminuant sans cesse de rayon.
Puis les commentateurs indigènes sont fréquemment d'an
grand secours.
Nous croyons donc faire chose utile en exposant à nouveau
(8)
le système du plus ancien des philosophes chinois. L'intérêt
qu'inspire son histoire est d'autant plus légitime qu'il ne s'agit
pas d'un fait dont l'influence n'a pas dépassé les bornes de
l'Empire du Milieu.
Le taoïsme, c'est le système dont nous voulons parler ici,
n'a point seulement exercé une influence décisive sur l'histoire
religieuse et politique de son pays ; il a de plus ouvert les voies
au bouddhisme, lui a permis de se répandre et de s'implanter
en Chine et de rayonner de là sur le Japon et sur des contrées
plus lointaines encore.
Peut-être, en m'entendant parler du plus ancien philosophe
de la Chine, aura-t-on cru que Confucius seul pouvait être
désigné par ce titre. Ce n'est point lui cependant qui fait l'objet
de ce petit travail, mais son rival moins connu et digne peut-
être de l'être davantage, l'enfant-vieillard, Lao-lze. Cette expres-
sion qui aura peut-être étonné n'a point été choisie sans raison.
Car, d'une part, Kong-fou-tze (ou Confucius) est moins un phi-
losophe qu'un moraliste , et de l'autre sa naissance, la date de
ses premiers enseignements sont plus récentes que celles de
son émule, bien qu'il l'ait devancé dans la publicité donnée à
ses théories.
Pour bien comprendre le rôle qu'un personnage historique
a joué, la nature des idées qu'il a répandues autour de lui, il
faut naturellement se rendre exactement compte du milieu oii
il a vécu, des influences qu'il a subies, ou contre lesquelles il
a voulu lutter. Disons donc quelques mots de l'état de la Chine
à cette époque:
Depuis son origine le Céleste-Empire avait eu, plus que tout
autre pays, la chance heureuse et malheureuse à la fois de
voir se succéder au pouvoir suprême des dynasties qui toutes
avaient commencé par des rois aussi pleins de vertus que
de talents pour finir par des princes ineptes, corrompus et
cyniquement oppresseurs. La dynastie des Tcheous qui, au
VII* siècle, régnait depuis près de cinq cents ans n'avait point
fait exception. Â cette époque elle était représentée par des
princes faibles et sans mœurs qui avaient laissé l'empire se
(6)
morceler et presque se dissoudre. Les grands feudataires
s'étaient rendus pour ainsi dire indépendants du pouvoir cen-
tral et leurs résidences formaient autant de cours souveraines
qui ne laissaient au pouvoir suprême qu'une autorité nomi-
nale. C'était, à ce point de vue, l'état de la France sous les
premiers Capétiens.
Mais, en outre, la corruption s'était répandue partout. Aux
mœurs simples des temps antiques s'étaient substitués un luxe
effréné, une soif de jouissance que rien ne pouvait apaiser.
Au gouvernement paternel et moralisateur des anciens princes
avait succédé un pouvoir d'autant plus tyrannique qu'il était
divisé entre une foule de petits princes dont chacun ne pensait
qu'à satisfaire son orgueil et ses appétits. La peinture que les
historiens nationaux font de ces temps malheureux est vrai-
ment navrante. Comme on peut bien le penser, les ministres
et les fonctionnaires imitaient leurs augustes maîtres et riva-
lisaient de tyrannie et de corruption.
La Chine ne manquait point cependant, alors même,
d'hommes supérieurs qui avaient échappé à la contagion
générale et s'efforçaient de résister au mal. A côté des exemples
de dégradation avilissante, elle en offrait d'autres, d'un cou-
rage héroïque, qui font le plus grand honneur au pays, à
l'humanité même. Citons seulement ce trait : le dernier de
la race qui souillait alors le trône, l'infâme Cheou, comme
on l'appelle, se distinguait par ses cruautés et ses débauches.
Son oncle, souverain féodal de Ki, vint l'avertir à sa cour
même et fut jeté dans un étroit cachot. On lui conseillait de
s'évader. Non , dit-il , mon évasion ferait connaître l'acte que
j'ai fait et les fautes de l'Empereur. Un autre prince, voyant
cet insuccès, se crut obligé de revenir à la charge au risque
de sa vie; l'Empereur lui fit couper le corps en deux et arra-
cher le cœur. Ce qui n'arrêta pas d'autres ministres non
moins courageux (voir le Siad Hw dont je publie en ce
moment une traduction complète).
Parmi ces hommes il en est deux dont les noms effacent,
pour ainsi dire, la tache infligée à l'histoire de ces temps. Tous
(7)
deux, bien que d'âges différents, travaillèrent à la même
époque et exercèrent sur les destinées de leur nation une
influence qui s'est maintenue jusqu'aujourd'hui et ne finira
qu'avec elle : c'étaient Kong-fou-tze ou plutôt Kong-tze (Confu-
cius] et Lao-tze. Mais si ces deux sages se proposaient un but
commun, leurs vues particulières et leurs caractères formaient
le contraste le plus frappant. Kong-tze était l'homme des cours
et du passé ; Lao-tze , celui du présent et des classes popu-
laires. Kong-tze était avant tout moraliste et s'occupait exclu-
sivement de la réformation des mœurs ; incarnation du passé,
il avait sans cesse devant les yeux les exemples des anciens
princes et leur sagesse renommée ; il cherchait à les faire
revivre et à ramener ses concitoyens aux vertus et aux mœurs
des âges écoulés depuis de nombreux siècles. Lao-tze, per-
suadé de l'inutilité de ces efforts généreux , appliqués à faire
retourner un courant vers sa source, riait de ces tentatives et
cherchait le remède dans une nouvelle doctrine. N'espérant
point ramener au bien les gens adonnés aux affaires du
monde, il se contentait de former dans la solitude quelques
disciples éprouvés.
C'est dans ces conjonctures que naquirent et vécurent ces
deux hommes qui illustrèrent leur patrie dans des conditions
bien différentes. Car si l'histoire a conservé le souvenir des
moindres événements qui signalèrent la vie de Kong-tze, en
revanche elle ne nous a presque rien transmis relativement
au chef des Taoïstes. Les livres de ses disciples, il est vrai,
sont remplis d'incidents dont le Maître a été le héros, mais ce
sont des faits merveilleux inventés à plaisir et tardivement,
pour élever le chef de l'école au niveau des Saints du boud-
dhisme. Tout ce que l'on en sait de sérieux et d'authentique
se borne à quelques lignes du Sse Ki ou ce annales histo-
riques » écrit par l'illustre Sse-ma-tzien à la fin du III^ siècle
de l'ère ancienne.
Voici ce passage traduit littéralement ou peu s*en faut :
a Lao-tze vit le jour au village de Kiuk Zhin au district de
Li, dans l'arrondissement de Khu, au royaume de Tchou.
(8)
Son nom de famille était Li, son nom d'enfance El, son nom
d'adulte Pek-Yang, son titre posthume Tarn. »
Sa jeunesse est entièrement inconnue, il n'en est resté
aucun souvenir. Ce qu'il devint plus tard n'est pas même
connu d'une manière certaine. — Notre auteur continue :
« Il était archiviste de l'État de Tcheou ». En ce temps, Confu-
cius s'était mis à parcourir les différents États qui divisaient
la Chine pour chercher à réveiller dans les cœurs des princes
et des ministres les sentiments de justice et d'humanité et
arrêter le torrent des passions , en rappelant les vertus des
anciens princes. « Dans ces courses il se rendit auprès de
Lao-tze pour le consulter. Lao-tze lui dit : Maître, ces anciens
dont vous parlez ne sont plus que des ossements pourris, il
ne reste d'eux que leur parole. Quand un grand vient à son
temps, il s'élève; sinon il est ballotté comme une plante sur
le sable... Renoncez à votre orgueil, à votre faste, à vos vues
ambitieuses. C'est tout ce que j'ai à vous dire. » Ici l'historien
s'arrête.
On comprend maintenant pourquoi la vie de Lao-tze est
restée entourée d'obscurité et se raconte en quelques pages.
On ne dit rien de plus parce qu'il n'y a pas davantage à en
dijpe. Nous savons cependant que dans son obscurité Lao-tze
eut des disciples auxquels il laissa un résumé de ses leçons
et qu'enfin, dégoûté du monde, il s'enfonça dans les riions
occidentales et disparut ^«
On conçoit également que les disciples d'une école dont le
fondateur avait passé presque inaperçu devaient, pour pro-
pager les doctrines du Maître, en relever la personne et les
actes.
D'abord, on lui attribua une naissance merveilleuse et Ton
tira de la signification de son nom une légende qui entourât
sa naissance d'une auréole miraculeuse.
* Il est cppendanl plus probable quMl revint au itays et y moonit dans
l*obscurité, laissant àt ses disciples le thème de ses entretiens. 11 était oé en
604. A. C.
(9)
Lao-tze signifie simplement « Le vieillard », mais ize, pris
à la lettre, ayant la signification de ce enfant », on fit du tout :
Tenfant-vieillard et de là on tira la conséquence qu'il était né
par l'efifet d'une cause surnaturelle , qu'il était resté quatre-
vingts ans dans le sein de sa mère et en était sorti avec une
chevelure toute blanche et la mine d'un vieillard. Plus tard
encore on en fit un être céleste, sans commencement ni fin,
avatâra ou incarnation de la sagesse éternelle qui formait
la base de son système. C'était pour l'opposer aux avatâras
de Yichnou ou de Bouddha, dont on avait apporté la connais-
sance en Chine aux premiers siècles de l'ère chrétienne. Mais
ceci intéresse peu notre sujet, car nous n'avons à nous occuper
que de la doctrine primitive.
Ce que Lao-tze s'était efforcé de créer, c'était un système
dont l'adoption pût guérir les esprits et les cœurs en s'atta-
quant à la racine mé;ne du mal.
Radical, dans toute la force du terme, il visait aux fonde-
ments de l'édifice social pour l'abattre et entraîner dans sa
chute ce qu'il croyait être la cause de tous les vices et de
tous les maux de son époque. Mais n'anticipons point sur les
faits.
La tentative de Lao-tze sur le terrain philosophique a cela de
particulièrement intéressant qu'on a cru, d'un oxité, pouvoir
l'assimiler aux enseignements de Schelling et de l'autre y
retrouver des idées purement chrétiennes ou bibliques. Les
uns y ont vu la Trinité divine, d'autres le Verbe évangélique,
d'autres encore le nom de Jehovah. Et ce ne sont point des
missionnaires catholiques qui ont imaginé cela, mais des
protestants et l'illustre sinologue Abel Renausat lui-même qui
donnèrent dans ce travers. Trouvant dans un chapitre du Tao-
te-King les trois mots Y, wei, hi désignant trois qualités du
premier principe, il enseigne que ces termes n'appartenaient
pas à la langue chinoise et que ce ne pouvait être autre chose
que les trois consonnes (ou demi-consonnes) du nom sacré de
Jéhovah. Il n'y aurait certainement rien d'impossible à ce que
Lao-tze eût eu une connaissance plus ou moins étendue de la
(10)
Bible; des découvertes récentes faites par le savant sinologue
de Londres M. Terrien de la Couperie, ont démontré que les
disciples de Lao-tze avaient largement puisé dans les livres de
Toccident et spécialement dans ceux des Accadiens. Toutefois,
il n'est pas difficile de se convaincre que ces rapprochements
sont les fruits de l'illusion. Non seulement Y, weij hi ont un
sens dans la langue chinoise, mais ce sens s'adapte parfaite-
ment au passage où ils sont employés. En outre l'emploi, en
cette occasion, des lettres du trigramme sacré des Hébreux
ainsi divisé et morcelé ne s'explique en aucune façon, comme
on le verra plus loin.
Non moins imaginaire est la connaissance du Verbe divin
attribuée à Lao-tze. Il est très vrai que l'on peut dire « au com-
mencement était le Tao » (premier principe selon Lao-tze), mais
cela ne le rapproche nullement du Aoyoç, car à ce prix on pour-
rait dire que le verbe est atome pour Épicure, puisque d'après
ce philosophe « les atomes étaient au commencement ».
Il est mémo vrai que les auteurs de « la Bible anglicane tra-
duite en chinois » ont pu rendre le premier verset de saint Jean
par ce mot « au commencement était le Tao ».Mais la conclu-
sion qu'on en tire est un vrai jeu de mots. Si Tao peut signi-
fier : parole, verhum, il a aussi d'autres sens et le sens de verbum
est entièrement étranger au langage de Lao-tze; celui-ci n'a
jamais rien imaginé qui approchât, même de très loin, de la
personnification de l'intelligence dans la divinité.
Mais tout cela ressortira complètement de l'exposé du sys-
tème.
Pour mettre mieux en relief l'autre point de vue et le sujet
principal de notre travail, nous croyons devoir présenter ici en
quelques mots la pensée fondamentale du système deSchelling.
Ce résumé, nous l'empruntons à YEncyclopedia britannica pour
éviter toute appréciation personnelle qui pourrait se faire sous
une influence quelconque.
ce L'absolu que nous ne connaissons qu'en nous identifiant
à lui et que nous appelons Divinité doit être regardé comme
n'étant dans sa condition originaire, ni sujet, ni objet, ni
(H)
matière, ni esprit ; mais l'union, Findifférence, la possibilité
latente de l'un et de l'autre.
» Il est devenu tout ce qui existe par un mouvement propre
qui le conduit à se développer lui-même continuellement de
degrés en degrés depuis la plus humble manifestation de ce
que l'on appelle la matière jusqu'à l'être organique et l'activité
de la raison même dans la nature humaine. Dans ce mouve-
ment de la Divinité ou de l'Un absolu qui constitue la vie de
l'univers il y a deux processus : le mouvement d'expansion ou
la tendance objectivante par laquelle l'absolu se lance, pour
ainsi dire, dans l'existence actuelle, et de la natura naturans
proviennent toute la variété et le complex de la natura natu-
rata; 2*» le mouvement contractile ou la tendance subjectivante
par laquelle la natura naturata retombe sur la natura naturans
et devient consciente d'elle-même. »
Voilà bien, je pense, un résumé, un argumentum exact de
la doctrine du philosophe allemand ; nous verrons par la suite
en quoi elle diffère de celle du père de la philosophie chi-
noise. (Comp. CuALMERs LaU'Tzep. XVI.)
Ajoutons encore, pour être complet à notre point de vue,
que Ton considère généralement le système de Lao-tze comme
tr^ rapproché de celui d'Épicure ; on appelle même ordinai-
rement son auteur : le philosophe épicurien du Céleste-Empire.
On verra, par ce qui suit, je pense, que cette qualification n'est
nullement exacte. Sans doute Laot-ze prêche le calme, la modé-
ration des passions d'une manière qui rappelle Epicure ; mais
jamais on ne pourrait dire de l'un de ses disciples Laotzii de
grege porcus. Sa doctrine conduit, au contraire, à un résultat
tout opposé.
Mais c'en est assez de ces considérations extérieures ; abor-
dons l'exposé de la doctrine même.
Comme il a été dit plus haut, nous ne le connaissons que
par le livre dont les disciples du vieux philosophe ont hérité et
qu'ils nous ont transmis. Sans doute il contient très fidèlement
la doctrine du maître , mais les disciples y ont fait certainement
quelques ajoutés, sans toutefois en altérer la substance. Ce livre
(12)
étant très court, nous pourrions nous contenter d'en donner ici
une traduction ; mais nous ferions à nos lecteurs un présent
peu agréable. Cet écrit, tout petit quil est, n'en est pas moins
assez difficile à étudier; il n'a ni ordre ni méthode; les diffé-
rentes matières y sont exposées péle-méie, par sentences plus
ou moins isolées ^. Une étude complète permet seule de
reconstruire et de systématiser la doctrine qu'il contient. Nous
croyons donc devoir assumer ce travail pour la facilité de nos
lecteurs. Nous citerons cependant le texte lui-même en le tra-
duisant comme cela nous semblera le mieux après avoir com-
paré les diverses œuvres de nos devanciers et revisé le texte.
Nous serons plusieurs fois en opposition avec eux, nous
donnerons nos motifs dans les cas les plus importants. Les
obscurités que présente l'original sont maintes fois éclairées
par les discussions des commentateurs dont Stanislas Julien
nous fournit une ample moisson; nous y aurons égard autant
que déraison.
Le livre laissé par Lao-tze a pour titre : Tao-te-King. King
est c( un livre déclaré vrai et authentique, fruit de la sagesse
d'hommes supérieurs » ; Te est la vertu. Quant à Tao^ mot prin-
cipal qui forme la base de tout le système, il est plus obscur.
Ce terme a trois sens: ce voie, raison ou justice, et parole ». I^
premier sens ne convient nullement ici oh il s'agit de Tétre
primordial ; « parole » verbum n'a point du tout l'aspect sous
lequel le Tao peut être considéré, le Tao ne produit ni par la
pensée ni par la parole interne, comme on le verra. <c Raison,
justice » en prenant pour ces mots l'acception par laquelle ils
se touchent, sera la seule expression convenable. Toutefois,
comme il s'agit d'un être substantiel, la raison, la justice
' Le TaO'te-King est divisé en quaire-vingt-un chapitres Irès eoarts
et composes de sentences plus ou moins détachées. Cela semble être un
manuel servant de thème aux leçons orales comme les Sûtra» des philo-
sophes indous. Il est en outre partage en deux sections. Tune traitant
principalement du Tao, la seconde de la « Vertu • Te, bien quMl y ait des
deux dans Tune comme dans l'autre.
(13)
devront être prises comme telles et non comme termes abs-
traits, a Intelligence » vaudrait mieux encore. Aussi, pour évi-
ter toute inexactitude, le mieux est de garder simplement le
mol chinois Tao.
Le Tao-te-Khig est donc « le livre canonique de l'intelli-
gence et de la vertu ». Ce titre indique déjà que le livre clas-
sique du taoïsme traite de deux matières distinctes : l'ontolo-
gie et la morale. Ajoutons qu'à ce dernier point de vue il
s'occupe également de droit public, du gouvernement des
nations et nous aurons les trois divisions du système de Lao-
tze : ontologie, morale, politique ^. » Ces trois matières sont
développées en aphorismes répandus sans ordre ni méthode.
Nous commencerons par la première et ferons suivre les autres ;
mais, avant cela, disons un mot du but général du livre.
La fin principale que se proposait Lao-tze était de remédier
aux maux de son temps et d'en corriger les vices ; il voyait
l'inutilité des efforts de Kong-tze et des autres sages antérieurs;
il jugeait qu'il ne suflSsait pas de rappeler les exemples des
anciens et de perpétuer les anciennes croyances si restreintes
et si simples ^. L'homme s'était dévoyé et tombait dans tous
les écarts ; il fallait le ramener à sa voie. Les désordres venaient
de son ignorance et de ses passions, il fallait lui rendre la
connaissance de la vérité et lui apprendre à se gouverner lui-
même, en lui en montrant les moyens. Hais ces désordres
régnaient aussi dans les régions gouvernementales, il fallait
donc aussi régler les affaires du gouvernement et en restaurer
les lois. Tout est là pour Lao-tze, tout dans sa doctrine gravite
auteur de ces trois principes. Avant lui la philosophie n'avait
pas été au delà des croyances religieuses. La doctrine d'un
* Voir la note p. 12.
' Toutes les doctrines philosophico-religienses de la Chine depuis son
origine jusqu'à Lao-tze se bornaient à la croyance à un Dieu, auteur et
niaUre souverain du monde auquel Thomme devait obéissance et sacri-
fice, et en une vie future. La morale, en revanche, était très développée.
(Comp. p. li.)
(14)
Dieu unique, maître souverain du ciel et de la terre, auteur
de la nature générale et individuelle, producteur et formateur
de Tunivers ; puis dans la nature matérielle cinq éléments ou
plutôt cinq principes de mouvements {Hing^ mouvement, acte)
— à savoir : le feu, l'air, l'eau, le minéral et le bois. —
Après Dieu , des esprits supérieurs dépendant de lui , mais
boiTs et dignes d'honneur et de sacrifice ou plu$ ou moins
méchants et capables de nuire. — Telle était à peu près toute
la richesse philosophique de la Chine. La spéculation ne
s'était guère étendue que sur le terrain moral.
Lao-tze,le premier, rechercha les causes des existences, l'ori-
gine des choses, leurs vicissitudes, leur fin. Il conserva la
notion de Dieu telle que les Chinois l'avaient toujours com-
prise, mais il eut la pensée d'en étudier la provenance. Il n'en
parle, il est vrai, qu'une seule fois dans son livre. L'idée qu'il
s'en fait nous est clairement indiquée par le mot ou plutôt par
le caractère qu'il emploie pour le désigner. Comme chacun le
sait, l'écriture chinoise était originairement représentative;
beaucoup de symboles ont conservé toute leur signification ;
ils pourraient même former une collection de traits de mœurs
ou de satires. — Ainsi : deux femmes cela veut dire « que-
relle » ; trois, c'est « l'inconduite »; une femme et une demi-
porte ouverte indique « la jalousie». Un pinceau et une bouche
(un pinceau parlant) c'est « livre » ou « écrire »; un mandarin
et un cœur (un cœur de mandarin) c'est « dur, méchant ».
Une bouche qui parle enti*e deux chiens désigne « un procès»;
un bâton (ou un sceptre) traversant trois lignes parallèles
(marquant les trois degrés de l'humanité), c'est l'autorité souve-
raine, c'est le monarque ^. Ceci nous ramène à notre sujet.
Le caractère qui représente Dieu se compose de quatre traits :
tout en haut est une ligne avec un point au-dessus, symbole
de la supériorité ; en dessous est une espèce de toit représen-
tant le ciel ; sous ce toit est un carré manquant d'un côté et
(IS)
figurant la terre; enfin un bâton-sceptre placé perpendicu-
lairement au travers des deux derniers signes, ajoute au reste
l'idée de la souveraineté. Le tout indique donc le Maître sou-
verain du ciel et de la terre, Ti ^.
Lao-tze en retient la notion, mais ajoute quMl croit le pre-
mier principe Tao antérieur à Ti. (Voy. chap. IV fin.) C'est là,
du reste, tout ce qu'il en dit. L'objet de ses méditations est le
Tao; c'est par lui qu'il croit pouvoir rerum cognoscere causas.
Voyons donc ce qu'il nous apprend de cette dernière concep-
tion; mais n'oublions pas, pour ne pas nous fourvoyer, que
Lao-tze, ayant le génie poétique, emploie fréquemment des
métaphores et de plus que la langue chinoise manquant à son
époque de mots exprimant les nouvelles idées qu'il voulait
présenter aux hommes de son âge, l'expression est chez lui
parfois obscure.
1. Ontologie de Lao-tze. — A. Le Tao. — Au commencement,
à l'origine de toutes choses est le Tao. Qu'est-ce que le Tao ?
C'est l'être primordial, universel, absolu, qui ne peut avoir de
nom réel ni être atteint par le raisonnement.
£n effet, étant l'être absolu, ayant la plénitude de l'être, il
n'a point de qualité distincte; il n'y a point de notion supé-
rieure dont on puisse se servir pour l'expliquer ; l'esprit humain
ne peut l'atteindre. C'est pourquoi Lao-tze commence ainsi son
livre :
ce Le Tao qui peut être atteint par le raisonnement n'est pas
le Tao éternel. Le nom qui peut être proféré n'est point le nom
étemel. Sans nom (i. e. étant à l'état où il ne peut être nommé),
c'est l'origine du ciel et de la terre; nommé (susceptible d'un
nom), il est la mère de toutes choses. Dans l'éternelle non-
existence du désir, on voit son essence infiniment subtile,
(spirituelle); dans l'éternelle existence du désir, on voit ses
productions. Ces deux choses ont une origine identique et des
noms différents. Cette identité est dite l'abîme (profondeur
•t
( 46 )
obscure et incommensurable), Tabime des abîmes. Cesl la
porte de toutes les choses mystérieuses et spîritoeiles. »
(TaO'te-King, chap. l*'.)
Ainsi, d'après Lao-tze, à Torigine de toutes choses est FéCre
absolu, éternel , non point Tétre idéal, mais Tétre concret, réel,
substantiel. En lui-même il est incognoscible et innommable,
mais dès qu'il produit les êtres contingents , il se manifeste et
montre des qualités qui fournissent matière à une appellation.
En lui-même, dans son essence spirituelle, il est sans désir;
produisant les êtres contingents, il est mû par le désir de les
produire. Mais en tant qu'existant en lui-même et en tant que
créant les êtres, il est identique à lui-même, et dans celte unité
de nature subjective et productive, il est un abîme incommen-
surable et insondable, et tout cela au plus haut degré pos-
sible.
(c Le Tao a-t-il commencé? a-t-il une origine? Non, il est
éternel; il est le père originaire de tous les êtres, il subsiste
éternellement; il a précédé le Dieu qu'adorent les Chinois. »
(Tao-te-King, chap. IV.) Notons que Lao-tze s'exprime ici avec
réserve et dit simplement : « Il me semble ».
Des qualités du Tao nous avons déjà vu une partie. Lao-tze en
dit encore ceci :
« En le regardant, on ne le voit pas , il est imperceptible ^;
en l'écoutant, on ne l'entend pas, il est inaccessible aux sens ^;
en voulant le palper, on ne le touche point, il est infiniment
subtil 3. Ces trois qualités ne peuvent se considérer séparé-
ment. C'est pourquoi on les confond en une (chap. XIV). Le Tao
est infini; au-dessus de lui il n'y a point d'éclat, au-dessous il
' Y,
« Ht,
" Ce sont ces trois termes K, At, wei da meillear chinois, que Toii a
transformes en trois consonnes fondamentales du nom de Jehovah, Eslril
besoin de réfuter une semblable assertion?
Quelle idée bizarre n*attribue-t-on pas à Lao-tze? Vraiment non erat
it locus.
(17)
n'y a point d'obscurité; devant lui on ne peut voir sa face,
derrière lui on ne peut voir son dos » (chap. XXI et XIV).
Le Tao est vide, c'est-à-dire qu'il n'y a en lui aucun être
particulier; mais il peut tout contenir, il est immense ; son être
et ses productions sont inépuisables (chap. IV); (littéralement:
Quand on s'en sert, il est inépuisable, inusable.) Il est éternel-
lement le même (chap. XXI).
« Le Tao est esprit. » Lao-tze l'appelle l'esprit de la vallée,
parce que, comme une vallée, il contient les êtres (chap. VII) ;
ailleurs, il le compare à un vase (chap. XI). Subsistant sans
interruption, innommable, il se rapporte à l'absence d'être par-
ticulier ^ (ou il y rentre). C'est une forme sans forme, une
image sans image (ici sans qualité matérielle). Il est vague et
confus (c'est-à-dire sans formes particulières); mais au dedans
de lui sont les formes et les êtres. En lui est une essence infi-
ment subtile (spirituelle), et cette essence est vérité; il est en
* Si Ton suivait l'interprétation de Chalmers, Lao-tze parlerait encore
en denz autres endroits du non-étre père de Tétre et se rapprocherait
alors évidemment de Schelling.
Stanislas Julien traduit tout autrement. L^explication de Chalmers est
évidemment fautive. Celle de Julien doit^étre modifiée. Les voici toutes
deux, il s*agit du chapitre L
ChcUmeri. • Le non-étre est appelé Tantécédent du ciel et de la terre,
l'existence est appelée la mère des choses. Dans Téternelle non-existence,
on cherche à percer le mystère primordial ; dans réternelle existence on
cherche à voir les istua de Tunivers • .
Stan, Julien, « L^étre sans nom est Torigine du ciel et de la terre;
avec un nom il est la mère de toute chose. C'est pourquoi, lorsqu'on est
constamment exempt de passion, on voit son essence spirituelle; lors-
qu'on a constamment des passions, on le voit sous une forme bornée
(on voit ses limites). •
Évidemment la seconde phrase de Julien est inacceptable. Le con-
texte ne permet pas de faire intervenir l'homme et ses passions là où
il ne s'agit que du Tao; le sens d'ailleurs ne concorde pas avec le reste
de la doctrine. La version de Chalmers n'est pas meilleure, au contraire.
L'explication est forcée, elle ne tient pas compte de cette conception de
Tome XXXVII 2
(18)
lui la vérité; il voit sortir de lui tous les êtres (chap. XXI); et
au chapitre XXV :
a II est un être indiscernable et parfait existant antérieure-
ment au ciel et à la terre. Il est en repos et incorporel. Seul il
subsiste et ne change point. Il pénètre partout et n'éprouve
aucun dommage. Je ne sais pas son nom, je l'appelle Tao,
Pour lui donner un nom, je l'appelle par ses qualités : a Grand »
(à cause de son immensité et de sa supériorité universelle);
(c fugace » (parce qu'il échappe à l'esprit et aux sens) ; a éloigné »
(par sa nature supérieure) ; « celui qui revient » (il a l'air de
fuir celui qui le recherché et il vient à lui ; il va et revient dans
les êtres). « Dans ses actes, il prend modèle sur sa propre
nature (chap. XXY). Éternel et sans nom, il est petit par la
simplicité de sa nature , mais le monde entier ne saurait se le
soumettre » (chap. XXXII).
Enfin, en un passage, Lao-tze semble qualifier le Tao de
Tabscnce de nom du T<io considéré en lui-même, conception qae Ton
retrouve ailleurs.
Ces termes a on cherche à percer • font boiter la phrase. Pour bien
comprendre la difficulté il faut se rappeler que le chinois n*a pas de
formes grammaticales et que le même mot est nom, adjectif, adverbe et
verbe à tous les modes et à toutes les personnes. Voici la phrase chinoise
en latin, en tenant compte de ces faits: non nomen, cœlum lerra prius;
est nomcn omnium rerum mater; in aeterno non desiderio v;dere ejus
spirilualilatem, in aeterno desiderio videre ejus cxitus. — Ce qui doit
s'expliquer aiusi : cum non nomine (sine nomine) est cœloel terrae prius.
Si habeat nomen, est mater rerum. In aeterna non cupidine videtur
ejus csscntia spiritualis, in aeterna cupidine videntur ejus exitus. — Ce
qui explique naturellement et grammaticalement le texte et concorde
parfaitement avec tout le reste.
Chai mers fait de non nomen = non ens est nominatum.
Au chapitre XI Lao-tze parle de Tutilitc du non-être. Les trous d*uo
moyeu de roue, les fenêtres d*un mur, le creux d'un vase sont utiles, y
dit-il; donc le non-étre n'est pas à mépriser. Ce n'est point li, je peose^
le non-étre deSchelling. Lao-tze se vante d'avoir découvert cette profonde
vérité.
(19)
ce non-étre » quand il dit : « Le non-étre pénètre dans ce qui
n'a pas d'interstice». Que ce mot ne désigne pas le ce non-étre »
dans le sens deSchelling, c'est ce qu'il serait inutile de prouver
après ce qui a été dit de la nature du Tao; mais la suite le
prouvera encore mieux ^.
B. Origine des êtres. — Suivant en cela la terminologie chi-
noise habituelle et le mode de conception régnant en Chine
depuis des siècles, Lao-tze, partage tous les êtres produits en
deux parties : le ciel et la terre. La terre comprend notre globe
et tout ce qu'il porte, le reste appartient au ciel. L'idée exacte
que les Chinois veulent exprimer par ce mot est assez diflScile
à déterminer. Tantôt c'est le ciel matériel, tantôt Dieu lui-même;
tantôt le monde spirituel, Dieu et les esprits. Au second sens,
le mot fien (ciel) est employé indifféremment pour le Ti (Dieu),
les deux termes alternent dans une même phrase, et cela
dans les plus anciens livres de la Chine. (Voir mon étude sur
La religion primitive des Oiinais.) Lao-tze prend ces notions de
a ciel et terre » telles qu'elles sont, sans les définir. Pour lui,
le ciel et la terre sont perpétuels; tous les autres êtres sont
passagers et meurent ou se détruisent (chap. VII).
Il croit aussi aux esprits, bons ou mauvais. « Lorsque l'em-
pire est gouverné selon le Tao, les esprits mauvais ne tour-
mentent point les hommes », dit-il au chapitre LX ; et il ajoute :
c( Ce n'est point qu'ils ne puissent nuire, mais c'est que les
saints (les chefs) ne nuisent pas eux-mêmes, et alors les esprits
n'ont aucune raison d'intervenir ». L'espace entre le ciel et la
tence est vide ; Lao-tze le compare à l'intérieur d'un soufiDet
(chap. V).
Cet ensemble d'êtres compris dans le ciel et la terre doivent
leur existence au Tao. C'est le Tao qui, selon l'expression
figurée de Lao-tze, est l'ancêtre originaire et la mère de tous
les êtres ; il contient en lui les formes et les êtres : il les voit
sortir de lui comme par une porte (chap. XXI). II est la mère
* Voir la note p. 17.
(20 )
mystérieuse dont la porte est la racine du ciel et de la terre,
c'est-à-dire de toutes choses (chap. II).
Comment les êtres ont-ils été formés? Lao-tze répond inci-
demment : La simplicité parfaite (l'être absolu, le Tao) s'est
répandue et a formé toutes les formes des êtres (chap. XXVIII);
quand le Tao s'est divisé, il a pris un nom (chap. XXII). Le
Tao est le principe du monde devenu la mère du monde
(chap. LIIj. Le philosophe ne s'explique pas plus clairement
Entend-il par là que les êtres émanent de la substance du
Tao? C'est possible, bien qu'il ne faille pas prendre à la lettre
ses termes figurés. En tout cas, le panthéisme serait simple-
ment ici l'émanatisme ; une fois produits, les êtres contingents
ont une nature à eux séparée de celle du Tao. Ils lui sont
entièrement extérieurs.
Quant à la manière dont la production des êtres s'est opérée,
Lao-tze n'est pas beaucoup plus clair. Voici ce qu'il en dît
(chap. XLII) : Le Tao produisit un; un produisit deux ; deux
produisit trois ; trois a produit tous les êtres. Ceci est et reste
vague et ne concorde pas très bien avec ce qui précède. Lao-tze
dit encore que le Tao est répandu dans tous les êtres. Cela
peut se concilier si l'on admet qu'il est répandu dans les
êtres pour les soutenir. Les commentateurs expliquent cet
un, deuXy trois de cette façon : Un est la manifestation du Tao
en dehors de lui ; deux sont les deux principes de la philo-
sophie chinoise, le principe mâle et le principe femelle qui
se partagent l'univers. Trois seraient ces deux principes et le
troisième indiqué plus loin : « principe d'harmonie entre les
choses ». — On pourrait encore supposer que la première
fois, trois veut dire troisième et la seconde : ces trois ; en
outre, que ces trois ont formé les êtres par l'action supérieure
du Tao. Ainsi tout se concilierait. L'un aurait produit ces deux
principes; ceux-ci auraient engendré le troisième, le principe
de l'harmonie, et tous trois ensemble auraient donné l'exis-
tence à tout le reste.
Enfin, et c'est par ici seulement que Lao-tze touche à Schel-
ling, au chapitre XL il dit : Toutes les choses du monde sont
(21)
nées de Tétre ; Fétre est né du (ou dans le) non-étre. En outre,
au premier chapitre quelques commentateurs, par un change-
ment de ponctuation, lisent : Dans Téternel non-étre on voit
son essence spirituelle, dans l'éternel être on voit ses pro-
ductions. Cette lecture n'est pas soutenable ^; mais, en
l'admettant même, on doit se demander ce qu'est, en réalité,
cet éternel non-être où l'on voit l'essence du Tao et ce non-être
d'où sortent les êtres. Si nous consultons les commentateurs,
la réponse nous sera facile; car, tous en général sont una-
nimes à déclarer que par non-^tre Lao-tze entend la nature
spirituelle et qu'il l'appelle ainsi parce qu'elle n'a aucune
forme, rien qui permette à l'homme de l'appréhender et que,
pour lui, elle semble ne point exister. Devons-nous admettre
cette explication ? L'unanimité des auteurs est déjà un gage de
vérité ; mais ne nous en contentons point et tâchons de tirer
une conclusion certaine des doctrines mêmes du philosophe.
Cela ne nous sera pas malaisé. On a vu que Lao-tze parle
toujours du Tao comme d'un être complet et parfait qui a son
existence en lui-même, entièrement distincte de toute autre,
qu'il existe avant toutes choses, qu'il a tout produit, que pour
produire il ne s'est point développé de puissance à existence,
mais qu'il est en quelque manière sorti de lui-même. Par la
création et après la création des êtres, le Tao ne se développe
point, ne s'augmente point, il reste le même, entier en lui-
même; il est alors le conservateur, le point d'appui, le modèle
de tous les êtres ; tous doivent agir par lui, au moyen de
lui ; ils doivent s'en servir et il est inépuisable ; pour agir il
prend modèle sur sa propre nature spirituelle, infinie, éter-
nelle. — Tout cela est évidemment le contrepied de la simple
ce puissance d'être », du non-être tel que nous l'entendons.
Le sens de la phrase qui nous occupe est donc que : les êtres
visibles viennent de l'être spirituel, ou bien que c< les êtres
particuliers proviennent de l'être parfait, absolu, unique, et
que celui-ci ne vient de rien, mais existe par lui-même ». Le
* Voir la note p. 17.
(22)
terme de non-être a été aussi inspiré à Lao-tze par une image
qui lui est familière.
Le Tao contient tout comme le vide de la vallée ou d'un
vase contient ce qui s'y trouve ; d'où il l'appelle vide et
non-étre.
Telle est donc véritablement l'origine des êtres d'après
Lao-tze ; leur vie est expliquée par lui de la foçon suivante :
L'être un, absolu, infini, innommable en raison de sa perfec-
tion (chap. I), d'un repos incessant, immuable, a produit les
êtres distincts et contingents, à savoir : le ciel, la terre et tous
les êtres particuliers qui les occupent. Le ciel et la terre sont
immuables et perpétuels ; tous les autres êtres périssent ; après
avoir été dans un état d'activité constante et étendue , ils
reviennent tous à leur origine et rentrent dans le repos
(chap. XVI).
La vie, l'activité des êtres particuliers dans leur durée ne
dépend pas directement du Tao , mais de la terre et du ciel
et de ce dernier seul immédiatement (chap. LXXIII). Retournés
à leur origine, au repos, les êtres retombent dans le non-être
et le Tao les en retire. C'est en cela que consiste son mouve-
ment. En lui-même il est en repos constant (chap. XL). Et au
chapitre XXXIII Lao-tze dit : Tous les êtres retournent au Tao
comme les ruisseaux vont aux rivières et les rivières à la mer.
Du reste, l'action de la terre et du ciel sur le développement
et la vie des êtres n'exclut pas celle du Tao; car au chapitre LXI
il est dit positivement que le Tao les fait naître, les nourrit, les
fait croître, les perfectionne et les protège. On peut concilier
les textes en disant que le Tao fait cela par l'intermédiaire du
ciel, qu'il a produit dans ce but et qui agit sous sa main.
Cependant il est dit quelques lignes plus haut (41 initio) que le
Tao donne un corps et perfectionne par une impulsion intime.
Ce texte est certainement de Lao-tze, c'est son genre et son style.
Le texte qui concerne l'action du ciel peut avoir été ajouté par
ses disciples ; c'est de la philosophie chinoise toute primitive
et instinctive. Cependant le dernier passage peut être traduit :
les êtres prennent un corps et se perfectionnent par une activité
(23)
puissante, intime, et c'est le meilleur sens ; mais le contexte
exige que cette impulsion vienne du Tao, car la ligne suivante
porte: c'est pourquoi tous les êtres révèrent le Tao. Et le cha-
pitre XXXIX est entièrement consacré à nous dire que le ciel,
la terre, les esprits et tous les êtres subsistent par le Tao, qu'il
appelle l'un.
En plusieurs endroits Lao-tze parle de l'emploi du Tao par
l'homme et de son inépuisabilité. D'après l'ensemble du
système, ces mots obscurs veulent dire que l'être primitif
et infini, pénétrant, soutenant et dirigeant tous les êtres,
coopère à leur activité. Les hommes, en retournant à lui par
l'imitation et la pratique des vertus, recourant à lui pour y
parvenir, le forcent moralement à une coopération spéciale.
Quand on s'appuie sur lui , il se fait notre soutien ; quand on
a recours à lui et qu'on l'imite, il coopère à nos actes et nous
aide à les accomplir. On peut recourir à lui sans crainte, on ne
saurait ni le fatiguer ni l'épuiser puisqu'il est infini.
8. Morale. — La morale de Lao-tze est fondée sur les
trois principes essentiels : du libre-arbitre de l'homme, de la
bonté originaire de la nature humaine et de la perfection
absolue du Tao, modèle de tous les êtres.
a) Que l'homme dans ce système soit considéré comme doué
de volonté libre, c'est attesté par tous et chacun des préceptes
moraux, qui le supposent sans contredit et n'ont de raison
d'être que dans cette supposition. C'est en outre aflSrmé expres-
sément au chapitre XXXIV, où il est dit que le Tad est maître
souverain de l'homme, mais ne le domine pas et le laisse
libre.
b) Le second principe conduit Lao-tze à d'assez singulières
conséquences. L'homme étant naturellement bon, il a dû
naître tel et l'humanité tout entière à son origine ne comptait
que des hommes justes et excellents. Alors la vertu était pra-
tiquée par tous complètement et naturellement. On ne savait
encore, à ce temps, ce que c'était que la vertu en général et
les vertus parce que personne ne commettant de fautes d'au-
(24)
cune sorte, il n'entrait dans Tesprit de personne de désigner
d'un nom laudatif cette conduite universelle et naturelle ni de
parler de vices inconnus.
Cet état de justice et de perfection a été troublé par les
passions que surexcite Tappétit des choses visibles. Les désirs
ont troublé le calme absolu des âmes. Ainsi sont nés les vices
et les fautes qu'ils engendrent; ainsi, par opposition, les
vertus ont été connues. L'homme n'a donc qu'une tâche à
remplir, au point de vue moral : apaiser, étouffer ses passions
et revenir à l'état originaire. Ici intervient le troisième prin-
cipe.
c) Perfection du Tao, son imitation nécessaire à l'homme.
C'est là le principe suprême et final de la morale Lao-tzienne.
Le Tao est le terme dernier de l'activité de l'homme, il doit y
revenir comme à son principe et à son modèle; l'imiter est le
moyen d'atteindre cette fin. Quand les hommes se sont éloi-
gnés du Tao, est née la grande vertu que l'on a connue par son
opposé. Elle est fort inférieure au Tao, mais elle est le degré
qui conduit au principe suprême. Celui qui fait des actes de
vertu est vertueux, mais l'imitateur du Tao est seul parfait
(voy. XXII à XXV, XLI, XLVI).
Les principales qualités du Tao connues depuis sa manifes-
tation aux êtres particuliers sont : à l'intérieur, le calme, le
repos parfait ; à l'extérieur, la bienveillance sans particularités,
sans partialité. Il faut donner à l'âme l'unité qui l'empêche de
se partager entre divers objets et la quiétude qui prévient les
commotions intérieures. Pour cela il faut que la force vitale
soit subjuguée par l'intelligence (chap. X) ; l'homme doit être
comme un nouveau -né. Il doit se délivrer des lumières
spéciales de son intelligence et ne se fier qu'au Tao (X). Car
celui qui tient à ses vues ne peut être éclairé (XXIII). L'homme
doit cultiver son intérieur.
Citons le chapitre XLVI : <c Quand le Tao était en ce monde,
on renvoyait les chevaux(de guerre)et l'on cultivait les champs;
le Tao n'étant plus en ce monde, les chevaux de guerre sont
(28)
sur les frontières ^. Il n'y a pas de crime plus grand que de
suivre ses désirs, il n'y a pas de plus grand malheur que de
ne pas être content (de son sort) et de désirer acquérir. Celui
qui sait être content l'est toujours... »
Les principales vertus prescrites par le code moral de Tao
sont : la quiétude iatérieure, le calme, le repos, le non-agir'^.
Il fout faire le vide en soi-même et revenir au repos qui est la
vie (XyP;. Celui qui est au Tao diminue chaque jour ses pas-
sions et ses désirs, il diminue sans cesse jusqu'à ce qu'il arrive
au non-agir; dès qu'il n'agit point il n'est rien qu'il ne puisse
faire. On devient maître du monde par le continuel non-agir.
Ce n'est point par les longs discours que l'on peut corriger les
autres, mais par l'exemple du repos, du non-agir (XLVIII) ;
2^ Exempt de passion, l'homme vertueux ne doit point tenir
à la vie; il doit être content de son sort , mais procéder tou-
jours avec crainte de faillir (chap. LXXII, LXXY). Il doit se
contenir, dominer son corps et ses appétits, son corps doit lui
peser comme une grande calamité (chap. XIII);
3^ Les autres vertus particulières sont : l'humilité et la sim-
plicité, la modération, la pureté, la justice, la bonté, la géné-
rosité, la bienfaisance, la douceur, l'indulgence, l'absence de
toute affection particulière et personnelle, l'économie. L'en-
seignement des autres, les efforts faits pour les rendre meil-
leurs sont également prescrits. Mais cela doit se faire par
l'exemple et non par le raisonnement.
Tous les efforts de l'homme doivent être dirigés vers son
intérieur, ce qu'il doit étudier c'est la nature intime ; du monde
' L'état de guerre est continuel; chaque État est dans ]a nécessité
perpétuelle de se défendre contre ses voisins.
* Le non-agir (Woû wéï) n'est point pour Lao-tze Tinactivîté com-
plète et Toisiveté absolue, mais c'est la répression de Taetivité exces-
sive, la tendance à Tinactivité extérieure quand Faction n'est pas utile.
Il y a plutôt \k une pensée de réaction contre les vices du temps qu'une
expression exacte d'un prineipe.
(26)
extérieur il doit savoir aussi peu que possible, fil doit être
comme le nouveau-né qui n*a pas encore souri à sa mère,
exempt, par conséquent, de toute passion, de tout désir
(chap. XXVIII),
Le sage doit renoncer à la gloire, aux honneurs, renoncer
à toute ambition, vivre simple et inconnu. Bien qu'il se sache
fort, éclairé, célèbre, il doit agir comme s'il était faible,
ignorant, obscur et ne point chercher à dominer les autres
(chap. XXVIII). Il rejette le luxe et la magnificence (chap. XXIX),
il ne s'attribue point ses mérites (chap. XXXIV). II est parftit,
droit, ingénieux, éloquent, etc., et ne le parait point. Pur et
tranquille, il est le modèle du monde terrestre (XLV). II fait
de grandes choses et ne s'en prévaut point; il ne laisse pas voir
sa sagesse. La modération est le premier besoin de l'homme.
Il doit être bienfaisant sans chercher son intérêt, faire du bien
sans compter sur ceux auxquels il prodigue ses bienfiuts
(chap. X). En faisant le bien il ne doit point faire acception de
personnes, mais faire le bien pour le bien à tous indifférem-
ment (chap. LXXIX) et aimer à donner (Urid.).
Rien n'est plus mou et plus faible et cependant plus irré-
sistible que l'eau ; telle doit être la douceur de l'homme
(chap. LXXVIII).
Nous ne nous arrêterons pas aux particularités de ces diffé-
rentes vertus ; nous donnerons seulement quelques exemples
de la méthode suivie par Lao-tze pour développer sa matière,
ce Pratiquez le non-agir; que votre occupation soit le non-
faire; savourez ce qui est sans saveur, les choses grandes et
les petites, les choses abondantes et rares. Rétribuez les injures
par des bienfaits. Commencez les choses difficiles par ce qui
en est facile, les choses les plus difficiles ont commencé par
ce qui en est fecile. Le saint ne cherche point les choses dif-
ficiles, c'est pourquoi il sait les accomplir (chap. LXIII). Les
paroles vraies ne sont pas ornées, les paroles ornées ne sont
pas vraies. Le saint n'accumule pas, plus il emploie ses biens
dans l'intérêt des autres, plus ils augmentent; plus il donne et
plus il s'enrichit (chap. LXXXI).
(27)
» La raison dernière de toutes ces vertus est l'imitation du
Tao. Le Tao infini est bon et miséricordieux, il aime tous les
êtres indistinctement, les soutient, les nourrit, les fait grandir
et prospérer; il protège les hommes et même soutient les
pédieurs et les aide à revenir; il est Tasile de tous (chap. LXII).
En même temps il est toujours en repos et agit toujours avec
désintéressement. Il ne cherche ni la gloire, ni aucun intérêt
propre. Infiniment grand, il se met au service du plus petit.
Après les actes de la plus grande puissance il ne recherche ni
gloire, ni avantage, » etc., etc.
La sanction de cette morale est le retour au Tao et le bon-
heur qu'il procure. Mais Lao-tze ne paraît pas s'être préoccupé
du sort de l'âme après la mort. Tout en distinguant dans
l'homme l'esprit et le corps et en prêchant la lutte du premier
contre le second, il ne dit rien de ce qui \e\xr arrive après la
séparation. Rien ne nous indique sa pensée à cet égard, si
tant est qu'il y a pensé. A-t-il cru à l'absorption dans le Tao
ou à une vie en lui, bien que Tâme reste distincte de lui? On
peut le croire sans oser l'affirmer.
3. Politique. — L'œuvfe de Lao-tze n'eût point été complète
s'il n'y eût traité directement de la politique, du gouvernement
de la nation. II voulait, en effet, flétrir la tyrannie et la corrup-
tion qui régnaient en maîtresses aux cours et dans les admi-
nistrations de tout ordre et guérir les maux invétérés dont la
nation souffrait et se mourait. Les règles qu'il avait à poser
n'étaient pas seulement politiques, les principes moraux
devaient y entrer. C'est aussi ce que l'on trouve dans le Tao-
te-Kitig, mais répandu çà et là sans règle ni méthode.
La loi fondamentale est celle de la morale même. Les princes
et les grands doivent imiter le Tao, recourir à lui, s'en servir,
selon l'expression du philosophe. Ils doivent régner sans
orgueil, ni faste, ni ambition et gouverner comme s'ils ne le
faisaient point.
Si les princes et les rois possédaient et conservaient le Tao,
tous les êtres viendraient se soumettre à leur pouvoir. Le ciel
(28)
et la terre leur enverraient une rosée fertilisante et les peuples
vivraient en harmonie (chap. XXXII). Le roi doit aimer le
peuple et gouverner la nation tout en restant comme inconnu
(chap. X). S'il sait employer les autres, il sera comme au-des-
sous d'eux (chap. LXYIII). Les chefs doivent avant tout travailler
à calmer les passions du peuple et à remettre la nature humaine
en son état primitif. Alors le peuple ne savait de ses rois que
leur existence, tant ils rendaient leur administration iosen-
sible, mais aussi ils ne cherchaient pas les applaudissements
du peuple.
Bien rarement ils lui faisaient entendre leur voix et lorsque
l'État était prospère et le peuple vertueux, on se disait : a nous
sommes ainsi naturellement », tellement peu la main de l'ad-
ministration se faisait sentir. Depuis que les princes ont cher-
ché les louanges et la gloire ils ont d'abord été flattés, puis
craints, puis méprisés (chap. XVII).
Pour calmer les passions du peuple et rétablir le régne de
la nature ou de la justice il faut s'abstenir d'exalter les digni-
tés, de vanter les richesses, de montrer les objets qui excitent
la cupidité. Ainsi on empêchera les compétitions, les vois et
les troubles. Le bon roi vide les cœur^et remplit les estomacs,
il amortit les désirs et fortifie les os, il écarte de la connais-
sance des objets qui excitent les passions et pratique le non-
agir (chap. III) et alors tout est bien gouverné. Car quand les
mauvais désirs sont éteints et que l'action désordonnée est
empêchée, l'empire se rectifie de lui-même.
Les chapitres LVII et suivants nous donnent les préceptes
gouvernementaux que voici : a Par la droiture on gouverne
» l'empire; par la ruse on fait la guerre; par le non-agir on est
» maître. Quand le gouvernement multiplie les prohibitions
» et les dépenses, le peuple devient pauvre de plus en plus.
» Quand le peuple a beaucoup de moyens de lucre, l'empire
)> tombe de plus en plus dans les troubles... plus les lois se
» multiplient et plus il y a de voleurs. Mais si le roi pratique
» le non-agir, aime la quiétude et se dégage de ses désirs, le
» peuple se convertit de lui-même, s'enrichit de lui-même et
(29)
» revient à la simplicité. Quand l'administration est indul-
j> gente et ferme les yeux sur les petites choses, le peuple est
0 riche. Lorsque l'administration voit trop bien, le peuple en
» vient à manquer de tout. C'est par l'exemple des gouver-
D nants que le peuple doit être gouverné. Le bon roi est
» juste, désintéressé, droit, éclairé; il ne blesse, ne reprend
» et n'éblouit personne. »
Le chapitre LXV blâme la prudence excessive qui rend le
peuple difficile à gouverner et fourvoie le prince.
Aux chapitres LXXIV et LXXV il s'élève contre la tyrannie
qui dispose arbitrairement de la vie des hommes, contre les
impôts excessifs , l'action continuelle du gouvernement et la
trop grande ardeur au lucre. Enfin ce qu'il flétrit le plus éner-
giquement, ce sont les passions belliqueuses et la guerre qui
n'est point nécessitée. Il a, sous ce rapport, ses maximes à lui,
par exemple, celle du chapitre LXIX. Quand deux armées
combattent à armes égales, c'est le guerrier compatissant qui
remporte la victoire. Le sage, quand il doit faire la guerre,
déplore cette nécessité; il frappe un coup décisif et s'arrête, il
n'abuse point de sa victoire et ne fait que ce qui est nécessaire.
Il frappe un coup décisif et ne se vante point, ne tient pas à
paraître fort. Le triomphe acquis au prix du sang ne le réjouit
point. A celui qui, sans tristesse, détruit des vies humaines on
ne peut confier le pouvoir.
Enfin voici le tableau qu'il fait du gouvernement de ses
vœux :
« Un petit royaume et un peuple peu nombreux, s'il n'a des
armes que pour dix ou cent hommes, ne doit point même s'en
servir. J'inspirerais au peuple la crainte de la mort, le dégoût
des longs voyages (afin qu'il vive en repos et pratique la jus-
tice). Quand même il aurait des bateaux et des chars, il ne s'en
servirait pas, quand même il aurait des cuirasses et des lances,
il ne les mettrait pas en rang. Je ramènerais le peuple à l'usage
des cordes nouées; il goûterait sa nourriture et se plairait à
ses vêtements, il serait heureux en sa demeure et aimerait des
mœurs simples et sans faste. Si un autre royaume se trouvait
(30)
en vue et que le chant du coq ou Taboiement des chiens pou-
vait être entendu de l'un à l'autre, les peuples parviendraient
à la vieillesse et à la mort sans être allés et venus Tua v&s
l'autre » (chap. LXXX).
Arrêtons-nous ici; de plus longs détails n'intéresseraient
que les spécialistes. Ajoutons toutefois une réflexion relative-
ment au non-agir cher à Laortze. Il ne s'agit pas évidemment
d'une inactivité complète. Lao-tze ne condamne que Tabus
d'action ; mais, il faut bien l'avouer, pour lui cet abus se ren-
contre assez facilement. Ce qui explique cette tendance chez
notre auteur, ce sont les excès qui se commettaient de son
temps , où vingt petits princes , chacun avec une armée de
fonctionnaires, témoignaient sans cesse d'une activité fiévreuse
tandis que partout régnaient le trouble, les passions les plus
violentes et la tyrannie. Lao-tze, appartenant aux petits et aux
opprimés, voulut opposer à ces maux un remède radical en
en coupant la racine.
Mais c'en est assez. Je crois avoir, dès maintenant, le droit
de conclure que le système de Lao-tze a été généralement mal
apprécié. S'il a des points de contact avec celui de Scheliing,
c'est en matière accessoire et plus souvent dans les termes que
dans les idées. En outre, Lao-tze n'a connu ni le dogme de la
Trinité divine, ni celui du Verbe divin, ni le nom de Jéhovab.
Enfin, entre ses doctrines et celles d'Épicure il n'y a de com-
mun que certaines apparences. Le philosophe qui prêchait
l'humilité, l'abnégation, l'abstinence, la lutte contre les pas-
sions, le désintéressement et l'amour, comme l'imitation d'on
premier principe personnel et spirituel, n'était certes pas un
épicurien.
Devons-nous déduire de ceci que le système de Lao-tze est
entièrement autogène et qu'il n'a rien dû à personne de ses
théories si nouvelles pour la Chine? 11 serait très hardi de
répondre à cette question dans un sens ou dans l'autre. Ce qui
est certain et ce qui n'a pas encore été remarqué, c'est que la
philosophie brahmanique a des traits qui rappellent fréquem-
ment les enseignements de Lao-tze. C'est dans l'Inde que Ton
(31 )
trouvera Tétre sorti du néant, l'action flétrie et l'inactivité pré-
sentée comme la perfection. C'est là aussi que l'on rencontrera
l'être absolu primitif sans forme, inaccessible aux sens, sans
mouvement comme sans nom ni qualité d'aucune sorte. Le
Tao comme le Tad des Brahmanes ne devient cognoscible et
n'acquiert un nom et des qualités qu'en sortant de lui-même
pour produire les êtres contingents. Il y a certainement des
différences entre les conceptions fondamentales des deux
ordres de système, mais les similitudes sont parfois si grandes
qu'en parcourant le Tao-te-King on oublie en maints passages
qu'on n'a pas en main les lois de Manou , la Bhagavadgitâ ou
quelque autre livre de l'Inde Brahmanique.
Lao-tze a-t-il connu ces derniers et leur a-t-il foit quelque
emprunt? Il serait téméraire de l'affirmer. Rappelons toutefois
que la tradition ou la légende attribue à Lao-tze un voyage dans
les lointaines régions de l'Occident.
Tel est donc dans son ensemble et ses principaux détails le
système du premier philosophe chinois qui enseignait au temps
où la philosophie grecque était encore à son aurore. Si le s)*s-
tème dont il dota sa patrie n'est point parfait de tous points,
on ne peut disconvenir qu'il n'eût point fait déshonneur aux
sages de la Grèce. S'il donne souvent plus de part à l'imagina-
tion qu'au raisonnement, on ne peut oublier que la plupart
du temps ses expressions sont figurées et voilent « sous les
images » des pensées qui ne manquent pas de profondeur.
C'était la mode alors en Chine, on parlait par image et
Kongtze, après avoir vu son rival, disait lui-même à ses dis-
ciples : « Je sais que l'on peut saisir avec des filets les oiseaux
qui volent dans l'air, qu'on peut prendre avec une ligne le
poisson qui s'enfonce dans l'eau, qu'on peut atteindre de la
flèche l'animal le plus rapide. Quant au dragon qui s'élève au
ciel, je ne sais comment on peut le saisir, et j'ai vu aujourd'hui
le dragon. » (Sse mâtsien, Sse ki.)
Certes, pour les penseurs de nos jours Lao-tze n'est pas
un dragon, mais plus d'un système dont on parle n'est pas
meilleur que le sien et je ne pense pas m'être préoccupé de
(32)
soucis inutiles en cherchant à le faire mieux connaître. Il est
peu de tentatives de l'esprit humain qui eurent des résultats
plus grands et plus durables. Les enseignements de Lao-tze
n'ouvrirent pas seulement les voies à la philosophie, ils pré-
parèrent le triomphe du bouddhisme et enfantèrent à côté de
philosophies analogues cette secte de charlatans et d'astrolo-
gues qui s'est répandue par toute la Chine et qui a souvent tenu
en mains les destinées de l'Empire. Le retour au Tao qu'en-
seignait le maître devint, pour les gens grossiers de l'école et
pour leurs exploiteurs, une immortalité que l'on cherchait à
se procurer par l'alchimie, la consultation des sorts et d'autres
moyens tout aussi scientifiques et légitimes. Car pour employer
le langage de Lao-tze, l'insecte hideux naît du rayon du soleil
et le ver immonde, du gracieux papillon.
0
LE
ÇATHOLICON DE LILLE
GLOSSAIRE LATIN-FRANÇAIS
PUBLIÉ EN EXTRAIT ET ANNOTÉ
PAn
AUg. SGHELER,
MEMHRB DR l'aCAD^XIIB ROYALE DE BELGIQUE.
( Présenté à la Classe des lettres dans la séance du i^' juin 1885.)
Tome XXXVIL
AGADtHIE BOYALE DES SCIENCES, DES LEHRES ET DES BEAUX-ARTS
DE BELGIQUE.
CLASSE DES LETTRES.
Dans la séance du l^"' juin, M. Scheler a présenté un manu-
scrit intitulé : « Le Catholicon de Lille, glossaire latin-français,
publié en extrait et annoté ». Nous croyons que ce mémoire
figurera avec honneur parmi les publications de l'Académie.
II intéressera surtout ceux qui s'occupent de philologie romane.
Dès 1850, Emile Cachet avait proposé cette publication à la
Commission royale d'histoire. La Classe des lettres sera heu-
reuse de réaliser ce vœu, en remerciant notre savant confrère
des soins qu'il a donnés à son utile contribution. On peut
répéter avec Littré (Études et Glanures, p. 40) que M. Scheler
est un éditeur qui commente véritablement son texte et aime
à lutter contre les difficultés. Sachons lui gré d'avoir supprimé
tout ce qui était inutile et d'avoir scrupuleusement corrigé
toutes les erreurs de transcription.
Le Catholicon paraît avoir été compilé, d'après les plus vieux
manuels scolaires du moyen âge, par quelque écolâtre de
Picardie ou de la Flandre wallone, au XV* siècle. C'est donc un
document de l'époque de transition entre les formes populaires
et les travestissements plus ou moins érudits de la Renaissance.
On y voit poindre l'orthographe pédantesque et surabondante
(«)
qui a surtout sévi au XVP siècle. NVt-on même pas dit que
c'était lui qui l'avait inventée !
Les lettres s'accumulent sans aucune nécessité phonétique
ni étymologique, par exemple : nepveu^ doubte, auUruy, La
graphie ne répond ni à la tradition ni à l'usage nouveau;
elle ne dérive que de la préoccupatipn de latiniser le français,
coâte que coûte, sans se préoccuper d'un passé lexical qu'on
ignore. S parasite dans preschier {praedicare) n'a pas même la
légitimité qu'on pourrait invoquer pour une prononciation
qui serait encore flottante, comme Thurot (De la prommàatUm
française dès le commencement du XVV siècle, II, 317-331) le
constate pour tant de vocables. Érasme disait déjà : a Galli
soient vel elidere vel obscurare literam banc lingua vulgari
scribentes est et sonantes et producta vocali ».
- Outre l'opposition de mots picards et de doublets savants,
le Catholicon offre beaucoup d'exemples intéressants de syno-
nymie franco-latine. D<^ Heimbert Lehmann (Der Bedeuttaigs-
wandd im Franzôsischen, Erlangen, 1884) pourrait encore y
puiser quelques rapprochements instructifs.
Ardelio n'est plus le tfttîllon de Phèdre, mais un coquin qui
mérite la hart = hardel, garchon.
Actar correspond à facteur et à poète.
Architector est un couvreur, un carpentier.
Arare, c'est ahaner, le labeur par excellence.
CivUitaSf mansio civium, rappelle le Rathhaus des Allemands
et la Ragione des Italiens.
Fescenia « canchon qu'on dit à l'enfant pour l'endormir »
a pris la place de nenia, d'abord chant funèbre et magique,
puis berceuse ou chanson de nourrice.
Ihagma pour drama signifie interrogation.
(m)
Megritas se traduit encore par le wallonisme entièreié.
PluUo se traduit par le verbe fréquentatif p/ouviti^, qui per-
siste encore dans nos provinces sous la jolie forme de pleuviner.
On voudrait bien formuler ici un regret à la façon de Fénelon
et de La Bruyère.
Obero, loer par prix, rappelle les clieiUes oboeratosque de César.
Le CcUholicon montre bien comment le débiteur devient servi-
teur et mercenaire.
Podium n'est plus un balcon, mais une potence.
SuperabUis peut encore se rendre par vainchàble.
Suspicare, c'est glaner, spicare en sous-œuvre. Cf. na-oogsten
et gpgker du néerlandais.
TeuUmicus, tieus^ thiois, rappelle Heure-le-Tiexhe et Audun-
le-Tige. Cf. dietsch.
Citons enfin cette bizarrerie de valere <=3 poair ou périr.
M. Scheler la montre déjà dans la Sutnma de Jean de Gènes
au XIII* sièle. Il conjecture que c'est par l'influence du mot
équivoque : valetudo, que valere aura signifié successivement
être valétudinaire, msdade, mourant, etc.
Conformément aux conclusions de ce rapport auquel ont
adhéré MH. Bormans et Gantrelle, la Classe vote des remercî-
ments à M. Scheler et décide l'impression de son travail dans
le recueil in-octavo des Mémoires.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Le manuscrit n*' 369 de la bibliothèque de la ville de Lille
d'où est extrait le glossaire latin-français qui fait l'objet de ces
pages, a, depuis vingt ans, déjà fourni matière à plusieurs de
mes publications lexicographiques; en dernier lieu^ au petit
vocabulaire latin versifié, qui a paru sous le titre Olla Patella,
accompagné de ses gloses et de nombreuses notes de ma com-
position, dans les tomes XXI et XXII de la Revue de rinstructiati
publique en Belgique ^.
Dans le préambirie de ce travail, en foisant le dépouillement
du manuscrit en question, je fixai l'attention, sous le n® 9, sur
la pièce capitale du volume et qui en occupe les fol. 125 à 310
sous l'intitulé suivant : Sequitur liber valde proficiscens ad
vocabula qui vocatur Catholicon, et j'en fis ressortir l'utilité qu'il
présente pour l'étude historique aussi bien de la dégénéres-
cence du latin que de la formation du français. Depuis vingt ans
une copie, prise par moi-même, des éléments les plus intéres-
sants du Catholic&ii de Lille reposait dans mes cartons, réser-
vée toujours pour un travail étymologique de longue haleine
dont j'avais caressé le projet pendant une série d'années,
mais dont l'exécution fut finalement abandonnée. La haute
* Tire à part et mis en vente, Gand, 1879.
(4)
appréciation accordée aujourd'hui à Texploration scientifique
des documents de cette nature dans tous les coins où la philo-
logie romane est en culture, m'engage à ne pas tenir plus long-
temps sous le boisseau le lexique latin-français, que quelque
écolâtre du nord de la France, au XV* siècle, s'était dressé,
sur la trace des autres compositions semblables en circu-
lation de son temps, au profit de l'enseignement qui lui était
confié.
Et voici pour le travail que j'ai l'honneur de présenter à
l'Académie le programme que je me suis tracé.
Éliminant de ma transcription les articles absolument
dépourvus d'intérêt, je n'y donne accueil qu'à ceux qui, pour
le latin ou le français, à un titre quelconque, m'ont semblé
mériter l'insertion; c'est ainsi que le nombre d'enviroo
6,100 têtes d'article du manuscrit s'est réduit à un peu plus
de la moitié. Dans la rédaction de ses gloses l'auteur, en règle
générale, fait suivre chaque tête d'article latin d'indications
grammaticales sommaires relatives soit à la conjugaison des
verbes, ou à la déclinaison des substantifs et adjectifs; il ren-
voie en outre à la marge des lettres initiales caractérisant les
substantifs au point de vue du genre, les verbes quant à leur
emploi comme actifs, déponents ou neutres. Je n'ai naturelle-
ment admis que celles de ces indications que je jugeais pouvoir
être utiles.
En établissant ma copie, ma principale préoccupation se por-
tait sur le redressement des nombreuses erreurs commises par
l'étourderie ou l'inexpérience des scribes, soit de celui à qui est
dû notre texte, soit d'un confrère plus ancien qu'il imite ser-
vilement. Cette tâche de restituer les mots altérés ou omis,
conformément à l'intention présumable du premier rédacteur,
(8)
était, en ce qui concerne les têtes d'article, la plupart du temps
facilitée par les indications de l'ordre alphabétique, qui est
généralement observé.
Ces corrections ont été signalées par moi, tantôt en mettant
entre parenthèses la leçon repoussée, tantôt, quand il ne s'agit
que de lettres ou syllabes, par l'emploi de crochets pour les
éléments omis et de parenthèses pour les éléments à biffer ^.
Les notes placées au bas de la page ont pour objet, du côté
latin comme du côté français, à la fois la discussion des cor-
rections introduites ou proposées et de courtes remarques sur
des faits ou traits divers capables d'intéresser. Puissé-je en ce
point ne pas avoir franchi la limite entre la prolixité et la par-
cimonie et, par ce nouveau travail, ne point déchoir du rang
qu'une critique bienveillante a cru pouvoir accorder à mes
efforts antérieurs en matière lexicographique.
La langue dans laquelle est exprimée la partie française de
ce glossaire appartient, on ne peut en douter, au picard, tous
les traits caractéristiques de ce dialecte s'y retrouvent ; si par-
fois le même mot se produit sous des formes diverses, c'est
que l'une est du domaine normal et populaire, l'autre
empreinte d'un cachet savant; ainsi pour lat. texius (tissu) :
tieusi et texte; pour régula : règle et riule ou rieule.
Quant à Yorthographe de notre manuscrit, elle est fortement
entachée de ces nombreux abus graphiques qui marquent la
période de transition dans laquelle il a été écrit. On y voit
pulluler les formes hybrides flottant entre le type latin et le
cachet français, ces lettres parasites que le souvenir ou un
* De succinctes observations ou explications, interjetées par nioi-
niémc dans le corps du texte, sont également placées entre parenthèses.
(6)
faux respect du latin a fait introduire aux lettrés dans ces
affreux mots tels que nepvem, recepvemeiU, double, soubz,
aultruy, haulte, etc. On notera encore le désordre qui règne
dans le traitement de 1'^ suivi de consonne. A une époque
plus éloignée qu'on ne pense, cette lettre s'était effacée dans la
prononciation et s'effaça successivement aussi dans l'écriture,
mais pendant longtemps l'arbitraire régna dans son emploi;
d'une part, par exemple, on écrivait à volonté epauk et espauky
laquio' et lasquier, utensile et ustensile, d'autre part on l'intro-
duisait sans raison (si ce n'est, peut-être, pour marquer la
longueur de la syllabe) dans des vocables où l'étymologie
la condamne : ainsi dans preschier (praedicare), queusles
(cubitus), ausnes (alnus), bfiesve, etc.
En fait de formes grammaticales, nous rencontrons la même
indécision, la règle ancienne en concurrence avec l'usage nou-
veau. Une multitude de termes interprétatifs français répon-
dant à des vocables latins placés en tête de la glose et par con-
séquent au nom. sing., sont encore munis de leur s flexionnei
caractéristique, mais on ne peut voir dans ce fait que la repro-
duction machinale de ce qui se trouvait dans les anciens
modèles que l'on copiait. A l'article salve = Dieus te sault,
l'écrivain a jugé utile de faire mieux comprendre cette excel-
lente forme ancienne de subjonctif saut, tombée en désuétude,
par l'addition de la forme secondaire saulve.
Je l'ai déjà fait entendre, notre glossaire ne doit point être
considéré comme l'œuvre originale et spontanée d'un gram-
mairien contemporain de l'âge où il a été écrit (XV* siècle);
le scribe qui nous l'a transmis — dans une écriture apparem-
ment nette, mais bien souvent peu aisée — s'est mis à la remorque
des autres recueils similaires qui, dans le cours du moyen
(7)
âge, circulaient dans les écoles. Je ne suis pas en situation de
faire les rapprochements voulus pour établir quel est le con-
tingent revenant à notre manuscrit en fait d'articles originaux;
un traité méthodique sur l'histoire de la lexicographie fran-
çaise, élargissant le cadre que s'est tracé Littré dans son travail
sur les glossaires en tête du tome XXII de YHistoire littéraire
(le France, reste encore une tâche à accomplir où pourra être
compris cet examen. Pour autant qu'il s'agit de la matière
latine dont traite le Catholicon de Lille, mon impression per-
sonnelle est que la principale source de son premier rédacteur
a été la Summa ou Catholicon de Jean de Gênes ; non seule-
ment les chefs d'article de notre recueil se retrouvent, en
grande majorité, dans cette vaste compilation du XIIP siècle,
mais encore les gloses françaises, pour la formule comme
pour l'ordonnance, répondent le plus souvent aux interpréta-
tions présentées en latin par l'auteur de la Summa. J'aurais bien
voulu confronter le texte de Lille avec le Catholicon abbreviatum
imprimé à Paris vers la fin du XV« siècle et reproduit en 1S06,
ainsi que le Catholicum paiDum qui a paru à Lyon en 1499 (voy.
Hain et Brunet), mais je n'ai pas eu l'heur de jamais ren-
contrer une de ces éditions, dont plusieurs citations faites par
Du Gange permettent cependant d'admettre d'étroits rapports
de rédaction avec mon manuscrit.
Quel que soit le lien qui rattache ce dernier à d'autres com-
positions de même nature, imprimées ou non, il offre pour
l'étude approfondie des deux langues des enseignements suffi-
samment nombreux pour qu'il méritât, du moins en extrait,
les honneurs d'une édition spéciale.
En 1850 déjà, dans un rapport adressé à la Gommission
royale d'histoire (Bulletins, 2« série, t. I, pp. 180-213), feu
(8)
•
mon ami Emile Cachet, dont les hommes d'étude ont su
apprécier à leur juste valeur les services rendus aussi bien à la
philologie qu'à l'histoire nationale, avait porté l'attention de
ladite Commission sur l'intérêt que présenterait la publication
du Catholicon de Lille; j'ose espérer que je ne serai pas mal
venu en accomplissant, au sein de l'Académie, une tâche
recommandée, il y a trente-quatre ans, par une autorité aussi
compétente.
Je termine cette notice par l'indication des abréviations
dont je me suis servi dans la citation d'ouvrages et qui méri-
tent une explication :
JC. = Jean de Cènes; DC. = Du Cange; CI. «» mon Glos-
saire roman-latin tiré de la Bibliothèque de Lille (Anvers, 1865);
Lex. = ma Lexicographie latine du XIP et du XIII" siècle
(Leipzig, 1867); OP. = mon Olla Patella avec gloses françaises
(Cand, 1877).
Bruxelles, mai 1885.
GLOSSAIRE LATIN-FRANÇAIS.
A
Abdico, refuser.
Abdo, muchier (cacher).
AUemas [abiegnus], sapin (adjectif).
AMes, ung sapin.
AUffo, cachier (= chasser) ou en sus jeter ^,
Abicio [abjicîo], loins jetter.
AUa[cta]tio, sevrement de lait.
Ablacto, sevrer de lait, espanir 2.
Abneso, denoier.
Abnepofl, ariere nepveus 3.
Aboleo, effacier, deffacier, planer (= raturer).
Abominor (ms. abhom.)^ avoir en desdaing.
Aborio, naistre en avortation, avant le temps.
Aboptio (ms. abh.), avorter 4.
' En suê ^ loins (forme adverbiale) dans Tart. suiv.
' Je me suis occapé de l'origine du verbe espanir (wallon spani,
rouchi épenir, flam. spenen, ail. spanen) dans mes notes de Jean de Condé
(II, p. 339) et mon GIoss. des Chron. de Froissart.
' Gl. de Douai : cousins en tiers.
* Abortirc se disait en basse latinité concurremment avec ahortare
(d*où fr. awiTter)\ il traduisait dans la Vulgate le gr. cotioToxEÎv.
(10)
J.bortivas, nés non en temps.
Abrado, rere fors ou rongnier.
Abrevio, abréger.
Abscedo, dis, di, sain, decoper.
Abscondo, di vel didi, sum vel ditam, muchier , reponre.
Absens, deffalans.
Absono, discorder en son.
Abstrado, esclore (ms. enclore) ou hors clore ou fors bouler.
Absum, defalir.
Abasio, mal usage.
AbasiYus, non propre, hors d'usaige.
Aearis, mal gracieulx s.
Aceeptio, prinse (== prise).
Aeeepto, prendre souvent, accepter.
Aeeersio, appeler (».
Acein^o, chaindre ou soy apprester pour aler en bataille.
AccipUer, tris, .i. oisel, gallice ostoir (= autour) "7.
Ac[c]ola9 habiteur.
Aecommodo, emprunter s.
Aceo, enaigrir.
Acer, aceris, un arbre, eraules (ms. ereules).
* Ce mot acaris, par lequel les traducteurs de la Bible rendaient le
gr. àyapiç^ a, grâce à quelque savant du XVI* siècle, laissé des traces
dans la langue moderne; Tobler (Zeitschr. fur rom. Philologie, VI, 575)
lui revendique à juste titre l*origîne de Tadjectif acariâtre, mal compris
jusquMci.
* Accersire se voit souvent dans la Vulg.
^ Le même mot fr. traduira plus loin lat. vuUur.
* On sait que le premier sens du fr. emprunter est prêter.
(H)
jtcerbusy aigre, et comparatur.
AcerYus, un monchel.
Aeetabulum, vaissel à vin aigre.
Acetariam, idem est.
Acetosus, plain d'aigreur.
Aebcroii, palut d'infer.
Accldl» (du gr. àxTiSta), presche (= pereche, paresse).
Aceldior, estre precéulx.
Aeics, prenelle d'oel ou taillant de coutel.
Aelnarimii, march de vendange.
AcinuM, pépin de roisin.
Aetenus [hact.], jusques chi.
Aetor, actrim, faiseur ou faiseresse 9.
Aeameii, taillant ou aguisemens ^0.
AeuM, acerif» (ms. acei'vm)^ paille, hoton ^^.
• Actor et fr. faiseurs gr. itoii^ttjc, poète.
'• Pour aguitement, cp. Grandes Chron. de France, VI, 2 : « 0 1res
beneureuse espée en trenchant et en aguisement très isnellc ! »
" A propos de hoton, root paraissant particulier au nord de la France,
je reproduis ici ma note insérée dans roon OUa Patclla sous le mot
aeus .* • Serait-ce un dérivé de hostre (espèce de tarais, p^acé sous les
meules, qui par son mouvement continuel sépare le grain de la balle),
mot mentionné par Grandgagnage (Dict. étym. de la langue wallonne,
V* /io«iii), et qui me parait tenir, par transposition, du flamand hulsen,
secouer? Si hoton était du wallon de Liège, on serait aussi autorise
à poser Tétymologie schote, mot ail. signifiant cosse (cp. pour h = se,
hoûter = eteonter), •
Le même mot traduira plus loin encore lat. cantabrum et nliqua.
La définition du mot d'après un des exemples cités par God. (v. hauton),
est • criblure de froument, che qu'on ha jecté hors du froumcnt après
ravoir vanné ou criblé • .
(12)
Adamas, pierre, ayemant.
Addo, adjouster.
Adeo, adverbium, en tant.
Adeps, craisse.
Adlitbeo, adjouster.
Adtcto [adjicio], assembler ^^.
Admiror, esmerveiller (sens neutre).
Admtntealain, petite aide.
Adoleo, croistre, ardoir ^3.
Adolescens, home de .xv. ans jusques à .xxv. ou .xx\i.
Adoptto, recepvemens d'enfans en lieu ou corne propre fils.
Ador, indecl., flour de fourment ^*.
Adquteseo, acoisier i^.
Advena, estrange *6.
Adversor, contrarier.
Adverto, entendre ^7.
Adnlter, ribaut qui va à femme d'aultrui.
JBdus [haedus], bichet ou chevriet.
Aer, aerisy un air, un des .iiij. éléments.
AfTabllis, arraisonable ^^.
" Cp. pour la forme, abieio.
'* Les deux mots français se rapportent aux deux homonymes latins.
'* Indeclinabile équivaut ici à neutre.
*' Fr. acoisier (type lat. ae-quieliare) est le plus souvent actif et
signifie tranquilliser.
" Advena est le décalque latin du gr. Tcpooi^Xuioç; aussi proseUtus,
plus loin, sera-t-il traduit de même par estrange (= hôte).
" Entendre = intendere animum.
** De arraisonner ou araisner, arainner = adresser la parole =
raison; cp. affbr, alloquor. — D*autrcs gloss. disent « bien emparlés».
(13)
AfTectio, talens, désirs; affectiis, idem est.
AfTectaosoM, volentrieux.
AMeto, tourmenter.
AfBnis, prochain.
AÛÈnïtmmy prochaineté.
Am^gOj tourmenter.
AfToriM, adverb., dehors.
AfTor, aparler, arainner.
AfTorlsmas [aphorismus], briefve parolle ^9.
.4ff»so, gardien d'asnes.
Aggev, tertre, monchel de terre, id. creste.
Ai^Seroy as, amoncheler.
AffSero, is, aporter.
Jk^grmwo, grever ou agrever.
Ai^sredtor, envair.
Avilis, legier.
Agita j démener, cachier (= chasser).
Agmen, compaignie.
A^nomem, sournon.
Ai^on, luite, tenchon (ms. tmichon), bataille.
Ai^onia, estrif.
Afponista, luiteur ou estriveur.
Ai^onlao (ms. -tôo). Initier, estriver, batillier, traveillier.
Agremtim (ms. agestris), campestres.
A^ricola, laboureur de terre.
Ala, ele.
Alabastram (ms. (dabaustrum), albastre.
Alabram (ms. alabastrum), hasple à widier fusées ^o.
'* JG. « sermo brevîs integrum sensum rei proposite scribens •.
'^ Hatpk, néerl. haspet, ail. id., it. aspo.
(14)
Alacer, vigoreux.
Alacrimonia, vigoreuseté, legiereté.
Albu^o, albuns d'œuf.
Al^or, froideur.
Altent^ena, estrange.
Alieno, estrangier Si.
Altetas [àXiaier^ç], un oisel, esmerullon [sic) ^.
Altmen, nourissemens.
Allmonta, noureture.
Altquaindla, aucques ^3.
Al[l]ec9 ecis, herenc.
Alle^o, affremer, allegier (alléguer).
Allevio, alegier.
Alltcto, alechier.
Allidoy hurler, coitir 34.
'* Pourquoi la langue a-t-elle renoncé à cet excellent verbe étranger f
Cp. ail. enifremden.
*' JG. glose le mot par meriUus.
" Au(e)que8 = lat. aliquid (quelque peu), ne* suffit pas; il faut y
ajouter longefnent.
** Coitir, heurter, que Godefroy ne connaît que d*après notre Catbo-
licon, n'est qu'une forme variée de coitier, presser, surtout presser de
réperon, piquer. Nous lui voyons plus loin traduire stridere au sens
(le serrer les dents. Pour Pétymologie, Oiez part du type eociare, fréqo.
de coquere au sens métaphorique d'angoisser. Cela peut satisfaire et ao
sens et à la lettre; cependant je ne renonce pas absolument k mon
étymon coctus ^ coactus (serré, pressé), que j'ai exprimé dans mon Dict
(sous eotir)i j'ai rencontre depuis dans Papias coaetor(=s agilator) oie/ft'
et dans les Gloss. consultés par Dieffenbach eoactura et eociura comme
synonymes de stigma.
( 15 )
Alllffo, allyer.
Allodium; hiretages.
AUoquor, araisonner (pi. h., s. affor, la forme contracte
arainner).
Alludo, juer, concorder (= faire allusion).
AlluYlo, élévation d'iaues.
Al[l]ax (= allex), le gros doit du piet.
Alnras, haut, bel, fort, saint.
Alnas, ausne.
Alpts, montaigne haulte.
Alterco, plaidier, estriver.
Altemo, entrecangier.
Altllls, oisel, volille.
Altts(s)oiias, idem est ut Deus.
Altrinseeus, au contraire, de travers.
Altufl, hault, parfons.
AlYeus, auge, bacquet, met â^.
Alampnus, nourisseur ou nouris; significat actionem et
passionem.
Aluta, ausne ou cardon ^6.
Alvas, ventre de viande 2*7.
Amamen, amour.
Amarico (ms. amatito)^ faire amer.
'* Met, huge, n'a pas, comme veut Littré, pour étymon, lat maetra,
mais plutôt màgis, -tdis, La forme fr. actuelle maie répond à it. madia.
** Je ne m'explique pas ausne; quant à cardon, c'est sans doute une
mauvaise transcription pour cordoan. — J6. « vulgariter cordoiMpt^e •.
" De viande (= d'aliments) parait ajouté pour caractériser ventre en
tant que « cibi et potus receptaculum », selon l'expression de Cicéron.
On sait que alvuê est propr. = nourrisseur.
(16)
Amanto, amie pour luxure.
Awnhmgeuj double ou parolle doubteuse.
AwMkhm§;Oy tnis, idem.
Ambto, couvoitier ou avironner.
Ambo, oniis, lecheur ^.
Aiiieii[i]aiii9 lieu bel et delitable.
Amicitia, amistés.
Amicto, vestir.
Amita, ante.
AmiMlo, dores en avant.
AmoronaiSy amoureux.
Ampllatto, eslargissemens.
Amplltas (ms. '•plicitas)^ leesche, amplece corne de drap ou
de toille, ampliacion ^d.
Anip[al]lay une fiolle.
Amputo, copper, come vignes.
Amula, vaissel à donner vin ou fiolle 30.
Amurcta, lie d'olle 3^.
Ana^ltplia, pointure apparans, come as églises ou vaissiaus
(vases) 32.
** Ambo est ^ âpipcov (pupitre, lutrin); lecheur est donc inacceptable;
je propose techenier = lectionarius, néerl. le$senaer,
'* Leesche représente ici lat. latitia, non pas laetitia,
*" Amula, dim. de ama, vas vinarium, voy. mon gloss. de la Geste
de Liège, s. v. amolle,
** Amurcia est ou fautif ou une forme adjectivale p. amurca (ap. JG.
amurga).
*' Dans ma Lexicogr. lat j'ai relevé les formes : p. 92, opus anagla-
farium trud. par à hurdure; p. iSI, vasa anaglaffà s vasa sculpta.
(17)
Anafflypharias (ms. -anus), peintres tailleurs.
Anas^ canne ou anette.
Ancilla, cambriere.
Anelia (= antlia), engien à tirer yave 33.
Aneittas [anhelitus], alaine.
Anclo [anhelo], alener, espirer.
Anfora vel ampliora, cruche.
Ansaria, angousse, destresse.
An^ats, serpent d'yave (sic aussi GI. i29].
Annulas, anglet.
Ansasto, constraindre.
Animas, coraige.
Animo, coragier, enhardir.
AnlmosHas, hardiesse.
Animadverto, aperchevoir pour penser.
Annuo, assentir ou ottroyer.
Anna, anse de pot umalion (1. ou maUon) 3i.
Anser, awe (oie) ou cras oysons.
Antela, poitrail ou genouilliere de queval.
Anttetpo, avanchier.
AnUdotam, médecine, remède.
Antiplioiia, antevene 35.
Antram, fosse.
*' JG. donne anclidia.
'* MaUon doit être = maillet de porte, qui est une acceplion connue
du lat. ansa. Sinon, il se pourrait que umalion fût une mauvaise lecture
du scribe p. aurelion, qui s'accorderait avec une glose lat.-gr. (apudDC.) :
ansa, cot^ov ffxeuou^.
'* Anlevene, de là fr. antienne; cp. Estcvene =: Estienne.
Tome XXXVII. 2
(18)
Aii[ii]alas, anel; anelits [annellus], diminutivum.
Aparatas, apareii.
Apareo, aparoir ou obéir.
Aper, saingler.
. Apes, apt», mousque qui fait miel, galiie« es *^6.
Apem, hauitesche.
Apiarium, le lieu ou les lieux où les niousques font le
miel 37.
Apistoriam, apyphoriaMi, idem 38.
Apiam, est quedam herba, appc (fr. ache).
Aplastre, strt», gouvernai de nef.
Aporia [â7rop{a], angousse, mendicités.
Aporior, art», egener (ms. egerer), apovrier 39.
Apo^eum (ras. -gerum)^ edefice (ms. office) soubz terre.
Apostata, apostat (ms. apotast) ou renoiet.
Apotheca, espesserie»
^ppello, tu, ariver à port.
Appendtx, appentis de maisons.
Apopliora (ms. apf).), hotte ^.
"' Ce mot fr. es = lat. apis se trouve dans God. sons e, mais celle
forme de cas oblique n*y est appuyée d'aucun exemple.
•' Apiarium est devenu le fr. achier.
" Ap. DC. apisterium, apifcrium ; apud Dief. aussi apiporitim,
** Aporictri, c'est être dans le besoin; 2 Cor. IV, 8, aporiamar, scd
non desliluimur. — Le fr. egener n'est pas un dérivé de egenus, mais
doit être lu esgcner, être gêné.
** Le sens • liotte » n'est pas constaté pour le gr. àico^opi; aussi
apophora est-il absent dans les gloss. bas-latins, qui ont gëaéralcfflenl
la forme dérivée apoforelum ou -etieum, vase à porter du fruit; Lexic,
pp. t^K et 131, je trouve apoferetrum, traduit par panier.
(19)
Appoillo, appoyer.
Apte, affaitierou appareiller.
Aptos, convignable.
A^oa, yave.
AqaatleoM, yaweus, mouUiés.
Aqiiebibiifl, a, am, boileau (ms. boilians).
AqaeTomoM, vomisseur d'yawe.
AqulluM, becus de nés comme aigle.
Aranea, araigne.
Aratcr (ms. arator), araire as ahaneur[s] **.
Aratrwm, querue.
Arbltrlam, arbitraige, franque volenté.
Arbii[0]tiiiii, bouçonnier, c'est le lieu où sont buissons 4^.
Are(h)a, arche, huge ou escrin.
Areeo, constraindre.
ArehlqaoqvaM, maistre queux.
Archlmandrlta (ms. -mendorca), paisfre de brebis ou de
peuple, comme ung evesque.
Arehltector, carpentier ou couvreur.
Areabias (ms. arguMus)^ garde de nuit.
Area0, arc à traire ou arche de vaussure.
Ardea, hairon.
Ardelio, hardel, garchon 43.
** Ahaneur est le mot courant p. laboureur (cp. aro); quant à araire,
il représente exactement soit araier, tri, soit arairutn; il fait défaut
dans God.
*' Arbusium, en b. lat. = fourré, taillis; Ta. fr. disait plus souvent
huitsenoi; God. ne mentionne pas bouçonnier,
** Ardelio est défini dans les gl. par « leccalor, qui ardens est in
(20)
Ardeo, ardoir, estre ars, id. resplendir.
Ardans, haulx.
Area, aire, grange.
Arena, gravelle. .
Arenarlam, ou on perpètre gravelle.
Areo, es, ni, cre, semer, nourir ^.
Ar^lUa, argille vel gloise tenant.
Ari^no, arguer ou reprendre ou eastyer.
Arloias, devineur.
Ariopai^as, ville virtueuse 4^.
Arlsta, areste ou espic.
Armariam, armoirie.*
Armentiiiii, tropel de bestes grosses.
Arinil[l]a, aornemens nobles.
Artnonia, consonanche de chant.
Armuii, épaule {sic) de beste.
Aro, ahaner (plus loin, s. sulco, nous trouvons arrer).
Aroma, cose soëf llairans ou onguement... *^.
Arra, arre de pris ou de marchié.
Ar[r]eptafi, prins ou arrestés ou happés.
leccacitate » (Isid. ardelio, gluto) ; il traduit ailleurs le gr. iroXuirpaYfjictiv.
— Ici le mot revêt un sens plus mauvais encore, car hardel signifie
coquin, qui mérite la hart.
*^ Glose embarrassante; semer peut être une faute pour sewer, qui
est une forme écourlée (très usuelle en Picardie) de essewer ss exaquare
(dessécher); mais que faire de nourir? Serait-ce une faute p. pourirf
^* Jean de Gènes : « villa virlutis et dicitur ab ares, quod est virtus,
et pagos, quod est villa •. — Ailleurs > villa Martis ».
^' Je n'ai pas su déchiffrer le mot final de la glose.
(21)
Arroi^o, acquérir par orgoel.
Awtmwwij canivet.
ArtlfieioMiiM, soubtieux.
Artocopns, pain delicieulx *T.
Artocrea (ms. artorira), tarte ^.
Arvlna, craisse de camp 4^.
Arvlno, encraissier.
Arala, un pot anse ou paielle à mettre brese ^.
Amndo, rosel.
Arx, tour.
As, tkumlm, maille ou pois de .xij. onches.
Aseia, doloire, hache.
Asperi^o, arouser.
Aspemo, dcspiter.
AMpersorinin, esperge à espandre yawe benoitte s^.
Aspiro, alener (ms. eslener)^ ottroyer.
AssensiiM, assentemens.
Assidimii, ententieux, accoustumés.
Aflflimllo, rassembler, comparer.
*'' Arloeopuê signifie à la fois le pâtissier et son produit; « panis
pistus in oleo », « panis cum laborc factus »; Gl. (Gioss. de Lille), p. 55,
eêcaudich; OP. êcminel,
** Arlorira est impossible, bien qu'il se trouve aussi dans Gl. 55;
il faut corriger soit par artocrea» a panis continens carnem, vulgo tor-
tella • (JG.), soit par arlotira • cibus qui fit ex pane vel pasta et caseo •.
Cp Gl. 55 arthocaseu», fr. flan.
** Arvina est graisse de pore; la dénomination graisse de camp ne
peut reposer que sur un faux rapport avec arvum,
'* Je me défie un peu de ma lecture anse.
" On trouve plus souvent esparge (p. e. Renard le nouvel, 5352).
(22)
A00l0trix, celle qui est près, comme cambouriere (voir ancilh,
la forme cambriere).
A00O, rostir, ardoir.
A00oiio, accompaignier »2.
Amsuiii, rost, assature.
Astureo, ung oisel, ostoir ou queval grant, comme des-
trier K3.
AfltatiiB, haulx, malicieulx S4.
AtoTia, grandmere quarte.
Atramentmii, atrement, noir.
Atrlam, attre ou grant lieu spacieuix.
Attamen, estamine (tamis) s«>.
Attentio, ententipn (= intentio, se. animi).
Attineo, appartenir ou attenir en lignaige.
Attollere, estever.
AttonitiiM, espoënté par tonoire.
Atiibi, mais puisque.
Aadibills, oable.
Anditor, qui ot.
AuditoM, oemens.
ATcrfliiiM, destournës (ms. despoiirnés),
Avellana, alevaine ^6.
" Aecompaigner a ici sa signification musicale.
'* On trouve aussi astrueo ; voy., sur les deux valeurs du mol, le
Gloss. de DC.
** Comment faut-il entendre haulx? Faut-il corriger /au/jt ?
" AUamen, « setacium » (JG.). — La formation de ce mot est
curieuse. De là altaminare, purgare farinam cum setacia.
** Alevaine p. avelaine (aveline) rappelle la transposition a/ejur p.
aneler. Le mot n'est pas dans Godefroy.
(23)
ATello, esrachier.
ATeltio, esrachemens ^t.
Avena, avaine.
ATemus, enfer.
Aafero, oster, tollir.
Aufrur, devineur par le cant d'oiseaus.
An^astiiM, nobles.
ATla, mère de mère.
Aala, salle.
AtIvs, sans voye ^.
Aalieas, curîal.
Aarata, poysson (la dorade).
Aariealeiiiii, esciime d'or ^d.
Aarleomns, cheveulx blons.
AorleulariaM, secrétaire.
Aarlfober, orfèvre.
Aorifieina, forge à or.
Aoriffodliia, minière d'or.
Avrii^a, chartier.
Aarilefflaiii, trésor d'or.
Aaripletam, orpoignant ^o.
AasteriiM, aspre.
" Aveltio est une forme barbare qui n'csl consignée nulle pari;
peut-clrc y a-l-il eu p. avellere une forme avelUre et faul-îl corriger
avellUio.
*• Le sens vrai est « hors voie » .
»• Sur aurieafcum, voy. ma note Gl., p. 35.
•• Je ne trouve nulle part aucun des deux termes, ni auripictum p.
attripigmenfum, ni orpoignant p. orpiment.
(24)
Austeritafii, aspreche.
AatampnoM, le gay tamps.
Aatamo, soupchonner, cuidier.
ATimeiiliifii, oncle.
ATas, pere grant ou tayon.
A!Kiii, aissil (= essieu).
Axaui^a (ms. axurga), ventre ou oint de porc 6*.
Azouliifii, sans chainture.
Baeha [bacca], fruit d'olivier.
Baehinal, pressoir à vin.
Baehor, foursener.
Bi^ulo, porter.
Bajvlas, qui porte ou baille.
Balans, brebis.
Bala[t]ro, onls, bateilleur (bateleur).
BalatuM, braiemens de brebis.
Balista, arc à balestre.
Balsamafii, bausmier.
Balsamam, bausme.
Balteim, baudret 6â.
Baratrwm, enfer.
'* Aximgia s'est dit en cfFel d'une grosse bedaine. — JG. a les deux
formes en -a et -la.
** Lexicogr. 125 et 131 baudri ^i baudril (forme omise dans God.).
La forme courante en langue d'oïl était baudret, baudré, dont ou a fiit
baudrier.
(25)
Barbitonsor, barbieur.
Baronissa, baronnesse.
Barras, éléphant.
Basllleanas, ecclesiastre.
Basse, basser (baisser).
Batns, mesure, boistel (= boisseau).
Beatos, bien eûré.
Bellatievs, batilleux.
Belna, moustre (= monstre) de mer.
Benelin^uatiis, bien emparlés.
Benli^nas, débonnaire.
Betha, quadam herba, gallice bethes (bette).
Bian^alus, qui a deus cloquettes 6^.
Bibax, yvre ou buveur.
Blblioteeha (sic), armoirie à garder livres.
Blbnlas, buveur ou qui attrait corne sablon.
Bleeps (ms. bifex, tm), qui ha .ij. testes.
Blterias, doublement parlans.
Bifti!K, qui ha .ij. regars.
Blfidas, fendeur en .ij. ^.
Binnliiiii, lieu entre .ij. fins 63.
Byiii^uM, che qui est de deus, corne la charette à .ij. bœufs
ou chevauls.
Blnomeii, double non.
BiplIcUas, doublece (on peut lire aussi doubleté).
Birratas, qui est vestu de buriel.
** Je ne m'explique pas l'application du mot eloquelle; Tadj. biangtilui
s'est-il employé d'une église surmontée de deux clochers?
^* C'est plutôt fendu qu'il faut.
" JG. : • locus vel divisio inler duas fines ».
(26)
Btrram, gros drapel, burel.
BisMus, drap de bougran 66.
ntimeii, minlM, amont 67.
Bla[ii]dior, adouchier, bleder 68.
Blaii, tl0, folz.
Blatero, follement parler.
BlesuM, besgues.
Beat os, gros son.
Boletns, boulay ou campion (= champignon) 69.
Bolifl, masse de plonc, et est instrument par lequel maronier
atteignent le fons de le mer (il s'agit de la sonde).
Bolas, morse] .
Bombas, son ou pet.
Boo, mugir (ms. mutir), sonner, braire.
Boreas, bise, ung vent.
BoMtar, bouverie.
Botrlo, bourgon de vigne.
Botrns, grain ou crappe de roisin.
BoTieida, bouchier, qui tue bœufs.
Braeale, braiel.
Braeatns, embrayés (mot omis dans Godefroy).
Brachliim, brac.
Braeo, mettre braies.
Braneia, joue de poisson.
•• Lt'xic. 94 et 135 che$H (voy. God. s. chaînsil}.
*' Cette glose reste obscure. Bitimen p Bitumen est admissible, mais
quid fr. amont?
'* Bleder est inconnu; rancieunc langue ne présente que blondir
et biangier,
** Boulay est inconnu.
(27)
Branens, gorge de poisson 70.
Brathea [bractea], pieche d'or.
Bravlam, guerredon ^^.
Brli^a, brigue, tenchon.
|O0iii», noiseux.
rli^o, tenchier.
tus (mauvaise lecture p. bricus)^ haneton, une mousce ^^.
■Ina, gellée.
BubaloM, bugle, sauvage boef.
Babo, cal huant (Lexicogr. 75 huan, chuette).
Baeino, buisiner.
Bacolleiifl, qui parle de bœuf.
Bacala, le petite vache, genice.
Boffo, crapaut.
BallienluM, petit bullon.
Bao, arouser.
Bnrdo, mulet.
Bari^enslii, bourgeois.
BastUeea, qui clôt le sarcus ^^,
'* Celte addition depoiêson est arbitraire; brancus, dans les gl., n'est
interprété que par « guttur » et par • catarrhus, fluxus ascendens a
faucibus ». Cesl le gr. ppày^oç ou ppo^yoç.
'* JG. « Iflurea palma, manus, premium > . C'est le gr. ppa^eTov.
'* BritUM se voit aussi ailleurs, mais cette forme est sans doute l'effet
d'une mauvaise lecture de bricus, qui est = brucus, bruchuê, gr. Ppoûxo;,
Pporjyio^. — Lexic, p. 104 : bricus, hanelte. JG. n'a que brueus,
" Buêticetaj comme j'avais lu moi-même d'abord, et qui se trouve
dans certains textes, n'est qu'un effet de la confusion graphique si fré-
quente de c et /.
(28)
Basto, ensevelir, ardoir mors.
Bastum, sépulcre, tombe.
Bastara (ms. -uria), sépulture.
Batimm, bure (auj. beurre).
C
Cachephatas, ti [cacophatus], let son ^^.
Caehinnor, moquier.
Caeo, quier, aler à chambre ^^.
Cacumen, haultesche.
Caduens, cayable.
Cadas^ baril à vin.
Calamarlum, cornet ou escriptore.
Calamlstro, crespir cheveux.
Calamitas, misère ou chetiveté.
CalaniUo, chetiver 76.
Calamiifl, rosel ou penne à escripre.
€*alatvfii, panier.
Calceas, cauchon.
Caleio, as, cauchier (== chausser).
Calco, as, cauchier (auj. cocher) ^^,
Calevlofiiaii, plain de caillaus.
^* Cochephatus est évidemment une forme vicieuse.
^' La forme picarde quier accuse pour origine de ce verbe le radical
gcrm. skit; malgré raulorité de Littrc, le latin eacare n*a rien à voir ici.
^* Calamilo, JG. : « mestificare, infelicitare ». Est aussi dans le grand
Catholicon.
^' Cauchier est encore conservé dans le composé cauchemar.
(29)
C?aleiila0, caillia (== caillau, caillou), nombre, computation,
raison, pierrette(8).
C^leabiiM [cacabus], caudron ^^.
Caletedo, cauifer.
Caleo [calleo], endurchir ou estre soubtiz ou cateleux "^9.
Calepitra [caliptra, xaXuirrpa], mittre ou capel de feutre 80.
C^libfii, achier.
C^Ueo, boire ou (= el, en le) calice.
C^alidltas, soubtivetés.
€ali[en]draiit, mittre ou che de quoy on coevre se teste.
Calii^a, cauche (= chausse).
Calii^o, penultima longua, noirchir.
C^lllii, sentiers.
€alio0ii0, durs, calleux, fors.
CaUas, dure de mains ou de pies.
€al(l)o, porteur de bos.
Calopedlom, escache (échasse) ou patin ou piet de bos 8i.
CalTo, decepvoir.
C^lns (= qualus), panier à couler vin.
Calx, talion, masc, ou cauch (= chaux), et tune est fem.
gen. 82.
" Calcabus est inconnu, d'ailleurs placé ici hors de son rang alpha-
bétique.
1* Notre texte dit ailleurs cautuleux.
'» Calepiira est probablement vicieux ; les dictionnaires ne le con-
naissent pas; JG. a calcptra.
•' Cahpedium ou -podium est le type d'où s'est produit fr. galoche
(voy. mon Dict).
" Cp. le vers grammatical cité dans JG. :
Pars pedis est Aie caU, combustus calculiis hee caU.
(30)
Camero, faire cambres ou les tentes corne gourdines.
Campaiille, clocquier.
Campsor, cangeur B3.
Camas [xrifjioç, xa{jid(;], kevestre ou frain.
Canabis, chaneve ^4.
€anali0, le ruissel des rues où chiet le goutterie ^.
Caneella, le, fenestrelle 86.
Caneello, cancheler, trebuchier.
Cancer, maladie, cancre, poisson crevice ou signe du soleil.
Canieies, cauveté.
Canievla, chiennette ou une estoille.
Canna, roseil come d'estanc.
Canon, rieule, canon.
Canopenin [conopeum], courtine ou chainture, faite come
uns rois (== comme un filet).
Cantabram, hoton B7.
Cantaras, hanap.
Cantes, iam, fientes, Inm, d'orge (orgue) 88.
*> Campsor vient, selon JG., de camptum, supin de canUnre. 11 pour-
rail bien avoir raison.
'* Je trouve aussi ca/icve comme traduction de catuUtui, dans Lcxîc,
p. 435, à côte de chanvre; si cette forme existait réellement avec un e
mcdial sonore, il faudrait lui assigner pour type une forme lat. eanàbu»,
mais je préfère admettre que eaneve était bissyllabiquc comme virgemt.
** Goutterie, les eaux des gouttières,* manque dans God.
*^ Cancelia, JG. ne donne que la forme masc. eiutecUus ; de même Douai.
*' Le mot hoton est suivi des jambages qntyvius que je ne déchiffre pas.
*' On connaît cantes ^ iistula organorum (voy. DC.}, mais quid
/lentes ? csi-ce un synonyme? ou une épithète mal lue p. flanteêf
(31 )
Cantofii, il [canthus], cant de roe de querette 89.
^«P(P)«> cappe (= chape).
Capana, cabas ou loge pour garder vignes 90.
Capax, prenable ou soubtiz 9i.
Capedo (ms. capado), engien, estude ou espace entre .ij.
sièges ^.
Caper, bouch.
Capellatas, capellés (couvert d'un chapeau).
Capieiam, quevesche de vestement 93.
Capleio, faire quevesche.
Capllamentmii, cavelure.
€apll[l]as, queveil.
CaplM, idls, chasse à prendre yawe en le selle ou ba-
chin 9*.
Caplsteriain, auge ou vaissel à mettre bled ou (ms. ut)
bacquet.
Capistram, quevestre.
Capitale, catel.
Capltatofl, testus.
'* Cant, dans cette acception, m'est inconnu.
** Cette valeur de fr. cahas est curieuse.
'^ Prenable a la valeur ancienne de « qui peut prendre » .
" JG. : M ingenium, studinm vel spacium ». — Cp. intercapedo.
*' La définition générale de capitium (= f r. chevêche, pic. quevèche)
était « os tunicae vel alterius vestis unde caput immittitur • ; en effet il
traduit dans Job, XXX, 48, le gr. Trepiaro'fAtov.
** JG. « quoddam vas quod vulgo dicitur casa * ; ce dernier mot latin
est inconnu dans cette acception, et notre chaste parait représenter
capsa, boisseau. — Selle = situla ; prononcez seille.
(32)
CapUo, poisson, casset 9^.
€apo, quoquastre, capon.
Caprea, chievre sauvage.
Capreoins, chievrel.
Caprlfieas, une herbe, gallice kiesbi^uch ^^.
Capsa, caisse, malle ou bougés d^.
CaptlTUM, chetif.
Captio, prinse.
Caraeterl^mas (ms. carac/ar.), discrecion d'anciene (1.
d'aucune) coze.
Carbasas, voille de nefs.
Career, chartre.
Cardinalis, de carniere.
Cardo, Inis, gon ou vervielle, carniere 98.
Caretam [carectum], le lieu où croist le glai ou rosel ou
canne de mares.
Carex, rosel ou glay, vesche (1. lesche == laîche).
** Castel fait défaut dans God. — Capito est traduit dans GL. par
caboi, dans Lcxic. par caboche.
'* Caprificus (figuier sauvage) a est quedam herba sic dicta quia
parietes quibus innascitur carpit et fodit et erumpit extra c latcbris
quibus concepta est. Vel dicitur a fico quia ficus cjus remedio fccun-
detur •. Je ne discuterai pas ces étymologics que je tire de J. de G.;
en tout cas, la première donne raison de la traduction p^r kiesbruch,
mot allemand (nullement français) que je ne trouve nulle pari, mais
qui s'explique par « glarcae ruptio » .
*' Ce diminutif masc. (nom. sg.) de bouge, valise (d^où Tangl. budget),
n'est pas dans God.; mais on y trouve le fém. bougetle.
** En V. fr. aussi carne; Lexic. 103, M 8, vertcvelle et vervielle.
(33)
Caria, poureture.
Carica, fruit, gallice datte ^9.
Carlela (== -itia), chiereche *00.
Carina, nef ou le ventre de le nef, est mis aucune fois pour
le nef.
Carlno, escarnir, mesdire ou moquier.
Carlstemn, marbre (ms. membre) ^^^.
Carl0tia, chierece (ou chiereté).
Carmen, canchon, dittier, ou carne (= charme), conjuration.
Carmentlfl, déesse de dittier.
Carmino vel earminor, canter, ditter, carner (charmer) ;
depon. carpir la laine, faire dittier.
Carnarimii, carniere (== charnier), c'est sépulture. . . , fosse
pour ensevelir ^02.
Carnife^iL, bouchier.
CarnlOelam, boucherie, masiel (= lat. macellum).
Carpo, prendre ou carpir la laine, reprendre.
CarpobâlMamiiiii, fruit en semenche ou liqueur de bausme.
Carp(en)tiiii, deviséement.
" Dans GI., p. 45 , carica est traduit par eabar, sur lequel voy. ma
note. Depuis que cette note a été écrite, j'ai vu confirmer la valeur de
panier, cabas, que je prétais à cabar, par God., qui, toutefois, passe
sous silence le sens « figue en cabas • que le mot parait avoir en tra-
duisant, comme ici, carica.
*•• La forme chiereche fait défaut dans God. — Plus bas nous trouvons
comme synonyme caristia = gr. ^aptoTtoe.
^^^ Papias ; « Marmoris genus dictum quod gratum sit sculptoribus ».
JG. : • genus marmoris viridis ».
*'' Les points marquent un mot indéchiiïrablc.
Tome XXXVII. 3
(34)
Carrlo, charîer, deviser *03.
Carta, chartre.
Cartilaffo, tendre os, corne nerfs (I. de nés) ou de oreille.
Il est plus mol de os et plus dur de char *04.
Caslon, mois : novembre; casma, lis, id. ^05.
€as0abiindii09 cassés, vain.
€a0s(l)arliis, faiseur de rois (s= rets).
€as0lda, bachinet ou haiame ^06.
Cassidills, Ils, vel -le, II0, pera, bursa, gipsiere (gibecièN).
Cassas, vain (v. fr. kas, quas).
Castor, beste : bievre.
Castrimarsia {■= Ya(rrpip.apY(a), gloutrenie.
<*> Voy. DC. s. carrio et earere. Quant au fr. charter, est-il synonyme
de deviser? God. consigne un ex. de carier au sens de carder.
**' « Cartilago est naris vel aaris vcl alterius rei ossea tenuitudo. >
Cette définition, tirée du Gloss. étym. de G. Briton, m*engage à lire
corne de nés, — La glose cresson de Douai est difficile à justifier. Je ne
puis me rallier à Escallier identifiant cresson avec croisson et le traduisant
par croissance, excroissance. Des glossaires anglo-saxons allégués par
Diefenbach donnent grisile, mot anglais signifiant « croquant, cartilage •;
j*en conclus que cresson et gristle sont de même famille et tiennent
peut-être de la racine cnist (d^où lat. crusta, ail. krûsiel =s cartilage,
fr. crottstiUant). Cresson répondrait à un type crustio (Ve p. u en syllabe
atone est régulier) et gristle h crustula; cp. Tart. krUspel dans Grimm.
*^' Glose difficile h débrouiller. JG. donne le mot bizarre casleu
t menais november qui est nonus » ; et, séparément, casma (^ gr. x^^H^)
y est défini par « fulgctra » .
^' L'orthographe haiame p. hiame, heaume, accuse, contre Tétymo-
logie du mot, une prononciation trlssyllabique du mot, constatée
d'ailleurs par les poètes.
(35)
Casula, casule (= chasuble) de prestre *07.
Casns, cas, ca[u]se, fortune.
Catlialoffiis, interprétation briefve.
€a[tha]plasnia, médecine, emplastre.
Cathaplectatio, brige, tenchon ^08.
CattiapnUa, seette barbue.
Catliaracta, voie soubz terre, come conduit d'yawe.
Catlicsoro, preschier, signifier.
Catliela [cateja], saiette barbée (pi, h. barbue).
Cathedra, chayere.
Cathecismiis, instruction en se loy.
Catlieclxeta, docteur, maistre ^09.
Cathollcon, universel ou commun, et che livre est dit
catholicon, car il est commun à grammaire declarier.
Catllio [catillo], glouton.
CaUnnni, escuielle.
Cavea, fosse.
Caveo, esquiever.
Cavernofliis, fosseus.
CaviUa, cheville HO.
Cavillo, decepvoir.
*^^ Casufa, Lexic. 117 chasuble, i35 chape close.
*^* Catapleciatio est une latinisation de xaxairXTiYfxo;, et synonyme
de « objurgatio ».
"• Mauvaise formation , mélange de xaxTï^i^Tij; et xaxTj^ircii^.
'^ CaviUa est peut-être une rétrolatinisation du fr. ehemlU; quant
à ce dernier, G. Paris, contestant Tétym. de Diez, elavicula, le fait venir
du type capitula par Tintermédiaire de la forme capicla (voy. Roman ia,
V, 382).
(36)
f'Hiila, berquerie, bregerie.
€Miillii, choulx, gallice collet.
ranpo, tavrenier.
Cantiiii (ms. cauponatim), cautuleusement.
raiipo[ii]or, vendre, taverner.
ransarins, causeur, parleur.
f'ausop, causer, reprendre ou calumpnier, démener cause.
Canteriop, ardoir, cuire par un feu ou condampner.
Caiiteii, dure pierre, gallice roche.
CanUcns, aspre, dur (ms. drap) i^^.
f'antio, cautelle, juremens, providence, malifice.
f^autns, sages, advisés.
Oritas, aveuglece (ou aveugleté).
f'edes [caedes], bature, maisel (ms. inaison] 1*2.
Cedo, cessi, donner lieu (= faire place).
releber^ renommés, solennes, sains (= sanctus), fréquentés,
festiveus.
Celebs [caelebs], sains, celestial, virge.
relcp, isnel, legier.
f'elemiia [xAeu<T|jLa], cris, clameur ^*^.
f'elibataff, caste, virginité.
€>lid[oiii]a, arundelleii^.
Oliaiii, cisiel à carpentier ^^^.
€/ella, la cambre secrète.
'*' Caulicus, JG. asper et durus.
'** Maisel, plus haut (s. carnificium) niasich
'*' Douai : rouenge [de rovcr ^ rogare (dcmauder, commander)]?
'^* Notez que JG. a les deux formes celido, -onû et celidonia»
*'* OAiitm, JG. « idem quod celles = écalpellum ».
(37)
€)el(l)o9 las, celer, entailler ii^.
€eltes, cisiel [à] machon. .
Celsnni (ms. ceUm\ nobles.
€'eiBod[och]iiiiii, hospital ^i^.
Ceno^ectoriiiiii, civière à porter tiens.
Ceositus (ms. ceniUus), a, um, nombres, estimés.
Oosvs, cens, avoir.
Ceotenus, centisme.
Ooto, feutre ou cely qui le fait ou coussin ou poète
(I. poème) ^is.
Centrix, folle femme H9.
Centuplas, cent double.
Cennlentus, bôeulx, ors.
€eiiiini [coenum], boe.
Ceramlus, potier (ms. portier).
Ccrdo, coroieur de cuir,
CerebrosMs, cerveleus, yreus.
Cernlda, sas ou le baston sur quoi on saise (sasse) *20.
Cernnus, veable, humble ^^i.
"• Les verbes celare (cacher) et caelare (graver) sont trailés ici sous
le même chef.
"' Cenodochium est reproduit plus loin sous la bonne forme xeno-
dochium. Je soupçonne que Télément eeno dans noire forme représente
xoivd^, donc l'idée de communaulc attachée à la chose désignée.
"• Cely qui le fait concorde avec les mots sartor pulvinaris dans JG.
'" Sur l'origine de centrix, voy. les curieuses conjectures de JG.
(reproduites dans DC).
»•• • Lignum supra quod ducitur laraUnUra, et cemida dicitur lara-
tantara quia disc^mt/ pollinem a furfure » (JG.).
»•» JG. • Magnus, excelsus, infinitus », « pronus, acclivis, humilis •.
— Veable doit valoir « voyant, en vue », et humle revêtir son acception
(38)
Certamen, tenchon.
Certatlm, par estrif.
Cervica (sic aussi dans JG.), buffe, collée.
Oervical, orelle coussin *22.
Cervicatns, orguilleux, foursenés *23.
Cervlx, hatrel, cervelle ^24.
C^emsa, une couleur, blanc d'Espaîgne.
€emis, chierf.
T/esia [caesia], lentille, tache de visaige 4^^.
Cesp(lt)es, itis, wason de terre herbue.
r/espito, trebuchier.
Oefitas, i, coroyie, chainture de mariage.
f/estus [cacstus], us, plombée, calleaux ^^6.
primordiale « penché vers la terre «. On trouve aussi (dans Varron,
a p. Non.) le verbe evrnuare, courber, pencher.
'** Orelle coussin serait une composition pas plus étrange que terre-
noix, terre-plein, ehaufour, piisente, etc. Cependant, comme elle est
unique dans notre glossaire, je propose de lire oreller, coussin, Lexic 67
traversain et orilcr, 90 oriler,
'*' Cervieatus; cp. les expr. ail. hartnàckig, halsstarrig; la Vulg.
traduit par là axXT)poTpdc)^T)Xo< dans Sirac. XVI, II.
**' Cervelle, en tant que = cervix, représente à la lettre cervim/a. —
Sur hatrel, voy. Grandgagnage, Dict. wallon s. hâterai ti Gl. 10 (note 1).
"' Je ne trouve ce subst. que dans JG., glosé également par lentieula.
Dans Alex. Ncckam, De nominibus utensilium (voy. mes Trois traités
de lexic. latine, p. i26), j'ai rencontré Tadj. celius glosé par lentilleus
(grêlé de la petite vérole?), donc équivalent au cesius « lenticulosus »
des gloss. de Papias et de JG. ; il est possible que ce celiiu soit fautif
p. cesius, ou que tous les deux ayant pour thème caed aient été usités.
*** Je ne me rends pas compte de calleaux; cailloux?
(39)
C^^eo, fourconner *27.
CliaBiiis, quevestre, frain (Lexic. 90 bamac, 97 bemac) i«8.
Clierca, carolle, danse.
Cl«t«» (xuaOoç), hanap ou gobbet ^29.
Clfearlnm, viande («= comestibles).
CUtatns, us, mengiers, commestions.
Cll»orliiiii [xt^tiptov], vaissel à viande-
Cleada, gresillon.
Ctcatrlx, trache de plaies.
Ctcendellniii (ms. dcerd,), lumignon de candelles.
€)icinii(i)ii0, ni, loriaulx (= loriot) ^30.
Ctconiam, roe de puis (cp. fr. cigogne, levier coudé).
Ctcvres (plur.), plaisans (» placides), saiges, débon-
naires *3i.
Ctcnta, une herbe, cevoule ^32.
Ctdarl0, mittre de evesque.
Ciliarclia, chevetain (capitaine).
Ciliciniii, haire de vestement.
Cjma, la sommité del arbre ou des porrées (ms. -eez).
Clmlnmii, une espèce (épice), commin.
Cinciiiniis, vies drapel ^33.
'" Auj. fourgonner?
^*' Charnus a déjà paru sous eamut; la forme avec Tinitiale ch repré-
senlc i eut-étre le gr. yà^o^^ muselière.
>>• Gohct, même radical que gohel (primitif de gobelet),
**^ Cicinn{i)us est inconuu dans cette application et sans doute fautif.
*** JG. « placidus, mansuetus, quictus » .
^** Cevouie est ciboule; c'est ceûe qu*il fallait.
*** JG. : « pannus vêtus, lacîniosus et détritus • . La valeur qu*a reçue
(40)
€lng:iila, le chaingle de queval.
ClnlfesL, indecUnabile vel cinifes (ms. -fas), i$, mousque,
es (voy. pi. h. s. apes), cincerelle *34.
'Cinomoniiini [cinnamomum], vel chumium, canelle, mous-
queron ^35,
Cinofflossa (ms. cinogrossa), langue de chien.
€lna09 conjonction proportionable de coses, ou torsions ûe
bouche i36.
Clnns, un arbre, gallice hotis (ms, bons) ^37.
Clppns, cep à mettre en prison malfaiteurs.
Clrelii(ii)ii09 compas.
Circino, compasser.
Cipcmneo, avironner.
€ireiini[ei]sio, rognure.
Ciremiiscplbo, conduire {sic)^ damner, reprendre, enclore,
oster, priver.
eincinnus au moyen âge rappelle le rapport existant entre fr. loque et
TalL locke, boucle de cheveux.
*'* Sur cinifex, propr. mouche canine, voy! GI. 29 (note 5} et OP.
J*ai longtemps cru que ma glose était motisque e$Uncerelle ou escuicerelle;
j'ai fini par comprendre. — Pour cincereU, cousin, voy. Godefroy.
"' Comment expliquer moiuqueronf Ce mot conviendrait à cinomia
(xuvd[xuta), mouche canine, qui a peut-être disparu du contexte parla
négligence du scribe.
"* JG. cinnusj tortio, cosmixtio; ap. Dief. : commixtio rerum propor-
tionabilis; on voit qu'on a mêlé au mot le sens de condnnun,
"' Cet arbre est d'après JG. le lentisque; d'autres gloss. ridentifirnt
avec l'aubépine, le cerisier, le cornouiller, le houx (et c'est bien HohSj
je pense, qu'il faut lire au lieu de bouM). Le mot cinus est sans doute
mutilé de cocctniM (voy. ma Lcxic, p. 77).
(41 )
ClrcniuspeetiiSy sages, provis, caus ^38.
Ctreamvenlo, encouper (= lat. inculpare), decepvoir.
Clro^llas, escureil ^39.
Cirotheca [x^ipo^yi^^], gant ou moufle.
Ctota, cor[b]eilie, huge.
Citra, par decha.
Ctvlll(a«9 maison de privilège ^^.
Oades, pestilence de glave ^^.
Clarldo, clareté, resplendissemens ^^^.
Clarlilco, esclarchir.
Clarlffo, resplendir, florir par victoire come cil qui vaint.
Classis, assemblée de nefs.
Clatrus (xXTjQpov), barre. ,
Clava, machue.
Clandns, boisteus.
Clavl^er, clacelîer, qui porte les clés i^.
Clansnra, clôture.
Clavns, clau à clouer.
Cleo, es, evi, ère, glorièr, casser, absorber, encliner ^^.
'"* Caus, nom. de caiU — cautus; absent dans God.
*** Voy. sur ce mot cirogiilus (aill. cirogriUus ou cirogcUus) , gâté du
gr. ^otpdYpuXXoc, mes notes Lexic., p. 49 et OP. (s. cirogaius).
**<^ Glose estropiée; le glossateur voulait traduire, d'après JG.,
• mansio civium vel privilegium ». *
^" Pestilence était autrefois synonyme de destruction, tuerie.
*'* Il faut corriger clarido soit par claredo, que je trouve dans les
Gloses d'Isidore, ou par claritudo,
*** Claeeiier est un dér. de elacielle (petite clef). Le gloss. de Douai a
clachouHicr.
^** JG. prête à clerc les acceptions «^ gloriari, abscondere vel sorbere,
(42)
Clepsedra [clepsydra], broque de tonel.
Clibaniifly four.
Cllens, sergent.
CUentela, sergentrie.
Clima, portion de terre corne le quarte partie ^^.
€llva«, descendue de montaigne ou le pendant.
Cloaca, fosse à recepvoir ordures de latrines ou privées
cambres.
Clniiis, nia, rains, naige (=> nache), cuisse.
€oag:iilo, prendre, assambler, corne le lait par le présure.
CoauL, vois de raines {= grenouilles).
Coccus, une tainture entrecangie(r) rouge et noir ^^.
ro[c]lea, une vis pour monter à la tour par degrés.
Codear, culier, louche à potaige.
Codex, ung livre de lois ou quoiier.
Coeo, ensamble aler ou se conjoindre corne marie et fumelle.
Coetanens, ensamble pardurable ^^t.
iiiclinare ». Il est difficile de les ramener toutes à xX^cd ou xXetcn;
comment, surtout, motiver les sens indiqués dans notre glose : casMer,
absorber, enelinerf Ccuser serait-il s= mettre en caisse et ^ gr. xXeio»
(enfermer)? Quant à encHner, y aurait-il mélange de la racine cN, d'oà
clinOf cHvus f Le mot reste problématique.
^'* Gl. bien défectueuse. JG. porte en premier lieu : o taiita portio
terre secundum quam mutatur meridies », puis il continue : « Item
cUma dicitur plaga vol pars celi sivc mundi, sicut consuovit did :
u Quatuor sunt cliniata mundi, id est partes ».
*** Coccus « est genus tincturc sivc mcdium inlur rubruro et cro-
ceum • (JG.).
*'* Glose peu exacte.
(43)
Cofinns [cophinus], cofin ^48.
Co[li]ereo, ensamble aherdre.
Cohtbeo, contredire ou denier ou assambler.
C^oinquino, order, maculer.
Choiera, cole, l'une de[s] .iiij. humeurs qui sont : cole,
merancolie, [sanc, fleume] ^^9.
€?ol(l)lapliiifl, buffe, collée.
€?ollaiido (ms. coUatito)^ ensamble loer.
Cïolleffa (ms. collegia), compaignon en office [ou] message.
€?oIllbertiis, franc qui estoit serf.
Cïolli^o, accueillir.
C^lo, hanter, honnourer,v aimer (ms. armer\ habiter.
Coloblam, mantel, vestement ^^0.
C^lnber, couleuvre.
C/olmn, couloir à couler.
C^lnmba, coulon privé.
C^limibiifl, coulon de camp.
CJolnmeii, forche, à le ganche (sic, 1. alegreche) ^^^.
Columls, sains, haitiés.
Coins velcollus, queneulle (sic) à filer.
Coins [x(oXov], une entraille de corps.
Coma, grans cheveux.
'** Le vrai mot issu de cophtnus est cofe ou cofre; la forme cofin sup-
pose un type cofinus.
>'" Les mots entre crochets sont omis dans le texte.
"® a Colobia sunt capucia lata bubulcorum », Lexic. 69; traduit ib.
400 gonele, 94 rokei, 434 frogés (cas sujet de froget); Gl. 16 froc.
^*''JG. : « fortitudo, alacritas ». — Ce sont là des significations
métaphoriques.
( 44 ) .
ComarchiiM, prince de comté (litt. vici magisler).
Comedo, onis, glouton.
ComUatns, contée, compaignie ^52.
Como, is, vel como, as, orner, pigner.
Commeatiifl (ms. commoveatus), tus, conduis.
Comnientaplaii, exposeur.
Commerciiim (ms. commencium), mercherie, marchandise.
Commlssuni, fourfaiture ou cose commise (= confiéej.
Commodo, prester.
Commoditas, pourfis.
Compello, débouter ou constraindre, assambler.
roiiipe[n]dl«iii, cose briesve et pourfitable.
Comperio, retrouver.
Competo, convenir.
Compltuin, quarefour.
Complex, compains en malice.
€)oniplao9 arouser.
Compo», bien disposés en soy.
Compotista (= computista), qui enseigne ou estudie en
compost (= comput) ^^3.
Comptas, pigniés, aournés.
Contpnnctlo, tristeur de pecquiés.
Computo, conter.
Conca, poisson, moulle ou crache, coquille de limechou ^54.
"* Sur la forme fém. contée, voy. mon Gloss. des Chron. de Frois-
sa rt s. duché.
«*> Pouf compost = comput, coosuKer Godcfroy. La forme trahit un
mélange avec Tidce d'arrangement (compositus).
^** Crache {= crachat) est une dénomination quelque peu pittoresque
(48)
C^oncesslo, ottroy, prest.
C^nddentia , trebuchemens , accordanche ou pareille
cheûre ^^^.
Concieo, es, Ivl, itnm, commonoir ^^6.
C^iicln[ii]o9 as, entremeller, ordener, composer.
Concino, is, acorder en chant.
C^onclavis, cambre secrète.
C^ncretns, meslés.
C^ncnleo, fouler.
Condo, muchier.
C^nduco, conduire ou avoir à loyer, donner loyer.
C^uféctnra, confiture.
C^ufercio, espessir, remplir.
C^nilclo, confire.
Confla^es, montaignier ou assemblemens de pluiseurs
vens ^^T,
C^ntermltas, semblableté.
C^^ntofflnm, refuge, sceûreté.
C^nuibeo, assentir, accorder, assambler ^^.
pour la moule. Je ne le rencontre pas dans God. On peut d'ailleurs aussi
bien lire Irache.
"* Les deux derniers termes français expriment Tidce de coïnci-
dence; le mot cheûre est d*unc facture tout à fait anormale et me semble
être une erreur de copiste pour cheance,
^'* Commonoir manque dans les Dict. ; aussi je propose de lire com^
movoir. Cet article est suivi de celui-ci : coneio, is, ivi, itum, id.
^" Montaignier rend le « loca montuosa • de JG. — Sur le terme
conflages et son identité avec confrages, voy. DC, v» confragmcntum.
'^' Connibeo, forme concurrente de conniveo (qui suit), faire un signe-
d'assentiment; aisambler a ici la valeur « être d'accord, de connivence ».
(46)
Connlctiipa, suspicion ^^d.
C^onnlveo^ faire signe del oel.
Conor, enforchier (= s'efforcer).
Conqninisco, mouvoir, faire signe de la teste ^^.
Conscins, coupable.
Conserio, as, sachier ^6i.
Conseptnm, closure ^6^.
C^nsolabilis, soulasable (sic).
f^nsorti, compains, d'une sorte.
€)oiispeP9o, destemprer, espandre ou arouser.
Conspertiio, destemprement, corne de farine de quoy est
paste alizé sans levain ^^3.
CJonspIco (=3 spicas colligere), glenner.
Constellatlo, destinée.
**' Ce mot, selon moi, bien qu'il soit alpbabéliqaement bien à s.-i place,
est fautif; il faut lire coniectura, interprété dans JG. par : « judiciom,
suspicio, opinio, suspicîosa cogitatio ». On pourrait alléguer nietnsy
clignement de Tœll par mauvais sentiment, mais je tiens ma correction
pour plus rationnelle.
'*' JG. « oculos claudere vel caput inclinare ».
'*' Celte glose est à refaire ainsi : eonsecro, as, sacrer,
'** La forme cloMure est faite sur le classique etaunura, dér. du supin
claiisum; la forme clôture ou plutôt closture, qui se voit pi. h. (s. clau-
sura) est faite, comme le lat. claïutriim, sur un supin secondaire (par-
faitement organique) clatutum,
^*' JG. : « farina per aquam conglutinata sine fermeuto. Idem est et
azima ». La Vulgale traduit par conspersio le gr. ^iSpa^Mc (i Corin-
thiens, V, 7). — Destemprement = mélange, eompositlon; aliz^ serré.
compact; en parlant de pain : non levé (voy. God.}. — Gloss. de Douai :
papins.
(47)
C^nstemor, defalir de cuer, estre esbahis, tourbelës.
C^nstipo, estouper, aitisier ^^.
Constat, il apert.
C^nsnlo, donner ou demander conseil.
C^nta^ioy tache, poureture.
(?oiBteiii(p)no, despiter.
C^ntemplop, penser à Dieu et bien faire, estre en dévotion.
C^ntendo, estriver ou combatre ou tenchier.
C^ntentnsy asouffis, apaisiés.
Contiiiffo, avenir, touchier, mouvoir pour avenir.
C^ntlnans, contenu, persévérant.
C^ntop, enquérir, enquerquier.
Contractlo, apointement (=: contrat).
C^ontraho, ensamble traire, abregier, délibérer, conjurer,
traitier come de mariaige.
C^ntMiiiax, orguilleux, injurieus, defalans.
fyoïitmnelia, injure, vitupère.
C)oiit«eor, eris, contadas (sic), deffendre ^^.
C^ontaor, erls, itus sam, regarder ^^.
f^oimblaiii, noeches, mariage.
Converto, muer.
f^onviciiiiii, laidenge.
f^nvivimn, mengiers.
*'* Aitisier m'est inconna; peut-être mal lu. Serait-ce artitier = * arti-
zare, quelque dérivation barbare de artus, serré?
"^ Les deux articles contueor et conluar sont l'uu et Tautre altérés;
le glossateur avait sans doute en vue la distinction entre contueor =i
regarder et le dér. contutor, sauver, défendre, et un scribe inepte a copié
au hasard de la plume.
(48)
Onus, le sommier (ms. sonneur) du heame.
Coopulo (sic), conjoindre ensamble *66.
€ops, riche.
fyopnlM, conjonction.
Copnlo, ensamble conjoindre.
Choquas, queux.
Corbte (sic), vaissei, corbillon.
Cordatus, hardi (cp. ail. beherzt).
Cordex, cordier ^67.
Corde tenus, par coer.
Corlarins, cordevanier.
Cornipeta, buef i68.
Comlx, cornelle.
€>orol[l]apliiiii, correlaire, coronne (ms. car.) circulaire.
Coppulenela, corpulent corsage.
f^oppisla, coroye.
Coppodo, rongier.
Coptex, escorche ^69.
Copiiseo, resplendir.
Cîo», une pierre dur[e] à aguisier coutiaux.
rosmapeha, prinche du monde.
**• Ce verbe coopulo, qui fail double emploi avec copulo qui suit, est
inconnu. — On sait, toutefois, que copula est le résultat d'une contrac-
tion de co-apula, de la même racine AP, d'où aptus (cp. cogo de coago).
'*' JG. : « qui facit cordam, vel qui canit cum cordîs ». — Cordier,
dans le second sens, n'est pas connu.
^** JG. et d*âutres gloss. ont comupeta. Dans la Vulg. (Ëxod. XXI, 28)
on trouve le verbe cornipetcre traduisant /.EpaTt^Eiv.
*•• Le mot fr. escorche vient du b. lat. scortica, dér. de scorlum, peau.
(49)
Cosmopela (xodfjioTcoua), la cliainture du monde 170.
Cosnms, monde ou aomemens d'evesque.
C'otmnnani, pomes cuites, fruit ^^^.
Cr», la vois d'un corbaut.
CVapala, gloutrenie, superfluité.
Cra«9ii0, cras.
€ra99l[el]e0, craisse.
€re»0[r]a, havet ou crocet.
Creber, espès, songneux, quod est sonyneus ^^^.
Crebrllkrlas (ms. crebdifarius)^ lieu habitable aux larrons
ou lieu espès 1*^3.
Credalltas, creanche.
Cremliini, chaon, creton, c'est la char qui demoeure après
la craisse ^7*.
*'* Chainture est inacceptable; ii faut corriger ou crialure ou faiiure.
''■ Voy. Gl. 58 (note 4 1) et OP. 27. — Cuite (coing), d'où Tall. quitte,
est traité ici comme adjectif.
'*' Songneuê s'explique par le sens « assiduus • , mais je ne me rends
pas compte de la remarque finale» à moins que la forme bizarre sony-
iMus ne cache lat. somniosus, par lequel Fauteur aurait voulu latiniser
fr. êongneux.
"* Il est évident que, pour la première signification, nous avons
à faire à creMfunu, qui est dans JG. et Diefenbach; mais la seconde
{ttpès = peuplé fréquenté) permet de supposer que Tauteur connaissait
ou s'imaginait une formation erebrifarius (faite peut-être sous Tinflucnce
de miUUfariui).
"* Ailleurs « siccamentum frixorum in patella », « quod de frixis
carnibus, ex tracta piaguedine, remanet in patella •• — Chaon, partie
du lard qui ne se fond pas à la pocle et se grille, grésillon (God. d'après
Tome XXXVII. 4
(80)
Creperon grece, lat. dubium ^''^.
Crepo, faire son crepois ^-^G.
Crepandlam, couche ou berch (prim. de berceau).
Crepasealam, Teure d'entre chien et leu, entre nuit
et jour.
Cretleas, jugable (= qui sait juger) ^^^.
Crlbram (ms. crebrum), crebre à blet, crieule ^"^8.
Crlbro, cribler.
Crispo, faire crespe.
Crnelbolam, lumière de nuit, gallica craissei ^'^^.
Cradas, crus ou crueux.
Crnento, ensangl[ant]er.
Crnx, crois, gibet.
le Ménagier); cre/on^ qui est aussi la traduction du Gl. de Douai, n*est
pas dans God. — Pour lever la difficulté je lis c p. f et prends crtcon
pour identique avec cresson (chose croustillante), dont je me suis occnpé
sous carlilago. La Vulg. rend par cremium le gr. cppuyiov ou fçi^yv^^.
"* Creperon = dubium est aussi dans JG.; le mot a tout Pair d*un
neutre grec, mais il est latin : crepertts douteux, pr. sombre, obscur,
vient du même primitif crépus d*oîi crepusculum.
>7« Crepois manque dans God.
*^^ Creticus (aussi dans JG.) est la vraie forme latine, dérivée de
cerno; crilicus est tiré du grec. .
*'* Crebre n'est pas dans God., pas plus que crieule, qui est aussi dans
le Gl. de Douai, et qui suppose un type lat. cribulum, cribhtm. On pour-
rait cependant aussi lire Irieulc = tribula, fléau; or, si le verbe Irtrr est
= tritare (de trilum), pr. broyer, rien n'empêcherait de revendiquer à
trieule le sens de crible, sas.
1^* Sur erucibolum voy. Gl. 56, note 43.
(51)
Cvblo, masle i^O.
CTvMtus, queustes (= coude ; en rouchi ieute).
C^ciil[l]a, le vestement de moisne, floc, gonnîelle ^8i.
Cnciiiiia, vaissiel à coffer (1. cauffer) yawe ^^2.
CJncnmer, caourde *83.
Cndis, martel ou cuing à faire monnoye, ou englume ^84.
C^leitra, queute de lit ^85.
Cnleiira (1. culina)^ cuisine.
Cnlla, le, vestement de moisne ^^6,
Cnlcns, sac à noyer malfaiteurs.
€mi(ii)a, berch à gésir enfans.
Canetor, faire atarganche.
()aneas, compaignie, ou cuing de fer à fendre bos, cuignet.
f^nra, médecine, soing.
*'^ Cubio, au sens de « masculus », « garçon »,est bien constalé;
Tient-il de cubare, comme affirme JG.? je n*en sais rien, mais je sais
qu'il peut très correct^ent fournir Tctymologie de goujon, si jamais
cette forme (homonyme de goujon = gobio) a , ce qui est bien possible,
précédé goujat.
'** Cuculla, Lexic. 69, iOO euvele; on pourrait lire euuele (= cûeule),
qui concorde avec la forme latine cucula, et je pense que God. a tort de
placer euvele (= toga) sous le même chef que euvele = petite caye.
"■ Du dérivé cucumarium vient fr. coquemar,
"» Cucurbila, synonyme de cucumer, est devenu en v. fr. eoucourde,
gougourde, goourde, d'où gourde; à côté de coourde s'est fixé aussi notre
caourde, que je ne vois pas dans God., mais que je retrouve dans le
wallon cahoûte (citrouille) et le holl. kauwoerde,
»•« Cudis = incudis (incus).
*•* Sur queute voy. mon Diçt. sous couette,
"• Culla, forme tronquée de cuculla.
(52)
Carciilla, corde à maronnier (marin) ^87.
Caria, court.
Carlalis, courtois.
Cnrlosns, curieux, songneus, courtois.
€ar[r]aealiis, ung petit kien (ms. bien) courant i^.
Car[r]am9 isnel.
Cnimlo, couremens.
Cnraeo, acoupir ^^9.
Balnn, petit voille de nef ^dO.
Banns, usurier (voy. DC).
Bapsllis, largues de viandes (= repas).
Bceinio, disroer (ms. disiier?), donner disime.
Bcclpala, piège ou rois filé à prendre biestes sauvaiges.
BcellTis, déclive, deglachable (= glissant).
Bccllvns, id., et poeut signifier des pendans, corne les
pendans bas d'une montaigne.
Bceorns, prima longua, bel.
**' « Cureuliat nautae vocant funes, quibus utuntur in tempestatibus» ;
JG. diaprés Ugatîon et Papias.
!•• Curraeuluê, dim. de currax qui suit.
*** Curueare, c'est eurrucam faeere, rendre cocu; quant au fr. acaypir,
il n'est pas dans God. avec cette valeur; on y renvoie à escopir, cracher,
conspuer. Cependant acupir, cocufier, se trouve dans le Renard 731 :
Bien me Ml Renart aeupir.
Je le vis sor vos rtins gésir.
"•• Dalum, voy. DC,
(53)
iras, prima brevis, honnourable, honeste ^9^.
Oeerepltns, viellars.
Defeco, purgier.
Defeetlo, defaulte.
Ilefeetiis, defaux.
ne^eiicr, fourlignant, bastars.
He^o, vivre en povreté ^9^.
Be^ero, as, porurer ^^3.
BelMno, ni, ntam, arouser.
Bellmo, desrouiller.
Bellro, desvoyer, destordre (= détourner).
Bemarclias, prinche sur dis ^^*.
Beucr^o (ms. -merco), plonquier en yawe.
Démon [demum], en le pardefin.
Bepcllieor, decepvoir.
Deplnipo, poindre ou deifacier (= effacer) ^9$.
Bepico, desemplir.
Depredor, rober.
Derideo, demoquier.
Dero^o, detraire ou se faire tort.
'** Cette distinction prosodique entre les deux decorus est arbitraire;
elle est fondée sans doute sur la quantité différente des gén. decôn's
(de decus) et decôris (de décor). La même ambiguïté de o s*est reportée
sur le verbe decoro, d*où le vers mnémonique :
Qaem veneror decoro, qoem pulcbrum reddo decôro.
*'* Les mots en povreté ne sont fondés sur rien.
**'* Article défiguré quil faut redresser ainsi : Dejero, €u, parjurer.
'** Cette erreur reproduit celle de J6. : • princcps super decem •.
'*' La signification négative deffaeier n*est pas constatée ailleurs.
(54)
Deselo, desçavoir.
Bcsldeo, descorder ^96.
Bcsi^na, se(g)nefier, dela[i]ssier 19"^.
Bcsplelo, despiter.
Bctestor, maldire.
Bctraetlo, malédiction d'aultruy en deriere faite.
Betrlmentnin, damage.
Betrndo, débouter.
Bevoto, maldiré ou brisyer voeu de Dieu.
BciKtro, mener à dextre, adextrer.
Djan, grece, lumen latine.
lljar[i]a (8ià(S^oia), fluis de ventre.
Mbellnn, id quod duellum id8.
Blca, ee, taille de lois ou tailles de lettres où sont contenues
les debtes et cheux qui les doibvent.
Blelo [ditio], puissanche, riquesche.
Bleo, as, sacrer (ms. sachier)^ affermer, joindre ^99.
Bletameii, dittier, canchon.
IHeto, diter, faire dis.
IMeta, journée.
Bllfero, alongier.
BlIllcaiK, difficile, grief ^00.
IMltaso, espandre, refuseler (ms. -lir) ^oi.
*'* Desideo est ici confondu avec dis$idco,
'*^ Delaitsier a ici la valeur de consigner, déposer.
'*' JG. : secundum bellum.
'** Joindre s copulare (ap. JG.), c-à-d. lier par mariage ou par vœu.
*'' JG. consigne aussi les subst. difficaeia, -eacitas,
'^^ Espandre répond k diffusa (dér. de diffundo); refuseler au même
verbe en tant que « fuso dissolvere ».
(88)
lHi^l(s)tabalain, dés à coeudre que on met ou doit ^^.
■illndiimi, jeux (ms. deux) divers ^03.
IMplois, vestement double come pourpoint.
■Mra, foursenerie.
■Mrlmo, deviser.
IHiieenilciilimi, brochette à deviser cheveux ou crespir.
mseerpo, esrachier.
Blseolns, fuiant escoles, vages ^^4.
IMserlnieii, péril ou le grene de chief des cheveux âOa.
lilserlnilnalls, ornement de chief de femme, graniere.
IMseiis, escuelle.
Dlspendlam, damage, ennuy ^<>.
mssero, is, sagement parler ou exposer.
mssero, as, deffrumer (= dé-fermer).
IMssIdlmii, noise ^07.
Blssoplo, desendormir ou esveiller ^<>8.
**' Coeudre, bonne forme wallonne et picarde p. coudre,
*^* JG. : • iadus divisas vel dîversus ab alio •; aussi « iocus ubi
divers! ladi eiereentur • . — Manque dans DC.
*** Dieeoluê sss diacors a scoia, indiscipiinatus, indoctus. Selon notre
glossateur ss qui ne fréquente pas Técole, vagabond. — Gl. de Douai :
• discordaubles >•. — V. fr. deseolé, ignorant (Reclus de Moliens,
Charité ISO, 6 : fous et descolés).
*** Grene, v. fr. (omis dans God.), = linea quae dividit capillos
capitis mulieris. De \k le mot graniere (égal, omis dans God.) dans Tart.
suiv. Voy. GL, p. 9, note 6.
'** Papias : « damnum vel detrimentum •> .
**"* JG. mentionne distidium, mais sans en méconnaître la différence
d*origine, sous le synonyme dUeidium.
'** Le composé desendormir manque dans God.
(86)
Blstlelam (ms. distigiufn)^ nombre ou livre 4e [.ij.] vers
comme Cathenet, Ysopet.
IHvidla vel divisa, devise (= division, dissension) ^09,
Blvldlenlviii, bonne (= borne) de terre.
Bolabra, doloire, grant hache.
HoIo, doler, plagnier (= raboter) ^^0.
■«, facunde, malice.
%j toit de maison.
Domlelllinni, maison, maignage ^H.
Dominas, dan, corne « dan Pierre » ^i^.
D, jusques adont.
i, douaire.
a, interrogation ^^3.
^Spo|x(i>v), nef legiere, isnielle.
nalla (SoiiXia), honneur à homme ^^4.
Damas, buissons.
*^* JG. n*a pas la forme dhisa, type du fr. devise,
**' Doler manque dans God.
*'' La première acception donnée par les anciens glossiteurs a domi-
eilium était (selon leur étymologie imaginaire domuê eilium), • domas
fastigium •. Voy. OP.
'^* Dan, ancien masculin de dame.
*'* Dragma, altéré de dratna, voy. DG.
*■' Dri/ta, opposé à latria • servitus que debetur deo •.
(57)
R
Edep^l, par la maison de Pollux.
Edera, liere.
Edlllelmn, conciergerie 215.
Kfneai^, puissans, parfais, vigreus ou sages.
KITrenls, non rassis.
KITrenns, impétueux.
Eiruffvs (ms. effUgittë)^ fuitis (anc. forme de fugitif).
Efl^ro, hors mettre, aler as cambres.
Wtgiogtk [ecloga], parole de kievre ou laide parolle ou de laide
manière 2i6.
K^reo [aegreo], maladir.
Elbldns, couleur moyenne entre noir et blanc.
Elbvs, idem 2i7.
Electram, letton.
Ele^la, misère.
Rleg:asy misérable ou vers fais de misérable manière.
Elephaneia, une meselerie.
Ellmino, mettre hors de l'uis, encachier ou publyer.
Ellmo (ms. elino)^ purgier, escurer.
Ellsns, blechiés, humbles 218.
*" JG. • honor vel oificium edilis ». Le mot concierge = gardien de
maison, répond parfaitement à aedilis r= custos aedis.
*** L'orthographe et la définition de ce mot sont fondées sur la fausse
ëtymologie aî{ -t- Xdyoç.
**' Elbiu, elbidus (JG., Dief.) sont sans doute des modifications de
albuSf ^idus,
*■* Humble^ au sens d*c abattu, aecablé ••
(58)
Elao, onls, lecheur, glouton ^^9.
Kmano, sourdre.
Emasenlo, castrer maries.
Eniblc(s)iiia, sculture ou ornemens.
Emerso, hors (ms. non) apparoir.
Emeritus, bien deservis, frans.
Eminentla, apparanche.
Emissarlns, cheval qui est avoecles jumens pour engendrer.
Emola, vaissel de cuisine ^^o.
Emnlor, amer, envier.
Encenla (éyxaivia), commenchement de feste nouvel, comme
le dedicasse de Teglize.
Endromis (ms. endiomes)^ fort vestement come de piaux de
moutons.
Enormis, sans rieule (= règle).
Eiiiiel[e]o, cl[e]a«5 déclarer, corner (= divulguer?).
Epleansterlam, tuyau de queminée.
Episera (on peut aussi lire eptsfra), ordure d'ieuxcacbieux^^.
EpUasla, e, le mal de quoy on chiet ^^.
••• Eluo = heUuo.
**' Emola traduit yaXxsiov dans 3 Esdra, I, iS : hostias cozeninl in
etnolis et ollis. — Plutôt que de songer à ane étymologie imoia (immo*
lare), comme fait JG., je pense que le mot est altéré de enula = aênula,
dim. de ainutn, ahenum, sous Tinfluence de im-molare,
'*' Episera manque dans JG. — Dief. a epùerum = sérum laclts,
fr. maton. — Comme le mot est alphabétiquement déplacé, je soupçonne
qu'il faut y substituer epifora « lippitudo oculorum • (JG.>. Voy. DC
*** Cette forme de epilepsia est tout bonnement un lapsus de scribe;
les formes en cours au moyen âge sont epil^mpsia ou eptlensia (sic dans
JG); de cette dernière notre adj. epiletUictu (aussi dans JG.).
(S9)
Epllema, emplastre ^^3.
Epllentlcas, qui a celle maladie (é.-à-d. epilemia).
Epalam, viande (repas).
Epvlo, onis, glouton.
E^sifems, mal cheval (pr. equus férus).
Eqvalens, ung tourment come de géhenne.
Er», e, argent, pecune, monnoye.
Erf^Mitalam, cartre, prison.
Erlelns, yrechon (=3 hérisson).
Kriniils, Idls, foursennerie (ms. fourœnnerie) ou paine
d'infer.
Ero^o (ms. erigo), donner pour Dieu.
Rriptoa, herce à hercier ^^.
Eraca, chenille qui mengûe les coulz, ou une herbe (sorte
de chou, roquette).
Erayo, sansue, enrouillure ou herbe qui gaste les blez 2^^.
Er«o, fourtraire, destoumer, avertir 226,
E«eor, orls, mengeur, gouliart 227.
'" EpiUma. Selon JG. du gr. lenuL ou lemos s= vorago, • et dicitur
epiU quia supra lema id est vulneris yel ulcerîs voragîne ponatur • .
Cest de la fantaisie; epilema, ainsi que les variantes epiHmma, ephi-
lema, etc. (voy. Dief.}, sont altérés du gr. lirdiXei(jL|jLa.
*'* Brpiea, aussi (comme ici) eripiea, est dérivé du classique irpex,
primitif du mot français herce, herse,
**' Le latin barbare a confondu le classique hirudo (sangsue) avec
aerugo, rouille.
•*• Avertir, ici = avertere, evertere.
"^ Esear, quoique placé à son rang, n*en est pas moins une bévue,
amenée par un faux rapport avec e$ca; corrigez e$tor (d*un supin estum
de edère).
(60)
Eseulentus, cras.
Esealam, neffles.
Kternltas, pardurableté.
ethera, resplendeur de l'air.
Eventas, aventure, cas, fin ou commenchement «28.
Eviro, débiliter.
Evito, esciver.
Enmenls, -idis, foursenerie d'infer.
Emiaelms, homme féminal, castré.
EiKaeerbo, coeillir crapes ou aigrir ou desaigrir ^d.
EiKalto, eslever, exauchier.
Examen, probation, jugement, la languette de la balanche
ou congrégations de mousquettes qui font miel ^30.
EiKanimo, descor[a]gier.
EiKeedo, sourmonter (= dépasser).
E3&ees0U0 (ms. excelsus), oultraige.
Exheredo, deshireter.
Exillo [exsilio], salir hors.
Exil(l)is, graille, non gros.
Exinanlo, annichiller.
Ex[s]eqaor, mettre à oevre.
E]K[l0]tinio, cuidier.
Existo, estre, parmanoir.
'** D'après la définition du mot everUus par finis prineipium, que Ton
troure dans JG., je suppose que dans fin ou eom., le mot ou est = en le,
donc « fin dans son début », déclin.
*** Exacerhart, exactement, c'est « uvas acerbas colligere »; on trouve
aussi exacinare. — Le sens négatif desaigrir est plus que problématique.
*'' Dans le dernier sens indiqué examen est devenu le fr. eMoim.
(61)
E«.or»bill0, depriable.
Kmon, hors de naissancbe, sans foy, defalans 23i.
Kmos[s]o, desoissier, afoiblir.
Kvosas, qui het ou est haïs.
K^pedio, délivrer ou despechier.
Empedit, il pourfite.
Empers, sans partie, defifalans.
Emplo, nettoyer.
Emplicit,' il definist.
Evploro, encerquier (rechercher, anc. aicherchier),
Evpno [exspuo], esraquier. .
Emto, entrailles.
E&ter, daraignier (= dernier), estraigne.
EYterainimii, désolation de mort.
Emtenms, estranges.
Bmtimo (= existimo), cuidier.
EiKtoUentla, orgoel.
EiKiraneiis, estrange.
Kstrico, delyer, despecier (= desempêcher, démêler).
KiKtnpo (ms. exurpo), destouper 232.
EiKvberls, sevrez de mammelles.
Eikhco [exsucco et exsugo], secier ou sucier.
E&nlto, esjoir.
«»* Ces traductions de exors = ex-sors (exclu par le sort, non parti-
cipant) sont intéressantes, mais veulent être vérifiées.
**• Extupo p. exshipo, de stupa, étoupe.
(62)
Fabaflk^esa (ms. fabefrasa), fève frasée ^33.
Fabrleo, forgier.
Fabulor, fabloyer.
Faeesso, faire par désir, ou cesser, ou départir.
Faeetus, courtois, bien parlans.
Factieius, faintis ou faitis.
Faenndla, belle manière de parler.
Fas:as, ung arbre, faulx (a. fr. fau, fou).
Fala, halle, tour de bos.
Falarlea, une manière de dart ou une fonde ou tenpeste 3^.
Faleastram, sarclet à tirer herbes.
Falco, as, fauquier (= faucher).
Falera, un ornement de cheval, orgoel ou fraude.
Fal[l]aela, falace.
Faiiie[lie]iis, familleux.
Famllia, famille, mesquine ^35.
Famino, as, parler ^6.
Famnlus, servant, sergent.
*ss Faba fresa ou fressa est la fève écrasée, non pas la fève fraisée,
traduction fondée sans doute sur la similitude du mot. Dans Dief.
je trouve faba fresa rendu en ail. par gerocllie bonen. — Lexie. S6 fêtes
frets et frises,
'* ' Le sens (empeste rend ici le b. lat. tormeninm (machine de guerre).
*'' Mesquine (fillc, servante) ne convient guère ici; je suppose qu'il
faut corriger par mesnie (ménage).
"• Famino, dérivé de famen, parole.
(63)
Fantasma, fantasme, rêverie, songe, vision, illusion.
Faifejimen, farce corne de tarte.
Farelo, farsir, remplir.
Faretra, coffin à mettre saiette[s].
Farran, ri, vel -ms, -ri, vel fartes (laissé sans glose) 337.
Farrns [pharus], tour haulte delés la mer où on met le
lumière pour adrechier les maronniers de nuit.
Fariram, fourmentée ou viande crespe 33^.
Fascenlnla, cloiture (sic) de bois ^^.
Faseia, bendiel, drapel à loyer.
Fascieulns, fagot.
Fasels, enseigne d'onneur.
Faselos, petite nef, isle ou une manière de potaige.
Fastldlo, avoir en ennuy ou en orguel, despire.
Fastisiain, hauteche, honneur.
Fastuf», licite, loisable.
Fateor, gehir.
Fati[s]co, is, fendre ou defalir, ut a iste [pannus] fasticit (sic)
rimis », vel « membra febre fatiscunt ».
Faatio, consentement en mal.
Faveo, ottroyer.
FaTlila, flamesque.
«»ï Prob. des variétés de far, farrit ; je ne les trouve pas ailleurs.
"* Farlrum est inconnu; lisez suit /arra/tim • puis ex farre facta vel
cibus pinguis gcneraliter « , ou farium, viande hachée ( « caro concisa
et minuta »). — Le gloss. de Salins a farralum, froumentée (bouillie
de farine de froment).
"^ Pasceninia, 1. fascenia, JG. « clausibilis vallatio circa castra et
civitates » •
(64)
FftTisor, pécheur (= piscator) ^-w.
FaviuM, legier, non (plaisant) pesant ^^.
Favor, faveur, ottroy.
FavuM, miel, cire [de] beste à miel.
Faux, joue ou destroit de rivière ou entre montaignes.
F»iLo, faire non plus ^*^.
Fam, brandon.
Fceiift[l]aiii, grain de torsin !243.
Fceo, a«, order, gaster.
FeeulcntuM, plain de pueur.
Fccimda«9 plentiveux.
Fedco, puïr 244.
Fcdo, order, souiller.
Fel, fiel, amer.
Fcmcift, cuisse de femme 2^.
Fémorale, braye à homme.
Fenero, prester à usure.
*** J6. fawssar, « quia semper rogat et Deo favet ut sibi beoe
cveniat ».
*^^ JG. « levis, imponderosus •• -> Le scribe a oublie de biffer />lai-
iani qa*il avait d*abord écrit par mégarde.
**' La valeur attribuée ici à ce verbe barbare (tiré de faxim) est
étrange; cp. plus haut faeesso = cesser.
*^' Fenicium, JG. « minutl acini et dure cutis, quod plus feeem
faciant quam alii acini •. — Torsin signifie mare de la bière, drèche.
— Dief., ad fecinium, renvoie à fenicium, a herba fullonum que nigram
facit tincturam ». Notre fecinium ne parait pas s*y rattacher.
*** Fedeo est une dérivation de foedtis, faite sous Tinfluence de foeteo;
JG. foedum esse.
'^' Cette distinction sexuelle entre femen et fémur est une invention
du moyen âge.
(68)
Peoicalain, fenoul.
Peralis, mortel.
Percalmn, mes de viande ou vaissel à viande.
Fere, adverbium, a bien ou a paînes.
Peretrum, bière, fiertre.
Perlna, venison.
Ferio, faire feste, cesser à labourer.
Fennentum, levain.
Ferocio, fourcener (ms. fourcetwir).
Fertom, offrande.
Femla, pammelle, une herbe.
FerTorium, caudron.
Fescemma, e, mulier que expellit 2^.
Fescenla, canchon qu'on dist en berchant Fenfant pour
l'endormir 247.
Festom, feste ou sommité de maison (= faîte) 2^.
Fe(s)iaifts, bestes mues, come brebis, porchaux, chievres ^^d.
Feteo, puir.
Fctara, enfanture.
Fétus, enfantemens, faons.
Fcx, boe.
Fiber, bievre, castor.
Fibola (ms. fibrula), affic^ (ms. office), fermail «so.
*^* Feicemma; JG. fescenia « mulier que expellit fascina •.
•" Fescenia ; JG. feseenine (plur.).
*** Fesium, faite, est un mol bas latin d'origine germanique ; voy. mon
Dictionn.s. v. faite.
•*• De fetare, faire des petits.
"• Affice, affique, primitif d'affiquel (voy. fixula}.
Tour XXXVII. 5
(66)
Ficftrlas, coelleur de figues, ou dieu sauvalge, sauteriau
(= petit satyre).
FicAtum, jusyer ^^.
Fietilifl, brisable come pot de terre ^5^.
Fieulneit, figier.
Ficus, infirmitas, fis (nom. de ^f).
Fidejubeo, plegier.
Fidelift, pot; inde fideliola, dirn. ejus.
Fidiculft, dim. de fidis ou instrument de tourment.
Fidifl, corde à instrument de musique.
Fli^o, ficquier (= ficher).
FliAterlum (ms. fUartum), briefve cedule 253.
FillAlits, de fil.
Filica, courtois ^^^.
Filix, fouchiere (= fougère).
Filiiii, in dativo etablativopluralibus, une racine, sennelle 2^.
Filtro, feutrer ^^6.
**} Fieatum (foie), comme plus loin jecur, parait Iraduit par /l'Wer
(gésier) dans la supposition d'un rapport élymol. de ce mot français
avec lat. /cctir; voy. ma note 8 dans Gl. 43; voy. aussi pi. loin /eciir.
*'* La traduction brisable est insoutenable, bien que les fictiHa le
soient en général. Il y a ici erreur p. fractilis,
*" Filaterium = cpuXaxxi^ptov, amulette. Ugulio : • membraiiula vd
brcvieellus in quo lex scripta est et conservalur et quam derercbant
ante frontem vel pectus, ut sic viderentur religiosi, etc.
*** Cet article reproduit celui de JG. : curialis, et dicitur a flia (^iXtj),
mulicr.
*" Cet article reste obscur; le mot senneUe, comme nom de racine,
mVst inconnu. -^ Un vocabulaire allemand de 1547 (ap. Dief.) donne
fida, benedictenwurz.
'" Cette bonne forme ancienne p. filtrer manque dans God.
(67)
■S, fiens.
Firmaciilaiii (ms. 'Us)y firmal (agrafe, boucle), gaigure.
FiscallM, de roialle bourse ou de realle rentece revenue.
Fiscina, fissielle à frommage 357.
Fisco, fi[s]quer, c'est appliquer à la borse du roy.
Fislc», fisique, médecine.
Fistalft, flahute ou maladie ou ung conduit.
Fistalo (verbe), flahuter, ou (subst.) ung arbre aroma-
tique 258.
Fiton [python], serpent ou devineur.
FiiKo(l)la, affiquet, atache, ou fermai, ornement.
Flabellum, esmouchier ^chasse-mouches) 259.
Flabrum, soufflet 260.
FIaccco, amagrir, noirchir.
FlAfnrniii, flaiel, batoir.
Fiamcoliiiii, petit vestement ou aornement de prestre.
FIath», blond, inter rubeum et album.
Flectcre, flechier.
Fle^m», fleume(ms. fleune)^ unedes .iiij . conditionshumaines.
Fiemen, enfleur[e] de sanc.
FIcikhosiim, plain de plois ou de muabletés, tortus.
Flocciikcio, pau prisier.
Flocco, flotter, cottonner come la nef (neige) ou la laine des
brebis qui jette cotton.
FlocuM, floc come de laine.
"' FisneHe, anj. faisfeVe (voy. Liltré).
*»• Je ne trouve nulle pari le subst. fistulo (-onis).
'" God. ne donne que esmoueheor, -ail, ^art.
'*® La valeur soufflet dans le sens moderne est inconnue; il faut prob.
lire souffles (cas-sujet).
(68)
FluctQfl, flot, fleuve, fluissemens.
Flao, decourir.
Fluor, moitisseur, decouremens.
Foca(t)riay cuisinière (ms. cuisiné) ou concubine.
Focftrlaiii, fouier.
Foculo, nourir, faire feu.
Focus, feu ou fouier.
Fodio, fouir.
FolllcnlaM, le pel où on envolepe le grain.
Foran^o, lisière de toille 261.
Forceps, estenelles (tenailles) ^62.
Forfcm, forces 262.
Forica, fosse à mettre ordure.
Formica, formion.
Formidus, a, um, chaux (chaud).
FormuM, chaux (chaud).
Forais, vaussure de pierre ou bourdel ou arce de pont.
Foracio, pertu(r)isseniens.
Foramen, trau.
Forpcx, cisiaulx 262.
**' Forago « fiium, quo textrices diuraam opus distinguant; a forando
dictum » (Festus). — On voit que le sens s*est modifié.
••* Sur les mots forceps, fàrfex, forpex, voy. Lexicogr. lat., p. 72.
J'y ai cilé le vers :
Forfice 6Ia, filum cape forpîee, forcipe ferram.
La science étym. explique forcfps par formi-eeps, de Tanc. adjectif /br-
mus, chaud (cp. le gr. Trupdcypa), mais cette explication peut-elle s'ap-
pliquer aussi aux deux autres ternies? Jusqu'ici on voyait dans foreept
• foris-capio •, dans for f ex a foris-faeio » et dans forpex une trans-
position de c et p dans forceps, La basse latinité avait encore forsix
(ciseaux), qui représentait « foris-seco •.
(69)
Porlnltus, aventureux.
Poralns, fourel, bourse.
Porun, le pertuis de la nef pour nettoyer; id. c'est le lieu
où on foule le vendange 263.
FotiniAiias, ung hérite (hérétique; nos. hermite) 264.
Fr»ctila«, frange 265.
FrasidicA, grefez 266.
Frasills, fraille (auj. frêle).
Fra^or, noise, son, bruit.
FrAfpro, flairer, odourer.
FrAi^ium, frese.
Fraisas, le ploy du genoul 267.
Fratcllum, agout (= égout) de privée 268.
Frateo, desplaire, puïr 269.
Frcndco, cotir les dens.
FrencslM, frénésie, derverie.
Wremum, cotis, brisiés.
Frlco, froter.
Frli^ldo, effroidir.
*** JG. définit forus ainsi : « foramen iliud in navi per quod rcmus
immitlilur « .
'*^ Il 8*agit de la secte des Pholiniens.
*** Gloss. de S. Germain : FracttUtu, frange, ou poil, ou coton de
tapis ou de robe.
'** JG. slilas. — On trouve aussi fragUida (Dief.); je pense que la
forme normale est sphragieida. — Grefez doit être le cas-sujet de grefflet,
dim. de greffe (lat. graphiiim).
**' JG. « incurvatio genuum vel ipsum genu n.
'*' JG. • stillicidium stercoris vei sterquilinii » .
'*' JG. « sordere, dispticere vel tergere • .
(70)
Frli^cro, enfroidier.
Frifflo, as, mittrer ^'^o.
Frii^o, frire.
Frli^oroMus, frileux.
Friffutio, se traveillier (s'agiter) ou démener pour le froit.
FrUillam, mortier à espèces (épiées).
FriiKA, carbonnée.
FriiKAtura vel firictnra, friture.
FrondAtor (ms. fronditor), esveilleur ou coeuI[l]eur de
foelles 271.
Frontispiclum, frontière (» façade).
WrwÊgïj pourfî table, atempré.
Frumcn, l'entrée de le geule.
Friist(r)Oy despichier (mettre en pièces).
Fncosiiii, fourtrains ou tains 272.
FuffM, fuite, cache (chasse).
FuffAx, fuitables, fuitis (cp. effugus).
Fasl[l]lafl, fer à faire feu (briquet) 273.
Falcmin, esponde ou piet de lit.
Ful^etra, esclistre ou tonnoire.
"^ JG. « frigio ornare •• — Frigium, « ornamentum capitis opcrc
Phrygio contextum •.
*'*^ Quid esveilleur? Scrail-ce une dénomination du pigeon ramier,
aulrc acception de frondalor? Ou le mot est-il gâte de MAefrïetir (qui
émondc) ou de escueiUeur (qui cueille}?
"* Fourlrains est sans doute une erreur p. fourtaim ou sourtains
(JG. supertinctus).
"^ Comment se rendre compte, étymologiquement, àefugillusT Est-il
radicalement connexe avec focus, d*où par b. lat. facile, fr. fuisil, futilf
La variante fungilhu (Dicf.) fait penser au germ. funh, vonk (étinedlf).
(71)
Fnli^etani [fulgetrum], resplendisseur.
Pulffor, oris, fou(r)dre, tempeste.
Vai^iir, arts, id. ou souffre.
Valii^o, noireur de feu ou de sieuée de cheminée.
Fnlinity cuisine.
Fuiras, gaune come métal, ou brun entre noir et rouge.
Fumas [fimus], fumier.
FandAnns, cuUiveur de fons (ms. fiiem).
Funesto, order de (ms. le) corps mort â^i.
Fun^or, user.
Funi^us, campignon (sous boletus, la forme campion),
Farc«9 fourque ou gibbet.
Furcillo, pendre ou branler ^'J^.
FarAir, garnis, bren (ms. bretn) ^"76.
FarAir[i]o, un oysel, fuiron 277.
Faro, beste qui prent connins en leur pertuis, fuiron.
Fnror, embler.
Farunculiis, laronchel.
Funrns, noir, obscur.
Fascina, havet, crochet.
Fusns, fuisel.
*^* JG. a funere înquinare et ponilur simpHciter pro inquinare ».
*"** JG. « suspendere vel concutcre • .
•'• Garnis j quîd? Faut-îl lire granis ou grems (nom. 4e granil, grenil\
petit grain? Peut-être grani* représente-t-il Tadj. granidm et est Tépi-
tbètc de bren (son) qu*il précède.
'^^ Fuiron, comme nom d*oiseau, n*est pas dans Godefroy. — Le mot
latin n'est pas non plus dans JG.; mais dans Dîef., il est traduit par
dom-draHy -drcgil, -droschel; on trouve aussi la forme furfarius.
(72)
e«lat[ic]le, amm, délices, viandes delicatives faites de laiu
6»le«, haiame.
ealemsy capel de cuir.
GallarluA, i^«llic«riii«, pareus de cuir» conroieur.
G«llin«, gline.
GftiftCA, leceresse, putain.
eftneuiii, lieu de lecerie, bourdel.
e«rrlo, jengler, bourder, ordement parier, gargonner corne
oysel.
eclicidiuiii, gelée cheant, gallice werglach,
ecl[l]oy ouïs, rude, vilain 3*78.
Genecarlus, tixerant ^79.
Geniosas, engygneus.
Gcno[r]badniii, grenon (barbe, moustache) s^.
eermen, bourgon, gremon (ap. God. germon).
*^* Gello ou giUo, JG. « rusticus, ineptus, qui aliter bacalis vcl baca-
laris yel lucalis, dicitur • .
*'* Geneeariuê (omis dans JG.}, dérivé de gynaeceum, atelier de tis-
sage. Cp. GL. 47.
"^ Sur grenon, mot très répandu dans le domaine roman, voy. DIft,
Diet. (4* éd.), p. 17â, s. v. grena. Quant à la formation et ranafyse da
mot latin genorbadum et de ses variantes, et aux diverses tentatives pour
résoudre ce problème, je me bornerai à renvoyer à TarL gram dans DC,
en ajoutant qa*il est difficile de voir dans genorbadum ou gefwtbardmn
autre chose qu'une combinaison des deux thèmes germaniques jfnm,
gren et ftaW.
(73)
Ciermino, gerner (forme plus correcte que germer).
C&erro, bourdeur, fol, malsade, indiscret.
Oerra, bort ou frange de solers 284.
C^s», glave, guisarme.
ecflticiilo, bateler, baler, soi démener en balant ou en
contrefaisant autruy.
CVlbber, evim, boche ou (= en le) pis, unde :
€Vibbero«as (ms. gibberuosus)^ bochus par devant.
CVIbboMvs, bochus par deriere 282.
Gi^aM, gaiant.
CViUo, ouïs, rude, vilain (cp. gello, pi. h.).
CVipuum (ms. giphum), piastre.
Oirlllus, deswuideur (1. -otr) ou polye (ms. ployé) à tirer
yawe 283,
Oims, circuite.
GlabcUa, grene de la teste (cp. discrimen) 284.
QIaus, glandes de quesnes ou plonbée ou masse de plonc
pour jetter en la fonde.
Glftrea, argille, terre tenant ou petite pierre que le fleuve
attrait.
GlauconiA, «tis, obscureté de Tœl.
Glirlus (ms. gkrus)^ lent, p[r]eceux.
*'* Glose estropiée; je corrige : Gersa, boe ou fange de solen, en
renvoyant à Dn Gange.
**' La distinction faite ici entre gibberosus et gibbosus est arbitraire et
se fonde sor ce vers d*un grammairien :
In dono gibbiu, in pfctora gibbtr habetur.
••• GiriUus; ap. JG. et ailleurs girgUlus. — Lexic. i 30, giriltut, vindas.
*** JG. « grana capitis ».
(74)
6110, Iriit, une beste, loir, qui dort en iver ^s.
€Mmj tin, une herbe (la bardane).
Giifl, «Im, terre gloise ^^.
Qliis, i^lldis, mie de pain (ce mot pain effacé a été remplacé
par p/am) 287.
Qlisco, i«, «ccre, resplendir, croistre, dormir, orguiliir,
indigner 288.
Qli«co, couvoitier 289.
Glitosuf», spineux come gloise 290.
Qlobus, monchel, luisel, rondesse.
«lomns, luisel29i.
Glos, i^losis, bois pourri 292.
*'' Pour les divers glis ayant cours dans la basse latinité, voir la note
qiic je leur ai consacrée dans OP.
**^ God. ne connaît pas la foniiu gloite p. glaise.
*" dis, glidis; ce quatrième glis est aussi dans JG., • mu£Fa panis
vel vini », = moisissure. Notre fr. mie est donc insoutenable.
'*' L'acception • dormir • parait répondre à des expressions fîgu*
rées telles que gliscens invidia (qui couve sous le feu).
*'* Cette valeur de gliscere, courante au moyen âge, découle du sens
premier « flamber, brûler • ; cp. dans Stacc « gliscere ferro • .
"^ Gliloius, d'après JG. =argillosus; selon lui, en effet, glis, terra
tenax, doit dériver par l; mais comme notre auteur attribue un génitif
en tis à gUs = lappa , ce qui me parait plus eorrect (voy. mon OP.) et
vu la trad. spineux, je corrige sans hésiter : come gloton (oo gUlcn),
'*' Sur luisel, voy. GL. 32, note 5.
**^ Notez le vers scolaire (ap. JG.) :
G loi, ghris Oos est, gloi glotis femina fratris,
Ght gloiti» lignum vêtus est de Docte sereoum.
( Les génitifs varient dans les glossaires.)
(7S)
Criofli, ffloris, femme de frère (ms. feure).
CrloM, fflotis, une fleur.
dluolo, grumir, et apartient as porchaus ^^3.
C&luto, devoureur, lecheur (fr. glouton).
CMuten, -iniis (ms. gluton, -onis)y gluit, colle.
CVIotlniuin, glouton 29^.
CVrabâtam, lit à gésir 2d5.
drabatum, gyron.
CIradarlas, palefroy.
Orando, grésil.
Orano, engrener ou emplir de grains.
C^reminin, gueron, sain.
C^rcx, tropel.
C^rip(p)iis, orguilleux, testart 2d<>.
C^rossas, figue non meure qui ciet au vent de legier.
QramvM, masse, moncel.
drame (plur.), la crousse (sic) qui vient au fons du tonnel
à vin.
Qrnnd», goutiere.
Qnadio, guagier, fermer (= assurer).
Qnla, geule, gorge.
Cardas, non pourfi table, fol.
'*^ Glunip est une variété de grunnio, que donne aussi JG.
**' Gtutinium n'est connu que comme signifiant « matière collante »;
glouton doit donc s'appliquer ici au glouieron.
*'* Sur les deux grabaiufn, JG. cite le vers :
Pro gremio grabatum, pro lecto pone grabiâtum,
Papias définit grabatum par • reelinati capilis susceptio •. — Notre fr.
giron se présente pi. bas (sous gremium) sous la forme variée gueron.
'** JG. « superbus, cervicosus ••
(76)
Gurgem, gourt, ruissel.
Gar^ito, sourder, dégoûter ^9?.
Gnri^alio, ver qui mengue le grain, calende.
Guri^iiMtiaiii, maisonnette à povre home ou huche à
poys 298.
Qnsto, agouster, asaier (ms. asaisier).
Gaftas, vaissel à onguement.
HabillM, convignable.
Halcno (ms. hanelo)^ alener.
H«iiii«, itis [âmes], la perche qui soubstient la rois (= lat.
rete) à prendre bestes.
Hamas, mi, hameson (ms. hanisson) à pesquier.
HastA, haste, lance, fust lonc.
Haarla, espuissier, attraire, widier, boire.
Hebes, rude, preceuiL, esbahis.
Hcbito [hebeto], arrudir, afollir.
Hcetcca vel solarlam, gallice ung solier 3^.
**7 Gurgitare, selon JG., vorarc, implere, (levororc; il répond dune
ù notre expression actuelle fr. engouffrer. Comment expliquer la tra-
duction sourder, dégoûter? Je tiens ces mots pour corrompus ; on poar-
rait proposer la correction gourder, deghutir, mais gourder, tout correct
qu'il serait, n'est connu que comme signifiant maltraiter.
**' « Huche à pois »; il 8*agit de nasse. A moins d'admettre, pour le
dialecte parlé par Tauteur du gloss., rcxistence de la forme poiê =s pi»ci5
(analogue au prov. pet«), il faut corriger pott par politoiif .
*** Heeteca (on trosye aussi ectheca, ecteta) est défini ap. Papias par
« periboins » (pourtour d'un édifice), ap. JG. par « sofariam • (le pla«
haut étage d'une maison). — D'où vient le mot?
(77)
ieAerm (ms. hedrea)^ une herbe, liere (déjà produit sous
edera).
ilna, une mie 300.
Herbco, herboyer.
Heredites, hiretage (= propriété immobilière).
Heredo, »«, hériter (= faire héritier).
Hereo, aherdre, doubter.
Hère», hoir.
Herna, roche 30i.
Hemi», routure, enflure ou entaillure de coulions.
Hlberift»«, fables espaignars, vaines cozes, cornes, et est
accusativus pluralis 30â.
Hlo, baillier, ouvrir bouche ou estre fendu.
HIrquas, qni, le clotel del oel 3^3.
Hlrqanlii» (ms. -alus), iuxurieus en femme.
Hlrnndo, arondelle.
Hispidas, (h)aspre, puant, pelu.
*^ Hemina, dcmi-setier ; fr. mie représenlc-t-il média = demie, ou
faut- il eorriger minef
*^' Berna, JG. • heme llngua sabina saxa vocanlur ». — Festus :
• Hernici dicti a saxis, quae Mars! hertia dîcant '>.
^^^ Hibernas; le ms. donne hibemoas (on a oublié sans doute
d*effacer o). — Cet article manque dans JG.; cp. dans Dief. hyberma^
neumata = bibema neumata, i. e. hîspanicas cantilenas vel vanitales.
— Le fr. cornes (on peut aussi lire cornés =s cornets), au sens de sor-
nette, est curieux.
'** Uirquus • oculorum angulus ubi putredo colligitur *. — Je ne
vois pas clotel avec ce sens dans God. et je ne comprends pas mieux en
lisant clocel.
(78)
Histrlo, hiraut, gongleur.
HlstriiK, porc espi.
HlulcuM, crevachés, fendus.
Hortfttio, amonestemens.
HoMpicium, hosiel.
Houpltole, hospital.
Ho«pitor, herbegier.
HoMtilo, sacrefier, embraser ^o^.
Hostio, Is, faire equalité (ap. Isid. aequare, adplanare).
Hofltorlum, ratoire (auj. racloire) à mesurer le Met ou
alarere (1. à le rere) 305.
Hainecto, amoitir.
Hiiiiiecta«9 moistes.
IIaiiieril[l]iis, la cheville de lossoy 306.
'®' Hottito, immolare, inccnderc, forme bizarre créée sous rinfluence
de hostia et ustulo,
'^' Hoitorium, ap. JG. hostiorium, lignum cum que modius vel
sextarius adaequalur. — Le mot fr. alarere est évidemment fautif p.
à le rere. — Lexic. 97 le mot est traduit par eslric (mot ail.; cp. itrkh'
holz). — L*étymon de ce subst. ne serait-il pas le verbe hoitire qui
précède?
'^* HumerUlus « qui extremitati axis infigitur «. — Los$oy m>sl
inconnu; j*y vois, jusqu'à meilleure information, un dérivé de Tall.
luns, auj. IQnse (achsnagel), ni. Hâm, londte (paxillus axis).
(79)
I
^«ceo, jesir.
^«ctonelA, vantise.
^«ntAculmn, desjuQ 307.
Mbls, segoigne (cigogne).
Meonomus [oecon.], maignagier.
Miloneus, idoines, convignables.
Milrlas [hydrius], esgout.
MilromAlum, buvrages de pommes de grenaches. 308.
Jlecor, jugier, jusier (gésier) 309.
Jleear, jusier.
Isnavla, parece, gastece.
liriiAw»9 pereceus, gast 3i0.
Iirnosco, non cognoistre, pardonner, quitter.
lleiL, quesne 3i4.
Illco, tantost.
lUon, le dongnon de Troie.
Illectoy eslechier souvent 342.
Illepidas, [non] savoureux.
'^' Jantaculum, sic aussi dans JG. (qui a aussi le verbe jantare).
*^ JG. « unguentum qnod fit ex aqua et malis macianis •. — Nous
avons à faire h une forme corrompue de hydromel et à une définition
imaginée pour Tcxpliquer. Notez, toutefois, que JG. n'en a pas moins
un article idromellum,
*** Sur la traduction jusier, yoy. fieatum. Le gloss. d'Evreux traduit
aussi par juisier.
"** Fr. gast signifie plutôt inculte, aride, chétif.
■" Ilexj 'icis, est le type de fr. yeuse.
'" Eslechier s= allécher; forme absente dans God.
(80)
Ililcltus, non loisable.
Imbuo, arouser.
Imltor, ensievir.
Immlneo, apparoir.
Impedatura (ms. impeditura), empressure de pies 3^3.
Imperatrlx, emperesse.
Impertlor, partir (donner en partage).
Impes, etl«9 hastiveté.
Impétigo, ligne 314.
Iiiipl[ii]9o, trebuchier ou hurter, bouter.
Impiano (ms. tmp/ono), as, decepvoir, mettre en erreur 3U.
Iiiipoiiie[ii]taiii, daraignier mes de fruis.
Impono, encoupper ou accuser, mettre sus, imposer.
Importe, emporter (=» importer) 316.
Impotio, desvestir, dessaisir 317.
Imprimo, ficier, faire empreinte en cire.
Imas, bas, parfons.
Inanlo, anicîUer (annihiler).
IiiAiiis, vain, deifalans en conplection.
Incentor, embraseur, boutefeu, mal vais enhorteurs 3i8.
'*' Impedaiura, J6. « pedis mensura vel împreuio vel investigalio •.
— Du verbe impedare s: imprimere.
'*^ ifnpetigo, teigne, est traduit dans le gloss. de Douai par tente;
il faut sans doute corriger tetige ou tegne,
"' Ce verbe de la Vulg. est tiré du gr. icXavdiu).
"* Emporter =s importer est inconnu, mais correct.
'*' Impotio = impotcm facere, dépouiller.
*** Ineentor est = incensor (de incenderc), mais au sens de ffio/vati
enhcrteur le mot vient plutôt de incinère, enchanter.
(81)
Incessiis, voye, alage.
Inclncto, ensainte.
Inealnmls, haitiës,
IncalmiiUAs, santé, convalescence.
Ineamiiiodo, damagier.
Inenlca, encauchier 3i9.
Ineas, -dis, englume.
Indiffas, besongneux.
Indlplscar, acquérir.
Indiicie, treuves.
Inedia, povreté, mesaise (ms. mesaige).
Ine[r]9ia [energia], force, vertus, efficace, efiéct ou engrece
de cure 320.
Infamla, diffame.
Inilele, negacions (ms. vagacUms).
Iniisco, saisir, mettre en la main du roy.
Inffomiltes, laidure.
IntacAtas, pur, nais (lems. a réuni les deux mots enpunais).
Iiita«(e)o, enfuseler.
Ini^eiilam, engien.
Ini^erso, emboer, follier, soullier 3^^.
Iii9(r)aeii, aynne.
'" Le sens rendu par tncauchier est celui de « valde calcare », cp.
plus loin rteuleo,
*'° Engrece, acharnement, empressement, est inconnu. Tîcnt-il du
bourg, aincre = ocre, ou faut-il y voir un lapsus de copiste p. cngresseîé,
qui est Lien connu?
"* Ingerso, voy. Tari, gerra (p. gersa), — Follier, entraîner à une
aclion folle, égarer, corrompre?
Tome XXXVII. (>
(82)
InherenclA, arroganche 322.
Inldo, a«, trutrer 323.
Inlelor, arls, comenchier, asaisyer, sacier 3î3.
Ii^arlosas, plain de murmures.
Innoxlas, non nuisable.
Insidle, espies, awès.
Insldior, awetier (guetter).
Insldiosus, agaiteux.
Inslplditos, malle saveur.
Insltlo, enteure d'arbres.
Insomnla, vigille.
Insalto, faire assault.
Intei^ritas, entiereté.
Intempéries, desatempranche.
Intendo, entendre («= faire attention).
Intentio, augmentation, intention, considération.
Intentliras, ententis.
Intereapedo, distanche local.
Interdletum, entredit.
Interdia, entrement que jour est.
Interdlas, a, aiu, coustumés (accoutumé) 324,
Intemodlam, le gros os du genoul.
InterpolAtlm, entrepostement.
InterpalOy rompre, empeschier.
InteralA, chemise.
"' Inkerencia; la trad. arroganche ne s^explique pas.
'*' Dans les art. initio et initior, les mots trutrer et asaisyer (assaier?)
restent énigmatiques. Pour sacier je propose sacrer (ss baptiser).
•" Interdius = pcrdius.
(83)
Intima, notefier.
Inveetiims, dettraiteur, ralleur (railleur) ou blasmeur 325.
InvestliTo, enquerre.
Inirato, as, mettre en pâme, empamer 326.
Inirato, as, envoler.
Invalutns, envol[e]pés.
#aeor, jeuer.
^•easas, jeueus.
Joenlor, jengler.
^•ciindltas, leesce, joyeusetë.
Ipoplrsiwii [hypopyrgîum], chiennet de fer, sur quoy on
fait le feu.
IpatAmiis [hippopotamus], poisson, cheval de mer.
IracmidlA, maltalent.
Inrldeo, mocquier.
Irrai^o, sourmettre.
Irrao, encourre sur aultruy.
Isapus[hyssopus], une herbe, ou espergoirà yawe benoitte327 .
Itérant, de requief.
Jnbar, clairece.
Jnblln, esjoïr.
entrer, arpent ou journal de terre.
Jni^iter, pardurablement.
'*' Deiraiieur, bonne forme anc. p. détracteur (manque dans God.).
'** Le premier des deux arL invoto concerne involare = in yolam
mittere, empoigner (d'où, prétcnd-on, le v. fr. embîer, et même par
aphérèse, le n. fr. voter = furari); le second, voler ou se jeter sur (il ne
figure pas dans God.).
•" Isopus; sur le sens wperjfoiV (aspersoir), voy. DC, s. v. hyssopura).
(84)
Junipcras, genoivre.
Jari^liim, tenchon, noyse.
jruireneas, veau, geniche, toreL
JuTcnls, josne.
SujLtmj delés, emprès.
HalAtns [calathus], rel ou corbison 3^.
liAbeAicio, tachier, croler (ms. croter).
liAbeo, tavernier (= coureur de tavernes), lecheur.
Labes, tache.
liAblUs, deglachable (= glissant).
liaeerAmen, decoppemens.
l<aeeniA, coppure de vestement ou fresœuvres 329.
l<Acerno, de^opper drap.
liAcero, desquirer.
l^AccrtA, laisarde.
'" lîel, quid? CalcUhus avait jadis la valeur de « forma casearia •,
nécri. scheene = ail. schiene, lequel signifie propr. lamina, lamelU;
rel pourrait donc être = angl. rail, n. fr. rail, dont Tétym. (radiut, riga,
ail. ricgelf) n*est pas encore tirée au clair.
'*' Lacerna, chez les Romains, signifiait un manteau; en basse latinité
« pallium fimbriatum ». La première interprétation se rapporte à lacer,
déchiré (cp. laeemo qui suit); quant à fresoeuvre, que je ne trouve pas
dans God., je le traduis par « ouvrage fraisé ou frisé ».
(88)
>, deschirer par désir ou despechier 330.
S«flà«tis9 is, laiture de poisson.
I^A^nla, vestement 33i.
p, arts, vocte (1. volte ou votUe) ou la conjunction
de très de la maison.
iy tourtel, bugnet.
fcmlia, lequier.
IjAiito, despicier (pi. h., sous lacesso, despechier),
Mjaux, escuelle de balanche.
K^^P*? gleton (glouteron) 332.
S^ttpates, viandes confites de ehoulx 333.
I^aquear, las, laceure de très de maison.
fttarra, faulx visages, maléfice.
fttaras, une beste habitant en terre et en yawe, s. voile noe 334.
I^iMclirla, mignotise, jolité.
Ijatebra, lieu[s] sacrés, muchottes.
Ijatea, soy cachier.
Ijftter, tieule.
lAtex, yawe ou vin.
'*® Lacessere, harceler, aUaquer, une sorte d*intensif de lacio, lirer,
attirer (cp. facesso, arcesso), est ici mis abusivement en rapport avec
laeerare,
**' Laeula; JG. « quedam vestis que quosdam lacus quadratos cum
pictura habet intextos ». — Isidore: /acuto/a veslU (vêtement à bouffettes).
"* GUton; le gloss. de Douai a cUton; cp. ail. Mette, Voy. aussi
Tart. glutinium.
'*' J6. « lapas, atis, cibus ex oleribus confectus »; chez les Romains,
lapathum était une sorte d*08eilie.
"* VoUt nœ rss vole-nage. Il s*agit de la mouette.
(86)
Latomus, maison (maçon).
LAtrlnA, cambre privée.
liatro, aboyer.
liatranoalasy laronçhel.
l<Atas, largues, lés.
I^Auso, loer 335.
Laxo, la[s]quier, eslarguir.
liazAms, propre non de Ladre.
I^ea vel Icona (sic, se trouve aussi ailleurs), leonesse.
l<cea, lesche (s est intercalaire).
Lccacltas, lescherie.
l<eetio, liçon, lection.
liCiratiiiii, lais de testament.
lieffibllls, lisable.
l<effiaiii vel lectram, luitrin (ms. lestrinTjj pulpitre à lire
ou à canter.
l<eso, faire lais (legs).
Lena, leceresse ou maquerelle ou ribaude.
l<cndex, ver(t) de lait.
l<eiiio, aplanoyer.
l<eiils, doulx, souefs.
I^eno, lecheux, macqueriaux.
Ijenocinluiii, masquelerie 336.
l^cntloala, dim. de lens^ tis, tache ou (= en le) front rousse
et ronde.
'** Latuo est aussi dans JG., cp. le prov. lamzar» Voy. aussi Uaangt
dans mon Dict. d*étym.
^** Masquelerie {Vt est parasite) accuse un primitif immédiat mtuque-
lier, qui n*est qu*unc forme variante de maquerd.
(87)
Ijentiso, tache de visage.
Ij^ntiiSy lenteux, pieceulx, tardis, ou flecissable come osîere.
Ijeapardiis, lupart.
Mj^pmTy douceur de parolle.
Eiepr», meselerie.
Ijepr^siis, mesiaux.
I^etitla, joye, leesse.
M^wigak, rabot 337.
liiliens, volentrieux.
Mber, fil de franc mariage ou le dieu de vin.
IJI»ert[lii]iis, 1 (ms. libertus, tus), fils de franchi(s) 338.
Uliertiis, ti, sers affranchis (ms. subraffacis),
EJMdo, luxure, carnel délit.
EJMtiiia (ms. -tura), bière de mort.
liibaiii, gastel, pain non levé.
Uceo, loisir, estre licite.
Ucea, estre prisiés (mis à prix).
IJeear, prisier.
Ueet^ il plaist.
Ueinlum, mesche ou lumignon de la candelle 339.
Ueiniis, ni, id. est.
Ueitor, prisier, promettre en marchandise ou par mar-
chandise.
»■' Leviga, dérivé de levigare, est fréquent; néanmoins il manque
dans JG.
'** Libertus, tu9. On dirait que le scribe, après avoir commis le lapsus
tibertus p. Hbertinus, a voulu par le génitif en tut établir une différence
avec Farticte qui suit.
«VLezie. i9, Ztiiel, Hnol, Utmul (auj. Ugnwi).
(88)
Ueltas, loisable, faisable ou raisonable à faire.
Ueliim, lice de toille.
Uetor, bouriel, huissier.
Uen, boiel culier 340.
Uenterla, la foire, flux de ventre.
Uffa, aguillette (» ligula?), lanière.
Iili(ii]arlas, ouvrier de huche.
Uffamen, lyen, loieure.
Uffo, onls (ms. ligor, oris)^ hawe, becque.
UgmnÈmmj fosser, hawer.
Uffastiim [ligustrum], fleur de sehuch 34i.
Mmaca (= limax), limace, limechon.
lilmas, devantier (= tablier) de fevre.
Mmen, seul d'uis, entrée.
Mmlno, chevillier huis.
IJinis et limas, tors, travers, borgne.
Llmlto, bonner (borner), limiter.
Umphor, mesler en yawe.
Mnea, ligne, rieu(g)le.
IJn^aacitas, genglerie.
lilnlpedimn, cauchement de lin.
liinlsteiua, drap fait de lin et de laine ^ gallice me$kt^
tiretaine 342.
**^ Sar rélymologie de lien dans sa valeur classique et dans celle que
lui a prêtée le latin du moyen Age, voy. mon OP.
"* Sehuch est le sureau (voy. sambtteus)^ la traduction n*est donc pas
correcte. Sur les diverses significations attribuées à Hgtutum, voy. OP*
*** Linietema, « vestis ex lino et lana contesta, et dicitur sic qnla
in staminé linum et in trama lanam babet t . Telle est Texplication des
glossaires.
(89)
MJnmy effachier, estouper, brouîUier.
Uns, ung ver(s) très cler voyant.
liippldiis, cachieux 34;).
Ura, prima longa, rive de hâve (= havre) 344.
Urieena (sic)^ jouresse de harpe.
EJs, tenchon.
Uiar^iiim, escume d'argent.
IJTidiis, noir, envieux.
MAmmy porteur d'yav^e.
IJml¥liiiii9 lessive.
lioca, logier 345.
liocaliis, bourse, bière.
liorasto, laouste, vermine.
liodls, flassaire, couverture, loudier.
liOfficns, logic(ic)yen.
I^fl^o, ffinis, poisson sechié, ou. amertume ou herbe
amere 346.
MjmgimwMàm, me, cogitation, parolle pu raison.
liOffimn, response raisonnable 347.
lion^animltas^ lontaineté de courage.
lioiiipltiido, longuece.
lionim, resne de bride.
'** Lipffidus p. lippui n^est pas dans JG., mais dans Dief.
*** Lira n'a jamais signifié que sillon, a. fr. roie (lat. riga); aussi
je propose de corriger rote del arere (charrue).
**■ Tout voisins de forme qu'ils sont, on sait que les mots lat. locare
et fr. logier sont d'origine distincte.
*** Corrigez loligo, poisson, sèche (sepia).
'*^ JG. rationabile responsum i. e. sine involucro.
(90)
I^otrlm, lavendiere. <
l4iibrlciis, deglachable.
I^iibrlco, trebuchier.
I^neanar, fosse ou (= en le) bos (ms. bor) 348.
liiioar, forestage ou ung oysel 349.
XaelMIls, luisable.
I4iieraiiiy gaigne.
I^acto, luite.
liiieiis, bois espès.
I^nidiis, ors, non nés (= net au nom. sg.).
I^rnnba^o, foiblece de rains.
livnibar, brayer.
I^mmla, fermai fait à la sanblanoe de la lune.
livpa, louve ou ribaulde.
I4iipanar, bourdel.
liiira, la gueule (ouverture) du baril.
liiiseiis, borgne, qui voit mal.
I^aster, loutre 350.
I4iiteas, boeux, lueux (= lat. lutosus).
I4iimiis, superfluité de luxure.
'*• JG. • fovca în luco ».
'" D'après JG. lucar, forestage, fait au gén. lueàrin fuear, nom d*un
oiseau, a que pulchre et dulciter canit primo maue quando lux émanât • ,
est masculin et fait au gén. iueàris.
*'* La forme huler est à son rang alphabétique et a, en effet, coexisté
au moyen Age avec luter.
(91)
■aeelliim, boucherie.
■•«er, magre.
Macerarliis, boucher.
Macerles, longue parois de pierres as vignes (a. fr. mai-
siere).
Maeerlo, qui fait parois.
llac[h]era, longue lame paragiie.
Macliliils (ms. -nus), engin à faire édifices 354.
Machinor, faire engin [ou] édifices, ou penser mal ou espyer,
ou cautuleusement parler.
Maeala, tache, pechîé, ou maille de haubregon ou de rois
(filets) de cottes de fer.
Madldns, moistes.
Madliis, ung mois, gallice may 35S.
Ma^istro, mestroyer (ms. mastroyer).
Mai^napere, par grant labeur.
Maffnder vel maffndar, ront de coulz, tronc de collet
desous les foelles sanz les foelles et aulcune fois atout
(=s avec) les foelles 3*3.
Masns, encanteur, astronomicyen, domineur, rois, grans
princes ou homme d'orient 364.
'*' Machiniê; cp. J6. « sunt machine» instrumeola cdificiorum dicta
sic a maehinU quibus insistunt propter altitudiuem parietum » .
'** Maditu, autre forme de maius qui suit.
*" Coulz = choux ; eolM, coietf dimin. de cou, chou,
*** Domineur me semble fautif pour devineur.
(9?)
laliis, may.
lala, joue ou dens de dessus.
lalmn, pomme de grenache.
laliis, mast de nef.
lallensy maillet.
i, qui ha defaulte de mains.
», mangeur, hardel.
Maiidra, bouvier, id. bubulcus.
lfaiid[r]affora, une pome.
lfa[ii]9o, amis, ma[r]chan$ [de] pages.
Manico, emmanchier ou engresillonner 355.
Manipulas, glenne de bled ou compaignie de gendarmes.
Manslo, demeure.
Mantloa, malle de cheval.
Manille^ touel, nape ou doublier.
Mantas, mitaines, gans, moufles.
Manabie, espyes, guettes, ou despouilles, rapine, coze
de proye.
Manabrlo (ms. 'bero)y emmanchier come ung coutel ou
autre instrument.
Manaparlniii, nappe 356.
Manzer (ms. man$er)j filz de putain.
Mappa, nappe, forme, pointure.
lfare(h)eo, flétrir, estre ars come la fleur ou pouris.
MarccsclUIls (ms. -essibilù), flequissable.
p, poureture.
•" Engresillonner de gresillonê =s menottes.
"* J6. donne manupiarium , gausape, i. e. manus pians (!).
préfère la forme en parium.
(93)
1, maillet à mailler ou à marquore (?) 357.
plsoa, ampolle, vice qui vient de confrication.
I, masie, maris.
%y masse, grief pois.
M atertera, ante de par le mère.
Matrieiila, petite cartre (= charte).
■fatrina, marine (» marraine).
Matuitliiiiiiiy matinée.
Mamllla, joe.
M ec[li]aiileiis, ouvrier de mestier.
Meclila [moechia], adoultrie.
M eehor [moechor], adoultrer, a(d)voultrer.
M edeor, mediciner.
lfedi[c]tas, moitié.
Media, moyenner ou fendre par mi le milieu.
Medlolanmn, une cité, Melan.
lledital[li]am, le mîeul corne de l'œuf ou de la roe.
Medlastlnus, uier ou bourgois 3^.
llediil[I]a, moulle (moelle) 359.
Mêla, anls, taisson.
'*^ Quid marquore T Faut-il marqueur =. qui marque une empreinte?
Le mot cache plutôt un infinitif.
'" Mediustinus, iG. • balneator, quasi in medio ustione positus •.
Comment accorder avec cette valeur la traduction de notre glossaire?
Je ne la comprends pas mieux en partant des formes medieiiinus ou
mediastinus, que les gloss. Interprètent par « in medio stans » ou • in
medio civitatis (àotu) existens ». Au besoin bourgois pourrait s^cxpliquer
sur la base de médium -f- âori}, mais quid uier ou vier? Est-ce lat. vica-
rius (au sens de « intermédiaire • ) ?
**' Moulle, contraction de meoulle ; se dit encore en rouchi.
(94)
Membrana, piel délie come de parchemin ou deroel (1. toefTj.
Memliil, je me remembre.
Meneepsy hors du sens (« mente captus, insanus » JG.).
Mendaelam, menchonne 3G0.
Mendosas, ors, gastés.
Mensoriam, ustensible de table.
Merees, loyer, guerdon.
Mereidias, couretier 3^^.
Merendo, mengier à heure de nonne.
Mereor, deservir (mériter).
Meretrix, folle femme.
Meretrieias, de bordel ou bordelier, de ribalde.
Herses, garbe (ms. garde) de bled.
Mer^o, plonquier.
HÊergnUy plongon.
Meritam, mérite, déserte.
lIe««io, messon (moisson).
Meta, fins, bonne (= borne), terme.
Metodas, briefve voie ou traitié.
Metor, bonner (= borner).
Metram, mètre, vier (= vers).
Miea, miche ou mie de pain.
Misma, orde paille, foye à laver 36â.
^*^ Menchonne, plus souvent écrit menchogne,
'*' Diefenbach consigne encore, avec la même valeur, les formes mer-
eedicus ou -didus,
'" Migtna (mélange, hachis); JG. « ordeum cum paica », à quoi ne
répond nullement notre traduction orde paille ; il faudrait orge à paille.
Le deuxième terme de la trad. répond à migmu = smigma , atA^Y^ia,
onguent, savon, mais connalt-on remploi de foie dans le sens de savon?
(95)
Mlles, chevalier ou chevalière.
MllTiiA, ung oysel baux, escoufle 363.
Mima, jongleresse.
Mina, manache ou mesure de bled.
Mlnlam, vermillon.
Mlno, miner, mener brebis.
Mlnor, mendre (» moindre).
Ml(ii)oparo, onls, nef pour pillars 364.
Mlrlea (fxupfxT^), une arbre come genestre ou petit arbre de
quoy on fait escouvettes pour escouveter draps.
Miser, povres, meschans (malheureux).
MlserablllA, chetif.
MIserla, mescanche.
Mlserleors, piteux.
Ml««lle, gavrelot ou (ms. du) dart.
Mna ({iva), ung pois ou une maille.
Moderor, atemprer.
Modleo, apetisier.
Modlolas, moyeu de la roe (pi. h., sous medituUium,
fr. mievl).
Modlas, mui de vin.
Mola, molle de pierre 365.
••» Lexic. 75, milvium : cuvelle, escoufle. Il est douteux que le pre-
mier de ces deux termes soit une variante du second. Pour Tétymologic
d'escoufle, voy. Liltré, qui fait connaître l'opinion de Diez, mais qui a
eu la malchance, en ce faisant, de traduire h deux reprises le mot
ail. vmrfgcschûtz (arme de jet ou à projectiles) par « coup de dés ».
'•* Mioparo ^ jxuoTriptov, brigantin.
«" Molle s meule.
(96)
Molendinarias, mannier (meunier) 366.
Molestas, tristres, tourblés.
Monedala, chave (prim. de choueUe).
Monllc, affique, fremal.
Mora, atarganche, demeur.
Moralls, morel.
Morlbandas, morable.
Morosas, tardis.
Morsas, morsel.
Moram, meure.
Maeidas, pouris, musis.
Maeas, musissure ou poureture ou morvart.
Malera [muictra], l'eure de traire le let des bestes.
Maltiplieoy monteplyer.
Manerarlas, donneur, larges.
Manso, mouchier.
Manieipiam, dons reçups 367.
Manimeii, garnissemens, deffense, ayde.
Manitoriai^, lieu de garnison ou garnison.
I, lamproye.
r, noise.
Martetam, baing chaut naturel 368.
Maseariaiii, esmousquoir.
Maseipala, soursiere.
^* Mannier, meunier, forme variante de monnier, mounier.
'*' Municipium; la traduction parait reposer sur la composiUoa
munus capere (recevoir un don), et se confondre ainsi avec celle de
munificium, acte de munificence.
'" Murletum, JG. a aqua calida de terra manans »...« et ponilor
murtcla pro balneis mirlîs obsilis ».
(97)
», chat 369.
Masito, muser 370.
Maso, muser, penser.
Xa«tcl(l)a9 mustoille, soris.
Xa0t[r]leala, sourserie ou soursiere 371.
MataaA, baillés ou reçups par prest ou entrecange.
m
IVapa«9 naviaus (navet).
IVario, fronsier les narines ou nariller.
!Vato, noer.
IVaaei, indeclinabile, coze de nulle valeur, come che qui est
entre le noiel et la coquille de la nois.
^aae[le]ra«, maronnier (batelier).
^anfrai^am, péril de nef.
Savia, sagece 37î2.
MaTlsabiliA, nagable.
^aalrnii, loyer (ms. loyen) de nef.
IVebrIs, pel de cerf.
'*' MuscOf au sens de chat, est inconnu; les glossaires ne le donnent
que pour « magna musca *.
^''^ La forme mutare ou mutUare (= fr. muaer) est étrangère à JG.;
il n*a que mussare, dubitare, silentîo murmurare, et le fréquent, mus-
sitare. Briton donne les mêmes sens à tnusare, -itare. Le gloss. de Douai
traduit Kiitsitare par runev (murmurer).
^^* Cette valeur de mustricula est bien constatée ; • quia stringit
mures «, dit JG.
'^' Navia, contraire de ignavia, de gnavus, navus, au sens primordial
« enlondu, attentif «.
Tome XXXVIL 7
( 98)
lVcbal(t)a9 dira, de nubes, ou pain délié corne oublie 373.
IVebalo, lecheur.
Meetar, pieument, claré.
Mesoeior, besonguer.
IVcnia, canchon de mors sur les sépulcres ou pour endormir
les enfans, ou fable, vile truffe.
McpoA, nepveux, luxurieux.
IVcptis, nieche.
IVetns, fillace, fil.
Menma, e, neume, chant.
lVeii(p)ina9 tin, sains espris.
Mevas, tache de cors ou coulpe, offense.
Mleiteriam, timbre que on met sur le hiamme 374.
IVidor, oudeur de char cuite.
Mimimm, non pas de merveille.
IVimiirarlafi, wihos, qui n'en scet riens, c'est chely de qui la
femme fait fornication 375.
IVin^o, negier.
IVIsns, esprevier.
'^^ Le mot francisé de nebula ss panis tenuis, est nieuie, niouie,
encore très répandu dans les patois. — Délié = lat. delicttus.
^^* JG. : « Niciteria dicuntur filateria que gestabant athlète facta de
summitatibus armorum que a vîctis acceperant, et ex collo suo suspensa
gerebant quoties yictores eztiterant, quasi signa victorie >.
'" Nimivaritu, ailleurs nûnnarius, niniviaruê, niminarut, nimmarus
(sic dans JG.). Ce nom medio-lat. du cocu, comment Texpliquer? La
forme isolée nimarum patiens me semble faite par erreur pour nimium
patiens (un subst. fém. nima n*est guère admissible). Je tiens provisoire-
ment Texpression pour une création monacale destinée à dire mm-ignarui
c par trop ignorant ou imbécille » •
(99)
Mitor, elforchier, traveillier, effanter (sic).
IVitram, sanblant ou soleil {sic), c'est alun de glace 376.
Wo, noer, liagier.
IVoemnentam, nuisemens.
Moeanii, nuisable.
MomUima, la figure qui est ou denier.
Monua, règle.
Mota, note, tache, coulx, signe, cognoissanche, note do
chant 377.
Moverea, marrastre.
IVoTissiinas, darainier.
!Vabilo, obscurer.
Maeilla, amande.
Mncleafl, noiel de nois.
Maditas, nuetës.
Masa, truffe.
IVnsator, qui dit bourdes.
IVasor, truffer.
IVandIne, foires (ms. fortes).
.iTapcr, nagaires, nouvellement.
IVurasy brus, femme de filz.
Mato, bateiller 378.
IVux, nois ou le noisier.
>^* Ces mots sanblant ou soleil sont bien douteux. Le gloss. de Douai
traduit simplement par sel.
«" Quid coulx? coulpe (lat. culpa) ou coup (marque de coup)? JG. dit
« macula vel culpa ».
»" JG. : Nuto u fréquenter nuere, signare, sicut facit quis quando
cum digitis loquitur » . — Bateiller rendrait-il ici le sens de Pancien verbr
bateler (d'où bateleur) ?
(100)
Obaadioy souroir.
Obcro, loer par pris (JG. aère conducere).
Objarso, tenser.
Oboln», maille, demi denier.
Obrisam [obryzum], une manière d'or.
Obrno, acravanter, trebuchier ou abbatre.
Obse», ostaige.
Obsldco, assegier come ung chastel.
Obstaenlnm, bare, resistenche.
Obstetrix, ventrière.
Obfltipo, encliner, come cil qui demande Taumosne '^^,
Obstrno, estouper.
ObYlam, à l'encontre.
Oeeasio, occasion, faculté, forme, excusanche (prétexte) ^^.
Oeeasa», esconsement, obit.
Oeeldaas, cheabie.
Oceapo, empechier.
Oclam, oyseuseté.
^^* JG. : « Obstipus, quasi contra slîpcm inclinatus *. Ccladj, pri-
mitif de obstipare, pencher, incliner, je n*ai besoin de le dire, n*a rien
de commun avec slips; il est de la famille de sfipo, constipe, mab qocl
est exactement le lien de parenté? J*ai consulté le nouveau Dictionnaire
étymologique latin de MM. Bréal et Bailly, mais, à ma grande surprise,
je n'y trouve pas le mot si classique obstipus. Je rinlcrprètcrai donc,
sous ma propre responsabilité, comme sens primordial, par • presse
contre » .
**^ Forme peut être un lapsus du scribe p. fortune, JG. fkyuoi forluna
parmi les définitions du mot occasio.
( 101 )
Oe(e)rea, housel, house.
Oe(e)re«, houser.
Odor^r, prendre oudeur, ou flairier, comele chien de labeste.
Oemtmwny une mouche, tahon.
OiTa, soupe en pot.
Oifeiido, courouchier.
OIBetosiiS} servichable.
01c«9 es, ai vel evi, itum vel étant, pulr ou estre puant 38i.
Olero, afl, planter ou user de choulx 3âs.
Oleani vel ollani, oile.
Olteelo, flairer.
Olitor, cou[r]tilleur.
Omasas, trippe.
Omentam, la pel où sont envolpés boyaulx.
Omonimas, équivoques.
Onoerotalas, ung oysel, butor. Versus : « Par onocrotalus
cigno sonitum dat in undis ».
Unas, charge, farde! .
Opéra, entente (= application), estude, sedulité.
Opieo, rongier, diminuer 383.
Opinio, cuidanche, opinion.
Opipo, estre aise ou joieus 384.
"" JG. fetcre.
>** Mêmes significations dans JG.
»»* Opieo, JG. « corrodere, dîminucre ». Dief. donne aussi opiarcy
opizare. D'où vient ce mot? La question reste ouverte malgré ce qu'en
rapporte DC. s. v. opizare,
»•* Opipo, JG. « nobilîtare vel renovare, aut post planctum in con-
vivio gaudere ». Aussi opiparare, forme normale tirée du classique
opiparus.
( 102 )
Oppeto (ms. oppido), contrepeter ou contredire, non con-
sentir.
Oppidam, castel.
Oppllo (ms. oppUtUo)^ estoupper.
Opprlmo, grever, empresser.
Optatio, désirs, souhès.
Ora, région, ourlet, rive.
Oratio, orison.
Orator, qui parle, advocat, patron.
OrhHÉk, rondesche de roe (ms. rote), c'est la roie que fait le
charette.
Orbitas, vefvetés.
Orbafl, vefve (masc), privé(e) 385.
Orsanniiiy orgues.
Orlflciam, pertuis, ouverture.
OriiL [oryx, opuQ, une beste, loir 386.
Orlxon, demi espère aparant sur la terre.
Orpliaiiiiii, orfenins ou orfelins.
Orream, grenier.
Orsuiii, adverbium, celle part 387.
Ortlffometra [dpTuyoïATiTpa], ung oysel, caille (ms. coilk).
Ortix, ung oysel, caille (ms. caille).
Ortolanas, courtillier (pi. haut courtilleur).
Orlas, courtil.
'" Le masculin veuf n*apparait qu'au XVI* siècle.
"' Orix, JG. « aoimal immundum et sacrificando non aptum; et, ut
dicunt quidam, est animal simile mûri quod nos dicimus glirem ».
'"^ Orsum « in banc partem » . Mot fictif, abstrait des adverbes com-
posés deorsunty sunum, retrorsvm, etc. Dief. ne Ta pas.
(103)
i, house à chaucier.
4Nor, mal voellant.
Ostrm^ ung poisson, oistre 388.
ij trippe 389.
Palam, adverbium, en apert.
Palam, prepositio, devant.
Palata, palix (palissade) de pies, ou pile, c'est (= c'est-ù-dire)
masse, de figues 390.
Palatlnns, de palais, palatis.
Palatam, le palais de le bouche.
Palcare, pailler ou la pel qui est ou col du torel.
Pal[i]arii8^ chardron (sic).
Pallidafl, pal[le], mal coulouré, et comparatur.
Palliani, mantel, faille.
Paliiic«9 ges (jet^ de vigne.
"** Ostra est aussi dans JG. et Dief. concurremment avec oslrea.
'" Aj>. JG. ozima « intestina, tripe • est tiré de oza vcl ozi, • quod
interpretatur robur, quia in eis consîstit fortitudo •. 12 cite même le
vers de Perse :
Cum bene distioeto cantayerit otima nenro,
quoique dans cette citation ozitnum soit = oeimum (oixif^ov); il reste
encore k trouver le vrai mot qui a pu produire ozitnum (cntrnille), car
rétymologie de JG. ne mérite guère de crédit.
"^ Palata; le premier sens se rapporte à palu$ (= a. fr. piel, plur.
piéê, ou pel, plur. peus, comme plus bas sous pahu); le second à palatha
(icaXàÔTi).
(104)
Palina«9 espans, c'est mesure de la paulme ou de la main.
Palpe, manoyer, paucier (tâter du pouce).
Palus, âdls, mares.
Pains, i, peus (sujet sing. de pet) de bois.
Pan^o, convenanchier.
Panlfem, panetier.
Paniflens, boulenguier.
Papa, pape, i. e. admirabilis.
Papayer, un grain, pavotte ou olivette.
Papiras, papier, ung jonc.
Paradoxa [vaine], glore.
Parafémiiiii, don d'espousée.
Parapsis, escuelle, plat (Lexic. 86, dupler).
Parasitas, jongleur, lecheur.
Parea, «e, forcenerie d'enfer ou mort 391.
Pareopoles, tels, traveil pour plus aise caufer soulers 39â.
'^' JG. furia infcrnalis, leturo.
'^' Cet article est altéré; je le corrige ainsi : Parcopollex, icis,
trainel (ou tramel) pour plus aise caueier soulers. Il s'agit da chausse-
pied, qui aurait été appelé parcopoUex, à en croire JG. (qui, cette fois,
pourrait bien avoir raison), « quia pareil pollici ». Les glossaires don*
nenl comme interprétation latine irainellum ou trameltum (les jambages
sont les mêmes pour tu et fii), mots forgés sur un patron français, qui,
à son tour, si traïnel est la bonne forme, peut être rapporté à lat. Ira"
himen, instrument pour tirer, fr. train (auj. train). Comme on trouve
aussi, avec la même valeur, trabellum (= petit bâton), on pourrait avec
autant de droit conjecturer la filiation : trabellum — tramellum (cp. Jaeobui
devenu Jaquemes)^ d'où, par un effet de mauvaise lecture, trasneUwH,
Cette manière de voir sauverait notre leçon traveil (s trabiculus).
( 108 )
Parles^ parois.
^ar«, apar[il]lier, proposer.
Par^ehia, paroche.
Partleeps, parsonnier.
Partior, partir.
Pamm (ms. parvum)y pau.
Pasena, peuture 393.
Paseiealas, escallac (échalas) de vigne 394.
Passer, mousson 398,
Passas, souifers (de patior\ estendus (de pando).
Pastlnaea, racine, panaise.
Pastino, planter, purgier.
Pastofortam, chambre de ceulx qui gardent les eglizes.
Pastor, pastre.
Patella, paielle.
Pat(h)era, grant hanap.
"*' Peuiure, propr. nourriture d*animaux, puis nourriture* en général.
Diverses raisons s*opposent à Pétymon petit (part, passe de paistre),
que j'avais avancé dans mes Trouvères belges (nouv. série), page 542.
MM. Foerster et Joret identifient le mot arec peuture (voy. Littré), qui
reproduit le bas-lat. puZ/tira, dér. de puts, pultis, A Fappuî de cette
nouvelle explication, je rappellerai la glose de Reichenau 217 : « put-
mentum cibum », sur laquelle Diez, Téditeur de ces gloses, renvoie au
gloss. de Douai « pulmentum piumens • (ne pas confondre avec piment),
en citant aussi prov. polmen (soupe, ragoût).
'** PasdetUus est une forme, inconnue ailleurs, p. paxiculm ou
paxiUus (d*où fr. paùsemt).
*** Lezic. 75, monnes. Voy. sur mousson mon Dict. d'élym. s. v. moi-
neau, et celui de Grandgagnage s. v. motion.
(406)
Patibalain^ gibet, fourches. ^
Patrinas, parins.
Paa«a, pose, reposement.
Pceten, pines (= peigne), harpe, ung poisson que on dist
plais ; danse pagine 396.
Pcetlnariaiii, ostieu à mettre pignes.
Pccto, pîgnier.
Pceta«, pis ou poitrine.
Pedetentim, adv., saigement.
Pedienlas, pous.
PedOy peteur (= lat. peditor), ou poulz (= lat. pedîculus).
Pednlesy avanpiés de cauches 397.
Pcdnm, baston de paistre, grosse (=^ crosse).
Pel[l]c», concubine, ribaude.
Peliim. (1. pellax)^ fauls, triçeur, et comparatur.
Pcllieea, plisson.
Pcliiparias, peletier.
Pellis, pel.
Peliris, bachin.
Penitet^ il me poise (même trad. que pour pigeî).
Pensio, pension, rente, pois ou pesage, solution, paiage
(ms. poiage).
Pcnlliafllaiii [pentaphyllon], une herbe, quintefoelle.
Pepo, potage (espèce de melon ; de là ail. pfebe).
Pera, esquerpe, taisse, bourse.
Pcrdix, perdris.
'*' Harpe n*est pas exact; il s'agît du picctrc. — Qac faut-il cnleodre
par danse pagine ?
^*' Pedulcs, JG. pars calîgaruni que pcdem capîL
(107)
Pcredia, aise ou superfluité de mangiers 398.
Peremptio, occision.
Perennls, pardurable.
Perfldla, trecherie. .
Perflbdio, transperchier.
Pertonetorias, transitore, destruitis ou qui use ou despent.
Perilyalain vel peribnlns, alée 399.
Perpcllo, parbouter.
Perpcndienlarls, de mesure.
Perpendlealnm, ligne, règle à mesure, corde à plonc,
à mesurer.
Perplexns, entouellés, envolepés.
Persicas, pieuquier (= pêcher).
Pempieabllitas, ententibleté.
Pervias, trespassable.
Pessatain, peille d'huis 400.
PcAtls, tempeste, pestilence.
Pcto, requerre.
Pctroslltanm, presin (persil) ^Oi.
Petalor, follement ou mignottement requérir.
Petalas, II, cheval qui ha grans pies 402.
^^* JG. « supcrfluitas cdciidî, sicut bibtda bibendi •.
^*' Peribulum est une latinisation du grec Trept^oXo; (enceinte, pour-
tour), faite sans doute sous Tinfluence de ambylo,
*^^ Peille est une modification de Ta. fr. pesle, n. fr. pêne s= fat.
pcêsultu, Tcrrou. La forme du mot français, toutefois, permet aussi
d'invoquer un type latin pagula (cp. re-pagulum, verrou).
*•» Presin = peresin = peresii (d'où persil),
*^* Corrigez : blans pies. — Petulut est, parait-il, une altération de
peculut, qui vient de irofxiXo; (bigarré).
(108)
Petas, lousque, qui muet souvent les yeulx, et producitur
prima.
Pe&lm, ornéement.
Phllaniropos, herbe, englouteron 403.
Pieta, cote ou pointure ^0^.
Pietaeiam, tacon de solers.
Pietara, pointure.
Pletan, pitié.
Pletieas, piteus.
jngetj il me poise.
Pismentaiii, pieument.
Pila, pille, estoef, piler *05.
Pila, taverne, pilet de mortier.
Pilav, chat.
PUcntain, tumbriel.
Plllladas, qui joue de pelote.
Pileus, chapel de poil.
Plllata, te, pillart de mer, larron 406.
Pilo, oster poil (ms. pok) ou peler ou piler ou piller, ravir ^.
*^* La forme englouteron est inconnue et prob. fautive; voy. lappa,
— L'appellation du glouteron ou grateron par philanthrope « qui s'attache
à rboromc » est assez humoristique ; on la trouve déjà dans Pline.
*^* Picta, JG. « pinctura siye pîctura », mais dans le Vocab. theutoo.
de Conr. Zenînger picta est = tunica, ail. rocke, ce qui justifie notre cote,
«>> Pour la distinction prosodique des deux mots pUa, JG. cite le vers:
Est pt la pes pontes, pila ladas, pî/a taberna,
Plia terît pultes, in belUspî/a feruntur (al. gtruniur),
*^ Pillata avec deux / est fautif, car le mot pilala est = pirata
(Tieipati^c}. Pour / = r, cp. le v. fr. eontraile p. contraire.
'^^ Cet article se rapporte à la fois à ptlare et à pîlare.
(109)
PUotellnSy estoef, pelote.
Ptlmn, dart.
Pllnsy poil ou pilette (pilon).
PIndo, broyer 408.
VÈwkg; poindre.
PInso, pestrir, faire le pain.
Pistillain, pilette à broyer espices ou aultres cozes.
Pister, boulenguier.
Pitulta, pépie.
Pis, poi[s].
Placltor, plaidier.
Plâ^a, plaie.
Plà^a, région ou rois (rets).
Planliiido, plaineté ou onieté (ms. onniette).
Planta, ente, arbre, jonc.
Planiaso, plantain.
Plecirum, gouvernai de nef ou language ou instrument de
musique ^^.
PUca, plois.
Plvo, plouvoir.
Platenm, escriptoire.
Plnlio (ms. pluUino)^ plouviner.
*^* Pindo se trouve aussi dans JG. d*après Ugution; serait-ce un mot
forgé comme primitif putatif de pinso (piler)?
"• Il faut, semble-t-il, lier language Sivec de musique (cp, plectrum
Lcsbiura); cependant notons que les anciens gloss. donnent au mot
plectrum le sens • lingua in corpore vel potius ultima pars linguae »,
de sorte que language pourrait aussi êlre considéré comme une faute
de copiste p. langue.
( HO )
Podex, cul, poistron.
Podium, baston pour apoyer ou potence.
Polenta, boulie.
Polimlia, vestement broudé.
Pollpas, pueur de nés, ou ung poisson; mufuart de nés *io.
Pol[l]em, le gros doit, paur.
Pol[l]liiso, ensevelir.
Pollno, gaster, honnir *i^.
Pompo, enorgueillir.
Poplnlo, queus, souillart de cuisine.
Poples, le ploi de genoul que on dist garet (jarret).
Porea, truie.
Porriffo, tache^ tigne.
Porrnni, une herbe, porriaus.
Portlcus, porge, portai 4*2.
Porns, pertuis pour yssir sueur.
Posiela, culiere de cheval.
Posteras, ensievant, daregnier.
Posilimliiliini, retor (ms. neton) de exil.
Poilono, abuvrer, pois(s)onner.
Potas, boire, buvrage.
Praiellniii, praiel, petit pré.
Prebendarlus, prouvandier.
Preeaireo, eschiever (esquiver).
*'° Muruart doit être corrigé par morvari, qui s'est présenté déjà
au mot mucus, — JG. a fedatio naris » .
^'* Gosier, pr. dévaster, s'appliquait aussi à la corruption en géucr»!
(sens conservé) et à la séduction, au viol en particulier.
*" La forme por^c existait concurremment avec porche.
(141)
Précipita, tresbuscbier.
Preclpans, souverains.
Preeocla, rosin (raisin) hastif 4i3.
Predleo, preschier.
Prefeetns, prouvost (pi. loin, s. prepositus, prevost) 4^^.
Pre^no, engrossier ou faire ensainte.
Prelnm, pressoir de vins ou Taubre ^^,
Premlneo, souraparoir.
Premlnm, guerdon.
Prepes, isnel, legier.
Prepositus, prevost.
Près, prédis, riches ^6.
Presepe, grebbe où mengûent les bestes ^t.
Presertlm, meement.
Prestlslnm, dart magique 418.
*»» L'a. fr. rosin ou roisin (voy. racemus) a survécu dans Tall. rosine
(raisin sec), néerl. rosijn,
*^* Le mot fr. prouvost est Torigine de Tall. probst, prieur, doyen, et
de l'ail, profoss, geôlier, néerl. provoosl,
*** Àubre, var. de arbre, par rinterracdîaire de alttre (on le retrouve
sous fureur); il s'agit ici de l'arbre de presse, cp. ail. press-6at<m.
416 praes, au moyen âge, était l'équivalent de « dives « ou, comme
dit JG., « qui multa habet praedia »; le sens « garant, otage » venait
en sous-ordre. Ce dernier, cependant, est primordial; l'étymologie a
démontré que praes résulte d'une contraction de prae-vas, praevadis,
ou plutôt de praeves, -vidis; de la praedium, qui signifie, en premier
Heu, gage, hypothèque, plus tard bien-fonds, domaine.
*" Grebbe, forme rouchi de crèche (= ail. krippe); wallon crêpe,
**• Article tronqué; lisez « une manière d'art magique • (JG. qucdam
species magice arlis).
(412)
Presamptloy oultrecuidance , hardiesche, cuidanche, ou-
trage 4^9.
Preirarleor, trespasser.
Primarlns, primerain.
Prlmleerius, [premier] porteur de cierge *20.
Prlvl^nus, fillastre.
Probo, prouver, assayer, loer.
Probro, laidengier.
Proeessio, pourcession.
Proeessasy proches.
Proeonsnly qui est mis en lieu de conseil, eschevins.
Procus, requereur de femme.
Prodisas, fol large.
Pro doter, bêlas dolent !
Protenoy escomenier.
Profecins, pourfit.
Proflclo, pourfiter.
Profùndosy parfons.
Prosenles, lignie (forme pic. p. lignée).
Progressifs, proches.
ProlIsLltas, longuesche.
Proiiio[ii]torIaiii9 montaigne apparant de loing.
Promiuarlaiii, celier (GL. 49, despense, Gl. de Douai,
grange).
*^* On sait qu'outreigc est propr. excès en toute chose.
**^ Primicerius, JG. « qui primum ccrcuoi portât aute episcopum
vcl regem de dignilalc », Cette ëtyoïologie ne satisfera guère ni les
archéologues, ni les linguistes. Bfaîs quelle est la bonne? Est-ce réelle-
ment « qui primus in cera inscribitnr »? Quoi qull en soit, c'est ce root
bas-latin qui a fait naître Tanc. subst. princier.
( H3 )
Propa^ino, pourlignier, estendre ou faire lignie.
Propa^o, lignie, proving de vigne.
Proplclor, avoir merci.
Propina, taverne.
Proplno, amenistrer (= offrir, livrer).
Propnlla, halle, maison de marché 4^2i.
Propa[s]naeiilimi, creniaus de murs à bastillier.
Prapndlnm, lieux desbonnestes 4^^.
Prora, première partie de la nef, come le couuner (?) de
lanef'*23.
Prorlio, esmouvoir 424.
Prosapla, lignie.
Proseco, tresbuchier, rognier *2o.
Prosellius (cp. lat. adveiia), estrange.
Prosequor, poursievir.
*** PropuUa, mot insolite p. propota, « domus ubi venduntur un-
gnenta, etc. » — En latin classique (niasc.), uniquement a brocanteur »
(= gp. 'irp07C(i)XTJç).
*** JG. o locus scurrilis •.
*** Le mot que je laisse dans le doute, cache-t-il un dérivé de cou-
ronne, ou de coron, coin, bout, qui s'employait jadis dans le sens
de proue?
*** Il est difficile de séparer le verbe pro-rllare (qui est aussi dans
Pline et Sénèque) de la famille de ir-ritare. Cependant le Dict. de Bréal
et Bailly admet pour irrilare un primitif hirritus (le grondement des
chiens en colère). Pour moi j'ai quelque peine à ne pas rapprocher du
thème latin rit Tall. reizen et Tanc. nord, reila, qui disent la même chose.
'" Je ne me rends pas compte de la traduction tresbuchier et la tiens
pour fautive.
Tome XXXVII. 8
( "4 )
Prosperiias, eureuseté.
Prosilbnla, ribaulde.
Prostibnlum^ . bordel .
Proielo, alongier (= éloigner), différer.
Pro vidas, pourveable, cler voyant.
Prurigo, poureturè ^26.
Pruriios, demengemens.
Prurlo, soi demengier (ms. -megnier) ou degraterouescaupir.
Psltacas, paupegay.
Piisana, tisane.
Pubes, barbe joine ou première.
Pnbeienus, près du ponil (= cunnus).
Pndencla, vergongne.
Pndeo, hontoyer.
Pudor, honte, casteté.
Puerpera, enfanteresse.
Pusll, campion.
Pu^ilarc, penne pour escripre ^^t.
PoleiL, puche.
Piil[l]as, pouchins.
Polmo, mol, poulmon.
Palpa, char sans craisse.
Pnlpiiain, pulpit, lectrin.
Pois, caudel, potage boulit.
^** On lit dans JG. : « item dicitur pro ipsa scabie que prurilum
confcrt et ardorem »; toutefois, cela ne justifie pas la traduction poun-
turc ; le traducteur doit avoir ctc induit en erreur par la ressemblaDce
entre les thèmes de parrigo (synonyme de prurigo) et de poureturè,
*" Jti. « penna vel cornu vel tabula manualis ••
(H8)
Polslm, deboutéement (= en poussant).
Pnlsnsy rihotemens, poulz de bras.
Pmnév, ponche.
Panctoriaiii, poinson.
Pnnlens, d'Âuffrique.
Pnpllla, prenelle de l'œl.
I, pnrls, garde 4^^.
i, indeclinabile, est pouriture.
Postula, vessie.
Pvteo, puïr.
Pnto, cuidier, tal[l]ier vignes.
^nadra, quarte partie de quelque chose.
4[|aadrisa , quarette.
^dnadra, faire quarré.
flnadrnvliiiii, quarfour ^^9.
^daamquaiii, ja soit che.
4[|aantiis, combien, quans.
flnartalluni [xàpTaXXoç], ung coffin.
^dnassa, froyer, quasser.
*** Pus, purU, custodia, est aussi dans JG., « et à\c\\\xv p%iru$ quod
purum custodiat et retineat • . 11 cite le vers :
Pu» pro putredo non declinabile credo,
Pua declinatus custodia quando Tocatur.
JI ne faut pas oublier que pour JG. et notre auteur indéclinable est
synonyme de neutre.
^'* Quadruvium avec u était fort répandu.
( 416 )
flaatemani, coyer (cahier) de livre *30.
^atloy escachier.
^nestiis, quest, conquest.
flala, quar, car.
^^aineilaniy s. insuper, avoec che.
flalno, onls, qui ha .v. chevaliers sour soy ^3i.
f|al(t)io, quittier (= faire quitte).
flaonlam, pour ce que.
^noilens, quantes fois.
Racemus, roisin.
Itadlasy rais de soleil ou de roe, ou instrument de tixerant
(navette).
llado, rere.
Ranmiis, ung arbre, rouseiller (= groseiller) 43«.
Ramus, rainchel.
«»• Sur la forme coyer (cp. s. codex, quùyer)^ voy. Part, codex dans OP.
*** Quino, autre forme de quinio, absente dans JG., mats consignée
dans Dief. — Le sens prêté ici au mot, c'est-à-dire « le sinquièmc de
sa lignée », est fondé sans doute sur un passage de saint Jérôme (in
prologo Sophoniae), allégué par JG. : « Hoc si verum est, Sophonias
propheta quinione, ut ita dicam, prophetico et gloriosa majorum suoram
stirpe generatus est «, ce qui, selon JG., veut dire : quintus nameratur
in gencratione sua.
^*' Ramnus (rhamnus) « alba spina * ; le fr. rouseifUer semble tenir
de rtucuf (brusc) plutôt que de rosel (roseau) et, malgré la confusion des
sens que ramnus présente parfois, être étymologiquement étranger au
fr. groseiller, qui est d'origine germanique (voy. mon Dict.).
( <" ) .
Rana, raine.
Raneor, rancune.
Rarns, cler, non espès (== fréquent).
Rasar, barbieur 433.
Rastrnm, rastel, herche.
Rata, partie, ut solvere pro rata, reste *34.
Rails, ils, nef.
Rancus, enroués.
Rcealcliro, regiber.
Reddivo, rencheoir.
Reelproeo, reflechier.
Rccando, muchier.
Reeulco, rechauchier.
Reddlins, rente.
Redempilo, racatement.
Redeo (ms. redid)^ repa[i]rier.
Rediins, repairement, retour.
Redlbeo, redebvoir -^35.
Rcfociorlaiii, refretoire d'abeye.
Refoclllo, renourir, repaistre (gloss. de Douai : soeler).
RelMi^ero, refroidier.
Résilia, rieule.
Remlso, nagier (== naviguer), avironner.
Remaireo, oster.
Remaleo, relraire la nef par cordes (de là fr. remorquer).
*** Rasor est absent dans JG.
*^* Rata, article fautif; JG. définit mieux pro rata par « pro parte
sibi contingente ». — Rctte est incompréhensible; corrigez rate.
**^ Rediheo, JG. rursum debere (le classique redMbeo manque).
(H8)
Remas, aviron de nef.
Ben, rognon.
Bepasulam, bare de huis.
Repatriare, retourner au pais (v. pi. h. re
Bepedlio, regiber de piet.
Rependo, guerdonner.
Bepo, rampir.
Repofoeilianiy che qui coeuvre le feu de nuit 4^6.
Reprehenslblllsy reprenable.
Resero, as, deffermer, declairier.
Resldeo, reseoir ^^37.
Resoliro, desvolper, deslier, repaier (ms. reparer).
Rei(h)e, rois à pesqueur.
Reilolnm, coiffe comme rois (a. fr. reseul, auj. réseau).
Reirello, errachier.
Rennia, reume (rhume).
Reamatlso, enrouer.
Ricins, ris, richinements de bestes sauvages ^38.
"• Repofocilium, de reponcre -*- focus. — L'étymologîc de JG. « com-
ponitur a repono et focus et cilium » (« quasi cilium foci ») est de pure
fantaisie. Voy. mes obs. GL.- 50 (note 9) et OP. « cloque à quoi on
coeuvre le feu quant on cuit les pales « .
*" Verbe ancien supplanté par la forme savante résider.
^'* Après avoir relevé, dès 1867, dans ma Lexicogr. lat. 126 (note 10),
la glose chineur = lat. gannio, y&i eu tort de ne pas en tirer profit,
en 1873, pour Tart. rechigner dans ma 2* éd. de mon Dict. et dans mon
Append. à fa dernière éd. de celui de Diez. On m*en a fait avec raison
le reproche et je saisis Toccasion que me fournit ici le mot richinemens
pour exposer la vraie étym. du verbe rechigner. D*une étude minutieuse
( 119 )
WkÊg^Tj r[o]ideur, rigeur.
Rima, fendache, crevache.
lUnii^o, moquier, rire faintement, recigner.
Rlnifor, gaber, id.
Risins, tas, sed (?) a frenestre ^39.
IUtiis, ruissel.
lUxofliiiSy noiseux, tenceux.
», rongier.
ft, aumosne.
Itoro, faire rouser ou arrouser.
lto«, rousée.
Roiabidiim, rable ^ms. table) de four 4^.
Rotiiliifli, rolet.
Rnbeia, raine de buisson.
Rnblffo, enrousilleure ^^ .
qu'y a consacrée le prof. Fôrster dans la Zeilscbr. fur. rom. Phîlol. III,
S64-5, il résulte que dans aucune de ses acceptions, il ne dérive de reehe
ou rechin. Toutes ses applications remontent à Tidée « faire la grimace,
grincer », et lui-même dérive du v. h. ail. kinan (• adridcre •), qui
explique aussi les anciennes formes composées eschignier, retchignier,
reskignier, tretkignier. Corrigez un des deux mots par enroilleure.
*** Ritttis est une mauvaise lecture p. riscus, lequel est interprété
dans les gloss. par • fissura vel fenestra patcns in fenestra », ou « vas
ex juncis et viminibus », ou « sedes apum » (donc = ruche). — Quant
à notre sed à frenestre, je le laisse à Tétat d'énigme. Peut-être faut-il
lire u (s ou) au lieu de a, et sed se rapporte- t-il à « sedes apum ».
*** Roiabulum, forme du bas-latin créée par adaptation à rota pour
rtt/a6ti/tifii ; de là fr. rouble, reable, rable,
**^ Enrousilleue, de enrousiller, se couvrir de couleur rose. Dans le
ms. le mot est mis deux fois, seulement la première fois, il se lit plutôt
enronêilleure.
. ( 120 )
Rnbrlca, rubrece.
nabam, bouton (glose douteuse).
Rncio, router.
Rvcias, route (= rot, éructation).
Rndltns, les cris des bestes mues.
Rndus, gravois, pierres petites, corne pour faire pavemens.
Rnfas, roussel.
^ Rn^a, fronce.
Rnnco, sarcler, errachier.
Ruptura^ rompure.
Rus, ville rurale, camp.
Rtiscos, ronces ^^.
Rairum, fossoir.
H
Sabarra, gravelle 'Mrâ.
Sabnlum, sabelon, gravier.
Saccataniy vin de buffet, vin bouté ou pargouté par le lie.
Sacco, ensacquer.
Sacrisia, soucretain 4^^.
Sa^acltas, soutieuté.
Sasam, sages, soubtis.
Sa^ena, rois de poisson (a. fr. sdime, n. fr. seine),
Saslmen, sain (graisse) ^^,
*** Rutcus, GL. 40 grousillier; ruseum ib. 41 groussaile.
**» Sabarra est erroné p. saburra,
**• Sacrista, maso. = sacristarius ou sacristanus (d'où a. fr. teerdan,
êegretain, ital. tagreslano, ail. sigrist), La forme toucreiain se trooTe
encore ailleurs (comp. pvouvost =s prevost),
*" Sain, d'abord sain, reproduit exactement sagimen = sagin».
(121 )
Sai^ina, craisse.
!9«i^iio, encrassier, larder.
Sa^lo, devenir [saige], engigneusement ouvrer (ms. engre-
veusement ouvrier),
Sa^Iita, saiette.
Sasma, somme, charge.
Sairnm? saige, sarpille ou robbe belle ^^.
Salebra, voie aspre ou boueuse.
Sallunca, une herbe espineuse que on appelle caude trepe
(auj. chausse-trape).
Salsa, sausse.
Salslda, saussice.
Salsn^o, sammuire (saumure), c'est seil fondu de la char.
Saltem, au mains.
Salve, Dieus te sault [ou] saulue.
Sambuca, sambue, flassoie, une herbe, simphoine '^'7.
Hk^mbncus, sehus (cas-sujet de sehuc) ^^.
Sandapllum, bière, tiertre.
SandlsL, une herbe, waranche.
itoinles, poriture, boe de sanc.
Sano, saner, garir.
*«• SaigCf le vrai mot ancien était «aie. — Je ne connais pas sarpille.
. *" Sambuea, comme nom d'herbe (végétal), désigne Je sureau ; flassoie,
ailleurs flassaire ou flassarl, traduit sambuea en tant que couverture de
laine, litière. — Une troisième acception bas-lat. de sambuea est « genus
simphonie musicum quod fit de illa arbore •. Simphoine, anc. forme
p. symphonie = instrumentum musicum. — Voy. aussi mes obs. GL. 27
(note 10) et OP.
**• Sur fr. sehue, etc., voy. mon Dict. s. v. sureau et OP. v. sambucus.
( 122 )
Sanns, sains, ha[i]tiés.
Itoplo, savorer, avoir saveur.
Hm.pora, assavorer.
Sarabelnm [saraballum], braie (voy. GL. 16, note 10).
HmreoiiBigum, sarquis (cercueil) ^9.
Sarenlum vel sarenlns, sarclet.
Itorpa, sarpe.
Sarto^o, paielle.
HmtmgOj eiforchier (s'évertuer).
fikftielleft, bourel, varlet.
Saileias^ saturité, soulanche.
Satlo, sauler ^oO,
fikfcilo, onls, semeure, seminacion (ms. semiradon).
Satlsteclo, assouffir.
Itoirapa, juge, sergans, sage.
Saiur, saules.
Saiieloy navrer.
Sanma, somme, charge 4^^.
Soabellum, marche piet.
Scables, tigne, rongne.
Scabo, grater.
Scala, esquielle.
Scalpellum, canivet, coutel à .ij. manches pour peler cuirs.
**^ Il faat prob. lire sarques (nom. sing.) ou targueus.
**^ Cette forme saules avec au revient sous satur, tandis que sous le
mot précédent nous trouvons soulanche. Faut-îi prononcer saûUr, ou
corriger saouler ou soûler ?
*^^ Sauma est une autre forme de sagma (pi. h.), amenée par Pinter-
médiaîre de salma; cp. la filière smaragdus, esp. esmeralda, fr.émeraude.
( 123 )
fSeampniuii, banc.
Scandalam, escande, offense 4^2.
S^andulam, escaille d'esquielle ^^3.
^eaphiam, vaissel à pissier.
Seapula, espaule.
S«apa0y espaule ou hautece.
Scatebra, sourdis d'yave.
Scateo, sourdir.
f§leeda, note, parchelote 4^^.
f^enotapblnm, sépulcre wit 455.
Scepirum, sceptre, vergue royale.
Sclllcei, assavoir.
fielndala, esteule de quoy on coeuvre les tois ^6.
Sdnlfosy I«9 une mousche ^57.
Selpbus, hanap.
Scaba [scopa], balet, ramon (d'où fr. éœuvette) *oS,
fi^eobo, bis, baloyer.
*•* Escaiide, plus souvent escandre, auj. esclandre.
*" Seandulum n'est pas dans JG., et Dief. ne le cîle que d'après un
seul gloss. Iat.-all., où il est traduit par sprosse (échelon).
"* Parchelote est un lapsus du copiste p. protliecole = lat. protho-
collatn (sic), qui est un des sens donnés par JG. au mot tceda.
*" Forme bas-latine abusive, puisque le mot représente xevoxdtpiov.
Cp. Vs initial dans scinifes,
"• Le moy. lat. sdndula, comme l'ail, schindel qui en vient, est bar-
deau , tandis que esteule (de stipula) signifie paille, chaume. — Pour
scindula (de scindere, fendre) on trouve aussi scandula, d'où fr. échandole.
••' Scinifes, même mot que einifex (voy. pi. h.).
*** Scoba est une adaptation de forme à seobs, scohiss de même le
verbe scobo qui suit et qui revient plus bas avec un p.
(124)
iScobii^ rabot à carpentîer 4-59.
(ieo(l)pa, balet ou ung arbre : hous *^.
iScopo, 1», ni, Itam, baioyer 46i.
iScopo, a», id. ou nettoyer.
Scopulnii, roche.
iScortator, houllier ^^62.
Scorteii, 1», la pel du mouton *63.
Iteortor, ribauder.
(ieortaiii, ribaude, putain ou lit de bourdel.
Screa^ escuine, crachat.
Scrofk, truie, pourcel.
ScroflUa [scrofula], escrouelle, maladie, le mal le roy.
(ierapulnii, pierre (ms. perte) ou moleste, soH[ci]tude,
remors de [con]scienche.
(ierupuii, pierre aspre petite.
*^^ Seobt « ferrum quo ligna plananlur ».
**^ La mauvaise forme scolpa n'est consignée nulle part. — Scopa se
disait, en effet, de l*arbre dont on faisait les balais; il fallait donc plutôt
genêt que hous.
^*' Scopo de la 3*^ conjug. est probablement Teffet d'une confusion
avec scoho; à la vérité il se trouve dans la Vulgate, où on lui voit traduire
le gr. vxdfXXci) (sonder, creuser) , mais celui-ci parait être indépendant
de scopâre et avoir été fait sur le gr. vxoir^o), scruter. Voici le passage:
Psaume 76. 7, Et meditatus sum nocle cum corde meo... et seopebam
spiritum meum.
*** tiouUier, débauché (ce root français se trouve dans Sachs, mais
non dans Liltré), vient de Tall. hure, femme publique; on trouve aussi
hurier, et la forme haners = scortator dans le gl. de Douai est sans doate
un lapsus p. houriers.
*** JG. et autres gloss. : scories, -tis, pellis arietis.
(128)
Scrntuiii, robbe despechie (ms. depieche) ou trippe464.
Sculpoy entailiier.
S«iirra« glouton, lecheur.
fi^entlca, cscourje, fouet.
Scutula, Termail ront.
Itobuiii, sain à faire candelles.
Itocto, secte, propos {= dogme, doctrine).
Iteetor, ensievir.
Itocaiida, bonne fortune, ou une rue de Jérusalem, ou la
pel où est envolpés l'enfant au naistre.
fi^eeurl», cuignie, hache.
Seca», prepositio : de! es, de coste.
Itoeuii, adverbium, i. e. alias.
He§;eHj bled.
fScf^niii, preceux (paresseux).
Sell^o, eslire à part.
Itelliiiiiii, une herbe, ache.
SelUo, oui», chev[a]l (pr. cheval de selle).
Semlnliiiii) semenche.
Sentis, une espine, ronse.
Itoparo, séparer, deviser ^s.
Separatio, dessevranche.
Sepe, souvent[es] fois, et comparatur.
(topes vel sepls, haie, soif 466.
*«• JG. vcslis pauperum lacerala ; item scruU dicuDtur exta, scilicet
Irîpe, « quia cxtis scrulabantur futura » .
*•» Separo; le bon mol fr. est sevrer.
*" Ce bon vieux mot soif a dû disparaître après rinlrodnction de
goif^ silis (au lieu de soi), sur laquelle Grôber a fait une élude remar-
quable dans sa Zeilschrifl fur rom. Pbil. II, i60.
(126)
iSepla, ung poisson : sèche.
i^pa [caepa], oignon.
Seqaela, coustume, sieute (suite) 4ô7.
Seqnester, moyenneur, juge.
iSequor, ensievir.
Herm, fermure.
Série», ordonnanche.
i^rla, ung pot (vase de terre, jarre).
(Serlatlm, ordenécment.
filerleam, soie.
Seriottus, ententis (= appliqué).
Sero, ttl, enter ou planter arbres.
Sero, sevl, semer.
i^rpilain, une herbe : polieul (poliot).
Serpo, rampir.
Serra, sie à sier.
Sertatu», encapelés.
Sertam, capei de fleurs.
Sérum, cler lait (ms. lart) de fromage.
Seta, soye de porc.
Setaelum, sas à sasser Tarine.
Setarlu», sasseur.
Seirerus, cruel, discret, roit.
Seirlo, forsener.
Slc(c)era, sidre, cervoise.
Sido, 1», asseoir, juchier.
SlsiUam,
**^ Sequcla, JG. « mos, consuetudo, cxemplum, ritus •.
( 127 )
tSillcernaii, morable (= moribond), qui regarde sépulcre,
« quasi silicem cernens » ^68.
Sllli^o, soilie (= seigle), bled.
Slllsinosus, soileux.
Slliqua, «e, ung arbre qui porte fruit profitable aux pors
ou le fruit, ou ung pois, la .xxiv. partie d'un pois
(c.-à-d. d'un solidus).
Sl(l)llqaa, une herbe, gallice hoton ^^.
Slmbolam, escot ^"70.
Simlla (ms. similia), fleur de farine.
Slmultos, faintise, barat ^"^i.
mmas, qui a court nés.
fSlnapls, senevel.
mnaplam, moustarde ^Tâ.
Mnelput, la partie de la teste devantraine.
mn^altlo, segloutir (on trouve aussi souglouiir).
SlnsniuS) seul, universel ^^^.
Slntboma [symptoma], accident ou signe de maladie.
SInaii, sain, giron.
*•• Le bon mot lat. est silieemitu, c'est celui qui est Tobjel d'un
êilicemium (repas funèbre), lequel est p. silieemium, composé de »ilere
+ cesna (bonne forme ancienne p. coena),
*•• Sur hofon, voy. pi. h. acus.
^^^ Symbolum a ici la valeur • part de chacun dans un pique-nique > .
"^ Le sens « faintise » n'est pas exact et parait avoir été posé sous
l'influence du verbe simulare,
*"** Sinapium, forme absente dans JG.
"» La Irad. universel est inexacte; peut-être motivée par une mau-
vaise lecture de unus et unus (dans JG.), lu comme s'il y avait universus.
( 128 )
Mpo, apasteler oysaus, et segnefie deminsier, esmyer*?*.
Siren, enls, porcel (ms. parel) de mer.
SIrcna, oc, moustre {= monstre) de mer ou ung serpent.
fi^lrpa, [id. est quod] sarpa.
SIstarela [sitarchia], sac ou repositoire '*''5.
fSItula, vaissel à yawe sellée (ms. sallée) ^^^.
Sobrlus, sobre, non gourmans.
Socerlnu», de serourge (ms. sirourge).
Socloy compagnier.
fSolarlam, solier (= le plus haut étage d'une maison) ^77.
Solea, semelle, somelle.
Solco, sembler.
Solldo, affermer, ent[e]riner ou faire chose ferme.
Solldus, sodés (d'où sotider)^ fermes.
Solldus, pois, solz, XII deniers.
Soliiieqiilaiii, solseqaiam, soussie.
filollum, siège de roi.
Solor, conforter.
Soliro, deslyer, payer, soudre, délivrer.
Somna», somme, dormir.
Sonlpes, cheval, destrier.
Sopbisma, parole envolpée, entoullie, decevable.
*"** JG. donne à ce verbe les trois acceptions suivantes : I. farinam
ad pultcm faciendam immillerc ; % spargere, et proprie escam galliois
(c'est notre apasleler); 3. comminuere (notre deminsier, esmiier). —
Nous avons à faire au primitif de dissipare (svpare ou sipare, jeter).
"* La forme sistarcia s'est introduite peut-être sous Tinfluence deoi^a.
^'* L'épitbète sellée est de trop; je lirai donc séparément sdtée ou
seiUée, mesure de liquides, signiGant un seau plein.
*" Sur solarium (d'où Tail. sÔller)^ voy. GL. i9, note 5.
(129)
Sopor, somme, sommel.
Sorbeo, humer, dévorer, engloutir.
SorMctam, caudel.
Sordeii, ordeur, pueur.
Sordido, faire ort.
Sorlca, moncel ^'^8.
ik»ricetttiii, lieu oii vont souris.
ISoropbasttSy sépulcre de pierre 4*70.
^iorops, gason de pierre ^0.
ISors, aventure ou catel ^^.
^lortlor, sortir, faire les los ou deviser, donner.
ISospes, sains, haitiés, alegiés.
f^otnlar, sorler pour cauchier les pies.
Apaclmii, esbatemens, espasse.
Spadix j sus rouge (= lat. subrubeus) ou jaune, non pas du
tout rouge.
"' Soriea « lumulus arenartim vel Iranslattva cujuslibct rei congc-
ries » (JG.). — Du gr. cxcopo'ç, tas.
*'* Sorophagus, mot créé par adaptation à sareophagus en substituant
à rélément sarco le terme toro, qui représente gr. aopo'< = arca , tom-
beau, ou, pour mieux dire, c'est un mauvais mélange de soros et sarco-'
phagus, — JG. • quidam lapis sic dictus quia corpora dcfunctorum con -
dita in eo infra quadraginta dies consumantur, et ponitur pro sepulciiro
simpliciter •.
^'^ Sorop8,=s caespes, motte ou terre de gazon. L*étymologie reste
douteuse, mais on ne saurait en méconnaître la parenté avec soriea.
^'* Les deux acceptions sont mises en relief dans le vers suivant, cité
par JG. :
Sors notât evenluni, lignat qtioque sors capitale.
Tome XXXVII. 9
(130)
Spado, chastré.
HpmrgOj espardre.
l9pa[s]iiio, pasmer.
Spasmu», pâmoison.
iSpatlor, abanoyer, sallir, esbatre par récréation *^.
Spatala, espaule ou la fueille du pamier.
Species, biaulté, espeche.
iSpcculor, mirer, regarder.
Spera [sphaera], espire, rondesche 483.
Spleo, faire espi, espyer.
(Splenlum, dart ou espié.
Spina, espino ou eschine.
Spinter, espingle.
Splracalam, souspirail.
fi^plritasy esperit.
iSponda, esponde (Lexic. 67 châlit).
iSponsa, espousée.
fi^ponsalla, espousaiges.
Spao, esrachier, esraquier.
iipareus, ors, punais.
Il^puriaii^ forlignant.
fitadlum, estade, espasse de .xxv. pas.
Ma^nam? estanc, vivier.
Stamcn, estain ou traime de drap.
IStatIo, stacion, demourance.
*" Spaliari a créé le spazierm des Allemands. — Abanoyer = csbi-
noyer (c'est ainsi que spatiari est rendu Lexic. 75).
"» Espire, plus souvent cl plus régulièrement espère, God. n'a ni
Tun ni l'autre.
(131)
Stello, estelier (= briller comme une étoile).
Stereuii, merde, estront.
MeriUs, brehaing, non fructifiable.
Memo^ esternir, apaisier ou selir, abatre ^^.
Merqullinlum, fumier.
HtewtOj Is, esternuer, ronfler, ronquier.
MiMum, onguement pour soi farder.
Ml^a, aguillon.
Ml^etas, id., tristesse ^^.
fi^tlsm»? signe, ensaigne de plaie.
i^tllllcliliaiii, goutiere.
i(tl(l)liiin, graife, setille, engien 486.
i^Uopus, enfleure de bouche ^t.
*** Selir est inadmissible ; je propose seiler, qui répondrait au terme
insellare donné par JG. parmi les acceptions de stemere,
*^* Siigefcu n'existe nulle part; dans JG. on lit sans plus : « stigesioM
id est tristicia •. Ce sobst. est tout aussi suspect pour la forme; quant
au sens, il est clair que notre mot est de la famille de Stu^, otuyvoc;,
(TuuYécD. Le mot abrégé m^., toutefois, fait voir que Fauteur lui prétait
aussi la valeur de $tiga.
'** Setille est une transformation de estille, consignée dans God. —
Engien (instrument) s'explique par les sens poinçon, baguette j ou ce mot
signifie- t-il ici adresse, habileté?
**'' JG. traduit « inflatio oris » et cite le vers :
Nec iliopo tamidas intendis rumpere buccas.
Ce vers étant dans Perse (Sat. V, 43), j'en conclus que stiopus est, non
pas une faute graphique, mais une forme allégée de êfloppus (claque sur
les joues gonflées); elle se reproduit même dans Tit stioppo (fusil,
propr. détonation), mot bisyll., variante de tehioppo, lequel se rapporte
à la variante scloppus p. slloppus (voy. mon Dict. sous escope(te).
( 132 )
mipa, ung petit arbre pour balaier (ms. bailler) ^^\
MipatUam, excequier (échiquier).
Stlpendiarin», soudoyer.
Mipendiam, guerdon, gaige.
Stipes, tison, estoc, tronc.
Mips, maille ou ung pois.
Mipula, chame.
iMIria, glaçon, goutte gellée (OP. roupie, GL. tiria, îd.).
StIrleliUuiii, goutiere 489.
SUrill(l)ain, barbe de chievre ^do.
Stirma, manche de charue (ms. charme) ^9^.
Momacor, indigner, contrester, irer.
Storfum, natte.
Stramen, feurre, estrain.
Mrata, voie estroite, alée ^^.
Stratorluni, estable.
Mrena, estraine.
Strideo, estraindre les dens ou coitir.
*" Siipa, JG. « parva arbor, ut dîciint, scopa, quia ex ea slîpentar
tecta ».
^*' Stiricidium, mot varie do stUiddium (still.); on parait avoir jadis
mis sliria en rapport étymologique avec stilla (évidemment un dimi-
nutif).
**^ De sHria, glaçon. Notez toutefois qu'on trouve aussi spiritlum.
"* Stirma, stirna sont des formes corruples de sUva, consignées par
Oicf., mais absentes dans JG.
*" L'épîthète esiroitte est fautive; JG. donne via minuta, où tninutas
parait se rapporter aux pierres menues dont la slrata est pavcc. I^ bon
vieux mot est estrée et c'est par là qu'il faut remplacer estroitte.
(133)
Strldulu», raisonnable 4^3.
Stmccio [struthio], otruce.
i^trama, bosse ou pis (= bosse à la poitrine).
StnUlcla, folie, sottie.
Suadeo, enorter.
Snavio, omis, baisier 4^4.
Sabarro, donner ères (arrhes) se[cre]ttement.
fi^abdoltt», bateur ^^^.
Snbsaïuio, demoquier.
Siibtel(l)a, culiere à cheval ^^6.
fSabterftifflaiii, refus 497.
finbueiila, roce (= rochet) ou chemise de prestre.
Subula, alenne de cordeuannier.
HHuburblum, fourbourc.
Succesiiii», bonne aventure.
H^uccido, rongier, rongner.
Sacclnctoriuiii, sourchainte.
lSuc[cu]clo, sequeurre (lat. succutere), croler ou hocier.
i^necufi, jus.
'** Ce raisonnable équivaut ici à parleur, donc itridulus (criard) à ce
qu*on appelle familièrement blagueur \ toutefois je ne vois celte acception
métaphorique de stridulus consignée nulle part.
'"* Suavio est plutôt =s amateur de baiser (il nVst pas dans JG.);
c*est suavium qui signifie le baiser.
*** Hateur doit être ici ^ bateleur, faiseur de tours, jongleur.
*^* Sublela, « corrigia sub cauda equi > ; cf. postela et antela,
**^ Je me demande s'il faut corriger refui (= lat. refugium) ou laisser
refus (de refuser)^ en suppléant Tidée « par prétexte ou subterfuge •.
Notez que le mot aublerfugium manque dans JG.
(134)
Sadatnsy plein de sueur ou de pois ou de chevois 4^.
Sudes, peilz (ms. poilz; il s'agit du lat. poli, pieux).
Snduii, nés (cas du nom. sg. de n^ =» lat. nitidtis).
Suffoeo, estrangler (ms. estrambler).
(Suffras^r, aidier.
fSassriinda, c'est ce qui est entre le paroit et le toit, sour-
goutière.
£(«■8(8)0, sami, suscier, sucier ^^d.
Snlca, arrer (lat. arare), faire roye.
Sulcaii, roye de charue.
19aiii(iii)en, lois, craissc de ventre de porc ou de bouceil ^^^,
iSaperabllls, vainchable.
filupcrnus, souverain.
Sapersideo, susseoir ou relachier.
Supinus, reversés.
Sup[p]ary subjès à pareil ^oi.
ISupparus, manche broudée ou aornement ou haulteche de
voille 502.
*** Dans celte glose, un scribe ignare a,. comme dans la suivante,
confondu palus avec pilas et a encore aggravé sa faute en ajoutant
comme synonyme chevois (plur. de ehevoil, cheveu).
**' Les deux formes françaises du mot lalin ne sont que des variétés
orthographiques.
*•* Sumen, « minuta porcorum exta vel pingucdo que est in ventre
porci vel potius porce fête, quod et abomen (sic) dicitur • (JG.). —
Sumen est formé de sugimen,
^^* JG. « subjectus pari ». Le vrai sens est • quelque peu égal •.
^^* JG. a manica ornatus causa supra aliam ducta et crispa, et pouitar
sepe pro vélo vel replicatione vel summitate velorum «. — Cp. en grec
afîtapo;, voile.
(13S)
Sapplementaiii, supliement.
Svppleo, supplier, acomplir, paremplir ^03.
Supremas, darains ou souverain.
Sara 9 cuisse ou le gros de la gambe, c'est la partie grosse de
la jambe.
Snreus, troncq corne de aubre ^^^.
Snrdaiiter, qui ot dur.
Snrifo, sus lever.
finspeeto, soupechonner.
Snspico, as, glenner (glaner) ^Od.
fSaspleo, I», mescroire, soupeçonner ^06.
Tabanus, mouche, tahon.
Tacltarna», tasible.
Talus, talon ou deit [à jouer].
Tamen, toutes voyes.
Tamlno, contraryer, corrumpre »07,
'®^ Supplier = suppicor, tn'esl nouveau ; je ne connaissais que swi-
ploier; sous les deux formes, d'ailleurs, il y a eonfusion avec supplicare,
'^* ^urcus, prîmilîf réel ou fictif de surcuius.
*•• Je ne trouve ce composé de gpicarc (= spîcas colligcre) dans
aucun de mes glossaires.
*^* Lisez ou êuspicio, -ix ou suspicor, aria ou suspico, -as,
*•' Taminare; Je fr. contrarier répond à la dcfinilion u advcrsari •
des glossaires. Je ue sais si ce sens prêté à taminare est sérieusement
constaté j en tout cas, il a fourni aux glossaleurs la singulière étyniologic
« tamen • (cependant); ce ycrhc dirait donc pr. opposer des u cepen-
dant, des mais ». On sait que tamino, souiller, est p. tagmino, d\\n pri-
mitif tagmen (rac. tag, d'où iang)^ pr. touche, tache.
( 136 )
Tan^o, atoucier.
Taratontaram, sas pour la farine buleter, ou le batoir du
molin, ou son de trompettes.
Tarataiit[ar]tiio, tromper, sasser, buleter (= bluter).
Tarmuii [tarmes], le ver qui naist du lart.
TartarlOy tromper ou juer de naquaires.
Taams, torel.
TaiLo, prisier, tausser.
Tax^tts, une beste, taisson, ou ung arbre moult amer et
venimeus.
Tedet, il anuie.
Tedinni, ennui.
Tei^ala, tieule.
Tel(l)arlain, mestier de telier ou instrument à tistre.
Telo, onlii, courge ou instrument à tirer yave ou à porter !H)8.
Teloncam, treûs ou change, truage.
Temerarias, présomptueux, oultrecuidiés.
Temo, limon de charette.
Tempero, atemprer.
Tempctttiiraii, congrus, bon ou pourfitable, convenable,
hastis.
Tenabuliim, retenait ^09.
Tenax^ tenable, aver.
Tendleala, tendrie de rois (= rets, filets).
^^^ Telo, au sens de courge, est inconnu. Dans le sens de levier,
bascule h puiser de Teau, on le rencontre souvent (voy. ma Lexioogr.
latine, p. 131); on dit le mot gâté de totleno, ce qui est inadmissible.
'^* Tenabulum se disait aussi pour venabulum (épieo de chasse), « quia
retinct aprum • (JG.).
(137)
Tenso, tencher ou tendre souvent 8i0.
Tentoriam, tente, pavillon.
Tenuls, tenve, tenre.
Tenao, atenrir.
Tepl(l)dtts, tiède (une autre main a ajouté tievme et le subst.
tievmeté) sii.
Tercbroy perchier.
Teres, che qui est long et ront corne une lanche.
Teri^o, torehier.
Teri^nm, 1, dos d'homme.
Ter^u», orlii, dos de beste (OP. dos de cuir).
Terme [therme], arum, lieus corne bains, estuves ou cam-
bres cauldes.
Ternlo, qui ba .iij. cev[a]lliers dessoulz soy ^^^.
TerrlCorimii, terroir.
Testa, cruche, escaille ou quoquille de nois.
Tetricn», triste, preceus, aspre, ou (ms. iwn) obscur.
Tetritudo, obscureté.
Teatonleas, de Tiens ^^3.
^'^ 11 y a ici une erreur. Tencher signifie u se disputer » et répond au
type tentiare, tandis que le b. I. tensare est Ta. fr. (eftser et signifie
• protéger, défendre » .
^** Je ne sais si cette forme tievene (bisyllabique) a jamais existé;
je ne saurais phonétiquement m'en rendre compte que par un type
latin barbare tépinxts.
**' Je ne trouve cette valeur de temio que dans JG.
^*' Tieua, allemand = néerl. dieltch, a. haut-ail. diutUk = theodiscus.
Le gloss. de Douai traduit tmlonicns par tié$, qui, ayant été crronémcnt
lu des, a naturellement fort embarrassé l'éditeur.
(138) •
Temo, tîstre, ourdir.
TeiLtnii, tieust, texte ^^4.
Tbcca [Otixti], repositoire.
Theorema, rigle aperte ou discrétion de paroUes.
Thorus [torus], lit.
Tlbla^ jambe ou instrument de musique corne chalemie.
Tielo, tison de feu.
Tlcionor, ratisier le feu.
Tlifilluiii, petite tige ou cevron ^i^.
Tif^am, cheveron ^^6.
Tlmpanotcrola, menestrer en timbre ou en bedon 3t".
Tlnciito, sonner de naquaires, tamburer ^^8.
Tinea, ver de drap.
Tinnlo, sonner.
Tlnnitas, son, tintemens.
Tlntlnabulum, timbre, cloce.
*^* La forme, très régulière, tiemt m^est nouvelle. Dans Lexic. il4
j'ai relevé tisl, tis,
^"^ La traduction « pclitc tige • est fondée sur un faux rapport de
parenté de tige avec tigiilnm, qui est, comme on sait, un dérivé de tignum.
'*' Dans le gl. de Douai tiynum est traduit par eaurois, mot bien
suspect et accepté par God. sans autre appui; je le tiens pour une
mauvaise lecture de caoron (= chevron), tandis que l'éditeur y voit
une pièce de bois corroyé.
^'^ Timpanoterota est un mot inconnu; je ne trouve, pour tim-
balier, que les termes timpauolria ou -istria; Plante a (ympanotriba
(= TuixTravoTptpTjç); il se peut que quelque moine, songeant à l'équiva-
lence entre lat. tero et Tpé^co, ait, à sa manière, forgé fympanoteroia,
*** Si tincttto doit s'accorder avec ce qu'on lui fait dire, il faut cor-
riger Hnnito (d'où fr. tinter) ou fintino.
( 139 )
Tirannas, tirant.
Tiriaea [theriaca], triade.
nsis, une maladie qui fait enfler s^^.
TItillo, catouiller, quevoir ou canceler ^20.
TItabo, canceler, clocier.
TItalas, titre, loenge.
Todeo, tramblerSîi.
Todo, cocq S22.
ToËauj pierre aspre.
Toi^a, vestement, robe, heuque 523.
Tolllnum (ms. tolium), perche à puis(s)ier yawe ^24.
Tolus, le pomel que on met sus les maisons ^25.
Tonltra, tonoire.
Tonsa, la palme de la main 326.
'** Tisis, forme allégée de phthisis. Pour la chute du ph ou p initial,
cp., pi. h., b.-l. neuma (Trvsûfxa), v. fr. titane (ptisana)-; ajoutcz>y saunie
p. psaume,
^^^ Les sens « choir, chanceler » sont consignés dans les gloss. et
proviennent d'une confusion avec tituhare. — Je rencontre pour la pre-
mière fois la forme quevoir (v intercalaire) p. queoir (choir).
**' Voy. sur fodere et Pétymologie qu'on lui prête, le gloss. de DC.
"* Je ne trouve pas cette forme todo (-onis), mais fodonus*
"^ Heuque ou hnque; voyez sur les correspondants allemands de ce
vieux mot français, Heyne (Grimm), s. v. hoike; voy. aussi huycke
ap. Kiliaen et hoche, ap. Dicz (i* éd., p. 616).
^** Tollinum, autre forme de tolleno. Voy. aussi pi. h. telo. — La
forme tollium,qne j'ai condamnée, pourrait être sauvée; elle est constatée
par Dîefenbach.
*■' Voy. sur tolus = coupole, pinnacle, ma note dans OP.
*** J6. : « remus, sed potius palmula remi, queaquam percutit ».
Il se peut que dans notre glose main soit fautif pour rame.
(140)
Topareha, prinche sur toutes''.
Torax, poitrine d'achier.
Torealar, pressoir.
Torenma, tournure, ou vaissel ou lit tourné, ouvré 5^.
Torpor, pesandeur, peresse.
Torrens, ruissel de pluie.
Torris, tison de feu.
Torta, ung pain : torte (tourte).
Tortor, qui tourmente, bourel.
Tortuosns, tors, injurieux.
Toms, la pel du cul (ms. cot) ^^.
Toréas, cruel, mal sade.
Trabs, tref.
Traeon, alée soubz terre 530.
Trado, bailler, traïr.
Tradacoy oultremener.
Tradux, naissance, racine ^^.
Trairala, ung dart : gavrelot (== javelot).
'*^ JG. dit a a topos quod est totus (!) vel locus *; cela fail comprenare
notre traduction.
*** JG. « tornatura vel tornatum vas vcl quidquid tornatum ». On
prcte dans celte interprétation à lat. (omare (gr. Topveoetv) la même
valeur que celle de Topeueiv (ciseler, sculpter).
*" JG. tt deflexio et pulposa extantia carnium, sicut circa culum et
brachia » . Des gloss. ail. traduisent aussi par haltndra «= posterior
cervix et cervix en général. Notre traduction fr. ne satisfait guère,
qu^on lise eut ou col,
"« Tracon, voy. DC.
^^^ Naissance a ici la valeur de lat. propago, bouture.
( 141 )
Traffum, rois à pécheur, truble ou fille 532.
Traha, civière ou herce.
Trama, trame de toille.
Trames, Itls, sentiers ^33.
Trames, Is, ourle de vestemens-
Trans, oultre.
Transtram, ce à quoy on tient le naviron de la nef ^^.
Trapeta, moelle (prononcez meule) à broyer les olives, ou
vassiel à broyer herbes, ou englume de monnoyer.
Treoi^a, trieves, seureté.
Trlbala, herche.
Trtbulam, flaiel à batre bled.
Trtbnlo, troubler ^35.
Tribalas, chardon.
Trlbntam, t[r]uaige.
Trica, tresche ou déception.
Tridens, bavet de .iij. dens.
TriteiuL, qui a .iij. jaues (= prov. gauta),
y* JG. • genus retis piscatorii » .
*'* JG. et Dief. donnent tramis au nom. — Trames, thème tratnif,
est issu, disent les étymologistes latinistes, comme trama, de trans,
donc a qui va à travers «, comme semila (v. fr. seule) de se (dans
se-duco, seorsum, etc.), donc « qui va de côté « .
*** Cette signification s*écarte de celle généralement reçue, mais non
pas du sens foncier : traverse, poutre.
'^' Troubler, ici = mettre en tribulation, est étymologiquement indé-
pendant de troubler (plus loin toitrbler, s. turbarc) ; celui de notre article
représente irubilare, transposition barbare de tribulare (pour lequel la
bonne forme ancienne est trieuler); l'autre répond au type lurhuîare,
dér. de lurbare.
(142)
Trimestris, une manière de bled : soucrion.
Trlneposy le fil à filz du filz.
Tripadioy treper, danser.
Trlpadluni, balle, danse, carolle.
Tristlela, tristreche.
TrlTia, voie treble.
Troclea [troehlea], roe (ms. roye) de puis.
Trocas [trochus], sabot 536.
Trudes, perc[h]e ferrée, crochet.
Tralla, truelle de masson (ms. maisan).
Tmtanas, truant.
Taba, buisine,- trompe.
Taeetarlas, qui fait viande de chaude gathie menue ^37.
Taens, ung oisel : cucul ^38.
Tndesy maillet.
Tumalas, tomblel (= tombeau), sépulcre.
Taniea, cotte.
Turbo, tourbler.
Turtar, tourtereule.
Taflsio, toussir.
*"« Sabot signifie ici toupie ; voy. Liltrë s. sabot el God. s. cabot. —
Cp. JG. (s. trochus), « instrumcntum quo ludunt pueri •.
**^ De tueetutn, « cibus qui fit ex carnium contusiooe, sicut salsicia
(= fr. saucisse) est •• Je ne réussis pas à me rendre compte du mot
gathie, si ce n'est en lisant gachie es gaschie, part, passé de gaschier,
détremper. Ou faut-il hachie =s hachée?
"' Tucus, dans les gloss. allemands, est traduit pw gauch (coucou);
JG. a tuehis « gcnus avis, s. cuculus ». — Je présume que tucus n'est
pas naturel, mais plutôt le résultat d'une confusion graphique entre e
et t et que le mot normal est eucus, primitif de cucului.
(143)
iraeo, cesser, entendre (= s'appliquer), deffalir.
TacniiSy wis.
Tadiam, gaige.
TadOy as, gueer, passer le wés.
Tador, arls, bailler gaige.
ITadum, wés.
WmWer, soultil, ingenieus^ cautuleus, malicieus.
ITai^Ina, waine, gaine.
Tairlnarias, gaignier.
Taleo, valoir, povoir ou périr 2^39.
Talffla, retrorsion de lieffres.
Talitudinarlas, qui revient sus après maladie, ou foible
par viellesse ou par maladie.
"• Celte surprenante valeur du verbe valcre, savoir • pcrire, infir-
mari », est mentionnée aussi par Jean de Gènes, qui en rend compte en
ces termes : « Et quia taie voie (il s'agit de Tadicu suprême) erat signum
doloris et tristicie et meroris, inde tractum est ut valeo ponatur pro
pcrire vcl infirraari ». Je donne ce que je trouve, sans y ajouter aucune
foi ; pour admettre que la conversion de sens en question soit arrivée
par ridée « recevoir ou dire les adieux suprêmes », il faudrait quelques
exemples bien probants. Mon opinion est que, si jamais valere a signifié
accessoirement « être maladif », celte valeur s'est dégagée de celle de
valetudo, quand par cette a vox ambigua » on entend mauvaise santé ;
vatere = être valétudinaire, malade, mourant, n'est donc pas aussi sur-
prenant qu'il en a Pair.
(444)
Vallo, clore de palis.
irallas, pieus à faire palis.
Tan^a, besce (= bêche, ms. vesce).
Tanlto, vanter.
Yap[p]a, buvrage de pau de valur (GL. 53 goudale).
%^arlea (= varix), une vaine.
Taras, courbe.
l^asto, gaster.
IJber, plentiveus.
Vdo (ms. ubo)y baignier, mouillier.
Tecors, furieus, dervés.
Wectl^al, paiage, treû.
l^eetlfl, verouil à fermer.
l^ectara, porture, voitture ou le loyer que on ha pour porter.
%^elia, civière S40,
Telaber, bris, regreti^r, vendeur de menues denrées s^.
l^elabrum (ms. velibrum), pile à olyer ou à purgier four-
ment s^s.
l^eliflcor, nagier à voille.
Tellas, toisons.
l^enabalam 9 instrument de veneurs pour caissier (sic p.
cassier = chasser), espieu.
l^endlco, acquérir.
ITenor, chassier.
^*^ JG. « quoddam genus carrl ». Traduit np. Dîef. par scfUUf, stey,
c.-à-d. traîneau. — Civière traduit pi. h. traha,
'*' JG. « venditor minutarum rcrum comestibilium in talî loco •
(c*e8t-à-dirc dans le Velahrum « locus Rome ubi obsonia vcndebanlur •).
*** JG. A Vas in quo oleum contundilur vel frumentum purgatur ».
(148)
Tentilabram, pelé ^*^,
Ventilo, encherchier, enquérir (ms. exquerir).
Ventosa, vaissel à ventoser.
Tentoflas, plain de vent, jongleur, baveur.
Ventrale, ventrail, cengle.
Veprifl, espine, ronse.
Yereeandia, honte, vergoigne.
%eredarias, chartier.
%eri;o, décliner, panchier (sic).
VermieulosaSy vermolus.
^'erpas, le doy moyen, ou juïf ^^.
%'errlnas, de verrat.
%erro, grater, purgier, baloyer, torchier.
Verraea, verrue, porel.
% ertebra, jointure de os ou vervelle.
Vertibalvm, rable de fournaise, vel idem quod vertebra.
^ertlffOy convolution.
Vera, hastier sans char.
^eratum, hastier avoec char.
Veseor, user (a. fr. = manger).
^'' JG. « Pala ventilandi ».
^** Verpui « est digitus médias longissimus quo podez vetritur ».
(^eltc clymologie y va par trop sans gêne; je préfère la manière de voir
i]ui s'exprime ainsi et que je rencontre dans le grand Thésaurus de
Fabri : o Médius digitus appcllatus est verpus propter gracilitatem et
veretri siniilitudinem, si compresse pugno solus exseratur ». Car il faut
sa\oir que le sens propre de verpa ou verpus est « membre viril », et le
sens secondaire « châtré, circoncis » ou juif. Pour le sens «juif» attaché
à verpus, voy. les commentaires ad Juvénal, XIV, 104.
TomeXXXVIL 10
(146)
^eflpelio, violor (sic), robeur de sépulcre B45.
Tesperafleo^ avesprir,
Teflpertilio, caude (sic) sorîs.
ITetellofl, viellet.
Tetnlufl, viel.
TexIUarias, banerès (ms. beneres) ou qui porte banieres.
\eTL9j travillier.
%^lbex, trache de vergues (verges).
TIbro, brandir, branler.
TIcia, vescbe.
Tletor, qui vainquist.
l^l«iis, rue de ville ou de cité.
^Idaas, vesves (sing. masc. sujet).
Vllll«iis, gouverneur de ville.
Villas, floc corne de laine.
^^ImeiÉ, osiere.
Tlnacimn, mare (ms. more) ou vin de pressoir.
Vinea, vigne.
Vlnetam, vignoble.
Viola, violette.
Vir, homme, baron, mari.
Virago, forte femme.
Viri^ineusy de virge.
Viri^o, vierge.
Viror, verdeur.
ViffciÉiii, glus.
VIspIlio, laron, ravisseur.
*** Plus loin nous aurons vt>pi7fO. — Les dictionnaires classiques ont
vespilto, croque-mort, et vUpeUio, dépouîlleur de cadavres.
(147)
l^itto, bende ou lyen à lyer.
l^itelliis, moieul del oef.
l^itiUi^o (ms. vitelligo), osiere à lyer vignes; vUuligo, id. ^^.
ifHoj eschiever.
"WHrieumy parastre.
^^itrnin, voirre.
Vitala, e, dim. de vita, ou déesse de victoire ou de liesse.
Vltala, instrument de musique ^t.
^^Itola, genice, petite vache.
Tltalamen, plenté de fruit de vignes 2^.
iritallniis, de vel.
^^Italor, conjoïr par vois.
TItalas, vel.
Ulceroy navrer.
IJIciis, bosse, apostume, cleu ^^.
IJIna, bras ou coude ou anne (-= aune) pour anner draps,
une mesure (GL. 12 brachiée, voy. note 11).
Illnlatiis, uUemens, lamentation.
Ilmbllieiis, nombril, boudril ^^o.
*** La seconde forme est aussi dans JG. et Dief.
'** D'après JG. vitu!a et vitulari se rattachent à la déesse de la
victoire, de la joie. On sait que la science de nos jours ne partage pas
cet avis pour expliquer ëtymologiquement les roots fr. viole et violon,
**' Vitulamen « planta infructuosa quae nascitur ad radicem vitis • .
Tel est le seul sens que les glossaires assignent à ce mot, et notre gloso
est évidemment erronée p. plante sans fruit,
'^' La forme deu (p. etau ou clou) est bien douteuse.
*** La forme commune est ôoudtne; la forme boudril manque dans
God. — 61. de Douai : umho, haudrés.
(148)
Vmbratleas, umbrage.
Vnelims, cro[c}et, havet ^s^.
IJncio, lu, îwly itam, acrocier.
IJneo, faire courve (ms. corne).
VneuMj m, am, courve.
Vncas, gravet.
IJiisaeiito, enoindre.
IJnffiiiSy ongle d'omme.
llnsula, ongle de beste ou ung tourment poignant.
Uo, amoitir, moullier; non est in usu ^^.
Wocalls, voyeul.
%'ola, le milieu de la paulme.
Tolltum, voloir, veuillement.
^^olnntas, volentë.
Voluptas, delis.
%^oliito, voutrer, touiller.
Vomer. coutre de charue ou soc.
^'orairo, déluge, devouremens.
Vortex, vois de bois ou dévolution circuliere en yave ^53.
IJpiipa, ung oisel, bupe.
**' Je corrige erocet, la forme dcrivalive erœt n'étant ni régalicre
ni constatée. Cp. creagra et fuscina,
*** UOf verbe factice, mal abstrait du participe* uvms, peut-être
sous rinfluence de la forme imbuo, — J6. donne, chacune à son rang
alphabétique, les deux formes uo, uis, w, uere et uvêo, uvere.
"* Le mot VOIS ne s'explique pas; les glossaires disent « nodus in
ligno «; il faut donc peut-être lire noes (pron. neus) ^ nœud. Ou vaut-il
mieux corriger nots (noix), ce mot s*étant peut-être appliqué figurément
aux nœuds de Técorce?
(149)
IJrbanafi, courtois, citoiens.
IJreeiiSy pot à yave.
Vrla vel arica, ver de coulz ou de porions *54.
Vrlna, urine, pissace (ou atel),
Vsito, usagier, usiter.
Ufitleluin, est genus tincture ^^s.
Vstrlna (ms. mtuna)^ lieu où on art les cors des mors.
Uiitulo, embraser.
Usurpo, degaster ^^6.
Ctensile, utensile, ostieus.
Vter, tris, boutelle, baril.
Utrinque, de cha et de la.
IJva, crappe de roisin.
UYldus, moistes, mouillés.
%alpes, regnars.
%^altar, ung oisel, otoir.
TalYa, sepe de femme ^^1.
ILenodoelam [^evoSo^eiov], hospital
558.
*** JG. « vermis caulis vcl porri ».
**' Je ne vois ce terme que dans JG.
*** Degasler ne s'explique pas autrement que par une fautive inter-
prétation de rétymologic prêtée jadis à usurparc : wu rapere,
' ^ Le mot sepe m'est inconnu cl je ne m'en rends pas compte; cachc-
t-il une métaphore tirée de seps ou fepes, haie, clôture?
"' Lo même mot s'est déjà présenté sous la forme variée ccnodocium.
( iso )
YpodromiiSy tl^veil à cheval S59.
Zabulus, s. contrarias vel transgressor, dyabolus ^60.
Zelata, s. grande, gresle î56i.
Zelosas, amoureux, curieux (= soucieux).
Xelotipla, jalousie, envie, suspection.
Zelotlpas, cils qui mescroit ou est mescrus, jalons.
Zlnmala, moucheté (= moucheron).
Zlnmiber, une espisce, gingembre.
Zaecara, une espice, çucre ^^s.
•*• Ypodromus n'a rien de commun avec hippodrome; c'est le grec
uTToSpdfjLO^, lieu de refuge, cp. I*expr. ail. nothstail, travail, litU étabic
pour le besoin. Voy. 6L. 27, note 8.
^*® Sur zabuluê et la mutation di + voy. en z, voy. Dicz, Gramm.
des langues romanes (éd. franc.), II, 346.
**' Zeïata manque dans JG. ; DIef. Ta trouvé dans les gloss. laU-all.,
et se demande si le mot n'est pas forge sous Pinfluenoe combinée de
rit. gelata et du grec ^aXdtCa.
'** Zueeara manque dans JG. ; de même saeeharum.
Explicit catholicon abreviatus pertinens domino
Balduino du Ponchel Herse.
NOTES SUPPLÉMENTAIRES.
AblAeUire traduit le grec àicoYaXaxxiCeiv. - L'éditeur du gloss. de Douai,
^ propos é'espanir, pensait trop poéUquement ^ Vépanouûtsement de
l'eofanl, résultant du sevrage. Le participe espains qu'il mentionne
d'après le texte Buchon de Froissart est une méprise de lecture pour
espanis,
Abnep^fl. Je devais, à la note, écrire Uerc (et non tiers) à la place de tiert
que donne Tédlleur du glossaire.
Aearifl. Selon G. Paris, Padj. Tr. acariâtre signitialt d'abord « fou furieux •
et vient du nom de la maladie dite mal Saint Acaire{=s{oUe)] voyez
Romania, X, 303.
Allas se trouve fréquemment, de même que pollux p. pollex, Cp. mon OP.,
oii dans le vers d'Ebrard de Bélhune il faut corriger pedis p. pedum.
AmarinHi. Le mot armoirie (pr. lieu où l'on conserve les armes) traduira
plus loin aussi hihliotheca,
■•leln«. La forme campion pourrait bien être fautive p. campignon.
■rABon*. Les mots de poisson sont peut-être répétés par mégarde de la
glose précédente.
Cal^peAinai. Mussafia, approuvé par Paris, tire galoche de calopia, forme
tronquée de calopodia.
CAptotcrlvai. Le gl. de Douai donne « capistrum, crétins » ; crétin étant
bien connu au sens de panier, corbeille, j'ai pensé d'abord qu'il y avait
lieu de corriger capisterium et qu'il ne s'agissait pas de licou, muselière,
mais réflexion faite, et me rappelant l'expression allemande maul^korb
(muselière), je tiens ladite glose pour correcte.
CliABia*. Après ce que j'ai dit dans la note qui précède, je ne doute plus
qu'il faille distinguer étymoiogiquement entre chamw et camus.
(182)
ClBUfl doil être lu cinnus, Voy. le Dict. de Diez, 4< éd. p. 95, sur la dislinctioti
enlre lat. cinnus et Tiul. cenno, — Usez dans la noie, eommixlio
p. cosmintio.
CoBflclB* D*est pas « coupable », mais c qui se sent coupable >; rancieoDe
langue employait dans ce sens coneachant ou consachaules (gtass. de
Douai).
Crenlaai} dans la Vulgate, traduit le gr. ^puyiov.
Cri km». Je n^aurais pas dû m'arrêter sur crieule, parce qu'il manque dans
Godefroy ; le mot est parfaitement justifié comme facture et répond
correctemenf à crible, la forme savante moderne.
Caeulla. Le gloss. de Douai traduit par coule (mot omis dans God.), qui
correspond à la forme tronquée culla qui vient plus loin.
Délitons. JG. traduit, selon le vrai sens classique, par « iuungere >; le gloss.
de Douai porte « dellbulus, emburés » (que Téditeur traduit par
« embeurré »), mot sans doute faulif p. embevré, imbibé.
BlMoln*. Ce mot est différent de Pit., esp. et port, discolo signifiant
« revéche, d'humeur difficile », qui est le gr. SucncoXoc Cependant it.
discolo, au sens de t idiot, ignorant », se rapporte bien à noire discolus
= Indoctus, mal élevé.
Fernla. Le mol pammelr, comme nom de la férule, est-il connu ?
riaeeett. Noirchir me semble ôlre fautif p. marchir (marcere).
Flttcett. Peut-être flotter, bien qu'acceplable au besoin, a-t-il été mis
erronément pour ftocier, flochier, tomber en flocons.
GeBorbadam. JG. cite ici le vers :
Murilegus bene scit cujus genorbada Umbit...
HMtorlnai. Pour rere, voy. rado, — Le rapport étymologique enlre hoêio-
rium et hostire ne devait pas élre mis en question ; il est indubiuble,
mais quelle est Torigine de hostire?
llr». Le subst. arere {^ lat. aratrum), que je substitue ici au mot Aaiv,
manque dans Godefroy el son existence a même été contestée par G. Paris
(Rom. XIII, 130), mais Tobler en a constaté l'emploi par plusieurs
exemples dans la Zeitschrifl fur rom. Philol. IX, «49 — Le wallon dit
encore erere.
(433)
Proplsare. Ce verbe» dans Apulée, s*einploie, en effet, au sens de « offk'ir,
livrer > en général, mais comme JG. porte « admioistrare potum >, je
suppose après amenistrer la chute du mot « l>oire ». — Douai aussi
traduit « donner boire ».
Seandulam. Ce subsL fait défaut dans JG., mais il est dans le gloss. de
Douai, traduit par escailton (échelon).
SelMiffes. Voy. sur la formation de ce mot, Diez, Altromanische Glos5are,p.22.
Secta. La traduction « propos > est incomplète; la bonne définition est dans
JG. : c proposîtum in malo circa aliqnam doctrinam ».
Snpplere. Si complieê reproduit laL complétas, a. fr. compliement {d'où
compliment)^ lai. * completQnientum, on pourra bien avec autant de
raison rapporter Tr. supplier à * supptëtare, supliement k * supplEta--
mentum. Le changement de e en t s'est .effectué sous Tinfluence des
infinitifs en -plir et des part, en -pH (s= lat -pUre et -plelus),
Teérieas. Comment precew (paresseux) vient-il se mêler aux accepUons de
ce mot latin ? C*est parce que Ton avait aussi revêtu du sens « pigrescere >
le verbe telricare, se fondant sur une fausse interprétation d*un passage
de la Vulgate, oh Ton a confondu tetrices avec te trices (voy. Du Gange).
Tiie«reBiA. Noire glose ne se distingue pas trop par la transparence de sens;
rappelons donc celle de JG., qui eu est la source ; « Elegans et diligens
verborum aperta descriptlo, vel régula ». — On voit souvent v. fr. dis-
crtcion servir à la fois |)Our descriptio et pour discretio.
Tome XXXVll. H
c
LE LIVRE
DU
PRINCIPE LUMINEUX
PRINCIPE PASSIF
SHAJNG THSING TSIlNG KIING
Cb. deBARLEZ,
Correspondant de l'Académie.
Présenté k la Classe des Lettres, dans la séance du iU octobre 1885.)
Tome XXXVII.
AVANT-PROPOS.
Pour compléter l'exposé de la doctrine du père de la philo-
sophie chinoise, Lao-tze, que j'ai eu l'honneur de présenter,
il y a un an , à la Classe des Lettres, je viens y ajouter la tra-
duction d'un petit traité de métaphysique et de morale taoïste
qui résume et éclaircit, en plusieurs points, les enseignements
du Maître.
Ce traité^ très court mais substantiel, est dû à la plume d'un
disciple du Vieux philosophe, nommé Ko-Hiuen, qui vivait,
pense-t-on, à la fin du III^ siècle de notre ère.
L'auteur prétend y reproduire simplement les paroles de
Lao-tze. Mais il introduit dans le système antique une concep-
tion qui appartient à des temps ultérieurs.
La philosophie chinoise du moyen âge reconnaît, dans tous
les êtres produits par la cause première, deux principes repré-
sentant, l'un la lumière, la connaissance, la pureté, le mouve-
ment, et l'autre, l'absence de connaissance, les ténèbres, la
passivité. La combinaison de ces principes a formé toutes
choses. C'est cette idée, déjà reçue de son temps, que Ko-Hiuen
introduit dans le système du Tao et adapte à ses différentes
parties.
Ce traité porte le titre de Shâng thsing tAng king, et plus
complet Tai shang Lao-tze shwo shâng thsing tsing king; le
second ajoutant au premier ces mots : « paroles du très grand
Laotze ». Nous nous occuperons plus loin du titre principal.
(4)
Un sinologue distingué, P. Neuniann, a édité en 1836 le
texte de cet important opuscule , dans son ouvrage intitulé :
Dos Lehrsaal des Mitielreichs ; il y ajoute une traduction alle-
mande et une notice préliminaire. Hais cette traduction doit
être modifiée en beaucoup de points et dans ses parties essen-
tielles, et l'introduction contient de regrettables erreurs. Ainsi
le docte auteur, se fiant aux disciples dégénérés du grand
philosophe, nous dit, sans sourciller, que la doctrine du
Tao existait déjà sous l'empereur Hoang-ti , c'est-à-dire vers le
XXX* siècle avant J.-C.
Il rend le titre de notre ouvrage par ces mots adoptés après
lui : Livre de l'esprit éternel et de la matière éternelle. Mais c'est
là attribuer à la philosophie chinoise des idées qui lui sont
entièrement inconnues. Les Chinois n'ont jamais conçu la dis-
tinction de l'esprit et de la matière, telle que nous l'établissons.
Les deux principes qui forment la base de leur ofitogonie, ou
cosmogonie, se combinent dans la formation des êtres, l'un
n'agit point sans l'autre. Leurs substances sont bien différentes
mais non opposées.
Le dictionnaire de l'empereur Kang-hi (1763) les définit
ainsi :
Yang (principe actif). Lorsque la matière de T Kn (principe passif) se
sépare et se disperse, c'est le Yang,
Yn, Lorsque la matière du Yang se rassemble et se condense, c'est le Fn.
Le Yang est donné par le philosophe chinois comme ia
partie subtile, lumineuse, active de l'être produit en général,
c'est l'éther lumineux, etc. Yang signifie élevé, clair, subtil.
Le Fn est pour eux, au contraire, comme le mot l'indique,
« l'ombre », l'obscurité, la réceptivité. Mais rien en ce monde
ne se produit sans la réunion des deux éléments.
Le qualificatif qui leur est donné dans ce même titre, shâtigf
est mal rendu par « éternel » ; ce mot signifie permanent,
constant ; essence, principe. L'idée de l'éternité ou de l'existence
sans commencement n'y est pas incluse. Les termes désignant
(»)
ces deux principes signifient « clair, lumineux » et « immobile,
en repos complet ». Il n'y a pas donc corrélation logique
d'opposition entre ces deux termes. L'un des principes se dis-
tingue comme source de lumière, de connaissance et d'activité,
l'autre par l'absence de lumière et de connaissance, l'obscurité
et la passivité; dans ces deux catégories opposées, l'auteur a
pris pour le titre de son opuscle un terme de la première
pour le premier et pour l'autre celui de la seconde.
Le tout signifie donc Livre du principe lumineux et du prin-
cipe passif.
J'aurais encore beaucoup d'autres différences à signaler
quant au fond même, mais elles ne pourraient intéresser que
les spécialistes. J'en dirai, du reste, quelques mots dans les
notes.
Beaucoup, avec M. Neumann, qualifient les Taoïstes de
rationalistes et rendent Tao par « la Raison ». C'est présenter
les choses sous un jour trompeur. Les disciples de Lao-tze
n'admettent point une révélation positive, un enseignement
extérieur de la Divinité, mais ils ne le nient pas non plus; ils
ne le connaissent point et passent à côté. Le Tao est une intel-
ligence éternelle et infinie, productrice des êtres qu'elle illu-
mine. Ce n'est point là ce que l'on appelle « la Raison ».
Le système de notre traité peut se résumer en ces quelques
mots :
I Ontologie. — L'Intelligence infinie et éternelle produit,
meut, soutient et entretient tous les êtres. En lui et par lui
sont les deux principes secondaires qui forment, par leur com-
binaison, tous les êtres particuliers. Le ciel, l'élément mâle,
appartient au premier; la terre, l'élément femelle, appartient
au second; l'homme les réunit en lui. Le ciel et la terre con-
tiennent tous les êtres contingents et leurs transformations, il
n'y en a point en dehors. Le principe actif est la source du
principe passif.
L'Intelligence éternelle existe par elle-même; les deux prin-
cipes secondaires, par participation à cette intelligence.
Tome XXXVII. a.
(6)
II. Morale. — L'esprit et le cœur de l'homme tendent à
l'intellectuel et au repos par l'absence de désirs; mais les
passions l'agitent et causent ses maux. L'homme doit résister
à ses passions et les dominer. S'il le fait, il est en repos, pur
et heureux ; sinon, il est dans le trouble, le mal et la peine.
L'homme maître de ses passions et jouissant du calme de
l'âme peut observer son intérieur et les choses et apparences
extérieures. Mais ce qu'il observe ce ne sont point cet intérieur
et ces choses elles-mêmes, ce n'est qu'une vue subjective pro-
duite par l'abstraction , abstraction qui n'est cependant pas le
néant.
III. Vicissitudes des êtres; eschatologie. — L'Intelligence
éternelle produit les êtres; cet engendrement est perpétuel, les
deux principes secondaires s'unissent ainsi dans des créations
ou formations successives et les êtres conscients marchent vers
la voie des saints. S'ils l'atteignent, ils sont au terme de la
perfection, par cette vertu qui n'est plus une vertu distincte,
un composé de vertus distinctes.
Mais les êtres manquent constamment leur fin et les exis-
tences se succèdent comme les vagues, entraînant les êtres dans
la mer de douleurs des vies imparfaites ou coupables.
Un fait qui a frappé tous ceux qui se sont occupés de ces
questions et que l'on n'a point su expliquer jusqu'ici, c'est que
la morale religieuse ou philosophique de la Chine, tout en
proclamant la subsistance de l'âme humaine après la mort,
ne parle jamais de rétribution finale, de peines infligées aux
coupables dans l'autre vie. Elle se distingue en cela des
doctrines des autres peuples orientaux civilisés.
La raison de ce fait est assez simple à mes yeux.
Tout le système de la morale et même de la politique
chinoise a pour base le respect filial. L'enfant doit à ses
parents un respect, une obéissance, un dévouement complets,
absolus. Il doit les honorer, les servir en esclave, pendant
(7)
leur vie. Après leur mort, ce devoir ne s'ëteint pas; au
contraire, le Chinois doit persévérer à prodiguer à ses parents
défunts les marques de sa vénération, de son amour. Renverser
ce principe, ce serait pour le Chinois détruire l'État, la société,
la famille.
Or, que deviendrait la piété filiale si des enfants, et en
grand nombre, devaient regarder leurs parents comme de
malheureux criminels condamnés à des supplices d'outre-
tombe pour leurs méfaits? Aussi les moralistes chinois les
plus anciens ont-ils borné la rétribution des fautes morales
au terme de cette vie, à la scène de ce monde. Ici-bas tout
s'achève et le père coupable ayant expié sa faute peut, dans la
vie immortelle, être placé par ses enfants sur Tautel de la
famille.
LE LIVRE
DU
PRINCIPE LUMINEUX ET DU PRINCIPE PASSIF.
Lao-Kiun (Lao-tze) dit : le Tao suprême *, bien que sans
forme, produit et développe le ciel et la terre. Sans mouvement,
le Tao suprême met en mouvement et en marche le Soleil et
la Lune. Sans nom 2, le Tao suprême fait subsister et nourrit
tous les êtres.
Je ne sais pas son nom ; contraint, je l'appelle le Tao,
Ce Tao possède 3 le principe lumineux et le principe obscur;
il possède le principe du mouvement et le passif.
Le ciel est lumineux, la terre obscure; le ciel est actif, la
terre est passive. L'élément mâle * est lumineux, l'élément
femelle est obscur. Le premier est actif; le second, passif.
I On pourrait traduire : la suprême intelligence, ou le principe suprême.
' Neumann traduit : c sans être », ce qui est contraire au texte de ce tra tr
el du TaO'te-King de Lao-tze.
' Ils sont à lui, dépendent de lui dans leur existence el leur action; mais
ils ne sont pas dans ou de son essence.
' Littéralement : l'homme, le mâle; la Temme, la femelle; maif il ne s'agit
pas de rhomme formé comme on le voit plus loin.
(10)
Produisant les essences et répandant les qualités ^, (le Tao<
donne l'être à toutes choses. Le principe lumineux est la
source du principe obscur; le mouvement est le principe
du passif.
L'homme appartient au principe lumineux et au passif. —
Le ciel et la terre comprennent toutes les transformations ^
(des êtres).
L'esprit de l'homme aime l'intellectuel 3, mais son cœur le
trouble et l'incommode. — Le cœur de l'homme aime le repos
et ses passions le poussejit au mouvement.
Quand on peut constamment dominer ses passions, alors le
cœur est, de lui-même, en paix. Quand on purifie son cœur,
l'esprit est pur par lui-même» Naturellement, alors les six
passions * ne naissent pas ; les trois poisons 5 se fondent et
s'anéantissent.
Celui qui ne peut point (faire cela) souille son cœur; les
passions ne peuvent (alors) être dominées. Celui qui sait les
dominer pénètre dans l'observation de son cœur. Mais ce
cœur (qu'il observe) n'est pas son cœur 6. — H observera
ses formes matérielles et cette matière n'est pas sa matière.
— Au dehors, il verra ses objets et ces choses ne sont pas
ses choses.
Car ces trois choses, dans la connaissance et la réflexion, ne
peuvent se voir que par abstraction. On verra que cette
• La racine et les branches, métaphore usitée.
• Propr, les retours. LMiomme après sa vie et en {général les êtres après
leur existence dîsiiiicie reiourneni à la source de Téire. C*esl un nirvana sui
generis,
^ L*esprlt appartient au principe supérieur; le cœur, source des passions,
au principe Inrérieur. L'esprit étant pur par lui-même et les passions ne le
troublant plus, il est entièrement pur.
^ Ces passions sont : la joie, la colère, la crainte, Tamour, la haine et le
désir.
> Poisons moraux, à savoir : la cupidité, la colère, raveuglement intellec-
tuel ou folie.
• Ce qui tombe directement sous l'observation de rintelligence ce n'est
pas l'objet observé lui-même in se, mais une représentation, une abstnclion.
( 11 )
abstraction est vraiment abstraite, mais elle n'est pas vide ^.
Le vide en réalité n'est rien. Le rien multiplié n'en est pas
moins rien; rien et rien c'est certainement rien.
Par la tranquillité parfaite est le repos constant; mais ce
repos n'est pas le repos absolu. (Il n'est que) quand les désirs
ne peuvent plus naître. Quand les désirs ne naissent plus, alors
est l'immobilité parfaite.
Le principe éternel produit les êtres (distincts), le principe
éternel forme les natures. Permanent * est l'engendrement ;
permanent est l'être passif; permanents, les principes lumi-
neux et passif.
Ainsi l'esprit et le passif procèdent dans la voie immuable
et quand ils procèdent dans cette voie ils sont réputés avoir
atteint la perfection dans le repos 3. Réellement ils ne l'ont
point fait, car ils reviennent à plusieurs naissances. Celui qui
a atteint la perfection peut le comprendre, il ne peut atteindre
la voie des saints *.
Lao-Kiun dit : le lettré supérieur ne conteste pas. Le lettré
inférieur aime à disputer. — La vertu supérieure n'est pas vertu
(distincte) ^. La vertu inférieure est tenue pour vertu. Celle
qui se montre et est regardée comme telle, n'est pas la vertu
du Tao. Les êtres n'atteignent pas, par elle, le Tao divin
et ainsi cela trouble leur cœur. En troublant leur cœur cela
met l'intelligence en mouvement 6. Quand on met (ainsi)
* Cette abstraction n'est pas Pobjet lai-méme, mais ce n'est pas non plus
le néant; c*est une représentation réelle.
* Mais non éternel. Le Tao seul Test.
' Toute cette partie est traduite par Neumann d'une façon impossible k
concilier avec le texte.
^ • Les saints », distincts des sages, sont des hommes doués d'une nature
exceptionnelle qui ne peut produire que le bien et sans aucun effort. Les
sages le deviennent par l'exercice des vertus.
* Principe du Tao-te-King. La vertu complète, absolue, ne se distingue
pas par son opposition au mal , qui n'existe pas à côté d*elle. 11 n'y a pas de
bonté expresse, parce qu'il n'y a pas de méchanceté, etc.
* Les désirs font naître les idées; les idées font connaître et désirer les
choses extérieures et les saUsfactions internes.
(12)
l'intelligence en mouvement, elle illumine toutes choses et
en illuminant les choses, elle fait naître le désir et l'amour.
En faisant naître le désir et l'amour, elle engendre la peine et
la douleur. La peine et la douleur troublent la réflexion,
attristent et troublent le propre cœur et font tomber dans le
vice et la honte.
Comme les vagues, se succèdent la naissance et la mort.
Perpétuellement (les êtres) se plongent dans la mer de dou-
leur 1 et manquent (la voie de) la raison éternelle.
L'Intelligence de l'être éternel existe par elle-même; {c'est en)
participant à cette intelligence (qu'existent) le principe lumi-
neux et le principe passif 2.
< La douleur dont il a été queslioo plus haut. Les hommes imparfaîis
ineurenl pour renaître dans une vie de passions, de trouble et de peine; ils
ont manqué Punion avec le Tao.
* Coup d'oeil Hnal et résumé ontologique. Pour tout ceci même remarque
qu'à la noie 3 de la page 1 1.
TABLE
RIÉMOIRES CONTENUS DANS LE TOME XXXVII.
SCIENCES.
C i. Mémoire sur le tétraèdre; par J. Neuberg.
G t2. Contributions à l'étude et à l'analyse des eaux alimentaires et
spécialement des eaux de la ville de Louvain et de quelques
autres localités de la Belgique; par C. Blas.
G 5. Sur le glycogène chez les Basidiomycètes ; par Léo Errera.
' C 4. Recherches sur les proportions diacide carbonique contenues
dans Fair; par MM. Spring et Roland.
LETTRES.
^ 5. Étude Icxicologique sur les poéàies de Gillon !e Muisit (Préface,
glossaire, corrections); par Âug. Scheler.
li 6. Lao-lze le premier philosophe chinois ou un prédécesseur de
Schelling au \\* siècle avant notre ère; par Ch. de Harlez.
^ 7. Le Gatholicon de Lille, glossaire In tin-français, publié en extrait
et annoté; par Aug. Scheler.
OS. Le livre du principe lumineux et du principe passif shang
thsing tsing king; par Ch. de Harlez.
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